Les relations entre les États-Unis et l’Église catholique sont tendues depuis janvier, après un message jugé hostile adressé par de hauts responsables américains de la Défense à un représentant du Vatican.
Selon une enquête de The Free Press, le sous-secrétaire américain à la Défense chargé de la politique, Elbridge Colby, a convoqué à huis clos le cardinal Christophe Pierre, représentant du Vatican aux États-Unis, peu après le discours du pape Léon XIV sur l’état du monde, au cours duquel des préoccupations auraient été exprimées au sujet des critiques du souverain pontife envers la politique militaire américaine.
Le média affirme qu’Elbridge Colby a insisté sur la portée mondiale de la puissance militaire américaine et exhorté l’Église catholique à s’aligner davantage sur les positions stratégiques de Washington.
Le rapport ajoute que des références auraient également été faites, lors de cette rencontre, à la papauté d’Avignon du XIVe siècle, période durant laquelle la monarchie française exerçait une influence sur l’Église.
L’administration Trump aurait mal accueilli les critiques du pape à l’égard de sa posture militariste. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et d’autres hauts responsables du Pentagone auraient été particulièrement irrités par des propos tenus dans l’allocution du 9 janvier de Léon XIV, laissant entendre que la diplomatie était remplacée par la force et que l’enthousiasme pour la guerre progressait.
The Free Press décrit également la réunion au Pentagone comme une démonstration de pression sans précédent sur l’Église catholique, affirmant qu’aucun précédent connu n’existe en matière d’avertissements aussi directs.
Les tensions se seraient prolongées en février, lorsque le Saint-Siège a décliné une invitation de la Maison Blanche et programmé à la place une visite à Lampedusa, dans le sud de l’Italie, le 4 juillet, un geste perçu comme hautement symbolique.
Les responsables américains ont toutefois rejeté cette version, affirmant que la réunion s’était déroulée dans un cadre « respectueux et raisonnable », et contestant toute allégation de menaces ou d’intimidation.
Mercredi, le vice-président américain JD Vance a déclaré qu’il examinerait les informations faisant état de cette confrontation présumée.
Interrogé en Hongrie sur les révélations de The Free Press selon lesquelles le cardinal Christophe Pierre aurait été sommé en janvier d’aligner le Vatican et l’Église catholique sur les orientations militaires de l’administration Trump, JD Vance a répondu : « Je voudrais en réalité parler au cardinal Christophe Pierre et, franchement, à nos équipes, pour comprendre ce qui s’est réellement passé. »
« Je pense qu’il est toujours mauvais de se prononcer sur des informations non confirmées et non corroborées, donc je ne le ferai pas », a-t-il ajouté.
Un porte-parole du département américain de la Défense a également qualifié ces accusations de « fortement exagérées et déformées », réaffirmant, selon Newsweek, l’engagement de Washington à maintenir le dialogue avec le Saint-Siège.
Traduit de l'anglais par Ben Amed Azize Zougmore








