mercredi 25 mars 2026

Le vampire de l'Empire


par Laurent Guyénot


Nietzsche écrit dans L’Antéchrist §58 :

« Ce qui existait aere perennius, l’Empire romain, la plus grandiose forme d’organisation, sous des conditions difficiles, qui ait jamais été atteinte, tellement grandiose que, comparé à elle, tout ce qui l’a précédé et tout ce qui l’a suivi n’a été que dilettantisme, chose imparfaite et gâchée, — ces saints anarchistes se sont fait une “piété” de détruire “le monde” c’est-à-dire l’Empire romain, jusqu’à ce qu’il n’en restât plus pierre sur pierre, — jusqu’à ce que les Germains mêmes et d’autres lourdauds aient pu s’en rendre maître... Le chrétien et l’anarchiste sont décadents tous deux, tous deux incapables d’agir autrement que d’une façon dissolvante, veni­meuse, étiolante, partout ils épuisent le sang, ils ont tous deux, par ins­tinct, une haine à mort contre tout ce qui existe, tout ce qui est grand, tout ce qui a de la durée, tout ce qui promet de l’avenir à la vie... Le christianisme a été le vampire de l’Empire romain. »

Nietzsche a peut-être emprunté la métaphore du vampire à Ernest Renan, qui l’avait utilisée quelques années plus tôt : « Durant le IIIe siècle, le christianisme suce comme un vampire la société antique, soutire toutes ses forces et amène cet énervement général contre lequel luttent vainement les empereurs patriotes. […] L’Église, au IIIe siècle, en accaparant la vie, épuise la société civile, la saigne, y fait le vide. »

L’idée que le christianisme vidait la société romaine de son énergie et de son estime de soi avait déjà été avancée par Celse au IIe siècle, puis au début du Ve siècle par les païens romains d’ auxquels Augustin répondit dans le premier livre de sa Cité de Dieu. Cette idée est devenue taboue jusqu’à la nouvelle liberté d’expression de la Renaissance, lorsque Machiavel l’a exprimée à nouveau, avec la réserve qui s’imposait, dans ses Discours sur Tite-Live (II,2) : le christianisme, écrivait-il, avait érodé l’amour des Romains pour la liberté (il n’entendait pas par là la liberté individuelle, mais l’indépendance nationale) : « Notre religion glorifie plutôt les humbles voués à la vie contemplative que les hommes d’action. Notre religion place le bonheur suprême dans l’humilité, l’abjection, le mépris des choses humaines », alors que la religion des anciens « le faisait consister dans la grandeur d’âme, la force du corps et dans toutes les qualités qui rendent les hommes redoutables ».

Puis vint le siècle des Lumières, lorsque Voltaire déclara, dans son Essai sur les mœurs et l’esprit des nations (1756) : « Le christianisme ouvrait le ciel, mais il perdait l’empire. » Puis vint Edward Gibbon et sa monumentale Histoire du déclin et de la chute de l’Empire romain (1819) :

« Cette indifférence indolente ou même criminelle pour le bien public exposait [les chrétiens] au mépris et aux reproches des païens. On demandait aux partisans de la nouvelle secte quel serait le destin de l’empire, assailli par les Barbares, si tous les sujets adoptaient des sentiments si pusillanimes. À cette question insultante les apologistes du christianisme répondaient en mots obscurs et équivoques. Tranquilles dans l’attente qu’avant la conversion totale du genre humain, la guerre, le gouvernement, l’Empire romain, le monde lui-même, ne seraient plus, ils ne voulaient pas révéler aux idolâtres cette cause secrète de leur sécurité. »

Plus récemment, l’argument a été avancé par le savant français Louis Rougier, un élève de Renan, dans un essai passionné sur Celse publié en 1925 :

« Les chrétiens certes ne furent pas des factieux conspirant en vue de fonder un royaume à part ici-bas. […] Mais ils constituèrent par leur détachement de la chose publique un parti de déserteurs. La patrie et les lois civiles, voilà la mère, voilà le père que le vrai gnostique, selon Clément d’Alexandrie, doit mépriser pour s’asseoir à la droite de Dieu (Stom. IV,4). “Pour nous, écrira Tertullien, rien n’est si étranger que la république… il faut vivre, dit-on, pour la patrie, pour l’Empire, pour les siens. C’était l’opinion de jadis. Personne ne naît pour autrui, puisqu’on meurt pour soi seul” (Apol. XXXVIII,3). Proclamer qu’une seule chose est nécessaire, celle d’assurer son salut personnel, est un principe individualiste, antisocial au premier chef, qui transforme l’optique du monde et l’économie de la société. Il y a plus. Le chrétien doit souhaiter, appeler de ses vœux la fin du siècle, la grande catastrophe où sombrera l’Urbs et l’Empire, pour faire place à “une Jérusalem d’en haut, faite par Dieu et venue du ciel”. Plus vite sonnera l’heure de la chute de Rome, plus le chrétien devra s’estimer heureux. “Nous devons désirer l’avènement prochain de notre règne et non le prolongement de notre esclavage, écrit encore Tertullien. Seigneur, que ton règne advienne le plus tôt possible ! Tel est le vœux des chrétiens, telle est la confusion des Gentils, tel est le triomphe des anges. C’est pour ton règne que nous souffrons, c’est pour ton règne que nous prions” (De Corona 13). Les désastres publics n’affectent en rien les chrétiens, ils y voient une confirmation des prophéties qui condamnent le monde à périr par les Barbares et par le feu. La Cité de Dieu, formée de la communion des fidèles et des élus, ravit l’homme à sa patrie terrestre, dont il cesse d’épouser les passions et les intérêts.

Or, les réalités politiques, dont les chrétiens se désintéressent comme des choses étrangères qui n’importent pas au salut, c’est au temps de Marc-Aurèle, après quarante ans de paix romaine, sur les bords du Rhin et sur les rives du Danube, la formidable pression des Barbares qui percent jusqu’à Aquilée, cependant qu’en Orient les frontières fléchissent sous la poussée des Parthes. Un devoir s’impose à tous les esprits clairvoyants, celui de contenir les Barbares dont la menace grandit chaque jour. Il ne s’agit pas seulement, en cela, d’assurer la sécurité matérielle de l’Empire, mais de préserver d’un irréparable désastre le patrimoine le plus précieux de l’humanité. […] Autour des grands empereurs du IIème siècle, Hadrien, Antonin le Pieux, Marc-Aurèle, Septime-Sévère, comme, plus tard, autour de Dioclétien, tous les intellectuels, tous les patriciens se groupent pour conjurer le péril commun. Marc-Aurèle, qui n’aimait rien tant que les entretiens philosophiques et la méditation intérieure, donne au monde un exemple de grandeur sans pareille. Souffrant, trompé, désabusé, revenu de toutes les vanités de ce monde, n’obéissant qu’à l’idée de faire son métier d’empereur, par un prodige de vertu civique il fait face à tout, passant les dernières années de son règne sur les bords glacés du Danube ou du Gran, à combattre victorieusement les Quades et les Marcomans, ne se reposant des travaux de la guerre que pour écrire, sous sa tente, au long des tristes nuits d’hiver, ce livres des Pensées, où, sans une plainte, il remercie les dieux de lui avoir donné des parents si accomplis, des maîtres si excellents, une épouse si affectueuse et où il fait chaque soir son examen de conscience philosophique.

Pour parer au danger que courait la civilisation, l’Empire avait besoin du dévouement actif de tous les citoyens, de magistrats et de soldats, et non d’idéalistes “au-dessus de la mêlée”. Or, qui répondent les chrétiens, selon Tertullien, à l’appel pressant de l’empereur, à l’heure où l’on enrôlait dans l’armée des Barbares, des esclaves et des brigands ? “Les secours que nous apportons à l’État lorsque c’est nécessaire, sont des secours divins, étant munis de toutes les armes de Dieu… Plus on est pieux, plus on vient en aide par des prières à son souverain ; et c’est appui est bien plus efficace que celui des soldats qui vont à la guerre et tuent le plus d’ennemis possibles. N’est-il pas juste que, lorsque les autres hommes prennent les armes, les chrétiens ne les prennent que comme ministres et serviteurs de Dieu ? Lorsque nous prières mettent en fuite les démons qui allument les guerres et excitent à la violation des traités, nous rendons de bien plus grands services aux princes que les troupes qui semblent faire la guerre pour eux” (De Orat. 5). […]

La vérité est que la carence des chrétiens instituait une immense grève dans tout l’Empire, ce qui, aux yeux d’un patriote éclairé, était plus qu’une abstention, une trahison. Celse n’avait pas tort qui discernait dans le christianisme un ferment de dissolution de l’Empire et voyait dans l’éventualité de son triomphe le signal des grandes invasions et le naufrage de la civilisation : “Si tout le monde vous imitait, l’empereur resterait bientôt seul et abandonné, de sorte que tout l’Empire tomberait aux mains des Barbares féroces et sauvages et que le culte de votre religion, comme la gloire de la vraie sagesse, disparaîtrait de la terre.” »

Comme nous le voyons, la thèse selon laquelle les Romains ont d’abord été vaincus par les chrétiens, avant de l’être par les barbares, n’a jamais manqué de partisans. Pourtant, si l’argument est d’ordre psychologique—la perte de motivation à se battre pour l’Empire—, il reste discutable et peu concluant. Il se heurte également à l’objection que la moitié orientale de l’Empire a survécu à la moitié occidentale pendant un millénaire, bien qu’elle ait été plus profondément christianisée.

Ce que l’on peut toutefois affirmer sur la base des faits historiques, c’est que la chute de l’Empire occidental a été principalement la conséquence des guerres civiles des IVe et Ve siècles, qui étaient, dans une large mesure, des guerres religieuses menées par les empereurs christianisateurs contre la résistance païenne. Depuis que j’ai défendu cette théorie dans un précédent article, j’ai découvert que Peter Brown, l’historien le plus réputé de l’Antiquité tardive, a beaucoup insisté sur les ravages causés par les guerres civiles dans son ouvrage The Rise of Western Christendom :

« À maintes reprises, neuf fois en 83 ans (de 312 à 395), les soldats romains ont massacré leurs collègues dans des guerres civiles meurtrières. Les empereurs pleuraient (ou, du moins, s’assuraient que tout le monde croyait qu’ils pleuraient) en voyant les piles de cadavres romains qui jonchaient le champ de bataille après ces combats. Comme l’a montré Brent Shaw [dans Sacred Violence], les véritables “champs de la mort” du IVe siècle ne se trouvaient pas le long des frontières. Ils se trouvaient dans le nord de l’Italie et dans les Balkans, où des batailles sanglantes opposaient régulièrement des empereurs rivaux.

Au Ve siècle, la guerre civile s’est étendue pour inclure une “guerre par procuration” menée par des groupes barbares. Des études minutieuses de la chronologie et de la logistique des guerres civiles du début du Ve siècle ont montré que toutes les avancées majeures des barbares faisaient partie de manœuvres directement liées aux guerres civiles, ou du moins avaient été rendues possibles par la distraction causée par ces guerres. Loin de se précipiter tête baissée depuis les forêts d’Allemagne vers le cœur de la Méditerranée, la plupart des barbares y ont été pour ainsi dire “importés” par des usurpateurs romains rivaux, d’abord vers le sud-ouest de la Gaule, puis à travers les Pyrénées vers l’Espagne. Ce ne sont pas les invasions barbares en elles-mêmes qui ont changé le visage de l’Europe. C’est la synergie entre les groupes barbares, la longue pratique romaine de la guerre civile et l’opportunisme avec lequel les Romains locaux ont exploité à leurs propres fins les barbares et les conditions de la guerre civile. »

Selon Brown, l’afflux massif de guerriers barbares dans l’Empire était une conséquence, et non une cause, des guerres civiles.

« Les empereurs avaient toujours besoin de troupes pour mener les guerres civiles acharnées qui ont marqué les IIIe et IVe siècles. Ce besoin de soldats pour combattre dans les guerres civiles a entraîné les Germains de l’autre côté de la frontière dans des guerres où, à intervalles réguliers, les Romains s’entre-tuaient, dans des affrontements meurtriers entre armées professionnelles, en nombre bien plus important que ce qu’ils auraient jamais pu imaginer tuer ou être tués en combattant les “barbares” ».

J’ai également découvert un argument supplémentaire en faveur de la thèse selon lequel les guerres civiles du IVe siècle étaient des guerres religieuses, depuis la toute première menée par Constantin contre Maxence. Les historiens modernes ignorent généralement le facteur religieux dans cette guerre, car ils pensent que Constantin n’avait pas encore fait son coming-out chrétien et que Maxence n’était pas un persécuteur des chrétiens. Mais en 312, lorsque Constantin et Licinius s’allièrent, Maxence s’allia à Maximin Daza, un autre membre de la tétrarchie, qui était un traditionaliste convaincu, c’est-à-dire un « païen », et publia un rescrit contre les chrétiens qui, déclarait-il, « avec leurs croyances ignorantes et futiles, en sont venus à affliger presque le monde entier avec leurs pratiques honteuses ». Maximinus rassembla une armée de 70 000 hommes, mais six mois après la défaite de Maxence au pont Milvius, il subit une défaite écrasante lors de la bataille de Tzirallum face à l’armée de Licinius. Un peu plus d’un mois plus tard, Licinius et Constantin, victorieux, cosignèrent l’édit de Milan qui légalisait le christianisme.

Si, comme je crois l’avoir montré, les guerres civiles des IVe et Ve siècles étaient avant tout des guerres de religion liées à la christianisation, alors on peut dire que c’est la christianisation qui a provoqué l’effondrement structurel de l’Empire et les brèches qui ont permis aux barbares d’envahir le territoire. La christianisation n’a pas rendu les Romains trop faibles pour se battre, mais les a amenés à se battre pour Dieu plutôt que pour Rome. Plutôt que de se battre pour la cité des hommes, les empereurs chrétiens ont commencé à se battre de manière de plus en plus obsessionnelle pour la cité de Dieu, détournant les légions des frontières pour les opposer aux ennemis de la « Vérité » à l’intérieur, mobilisant même les barbares contre les Romains dans le processus.

Les guerres de religion, inconnues dans le monde païen, sont programmées dans le patrimoine génétique du christianisme, car elles sont l’essence même du Dieu jaloux. Avoir un Fils a pu adoucir le caractère du Dieu biblique à certains égards, mais n’a pas atténué sa jalousie, bien au contraire. C’est pourquoi, dès que les chrétiens ont été à court d’ennemis païens, ils ont tourné leur colère les uns contre les autres, dans des guerres civiles entre chrétiens de confessions différentes (comme je l’ai déjà évoqué ici). Cela a culminé au VIe siècle, lorsque le fanatique Justinien a ravagé l’Italie et provoqué l’effondrement réel de l’ordre romain en Occident, comme le soutiennent aujourd’hui les nouveaux historiens (et comme je l’ai évoqué ici). La raison pour laquelle Justinien est généralement considéré comme le restaurateur de l’unité de l’Empire, plutôt que comme son destructeur, est simplement que l’histoire est écrite par le vainqueur. L’unité de l’Église, que Constantin avait tenté (sans succès) de réaliser pour le bien de l’Empire, était devenue une fin en soi, au détriment de l’Empire et de la civilisation romaine. L’Église a tué l’Empire.

Le jour où le préfet de Rome, Gregorius Anicius, devint le pape Grégoire Ier (590-604), marque le début de la papauté en tant que « fantôme de l’Empire romain défunt, couronné sur sa tombe », selon les mots de Thomas Hobbes (Leviathan, chapitre 47). Sous le successeur de Grégoire, Honorius (625-638), le Sénat fut transformé en église, la résidence impériale du Latran devint le siège de la papauté et tous les bâtiments impériaux devinrent la propriété de l’Église.[7] C’est ainsi que commença ce que les historiens de la Renaissance appelleront le medium ævum, notre « Moyen Âge ». Au cours de cette période, la papauté s’accrocha fermement au manteau impérial qu’elle avait ramassé, tout en empêchant son concurrent, l’Empire romain germanique, de réaliser l’unification politique de l’Europe, conduisant ainsi à la fragmentation de l’Europe en États-nations constamment en guerre les uns contre les autres. C’est ce que j’ai appelé La Malédiction papale.

Le christianisme est loué pour être le fondement de la civilisation occidentale, bien que je ne comprenne pas ce que la civilisation occidentale lui doit en termes de sciences, de philosophie, d’art et de tradition politique (lire mon article « Le génie helléno-romain de la Renaissance ». On m’objecte souvent : « Et les cathédrales ? » Je réponds : Voulez-vous parler des cathédrales construites par les moines et les docteurs en théologie, ou bien celles construites par les confréries de francs maçons ? Récemment, quelqu’un m’a parlé du chant grégorien ; le chant grégorien est le mieux que l’on puisse faire quand on interdit les instruments et la polyphonie dans les églises. La scolastique ? L’expérience intellectuelle la plus stérile qui soit, comme l’a soutenu Louis Rougier dans l’un de ses livres.

Non, vraiment, le leg le plus important du christianisme à la civilisation européenne, ce sont les guerres de religion.



mardi 24 mars 2026

Agressions voyoucratiques



Finies les spéculations oiseuses ! Les masques tombent enfin ! En dépit de quelques frappes inacceptables contre la Syrie néo-baasiste du président Bachar al-Assad sous son premier mandat, Donald Trump exprimait souvent en public sa réticence à toute intervention militaire extérieure. Insensibles au tourbillon MAGA, les responsables du parti républicain d’alors alimentaient cette attitude d’autant qu’ils incarnaient des adultes dans une chambre soumise au bon vouloir d’un garnement plus que gâteux.

Pour son second mandat, Trump a évincé ces « adultes » en faveur de fidèles prêts à suivre leur champion dans toutes les aventures possibles. La nomination de Marco Rubio, néo-conservateur assumé, comme secrétaire d’État en est la première marque. Le choix de changer le département de la Défense en département de la Guerre en est une deuxième. L’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro et de son épouse au début de l’année 2026 entérine cette nouvelle disposition d’esprit belliciste !

Le déclenchement simultané des opérations israélienne « Lion rugissant » (détournement du symbole impérial iranien) et étatsunienne « Fureur épique » contre l’Iran ce 28 février 2026 signale le ralliement du trumpisme au néo-conservatisme. Soyons encore plus précis : on observe la synthèse des délires « néo-cons » et des ambitions sans limites de la faction technolâtre transhumaniste au sein de la mouvance MAGA. On supposait que les États-Unis trumpistes se contenteraient d’un grand espace englobant tout l’hémisphère occidental (les Amériques) élargi au Groenland, voire à l’Islande, ainsi qu’une partie de l’Océanie ; c’était sans compter avec le gouvernement israélien d’émanation sioniste révisionniste qui entend désormais remodeler à son seul profit tout le Moyen-Orient. Toutefois, ayant déjà mis la main sur les vastes réserves en hydrocarbures du Venezuela, Washington cherche à contrôler la cinquième réserve pétrolière du monde et la deuxième en gaz. Des atouts non négligeables contre Moscou et Pékin…

Tel-Aviv et Washington se justifient en prétextant une soi-disant « guerre préventive ». Il est en réalité bien curieux d’assister à l’attaque concertée d’un État souverain, pas encore détenteur de l’arme nucléaire, par deux puissances atomiques militaires effectives, l’une officielle et l’autre officieuse qui l’a acquise au mépris renouvelé de tous les traités de non-prolifération. Elles violent la souveraineté de l’État iranien. Outre la fin définitive des recherches nucléaires militaires (et peut-être civiles), les deux agresseurs exigent aussi la fin du programme balistique, la disparition de la marine nationale iranienne et l’arrêt du soutien de Téhéran à ses mandataires : le Hezbollah libanais qui compte des unités de combat chrétiennes, le Hamas palestinien, les milices chiites en Irak et les partisans d’Allah au Yémen.

Le conflit est-il formel ? Le 4 mars, un sous-marin étatsunien a coulé au large du Sri Lanka la frégate iranienne Dena, ce qui constitue un indéniable acte de guerre. Pourtant aucune guerre n’a été déclarée ! Les États-Unis et Israël pratiquent par conséquent un terrorisme de grande ampleur. On remarquera que le monde sportif n’a toujours pas exclu les équipes US et israélienne. Deux poids deux mesures…

Dans la journée du 6 mars, Donald Trump rejette toutes nouvelles négociations et, dans la continuité de la diplomatie yankee, réclame la reddition sans condition de l’Iran. Les agresseurs rêvent de transformer l’Iran en une autre Allemagne occidentale post-1945, énervée et dégénérée. Le dirigeant étatsunien veut dans le même temps qu’on lui rende compte du choix du successeur du Guide suprême de la Révolution islamique assassiné. Non content de gouverner les États-Unis depuis son terrain de golf en Floride, il veut s’occuper de Gaza, du Venezuela et maintenant de l’Iran ! Comme ses soutiens déments de la Silicon Valley, le locataire de la Maison Blanche voit sa tête gonflée. Contre cette honteuse guerre, saluons – pour une fois – la réaction salutaire du président socialiste du gouvernement espagnol Pedro Sanchez. Dans la même veine, comme l’écrit fort bien dans une tribune parue dans Libération du 4 mars dernier, l’ancien premier ministre Dominique Galouzeau de Villepin qui prépare par ce biais sa candidature probable à la présidentielle de l’année prochaine, estime que « nous voyons […] se dessiner l’hubris impériale sous ses deux formes. Du côté américain, l’aspiration à la domination par la puissance, la tentation de substituer la contrainte à la procédure, de remplacer le cadre par la décision unilatérale. Du côté israélien, une logique de sécurité qui n’est plus seulement défensive, mais qui tend vers la domination et l’écrasement, partout où c’est jugé nécessaire, au profit de la fragmentation et des zones grises, du Sud-Liban au Sud-Syrie, du Yémen aux autres interstices où l’État s’efface ». Dans quelques mois, de tels propos tomberont-ils sous le coup de l’abjecte et funeste proposition de loi déposée par Caroline Yadan qui instaurerait un délit de blasphème géopolitique ? Il faut le craindre…

Oui, les masques tombent ! Sans rien comprendre des enjeux, les crétins droitards qui persistent à hanter les plateaux malfamés de Cnews, continuent à voir en Trump le croisé de l’Occident judéo-chrétien (une belle ineptie historique magistrale) alors qu’il n’est que le pourvoyeur d’un Occident américanomorphe corrupteur de notre Europe ancestrale. Trump a reconnu le régime islamiste d’Ahmed al-Charaa en Syrie qui ne se soucie guère du sort des Druzes, des Alaouites et des Kurdes en attendant celui des chrétiens. L’actuel gouvernement belliciste et suprémaciste de Tel-Aviv envisagerait, en cas de chute de l’Iran, le déplacement forcé des Palestiniens de Gaza et des autres territoires occupés dont la minorité chrétienne. Vers quelle destination ? Très certainement le continent européen qui, soumis aux lois liberticides foisonnantes, se fera ainsi remplacer.

Malgré un fort sentiment national, voire nationaliste, l’Iran qui a subi une occupation britannique et soviétique, risquerait de se fragmenter selon des critères ethniques. Les Kurdes d’Iran (10 % de la population) rêvent d’une région autonome similaire à son équivalent en Irak. Ils se méfient toutefois de la duplicité occidentale par rapport à l’effacement du Rojava en Syrie. Les Baloutches (environ 4 %) pourraient se soulever, surtout si les assistent leurs homologues au Pakistan en sourde révolte contre Islamabad. Ce soutien, direct ou non, fragiliserait par contrecoup l’unique puissance nucléaire musulmane. L’Azerbaïdjan pourrait s’emparer du territoire iranien où vivent les Azéris (16 %). Tout dépendra du sort du détroit d’Ormuz. Les Gardiens de la Révolution iranienne le bloquent et sèment une belle pagaille dans la circulation économique et commerciale planétaire. Déverrouiller ce point névralgique impliquerait des bâtiments escortés par des navires de guerre étatsuniens sous une protection aérienne permanente. Mais cette solution n’est guère satisfaisante en raison de l’étroitesse du site. Il est dès lors possible que se déroule un débarquement dans cette région arabophone afin de créer aux dépens de l’intégrité territoriale iranienne une zone neutre sous le contrôle de la Maison Blanche. Cette occupation illégale résonnerait avec la reconnaissance israélienne du 26 décembre 2025 du Somaliland, un État-fantôme près du détroit de Bab el-Mandeb en face du Yémen houthi et à proximité du canal de Suez.

Souvent chrétiens, les droitards hexagonaux savent-ils que l’effondrement de la République islamique d’Iran serait une catastrophe pour l’Arménie qui survit grâce à sa frontière méridionale avec l’Iran ? Le traité de paix conclu entre Erevan et Bakou, le 8 août 2025, prévoit cependant la formation d’un corridor sous l’égide des États-Unis le long de la frontière iranienne entre l’exclave azérie du Nakhitchevan et l’Azerbaïdjan. La région arménienne du Zanguezour se placerait en pratique sous une tutelle extraterritoriale. Par ailleurs, ce tracé encouragerait le projet pantouranien qui se substituerait ainsi aux ambitions néo-ottomanes d’Ankara avec, à plus ou moins long terme, un choc frontal avec l’Empire du Milieu chinois…

La dynamique propre de ce conflit ne va pas s’arrêter de si tôt. Espérons que la logique clauswitzienne de montée aux extrêmes accentue les tensions inhérentes à la société étatsunienne ! Souhaitons que Trump et sa clique perdent largement les élections de mi-mandat en novembre prochain tant à la Chambre des représentants qu’au Sénat. La Maison Blanche détourne volontiers l’attention du public des affres de l’affaire Epstein et de ses échecs intérieurs : le coût de la vie augmente; les salaires stagnent. L’ICE, la police anti-immigration, se retire de la municipalité démocrate de Minneapolis après une vive contestation de la part des électeurs démocrates. Une fidèle MAGA, ancienne gouverneur du Dakota du Sud, la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, est congédiée le 5 mars dernier, suite à des pressions du Congrès. Une victoire incontestable de l’opposition démocrate dans les deux chambres favoriserait certainement la destitution simultanée de Donald Trump et de J.D. Vance afin que la speakerine démocrate de la Chambre des représentants, Alexandria Ocasio-Cortez, si elle ne brigue pas le siège de sénateur de New York de Chuck Schumer qui ne se représente pas, accède au Bureau Ovale. Son arrivée perturberait grandement la vie politique intérieure des États-Unis d’Amérique.

Salutations flibustières !

Georges Feltin-Tracol



L'essence du sionisme




Une analyse métaphysique et historique


par Alexander Dugin


Alexander Dugin soutient que le sionisme est la rébellion hérétique du judaïsme, où les Juifs se proclament Dieu, s'emparent de la Terre sainte par la force et plongent la tradition dans un bouleversement apocalyptique.


Dans le monde contemporain, le Moyen-Orient demeure l'épicentre des conflits géopolitiques, où convergent les intérêts de diverses forces, notamment l'islam, le judaïsme et les puissances mondiales. Le sionisme, idéologie d'État d'Israël, fait l'objet d'une attention particulière et revêt, de l'avis de nombreux analystes, une dimension eschatologique liée à la fin des temps.

Comme toute religion, le judaïsme est un phénomène complexe qui englobe la métaphysique, l'histoire et la philosophie, et qui donne lieu à de nombreuses interprétations parfois contradictoires. Nous examinerons la place du sionisme dans cette tradition et pourquoi il peut être perçu à la fois comme son prolongement et comme sa réfutation.

Le judaïsme, en tant que religion, est lié à l'idée que les Juifs sont le peuple élu. Principalement au sens religieux, car ce peuple a été choisi pour : 

- demeurer fidèles au seul Dieu à une époque où d'autres nations, selon le judaïsme, s'étaient éloignées de ce monothéisme, et

- attendre Son messager, le Messie ( Mashiach ), qui sera couronné Roi d'Israël et Maître du monde.

Le mot hébreu « mashiach » signifie « oint » ou « oint pour la royauté ». En grec, le même mot se dit « Christos ». Or, le christianisme repose sur la conviction que le Messie est déjà venu au monde. Telle est notre religion. La différence fondamentale avec le judaïsme réside dans le fait que les Juifs croient que le Messie n'est pas encore venu et ne reconnaissent pas Jésus-Christ comme le Messie. C'est là la distinction essentielle.

Un point extrêmement intéressant se pose alors. Selon la religion juive, les Juifs partirent en exil au début du premier millénaire, dans les années 70 de notre ère (le quatrième exil). Cet exil survint après une opération punitive menée par les Romains contre la province rebelle. Le Second Temple fut détruit. Les Juifs quittèrent la Palestine (la Terre sainte). Ainsi commença une période de dispersion qui dura deux mille ans.

Cette ère revêt une signification religieuse, comme le détaille la tradition juive. La dispersion a pour but d'expier les péchés d'Israël accumulés au cours des périodes historiques précédentes. Si cette expiation est sincère et le repentir ( techouva ) profond, la tradition juive veut que le Messie apparaisse comme une bénédiction du Dieu d'Israël pour les actes de son peuple élu. Dans ce cas, l'apparition du Messie sera un signe divin annonçant le retour des Juifs en Israël, l'établissement d'un État indépendant et la reconstruction du Troisième Temple à Jérusalem, sur le site du Second Temple détruit.

En principe, les représentants les plus constants de cette approche juive sont certains fondamentalistes du mouvement Neturei Karta ou les hassidim Satmar, qui affirment en substance : « Notre Dieu juif nous a ordonné d’endurer les épreuves de l’exil ; attendons sa fin, expions nos péchés, et lorsque le Messie viendra (mais pas avant !), nous retournerons en Israël, la Terre promise. » Ils s’appuient sur le fait que le Talmud interdit clairement un retour massif en Palestine avant la venue du Messie, et en particulier un retour par la force.

Le Talmud l'interdit et affirme fermement : d'abord le Messie, puis le retour en Israël, et pas d'autre voie.

Une question se pose alors : comment l’État d’Israël a-t-il pu être créé alors que, apparemment, le Messie n’est toujours pas venu ? Même les sionistes les plus radicaux ne prétendent pas qu’il soit arrivé.

Pour comprendre comment l'État israélien moderne se trouve en contradiction flagrante avec la religion juive dans sa formulation orthodoxe et talmudique, il faut remonter plus loin et au moins jusqu'au XVIIe siècle, à l'époque du pseudo-messie Sabbataï Zevi. Comme l'écrit Gershom Scholem, il fut le premier précurseur du sionisme.

Sabbataï Zevi déclara qu'il était lui-même le Messie, et que par conséquent les Juifs avaient désormais le droit de retourner en Terre promise.

Sabbataï Zevi connut une fin tragique. Lorsqu'il se présenta devant le sultan ottoman, exigeant que la Palestine lui soit livrée en tant que Messie, le sultan lui dit : « J'ai une autre proposition à vous faire, monsieur Sabbataï Zevi : si vous persistez dans ces inepties, je vous ferai décapiter. Mais si vous tenez à la vie, convertissez-vous immédiatement à l'islam. »

À ce moment-là, Sabbatai Zevi fait un geste étrange. Il met un turban et dit : « Vous avez raison, vous avez gagné ; je ne suis pas le Messie — laissez-moi maintenant prêcher l'islam. »

Il fut épargné, mais quelle déception, quel coup dur pour la communauté juive déjà prête à embrasser le sabbataïsme ! Rejeté par le judaïsme orthodoxe, le sabbataïsme ne disparut pas pour autant et continua de se répandre, notamment parmi les Juifs ashkénazes d'Europe de l'Est, presque clandestinement. Dans ces mêmes régions, le hassidisme commença à se structurer – un mouvement dépourvu d'une orientation eschatologique et messianique marquée, mais qui privilégiait la diffusion de la Kabbale auprès du peuple. Traditionnellement, seuls les rabbins âgés, maîtrisant toutes les autres formes d'études talmudiques, pouvaient étudier la Kabbale.

Mais que s'est-il passé dans certaines sectes sabbatéennes ? Une théorie a émergé selon laquelle Sabbataï Zevi était en réalité le véritable Messie, et qu'il s'était converti à l'islam délibérément après avoir commis une trahison sacrée. Qu'est-ce qu'une trahison sacrée ? Toute une théologie de la trahison sacrée s'est développée, affirmant que les Juifs pouvaient renoncer à leur foi et embrasser extérieurement une autre religion, uniquement par apparence, afin de la saper de l'intérieur, tout en continuant secrètement à professer le judaïsme.

Plus tard, le sabbatéen Jacob Frank se convertit au catholicisme. De plus, il fournit aux censeurs catholiques de prétendues preuves de l'accusation de « crime rituel » – la légende selon laquelle « les Juifs mangent des enfants chrétiens ». Il insista sur ce point en tant que Juif converti et présenta des « preuves irréfutables ». Frank abandonna complètement toute forme de talmudisme et renonça à sa foi, trahissant ainsi ses coreligionnaires. Pourtant, il avait des raisons. La doctrine secrète de Frank, comme celle de Sabbataï Zevi, affirmait qu'après le XVIIe siècle, le concept même du Messie avait changé. Désormais, le Messie, ce sont les Juifs eux-mêmes. Il n'est plus nécessaire d'attendre un Messie extérieur – les Juifs sont le Messie .

Par conséquent, même si un Juif trahit sa religion, il demeure saint car il est la sainteté même ; il est Dieu.

Ainsi, un environnement intellectuel propice au sionisme fut créé.

L'essence du sionisme réside dans sa nature de « satanisme juif ». Non pas un satanisme envers d'autres peuples ou cultures, mais un satanisme au sein même du judaïsme – autrement dit, une inversion des valeurs. Si le judaïsme orthodoxe classique affirme que le sens de l'existence juive en exil ( galout ) consiste à attendre le Messie , qui viendra de l'extérieur, et que ce n'est qu'alors qu'il convient de retourner en Terre promise, le sionisme se fonde sur le principe que les Juifs sont eux-mêmes Dieu. Par conséquent, ils peuvent retourner en Palestine dès maintenant, et même par la force, rejetant ainsi l'interdiction talmudique et entreprenant la construction du Troisième Temple. L'apparition du Messie sera l'aboutissement de ce processus messianique, mais en réalité, chaque Israélien est le Messie .

D'où la relation tout à fait particulière entre le sionisme et le judaïsme. D'une part, le sionisme est une continuation du judaïsme ; d'autre part, il est une réfutation du judaïsme, puisqu'il rejette ses principes les plus fondamentaux : la culture de l'attente pieuse et la culture du repentir ( teshuvah ).

De plus, les sionistes affirment que les Juifs n'ont rien à se reprocher : ils ont suffisamment souffert. Les Juifs sont Dieu, non pas simplement « le peuple de Dieu », mais Dieu lui-même. Par conséquent, aucune loi ne s'applique à eux ; ils sont leur propre loi.

Ceci explique la caractéristique fondamentale du mouvement sioniste moderne, qui s'appuie non seulement sur Israël, mais aussi sur un grand nombre de Juifs laïcs, libéraux, athées, communistes, capitalistes, chrétiens, protestants, catholiques, orthodoxes, musulmans, Hare Krishna, néo-spirituels, occultistes – tous des types de Juifs qui, en réalité, constituent un réseau de frankisme généralisé. Précisément parce qu'ils sont collectivement et individuellement le Messie, chacun d'eux peut se livrer sereinement à la trahison sacrée sans pécher contre son essence.

Il s'agit d'un messianisme immanent où les concepts de Messie et de Juifs sont inversés. Les sionistes n'attendent plus le Messie : ils sont eux-mêmes le Messie , et par conséquent, il n'y a plus rien ni personne à attendre. Il ne leur reste plus qu'à s'appuyer sur leur propre force et leurs réseaux internationaux pour asseoir leur domination mondiale et bâtir leur État israélien, sans égard pour la population locale ni pour aucun autre coût.

Cette situation est facilitée par l'interdiction formelle de critiquer le sionisme qui est en vigueur dans certains États américains, où l'antisionisme est assimilé à l'antisémitisme.

À y regarder de plus près, on constate que l'État d'Israël lui-même mène une guerre contre les Sémites, c'est-à-dire contre les Palestiniens, Arabes qui sont des Sémites de souche. De plus, l'idéologie sioniste ne peut même pas être qualifiée de pleinement « juive », car elle repose sur la réfutation des principes fondamentaux du judaïsme. S'il n'y a plus d'attente du Messie, alors que reste-t-il du judaïsme ?

L'existence même de l'État d'Israël est, aux yeux des sionistes, la preuve qu'ils sont le Messie. Autrement, cet État n'aurait pas vu le jour. Ils s'attribuent tout le mérite de sa création, ainsi qu'à leurs réseaux. Puisqu'il a réussi, croient-ils, c'est grâce à Dieu.

Il ne reste donc plus qu'une étape : détruire la mosquée Al-Aqsa et entreprendre la construction du Troisième Temple, ce que préconise précisément le groupe sioniste extrémiste – le mouvement des Fidèles du Mont du Temple. Des fonds considérables ont récemment été alloués à la recherche sur le Mont du Temple.

Étant donné que le sionisme repose sur des fondements métaphysiques si profonds, le dompter par des appels à l'ONU ou des cris futiles de « faisons la paix, respectons les droits de l'homme » est inutile.

Nous sommes plongés au cœur de scénarios eschatologiques aux fondements métaphysiques très profonds. La situation devient de plus en plus alarmante, dépassant largement les limites des explications banales habituelles – économie, marchés, prix du pétrole, bourse, intérêts nationaux, etc. – qui se révèlent de plus en plus contradictoires, voire absurdes.

Nous vivons une époque fascinante, mais le prix à payer pour y vivre est que certaines parties de notre conscience sont tout simplement bloquées ou paralysées. Si nous parvenons à dépasser l'hypnose, le brouillard, le non-sens, l'absurdité et la fragmentation postmoderne de la conscience, nous découvrirons un tableau aussi fascinant qu'effrayant de ce qui se passe au Moyen-Orient.

*******

Gershom Scholem (1897-1982) : Historien israélien et spécialiste de la mystique juive (Kabbale). Considéré comme le fondateur des études académiques modernes de la Kabbale, Scholem décrivait Sabbataï Zevi comme un précurseur du sionisme, soulignant l’influence des mouvements messianiques sur l’histoire juive.

Sabbataï Zevi (1626-1676) : mystique juif et faux messie qui se proclama Machia'h au XVIIe siècle. Son mouvement (le sabbatéisme) suscita un immense enthousiasme parmi les Juifs, mais prit fin avec sa conversion à l'islam. Cet événement influença le développement de l'antinomisme (violation des lois de « purification spirituelle ») au sein des sectes juives.

Jacob Frank (1726-1791) : Fondateur du frankisme, un mouvement religieux mêlant des éléments du judaïsme, du christianisme et de l'islam. Frank prétendait être la réincarnation de Sabbataï Zevi et prêchait la « purification par la transgression » (trahison sacrée), notamment le rejet du judaïsme traditionnel. Ses disciples (les frankistes) participèrent à des campagnes antisémites, comme les accusations de crime rituel.

Neturei Karta : Groupe juif ultra-orthodoxe antisioniste fondé en 1938. Ils considèrent le sionisme comme une offense à Dieu, car les Juifs ne doivent pas retourner en Israël en masse ni par la force avant la venue du Messie. Le groupe prône la dissolution pacifique de l’État d’Israël et soutient les Palestiniens.

Références aux livres et aux sources :

Gershom Scholem, Sabbataï Sevi : Le Messie mystique, 1626-1676 (Princeton University Press, 1973) : Biographie classique de Sabbataï Sevi, dans laquelle Scholem l’analyse comme précurseur du sionisme. L’ouvrage met en lumière la manière dont les aspirations messianiques ont donné naissance à des mouvements politiques.

Paweł Maciejko, La multitude mixte : Jacob Frank et le mouvement frankiste, 1755-1816 (University of Pennsylvania Press, 2011) : La première étude complète sur Frank et le frankisme, montrant son influence sur les relations judéo-chrétiennes.

Talmud (Ketoubot 111a) : Contient les « Trois Serments » – une métaphore par laquelle les Juifs jurent de ne pas « monter comme un mur » (retour massif) en Terre d’Israël avant le Messie , de ne pas se rebeller contre les nations et de ne pas hâter la fin des temps. Ceci est interprété comme une interdiction de créer Israël.

Yotav Eliach, Judaïsme, sionisme et Terre d'Israël (Wise Path Books, 2018) : Un aperçu de 4 000 ans d'histoire juive, axé sur les aspects religieux et idéologiques du sionisme.

Yitzhak Conforti, Sionisme et culture juive : une étude sur les origines d'un mouvement national (Academic Studies Press, 2024) : une étude des racines culturelles du sionisme, y compris l'équilibre entre tradition et modernité.

Yossi Shain, Le siècle israélien : comment la révolution sioniste a changé l'histoire et réinventé le judaïsme (Post Hill Press, 2021) : une analyse de la façon dont le sionisme a transformé l'identité juive de la diaspora à la souveraineté.

Derek Penslar, Le sionisme : un état émotionnel (Rutgers University Press, 2023) — sur les aspects émotionnels du sionisme.

Marjorie N. Feld, Le seuil de la dissidence : une histoire des critiques juifs américains du sionisme (NYU Press, 2024) — sur les critiques juifs du sionisme.


https://www.multipolarpress.com/p/the-essence-of-zionism



lundi 23 mars 2026

Quand l’anti-conspirationnisme change de cible



Il y a quelques jours, Nouvelle Aube, média dans lequel je publie régulièrement des chroniques, a été accusé de conspirationnisme par le journal français StreetPress, sous la plume d’un journaliste également lié à une agence militante ouvertement engagée dans un parti pris pro-israélien. Leur activité récente en témoigne, notamment à travers les tentatives visant à discréditer la rapporteuse spéciale des Nations unies Francesca Albanese.

Nous ne sommes pas dans un commissariat. Il serait donc peu intéressant de répondre point par point à ces accusations, formulées par des médias naturellement libres de leur expression. Cette polémique invite plutôt à une réflexion plus large : celle de l’anti-conspirationnisme contemporain, de ce à quoi il se consacre réellement et de ce qu’il évite soigneusement d’examiner — à savoir l’offensive suprématiste occidentale en cours contre les sociétés du Sud global.

Quand l’accusation de complotisme devient un réflexe

Pendant la pandémie de Covid-19, des millions de personnes ont été qualifiées de "conspirationnistes". Il suffisait parfois de poser certaines questions : sur l’origine possible du virus, sur les masques, sur les confinements ou sur l’usage des technologies de contrôle comme le pass sanitaire.

Dans un premier temps, responsables politiques et médias ont expliqué que l’hypothèse selon laquelle le virus aurait pu provenir d’un laboratoire chinois relevait du complotisme. Quelques années plus tard, cette certitude s’est fissurée. Le journal Le Monde a lui-même reconnu que l’hypothèse d’un accident de laboratoire n’était pas une théorie complotiste et devait être examinée au même titre que celle d’une transmission animale. Dans le même temps, certaines agences de renseignement américaines ont estimé cette piste plausible, le FBI évoquant notamment la possibilité d’une fuite accidentelle du laboratoire de Wuhan.

Pendant cette même pandémie, un ministre de la Santé expliquait que le port du masque était inutile, voire dangereux. Quelques mois plus tard, alors que l’on apprenait que les stocks stratégiques de masques constitués dans les années précédentes avaient été largement réduits et que des centaines de millions d’entre eux avaient été détruits après leur péremption, ce même ministre rendait le masque obligatoire, y compris à l’extérieur.

Le même mécanisme s’est reproduit avec le pass sanitaire. Ceux qui pensaient que ces dispositifs pourraient un jour servir à contrôler les déplacements de la population étaient accusés de complotisme. Pourtant, quelques années plus tard, à l’occasion des Jeux olympiques, l’accès à certaines zones de la capitale a été conditionné à un QR code délivré par les autorités.

Ces exemples ne concernent pas directement le génocide en cours à Gaza. Ils éclairent pourtant un phénomène plus large : la transformation profonde du rôle de l’anti-conspirationnisme dans les sociétés occidentales.

L’origine politique du conspirationnisme contemporain

Au début des années 2000, le conspirationnisme est principalement porté par l’extrême droite occidentale. Les théories du complot imputant au Mossad la commission directe des attentats du 11 septembre, ou évoquant un prétendu complot juif mondial contre les blancs circulent largement dans ces milieux.

À cette époque, le Front national est encore marqué par son héritage négationniste. Jean-Marie Le Pen en est toujours le président, tandis que Marine Le Pen entretient des proximités avec certaines figures issues de la sphère soralienne.

L’anti-conspirationnisme s’est donc d’abord développé comme une réponse à ces discours issus du néonazisme européen et américain. Il s’agissait de combattre des récits politiques hérités de la Seconde Guerre mondiale et nourris par un imaginaire antisémite.

Parmi les textes fondateurs de cet univers figure The Turner Diaries, roman du néonazi William Luther Pierce, devenu une sorte de bible fictionnelle du suprémacisme blanc. Le livre décrit un monde prétendument dominé par les Juifs et appelle à une insurrection violente contre les institutions américaines.

On retrouve encore aujourd’hui les traces de cet imaginaire politique dans certains mouvements d’extrême-droite contemporains. Lors de l’assaut du Capitole du 6 janvier 2021, soutenu politiquement par Donald Trump, des milliers de militants ont tenté d’empêcher la certification du résultat de l’élection présidentielle. Parmi eux, certains brandissaient le slogan "Day of the rope", référence directe à une scène du roman où les responsables politiques accusés d’être juifs sont publiquement pendus.

Cette référence rappelle que l’univers conspirationniste qui a nourri le suprémacisme blanc contemporain reste étroitement lié à un imaginaire antisémite radical.

Le renversement de l’anti-conspirationnisme

C’est ici que se produit un renversement historique.
L’anti-conspirationnisme s’est d’abord construit comme un outil critique destiné à combattre les mythologies politiques de l’extrême droite occidentale : négationnisme, théories du complot antisémites, récits conspiratifs sur un prétendu gouvernement juif mondial.

Mais à mesure que certaines forces issues de cette droite radicale ont accédé au pouvoir ou se sont rapprochées du pouvoir dans plusieurs pays occidentaux, la fonction de cet outil s’est progressivement transformée.

Ce qui servait autrefois à démonter les récits conspiratifs produits par l’extrême droite est devenu, dans certains contextes, un instrument rhétorique utilisé pour disqualifier d’autres discours politiques — notamment ceux qui proviennent du Sud global ou qui contestent l’ordre géopolitique occidental.

Le renversement politique

Aujourd’hui, le paysage politique occidental a profondément changé. Des courants issus de cette droite radicale ont accédé au pouvoir dans plusieurs pays.

Ce basculement produit des alliances qui auraient été impensables il y a encore quelques années. L’exemple le plus frappant est celui de la relation entre Israël et la Hongrie de Viktor Orbán.

Pendant longtemps, Orbán a été dénoncé par de nombreuses institutions juives et organisations de mémoire de la Shoah comme un dirigeant antisémite diffusant des théories du complot visant la communauté juive hongroise. Pourtant, certaines organisations censées lutter contre le racisme, comme l’Anti-Defamation League aux Etats Unis, ont récemment salué ses positions pro-israéliennes.

La révolution médiatique du Sud global

Le changement de paradigme ne se situe pas seulement dans les sphères du pouvoir. Il est également lié à la transformation profonde de l’espace médiatique mondial.

Au début des années 2000, la plupart des lecteurs occidentaux n’avaient pratiquement aucun accès aux médias du Sud global. Internet a bouleversé cette situation.

Aujourd’hui, il est possible de lire directement les analyses d’activistes, de journalistes et d’intellectuels issus d’autres espaces politiques et culturels. Pour l’humanité occidentale, c’est un progrès considérable — à condition de ne pas rester prisonnier d’un paternalisme colonial.

Gaza et la nouvelle fonction de l’anti-conspirationnisme

Lorsqu’un activiste palestinien ou une intellectuelle turque s’exprime contre le génocide commis à Gaza, leur démarche n’a évidemment rien à voir avec celle d’un conspirationniste suprémaciste blanc américain.

Pourtant, l’anti-conspirationnisme contemporain tend de plus en plus à traiter ces discours comme s’ils relevaient du même phénomène.

Pourquoi ? Parce que cet outil critique s’est progressivement transformé en arme rhétorique mobilisée par certains gouvernements occidentaux engagés dans une phase particulièrement dure de la guerre idéologique contre les sociétés musulmanes.

Le cas français

En France, ce phénomène se manifeste notamment à travers la diffusion de théories islamophobes parfaitement conspirationnistes.
L’exemple le plus frappant est celui de la prétendue stratégie de conquête attribuée aux Frères musulmans. Un rapport gouvernemental reconnaît lui-même qu’il n’a pas été en mesure d’identifier clairement des personnes appartenant à cette organisation en France. Pourtant, dans le débat public, cette hypothèse est régulièrement présentée comme l’existence d’un projet coordonné visant à imposer la charia sur l’ensemble du territoire et à infiltrer la gauche politique, notamment La France insoumise.

Contrôler les récits

Si nous étions encore dans les années 1990, quelques grands médias auraient suffi à imposer une seule version des événements et une seule manière de les interpréter.
Mais nous sommes en 2026. L’irruption des médias du Sud global rend ce contrôle beaucoup plus difficile.

Face à cette transformation, deux stratégies se développent.

La première consiste à disqualifier ces voix en les accusant de conspirationnisme.

La seconde consiste à limiter concrètement leur capacité d’expression : fermetures de médias, gels d’avoirs visant certains journalistes, campagnes de dénonciation et de stigmatisation.

Une bataille pour le droit de nommer les faits

C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre les attaques visant certaines figures internationales qui documentent aujourd’hui les crimes commis à Gaza, comme la rapporteuse spéciale des Nations unies Francesca Albanese.

Quel rapport cela entretient-il avec l’anti-conspirationnisme tel qu’il s’était constitué historiquement pour combattre les mythologies politiques de l’extrême droite occidentale ?

Pratiquement aucun.

L’outil critique existe toujours. Mais son sens a changé.
Comprendre ce déplacement est devenu indispensable. Car derrière l’accusation de complotisme se joue désormais une bataille bien plus fondamentale : celle du droit de nommer les crimes et de décrire le monde tel qu’il est.

Nadia Meziane



Sur le « luciférisme aryen » azovite



par Daniele Perra


Je suis récemment tombé sur un essai de 2013 de l'idéologue (et chef du secrétariat international) du mouvement Azovite, Olena Semenyaka, intitulé « Quand les dieux entendent l'appel : le potentiel conservateur-révolutionnaire de l'art Black Metal » publié par la maison d'édition Black Front Press basée à Londres et dirigée par le national-anarchiste Troy Southgate.

Le texte n'est pas dépourvu d'enseignements. Il part de l'idée que l'art du Black Metal est une sorte de « condamnation à mort du monde moderne ». Cependant, il est tout à fait évident qu'il s'agit d'un produit du monde moderne. Mais allons-y pas à pas. L'essai affirme qu'il « est le grand 'Anti' de tout ce que l'on croit avoir de la valeur pour le membre moyen de la société occidentale moderne : des notions conventionnelles de ce qui est bon est beau à l'être métaphysique lui-même ». Le black metal est donc une « phase nihiliste-active dans un processus de transvaluation métaphysique des valeurs ». Il ne s'agit pas d'une sous-culture mais d'une contre-culture visant à effacer toute l'époque contemporaine. En cela, elle serait assez similaire à la révolution conservatrice présentée précisément comme un « phénomène culturel complexe qui a beaucoup en commun avec le black metal » : en plus d'être tous deux des phénomènes contre-culturels, ils sont également « politiquement transversaux ».

Semenyaka met particulièrement l'accent sur le « National Socialist Black Metal » (NSBM), défini dans le document comme une « synthèse parfaite de la volonté de puissance luciférienne », dont l'Ukraine représente selon elle une avant-garde mondiale. C'est précisément ici qu'a lieu le principal festival de musique du genre (Asgardsrei), organisé par le citoyen russe en attente de recevoir la nationalité ukrainienne (il est aussi vétéran du régiment Azov et idéologue du groupe Wotanjugend), Alexei Levkin, après son expulsion de Russie. Semenyaka elle-même a longtemps été en très bons termes avec Levkin, jusqu'à ce que l'extrémisme excessif du Russe commence à se révéler rédhibitoire pour le redéveloppement/nettoyage international de l'image du mouvement azovite et ses tentatives de lobbying aux États-Unis.

Le « luciférisme aryen » dont parle l'idéologue ukrainienne dans ce contexte se manifesterait comme un sentiment métaphysique de recherche de la liberté absolue. Ce passage est intéressant étant donné que dans l'essai, Semenyaka elle-même cite les travaux de René Guénon de manière plutôt désinvolte. Le métaphysicien français soutenait en effet l'idée que le luciférisme conscient et plutôt grotesque d'un petit groupe était bien moins dangereux que le luciférisme inconscient de la plupart: par exemple, celui des prédicateurs protestants nord-américains qui, en prétendant disposer d'un canal direct de communication avec Dieu, tentent en fait de le transporter dans les strates inférieures de l'être.

Cela montrerait en soi comment l'utilisation d'un luciférisme élitiste pour combattre une société déjà luciférienne est une sorte de contradiction dans les termes. Semenyaka fait également constamment référence à l'œuvre de Nietzsche, mais bien qu'elle ait écrit une dissertation sur la pensée de Martin Heidegger, elle semble ignorer la principale critique que le philosophe de Messkirch a formulée à l'égard de Nietzsche : à savoir que le platonisme ne peut être renversé en restant sur des positions essentiellement platoniciennes. Par conséquent, prétendre renverser le luciférisme par le luciférisme ressemble à un affrontement entre les deux faces d'une même pièce.

Semenyaka parle également de la nature chthonique du Black Metal et de l'éveil en lui de la nature titanesque. Mais, là encore, il semble ignorer la nature déjà purement titanesque de la société que l'on chercherait à combattre. En outre, la comparaison avec la révolution conservatrice, du moins dans la manière dont Semenyaka comprend ce type « d'art », est totalement déplacée. Pour les théoriciens de cette « école de pensée », le révolutionnaire est celui qui sauve et préserve la valeur qui se trouve à l'origine. À l'ère du chaos informe du capitalisme financier et industriel, cette valeur réside dans l'essence même de la nature humaine écrasée par les produits de la technologie. Et cette essence, pour paraphraser Aristote, est avant tout politique. En redonnant au politique sa primauté sur l'économie et son contrôle sur la technologie, on redonne à l'histoire le rythme de l'homme qui tente de repenser et (à nouveau) d'interpréter le monde au lieu de se concentrer sur sa simple utilisation. En ce sens, la Révolution conservatrice a représenté une lueur olympienne dans une société déjà plongée dans un titanisme chthonique.

Dans l'interprétation du black metal par Semenyaka, cela devient donc une sorte de titanisme pseudo-oppositionnel à une société titanesque. Ainsi, le « règne de Prométhée » souhaité à venir (la phase active-nihiliste de la future domination titanesque) sera une fois de plus fondé sur le pouvoir élémentaire de la technologie. Ce n'est pas un hasard si Semenyaka parle encore d'un « ethnofuturisme » qui fera entrer la région située entre la mer Baltique et la mer Noire (le bloc « intermarium » déjà théorisé par le prométhéisme polonais de Josef Pilsudiski et actuel cheval de bataille de l'atlantisme) dans la « quatrième révolution industrielle ».

Source : https://www.ariannaeditrice.it/articoli/sul-luciferismo-ariano-azovita

Via : https://www.terreetpeuple.com/societe3/5073-sur-le-luciferisme-aryen-azovite.htmlia



dimanche 22 mars 2026

Habermas, l’Europe sans nations, et le retour du réel




La disparition de Jürgen Habermas clôt une époque intellectuelle. Sa pensée, centrale dans la construction post-nationale de l’Union européenne, a inspiré une vision de la démocratie détachée des nations, dont les limites apparaissent aujourd’hui avec le retour des souverainetés et des conflits.

Jürgen Habermas (1929-2026) est décédé.

Il fut l’un des philosophes majeurs de l’après-guerre et forma plusieurs générations d’intellectuels et de décideurs européens.

Son interrogation fondatrice prenait racine dans l’expérience allemande après le nazisme.

L’Allemagne pouvait-elle durablement vivre en démocratie ? Qu’est-ce que l’espace public, et quelles conditions rendent possible l’existence d’une véritable délibération démocratique ? Et quel rôle l’Europe pouvait-elle jouer dans l’édification et la garantie de cet horizon ?

Son influence fut considérable, bien au-delà du monde académique, parmi les courants néolibéraux et post-nationaux, à gauche comme à droite.

Allemand, il tendait à considérer la nation et le nationalisme comme des réalités équivalentes, ce qui conduisait à légitimer le contournement des souverainetés nationales par l’Union européenne.

Ce vice de pensée devait conduire l’Union européenne aux impasses que nous connaissons aujourd’hui. L’histoire suit une trajectoire inverse de celle qu’il appelait de ses vœux.

Les peuples européens, se sentant dépossédés de la maîtrise de leur destin, se replient.

L’Europe s’effondre et sort de l’Histoire, car les institutions de l’Union européenne sont l’inverse de l’imaginaire européen, de son génie propre, qui est de faire de la diversité de ses peuples, constitués en nations, du commun.

La pensée d’Habermas a servi de justification, par son abstraction hors des socles nationaux de la démocratie et des us et coutumes des peuples, à un spectacle démocratique européen dont la scène est constituée par les institutions de l’UE, avec des intermittents du spectacle.

Nous assistons maintenant, en réaction, pour le meilleur comme pour le pire, au retour de la nation.

Le meilleur, c’est la reprise en main du politique, par les citoyens, de la démocratie sur les technostructures européennes et nationales au service des marchés et des techniques : la souveraineté nationale.
Pour le pire, c’est le nationalisme et la guerre, en Allemagne d’abord, avec l’AfD, formation au sein de laquelle sont présents des courants néo-nazis.

Le fascisme et le nazisme ne résultent pas des nations, mais du sentiment de dépossession politique des peuples dans la diversité de leurs cultures politiques, que prétendait contourner Habermas pour résoudre la question de la culture politique allemande.

Face au désastre de la remontée du passé qu’il redoutait, il commençait à infléchir sa position ces toutes dernières années. Ainsi, très tôt, juste après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, il appelait, contre les dirigeants allemands et de l’UE, à ouvrir des négociations avec la Russie. Il devait pressentir ce que cette guerre allait réveiller en Allemagne…

Il restera d’Habermas des contributions philosophiques majeures, qui auront profondément marqué la pensée contemporaine, mais aussi de graves erreurs politiques dont les effets catastrophiques se donnent aujourd’hui à voir.

Stéphane Rozès





Comment fabriquer de l'essence sans pétrole ?



Créer du carburant grâce à la biomasse (ou au charbon)


En 1902, Sabatier et Senderens procédèrent à la synthèse du méthane CH4 sur nickel Ni et cobalt Co à partir d’un mélange de monoxyde de carbone CO et de dihydrogène H2. Le premier brevet a été déposé ensuite en 1913 en Allemagne par BASF sur la préparation d’huiles à partir d’un gaz de synthèse sur catalyseur cobalt-osmium Co-Os. Finalement, l’invention du procédé de synthèse Fischer-Tropsch (SFT) date du dépôt du premier brevet, en 1923, attribué à ces deux chercheurs allemands travaillant pour le Kaiser Wilhem Institut de Mülheim an der Ruhr. Il s’agit de la réduction du monoxyde de carbone par le dihydrogène en présence d’un catalyseur au fer suivant la réaction (2n+1) H2 + nCO → Cn H2n+2 + nH2O

CnH2n+2 est un mélange d’hydrocarbures qui doivent être hydrocraqués (cassés en molécules plus légères) pour donner le carburant liquide synthétique. 

Ce procédé a été exploité au cours de la Seconde Guerre mondiale par l’Allemagne qui ne disposait pas de pétrole mais possédait des mines de charbon. En 1944, le « troisième Reich » produisait 125 000 barils/jour d’essence à partir du charbon qui subvenaient aux besoins de l’aviation et de l’armée nazies engagées dans la guerre. On comptait alors de nombreuses usines de liquéfaction qui furent bombardées par les alliés de 1944 à 1945. 




Après 1950, l’Afrique du Sud est soumise à un blocage des approvisionnements en carburant suite à son isolement dû à sa politique d’Apartheid. Disposant d’abondantes ressources en charbon, elle perfectionna alors le procédé Fischer-Tropsch dans les unités CTL (Coal to liquids) avec deux synthèses : Arge pour les hydrocarbures à point d’ébullition élevé comme le gazole et les cires, et Synthol pour la production d’hydrocarbure à plus faible point d’ébullition comme l’essence, l’acétone et l’alcool. 

Après l’an 2000, l’instabilité du prix du pétrole a relancé l’intérêt du procédé et de grandes sociétés comme EXXON aux États-Unis et SHELL en Malaisie ont investi pour implanter de nouvelles unités. Les carburants produits par la synthèse Fischer-Tropsch sont plutôt propres, ont de bonnes propriétés et l’exploitation de la biomasse peut relancer le procédé. Le « syngas » ou gaz de synthèse (CO + H2 + CH4) peut effectivement être aussi produit par la calcination ménagée du bois ou de végétaux à haute température et ensuite être traité par la réaction Fischer-Tropsch.








Voilà comment le petit peuple hébreu devint maître de l’Occident



(...) le dévoilement sur Epstein et ses réseaux laisse à penser que cet État profond est profondément juif. Il y a tout de même ici quelque chose de fascinant, comment un petit peuple antique de rien du tout, un petit peuple du Levant parmi les petits peuples du Levant, a-t-il pu devenir maitre de l’Occident ?!…

La première mention archéologique d’Israël, remonte au XIIIe siècle avant J.-C. La fameuse stèle de Merenptah, qui célèbre la victoire du pharaon Merenptah sur les peuples du Levant sans doutes révoltés. L’inscription dit entre autres : « Kana’an est dépouillé de tout ce qu’il avait de mauvais. Asqalon est emmené. Gezer est saisie. Yenoam devient comme si elle n’avait jamais existé. Le peuple d’Israël est détruit, sa semence même n’est plus ». Notons que pour Kana´an, Asqalon, Gezer et Yenoam, l’idéogramme signifiant le territoire leur est associé, mais pas pour Israël, qui est donc considéré ici comme un peuple sans territoire, sans État… un peuple errant… Notons aussi l’expression hyperbolique « sa semence même n’est plus », révélant sans doute le désir que ce peuple errant soit totalement exterminé. Un peuple rebelle donc. Le nom même d’Isra-ël veut d’ailleurs dire en hébreu : « en lutte contre Dieu ». La stèle de tel Dan, fin du VIIIe siècle av. J.-C., mentionne, elle, Achab, roi d’Israël, et la maison de David. L’archéologie montre donc que cette peuplade errante s’est finalement constituée en royaume. La tradition israélite dit que leur livre sacré, la Torah, est un livre révélé, une parole divine. Toutefois, il y a dans ce texte beaucoup d’emprunts à la religion ancienne perse, à la religion babylonienne, ainsi qu’à la religion égyptienne (la circoncision et l’interdiction du porc viennent par exemple de l’ancienne religion égyptienne). Ce qui n’est pas logique pour un peuple particulièrement rebelle, qui devrait donc avoir sa propre religion, sans se soumettre à d’autres religions.

Avant la déportation des israélites à Babylone (qui passera rapidement sous domination perse), il y avait bien-sûr chez eux un culte à Yahvé, les amulettes de Ketef Hinnom datant du VIIème siècle av. J.-C., nous le prouve. Mais les emprunts à la religion perse dans la Torah sont colossaux, Torah qui, selon Spinoza, fut écrite par Esdras, lettré israélite, après sont retour d’exil de Babylone, alors sous occupation perse ; Esdras naquit en Babylonie perse et y vécu près de cinquante ans, assimilant la religion perse, jusqu’à être missionné par le roi perse Artaxerxès pour organiser la Judée devenue province perse, afin de soumettre ce peuple israélite si rebelle et si transgressif (les prophètes juifs Esaïe et Jeremie l’ont si bien dénoncé), et leur inculquer l’obéissance en leur donnant une religion compatible avec la religion perse. Et en effet, on peut voir dans la Torah que toute l’histoire d’Adam et Ève a été empruntée au mythe perse de Mashyâ et Mashyana, où Mashyana, la première femme est séparée du premier homme Mashyâ, alors qu’ils vivaient dans un paradis, Vâhîkâs, un lieu idyllique, en communion avec le divin – Ahura Mazda -, un lieu d’harmonie et d’abondance duquel ils vont chuter sous l’influence d’Ahriman, le Diable, après avoir désobéi à Dieu unique, Ahura Mazda, créateur du monde en six jours !… après avoir créé la lumière !… Devenus mortels après leur chute, Mashyâ – créé à l’image de Ahura Mazda – et Mashyana ont leur premier enfant. Le monde sombre alors dans la souffrance sous l’influence d’Ahriman, jusqu’à l’arrivée attendu d’un messie : Saoshyant ! Les israélites ont décidément tout pillé aux Perses. Et le dieu unique créateur Ahura Mazda prit le nom de Yahvé. On trouve même des éléments de la grande religion de Zarathustra jusque dans le Coran : la résurrection des âmes (Rista), le Jugement dernier, le pont de Chinvat qui outre mort enverra les âmes soit en Enfer (Dūjō-demana) soit au Paradis (Garōdmān), la prière cinq fois par jour… Même la kabbale juive emprunte beaucoup aux mythes perses, en particulier le mythe du premier homme spirituel Gayomart (que la kabbale juive emprunte en l’appelant Adam Kadmon). Quant à la notion kabbalistique du Tikkun Olam (réparation du monde), elle est directement empruntée à la notion perse de Frashokereti (la réparation ultime). Sauf que dans la kabbale juive, ce sont les israélites qui vont réparer la création imparfaite de Dieu par la connaissance du Serpent, oui, le serpent biblique… alors que chez les Perses, la création parfaite d’Ahura Mazda est corrompue par Ahriman, et restaurée par Ahura-Mazda, le messie Saochyant et les Yazatas (anges et esprits divins).

Esdras conçut donc, à la demande d’Atarxerxès, une religion de soumission à Dieu pour le peuple rebelle israélite, rebelle et transgressif, une religion avec des modèles d’hommes soumis à Dieu, Abraham, Moise, Jacob, Joseph, avec une élection divine et une promesse de terre… mais aussi des figures de rebelles punis, Koré, Caïn… Tous ces personnages ont-ils été créés par Esdras, ou sont-ils inspirés de personnes ayant réellement existé ?… Il n’en reste pas moins que les Dix commandements de Moïse sont directement empruntés du jugement d’Osiris dans le Livre des morts égyptien, et le personnage de Joseph semble être le Imhotep égyptien… Il n’en demeure pas moins qu’il y a une singularité de la religion juive, en ce qu’il y a du nouveau par rapport aux anciennes religions, où chacun servait le divin individuellement, ou familialement, et où les dieux poliades sont révocables (Yahvé est irrévocable), c’est que Dieu dans le judaïsme fait alliance avec un peuple, le petit peuple, sous forme d’un pacte moral en vue de son salut terrestre. Est-ce Esdras qui imagina cette singularité pour mieux contrôler le peuple ?… Tout ce qu’on peut dire c’est que Jésus proposa aux « brebis égarées de la maison d’Israël » non plus un salut terrestre mais un salut spirituel.

Mais venons en à ce personnage rebelle archétyal, Caïn qui, après avoir été banni, est étrangement protégé par Yahvé au lieu d’être mis hors d’état de nuire, et lui et sa descendance sont étrangement loués pour leur apport civilisationnel (chapitre 4 de la Genèse dans la Torah), comme si Esdras avait voulu réhabiliter le rebelle meurtrier Caïn, meurtrier, corrupteur, cupide, belliqueux, tyrannique, fourbe, pilleur, manipulateur et pervers sexuel, comme l’écrivait le grand historien juif Flavius Joseph, dans son livre Antiquités judaïques… réhabiliter Caïn pour absoudre l’irréductible transgression et rébellion israélite… à croire que Caïn est l’ancêtre caché des israélites. Ce Caïn est en tout cas le portrait caché de Jeffrey ! Voyons bien que Caïn fut très plausiblement le fondateur de Sumer. Plusieurs indices frappants : la première ville est Eridu, au bord de l’Euphrate, tout comme Caïn fonde lui aussi la première ville (au début de la Torah), les premières forges apparaissent à Sumer (forges pour le bronze) tout comme Tubal-Caïn, descendant de Caïn, est considéré comme le premier forgeron (toujours au début de la Torah), et pour finir, les premiers instruments de musique apparaissent à Sumer, lyre, harpe, instruments à vent en métal, tout comme dans la Torah ces instruments sont inventés par les descendants de Caïn. Autre indice, Abraham et son père Terah étaient sumériens, et Terah l’idolâtre était proche du roi Nemrod, le grand rebelle à Dieu, en cela héritier de Caïn. Certaines traditions midrashiques affirment que Azurad, fille de Nemrod fut l’épouse d’Eber, ancêtre d’Abraham. Il n’en reste pas moins que, complice de Nemrod, Terah l’idolâtre fit jeter Abraham le monothéiste au feu, son propre fils ! Cette transgression criminelle procède de Caïn. Tout comme la fourberie et la cruauté sadiques de Laban, neveu d’Abraham, procède de Caïn. Il y a chez les exégètes juifs, cette volonté de réhabiliter ou d’absoudre Caïn ; par exemple, dans certains midrash, la postérité de Caïn survit au Déluge (alors que dans la Torah, il n’est pas dit qu’elle y survit, ni qu’elle n’y survit pas), et elle y survivrait par le biais de Naamah qui serait l’épouse de Noé, et qui serait une femme juste, quoique descendante de Caïn. Il n’en reste pas moins que le petit fils d’Abraham, Jacob, épousera la fille de Laban, Léa, dont il aura des enfants, Siméon, Ruben, Lévi, qu’il maudira sur son lit de mort ! Enfants qui comploteront pour assassiner leur propre frère, Joseph. Toujours cette transgression criminelle héritée de Caïn, qui sera finalement pardonnée par Joseph.

Toute l’histoire de la Torah est une tentative d’absoudre les héritiers de Caïn – les israélites – et donc cette figure de Caïn, premier roi de Sumer. La proximité israélite avec Sumer est si étroite que les premières lignes de la Torah sont la quasi copie conforme de l’Enuma Elish, la cosmogonie suméro-babylonienne : « Au commencement Elohim (pluriel… ) créa le ciel et la terre » (comme les dieux sumériens primordiaux Tiamat et Apsu engendrèrent en s’unissant le ciel, Anshar, et la terre, Kishar), « la terre était informe et vide, il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme, et l’esprit d’Elohim se mouvait au-dessus des eaux.. » (comme l’esprit de Marduk, fils d’Enki, est au dessus de la guerre annoncée des divinités des eaux primordiales chaotiques), « Elohim sépara les eaux, celle du dessus, le ciel, et celle du dessous, la terre » (comme Marduk découpe en deux le corps de Tiamat, déesse des eaux primordiales, la moitié du haut devient le ciel, la moitié du bas, la terre). Quant à l’histoire de l’arche de Noé et du Déluge, c’est la copie conforme de l’arche de Ziusudra, rescapé d’un grand déluge déclenché par Enlil, le dieu créateur, pour punir les hommes. Mais l’emprunt le plus drôle reste quand même la côte d’Enki, malade après avoir mangé une plante défendue, côte guérie par Ninhursag en créant une femme, une divinité, Nin-ti (qui a un double sens, « dame de la côte » ou « dame de la vie »)… tout comme Yahvé prélève une côte d’Adam pour créer Ève, qui mangera du fruit défendu, et donnera un enfant à Adam, « dame de la vie »… ! Pour finir, sachez tout de même que la monnaie sumérienne était… le shekel ! Mais revenons à cette volonté israélite de réhabiliter Caïn, elle atteignit son paroxysme après la chute de Jérusalem, sous l’empereur Titus. En effet, après la seconde destruction du Temple, des israélites rejetèrent Moïse et ses lois et formèrent des sectes gnostiques, en particulier la secte des Cainites, qui glorifiait Caïn, voyant en lui l’incarnation suprême de la sagesse, et voyant en le serpent biblique la manifestation de l’esprit suprême, et en Yahvé, un dieu créateur imparfait (le démiurge), à la création imparfaite, ce qui n’est pas sans rappeler le grand dieu sumérien Enki, dieu-serpent, lui aussi esprit suprême de sagesse, rusé et pervers sexuel comme Caïn, et comme lui jaloux de son frère, Enlil, créateur du monde.

Pour les chrétiens, le serpent biblique est la manifestation de Lucifer déchu, avide de domination. Cette gnose du serpent, dépositaire de l’esprit de Caïn, de la postérité de Caïn, postérité du Serpent, se manifesta ensuite dans la kabbale juive, qui elle-même influença profondément la franc-maçonnerie européenne et occidentale (dont les figures tutélaires sont tous des descendants de Caïn, Nemrod, Hiram, Tubal-Caïn, Henoch fils de Caïn… ). Et les réseaux maçonniques, révolution après révolution, prirent le pouvoir en Occident, maçonnerie dont le but avoué est la reconstruction du Temple à Jérusalem… Voilà comment le petit peuple hébreu devint maître de l’Occident…

La singularité juive, Lotfi Hadjiat.


samedi 21 mars 2026

Le déclin du monothéisme depuis Zarathustra ?



Alors que l’Occident s’enlise dans le sang et la destruction pour soutenir inconditionnellement Israël, coûte que coûte, et maintenir Zelensky à la tête d’un infernal réseaux de corruption en finançant ce gangster sans limite, il est bon de se pencher sur l’ancienne religion perse, assez peu connue finalement. Il y a bien longtemps, au cœur de la Perse antique, avant le judaïsme, avant le christianisme, avant l’islam, émergea une religion d’une portée universelle, portée par le prophète Zarathustra (Zoroastre). Cette foi introduisait le Dieu unique, Ahura Mazda, créateur et souverain de l’univers, dont la créature Ahriman conteste la souveraineté avant d’être vaincu et détruit – dans les plus anciens récits – à la fin des temps (il ne s’agit donc évidemment pas ici d’un dualisme ontologique). Le zoroastrisme apportait donc une véritable conception monothéiste, universelle, centrée sur la lutte cosmique entre le bien et le mal, incarné par Ahriman.

« La religion de Zoroastre fut une des plus belles tentatives pour moraliser l’univers », disait Ernest Renan. Et dans Ecce homo, Nietzsche écrivait : « Zarathustra fut le premier qui comprit la lutte du bien et du mal comme le moteur du monde ». Cette religion offrait une vision complète de l’univers : la création du monde en six jours, six périodes, six étapes, la naissance de la lumière et de l’ordre, le jugement dernier des âmes après la mort, le paradis et l’enfer, la résurrection des âmes, et la notion de messie, figure représentant le triomphe du bien et le rétablissement de l’ordre divin. Parmi les pratiques religieuses, la prière quotidienne se faisait déjà cinq fois par jour, et le jeûne, lorsqu’il était pratiqué, restait souple et symbolique, visant à purifier corps et esprit plutôt qu’à imposer une obligation universelle. Cette religion perse était noble en cela qu’elle incarnait la tolérance religieuse (dont témoigne le cylindre de Cyrus) ; elle respectait les autres croyances sans chercher à convertir ou dominer. Ce monothéisme perse se distinguait donc par sa tolérance et son non-prosélytisme, n’imposant pas sa doctrine aux autres peuples, mais offrait un cadre moral et cosmique accessible à tous. Les adeptes convainquaient par l’exemple sans prosélytisme. La noblesse religieuse perse, porteuse de cette foi, était exemplaire dans cette ouverture, respectant les autres croyances et ne voyant finalement aucune raison à convertir ou à dominer, du point de vue religieux (même si, plus tard, les Sassanides déclinèrent vers des persécutions envers les juifs et surtout les chrétiens, laissant à penser que cette religion était aussi en déclin). La noblesse de cette religion faisait écho aux anciens perses qui se nommaient eux-mêmes « aryens », c’est-à-dire : « nobles », au sens moral.

Avec le temps, cette religion traversa les frontières. Après la première destruction du Temple de Jérusalem, les israélites exilés à Babylone furent exposés à ce monothéisme avancé, qui influença leur propre culte. À cette époque, les israélites étaient en effet encore monolâtres, vénérant Yahvé comme un dieu jaloux et exclusif – jaloux des autres dieux, donc pas unique, même si Moïse évoquait le dieu des hommes de tous les temps (Exode 3, 6). Babylone passée sous le pouvoir perse, les israélites découvrirent alors les concepts religieux perses : le dieu unique, le jugement dernier (Rista), le paradis (Garōdmān) et l’enfer (Dūjō-demana), les anges (Yazatas), les démons (Daevas), la résurrection des âmes, la lumière comme principe divin, le premier être humain, Mashyâ, créé à l’image de Dieu (comme Adam) et Mashyana (Ève), leur déchéance d’un lieu idyllique, l’homme primordial spirituel « Gayomart » (l’Adam Kadmon de la kabbale juive), et la promesse d’un messie, Saoshyant. Même le Tikkun Olam de la kabbale juive – réparation du monde – est une reprise du Frashokereti perse – restauration de l’ordre divin, sauf que chez les kabbalistes ce sont les israélites qui réparent le monde imparfaitement créé, alors que chez les Perses ce sont les êtres divins qui restaurent l’ordre parfaitement créé mais corrompu par Ahriman.

Revenus d’exil à Jérusalem, les israélites tentèrent, à la lumière de la religion perse, mais aussi babylonienne, de se constituer une religion ; la Torah fut ainsi écrite, par et sous la direction d’Esdras (comme le pensait Spinoza). Le lévite Esdras naquit et passa sa vie à Babylone. Mais à Jérusalem, l’intolérance religieuse israélite (extermination des peuples du pays de Canaan sous le commandement de Josué) persista (interdiction par Esdras du mariage entre israélites et Samaritains, qui se réclamaient pourtant de la loi de Moïse !… ). Après la seconde destruction du Temple de Jérusalem, celle-ci passe sous occupation byzantine ; le monothéisme perse version chrétienne devint prosélyte (pourtant Jésus n’était pas prosélyte, tout comme ne l’était pas Zarathustra, qui annonçait justement la venue d’un messie… ), rompant ainsi avec la tolérance perse, en condamnant les hérésies, tel le judéo-nazaréisme. En exil, les judéo-nazaréens, instruits de la religions de Zaratustra et héritiers de l’histoire juive, désireux sans doute de préparer la libération de Jérusalem, transmirent, selon certains chercheurs, le monothéisme zarathustrien version judéo-nazaréenne aux Arabes, espérant, selon toute vraisemblance, s’en faire des Alliés pour la reprise de Jérusalem (et effectivement, Jérusalem fut reprise par les musulmans qui y consentirent le rétablissement de la communauté juive, en y autorisant notamment le Reich Galouta, comme chef de cette communauté). Voyons bien que Khadija, la première épouse du prophète de l’islam, était probablement judéo-nazaréenne à l’instar de son cousin Waraqa ibn Nawfal, érudit religieux. Les musulmans, sans doute influencés par le hanifisme, adoptèrent donc les idées monothéistes perses enrichies de traditions juives et nazaréennes, et ils organisèrent une communauté religieuse structurée, selon une révélation initiale qui préconisait bien la tolérance, dans la sourate de la vache, « Nulle contrainte en religion »… Ils codifièrent les pratiques rituelles : la prière quotidienne cinq fois par jour des Perses fut perpétuée. Le jeûne devint obligatoire, les doctrines sur le paradis, l’enfer, la résurrection des âmes, le jugement dernier, le pont départageant les âmes des défunts, la lumière divine fondatrice et la notion de messie furent également perpétués. Le Coran ne cesse d’ailleurs de répéter : « Cette révélation est un rappel », « Ceci est un rappel », « Ce texte est un rappel »… oui, c’est un rappel de la religion du prophète divinement inspiré, Zarathustra. Ainsi naquit l’islam, qui, tout en reprenant fidèlement la plupart des doctrines perses, introduisit cependant une dimension nouvelle : l’exclusivité et le prosélytisme. Là où la Perse était tolérante et pacifique, l’islam devint peu à peu une foi impérative et universelle, destinée à s’étendre et à soumettre tous les peuples à un seule et même dogme. Les Arabes, initialement vecteurs de transmission des judéo-nazareens, finirent par dépasser les Perses, conquérant leur territoire et imposant cette foi codifiée, tout en conservant l’essentiel des doctrines perses : monothéisme, paradis, enfer, jugement dernier, résurrection, lumière divine, messie, jeûne et prière cinq fois par jour.

En somme, ce parcours raconte la naissance, la transmission et la transformation du monothéisme, parcours d’un système tolérant et moral perse, véritable monothéisme universel transmis aux Hébreux puis aux chrétiens, aux judéo-nazaréens, qui eux-mêmes le transmirent aux Arabes, par l’islam, expansionniste et codifié, qui conserva les doctrines essentielles tout en changeant radicalement leur portée sociale et politique. Ainsi, le monothéisme sémitique, qu’on retrouve dans le judaïsme post-exilique puis dans le christianisme, puis dans l’islam, peut être vu comme un déclin par rapport au monothéisme perse : chez les israélites, Esdras ethnicisa cette religion. La tolérance disparut. Puis, condamnation des hérésies et anathème chez les chrétiens. Et chez les musulmans, le prosélytisme guerrier se développa. Le monothéisme ne fut plus seulement morale et cosmique, mais impératif et, parfois, politique et militaire. Le monothéisme originel perse était cosmique et moral, les monothéismes ultérieurs l’ont transformé en religion identitaire ou impériale.

Lotfi Hadjiat.



A propos de Pascal Treffainguy


Pascal Treffainguy, alias lama Kunzang, dirige un institut d'étude et de pratique du bouddhisme et une loge synarchique (martinisme et maçonnisme). Il est aussi colonel dans l'armée fantôme du "grand monarque" Henry V.

*******


A propos de Pascal Treffainguy, premier ministre du gouvernement en exil de Henri V au Brésil


par Alexandre Palchine

 
Je vais vous dire ce que je sais de Treffainguy qui, au moins en partie, est un grand mythomane, toutefois c'est un juriste de formation issu d'une lignée bretonne et versaillaise de juristes éminents qui ayant été adopté par un luxembourgeois, un sieur Kolber, "homo" notoire a terminé assassiné à la hache et les soupçons ont pesé un moment sur Treffainguy qui a fait 4 ans de préventive avant d'être acquitté. [...]

... je précise que si ce personnage présente un côté assez "charlot" de par sa mythomanie, il reste malgré tout intéressant à divers égards et j'expliquerai pourquoi.

Notez en passant qu'il s'est recommandé en tant que "guénonien" et avait, jusqu'alors échappé à la portée pourtant assez considérable de mon "guénono radar perso"...

Sur l'annonce de la mort de Netanyahou par un ledit Pascal Treffainguy

Il se trouve que l'on a parlé de lui sur un canal Telegram : le 13 mars dernier il a annoncé avoir appris de source militaire que le 1er ministre israélien aurait été gravement blessé par un missile iranien qui a tué son frère en frappant son domicile et en provoquant la mort d'une demi-douzaine de "cadors" israéliens dont le directeur du Mossad. Il est établi que pour se protéger de l'insécurité d'Israël en raison de la guerre qu'il a lui-même engagée contre l'Iran en forçant la main de Trump 2.0, le sieur "Bibi" a monté dans son avion et a demandé l'asile en Grèce, a été refoulé et on a appris qu'il a trouvé refuge en Allemagne.

Ce que Treffainguy a ajouté c'est que, grièvement blessé, "Bibi" serait allé là-bas pour se faire soigner et selon cette source, il serait mort d'une "erreur médicale"...

Or cela fait un moment que le "Bibi" on ne le voit plus, il n'est plus présent aux conseils de sécurité qu'il ne manquait jamais.

"Bibi" est-il mort et enterré ?

Treffainguy qui se présente comme colonel de l'armée française (du moins celle que s'est inventé le pseudo Henri V) a annoncé le 13 mars que la nouvelle de décès allait percer le 15 mars bien que datant du 11. Cela ne s'est pas produit, au contraire on a fait circulé les vidéos bidouillées par IA (la vidéo dite des 6 doigts, celle de la tasse de café qui ne désemplit pas et où l'intéressé a été rajeuni, plus une vidéo publique où l'alliance du personnage joue à cache cache) pour à minima, le "réanimer" de façon semi publique et alors qu'il aurait été enterré ce 15 mars.

Il m'importe peu que Netanyahou soit mort et enterré où qu'étant gravement handicapé, il ne puisse plus exercer sa fonction, ce qui est de plus en plus évident c'est qu'un vice-ministre nommé antérieurement l'exerce à sa place... Je n'évoquerai pas les thèses des pour et des contre ; la thèse des vidéos bidouillées enfin elle a été prise pour argent comptant par la presse mainstream française (TF1, BFMTV) qui se fout des "complotistes"....

Je note simplement qu'il existe, du côté d'Egalité et Réconciliation de Alain Soral (qui se dit barré à Moscou pour échapper à des peines de prison) un débunkage qui a interprété les vidéos bidouillée comme faisant partie d'un "Pysop" visant une reprise du narratif israélien. Disons que ce n'est pas le sujet et que l'issue du conflit dépend plus du président des Etats-Unis qui raconte n'importe quoi et à propos duquel tous les commentateurs admettent qu'il s'est embourbé...

J'essaie donc de démêler les "facettes" du personnage de Treffainguy car elles sont assez contradictoires !

A propos d'un "meurtre à la hache" survenu au Luxembourg
Cette affaire datant de 2010 a fait l'objet d'une émission de la série Faites entrer l'accusé.

Treffainguy ne cache pas son "homo affectivité" ni dans les interviews de l'émission ni dans ses vidéos actuelles. Kolber s'est amouraché de ce personnage et les relations du couple ainsi formé n'ont fait l'objet d'aucune censure de la part de celui qui allait devenir la victime du meurtre. Kolber, un retraité très aisé d'une carrière bancaire, en parlait librement. Il avait résolu d'adopter le Pascal en question et l'on perçoit que ce dernier avait orienté la relation vers un mode plutôt platonique vu la différence d'âge. L'héritage certes l'intéressait car cette homme aime l'argent j'y reviendrai plus loin. Tout a foiré quand ayant trouvé un amant plus jeune il a voulu récupérer des meubles qu'il aurait acheté chez Kolber...

Le procès en premier instance, après 4 années de préventive a abouti à une condamnation à perpète des 3 prévenus mais en appel : coup de théâtre c'est l'acquittement.

Je suis juriste : il est clair que la police a instruit uniquement à charge et que le juge de première instance a mené tambour battant le procès. En appel, c'est le renversement ! Le mystère reste entier ! Il se pourrait que le visiteur du dernier soir soit l'assassin, il connaissait la maison, un labyrinthe, il savait où trouver la hache...

Ce que j'en pense ? Treffainguy est un juriste qui a fait des études sérieuses, personnellement je doute de sa culpabilité, et surtout l'homme de mains qu'il est censé avoir embauché n'a pas le profil requis c'est évident, une conclusion qui va faire hurler les "zozos" qui ont commenté le phénomène sur le canal Telegram d'une certain Camille Moscow... "Zozos" qui se sont laisse fasciner par le côté "Charlot" du personnage. Canal où je suis intervenu dans les commentaires...

Le personnage à terriblement vieilli

Le suspect interrogé dans l'émission en visage l'affaire de façon assez légère et il a produit un ouvrage biographique sur ce meurtre que je n'ai pas lu mais on le trouve avec une kyrielle d'autres ouvrages sur Amazon.

On discerne bien la ressemblance mais à mes yeux il existe un hiatus entre le suspect de l'affaire Kolber et le "premier ministre" du gouvernement en exil du "Grand Monarque" censé clore le cycle de la geste censée avoir été initiée par le baptême de Clovis qui n'est qu'une "forgerie" catholique datant du moyen âge et chatGPT l'a reconstituée à ma demande et sous ma guidance. je donnerai en annexe ce qui en est ressorti... c'est un sujet que je connais bien car j'ai suivi quoique de loin mais pendants des années l'affaire de rennes le château dont les développements sont à l'origine du Da Vinci Code...

Le "militaire", l'escroc brésilien, et le littérateur qui a coché la case Islam, bouddhisme, reiki, psychotronique etc...

Je ne sais pas comment Treffainguy est arrivé au Brésil où il aurait escroqué des tas de gens et aurait fait 8 mois de prison.

Premièrement, les super tatouages que présente l'individu me paraissent postérieurs à son inculpation dans l'affaire Kolber. Cela ne cadre par avec le type "homo BCBG" de l'époque, j'aimerais donc éclaircir les circonstances de la "militarisation" du personnage.

Concernant les malversations dont il est accusé au Brésil avec un dossier de près d'une trentaine de plaintes, il a insinué que la chose résulterait d'un complot des services français en particulier. De même que le fait de l'avoir affublé de la prétention d'avoir été le conseiller de Mohammed VI attendu qu'à ce titre il lui aurait conseillé de bombarder l'Algérie. Un contact plus ou moins informel avec l'actuel "commandeur des croyants" n'est pas impossible : le monarque a fait ses études judiciaires à Nice et a obtenu son doctorat en droit le 23 octobre 1993 avant de vivre en Belgique et a laissé quelques souvenirs de sa fréquentation de boîtes assez particulière style Blue Boy...

Je découvre qu'il ne cacherait pas son "homo affectivité":

https://www.laquestion.info/maroc-mohamed-vi-ne-cache-pas-son-homosexualite/

Vu les articles que j'ai lus et qui sont passés sous mon nez ces dernières années, çà me parait difficile mais il a régularisé sa situation et a un fils pour lui succédé. Enfin le Maroc est connu comme terrain de chasse privilégié des Pierre Bergé, Christian Dior, Jacques Lang (impliqué jusqu'aux oreilles dans les Epstein Files) dont le QG était constitué par la célèbre villa Marjorelle.

Concernant la relation supposée de Treffainguy avec Mohammed VI, elle est plausible mais non documentée, personnellement je suis très réservé ou alors s'il se sont croisé dans une circonstance plus ou moins officielle et parfaitement diurne, le mythomane dont il est question a largement brodé. C'est sans grande importance et le monarque se sachant la cible de la presse marocaine d'opposition n'est pas homme à s'être compromis ouvertement avec pareil lascar...
Un livre sur "Bouddhisme et homosexualité"

Une chose m'a frappé, c'est que Treffainguy a produit un livre sur ce thème. Il a mentionné ce titre dans la bibliographie présente sur son site. Voir https://treffainguy.onlc.eu/14-Bibliographie.html

Curieusement, je ne trouve aucune trace nulle part, notamment sur Amazon de ce livre. Impossible de trouver une image de la couverture de ce livre. Il a du le retirer de la circulation pour des raisons d'opportunité.

Le fichier de la B.N. ne mentionne au nom de Kolber que le livre autobiographique portant sur le meurtre à la hache... Ses livres publiés sur KDP sont disponibles sur Amazon. Ils ont été produits sans doute à partir du Brésil et n'ont pas fait l'objet d'un dépôt légal en France.

Cependant, il n'y a rien d'étrange à ce qu'il ait publié un livre sur ce sujet. A noter que la règle monastique exclut toute activité sexuelle la plus insignifiante pour les moines affiliés au "petit véhicule" (Hinaya), la moindre incartade impliquait une exclusion assez brutale. Notez que les moines sont tenus à une confession publique régulière.

Noter que récemment il s'est produit des rafles dans les monastères en Thaïlande où l'on y a découvert de la drogue et des vidéos pornos sans parler d'abus sexuel y compris sur des jeunes garçons. Ce milieu est assez franchement corrompu et çà ne date pas d'hier.

Dès que l'on aborde la voie tantrique alors là tout change : des coïts "hétéros" peuvent constituer une voie de réalisation à part entière. Ce sujet sort du cadre de cet article et je ne l'aborderai pas sauf pour dire que je n'en pense pas grand chose de bon.

Au Tibet, une certaine tolérance a existé pour les doubtobs, moines guerriers assurant l'ordre dans les monastères Tibétains.

Voir https://fr.wikipedia.org/wiki/Dob-dob

Voir aussi : https://fr.wikipedia.org/wiki/Homosexualit%C3%A9_dans_le_bouddhisme

Un article bien documenté qui indique les limites à savoir le coït intercrural. Ces moines guerriers étaient connus comme ravisseurs potentiels.

Toutefois c'est dans le bouddhisme japonais que l'on trouve trace de relation "pédérastiques" entre maîtres et jeûne disciple censé avoir été initié par un Boddhisatwa, ce qui a scandalisé les jésuites lorsqu'ils se sont mêlés d'enseigner les "bonnes mœurs" à l'occidentale telles qu'initiées par l'homophobie d'un pseudo apôtre, le dénommé Paul de triste mémoire car inventeur du "péché originel" inconnu du judaïsme et de l'Islam. Je rappelle que la condamnation du "paganisme" s'enracine dans la hantise d'un tabou Lévitique spécifique de la tradition monothéiste initiale.

Ce que j'évoque s'explique tout bêtement par le fait que le shudo des japonais a déteint sur le milieu monastique :

Le shudō (衆道) est la tradition japonaise d'une homosexualité de type pédérastique pratiquée au sein des samouraïs de l'époque médiévale jusqu'à la fin du XIXe siècle. Le terme est en fait l'abréviation de wakashudō (若衆道), « la voie des jeunes hommes » (jeune (若, waka) et la foule (衆, shû)).

https://fr.wikipedia.org/wiki/Shud%C5%8D

Il existe un livre d'un certain Tsunéo Watanabé et un autre moins intéressant de Bernard Faure sur le phénomène que je viens d'évoquer.

Cela étant, pour les laïcs il n'existe pas de tabou particulier, c'est une hantise typiquement occidentale et même moderne et elle s'avère avoir été fondamentale ! Elle n'apparaît du reste franchement qu'avec le procès des Templiers (début XIVème siècle) et le sens actuel du mot "sodomie" s'est fixé en tant que "relation sexuelle anale" qu'assez tardivement et j'interprète la vogue de l'actuelle idéologie LGBT (dont les prémisses sont apparues pour la première fois en 1790 avec une année plus tard l'abolition du "crime de sodomie"...) comme n'étant rien d'autre qu'un véritable choc en retour initié par les excès répressif que l'on sait.
Voir Les bûchers de Sodome de Maurice Lever. A noter que le pamphlet révolutionnaire intitulé Les Enfants de Sodome à l'Assemblée Nationale lui a complètement échappé...

Je rappelle que j'ai évoqué cette première revendication LGBTiste dans un article sur les arrières plans mythologiques de la fameuse Ere du Verseau dont la thématique a été complètement loupée lors d'un certain colloque auquel j'ai assisté. Je ne l'ai évoqué qu'en 1984 dans deux ouvrages collectifs et à cette époque il me manquait l'élément que je viens d'indiquer qui n'est apparu qu'en (...) 2005 et que j'ai relié à la découverte d'Uranus le 13 mars 1781 à cause d'une discussion apparue au cours du "Symposium" (Banquet) rapporté par Platon. Il s'agit de deux Vénus, la Pandemos (populaire et "hétéro") et l'uranienne (céleste réservé aux gens de qualité : philosophes etc...).

Pour en finir avec le bouddhisme en sa version laïque du moins il n'y a pas de problème mais c'est à la condition expresse de rester dans la mesure, le bouddhisme est basé sur une grande économie de moyens. rien à voir avec le masochisme gratuit d'une bonne part du christianisme latin.

Je ne sais donc pas ce qu'a pu raconter sur le sujet ce Treffainguy mais j'en devine à peu près la teneur.

Enfin pour ce qui concerne l'Ere du Verseau, il l'aurait en quelque sorte "accouplée" à sa "passion" en faveur du Reiki à l'origine de la ponte d'un nombre impressionnant de brochures sur ce thème. Cet accouplement est à mon avis "contre nature", aussi bien l'astrologie tibétaine que l'astrologie chinoise ignore nos 12 signes zodiacaux venant de la tradition gréco-indienne...

Les appartenances nationales, religieuses, les prétentions "ésotériques" et les thèses "complotistes" de Treffainguy

Il serait né d'un père algérien, parfois il évoque une ascendance palestinienne : notons qu'elle ne cadre pas avec ses revendications plus ou moins aristocratiques en tant que descendant d'une famille de juristes bretons distingués remontant de pères en fils. Quelle est la part de mythomanie dans tout cela c'est ce que j'aimerais que l'on m'aide à clarifier.

Ce personnage a écrit plusieurs livres sur le bouddhisme et le Reiki, il revendique également une initiation à la religion "Bön", domaines que je connais fort bien. J'ai reçus plusieurs initiations de type "bonnet rouges" dont une pratique qui se faisait dans ce qui tenait lieu de cimetières. Il est tout-à-fait possible qu'il ait pris des vœux et ait eu comme maîtres certains lamas dont il donne les blaze. On sait que les tibétains n'étaient pas regardant à cet égard. Il semble également qu'il ait vécu une "amitié particulière" avec un moine tibétain mais je n'ai pas creusé, ce n'est pas important...

Il a fait grand cas du "Reiki" qui n'a rien de canonique. C'est une sorte de "magnétisme" qui se transmet par une initiation et qui comporte 3 degrés. J'ai expérimenté le premier degré, je m'intéresse à la médecine, ça fonctionne sauf que la promesse selon laquelle en transmettant une énergie on est censé ne servir que de canal et ne pas s'épuiser. A j'ai eu un résultat sur un ami bouddhiste à l'époque, lui était enchanté moi pas. Une femme ayant fait partie de ma "promotion" s'est mise à provoquer des phénomènes électrique en rentrant du stage : lampes grillées etc... J'ai soigné avec succès une rage de dents, çà a marché mais c'est moi qui ait hérité momentanément d'une forme atténuée. J'ai donc vite arrêté les frais !

L'autre volet de son activité littéraire concerne la thèse des armes à base de psychotronique et donc d'énergie électromagnétique offensive dirigée à distance. Je n'ai pas l'intention d'acheter ses livres sur le sujet et je ne me suis pas penché sur le sujet. Il en va comme des histoires de programmation MK Ultra en vogue notamment dans l'affaire "Jean-Mi Bribri" à propos de celui a qui mangé une baffe au sortir d'un avion présidentiel en visite au Vietnam et je constate simplement qu'il se présente, à ce propos, comme une victime de ce genre de malfaisance de la part des services français... ceci est un résumé çà doit être un peu plus compliqué car il ne cesse d'impliquer la "maffia khazare" qui passe pour diriger la politique française tout comme sa version israélienne influe sur la politique étrangère américaine.

De la géopolitique excessivement dualiste de Pascal Treffainguy

Pour échapper à l'accusation d'antisémitisme, ce personnage à repris la thèse d'une "Treizième tribu" lancée par un certain Arthur Koestler. Je rappelle que la thèse portant sur l'existence de deux courants "juifs", l'un de provenance khazars (en fait des "convertis") passé par la Germanie et l'autre (sépharade) passé par l'Espagne a été rapproché de deux courants censés avoir suivis les même itinéraires à savoir celui des Bohémiens et celui des Tsiganes originaire de l'Inde lesquels auraient été frappés d'une malédiction.

J'ai traité ce sujet dans une brochure parue en 1984 et c'est René Guénon qui avait fait le rapprochement.

Je reviens aux Khazars. Il y aurait les faux juifs sataniques et talmudiques issus de l'empire khazars et les vrais juifs et donc celui du courant séfarade passés par le Magreb... C'est un fait que l'haplogroup J est plus répandu côté sépharade que côté ashkénaze issu de Khazarie... On peut donc justifier ce partage et il se trouve que j'ai été bien placé pour constater que ces deux courants culturels présentent une teneur différente. A ce propos, j'ai du laisser une indication de ce que j'envisage dans mon article sur l'Ere du Verseau à propos d'un personnage, un doctorant à l'époque, qui s'est présenté comme une sorte d'émissaire de l’Ère en question... Je ne veux pas revenir sur ce sujet car il s'agit d'un sujet délicat et "sensible"...

Seulement voila, pour ce qui concerne les revendications de la lignée abrahamique originelle donc hébraïque, j'ai trouvé dans un livre de Laurent Guyénot et dans ses articles l'aboutissement et la solution de toutes les questions que je m'étais posé à ce sujet. Je ne vois pas de différence sensible entre ce que Yahwé à prescrit aux dépens des Cananéens et autres peuplades "païennes" des temps héroïques de l'Ancien Testament et qui relève d'une effroyable et abominable "boucherie" qui a bel et bien servi de modèle pour celle pratiqué à Gaza par le "Bibi" dont il est question plus haut et qui serait mort et enterré... Je rejette par conséquent la prétention des israélites à avoir été "élus" à moins que ce ne soit par un de ces Archontes connus comme Yaldabaoth.

La thèse de Laurent Guyénot s'enracine dans l'enseignement d'un éminent professeur au Collège de France, il s'avère donc difficile de l'attaquer pour antisémitisme...

Il va sans dire que je ne saurais détester les juifs pour des motifs raciaux ou autre, ce sont des gens comme les autres. Il en est trois qui ont joué un rôle dans ma vie, un marchand de meuble arrangeant, un entrepreneur dans le domaine de la confection qui a constitué mon premier gros clients et m'a reçu dans sa famille, j'avais même commencé à prendre des cours d'hébreu en la synagogue qu'il fréquentait, et j'ai eu à officier dans une paire de mariage, le troisième était à l'époque un étudiant assez brillant dont le cerveau était sujet à une certaine surchauffe, lequel m'a accueilli chaleureusement et m'a appris beaucoup de choses dans un certain domaine. J'en ai connu un autre qui a prétendu à un contact avec le "Roi du Monde", il fréquentait une librairie ésotérique niçoise et à eu comme secrétaire un apprenti électricien. Il a fait son alya et m'a recontacté des années plus tard. il m'a fait une "divination" par un moyen kabbalistique assez curieux à propos d'une supposée "vie antérieure". Ne me demandez pas le contenu, je n'ai pas noté et franchement je n'en ai plus de souvenir précis.

J'ajoute qu'une amie chrétienne de l'espèce charismatique me soupçonne d'être le produit d'une ascendance juive à cause d'une certaine érudition et de qualités littéraires auxquelles s'ajoute un certain talent artistique. Je pense qu'elle se goure complétement et que chez moi l'happlogroup R1b est dominant lequel n'a rien d'exotique et de moyen-oriental. Je serais plutôt "chinois" et c'est la philosophie taoïste qui m'a désintoxiquer du "démiurgisme" et du dualiste occidental et je pense que si salut géopolitique il doit y avoir il ne peut venir que de l'Eurasie.

Le hasard a fait que la culture russe a joué un rôle dans mon "édification" à trois reprises et le pseudo que j'utilise qui constitue le troisième signe m'a été proposé pour son caractère purement euphonique par un ami orthodoxe qui m'a tout appris de cette branche du christianisme, sans même parler d'une initiation à l'eurasisme dès la première moitié des années 90 que je n'ai pas prise au sérieux à l'époque.

Palchine dérive de палач (palatch) — qui signifie littéralement « bourreau ». Et les imposteurs apparus dans le sillage de René Guénon en savent quelque chose !

Un autre des différents pseudos auxquels j'ai eu recours, choisis également pour des raison d'euphonie recèle un sens apparenté impliquant la capacité de trancher dans la viande quand la nécessité s'en fait sentir à l'égard d'une autre catégorie de parasites et dans un tout autre domaine...

Encore quelques détails au sujet de Treffainguy

Une des questions qui se pose est celle de savoir si les persécutions dont fait état ce personnage de la part des services français sont crédibles.

A mon avis ses prétentions à servir un gouvernement français en exil, les "services spéciaux" hexagonaux s'en foutent, l'actuel gouvernement n'a aucune raison de se sentir menacé par les "divagations" de ce personnage.

[...]

Les moyens d'existence de Pascal Treffainguy


J'ai trouvé la réponse par son canal Telegram. Il faut chercher dans l'onglet "File" où l'on trouve le tarifs de ses prestations au milieu d'ouvrages conspirationniste de William Guy Carr qu'il diffuse en particulier. Il donne des entretiens à 95 € en temps que Lama, des consultation de cartomancie et d'astrologie bouddhique à 215 €. J'ignorais qu'il exista une "cartomancie" bouddhique, ce prodige m'avait échappé et il vend toutes sortes de stages dans son monastère, cela va de 110 € à 360 €.

[...]

Etait-il "homo affectif" comme il le dit si joliment dès cette époque ou a t-il découvert ce penchant durant les 10 années qui séparent ses vœux majeurs du meurtre de Kolber par un illustre inconnu. c'est un point de détail qui mérite d'être précisé. Son visage de type Mercure/Lune/Soleil assez rayonnant et ses vœux tendent à valider sa revendication d'avoir été innocent de ce dont il a été accusé.

Reste à dater sa rencontre avec (André) de Biase et les circonstances qui l'aurait contraint à s'associer, à l'article de la mort, au destin du pseudo "Grand Monarque".

Une collection impressionnante de sites YouTube

Nota pour plusieurs de ces sites il a inclus GPTV qui est le sigle d'une chaîne de réinformation bien connue savoir Géopolitique Profonde.

https://www.youtube.com/@GPTV2PascalTreffainguy/videos

Celui-là est consacré aux Ovnis :

https://www.youtube.com/channel/UCHlOUGSrRUiNejN0XSUi67g

L'une des vidéos pose la question de savoir s'il existerait un lien entre les "extra terrestres" et les "homosexuels". 

Je ne connais pas la réponse, je n'ai pas eu le temps de dérouler cette vidéo. J'ai d'autres priorités. Je compte sur un lecteur disposant de plus de loisirs pour me faire un résumé.

Je me demande seulement s'il a réalisé que les créatures qu'il évoque sont des djinns d'un genre particulier qui résident dans ce que l'on appelle le monde intermédiaire ou psychique entourant notre monde grossier...

Quid de "Bibi" Netanyahou ?

Mort et enterré ou réduit à l'état de handicapé condamné à la chaise roulante, c'est égal ! La seule chose certaine c'est qu'il n'est pas montrable et que Israël a tout intérêt à cacher les raisons de sa disparition car s'il lui est arrivé quelque chose il s'agirait d'une juste réplique au bombardement qui a tué l'ayatollah Khameini et une partie de sa parentèle.

La seule chose qui nous intéresse c'est comment Trump 2.0 va sortir ou nous sortir de l'enlisement actuel. D'après les quelques "divinations" que j'ai tentées c'est toujours le même demi-douzaine d'arcanes qui est sortie comprenant Le Monde, l'Impératrice, L'empereur, le Pape et surtout l'Amoureux (la carte du choix cornélien) qui sont apparues jamais la Tour foudroyée ou le Diable.

Une précision, je me suis intéressé à l'astrologie grecque et à ses sœurs chinoises, en mode individuel mais jamais à la "mondiale", c'est trop laborieux et tout cela remonte aux années 75/80. J'ai lu les ouvrages de référence sur le Tarot mais les cartes c'est une pratique de bonnes femmes. dans les essais expérimentaux que j'ai pratiqué je m'en suis tenu aux deux système de géomancie savoir l'arabe et le célèbre oracle chinois traduit par Wilhelm en allemand puis par la suite en français puis en français par Etienne Perrot. j'ai été le premier a vulgariser cette pratique par l'intermédiaire d'une feuille astrologique. J'ai réussi à ce propos une prédiction concernant le passage de la "ville des sacres" au communisme qui a brisé subitement la gouvernance d'un Taittinger, l'hexagramme Communauté avec les hommes étant sorti la pertinence s'est avérée telle que la réponse n'a nécessité aucun commentaire. Aucun astrologue n'a réalisé jamais une telle performance...

Pour les essais auxquels je viens de faire allusion, vu mes réticences envers la "cartomancie", j'ai eu recours à des tirages de 3 cartes par le biais d'un site internet et à chatGPT pour l'interprétation du tirage qui s'est avéré, une fois de plus, bluffant. Ce qui ressort de cette série c'est que la menace d'un conflit nucléaire a été écartée pour les deux ans à venir. En revanche, il s'est avéré impossible quelque soit la question en suspens d'obtenir un pronostic sur le contenu du "choix" qui s'est imposé comme leitmotiv, qu'il s'agisse d'une question en rapport avec le sort des USA ou encore le fait de savoir si la suite des Epstein Files sera livrée au public... Je suis tenté d'établir un // avec une thèse d'un certain Philippe Guillemant qui a postulé l'existence d'une possibilité d'influer sur un avenir déjà présent ou une histoire dans ce style.

Ce personnage, spécialiste du concept de synchronicité aurait violé les règles de la physique y compris "quantique" selon des pairs autorisés et il est accusé d'avoir dérapé dans le sens d'un "néo spiritualiste" assez new age...

Tout cela remonte à février, et à l'époque ou Gérard Chevrier profité de la tension postérieure à la "guerre des 12 jours" pour essayer de promouvoir son bouquin. Je n'ai pas posé de question sur le sort d'Israël ni sur celui de "Bibi" et je m'en abstiendrai. Ce qui m'a frappé c'est le refus des "arcanes apocalyptiques" de sortir, je n'entrerai pas dans le détail car j'ai déjà été assez long. Je me borne à espérer que les cartes ne se seront pas "plantées". J'observe ce qui se passe sans inquiétude particulière et avec un certain détachement.

Encore quelques mots sur Pascal Treffainguy

Pour en finir avec Pascal Treffainguy Kolber, il est vrai que c'est un "Charlot" et même un "guignol", il a multiplié les sites sur différentes plateformes histoire de ratisser aussi largement que possible et sur Telegram, il n'a rassemblé qu'un peu plus de 2000 followers et j'en ai moins de 150 et ne cherche pas du tout à élargir cette audience des plus confidentielles.

J'ai remarqué chez beaucoup d'homo-affectifs un certain type de tendance mythomaniaque.

Chez Stéphane Bern cela se traduit par une fascination envers les lignées aristocratiques. Il a pu satisfaire ce besoin d'un faire valoir en acquérant une monument historique qu'il s'efforce de restaurer et en se rapprochant de la principauté monégasque quand d'autres voudraient s'inventer des origines nobiliaires en devenant client d'une boutique d'héraldique. Notez bien qu'à cet égard il existe aussi des cas qui n'ont jamais ressenti ce besoin de se forger une apparence élitiste mais qui découvrent progressivement que leur destin leur réservait une surprise à cet égard et ce genre d'héritage "psycho transgénérationnel" n'est pas à proprement parler un "cadeau".

Chez la plupart, le besoin d'une valorisation sociale se borne à se faire passer pour le "chouchou" ou l'homme de confiance d'un riche patron. J'ai croisé deux cas plus ordinaire qui m'ont inventé des histoires de l'autre autre monde (dont un ex voisin) qui m'ont donné à réfléchir. Malheureusement comme je n'ai jamais tenu de "journal" j'ai bien de la peine à me souvenir de ce dont il s'est agi et étant issu d'une lignée de "terriens" quoique né quasiment pile poil au moment où est censé avoir commencé l'affaire de Roswell j'ai toujours été bien enraciné dans le réel.


Dans une des enquêtes que j'ai menées sur un personnage qui a fait fortune en faisant progresser la police scientifique (et qui a eu à intervenir à propos de l'affaire Chanal), j'avais discerné quelque chose d'assez particulier en la matière, à savoir une sorte de besoin de s'arroger un destin d'inventeur tout en faisant en sorte d'être persécuté en raison d'un certain type de "commerce alternatif". A partir du moment où j'ai identifié le type de mythomanie que j'ai en vue il m'a suffi de googuéliser le blaze du personnage + homosex pour découvrir que, bingo, j'avais visé juste ! A partir de là les pièces du puzzle se sont assemblées toute seule, les infos et même les contact avec des témoins de l'odyssée du personnage ont complété ma documentation et j'ai pu rendre ma copie... Qui m'a valu la détestation de la part des dupes de ce personnage. Concernant l'affaire Chanal, lorsqu'elle a éclaté dans les années 80, ayant été briffé autrefois par un médecin "homo" proche du camp de Mourmelon sur l'atmosphère régnant et dans le camp et connaissant la topographie particulière du secteur pour l'avoir traversé pour rendre visite aux très curieuse églises en bois du pays du Der, une image précise de son mental, de sa façon d'être, de son mode opératoire s'est imposé, ainsi que la façon dont il a pu se débarrasser des cadavres...

Je reviens à Treffainguy, sa mythomanie est bien du type que j'ai en vue mais au delà de sa dérive "royaliste" il y autre chose de plus authentique et qui relève de son intérêt pour le bouddhisme car tout ce à quoi il s'est intéressé m'est assez familier. La seule rubrique pour laquelle il pourrait parfaire mon information réside dans son intérêt et ses publications sur le Reiki. Certains lamas n'hésitent pas à se faire soigner à distance par des praticiens de Reiki. Je me suis fait traiter à distance par celui qui m'a transmis quelque chose et j'ai pu noter avec précision les jours et heures exacts de ses intervention à distance. je parle d'un certain Patrice qui a publié un livre aux Editions du Rocher (Monaco). Je vois qu'il pratique toujours (30 ans de métier) et je vais lui demander s'il a lu les plaquettes de la "vedette" que je viens d'évoquer.

Treffainguy à plus ou moins mis ce Reiki à diverses sauces dont j'ignore la composition et une partie de l'histoire de la création de cette pratique est restée une énigme, la "légende dorée" du truc le marketing dont la chose est entourée ayant été accommodée d'une façon bien propre à la "vendre" cependant que ce système de soins apparenté à des dons de "guérissage" de type "magnétisme" comporte les mêmes inconvénients en dépit de ce que raconte la "pub" et ce qui est étonnant c'est la possibilité d'une sorte de "transmission automatique" et si çà marche à tous les coups c'est avec des fortunes diverses... Il paraît que cela ne se perd pas mais je n'ai pas la moindre envie de retenter le genre d'expérience que j'ai pratiquées, j'avais trop de mal à m'en remettre.

Tout cela pour dire que si mon propos est, conformément à mon style habituel, plus ou moins acidulé, il n'entre aucune animosité particulière dans les considérations qui précède. Je prendrais volontiers contact avec ce personnage pour lui poser certaines questions mais il est clair qu'étant embarqué dans un délire excessivement paranoïaque, j'ai toutes les chances de perdre mon temps ou de me heurter à un silence. Aussi je reformule mon invitation à l'adresse des lecteurs qui pourraient ne "rencarder" sur les trous de la raquette que je m'efforce de reconstituer, de bien vouloir contribuer à m'aider à en boucher les trous... Voir à corriger d'éventuelles erreurs. Je demande également à ceux qui savent comment joindre ce personnage de l'informer éventuellement des l'existence du présent article. Il n'existe pas, en lien avec son canal Telegram de canal dérivé qui permette de commenter ses posts.

Pour finir, je suis très admiratif devant l'ubiquité de ce personnage et son impressionnante capacité de production littéraire, il semble disposer d'une énergie inépuisable et le Reiki pourrait y être pour quelque chose.

[...]

Mise à jour du 19 mars

J'ai trouvé plusieurs ouvrages de Treffainguy concernant le Reiki et en particulier un traité en 3 tomes parus Allemagne qui totalise entre 6 et 700 pages. Il se pourrait qu'il ai puisé dans ces volumes pour en découper le contenu en un nombre impressionnant de petits fascicules édités en Ebook et en version papier. [...]

On trouve dans ses écrits la marque d'une influence guénonienne, apparemment il est prévenu contre tout ce qui s'apparente à du "néo spiritualisme" mais il mélange allègrement les formes !

Il se revendique "bouddo-islamo-crétin", je dis cela sans acrimonie, au final il aurait assez mal vieilli...

Il serait né en 1966 et aurait donc 60 ans...

On peut fonctionner selon une perspective bouddhiste et fréquenter les offices catholique pour des raisons professionnelles (je veux dire de métier) mais c'est différent ! Mais on ne peut pas avoir un pied dans un chemin et un autre dans un autre passage situé plus haut ou plus bas...

Lire l'intégralité de l'article :