samedi 18 avril 2026

De la loi Yadan aux lois noachides en passant par le futur projet de loi gouvernemental 😒



Les députés macronistes ont retiré, à la suite de débats tendus à l’Assemblée nationale, ce jeudi la proposition de loi Yadan sur les nouvelles formes d’antisémitisme au profit d’un futur projet de loi gouvernemental.

Selon la députée, le gouvernement reprendra "intégralement" les dispositions du texte dans un projet de loi attendu d’ici la fin du mois de juin, qui sera examiné en premier lieu par le Sénat.
Depuis l’hémicycle, Caroline Yadan a justifié ce retrait par des retards accumulés dans le calendrier parlementaire, imputant notamment à La France insoumise (LFI) une partie des blocages. Elle a salué la reprise du dossier par l’exécutif, estimant que cette nouvelle approche permettrait d’"aller plus loin" que la version initiale.

L’opposition a vivement réagi. La présidente du groupe LFI, Mathilde Panot, a dénoncé ce qu’elle considère comme une marginalisation du Parlement et une concentration des décisions entre les mains de l’exécutif.

"Une seule parlementaire est plus informée que l’ensemble de la représentation nationale", a-t-elle affirmé, critiquant la manière dont le texte a été retiré et repris sans concertation suffisante.

"La lutte continuera"

Elle a également interpellé le gouvernement en séance : "Monsieur le ministre, vous ne nous avez pas dit pourquoi vous repreniez ce texte, qui passerait ensuite le 22 juin ou je ne sais quand, ce qui nous donnera plus de temps pour pouvoir battre ce texte, ne vous en déplaise", a-t-elle ajouté.

Sur le réseau social X, la cheffe des parlementaires insoumis estime que "la résistance parlementaire et populaire a triomphé !", ajoutant que "la lutte continuera pour son retrait jusqu’au bout !".

Déposée le 19 novembre 2024 par la députée du groupe Renaissance Caroline Yadan, la proposition de loi avait été adoptée en commission des lois en janvier 2026 et devait être examinée en séance publique à partir du 16 avril 2026.

Le texte entend répondre à ce que ses auteurs qualifient de "nouvelles formes d’antisémitisme".

Il prévoit notamment l’extension du délit d’apologie du terrorisme, l’introduction de nouvelles infractions liées à la contestation ou à la remise en cause de l’existence d’un État, ainsi que la prise en compte de formes indirectes ou implicites de provocation à la haine.

Instrumentalisation de l'antisémitisme

Ces dispositions suscitent une vive controverse. Plusieurs organisations de défense des droits humains, syndicats et juristes dénoncent un texte juridiquement flou, susceptible de porter atteinte à la liberté d’expression.

Elles pointent notamment le risque de confusion entre critique politique de l’État d’Israël et antisémitisme, ainsi qu’un possible effet dissuasif sur certaines mobilisations, notamment celles liées à la cause palestinienne.

Des collectifs, y compris des organisations juives critiques de la politique israélienne, alertent également sur une possible instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme et estiment que le texte pourrait, paradoxalement, fragiliser ce combat en brouillant ses contours.


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Chronologie des lois noachides : 
déploiement d’un gouvernement mondial juif


Reconnaissance publique du leadership juif :

Nous appelons à la reconnaissance internationale officielle du peuple juif comme "Lumière pour les nations" (Ésaïe 42 :6).

https://en.wikipedia.org/wiki/Light_unto_the_nations#:~:text=Light%20to%20the%20nations%20(Hebrew,of%20%22Light%20Unto%20the%20Nations%22

Vision pour l'avenir :

Établir la "Lumière pour les nations" comme la version rectifiée de l'ancienne "Organisation des Nations Unies", fondée sur les 7 lois universelles, avec un double siège à Jérusalem et à Washington, D.C., servant de phare moral pour toutes les nations.

https://www.sefaria.org/sheets/625978

https://m.youtube.com/watch?v=fCFJhI69Zk8&t=15s&pp=2AEPkAIB

Chronologie des lois noachides
Le déploiement d’un gouvernement mondial juif

1991 – Le président George H. W. Bush signe la "Public Law 102-14" qui reconnait les 7 lois noachides comme étant le socle éthique de la nation américaine, un fondement moral à toute nation civilisée:

https://www.congress.gov/bill/102nd-congress/house-joint-resolution/104/text/enr

Donald Trump perpétue cette tradition chaque année de son mandat en signant des proclamations présidentielles annuelles pour marquer le "Education and Sharing Day, U.S.A", reconnaissant ainsi la suprématie des 7 lois noachides. Dans ses messages les plus récents (comme en 2025 et 2026), Donald Trump réaffirme que l'éducation doit inclure le développement du caractère et de la droiture, s'inspirant de la vision du Rabbi de Loubavitch, pour contrer ce qu'il qualifie d'endoctrinement et restaurer les valeurs fondamentales dans les écoles.

https://www.whitehouse.gov/presidential-actions/2025/04/education-and-sharing-day-u-s-a-2025/




https://jewishinsider.com/2024/10/trump-makes-first-visit-to-lubavitcher-rebbes-gravesite/

La Public Law 102-14 affirme que les sept lois noachides constituent le fondement de la civilisation américaine, que c’est la responsabilité de la nation juive de transmettre ses valeurs aux générations futures, et qu’à une date et un moment futurs, le président des États-Unis, avec d’autres chefs d’État, signera un parchemin international s’engageant à ramener le monde à la Loi Noachide par le biais de la charité et de l’éducation.

Cette loi commémore également la naissance du rabbin Menachem Mendel Schneerson, leader du mouvement Chabad-Loubavitch, en célébrant son engagement à ramener le monde aux sept lois noachides.

Voici la liste des sept lois noachides (Sheva Mitzvot B'nei Noach) telles qu’elles sont énoncées dans le Talmud de Babylone, traité Sanhedrin 56a-57b.

Le Talmud les présente comme les sept commandements universels donnés par Dieu à tous les non-Juifs (appelés les "enfants de Noé" ou "Bnei Noach").

Les 7 lois noachides selon le Talmud :

1- Obligation de mettre en place un système judiciaire équitable et d’appliquer la loi pour maintenir l’ordre social.

2- Ne pas blasphémer (ne pas maudire Dieu).

3- Ne pas pratiquer l’idolâtrie (interdiction d'adorer un autre Dieu que celui de l'Ancien Testament).

4- Ne pas commettre d’immoralité sexuelle : adultère, inceste, bestialité, homosexualité selon les interprétations traditionnelles, etc.

5- Ne pas commettre de meurtre.

6- Ne pas voler.

7- Ne pas manger un membre arraché à un animal vivant.

Ces sept lois sont considérées comme les lois morales minimales obligatoires pour tous les non-Juifs selon la tradition rabbinique.

Le Talmud et les commentateurs précisent que la peine théorique pour violation grave de ces lois (dans un tribunal noachide) est la décapitation. Selon la tradition talmudique (traité Sanhédrin 57a) et la codification de Maïmonide (Mishneh Torah, Hilkhot Melakhim 9:14), la décapitation par l'épée est la forme unique de peine capitale prescrite pour un "B'nei Noach" (Noachide) reconnu coupable par un tribunal.

https://www.sefaria.org/Sanhedrin.57a

Isabelle


vendredi 17 avril 2026

MACRON AU CŒUR D’UN RITUEL SATANIQUE À NOTRE-DAME ?


Nicolas Stoquer balance sec : « J’ai un témoignage de première main d’un magistrat haut placé… Une conservatrice de Notre-Dame, pendant les travaux, entre le soir dans la cathédrale et voit, dans un halo de lumière, Macron au centre d’un cercle de personnes en tenue rituelle. Les cheveux dressés sur la tête, elle fuit sans récupérer son dossier. »





"Personne n’entrera dans le Nouvel Ordre Mondial à moins qu’il ou elle ne fasse le serment d’adorer Lucifer"




David spangler dans son livre Reflections on the Christ (1978) qu’il développe l’idée d’une “initiation luciférienne” comme passage obligé vers la “plénitude” et le Nouvel Âge. La version popularisée dit :

“Personne n’entrera dans le Nouvel Ordre Mondial à moins qu’il ou elle ne fasse le serment d’adorer Lucifer. Personne n’entrera dans le Nouvel Âge à moins de passer par une initiation luciférienne.”

Voici des liens en français qui parlent de lui et de sa citation :

- Wikipédia (biographie) : https://fr.wikipedia.org/wiki/David_Spangler


- Article sur l’initiation luciférienne et le Nouvel Ordre Mondial : http://viens-seigneur-jesus.forumactif.com/t39302-en-route-vers-l-initiation-luciferienne-du-nouvel-ordre-mondial-davos-fait-la-promotion-du-panthei

- Critique chrétienne : https://levigilant.com/documents/nouvel_age.html

- Autre référence à la citation : https://medias-presse.info/delivrez-nous-du-mal-considerations-sur-le-great-reset-et-sur-le-nouvel-ordre-mondial-par-mgr-vigano-seconde-partie/146093/





La réalité du monde démoniaque



Reçus par Léon XIV, les exorcistes alertent sur la montée de l’occultisme

Former davantage de prêtres exorcistes et sensibiliser les séminaristes à : telles sont les recommandations formulées par l'Association internationale des Exorcistes au pape Léon XIV, lors d'une audience le 13 mars 2026. L'organisation alerte sur la multiplication des cas liés à l'occultisme et au satanisme.

Plus de prêtres formés à l'exorcisme : telle est la demande formulée par l'Association internationale des Exorcistes (AIE) auprès de Léon XIV lors d'une audience privée, le 13 mars 2026. Mgr Karel Orlita, président de l'AIE, et le père Francesco Bamonte, membre des Serviteurs du Cœur Immaculé de Marie et vice-président, ont abordé en présence du Pape les questions relatives au ministère de l'exorcisme, appuyant sur le besoin de formation et de disponibilité de prêtre exorciste dans chaque diocèse du monde.

L'AIE a remis au Pape un rapport et a notamment soulevé un point préoccupant, celui de la recrudescence de cas liés à l'occultisme, à l'ésotérisme et au satanisme, et sur les conséquences spirituelles que cela engendre pour de nombreuses personnes. D'après elle, il existe une "situation douloureuse et de plus en plus répandue de personnes gravement affectées par l'action extraordinaire du diable en raison de leur implication dans des sectes occultes". "La propagation de l’occultisme, sous ses diverses formes, et du satanisme, ouvre malheureusement la porte à l’action extraordinaire du diable dans le monde d’aujourd’hui. Cela peut causer de graves souffrances à ceux qui, par imprudence, ont recours à ces pratiques, à travers d’éventuels cas de possession, de harcèlement, d’obsession ou d’infestation démoniaque", a ainsi affirmé auprès d'ACI Prensa le père Bamonte.

Formation des prêtres et des évêques

Afin de garantir la bonne poursuite du ministère de l'Église en la matière, l'AIE a exhorté le Pape à veiller à ce que chaque diocèse du monde dispose d'un exorciste. "L’Église, en tant que famille de Dieu, a pour mission de prendre soin de ses membres dans tous leurs besoins, même les plus extrêmes sur le plan spirituel ; le prêtre exorciste est un pasteur qui offre cette aide", rappelle à ACI Prensa le père Bamonte. En particulier, l'AIE appelle à mieux former le clergé et recommande notamment la dispense d'une formation sur "l’existence réelle et la nature du monde démoniaque" dès le séminaire. Pour les nouveaux évêques, elle conseille un cours dédié à la pastorale exorciste pour discerner si une situation donnée nécessite ou non l'intervention d'un exorciste.

L'Église affirme la réalité de l'existence du démon et de son action dans le monde. L'exorcisme est une prière solennelle de l'Église qui invoque le pouvoir du Christ pour libérer une personne, un lieu ou une chose de l'influence démoniaque. Le Catéchisme de l'Église catholique (n° 1673) précise ainsi que l'exorcisme "vise à expulser les démons ou à libérer de l'emprise démoniaque, par l'autorité spirituelle que Jésus a confiée à son Église." Elle différencie les cas de possession des maladies psychiques, "dont le soin relève de la science médicale". Une collaboration étroite entre les prêtres exorcistes et les praticiens comme les psychiatres est donc souvent nécessaire, et a été de nouveau recommandée par l'AIE dans son rapport remis au Pape. En France, il existe environ une centaine de prêtres exorcistes, nommés par leur évêque.

https://fr.aleteia.org/2026/03/25/recu-par-leon-xiv-les-exorcistes-alertent-sur-la-montee-de-loccultisme/


jeudi 16 avril 2026

Ermite salarié





En 2016, un allemand de 55 ans, divorcé et père de quatre enfants, a postulé pour un emploi. Le poste exigeait qu’il vive seul dans un logement en pierre construit sur le flanc d’une falaise dans un défilé près de la ville de Soleure, en Suisse.

L'habitation n’avait ni télévision, ni internet, et très peu d’équipements modernes. Ses tâches incluraient l’entretien de deux chapelles, la maintenance des terrains, l’assistance lors de mariages et de baptêmes, et la transmission de quelques préceptes de la sagesse érémitique aux passants.

Le poste était donc celui d’ermite. La charge existait de manière ininterrompue depuis 1442. L’occupant précédent venait de démissionner, tout comme son prédécesseur. Tous deux étaient partis pour la même raison : trop de monde.

Michael Daum était un ancien policier qui avait quitté le corps de police, étudié la théologie catholique et les pratiques de méditation des moines. Il a passé des années à chercher une vie plus tranquille. Il fut sélectionné parmi vingt-deux candidats.

Le président du conseil municipal déclara qu’ils avaient trouvé « une personnalité charismatique », une qualité que la plupart des gens n’associent pas aux ermites. Daum s’est installé dans l’ermitage le 1er octobre 2016. Il y vit gratuitement et gagne environ deux mille francs suisses par mois.

Le lieu est une attraction touristique reconnue. Les visiteurs peuvent réserver une session de groupe avec lui pour cent cinquante francs afin de l’écouter parler de sa vie. À son arrivée, il a dit qu’il avait ressenti l’appel de Dieu. Il y est toujours.

Source

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L’Allemand Michael Daum vit depuis le 1er octobre 2016 dans l’ermitage de Sainte Vérène, dans le canton de Soleure. Il s’efforce de préserver l’endroit comme un «lieu de silence».

L’ermite se voit comme un mélange de Nicolas de Flüe et du moine-auteur bénédictin allemand Anselm Grün, a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse. [...]

L’homme en impose avec ses longs cheveux blancs, sa barbe touffue et sa corpulence. 
 [...]

Ses tâches sont notamment d’ouvrir la chapelle à 10h et de la refermer à 17h. Il veille également à la propreté et au bon ordre des lieux. Mais son rôle principal en tant que gardien est – comme le prévoit son contrat conclu avec la commune de Soleure 
 d’accueillir les personnes. 


mercredi 15 avril 2026

La rébellion spirituelle


Dominique Venner et Julius Evola contre le monde moderne


Dominique Venner, penseur français, et Julius Evola, qui n’a plus besoin d’être présenté à nos lecteurs, partagent une vision radicale: la rébellion n’est pas seulement un acte politique, mais une affirmation existentielle et spirituelle face à un monde en déclin. À travers leurs écrits, ces deux penseurs défient la modernité, la soumission et le déterminisme historique, et proposent un retour aux principes transcendants qui donnent un sens à la lutte humaine.

Exister, c’est résister

Dominique Venner, dans son ouvrage « Le Samouraï d’Occident », propose une vision profondément combative de l’existence : « Exister, c’est lutter contre ce qui me nie ». Pour Venner, la vie n’est pas un état passif, mais un acte continu de défi face aux forces qui cherchent à annuler l’essence de l’individu. Se rebeller, dans ce sens, n’est ni un geste impulsif ni une simple réaction ; c’est rester debout face au néant, s’accrocher à une norme supérieure qui transcende les contingences du moment. Ce principe trouve un écho dans la pensée de Julius Evola, qui, dans « Révolte contre le monde moderne », introduit la figure de « l’homme différencié ». Cet homme ne se définit pas par les circonstances qui l’entourent, mais par son opposition consciente et délibérée à la médiocrité et au vide de l’époque contemporaine. Sa résistance ne naît pas d’un caprice ou d’une rébellion adolescente, mais d’une nécessité ontologique : affirmer son être comme une réalité inébranlable, enracinée dans l’éternel et l’absolu.

Pour Venner comme pour Evola, la rébellion acquiert une dimension qui dépasse le simple aspect pratique ou utilitaire. Il ne s’agit pas d’un simple rejet du statu quo ou d’un combat pour des objectifs matériels ou immédiats. C’est, en réalité, une posture existentielle qui vise à restaurer un ordre perdu, un idéal que le monde moderne a défiguré sous le poids de la banalité et du relativisme. Pour eux, résister est un acte de fidélité à une vérité supérieure, une manière de préserver l’étincelle du sacré en un temps de décadence. Ainsi, l’existence devient une forme de combat, et le rebelle, le gardien de ce qui demeure face à l’avancée implacable de l’éphémère.

Contre l’histoire écrite

Ni Dominique Venner ni Julius Evola ne se soumettent aux interprétations qui conçoivent l’histoire comme un processus linéaire ou un mécanisme inéluctable. Venner, avec son approche viscérale et combative, rejette catégoriquement les théories déterministes de penseurs comme Karl Marx, qui réduit l’existence humaine à un rouage des forces économiques, ou Francis Fukuyama, avec sa proclamation de la « fin de l’histoire » comme triomphe passif du libéralisme. Pour Venner, de telles visions dépouillent l’homme de son statut d’agent/d’acteur, le condamnant à n’être qu’un simple spectateur d’un scénario déjà écrit. Il propose au contraire une existence active et volontariste, où l’individu ne se limite pas à accepter le cours des événements, mais le façonne par sa propre détermination, s’affirmant face aux courants qui veulent dissoudre son identité et son but.

Julius Evola, quant à lui, pousse cette critique encore plus loin dans Les hommes au milieu des ruines. Il ne s’oppose pas seulement aux récits linéaires de progrès ou de décadence, mais remet également en question les conceptions cycliques de l’histoire, comme celles proposées par Oswald Spengler. Bien que Spengler décrit l’essor et la chute des civilisations comme un rythme organique et inévitable, Evola voit dans cette perspective une forme de passivité résignée, qu’il considère inacceptable. Pour lui, le déclin n’est pas un destin auquel l’homme doit se soumettre avec fatalisme; c’est un défi à relever. «L’homme authentique», dans la vision d’Evola, s’élève avec une volonté souveraine, non comme simple produit de son temps, mais comme un être capable de le transcender.

Depuis cette position élevée, ancrée dans des principes métaphysiques et éternels, il défie la décadence non par nostalgie ou désespoir, mais avec une force intérieure qui cherche à réaffirmer un ordre supérieur face au chaos et à la dissolution du monde moderne. Ainsi, Venner et Evola transforment la résistance historique en un acte de création, un refus radical d’être prisonnier d’une narration imposée.

La tradition comme boussole

Pour Dominique Venner, la figure d’Antigone transcende le cadre de la tragédie grecque et s’érige en symbole éternel de la rébellion légitime. Dans son interprétation, Antigone ne se rebelle pas par caprice ou pour une cause personnelle égoïste, mais agit par une loyauté inébranlable envers une tradition sacrée qu’elle estime supérieure aux lois humaines.

Face à la tyrannie de Créon, qui représente le pouvoir arbitraire et l’imposition d’une autorité dépourvue de racines transcendantes, Antigone incarne la résistance fondée sur un ordre plus élevé: les lois non écrites des dieux, qui pour Venner symbolisent une continuité spirituelle et morale que l’homme moderne a oubliée. Cette vision fait de la tradition une boussole, un phare qui guide l’individu au milieu de la confusion et du déracinement, lui offrant un sens profond dans sa lutte contre les forces qui menacent de le dépouiller de son essence.

Julius Evola, dans une perspective similaire mais avec son approche métaphysique caractéristique, approfondit encore cette idée. Pour lui, la Tradition — écrite avec une majuscule pour la distinguer des simples coutumes passagères — n’est pas un ensemble d’habitudes héritées ni une relique du passé conservée par nostalgie. Dans La tradition et les traditions, Evola soutient que la Tradition est un ordre cosmique, une structure éternelle qui relie l’homme à des principes universels et transcendants. Il ne s’agit pas d’une répétition mécanique de pratiques obsolètes, mais d’un cadre vivant qui légitime l’action humaine en l’alignant sur une réalité supérieure. Depuis cette perspective, la résistance n’est ni un acte arbitraire ni une réaction viscérale face aux injustices du moment; elle n’acquiert sens et autorité qu’en s’appuyant sur ces principes éternels qui transcendent les contingences historiques.

Antigone, en privilégiant les lois divines sur l’édit humain de Créon, devient l’archétype de cet idéal: son défi n’est pas une simple désobéissance, mais une affirmation d’un ordre sacré qui dépasse et juge les prétentions du pouvoir terrestre. Pour Venner et Evola, la tradition n’est donc pas un poids qui attache au passé, mais une force libératrice qui oriente la rébellion vers un but supérieur, la transformant en un acte de restauration cosmique face à la tyrannie et au chaos.

Des mots qui libèrent

Dominique Venner accorde aux mots un rôle central dans la lutte pour la liberté intérieure et l’autonomie de l’individu. Pour lui, ils ne sont pas de simples outils de communication, mais des armes puissantes capables de briser les chaînes de l’oppression, qu’elles soient imposées par des structures extérieures ou par la tyrannie des idées dominantes. Dans sa pensée, des mots bien choisis et prononcés avec conviction ont le pouvoir de défier la narration imposée, de rendre à l’homme le contrôle de son propre destin. Venner trouve l’inspiration chez des figures comme Friedrich Nietzsche, dont la prose acérée et provocatrice démantèle les certitudes de la morale conventionnelle, et Alexandre Soljenitsyne, qui par son témoignage littéraire a mis à nu les mensonges du totalitarisme soviétique.

Pour Venner, ces auteurs incarnent l’acte de se définir soi-même par le langage, un geste qui libère non seulement l’individu des entraves extérieures, mais l’élève aussi au-dessus de la médiocrité et du conformisme de son époque. Les mots, dans ce sens, deviennent un moyen de résistance active, un outil pour revendiquer la souveraineté sur son propre être face à un monde qui cherche à le faire taire ou à le soumettre.

Julius Evola, dans Chevaucher le tigre, partage cette révérence pour le pouvoir du langage, bien qu’il l’intègre dans sa vision plus large de l’autonomie spirituelle. Pour Evola, l’homme moderne vit au milieu des ruines, entouré par une civilisation qui s’effondre sous le poids de la manipulation, du matérialisme et de la perte de sens.

Dans ce contexte, le langage et les symboles émergent comme des bastions de résistance, des outils essentiels pour que «l’homme différencié» préserve son intégrité et son essence inconquise. Evola soutient que la manipulation moderne — qu’elle passe par la propagande, la culture de masse ou la dégradation de la pensée — opère précisément en privant l’individu de sa capacité à nommer et comprendre le monde par lui-même.

En retrouvant l’usage conscient des mots et des symboles, l’homme peut contrer cette dissolution, affirmant son indépendance face aux forces qui tentent de le réduire à un rouage passif.

Dans la vision d’Evola, le langage ne reflète pas seulement la réalité, il la façonne: c’est un acte créateur qui permet à l’individu de rester ferme, comme un cavalier qui maîtrise la bête du chaos, dans un monde qui s’enfonce dans la confusion et la décadence. Ainsi, pour Venner et Evola, les mots transcendent leur fonction pratique et deviennent un véhicule de libération, un moyen d’affirmer la volonté et l’identité face à l’oppression et à la ruine.

Lutter sans capituler

Dominique Venner, avec son intensité caractéristique, proclame une maxime qui condense sa vision de l’existence: «Face aux revers, ne te demande jamais si la lutte est inutile». Dans ces mots résonne une éthique guerrière qui dépasse les calculs pragmatiques et rejette les doutes qui paralysent l’esprit.

Pour Venner, la lutte ne se mesure pas par son résultat immédiat ni ne se soumet à l’analyse froide de l’utilité; sa valeur réside dans l’acte même de résister, dans la décision de rester ferme face à l’adversité, peu importe à quel point elle paraît écrasante.

Cette posture trouve un profond écho dans La Métaphysique de la guerre de Julius Evola, où l’action acquiert une dimension quasiment sacrée. Pour Evola, le combat — qu’il soit physique, spirituel ou intellectuel — ne se justifie pas par la certitude de la victoire, mais par sa capacité à refléter une dignité intrinsèque, une noblesse qui se manifeste dans le refus absolu de se soumettre aux forces de la décadence ou du chaos.

Venner et Evola élèvent tous deux la résistance à un plan qui transcende le contingent et le matériel. Pour eux, agir ne dépend pas de la promesse d’un triomphe tangible ni de l’approbation d’un monde qui, selon eux, a perdu le cap. La lutte, même lorsqu’elle semble vouée à l’échec dans une perspective extérieure, devient un témoignage d’honneur, un geste qui affirme l’essence de l’être face à la tentation de capituler.

Cette approche aristocratique — au sens d’une élévation de l’âme au-dessus des préoccupations ordinaires — imprègne leurs écrits d’un mépris pour la mentalité utilitariste qui domine la modernité. La reddition, pour eux, n’est pas seulement une défaite pratique, mais une trahison des principes qui donnent sens à l’existence. Ainsi, la lutte sans capitulation se transforme en un acte d’affirmation suprême: un défi lancé au destin, une déclaration que l’homme, en résistant, préserve son humanité et sa connexion à quelque chose d’éternel, au-delà des ombres passagères de l’histoire. Dans cet ethos, Venner et Evola voient la résistance non comme un moyen vers une fin, mais comme une fin en soi, une forme de vie qui incarne la grandeur face à la médiocrité et à la décomposition.

L’histoire comme poésie

Dominique Venner conçoit l’histoire non comme une simple succession de faits froids ou un dossier poussiéreux plein de données factuelles, mais comme une fusion de «connaissance et poésie». Pour lui, l’histoire est un art vivant, une narration qui entrelace la rigueur de l’intelligence et la beauté de l’imagination, permettant à l’homme de retrouver la mémoire de ce qui fut et, ainsi, de donner sens au chaos du présent.

Dans cette vision, le passé n’est pas un poids mort ni un simple registre d’événements; c’est une source d’inspiration, un réservoir d’expériences et de leçons qui, contemplées avec des yeux poétiques, offrent à l’individu et à la communauté une boussole pour naviguer dans les tempêtes de leur temps. Venner préconise de «voler au passé» non pas dans un sens nostalgique ou escapiste, mais comme un acte créatif: saisir les fragments lumineux de l’histoire — ses héros, ses mythes, ses moments de grandeur — et les projeter vers l’avenir comme des phares qui éclairent le chemin vers une existence plus pleine et plus consciente.

Julius Evola, bien que moins sensible à la lyrique de Venner, partage cette révérence pour le passé, mais l’aborde sous un angle plus métaphysique et combatif. Dans Révolte contre le monde moderne, Evola ne voit pas l’histoire comme une simple chronique, mais comme un champ de bataille où se livre une lutte éternelle entre la Tradition — toujours avec une majuscule, comprise comme un ordre cosmique et éternel — et les forces de la décadence qui érodent cet ordre.

Pour lui, les civilisations anciennes ne sont pas seulement des reliques d’un temps perdu, mais des modèles vivants de régénération spirituelle, des exemples de la manière dont l’homme peut s’aligner sur des principes transcendants pour surmonter la médiocrité et la dissolution de la modernité. Bien que son ton soit plus analytique que poétique, son approche résonne avec l’idée de Venner d’extraire du passé une force vitale : les cultures de l’Antiquité, avec leurs structures hiérarchiques, leurs valeurs sacrées et leur connexion à l’éternel, deviennent des miroirs dans lesquels l’homme contemporain peut se regarder pour redécouvrir son potentiel de grandeur.

Ainsi, tandis que Venner tisse l’histoire avec des fils de poésie pour inspirer, Evola la dissèque avec la précision d’un philosophe guerrier, cherchant en elle les clés d’une restauration spirituelle. Tous deux, à leur manière, conviennent que le passé n’est pas un but, mais un moyen : un écho puissant qui, s’il est entendu attentivement, illumine l’avenir et donne sens à la lutte du présent.

Un legs contre la décadence

En résumé, Dominique Venner et Julius Evola articulent une rébellion spirituelle qui se dresse comme un rempart face aux assauts de la modernité, défiant ses fondements avec une force qui transcende le politique et le temporel. Cette rébellion repose sur trois piliers fondamentaux.

Premièrement, un rejet catégorique du déterminisme historique — qu’il s’agisse du matérialisme de Marx, du fatalisme cyclique de Spengler ou du triomphalisme libéral de Fukuyama — qui réduit l’homme à un spectateur impuissant d’un scénario déjà écrit. À la place, ces penseurs proposent une vision volontariste de l’existence, où l’individu revendique sa capacité à façonner son destin par des actes de résistance consciente.

Deuxièmement, un engagement passionné pour la tradition comme source de légitimité: non comme un attachement aveugle à l’ancien, mais comme une connexion vivante à un ordre éternel qui donne sens et autorité à la lutte face à l’arbitraire du présent. Pour Venner, cette tradition s’exprime dans la mémoire poétique des peuples ; pour Evola, dans un cadre cosmique qui relie l’homme au transcendant.

Troisièmement, une défense inébranlable de l’action désintéressée, une éthique guerrière qui méprise l’obsession moderne pour l’utilité et le succès immédiat, et qui trouve sa valeur dans la dignité intrinsèque du geste rebelle, même lorsque le monde le condamne à l’échec apparent.

Face aux « tyrannies masquées » du présent — ces formes subtiles d’oppression qui se cachent derrière la façade du progrès, de l’égalité creuse ou de la consommation anesthésiante —, le message de Venner et Evola résonne avec une clarté implacable : la vraie liberté ne se conquiert pas dans les promesses éphémères de la modernité, ni dans la soumission à ses dogmes déguisés en libération. Elle naît, au contraire, d’une fidélité inébranlable à l’éternel, à ces principes intemporels qui transcendent les modes et les ruines d’un monde en déclin.

Leur héritage n’est pas une simple critique, mais un appel à l’action, un défi pour que l’homme se lève, retrouve sa souveraineté spirituelle et s’affirme comme gardien d’un ordre supérieur face au vide qui avance. En ce sens, Venner et Evola ne se contentent pas de diagnostiquer la maladie de leur époque: ils offrent un antidote, une vision de l’homme comme rebelle et créateur, capable de transformer la lutte contre la décadence en un acte d’affirmation suprême.

Carlos N. Mancini

Source : 



mardi 14 avril 2026

Iran : peut-on anéantir une civilisation au nom de la démocratie ?


Les Iraniens "organisent leur vie autour de leur perception de réalités spirituelles".



par Thierry Meyssan


Contrairement à ce que nos médias nous prient de croire, la République islamique d’Iran n’est pas plus un régime totalitaire que le nôtre. L’Iran est une bien plus ancienne civilisation que l’Occident. Ses habitants y ont des qualités dont nous sommes dépourvus. Non seulement nous ne devrions pas être fiers de les éradiquer, mais nous devrions entendre leur voix.

Nous assistons, ébahis, à une guerre d’un nouveau genre, sans la comprendre. Plusieurs phénomènes se télescopent qui brouillent notre entendement :

D’une part, nous restons fascinés par la supériorité militaire de l’Occident qui a fait de nos pays les maîtres du monde durant cinq siècles. Nous ne parvenons pas à admettre que des va-nu-pieds puissent être plus civilisés que nous. Or, les Iraniens n’ont que faire de notre confort et de notre luxe. Ils n’en sont pas moins un peuple d’ingénieurs, bien plus éduqués scientifiquement que nous.

Leur civilisation se caractérise premièrement par une volonté individuelle de fer, dont nous n’avons aucune idée. Dans les musées iraniens, on voit des œuvres d’art que des artistes ont mis toute leur vie à réaliser. Ceci n’existe pas chez nous, qui croyons incompatibles la création et la concentration. Ils ne pensent le temps que dans la longue durée, jamais au jour-le-jour. Le second trait de leur civilisation est plus commun : ils organisent leur vie autour de leur perception de réalités spirituelles. C’est ainsi que nos sociétés étaient organisées à la fin du Moyen-Âge et à la Renaissance, mais plus aujourd’hui. Nous pensons que c’est un progrès, pas eux. Ces deux caractères les conduisent à valoriser la conscience, plutôt que l’ivresse.

Bien sûr, ils ont les mêmes défauts que nous. Par exemple, il y a autant de drogués en Iran qu’en Occident. Mais en Occident, nous trouvons cela banal et ne réagissons pas lorsque des hommes politiques sont cocaïnomanes. Cela paraît inconcevable pour des Iraniens.

• Nous sommes tellement imbus de nous-mêmes que nous méconnaissons la culture iranienne. L’Iran est une grande civilisation, depuis le premier millénaire avant Jésus-Christ, bien avant l’Athènes de Péricles, à un moment où nous n’étions que des tribus éparses. Notre ignorance est bien normale : durant nos études, nous n’avons entendu parler de cette culture qu’à propos des guerres médiques. Nous connaissons vaguement les batailles de Marathon, des Thermopyles et de Salamine. Sans plus. Nous sommes fiers, à juste titre, de la victoire des Grecs, due à leur unité et à leur ruse. Nous en sommes restés là.

La civilisation iranienne est, elle-même, profondément marquée par la civilisation chinoise. On peut voir des statues chinoises au palais de Persépolis (V° siècle avant Jésus-Christ). Surtout la civilisation iranienne a donné naissance à la civilisation arabe. Les grands mathématiciens arabes, les grands astronomes arabes, les grands médecins arabes, les grands poètes de langue arabe n’étaient pas des arabes, mais des perses. Certains Iraniens ont d’ailleurs toujours conservé un regard supérieur sur les arabes.

Au XVI° siècle, l’Iran était un empire musulman sunnite. Mais la dynastie des Séfévides voulut lui donner une identité différente de celle de son rival, l’Empire ottoman. Aussi décidèrent-ils de convertir leur population à l’islam chiite. Le règne d’Ismaïl I° est celui d’une guerre de religion pour imposer le chiisme par la force. Pour l’établir, Ismaïl I° s’appuya sur les oulémas chiites du sud du Liban. La relation entre le Hezbollah et l’Iran n’est pas celle que l’on croit : aujourd’hui encore, les étudiants iraniens en théologie viennent s’instruire au Liban. Lorsque je fus hébergé par le Hezbollah dans une de ses résidences, mes colocataires étaient majoritairement des oulémas iraniens.

On explique la différence entre les sunnites et les chiites par une querelle de succession, mais ce sont deux mondes différents. Chaque région de l’islam a sa propre culture. L’islam africain ne ressemble pas à celui de Chine. Les mosquées iraniennes sont construites en contre-bas, avec peu de fenêtres ouvertes. À l’intérieur, dans une semi-pénombre, les murs sont couverts d’éclats de miroirs. Chacun y est invité à méditer, à réfléchir sur lui-même.

• Nous ne comprenons pas plus les liens qui unissent les chiites arabes à l’Iran. Tous ont été transformés par le message de l’imam Rouhollah Khomeiny. Certains n’ont pas suivi son « successeur » institutionnel lorsqu’il a redéfini le Velayat-e faqih, c’est-à-dire le rôle des sages dans le gouvernement des hommes. Contrairement à un a priori répandu, des hommes comme le cheikh Mohammad Hussein Fadlallah, le père spirituel du Hezbollah, n’ont jamais suivi l’ayatollah Ali Khamenei dans son rêve de puissance.

L’Iran révolutionnaire a exercé une fascination, non seulement sur les chiites du monde entier, mais aussi sur les autres musulmans et sur les non-musulmans. Son message affirmait qu’il est possible, à terme, de libérer les hommes du colonialisme et, immédiatement, de vivre de manière juste, dans un océan d’injustice, en sacrifiant sa propre vie à cet idéal. L’Iran a formé les chiites qui le souhaitaient à suivre l’exemple de Khomeiny. Sous les présidences de Hachemi Rafsandjani et de Mohammad Khatami, l’Iran a pensé se défendre en s’appuyant sur ses admirateurs étrangers. Ce fut l’époque des mandataires, les « proxys », comme disent les Anglo-Saxons. Mais cette période s’est terminée avec le président Mahmoud Ahmadinejad et, surtout, avec le général Qassem Soleimani. Depuis une quinzaine d’années, l’Iran n’a plus de proxys, quoi qu’en raconte la propagande occidentale. Chaque groupe est devenu indépendant, même s’il a été armé par l’Iran.

Aujourd’hui, le Hezbollah libanais par exemple ne se bat pas contre Israël par solidarité avec l’Iran, mais parce qu’Israël occupe une partie du Liban, en violation de l’accord de cessez-le-feu du 26 novembre 2024.

• Nous tolérons l’assassinat des leaders iraniens comme un mal nécessaire. Nous considérons ce pays comme totalitaire et sommes persuadés qu’il opprime les femmes. C’est une manière d’interpréter une partie de ce que nous voyons et non de comprendre la totalité des choses.

Sans aucun doute, l’Iran est gouverné par une génération qui ne comprend pas sa jeunesse. Nous interprétons ce problème de génération comme une discrimination envers les femmes et pensons que le régime leur interdit des postes à responsabilité. Or, l’Iran a souffert de la guerre imposée par l’Iraq. Il a perdu alors une large partie de ses hommes. Comme en Europe, après la Première Guerre mondiale, il n’a pas eu d’autre choix que d’être majoritairement administré par des femmes. Celles-ci sont aujourd’hui présentes à tous les échelons de la société. Certes, elles ne sont pas responsables du culte, ni des forces armées, chez nous seules des exceptions y parviennent.

Identiquement, nous sommes choqués du port obligatoire du voile et ignorons qu’il s’accompagne du port obligatoire de la barbe pour les hommes. Nous ignorons que de nombreux hommes politiques — notamment Mahmoud Ahmadinejad — ont tenté de faire évoluer l’opinion publique et considérons, à tort, que le voile définit ce régime. Nous ne voyons pas que le port de l’uniforme noir des femmes, qui les fait ressembler à des religieuses chrétiennes, n’est pas du tout un signe de soumission — au contraire —, mais un signe de conformité. Les administrations iraniennes grouillent de femmes en noir, comme les nôtres sont aux mains d’hommes en costume-cravate.

Nous ignorons le haut niveau intellectuel des Iraniens. Par exemple, Ali Larijani, loin de ne penser qu’à écraser son peuple, ainsi que le présentent nos médias, était un philosophe, spécialiste d’Emmanuel Kant. Il s’intéressait à déterminer les critères qui nous font adhérer à une proposition, selon notre logique ou selon notre intuition. Nous serions très honorés d’avoir des dirigeants européens de cette qualité.

• Enfin, un mot sur la violence en Iran. À toutes les époques, cette culture a été sanglante. Toutes les organisations de défense des Droits de l’homme ont affirmé, dans les années 1960, que l’Iran du Shah était le régime le plus répressif de la planète. Mais, toujours, les Iraniens se sont opposés aux punitions collectives. La République islamique, elle aussi, a abondamment eu recours à la peine de mort, mais elle n’a jamais pratiqué de châtiment contre des familles ou des groupes d’individus.

Contrairement à un préjugé tenace, l’Iran ne pend pas les homosexuels. Il pend par contre, sans état d’âme, les criminels qui violent des enfants. La culture populaire continue, certes, à assimiler gays et pédophiles, comme c’était le cas en Europe, il y a une trentaine d’années. Je peux témoigner du regard méprisant que certains Iraniens portent sur ceux d’entre eux qui sont homosexuels, mais aussi sur le fait qu’ils ne sont pas moins nombreux que chez nous et qu’ils ne s’affichent pas, mais ne se cachent pas non plus. L’actuel guide, Mojtaba Khamenei, lui-même, est notoirement gay. La bêtise n’est ni dans la République islamique, ni dans son opposition. Lorsque j’étais aux côtés du président Ahmadinejad, ce sont les soi-disant progressistes (pro-USA) qui ont mené une campagne contre moi sur mon homosexualité, pas Ahmadinejad.

Les Iraniens sont comme les autres hommes. S’ils se montrent puritains dans l’espace public, ils sont libres dans la sphère privée, ce qui fait dire à ceux qui ne les comprennent pas que c’est un peuple d’hypocrites. En réalité, ils n’ont pas la même définition que nous de la liberté et des convenances.

Lorsque l’ayatollah Khomeiny, réagissant aux gaz de combat iraquiens, a déclaré que, moralement, l’Iran s’interdisait d’avoir recours à des armes de destruction massive, il n’a pas eu de difficulté à faire accepter sa fatwa. Pourtant la guerre a duré une année de plus, précisément à cause de l’inégalité que l’Iran s’était imposée face à l’Iraq. Il est donc absurde d’accuser les Iraniens de dissimuler un programme nucléaire militaire. Outre que le concept de taqiyya (dissimulation) n’a rien à voir avec le chiisme, c’est ne pas reconnaître un point essentiel de la culture iranienne : la responsabilité individuelle. L’Iran se refuse à toute forme de punition collective.

Je terminerai en soulignant que, si je n’ai jamais eu crainte du pouvoir politique ou militaire en Iran, je me suis toujours protégé du pouvoir judiciaire. Les juges, qui appliquent leur interprétation de la charia, m’ont paru souvent fanatiques. J’ai eu l’occasion de visiter et de débattre avec les plus hauts responsables en la matière. J’ai eu l’impression de gens qui condamnaient les justiciables sans percevoir que c’étaient, eux aussi, des êtres humains.

En conclusion, je voudrais vous dire pourquoi je suis si attaché à ce pays : j’y ai trouvé beaucoup de gens sincères, capables du meilleur. Je sais qu’ils n’étaient pas tous comme cela et que d’autres n’étaient préoccupés que par l’argent, mais ceux-là ne me gênaient pas. Ils ressemblaient tant aux Occidentaux.



lundi 13 avril 2026

« Les barons voleurs du Nouvel Ordre Mondial – De Rothschild à Zelensky »





"Les Barons Voleurs du Nouvel Ordre Mondial – De Rothschild à Zelensky" est un ouvrage audacieux qui plonge au cœur des mécanismes invisibles et omniprésents de la domination économique mondiale. À travers ce livre, les auteurs Philippe Broquère et Manuel Sanchez nous livrent une analyse historique des stratégies mises en place la caste de financière et d'industrielle qui, depuis le XIXe siècle, a modelé l'architecture du pouvoir global. Préfacé par Claude Janvier, cet ouvrage est une invitation à démystifier le système de la haute mafia financière qui détruit et vole les peuples de la planète.

Le livre s'attaque frontalement à l'ordre mondial actuel et dévoile les rouages d’une machinerie cruelle qui, sous le masque de la philanthropie capitaliste, du progrès illusoire et de la croissance illimitée, a transformé l'économie mondiale en un gigantesque piège. Il explore les figures historiques de magnats de la finance tels que John D. Rockefeller, Andrew Carnegie ou encore J.P. Morgan, et bien entendu les Rothschild, mais aussi leur héritage dans les cercles d'influence actuels comme la Fed, la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International ou encore la Banque Centrale Européenne.

À travers une immersion dans l'histoire de ces "Barons voleurs", ce livre révèle comment des générations d'hommes d'affaires ont façonné l'ordre mondial que nous connaissons aujourd'hui, en manipulant la finance, les guerres et les institutions transnationales. En mettant en lumière des institutions comme le Council on Foreign Relations ou les fondations philanthropiques, l'ouvrage trace un portrait sans concession de cette oligarchie mondialisée.

Dans ce livre, les auteurs vont bien plus loin que l’histoire des grandes révolutions ou des mouvements populaires. Ils nous proposent une lecture inédite de la politique mondiale, où les grandes crises, guerres et réorganisations économiques ne sont jamais le fruit du hasard. Leur objectif premier était la création d'un nouvel empire.

En s’appuyant sur des éléments historiques précis, une analyse des grandes institutions économiques et une étude approfondie des figures qui ont façonné ce système, "Les Barons Voleurs" invite à une réflexion sur la légitimité du pouvoir et de la domination. C'est un ouvrage sans concession, essentiel à la compréhension des forces à la manœuvre. Si vous vous êtes déjà demandé pourquoi certaines dynamiques mondiales semblent inéluctables, ou si vous avez perçu l'invisible chaîne qui nous prive de liberté, ce livre est un incontournable.

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Voici un extrait :

INTRODUCTION

L’histoire que vous allez lire n’est pas celle des peuples qui se sont battus pour leur liberté, ni celle des grandes révolutions qui ont ébranlé les empires. C’est celle d’une caste invisible, mais omniprésente des barons voleurs, ces prédateurs dissimulés derrière des façades de philanthropie, de progrès et d’industries florissantes.

Leur empreinte se retrouve dans chaque recoin de l’économie mondiale, là où des fortunes colossales sont bâties sur la souffrance silencieuse des masses.

En plongeant dans l’univers des grandes familles d'affaires – Rothschild, Rockefeller, Carnegie, Morgan, et bien d'autres – ce livre nous dévoilera les rouages d’une machine impitoyable qui, dès le XIXe siècle, a conçu une architecture économique à la fois subtile et inexorable, un piège global dont nous, les peuples, sommes les prisonniers consentants.

À travers l’histoire de ces barons voleurs, nous découvrons comment des générations d’hommes d’affaires ont façonné l'ordre mondial tel que nous le connaissons aujourd’hui, un monde où le capitalisme sauvage se cache derrière des institutions soi-disant bienfaisantes.

Ces maîtres du monde ont su tordre le destin des nations à leur profit, transformant les ressources naturelles, la finance, même la guerre, en instruments de domination et de contrôle. Les guerres mondiales, loin d’être des malheurs inévitables, étaient les étapes nécessaires pour renforcer un système économique global basé sur la prédation et la soumission des peuples.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Ce système, que les barons voleurs ont méticuleusement établi, a été perfectionné, institutionnalisé et verrouillé par les élites globalistes. À partir du XXe siècle, avec la montée en puissance de la Banque Mondiale, du FMI, et de la BCE, nous entrons dans l'ère du mondialisme, où les états-nations se dissolvent lentement dans un marché unique, où les politiques industrielles nationales sont sacrifiées sur l'autel d'une dérégulation financière qui n’a d’autre but que d’augmenter les profits de ces mêmes élites. Les peuples sont alors contraints de jouer à un jeu de dupes, un jeu où l’issue est déjà tracée et c’est celle de la dépossession de leurs économies, de leurs terres, de leurs savoir-faire – et bientôt, de leur liberté.

Car derrière l’illusion de la liberté du marché, derrière les discours des gouvernements et des institutions internationales, se cache une vérité où nous ne sommes plus des citoyens, mais des consommateurs, des travailleurs, des débiteurs. Le système a été conçu pour nous tenir dans une dépendance constante, nous reliant à une dette toujours plus grande, nous privant de tout pouvoir sur nos vies.

Au fil des pages, ce livre éclairera les mécanismes de cette prédation invisible, de la création des paradis fiscaux aux fonds de dotation, de l'utilisation stratégique des guerres comme instruments économiques à la flexibilisation du travail à l'échelle mondiale.

Nous ne nous conterons pas de retracer une simple chronologie des faits mais nous vous inviterons à une réflexion plus profonde sur la nature du pouvoir et de la domination, sur les véritables forces qui régissent l'économie mondiale.

À travers les biographies des grands barons voleurs, les stratégies des lobbys et les manœuvres des institutions globales, nous dresserons un portrait sans concession d’un système qui, loin de viser le bien-être des peuples, a pour seul but de maintenir un équilibre où seuls les puissants peuvent prospérer, pendant que les masses sont enfermées dans une prison économique dont les murs sont invisibles mais bien réels.

Loin d’être une analyse détachée, ce livre est un appel à la prise de conscience. Pour ceux qui refusent de croire que le monde dans lequel nous vivons est le fruit du hasard, pour ceux qui perçoivent déjà les chaînes invisibles qui nous lient, il est un miroir brut de la réalité. Il n’offre ni remèdes, ni utopies, mais une vérité dénuée de toute illusion.

Si vous êtes prêts à regarder au-delà de la surface, à comprendre comment chaque aspect de votre vie, de votre travail, de votre épargne, est contrôlé par une poignée d’élites, alors ce livre est pour vous. Il est une invitation à voir la cage dans laquelle nous vivons, une cage dont les barreaux sont forgés par l’histoire écrite par une haute mafia, l’économie prédatrice et le pouvoir mondial ivre d’hybris.

Bienvenue dans une réalité que peu osent voir, une réalité où la liberté n'est plus qu'une illusion, un mirage dans un désert économique.

Phil BROQ.

Pour lire la suite, c'est ici : https://www.thebookedition.com/fr/les-barons-voleurs-du-nouvel-ordre-mon-p-428454.html


dimanche 12 avril 2026

Entre sionisme, chiisme et protestantisme : une guerre eschatologique au Moyen-Orient

 


Révélations sur l'entourage religieux de Trump et Netanyahou avec Hindi et Plaquevent.

Youssef Hindi et Pierre-Antoine Plaquevent ont écrit :

ISRAËL ET LA GUERRE MONDIALE DES RELIGIONS
 géopolitique et millénarisme

On ne peut comprendre la guerre mondiale fragmentée en cours, sans en appréhender la nature messianique profonde.

Par un processus historique que ce livre expose en détail, le projet sioniste des origines s’est transformé en un projet eschatopolitique de nature millénariste, théocratique et suprémaciste. C’est ce projet qui guide désormais l’État israélien dans ses décisions stratégiques aux conséquences humanitaires dramatiques. Du point de vue du sionisme messianique, le retour du peuple juif en Terre sainte ne suffit plus.

La réalisation du Grand Israël, passe par des guerres de grandes échelles, tout particulièrement celle de Gog et Magog, mais aussi par la construction du troisième Temple de Jérusalem et la reprise des sacrifices sanglants en son sein. Mais pour parvenir à réaliser ce projet, dont les préparatifs sont déjà très avancés, les sionistes messianiques doivent prendre le contrôle intégral de l’esplanade des Mosquées.

L’opération lancée par le Hamas en octobre 2023 s’appelle Déluge d'al-Aqsa, précisément en référence à la défense de la mosquée al Aqsa qui se trouve sur l’esplanade des mosquées. Ce livre analyse la trame géopolitique qui sous-tend les événements en cours en Terre Sainte. Il expose la généalogie et les objectifs réels de l’idéologie sioniste millénariste et du messianisme actif. Parmi ceux-ci, figure la destruction de la chrétienté et de l’islam. Destruction qui doit précéder l’avènement des temps messianiques et d’un monarque universel censé régner sur le monde depuis Israël.

Nous sommes ainsi les contemporains d’un moment géopolitique décisif et apocalyptique. Au sens propre, un temps de destruction et de révélations.

Préface d'Édouard Husson.


Iran : le monde moderne contre celui de la Tradition




Kemi Seba: « Cette guerre USA / ISRAËL vs IRAN n’est pas seulement une guerre géopolitique visant le contrôle des hydrocarbures, ni simplement une agression destinée à concrétiser le plan Oded Yinon, c’est-à-dire le projet du Grand Israël.

Elle est aussi ( et peut-être surtout) la manifestation d’un affrontement bien plus profond ; celui de deux visions du monde irréconciliables.

D’un côté, le monde moderne, qui dans un sens guénonien rime avec décadence, dégénérescence et désacralisation totale du réel. Un monde où la matière a remplacé l’esprit, où le calcul a remplacé le sens, où la puissance technique prétend se substituer à la transcendance.

De l’autre, le monde de la Tradition qui, bien que caricaturé comme barbare et arriéré par les médias-mensonges d’Occident, demeure l’un des derniers espaces où le sacré continue d’imprégner l’existence quotidienne.

Comme toutes les nations, l’Iran est très loin d’être parfait. Mais rarement dans ma vie ai-je ressenti, à chacune de mes nombreuses visites, avec une telle intensité, la présence de l’immanence et de la sacralité dans le quotidien des gens. Pas besoin d’être Perse, ni même chiite, pour percevoir cette réalité.

La plupart de ceux qui pontifient sur l’Iran n’y ont jamais mis les pieds. Ils se sont laissé avoir par la surmédiatisation des manifestations en Iran, organisées secrètement par le MOSSAD, afin de faire croire à un soulèvement du peuple entier contre le régime iranien.

En réagissant brutalement (et reconnaissons-le, parfois aveuglément) contre ces manifestantes sponsorisées par l’entité sioniste, le régime de la République islamique a donné le prétexte parfait à l’intervention de l’élite criminelle occidentale contre ce pays.

Les États-Unis et leurs alliés sionistes, génocidaires en Palestine, ont ainsi appliqué le concept d’imperialist feminism, tel que théorisé par la légendaire idéologue indienne du post-colonialisme, Gayatri Spivak, afin de préparer les esprits avant de lancer leur ultime agression.

Disons-le clairement ; la question du droit des femmes doit être rigoureusement posée en Iran comme ailleurs dans le monde. Mais cette question ne peut, et ne doit, être manipulée par l’oligarchie occidentale à des fins coloniales , surtout lorsque cette manipulation émane d’acteurs eux-mêmes impliqués dans des scandales sordides, comme l’affaire Epstein.

Au-delà des propagandes et des récits officiels, cette confrontation entre ces 2 mondes (le monde moderne contre celui de la Tradition) annonce peut-être déjà la nature des grands affrontements civilisationnels du XXIᵉ siècle… La lutte entre un monde entièrement désacralisé et des civilisations qui, malgré toutes leurs contradictions, refusent encore de rompre définitivement avec la dimension spirituelle de l’existence.

Comprendront ceux qui pourront.

Kemi Seba.