dimanche 25 janvier 2026

Comment ne pas devenir un faux-prophète



Etre illuminé dans le sens péjoratif du terme ou être possédé, quelle est la différence ? D’un point de vue général, l’on pourrait presqu’affirmer que les êtres humains ordinaires sont tous possédés. Bien entendu, il ne s’agit pas de personnes sous l’emprise d’entités malveillantes, mais simplement d’êtres normaux, illusionnés par leur propre psychisme qui leur retourne la charge de leur désir comme un miroir.

Comment ce mécanisme d’auto-illusion se développe t-il au point de rendre la personne esclave de ses illusions mentales ?

Ce phénomène ne relève pas de la psychiatrie ni de l’envoûtement. Il ne s’agit pas de maladie mentale mais d’un état d’être très répandu dont la situation est parfaitement résumée par la formule « prendre ses désirs pour la réalité ». Nous en sommes tous là ! C’est donc un mécanisme psychologique normal et généralisé qui exprime un désir compensatoire de s’épanouir l’âme voulant dans un autre genre d’existence.

Lequel d’entre nous ne fait t-il pas des rêves éveillés où il se met en scène sur l’écran de son imagination à l’aide d’attitudes gratifiantes ? L’image que nous avons de nous-mêmes est loin de ce que les autres en perçoivent. Il y a là une source de malentendus constante.

Qui n’a jamais formé l’espoir de parvenir à un succès dans le domaine de son choix, et de mener une vie où ses rêves deviendraient la réalité ? C’est là un processus naturel auquel personne n’échappe, car l’expérience humaine est conditionnée par la quête permanente d’une évolution vers un état de vie plus sécurisant et épanouissant.

L’espoir fait vivre, mais lorsque notre ambition est disproportionnée par rapport aux possibilités offertes et à nos capacités réelles, l’on peut craindre que notre esprit ne finisse par s’inventer une série de scénarios où il jouera un plus beau rôle que dans la réalité. Cette vie imaginaire est généralement sans conséquence mais certaines personnes glissent vers une forme d‘auto-illusion qui peut se communiquer à leur entourage. « Ah, si l’on m’avait donné ma chance ! » « j’ai toujours pensé que tu étais un génie méconnu ! » « Ah, si ma mère m’avait acheté un piano, je serai devenu virtuose ! » « Moi, j’ai raté ma vocation ! »

Après l’instinct de conservation ou de reproduction, l’un des moteurs les plus puissants du désir existentiel est le goût du pouvoir, car il est supposé nous procurer une sécurité définitive. L’ambition et le désir d’être reconnu en découlent. Cela exprime une pulsion primitive nécessitant de lutter âprement pour la satisfaire, y compris en marchant sur les autres. Par les titres, le succès et la promotion professionnelle et économique, la société procure des voies de réalisation sociale à l’ambitieux qui veut se hisser au dessus du panier. La réussite est une question d’effort et de persistance à moins que l’âme n’ait programmé un sort contraire. 

En dehors de la filière sociale et professionnelle, la réussite est difficile, et il faut alors rechercher la reconnaissance dans un domaine artistique, sportif, humanitaire, politique ou spirituel par le biais d’un réseau ou d’une organisation. L’individu isolé risque de rester enfermé dans ses rêves s’il ne parvient pas à attirer l’attention sur sa personne.

La plupart du temps, notre désir de pouvoir est latent, non exprimé, si ce n’est dans un cercle restreint d’amis ou de parents. Souvent, l’idéal intérieur demeure caché aux proches car les circonstances ne lui offrent pas d’espace pour se révéler dans sa plénitude. L’aspiration reste alors un fantasme. Le désir demeure secret, et rien ne permet de passer à l’acte. C’est pourquoi la plupart des gens baissent la tête et mastiquent leur rêve comme un vieux chewing-gum qu’on finit par recracher lorsqu’il est devenu fade. On cherche un exutoire ou bien l’on continue à se faire du cinéma jusqu’à la fin de sa vie en attendant un miracle. Qui n’attend pas un petit miracle ?

Les gens apprennent à accepter la réalité à partir des sévères leçons de l’existence, et ils finissent par oublier leurs rêves de jeunesse. On se fait une raison quand rien ne paraît réalisable. On oublie. Certains tempéraments, plus ambitieux et volontaires, et sans doute caractériels, n’ont pas emprunté la filière sociale conventionnelle, et ils ne peuvent refouler leur désir de reconnaissance. Alors, en l’absence d’une opportunité qui pourrait se présenter naturellement, ils accumulent une telle charge de tension que leur image d’eux-mêmes peut se sublimer à leur propres yeux. Ils en viendront à imaginer un scénario de réussite plus ou moins grandiloquent.

Ils parviennent à projeter leur lubie sur leur entourage pour qu’il y adhère. Ces êtres parviennent à faire admettre aux autres l’image idéale qu’ils se sont formés d’eux mêmes. Ils savent charmer leur monde. Le cas de celui qui se destine à devenir un gourou est complexe. Il doit avoir sincèrement la foi en des forces supérieures auxquelles il s’identifie. Il doit disposer d’un fort potentiel de créativité ne s’exprimant pas par les voies conventionnelles dans notre société occidentale où la spiritualité est si refoulée qu’elle se cache dans la marge.

Le gourou occidental - contrairement à son collègue oriental, traditionnellement intégré socialement - apparaîtra comme un original ou un illuminé. Il devra alors s’imposer par une surenchère d’originalité pour focaliser l’attention sur lui. Sans public, pas d’artiste.

La spiritualité et le paranormal offrent un champ d’imagination infini car les domaines de l’irrationnel ne sont pas supposés se soumettre à la vérification et à la logique. Un candidat gourou qui parvient à rassembler autour de lui un groupe de disciples attirés par son panache ou le caractère merveilleux de ses révélations, va se retrouver sous une double emprise : il subira d’abord l’auto-hypnose de sa propre force imaginative qu’il a poussé au paroxysme, et d’autre part, il peut tomber sous le contrôle d’entités occultes qui ont été attirées par son magnétisme.

A l’image de notre société fonctionnelle et bureaucratisée, le monde de l’invisible ne laisse pas beaucoup d’espace à la liberté d’entreprise, et l’on surveille d’en-haut les francs-tireurs de la spiritualité.

Sachant que la plupart des gourous ne sont pas légitimement investis d’une mission supérieure mais qu’ils se sont auto-proclamés guides ou instructeurs spirituels de leur propre chef, il faut comprendre que deux facteurs sont opérants dans leur réussite : premièrement, le regard admiratif des fidèles de la première heure, et des deuxièmement, l’obombrement psychique par entités invisibles. (Etre « obombré » signifie être placé sous un contrôle occulte qui s’immisce en nous sans que nous le sachions). 

Ces gourous finissent par être sincèrement convaincus de la légitimité de leur mission, au demeurant souvent originale et d’un niveau spirituel plus élevé que les professionnels des religions officielles, lesquels n’aiment pas cette concurrence sauvage. Car, dès le début, le gourou va se conduire comme un prêtre investi d’une charge sacerdotale. Le gourou qui n’est pas entièrement convaincu de sa légitimité, aura du mal à en convaincre autrui. C’est pourquoi il est faux de considérer la vocation de gourou uniquement sous l’angle du charlatanisme. On ne peut mentir en permanence à des disciples qui vous ont à l’œil continuellement, épiant le moindre de vos faits et gestes. On peut tricher un peu pour entretenir la foi et l’espérance, mais on ne peut frauder depuis le début.

Le centre psychique où se concentre l’énergie de son « auto-envoûtement » est chez l’apprenti gourou un foyer de conscience qui n’est pas actif chez l’homme ordinaire. C’est de ce centre psychique appelé par la tradition ésotérique le « soi supérieur » - le surmoi de la psychanalyse – que l’individu qui a opéré un contact avec ce centre en y accumulant la tension de son désir de réalisation, pourra recevoir une prise en charge, qu’on confond avec un état de grâce religieux ou un déversement de puissance magique. La tradition mystique fourmille d’exemples de ces illuminés – qui devinrent des saints reconnus - qui se sont crus en contact avec Jésus ou la Vierge Marie, à la suite d’une liaison avec leur soi-supérieur qui est le miroir magique de la projection de notre désir. Dans les conditions normales de l’existence, l’être humain est protégé de ses fantasmes supérieurs, sauf s’il y a investi de manière obsessionnelle toutes ses forces depuis longtemps, ce qui peut opérer une cristallisation de l’image de son désir. Cette image se manifestera selon son conditionnement religieux de base. Son désir reviendra sur lui en tant que réalisation de son aspiration. Il aura la vision de ce qu’il désire, entendra des voix, ou se sentira investi d’une force divine ou d’une mission grandiose. Une personnalité forte dispose de la charge psychique d’un soi supérieur puissant. La répétition d’innombrables pensées de réussite focalisées dans une direction donnée, finira par générer une concentration de force qui deviendra autonome et échappera à la personnalité consciente. Celle-ci, à l’image de l’apprenti-sorcier, se retrouvera subjuguée par une puissance qu’elle a elle-même accumulée, et dont elle a perdu le contrôle en franchissant la développement naturel.

L’excès produit des résultats, mais la structure de l’âme en incarnation n’autorise pas à franchir sans risque certaines bornes. Dans un premier temps, l’emprise du soi supérieur est confondue avec les représentations traditionnelles de l’illumination spirituelle. Or, il s’agit généralement d’une liaison avec le plan astral produisant un auto-envoûtement et une illusion mentale supérieure. 

L’individu ambitieux ou inconscient qui entre en contact avec l’invisible sans avoir purifié son être de l’égocentrisme, tombe sous une emprise égocentrique supérieure. Comment peut-il en être autrement ? Ce processus est implacable. Après des années d’aspiration, et même après plusieurs incarnations de tension dans une certaine direction, l’être obnubilé par son désir d’élévation, ou sa lubie mystique, finit par déclencher en lui une décharge magnétique si puissante qu’il croit que le but ultime est atteint, et qu’il est entré dans le cercle des initiés et des maîtres. Bien au contraire, avec son égo non renouvelé et chargé de karma, il est loin du compte. Il est même dans une très mauvaise passe dont il ne pourra sortir qu’après plusieurs incarnations de lutte en sens inverse détachement afin de égocentrique démesurée. d’effectuer son le ambition

Dans les circonstances de la vie ordinaire, l’ambition et le désir de puissance ne mobilisent que les facultés naturelles de la personnalité. Mais dans le cas d’une illusion mystique comme celle qui consiste à se croire parvenu à un état de sainteté ou à un degré d’évolution supérieure, le soi supérieur mis sous tension, prendra le relais et se connectera par affinité à un foyer d’énergie invisible. Cela procurera à la personne le sentiment d’être inspirée par une puissance sacrée. 

Dans ce cas, des phénomènes paranormaux jugés miraculeux par les observateurs naïfs, pourront se manifester. Tel mystique sous contrôle de son soi supérieur, aura des visions ou démontrera des facultés comme la possibilité de jeûner indéfiniment, se dédoubler, et d’autres pouvoirs étranges et anormaux, au demeurant absolument inutiles si ce n’est pour briller dans un cirque. Ces pouvoirs n’ont jamais été des signes de libération, et bien au contraire, ils sont les symptômes d’une emprise occulte rétrograde. N’allons pas croire que c’est par ignorance ou par souci de protéger leurs ouailles que les autorités religieuses ont toujours mis en garde contre les phénomènes paranormaux ! Non, la raison des chefs du corps ecclésiastique est de ne pas se laisser déborder par des apprentis occultistes plus puissants qu’eux.

Depuis des siècles, d’innombrables expérimentateurs anonymes se sont entraînés de manière quasiment héroïque pour parvenir à un développement mystique ou occulte. Lorsqu’un certain résultat finissait par se manifester dans les conditions d’anormalité psychique que nous venons de décrire, ils se sont crus sincèrement inspirés par des « puissances divines », et ils ont fondé leur autorité sur cette expérience. Il est impossible à un être qui tombe sous la coupe de son « moi supérieur » en relation avec des entités invisibles, de savoir avec précision s’il est sous l’influence d’entités bénéfiques ou d’esprits qui veulent vampiriser son potentiel énergétique personnel ou celui de ses disciples. Les entités de l’invisible peuvent se dissimuler sous l’apparence angélique ou l’identité prestigieuse d’un grand sage. Or, dans l’univers spirituel régulier, les grands êtres ne consentent à aider que celui qui a démontré son intention de se purifier et de se transformer dans un sens profondément moral. Dans le cas contraire, les humains qui recherchent un pouvoir supérieur ou qui sont habités par un désir spirituel entaché d’égoïsme, seront contactés par des entités de même nature. Le semblable attire le semblable. Comment peut-il en être autrement ? C’est pourquoi les occultistes prétendent toujours être en contact avec des forces lumineuses, car il faut sauver la face. On trouve rarement un channel qui avoue être l’instrument d’un démon, y compris lorsque ce démon parle au nom de l’Archange Mickaël. Soyons clair, aucun archange ou ange de lumière ne transmet de message en dehors de la fraternité des grandes intelligences qui surveillent la situation planétaire. Lorsque ces grands êtres veulent travailler avec un être humain, ils forment un instructeur qui a été longuement préparé depuis son jeune âge, et qui est libéré de toute attache égocentrique. En clair, ils utilisent l’un des leurs, un être parfaitement libéré. Rares sont les illuminés, les gourous ou les channels qui avoueront être au service de puissances inférieures ou rétrogrades. Dans le cas de ceux qui prétendent être des phares spirituels, leur auto-illusion est entretenue par des entités lumineuses se faisant passer pour des anges ou de grands esprits désincarnés. Le gourou ainsi illuminé, sera très convaincant, et ses disciples croiront être guidés par un authentique médiateur du divin. Mais s’ils pouvaient voir la véritable personnalité de leur maître sur le niveau astral, le spectacle aurait plutôt de quoi les épouvanter. Un observateur attentif remarque très vite à qui il a affaire en matière de spiritualité, mais on peut parfois tomber sous le charme, et la flatterie aidant, on peut se sentir transporté dans l’ineffable alors qu’on vient de se faire proprement harponner par un requin de l’occulte. 

Dans ce monde d’apparence, pour faire autorité, il est indispensable que le gourou se réfère à une puissance supérieure à lui-même. Le principe de l’autorité est la racine de l’illusion. C’est pourquoi, pour « cacher la misère », des « initiés » se réfèrent à une autorité invisible, soit en s’intitulant « canal » du divin, ou bien en se présentant comme l’incarnation corporelle d’un être « divin ». 

Les « maîtres de sagesse », les « guides de lumière » ou les anges sont généralement cités comme étant la source de l’inspiration spirituelle. Mais depuis quelques années, la vogue est aux extraterrestres dont l’avantage est de constituer une autorité d’une crédibilité plus scientifique. Certains mêlent l’occultisme à papa avec la science-fiction, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives au rêve et à l’imaginaire spiritualiste.

Dans tous les cas, on peut raconter ce qu’on veut car les « messages célestes » ou les instructions télépathiques en provenance d’en-haut sont invérifiables. Il faut étudier attentivement les écrits du messager des dieux pour en détecter l’origine. On reconnaît l’arbre à ses fruits. Il s‘avère que la plupart des messages des contactés sont creux, et qu’ils témoignent plutôt d’une stratégie de désinformation. Souvent, la révélation transmise à l’initié est un effet miroir de sa propre projection et de son désir d’accomplissement. Dans la mesure où des entités invisibles s’en mêlent, il ne peut plus discerner qu’il est devenu la proie d’un contrôle occulte. Sa conviction en sera même décuplée, car cette fois, il est réellement en contact avec les forces subtiles qu’il a attiré. S’en libérer sera difficile car son moi supérieur est identifié à l’entité invisible qui l’a accroché. Parfois, il aura la sensation d’une emprise et dans ces moments de flottement, ses disciples émettront des doutes qui mettront le gourou en alerte. Il aurait pu commettre des maladresses, relâcher le contrôle de son comportement, et son masque a pu tomber. Il est vulnérable s’il a des habitudes sensuelles qu’il ne peut dissimuler, des attachements matériels, ou s’il a pris l’habitude de prédire des événements qui n’arrivent jamais.

Dans tous les cas, l’esprit-contrôle du gourou inventera une justification habile ou écartera les disciples trop curieux. Pour un gourou qui a constitué un égrégore suffisamment important, sauver la face n’est pas un problème car ses vices exposés publiquement peuvent servir à renforcer son autorité en interne, s’il sait faire comprendre à ceux qui le suivent qu’il les met à l’épreuve par ses facéties. Un gourou pris la main dans le sac, retournera habilement la situation en justifiant son absolu détachement des conventions mondaines. On a connu des maîtres de fraternités plus blanches et plus universelles que les autres, qui avaient le caprice de faire passer une sorte de visite médicale à leurs jolies disciples. Les fidèles en déduisaient que ce déshabillage servait à confirmer l’état spirituel de la jeune femme ou du garçon choisi par le maître. On prétend qu’un certain gourou a l’habitude de réveiller la « kundalini » de ses disciples mâles d’une manière plutôt érotique. Ces rumeurs n’ont jamais cessé de circuler dans les couloirs des ashrams depuis qu’un grand saint avait l’habitude d’entrer en extase en flattant du pied le pénis d’un jeune disciple pendant sa méditation. On en raconte des choses… Les rumeurs les plus saugrenues poursuivent la plupart des gourous contemporains, mais il faut remarquer pour leur défense que les sollicitations auxquelles ils font face sont à la mesure des fantasmes qu’ils génèrent chez leurs disciples et chez leurs détracteurs.

La spiritualité est un monde merveilleux où les miracles sont possibles et parfois réels. Les disciples n’en demandent d’ailleurs pas tant, car le rêve leur suffit. Le faux prophète le plus fort est celui qui sait faire rêver le rêve le plus sublime. Ce n’est pas si simple, et nombre d’apprentis sur le chemin de la consécration du gourou ne réussiront pas dans la profession envisagée, car ils manquent d’envergure et d’imagination. Si le soi supérieur du gourou est connecté avec une entité invisible d’un assez bon niveau, l’opération de séduction peut être un succès, d’autant que le « maître » s’est persuadé lui-même de sa valeur et de sa haute mission. Ajoutons, qu’il faut parfois quelques complicités dans les milieux des services secrets pour devenir célèbre. Il y aurait fort à dire sur les « seconds » de certains gourous. Ceux qui font l’interface avec le public, les chargés des relations publiques sont quant à eux souvent placés sous un contrôle policier et militaire qui n’a rien d’occulte. Il est très intéressant de découvrir comment des services secrets alliés quoique concurrents se partagent la direction politique d’une organisation spirituelle ou religieuse d’envergure internationale. Le gourou est souvent hors jeu, et on le restimule dans ses fantasmes pour que la maison continue à tourner. Si, tel un Bagwan Rajnesh, le gourou devient trop indépendant ou échappe au contrôle, on le liquide. Ron Hubbard semble avoir rencontré ce genre de problème. Mais c’est une question que nous ne développerons pas ici.

Un gourou est de bonne foi, même s’il tire parfois un peu trop sur la corde de la crédulité des gogos. Le show biz est ainsi. Emettre un jugement de valeur sur des personnes qui se croient investies d’une haute mission est vain car le gourou comme ses disciples se moquent de l’avis d’un profane extérieur au groupe des élus. Mais, puisque l’offre et la demande implique la prolifération d’instructeurs spirituels de tous les niveaux, on peut appliquer quelques discrimination avant critères de de s’élancer inconsidérément derrière l’homme qui a vu l’ange qui a vu Dieu.

Un leader mystique prisonnier de la double illusion de son surmoi et de l’influence d’un esprit contrôle, s’entourera de personnes semblablement prédisposées. Les suiveurs seront par conséquent sourds à tout avertissement et ne voudront pas en discuter sereinement. De ce point de vue, l’attitude antisecte primaire s’explique par l’irritation que ce comportement borné déclenche chez les observateurs extérieurs qui n’ont pas pris place sur le tapis volant du maître. Les antisectes, pourfendeurs de gourous, sont doublement bornés lorsqu’ils ne reconnaissent pas à autrui l’entière liberté de rêver jusqu’au bout du voyage.

S’interdire de devenir un faux prophète n’empêche pas de s’exercer à en devenir un vrai en s’ouvrant à l’universel. S’empêcher de devenir un gourou médiocre n’empêche pas de chercher un maître authentique pour bénéficier de son expérience du « métier ». Etre prudent par rapport aux influences occultes, n’empêche pas de reconnaître la nature spirituelle de l’univers. Préserver l’étincelle de sa liberté individuelle n’empêche pas de reconnaître les lois universelles et de s’y soumettre.

Revue Undercover.


samedi 24 janvier 2026

Les Rothschild font l’éloge de Trump après le coup d’État au Venezuela – l’un des derniers pays sans banque centrale Rothschild






par Baxter Dmitry


Un événement qui a suscité l’étonnement dans les médias alternatifs : des membres de la puissante dynastie bancaire Rothschild ont publiquement félicité le président Donald Trump après l’intervention militaire au Venezuela.

Nat Rothschild, PDG du groupe Volta et héritier éminent de l’empire financier Rothschild, a adressé ses félicitations à Trump suite à l’action militaire américaine visant le gouvernement et le système financier vénézuéliens.

La portée de cette déclaration est indéniable : le Venezuela est l’un des rares pays au monde à avoir historiquement résisté à l’instauration d’un système bancaire central de type occidental contrôlé par les Rothschild.

Pendant des années, l’indépendance financière du Venezuela en a fait la cible de sanctions, de tentatives de changement de régime et d’une guerre économique.

Aujourd’hui, après l’intervention directe des États-Unis, les observateurs notent que les éloges de personnalités du secteur bancaire semblent confirmer des soupçons persistants quant aux véritables bénéficiaires des «campagnes de libération» étrangères.

Les propos de Dame Hannah Rothschild, héritière de la famille Rothschild, alimentent encore davantage la controverse. Elle a en effet affirmé qu’aucune guerre majeure n’est menée – et qu’aucun chef d’État ne prend de décision – sans l’aval de la famille Rothschild.

Si les médias traditionnels rejettent ces affirmations comme relevant du complotisme, les critiques soutiennent que l’histoire de l’expansion des banques centrales après les guerres raconte une tout autre histoire.

Pour les sceptiques, l’opération au Venezuela ressemble moins à une libération qu’à une opération coercitive – un avertissement aux nations qui tentent d’opérer en dehors de l’ordre financier international.

Le rôle de Trump, autrefois perçu comme antimondialiste, est aujourd’hui réévalué par ceux qui estiment que le véritable pouvoir ne réside ni dans les élections ni dans les présidents, mais dans des dynasties financières non élues opérant au-delà des frontières nationales.

Coïncidence ou confirmation, le message est clair pour beaucoup : défiez le système bancaire, et le système finira par riposter.

Source : VT Foreign Policy via Marie-Claire Tellier via RI




vendredi 23 janvier 2026

LES HUMANITÉS CLASSIQUES : Ce qu'on vous a volé




Bertrand Dutheil de la Rochère explique pourquoi les humanités classiques ont été méthodiquement détruites en France.

"J'ai beaucoup mieux compris pourquoi on a méthodiquement détruit les humanités classiques. Parce qu'en réalité, quelqu'un qui a fait des humanités classiques se reconnaît très facilement à travers votre livre." (Pierre Yves Rougeyron)

Qu'est-ce que les humanités classiques ?

Le système éducatif basé sur l'étude approfondie du latin, du grec, de la philosophie antique et de l'histoire romaine. C'est ce qui a formé l'élite française pendant des siècles et qui permettait de comprendre profondément notre identité latine et républicaine.

Pourquoi c'était si important ?

Seuls 2 grands pays au monde ont vraiment eu ce système de formation :

- La France.
- Une partie du système d'élite britannique (Oxford validait même en français il y a quelques années !)

Les humanités classiques vous permettaient de comprendre immédiatement :

- Nos racines romaines ;
- Notre héritage républicain ;
- Notre différence avec le monde germanique ;
- Notre génie propre en tant que peuple

Une destruction méthodique

"Pour ma génération, on tombe des nues quand on voit ce qu'on nous a volé. Je suis de 86. Je n'imagine pas ce qu'on va voler à celle de mes enfants."

Cette destruction n'est pas un accident. C'est une volonté de DILUTION. Sans les humanités classiques, les Français ne se reconnaissent plus, ne comprennent plus d'où ils viennent, ne savent plus qui ils sont.

"Les humanités classiques ont été tellement importantes dans la fondation de l'homme français pendant des décennies, voire des siècles. Il y a eu une volonté de dilution." Comprendre ce vol, c'est comprendre pourquoi nous sommes perdus aujourd'hui.

Interview complète :


L'identité Res-publicaine de la France

de Bertrand Dutheil de la Rochère


Fascinée par les nations germaniques, la France les suit tels les enfants de Hamelin derrière le joueur de flûte. Elle les érige en modèle au détriment de sa culture latine. Or, l’économique, le politique et l’éthique réagissent, dans chaque culture, l’un sur les deux autres de manière spécifique. Pour sortir de son déclin, la France doit adapter son génie national tel qu’il s’est exprimé au cours de l’histoire.

La France, s’est affirmée par le gallicanisme, a développé son économie par le colbertisme, a uni sa société par une centralisation jacobine, a construit son État par une éthique janséniste. Le comprendre est un préalable à son adaptation au monde tel qu’il devient pour qu’elle y trouve toute sa place.



jeudi 22 janvier 2026

Les Gnostiques, libertaires de l'absolu



The False God of This World


La gnose apparaît dans l’histoire dès les premiers siècles du christianisme, prêchée par un personnage que mentionnent les Actes des Apôtres du nom de Simon le Mage. On y trouve déjà les principes essentiels qui la caractérisent : la création du monde est l’œuvre d’un faux Dieu, le vrai Dieu est inconnu de l’homme, le monde n’est là que pour le séparer de Lui. Pour Simon le Mage, le seul moyen pour l’homme de briser l’illusion du monde et d’atteindre à la plénitude est de vivre librement ses désirs. Le désir, sous toutes ses formes, est la seule part divine qui réside en l’être humain. Il y apparaît sous sa forme physique — par le sang et la semence — et sous sa forme psychique, par ce feu, cette étincelle déposée par Dieu. C’est donc en le développant, en l’intensifiant, en l’exprimant totalement, que l’homme aura des chances de retourner à son origine. L’union des âmes et des corps, voilà pour Simon la gnose et la voie du salut. Lui-même pratiquait l’une et l’autre avec application. 

Il parcourait les routes de Samarie et d’Anatolie en compagnie d’une femme du nom d’Hélène, ancienne prostituée découverte dans un bouge de Tyr et qui était, selon lui, la sagesse suprême descendue du ciel, sur la terre. Des disciples ne tardèrent pas à se former autour du couple, vivant en union libre et pratiquant probablement des exercices ascétiques qui leur conférèrent certains pouvoirs. Les Actes des Apôtres mentionnent les « prodiges » que le couple opérait. Les légendes qui circulèrent par la suite sur la mort de Simon le Mage attestent elles aussi la fascination ambiguë exercée par ce personnage — mage ou sage, on ne sait — : il se serait élevé vers le ciel et aurait chu à la suite d’une intervention de l’apôtre Pierre, jaloux de ses pouvoirs. 

Mais c’est surtout au siècle suivant, au second siècle donc, que le gnosticisme connut son plein épanouissement. De nombreux maîtres prêchèrent à Alexandrie et les sectes y connurent une floraison inespérée, Basilide, Valentin, Carpocrate sont les trois plus connus d’entre eux. Ils prêchaient et écrivaient en grec et recrutèrent, parmi les milieux hellénisés de la ville, un nombre important de disciples.

Ce qui les caractérise, c’est avant tout leur immense érudition. Ils possèdent à fond les philosophes grecs, la Bible, les auteurs orientaux, les textes hermétiques. Pour eux, l’histoire de l’humanité est celle des errances de l’homme, c’est une histoire de ténèbres, un devenir aveugle où seuls quelques illuminés perçurent la vérité et l’existence du Dieu caché. C’est pourquoi ils empruntèrent indifféremment aux philosophes grecs comme Platon, Pythagore, Aristote, à des figures mythiques comme Orphée, Prométhée, Hermès ou Seth, à tel ou tel texte d’auteur hermétiste, les éléments de leur vision du monde...

Cette vision s’exprime à travers les mythes étonnants [...] mais avec un tel luxe de détails, une telle foule d’Eons, d’archontes, d’entités sublunaires, supralunaires, cosmiques et hypercosmiques que leur cosmologie apparaît comme une tragédie fantastique et complexe qui aboutit à la naissance prématurée, involontaire de l’homme. Certains auteurs chrétiens se sont gaussés à juste titre du caractère confus, parfois inextricable, de leurs spéculations. Mais derrière ces constructions savantes perce une exigence profonde, un désir intense de saisir, jusque dans ses rouages les plus ténus, le mécanisme de l’erreur primordiale, les raisons de la solitude et de l’angoisse humaines.

Les trois états de l’homme


Et leur implication est nette : il faut briser les lois du monde, refuser de collaborer au devenir d’une matière corrompue, d’un temps vicié dans sa substance, d’un espace contaminé par la présence du faux Dieu. Il faut violer toutes les lois du monde, stopper l’engrenage fatal, démanteler l’édifice organique et mental de l’homme, pour le réveiller de son inertie asphyxiante, de ce sommeil de l’âme au sein duquel il est plongé depuis son origine. Bref, pour reprendre une expression connue, pratiquer un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens, mener, en tous domaines, une contre-vie.

Pour Valentin, les étapes de cette libération passent par trois stades. Le premier est celui de l’homme matériel, l’homme hylique, attaché aux plaisirs et aux biens de ce monde, qui vit dans l’inconscience et dont la seule issue possible est le néant. Rivé à la terre, faute d’avoir acquis en ce monde la conscience de son véritable état, il y retournera inéluctablement à sa mort. 

Le second, c’est celui de l’homme psychique, qui, par la voie des philosophies, de certaines religions comme le christianisme, et d’une ascèse appropriée s’est dégagé partiellement de la gangue corporelle. Il a acquis un principe pensant, une psyché mais faute de posséder la gnose, il demeure étranger à la vérité. Cet état est celui des Chrétiens, notamment, dont l’âme, après la mort, sera contrainte d’errer dans les espaces sublunaires, loin du vrai Dieu. 

L’ultime état, c’est celui que seul peut obtenir la gnose, celui de l’homme pneumatique, c’est-à-dire détenteur de l’esprit, du pneuma divin. Il est alors totalement affranchi de tous les liens avec la matière de ce monde, car selon les propres termes de Valentin, il a « tué en lui la mort » et il « est devenu un être indestructible ».

Cette sotériologie rend un son familier. Ces principes, les Gnostiques ne furent pas les seuls à les proclamer et l’on peut retrouver, dans le tantrisme indien, notamment, une attitude très proche. Mais ce qui caractérise l’attitude gnostique et lui confère un sens très particulier, ce sont les méthodes, les techniques libératrices que certains ont prônées pour parvenir à l’état pneumatique. Car le problème est simple et il exige, pour être résolu, un peu de logique et beaucoup de courage. Pour échapper au mal, l’ascèse est. une voie possible mais elle n’est pas la seule. 

La voie la plus radicale consiste justement, pour dominer le mal, à en épuiser la substance, à le pratiquer systématiquement pour rendre aux maîtres de ce monde, le tribut qui leur est dû et s’affranchir ainsi de leur tutelle. Idée singulière mais qui repose sur un principe logique, celui d’une ascèse homéopathique : lutter contre le mal avec ses propres armes. 

Carpocrate, un gnostique d’Alexandrie, enseigne donc que la libération de l’homme ne peut se faire qu’en violant systématiquement toutes les lois de ce monde. La première, c’est la loi de division, de séparation, de fragmentation qui émiette et multiplie les supports matériels du mal. Il faut vivre en communauté, créer une conscience collective contre l’ennemi commun. La seconde, c’est l’attachement aux biens du monde, l’appropriation de ses richesses qui fragmentent l’unité première et perpétuent l’injustice. Il faut donc refuser la propriété, pratiquer la communauté des biens. La troisième, ce sont les institutions scandaleuses et aliénatrices du mariage, de la famille, de l’Etat, des églises, qui consolident la fragmentation, pétrifient le libre échange, la libre communion des corps et des âmes. Il faut donc pratiquer l’union libre et la communauté des femmes. La dernière enfin — et la plus redoutable — ce sont les interdits qui pèsent sur le sexe — le conditionnement de l’amour, la prohibition de la sodomie, de l’inceste, l’incitation à la procréation qui, toutes, détournent le désir de sa vraie voie. On pratiquera donc l’inceste, la sodomie, le coïtus interruptus pour éviter la fécondation et, en cas « d’accident », l’avortement.

De tous les enseignements gnostiques, c’est évidemment ce dernier domaine qui devait provoquer, chez les Chrétiens, la fureur et la consternation. Cette incitation à l’union libre, ce « viol » du mariage, ce refus de l’amour en tant que sentiment et cette exaltation de l’éros en tant que feu divin, bref, cette révolution totale pratiquée sur et par le sexe, devaient conférer à certains gnostiques une réputation qui ne les quittera plus et dont on perçoit aujourd’hui encore, l’écho horrifié dans les ouvrages contemporains. 

Jacques Lacarrière. Revue Planète.



mercredi 21 janvier 2026

Macron à Davos




« Ce n’est pas le moment pour un nouvel impérialisme ou un nouveau colonialisme », a donc déclaré Emmanuel Macron à Davos, temple feutré de la mondialisation heureuse, entre deux panels sponsorisés et trois cocktails de dirigeants.

Un instant de grâce. Ou plutôt un instant de théâtre. Car entendre le président français donner des leçons contre le colonialisme, c’est un peu comme écouter Total expliquer la décroissance, ou la BCE parler d’austérité budgétaire… pour les autres.

La France, ex-puissance coloniale… mais jamais vraiment ex

Officiellement, Paris jure ses grands dieux que la Françafrique est morte. Emmanuel Macron l’affirmait déjà à Ouagadougou en 2017 :

« Il n’y a plus de politique africaine de la France. » (Discours de Ouagadougou, 28 novembre 2017)

Fin de l’histoire, rideau, applaudissements. Sauf que, sur le terrain, les pratiques ont la vie dure. Le franc CFA, par exemple, ce vestige colonial toujours arrimé au Trésor français. Bruno Le Maire reconnaissait sans détour en 2019 :

« La garantie de convertibilité du franc CFA est assurée par le Trésor français. » (Ministère de l’Économie, décembre 2019)

Autrement dit : indépendance monétaire… sous surveillance parentale.

Bases militaires, influence politique et morale à géométrie variable

Côté militaire, Paris n’est pas en reste. Le ministère des Armées rappelle fièrement :

« La France dispose de forces de présence et de bases permanentes en Afrique. » (Ministère des Armées, dossier officiel « Forces prépositionnées)

Mais rassurez-vous, ce n’est pas de l’impérialisme. C’est de la stabilité, de la coopération, de la sécurité partagée. Les mots changent, les cartes restent.

Quand des États africains tentent de s’en affranchir, la réaction est souvent la même : menaces voilées, sanctions économiques, pressions diplomatiques… puis indignation morale quand ces pays osent regarder ailleurs, vers Moscou, Pékin ou Ankara.

Le colonialisme, c’est mal… sauf quand c’est stratégique

À Davos, Macron condamne donc les « nouveaux impérialismes ». Mais lesquels ? Certainement pas ceux qui passent par la dette, l’accès conditionné aux marchés, les normes extraterritoriales ou les accords asymétriques.

La Commission européenne elle-même assume la logique de conditionnalité :

« L’accès au marché européen est un levier stratégique. » (Commission européenne, communication sur la politique commerciale) 

Impérialisme militaire ? Non.

Impérialisme économique ? Coopération.

Impérialisme normatif ? Valeurs universelles.

Là où il n’y a pas de gêne, il n’y a effectivement pas de plaisir

Macron parle de colonialisme comme un pompier pyromane parle de prévention incendie. Avec sérieux, gravité… et une mémoire très sélective.

Le problème n’est pas tant ce qu’il dit à Davos, après tout, le discours est élégant, mais ce qu’il oublie soigneusement de mentionner : la continuité des rapports de domination sous des habits technocratiques, propres et présentables.

En résumé, à Davos, Emmanuel Macron ne combat pas le colonialisme. Il en propose simplement une version modernisée, régulée, durable… et surtout acceptable pour les marchés. Un colonialisme sans colonies.

Brainless Partisans sur X


Du conditionnement toxique nihiliste à l’émancipation cathartique révolutionnaire



Par Khider MESLOUB


Nos véritables ennemis sont embusqués derrière notre propre conscience mécaniquement programmée à nuire à notre authentique être. Les premières Bastille à abattre sont enfouies en nous.

On ne voit dans la réalité que c’est qui confirme nos idées, nos préjugés. Autrement dit, la réalité sert à conforter nos pensées. À rassurer notre psyché. De là s’explique que, confrontés à l’analyse d’une même réalité, les points de vue varient en fonction de notre histoire personnelle et de notre culture, en un mot de notre conditionnement.

Notre mode de vie façonne nos perceptions, voire bâtit sa propre réalité. L’homme modèle la réalité à son image, élaborant ainsi sa propre réalité inflexible, intransigeante. De là vient que ses croyances conditionnent ses perceptions et ses actes. À l’échelle supérieure, autrement dit sociétale, dès lors que certaines croyances dogmatiques se propagent à un nombre croissant de membres de la société, elles constituent un terreau fertile au développement du sectarisme, des doctrines systématiques totalitaires, fondamentalistes.

De fait, nous évoluons dans une société qui formate nos conditions d’existence. De l’éducation jusqu’au travail salarié aliénant, en passant par les religions et les idéologies, toutes ces entités procèdent par conditionnement de l’esprit.

À notre époque marchande, pareillement la publicité participe à son niveau au modelage du cerveau par le matraquage permanent de clichés érigés en modèles de comportement à adopter et à reproduire afin de s’intégrer dans cette société consumériste. Société de l’apparence. Société du spectacle.

De même, la cinématographie et la télévision participent au conditionnement des représentations sociales. Sans oublier, internet, outil performant en matière de dépossession des personnalités.

Tous ces appareillages de conditionnement numériques, publicitaires et cinématographiques, omniprésents, contribuent à la pollution mentale. Tous ces instruments d’intoxication idéologiques favorisent la servitude volontaire. L’aliénation.

Somme toute, depuis le berceau jusqu’à la tombe, la culture dominante, par le formatage de l’éducation, par l’asservissement aux modèles économiques marchands, par la propagande médiatique endémique, façonne les mentalités. Aussi, par une forme d’accoutumance imperceptible, la majorité des membres de la société finit-elle par s’adapter aux multiples contraintes imposées par la société, tolère-t-elle inconsciemment la manipulation mentale, embrasse-t-elle avec ferveur l’idéologie dominante, quand bien même elle serait funeste, génocidaire.

On est là en présence d’un conditionnement toxique. À plus forte raison, certains membres de la société développent une réelle toxicomanie idéologique. Ils sombrent dans l’addiction aux croyances de leur société, en particulier dans les sociétés imprégnées par la religiosité, cette forme d’intoxication mentale millénaire.

De l’aliénation à la libération

Ils vivent dans une forme autistique doctrinale. Dans un univers intellectuel autarcique. Dans l’enfermement d’une pensée carcérale, d’une conscience asilaire, garrottée par une camisole mentale dogmatique. Ils ne conçoivent pas la perspective de vivre en dehors de leur société archaïquement préfabriquée, sans les valeurs dominantes de cette société culturellement étriquée. Pour eux, façonnés par la pensée magique, la croyance en leur société mythifiée est un principe de réalité intangible.

De façon générale, ces dernières décennies, la société moderne libérale a vécu une profonde mutation. Elle s’est amplement mondialisée et massivement informatisée. Cette mutation a bouleversé le mode de penser. Elle a favorisé l’apparition de convictions aveugles, le surgissement de croyances radicales et absolutistes, notamment au plan économique et religieux, illustrées par le libéralisme débridé et libertaire, l’islamisme liberticide et terrorisant, le judaïsme dévoyé par les sionistes fanatiques et génocidaires.

En outre, au plan de la réflexion, la pensée s’est sclérosée. Elle s’est figée dans la contemplation d’une réalité immuable, sacralisée. Une réalité impossible de remettre en cause, de transformer. Cette pensée statique du monde est l’œuvre de l’endoctrinement insidieux opéré par le capital par le biais de ses appareils idéologiques de conditionnement et de domestication, l’école et les médias. Par le conditionnement des représentations de la société, la perception de la réalité s’est radicalement modifiée, altérée. Entraînant la dépossession de soi, le dessaisissement de tout pouvoir sur nos conditions d’existence.

La prolifération de cette religion de la résignation se matérialise par la croyance en l’impossibilité de toute transformation sociale, de l’inaccessibilité à une société nouvelle socialement supérieure.

Ainsi, l’économie libérale actuelle modèle insidieusement la pensée. Si bien que chacun imprime à l’existence une valeur marchande. Le capital dirige le monde. Il s’incruste même dans la psychologie humaine, dans les rapports humains réduits à des échanges contractuels, à des relations d’intérêts.

Nous sommes entrés dans l’ère de la dépossession. Dépossession de soi. Dépossession de tous les pouvoirs au profit d’une oligarchie financière occulte minoritaire, dominant le monde, écrasant la vie. Avec la mondialisation totalitaire, matérialisée par les dérégulations économiques, les privatisations décisionnelles, les dirigeants étatiques sont eux-mêmes dessaisis de leur pouvoir sur l’économie et la finance. Aujourd’hui, dépourvus de tout pouvoir réel, ils sont réduits à remplir des fonctions honorifiques politiques, à gérer une économie mondialisée incontrôlable, monopolisée par la Puissance financière occulte.

En outre, à l’ère de la complexification des sociétés modernes et l’accélération des inventions, même les experts sont dépassés par les événements, par le développement accéléré de la société. Car incapables d’appréhender le système dans sa totalité dialectique, du fait notamment de l’hyper spécialisation de leurs savoirs, induite par la fragmentation délibérée de la Connaissance (phagocytée par le capital), l’émiettement de la Science (devenue vénale).
Du renversement de perspective dépend l’inauguration d’un horizon libérateur

À notre époque, les rapports marchands colonisent toutes les sphères de l’existence. Ils ont envahi le Temps et l’Espace. Le temps s’écoule au rythme de l’accumulation du capital, à une cadence financièrement vertigineuse. Le temps est soumis aux lois de la compétitivité et de la rentabilité. Même les fameux temps de loisirs sont devenus des phases de valorisation du capital. Pareillement, l’espace subit le même envahissement mercantile. Aucun espace n’échappe à l’exploitation financière du capital, jusqu’à l’air qu’on respire désormais monnayé.

Pour la majorité de la population, ces rapports marchands sont devenus un automatisme, un fonctionnement «naturel».

La réitération de ces automatismes mercantiles échappe à toute volonté. La récurrence de ces automatismes engendre l’accoutumance, créant des attitudes conservatrices n’autorisant aucun changement. Par ce mécanisme de servitude à ce système dominant, la pensée a abdiqué sa souveraineté réflexive, son esprit critique. La pensée s’est dépravée. Elle est devenue vénale.

Ironie du sort, chacun croit tout comprendre, sans prendre conscience qu’il ne cherche même plus à comprendre. Chacun est persuadé que ce qu’il voit et entend est la vérité absolue. Donc il s’agit de l’authentique réalité. Réalité qu’il convient donc d’apprendre aux autres par la persuasion, voire la contrainte.

Pour chaque bloc impérialiste dominant, toutes les valeurs émanant de cette réalité (société mystifiée), libéralisme, islamisme, sionisme, doivent être diffusées, obligatoirement partagées par tous les membres de la société. Aussi, l’intolérance s’insinue-t-elle dans chaque pensée, chaque comportement.

Quoi qu’il en soit, aussi longtemps que la société ne permet pas à chacun de ses membres de se réaliser individuellement, ne respecte pas la liberté de conscience et de penser de chacun, la tentation de soumission, d’oppression de la population demeure toujours envisageable pour les apprentis dictateurs, désireux de façonner le monde à leur image médiocre, névrosée, schizophrénique, pathologique, c’est-à-dire libérale, islamiste, sioniste, christianisme, bouddhiste. En résumé fasciste.

Longtemps, en raison de l’anxiété généralisée susceptible de se répandre par suite de l’éruption d’un bouleversement social révolutionnaire, une grande partie de la population refusait d’admettre le déclin du système capitaliste, son agonie. Mais, la crise économique systémique et la guerre génocidaire généralisée se sont chargées de modifier les croyances, leur perception. Avec l’accentuation de la crise et la généralisation des conflits armés, la fin du capitalisme est devenue envisageable. La croyance en son éternité s’est écroulée. Non sans quelques appréhensions et angoisses propres aux ères de fins du monde.

De là s’expliquent l’accroissement des comportements nihilistes, le développement de la confusion mentale généralisée, le surgissement du fanatisme, du fondamentalisme, du populisme, du repliement identitaire chauvin, des crispations ethniques et religieuses réactionnaires.

La mort a toujours suscité de l’angoisse, à plus forte raison quand elle concerne la civilisation capitaliste en voie d’extinction.

Du développement de pratiques sociales novatrices en matière de lutte de classes, découle la construction d’une société en rupture avec ce système marchand nécrosé en pleine décrépitude.

De la mise en œuvre de moyens de communication indépendants entièrement appropriés par la classe laborieuse organisée sous les auspices d’instances combatives innovantes (révolutionnaires), dépend la réussite du projet d’émancipation sociale.

De la libération de notre aliénation pathologique résulte la thérapeutique éclosion d’une originale appréhension de la société, une novatrice conception de l’existence. Et corrélativement, l’élaboration d’une vie commune autogérée au sein d’une communauté humaine universelle en rupture totale avec les catégories marchandes capitalistiques devenues incontrôlables et nuisibles socialement.

Aussi, est-il de la plus haute importance de dépasser les contradictions de ce système capitaliste mortifère par son anéantissement. Car, faute de transformation sociale radicale, les crises économiques dévastatrices récurrentes et les tensions guerrières permanentes inhérentes au système capitaliste (MPC), risquent de se propager, particulièrement en cette période de chaos «démocratisé» (sic), où le «chacun pour soi», doublé aujourd’hui par le «chacun chez soi» imposé par le capitalisme suicidaire-euthanasique, va s’achever dans une guerre barbare de tous contre tous… ce que la classe prolétarienne ne saurait accepter.

https://les7duquebec.net/archives/303383




mardi 20 janvier 2026

Trump propose un "Conseil de paix" concurrent de l'ONU mais totalement à sa main


Peace Council, gouvernance mondiale américano-sioniste ?


La Maison Blanche avait annoncé qu'en vertu du plan pour mettre fin à la guerre à Gaza soutenu par Washington, un Conseil de paix présidé par Donald Trump serait formé.

Depuis ce week-end, plusieurs pays ont commencé à dévoiler avoir reçu une invitation pour y participer, dont la France, l'Allemagne ou le Canada.

Mais aussi bien au-delà des alliés traditionnels des Etats-Unis, puisque le Kremlin a dit lundi que le président russe Vladimir Poutine avait été invité à "se joindre à la composition du Conseil de paix".

Mais le projet de "charte" révèle une initiative et un mandat bien plus vastes que la seule question de Gaza, et semble en faire un véritable substitut des Nations unies.

La mission

"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de ce texte envoyé aux États "invités" à y siéger.

Le texte de huit pages critique d'emblée les "approches et institutions qui ont trop souvent échoué", dans une allusion claire à l'ONU, et appelle à avoir "le courage" de s'en "écarter". Il souligne d'ailleurs "la nécessité d'une organisation de paix internationale plus agile et efficace".

Trump tout puissant

Donald Trump sera le "premier président du Conseil de paix", dont les pouvoirs prévus sont très étendus: il est seul habilité à "inviter" d'autres chefs d'État et de gouvernement à l'intégrer et peut révoquer leur participation sauf en cas de "veto par une majorité des deux tiers des États membres".

Aussi, son mandat ressemble à une forme de présidence à vie. Il peut se "désigner un successeur" à "tout moment", et ne peut être remplacé qu'en cas de "démission volontaire" ou d'"incapacité" constatée à l'unanimité du "conseil exécutif" de l'organisation, formé à sa propre discrétion.

Si les décisions sont prises à la "majorité des États membres", qui ont chacun "une voix", elles sont aussi "soumises à l'approbation du président", ce qui confère de facto un droit de veto à Donald Trump, qui a aussi la main sur l'agenda.

Ticket d'entrée

"Chaque État membre exerce un mandat d'une durée maximale de trois ans à compter de l'entrée en vigueur de la présente charte, renouvelable par le président.

Ce mandat de trois ans ne s'applique pas aux États membres qui versent plus d'un milliard de dollars comptant au Conseil de paix au cours de la première année suivant l'entrée en vigueur de la Charte", ajoute le texte, sans plus de précisions.
Quels pays?

La Maison Blanche n'a pas publié la liste des pays invités. Plusieurs capitales ont elles fait savoir que leur dirigeant avait reçu un carton d'invitation, sans forcément dire s'il comptait l'accepter ou non.

Donald Trump a confirmé lundi soir avoir invité son homologue russe Vladimir Poutine à rejoindre le "Conseil". Moscou a ainsi dit vouloir "clarifier toutes les nuances" de cette proposition avec Washington avant de se prononcer.

La France "ne peut donner suite" à ce stade, a indiqué lundi soir le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot, tandis que le gouvernement allemand a exprimé la nécessité de se "coordonner" avec ses partenaires.

En réponse au refus de Paris, M. Trump a menacé lundi soir d'imposer des droits de douane de 200% sur les vins et champagnes français.

Parmi les autres pays qui ont communiqué sur l'invitation à leur dirigeant figurent l'Italie, la Hongrie, l'Albanie, l'Argentine, le Brésil, le Paraguay, l'Égypte, la Jordanie, la Turquie, la Grèce, la Slovénie, la Pologne ou encore l'Inde.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a aussi été invitée et réserve sa réponse, a déclaré lundi un porte-parole à Bruxelles.

Le roi du Maroc rejoindra le conseil en tant que "membre fondateur", a pour sa part indiqué la diplomatie marocaine.

Quand ?

Selon la "charte" du "Conseil de paix", elle est censée "entrer en vigueur" quand seuls "trois Etats" l'auront signée.


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Le "Conseil de la paix" de Trump: la prémisse de "l'organisation des 70 nations"?





Le Sanhédrin naissant, dont le porte-parole est le rabbi Hillel Weiss, a lancé une initiative appelée "Organisation des 70 Nations" inspirée directement du concept biblique des 70 nations (les descendants de Noé, symbolisant l'humanité non juive).

Objectif déclaré: Créer un forum international alternatif à l'ONU, basé à Jérusalem, basé sur des principes bibliques (notamment les 7 lois noahides pour les non-Juifs et la création d'une "Cour divine internationale").

Le rabbi Hillel Weiss et le Sanhédrin considèrent l'ONU comme biaisée (surtout anti-israélienne), inefficace pour la vraie paix, et déconnectée des valeurs morales universelles. Ils prônent une vision alternative, soit un "comité" ou assemblée des 70 nations pour promouvoir la paix mondiale, la justice, la repentance collective, et reconnaître le rôle central de Jérusalem et du Temple comme "maison de prière pour toutes les nations".

La paix mondiale passerait par l'acceptation inconditionnelle des lois noachides, de la souveraineté juive sur le Mont du Temple et en reconnaissant Israël comme lumière pour les nations.

C'est à l'intérieur d'une vision messianique et prophétique qu'une réforme radicale de l'ONU est souhaitée, une structure biblique centrée sur Jérusalem qui symboliserait une ère de rédemption mondiale.



Si Donald Trump se souciait réellement du sort de la population américaine...

 



Le fentanyl « drogue du zombie » qui ravage les États-Unis ne provient ni du Venezuela ni de la Colombie. Il est avant tout issu de circuits implantés sur le continent nord-américain, où il est transformé, distribué et vendu à grande échelle.

Si Donald Trump se souciait réellement du sort de la population américaine, pourquoi ne s’attaque t-il pas en priorité aux réseaux et cartels opérant sur le sol américain et responsables de cette catastrophe sanitaire ?

La réalité est qu’il défend avant tout les intérêts des plus riches, il concentre ses offensives sur des États producteurs de pétrole afin de s’approprier leurs ressources et d’en faire bénéficier les élites économiques qui l’ont porté au pouvoir.




lundi 19 janvier 2026

Cagliostro



Il est intéressant de noter que Éliphas Lévi dans son livre « The History of Magic » (L'histoire de la magie) a attribué au comte de Cagliostro l'établissement de la Maçonnerie Égyptienne sur le Vieux Continent. Il est en effet le fondateur du rite de Misraïm ou Égyptien, qui s'occupe essentiellement de recherches ésotériques ; mais Cagliostro a également joué un rôle essentiel dans la propagation de la Maçonnerie cabalistique.


Occultisme en Franc-maçonnerie 
Le Rite Égyptien de Memphis Misraïm (par Cagliostro)




Éliphas Lévi a accusé Cagliostro d'avoir déshonoré l'Ordre et affirme dans son livre que celui-ci utilisait la magie pour le culte d'Isis en hypnotisant des jeunes filles pour en faire des prêtresses.

« Cagliostro était l'agent des Templiers, aussi écrivait-il dans une circulaire adressée à tous les francs-maçons de Londres, que le temps était venu de mettre la main à l'œuvre pour reconstruire le temple de l'Éternel. Comme les templiers, Cagliostro s'adonnait aux pratiques de la magie noire, et pratiquait la science funeste des évocations ; il devinait le passé et le présent, prédisait l'avenir, faisait des cures merveilleuses et prétendait aussi faire de l'or.

Il avait introduit dans la maçonnerie un nouveau rite qu'il nommait rite égyptien, et il essayait de ressusciter le culte mystérieux d'Isis. Lui-même, la tête entourée de bandelettes et coiffé comme un sphinx de Thèbes, il présidait des solennités nocturnes dans des appartements pleins de hiéroglyphes et de flambeaux. Il avait pour prêtresses des jeunes filles qu'il appelait des colombes, et qu'il exaltait jusqu'à l'extase pour leur faire rendre des oracles au moyen de l'hydromancie (...)

Cet adepte n'est cependant pas sans importance dans l'histoire de la magie ; son sceau est aussi important que celui de Salomon, et atteste son initiation aux secrets les plus relevés de la science. Ce sceau, expliqué par les lettres kabbalistiques des noms d'Acharat et d'Althotas, exprime les principaux caractères du grand arcane et du grand œuvre.»

(Source : MK, 2016)

Alexandre Lebreton 


dimanche 18 janvier 2026

Ce qu'on nous cache sur les manifestations en Iran dans les médias...

 

Images étonnantes et spectaculaires... que vos médias vous cachent aujourd’hui. Regardez ces « manifestants pacifiques » équipés de fusils, mitrailleuses, kalachnikov et coordonnés par satellite avec Tel-Aviv, Washington... Et Paris ?

« Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire », dénonçait il y a 25 ans un journaliste réputé de France 2. L’histoire se répète, explique Michel Collon dans La Minute Michel #90.