samedi 13 juin 2026

La chute d'Étienne Klein, "le pape des anti complotistes"



Salim Laïbi :


"Etienne Klein le guru de la Doxa scientifique, le pape des anti complotistes, le dieu vivant des zététiciens, n'est qu'un vulgaire escroc. L'université Paris Cité lui a retiré son doctorat, interdit de le représenter, pour avoir plagié 2/3 de sa thèse ! Rappel : il plagiait aussi ses chroniques radios, ses livres..."


Étienne Klein : l’effondrement d’une icône de la science face au plagiat

Le couperet est enfin tombé pour Étienne Klein, figure incontournable de la vulgarisation scientifique française. L’Université Paris-Cité a officiellement retiré son doctorat en philosophie des sciences au célèbre physicien (c’est Arrêt sur images qui a publié un papier exhaustif dénonçant cette supercherie). Cette décision historique sanctionne des plagiats massifs découverts dans sa thèse soutenue en 1999, il est question des 2/3 de son travail ! Pour ce brillant orateur, habitué à pourfendre le complotisme sur les plateaux, le choc est terrible. Le grand public découvre aujourd’hui la chute d’un homme qui incarnait l’éthique et la vérité scientifique !

Pourtant, ce scandale académique ne constitue pas un acte isolé mais l’aboutissement d’une longue dérive. Dès 2016, le magazine L’Express révélait de nombreux « copier-coller » d’écrivains célèbres dans ses livres à succès sur Einstein. Ces révélations lui avaient déjà coûté la présidence de l’Institut des hautes études pour les sciences et la technologie. Plus tard, en 2021, la directrice de la revue Sciences et Avenir dénonçait d’autres emprunts frauduleux. Ces appropriations textuelles s’étaient glissées dans un ouvrage ironiquement consacré à l’intégrité académique.

Face à la tempête, la défense du physicien a profondément décontenancé ses pairs et ses admirateurs. Le chercheur a d’abord crié au complot (sic) orchestré par des confrères jaloux de sa réussite médiatique. Ensuite, il a évoqué des erreurs informatiques ou des souvenirs inconscients gravés dans son cerveau après une maladie. Ces explications baroques, risibles et aussi indignes que ses plagiats, n’ont pas suffi à convaincre la commission d’enquête ministérielle ni les autorités universitaires. Son refus obstiné de démissionner a finalement poussé les institutions à prononcer cette destitution historique.

Désormais, cette affaire jette le discrédit sur l’ensemble de la communauté scientifique et surtout médiatique. Cette dernière a le chic de bien choisir ses intervenants ! Voir un tel défenseur de la rationalité utiliser les mêmes biais que ses opposants s’avère dévastateur.

Ce séisme textuel redéfinit ainsi les frontières de la confiance entre les scientifiques et les citoyens. La science française perd ici son plus bel avocat, victime de ses propres contradictions. Que dire des zététiciens et autre fact-checkers stupides qui s’appuyaient sur lui pour combattre les dissidents politiques !

Complicité médiatique évidente

On parie que les médias vont continuer à l’inviter encore et encore malgré cette déchéance car ces gens n’ont aucune dignité ! Faut-il rappeler que lorsqu’il a été confondu pour plagiat en 2016 par L’Express et qu’il a dû quitter la présidence de l’IHEST, cela ne l’a pas empêché de continuer à animer sa chronique sur France Culture, de publier des livres à succès et d’être invité partout.

Il sera donc très révélateur d’observer son agenda médiatique dans les prochaines semaines. Est-ce que ce retrait de doctorat sera la ligne rouge de trop, ou est-ce que l’habitude d’inviter « le bon docteur Klein » sera la plus forte ? Les paris sont ouverts.





L’IA peut désormais voler votre visage, votre voix, votre argent… et demain peut-être votre réalité




Deepfakes, clonage vocal, escroqueries émotionnelles, falsification industrielle du réel : l’humanité entre dans l’âge du doute absolu.

L’humanité vient peut-être d’entrer dans l’une des périodes les plus dangereuses de toute son histoire intellectuelle, non pas parce qu’une nouvelle bombe aurait été testée dans un désert militaire, non pas parce qu’un empire aurait officiellement déclaré la guerre à un autre, non pas parce qu’un missile hypersonique aurait traversé un océan, mais parce qu’une technologie silencieuse, invisible, accessible depuis un simple ordinateur personnel ou même un téléphone portable, commence progressivement à attaquer ce qui permettait encore aux sociétés humaines de tenir debout : la possibilité minimale de distinguer le vrai du faux.

Pendant des siècles, les civilisations ont vécu avec une certitude presque instinctive : voir était croire, entendre était croire, reconnaître une voix, un visage, une image ou un témoignage suffisait encore à établir un socle élémentaire de vérité. Même lorsque les hommes mentaient, même lorsque les propagandes existaient, même lorsque les régimes manipulaient l’information, il restait encore une résistance naturelle du réel. Une photographie représentait quelque chose ayant existé. Une voix appartenait encore à un être humain identifiable. Une vidéo constituait encore une preuve relativement solide. Cette époque est probablement en train de mourir sous nos yeux.

Car l’intelligence artificielle ne représente plus seulement une révolution technologique ; elle devient progressivement une révolution cognitive capable de pénétrer directement les mécanismes psychologiques par lesquels les êtres humains construisent leur perception du monde. Voilà le véritable basculement. Voilà le danger civilisationnel.

L’IA ne se contente plus de calculer, elle imite, clone, simule, reproduit, manipule. Elle apprend désormais à parler comme nous, à écrire comme nous, à sourire comme nous, à séduire comme nous, à raisonner comme nous et parfois même à mentir mieux que nous-mêmes.

Hier encore, fabriquer une fausse vidéo crédible exigeait des studios spécialisés, des budgets importants, des logiciels complexes et des équipes techniques expérimentées. Aujourd’hui, quelques secondes d’enregistrement vocal récupérées sur WhatsApp, TikTok, Facebook ou YouTube suffisent parfois pour reproduire une voix avec un réalisme glaçant. Quelques photographies publiques permettent déjà de générer de faux appels vidéo presque impossibles à distinguer du réel. Quelques traces numériques suffisent désormais pour fabriquer une identité artificielle complète.

Nous entrons dans l’ère des IArnaques et le mot lui-même paraît presque dérisoire face à l’ampleur du phénomène qui commence.

Car l’IA ne modernise pas simplement les anciennes escroqueries ; elle industrialise le mensonge. Là où l’escroc classique devait convaincre une victime une par une, l’intelligence artificielle permet désormais de produire à très grande échelle des milliers de faux profils sentimentaux, de faux conseillers bancaires, de faux recruteurs, de faux médecins, de faux policiers, de faux militaires, de faux journalistes, de faux investisseurs et bientôt peut-être de faux dirigeants politiques capables d’interagir en temps réel avec des millions d’individus simultanément.

Le crime change donc de dimension.

Autrefois, l’escroc travaillait, demain, l’escroc automatisera.

Autrefois, la manipulation avait un coût humain, demain, elle sera produite industriellement.

Autrefois, le faux restait approximatif, demain, le vrai lui-même devra prouver qu’il existe.

Voilà la rupture historique et en réalité, «demain c’est déjà maintenant»… Nous y sommes

Déjà, des personnes âgées reçoivent des appels reproduisant parfaitement la voix de leurs enfants prétendument accidentés ou kidnappés afin d’obtenir des virements immédiats. Déjà, des dirigeants d’entreprises perdent des millions à cause de faux appels vidéo imitant leurs collaborateurs. Déjà, des hommes et des femmes tombent amoureux d’avatars entièrement artificiels créés uniquement pour soutirer de l’argent. Déjà, des adolescents voient leur existence détruite par de fausses images intimes générées artificiellement. Déjà, des campagnes politiques sont contaminées par des vidéos truquées montrant des responsables déclarant des choses qu’ils n’ont jamais dites.

Et le plus inquiétant est peut-être ailleurs.

Le plus inquiétant est la destruction progressive de la confiance sociale elle-même.

Une civilisation fonctionne parce qu’il existe encore un minimum de réalité partagée. Nous croyons qu’un document administratif est authentique. Nous croyons qu’un appel provenant d’un proche vient réellement de ce proche. Nous croyons qu’une vidéo constitue une preuve. Nous croyons qu’une image montre quelque chose ayant réellement existé. L’IA commence précisément à fissurer cette infrastructure invisible de la confiance humaine.

Dans quelques années, un criminel pourra produire de faux témoignages vidéo parfaitement crédibles. Un ministre pourra nier une vidéo pourtant authentique en affirmant qu’il s’agit d’un deepfake. Une population entière pourra paniquer à cause d’un faux discours présidentiel diffusé au bon moment. Une guerre communautaire pourra être déclenchée par quelques vidéos synthétiques diffusées massivement sur les réseaux sociaux avant même que les autorités ne comprennent ce qui se passe. Une banque pourra être attaquée par des centaines de faux clients générés artificiellement. Une élection entière pourra être contaminée par des armées numériques produisant du faux en temps réel.

Et c’est précisément ici que l’Afrique doit ouvrir les yeux avant qu’il ne soit trop tard. Car les sociétés technologiquement fragiles sont toujours les plus vulnérables lors des grandes mutations historiques. Beaucoup de pays africains disposent encore de systèmes administratifs peu sécurisés, de populations faiblement formées aux risques cybernétiques, d’infrastructures numériques vulnérables, d’écosystèmes médiatiques saturés de désinformation et de systèmes bancaires parfois encore insuffisamment protégés.

L’IA pourrait alors devenir une arme de prédation massive contre les peuples les moins préparés. Et à partir de là, ni les autorités, ni les responsables politiques, ni les administrations, ni les médias, ni les entreprises, ni la société civile n’auront plus le droit de jouer au «nous ne savions pas». Tout le monde est désormais prévenu.

Les Malinkés disent qu’«un homme averti en vaut deux», mais dans le siècle qui vient, une confédération prévenue pourrait bien valoir un continent entier capable de survivre au chaos technologique qui s’annonce. Car lorsqu’un peuple connaît le danger et refuse malgré tout de s’organiser, il finit toujours par payer le prix de son propre aveuglement.

Et un autre adage malinké rappelle qu’en général, lorsqu’on quitte le village appelé «Je-m’en-fous», on arrive presque toujours directement dans le village voisin nommé «Si-je-le-savais». Hélas, l’Histoire numérique qui commence laissera probablement très peu de place aux regrets tardifs.

Le danger est d’autant plus grand que les êtres humains ont naturellement tendance à croire ce qu’ils voient et ce qu’ils entendent, alors même que leurs sens demeurent extraordinairement limités. Face à un simple petit chat, nous sommes presque des sourds-aveugles : il entend des fréquences que nous ne percevons même pas et voit dans l’obscurité plusieurs fois mieux que nous. Or le véritable problème de l’intelligence artificielle est peut-être précisément là : elle commence à évoluer dans une forme d’«obscurité du futur» que nos perceptions biologiques, notre intuition naturelle et nos réflexes psychologiques ne parviennent déjà plus à saisir correctement. Ce que nous appelons encore réalité pourrait bientôt n’être qu’un théâtre d’illusions techniquement parfaites.

Et l’IA attaque précisément cette faiblesse cognitive fondamentale. Elle sait désormais fabriquer des voix crédibles, des visages plausibles, des émotions artificielles, des documents presque indétectables, des faux raisonnements cohérents et même des simulacres de vérité suffisamment sophistiqués pour contourner les défenses naturelles du cerveau humain. Le danger n’est donc plus seulement technologique ; il devient anthropologique, psychologique, civilisationnel et peut-être même philosophique.

Car une société qui ne peut plus distinguer le vrai du faux devient une société que l’on peut manipuler à très grande échelle.

Autrefois, pour manipuler des masses entières, il fallait contrôler des télévisions, des journaux, des radios ou des appareils d’État. Désormais, un individu isolé avec un ordinateur puissant peut produire des contenus capables de tromper des millions de personnes. Le faux devient scalable. Et les criminels comprennent toujours très vite les opportunités technologiques.

Mais il serait également dangereux de sombrer dans une panique technophobe aveugle. L’IA n’est pas uniquement une menace. Elle est aussi une opportunité immense pour la médecine, l’agriculture, l’éducation, la cybersécurité, la recherche scientifique, la traduction, la productivité et l’innovation. Le problème n’est pas l’existence de l’outil ; le problème est l’absence de préparation collective face à ses usages criminels.

Comme toujours dans l’Histoire, la technologie avance désormais beaucoup plus vite que la morale, plus vite que le droit et parfois même plus vite que les États eux-mêmes.

Alors que faire ?

D’abord comprendre une vérité brutale : dans le monde qui vient, la naïveté numérique deviendra un danger vital. Il faudra apprendre à douter intelligemment. Vérifier systématiquement les demandes d’argent, même lorsqu’elles semblent provenir d’un proche. Exiger des mécanismes de vérification familiaux. Former massivement les populations aux risques numériques. Développer des cellules nationales de lutte contre les deepfakes criminels. Construire des systèmes capables de certifier l’authenticité des contenus. Intégrer l’éducation numérique dès l’école primaire.

Les États devront également comprendre que la cybersécurité n’est plus seulement une question militaire ; elle devient une question civilisationnelle. Car demain, protéger une nation ne signifiera plus seulement protéger ses frontières physiques. Il faudra aussi protéger ses données, ses systèmes financiers, ses administrations, ses infrastructures numériques, ses médias et même la stabilité psychologique de sa population. La bataille du futur sera aussi une bataille contre la falsification industrielle du réel.

Nous entrons dans un siècle étrange où les machines ne voleront pas seulement des emplois, mais aussi des identités, des réputations, des émotions, des certitudes et parfois même des réalités.

L’humanité avait déjà connu l’âge du mensonge politique, du mensonge médiatique et du mensonge publicitaire ; elle découvre maintenant le mensonge synthétique automatisé.

Et dans ce nouveau monde, une civilisation qui ne protège pas sa vérité risque bientôt de perdre bien plus que son argent : elle risque de perdre sa capacité collective à reconnaître le réel lui-même.

Dr. Eloi Bandia Keita

https://reseauinternational.net/lia-peut-desormais-voler-votre-visage-votre-voix-votre-argent-et-demain-peut-etre-votre-realite-2/


vendredi 12 juin 2026

"Ce n’est pas la servitude qui fait l’esclave, c’est l’acceptation de la servitude"




L’anarchiste, comme le chrétien n’acceptent pas la servitude. Bernanos le rappelle : "Ce n’est pas la servitude qui fait l’esclave, c’est l’acceptation de la servitude. Et il y a une chose, pire que l’acceptation de la servitude, c’est d’y conformer sa vie au point d’y trouver ses aises, et, finalement, de l’ignorer."

Le catholique a beaucoup à apprendre de l’anarchiste et de sa radicalité. Le refus de "la toute-puissance de l’État moderne", du "capital prédateur", causes de biens des maux actuels, n’a en effet pas été intégré par la plupart des disciples du Christ. Lesquels se contentent le plus souvent de mener une petite vie bien rangée et de voter à droite, sans faire trop de remous. Ni se remettre en question.

Or, c’est bien vers une remise en question que nous amène "l’anarchrisme", comme les auteurs de "AnarChrist", Jacques de Guillebon et Falk van Gaver, désignent l’anarchisme chrétien. Convoquant avec profusion des auteurs variés (Tolstoï, Thibon, Proudhon, Jünger, Rimbaud…), ce recueil de textes stimulants proposé par Van Gaver et Guillebon nous pousse dans nos retranchements. Ils nous disent : "Si vous êtes pour “une société libre, digne, décente, juste, humaine, communautaire, familiale, locale, villageoise, amicale, une vie libre, simple, naturelle, décente et digne d’être vécue”, alors vous êtes anarchistes." Quel chrétien, alors, ne serait pas anarchiste ?

C’est peut-être là que le bât blesse. Dans leur volonté louable de bousculer les paralysés de la remise en question, les auteurs se lancent en désordre dans la bataille. Le refus de donner une "définition doctrinale" de l’anarchie est commode, car il permet d’élargir sans limites le territoire des anarchistes chrétiens. Mais si tout le monde est anarchiste, personne ne l’est vraiment. Peut-être est-ce volontaire, mais à trop vouloir brouiller les pistes, on risque de s’y perdre soi-même…

En lisant ce livre, on pourrait avoir l’impression que nos deux "anarchristes" ne croient pas vraiment à ce qu’ils écrivent. Non que cela ne soit pas pensé ni mûri, mais cela semble frôler la posture, dans le sillage de la vigoureuse tradition des anars de droite. Posture qui permet de fustiger le bourgeois, ce dont, certes, on ne saurait trop se priver. Non ! l’enjeu est à mille lieues de l’esthétique. Il est d’abord intérieur. Quand Jésus dit être "venu en ce monde pour une remise en question" (Jn, 9, 1), sa révolution commence par une vraie conversion personnelle qui ne joue pas sur les mots.

Il reste que cet ouvrage est un monument d’érudition qui bouscule. Le chrétien réticent à se convertir à l’anarchisme y trouvera, malgré lui sans doute, des maîtres pour se convertir dans la recherche du bien commun, "pour la reconquête de nos dignités et de nos libertés". Creuser ce qui unit les hommes de bonne volonté est finalement la plus grande intuition d’ AnarChrist

François de Lens.

AnarChrist
Une histoire de l'anarchisme chrétien

Anarchiste et chrétien ? Une équation impossible ? Habitués aux clichés tardifs du type «ni Dieu ni maître», nous avons oublié que l'anarchisme, comme le premier socialisme d'ailleurs, doit au christianisme plus qu'à n'importe quelle autre doctrine ou philosophie. Jacques de Guillebon et Falk van Gaver nous plongent ici dans les eaux profondes de l'insoumission à l'ordre des hommes. Fleuve souterrain aux détours sinueux, l'anarchisme chrétien irrigue depuis deux siècles la vie politique et intellectuelle du monde. Loin du "catéchisme révolutionnaire" de Netchaïev, des bombes de Ravachol et des cavalcades de Makhno, tantôt orthodoxe et tantôt hérétique, cette anarchie religieuse fonde la pensée de la non-violence, inspire les arts modernes, engendre la critique conjuguée de l'État et du libéralisme. Les anarchistes chrétiens furent les premiers à s'élever contre un monde rapace livré à la technique. Pour eux, l'"ordre sans le pouvoir" est le dernier mot temporel des enfants de Dieu.

Jacques de Guillebon est l'auteur de plusieurs essais remarqués, dont "Nous sommes les enfants de personne" et "Frédéric Ozanam, la cause des pauvres". Falk van Gaver est l'auteur de l'essai "Le politique et le sacré" et du récit de voyage "Le chemin du Mont". Ils ont publié ensemble "Le nouvel ordre amoureux".


jeudi 11 juin 2026

Michael Heiser face au faux évangile des extraterrestres



Michael S. Heiser (1963- 2023) n’était ni un gourou en poncho vendant des pendentifs atlantes sur Internet, ni un animateur de chaîne YouTube filmé devant une étagère remplie de crânes de cristal luminescents. Non. Le personnage était bien plus sérieux, ce qui rend justement son intérêt pour les ovni intéressant. Né en 1963 aux États-Unis, Heiser, sur qui nous avons déjà rédigé des articles sur ce blog, a suivi une formation universitaire lourde en langues anciennes et en études bibliques. Il obtient un doctorat en Bible hébraïque et langues sémitiques à l’université du Wisconsin Madison, l’un des grands centres américains dans le domaine. Hébreu ancien, akkadien, ougaritique, textes du Proche Orient antique, c'est son dada : il passe des années plongé dans les civilisations bibliques, fouillant des bibliothèques poussiéreuses pendant que le reste du monde regarde des séries de science-fiction en s'empiffrant de pop-corn.

Heiser développe une obsession intellectuelle (que tout homme normalement constitué devrait nourrir à son tour) : le christianisme moderne a vidé la Bible de toute sa dimension surnaturelle. Dans beaucoup de milieux protestants américains, le monde biblique finit par se réduire à une sorte de morale familiale propre et bien repassée où Jésus ressemble à un conseiller conjugal distribuant des sourires apaisants dans des églises climatisées où l’on fredonne des niaiseries sentimentales. Mais quand Heiser relit les textes anciens dans leur langue originale, il découvre une réalité beaucoup plus sauvage. Des anges terrifiants ! Des puissances célestes rebelles ! Des entités inconnues ! Des visions cosmiques ! Des guerres invisibles entre puissances spirituelles ! Toute une cosmologie antique que le christianisme moderne a soigneusement transformée en décoration de calendrier religieux avec colombes pastel et versets motivants et patriotiques.

Cette plongée dans le surnaturel biblique l’amène vers un sujet que la plupart des théologiens actuels évitent en tremblant des genoux : les ovnis. À ce stade, Heiser refuse illico les deux caricatures habituelles. Il ne rejoint ni les sceptiques automatiques répétant « illusion d’optique » ou « mensonges» avant même d’avoir regardé le dossier, ni les illuminés sectaires et autres andouilles péremptoires persuadés que des extraterrestres vivent sous les pyramides ou au contact de moines tibétains télépathes. Il avance dans une zone beaucoup plus originale, plus dérangeante, plus intelligente aussi.

Heiser a étudié sérieusement toute l’histoire de l’ufologie moderne : Roswell, les rencontres rapprochées, les récits militaires, les phénomènes dits paranormaux associés aux apparitions, les expériences d’abduction prétendue... Un détail lui saute au visage : le phénomène ovni ressemble comme un frère aux manifestations spirituelles anciennes décrites dans toutes les cultures humaines. Au Moyen Âge, les gens voyaient des démons, des fées, des elfes, des processions infernales, des êtres lumineux. Aujourd’hui, l’homme moderne, vivant au temps de la conquête spatiale, des satellites et des fusées, voit des extraterrestres gris à grosse tête et aux yeux noirs en forme d'amande. Le décor change ; la mécanique demeure. Le surnaturel a opéré un glissement temporel, s'adaptant à notre époque technologique et futuriste.

Heiser rejoint les intuitions de Carl G. Jung, Jacques Vallée et John Keel : le phénomène ovni agit comme une intelligence adaptative qui prend le masque culturel le plus crédible pour chaque civilisation. Hier un démon ailé ; aujourd’hui un pilote interstellaire ! Même mystère, nouveau packaging. Cette idée fascine Heiser parce qu’elle rejoint le vieux monde biblique où l’humanité vivait entourée de puissances invisibles capables de tromper, séduire, manipuler.

Heiser ne croit pas à l’hypothèse extraterrestre classique. L’idée que des civilisations capables de traverser des milliers d’années-lumière passent leur temps à mutiler des vaches dans des fermes US lui paraît ridicule (on le comprend). Une intelligence maîtrisant le voyage interstellaire devrait posséder une avance technologique tellement gigantesque qu’elle nous apparaîtrait quasi divine, au lieu de se casser la figure dans le désert du Nevada comme un redneck à moto noyé dans la Budweiser tiède. Or les récits ufologiques ressemblent la plupart du temps à un mélange étrange entre paranormal frelaté, religion oiseuse et théâtre psychologique collectif. Les « entités » transmettent des messages spirituels vagues, lamentablement sans intérêt, elles causent d’évolution cosmique, de conscience universelle et de paix galactique avec l’air inspiré d’un coach de méditation californien qui n'a rien à dire.

Pendant deux siècles, l’Occident matérialiste a expliqué que les anges et les démons relevaient de la superstition médiévale, en s'en moquant, et sur quel ton. Puis soudain des millions de personnes ne croyant soi-disant plus à rien se mettent à croire à des entités invisibles capables de traverser les murs, les univers, de communiquer par télépathie, de provoquer des paralysies nocturnes, d’enlever des humains pour leur transmettre des révélations cosmiques (sans aucun intérêt, nous l'avons dit) ! Le démon revient donc triomphalement, mais maquillé en extraterrestre biologiquement minimaliste avec grand crâne gris et le regard humide d'un fonctionnaire galactique (et la même combinaison ridicule en aluminium recyclé pour toute la tribu galactique, comme dans un feuilleton canadien tourné avec trois projecteurs).

Heiser voit dans les ovnis moins une invasion martienne qu’une immense machine de brouillage spirituel adaptée à l’imaginaire contemporain. Le Moyen Âge recevait des apparitions démoniaques ; l’ère spatiale reçoit des visiteurs interdimensionnels. Il y a là-dedans une logique. Les formes changent mais le vieux besoin humain du sacré demeure intact.

Pendant ce temps, des pouvoirs politiques vivant de confusion et de propagande, des militaires prospérant dans l'opacité et le mensonge, des documentaires Netflix à deux ronds et des influenceurs YouTube sponsorisés par l'algorithme entretiennent le mystère avec le sérieux grandiose de prêtres modernes annonçant depuis cinquante ans que « les révélations arrivent bientôt »... Fake and Grey, comme dit Jay Dyer ! Toute l’ufologie contemporaine ressemble à une religion technologique où des adultes attendent le salut cosmique sous forme de PDF déclassifié du Pentagone, suspendus au bon vouloir de Trump ou d'un autre potentat, comme si la vérité ultime allait sortir d’une conférence de presse entre deux humiliations diplomatiques et une rafale de publications hystériques sur les réseaux sociaux. C'est digne d'une époque, comme disait René Guénon, de Grande Parodie.

Comme le Père Séraphim Rose, Heiser a noté que les « révélations » délivrées par les entités ovnis ressemblent toujours à une religion concurrente du christianisme. Les messages parlent d’évolution spirituelle, de conscience cosmique, de dépassement des religions traditionnelles, de divinité intérieure, d’unification planétaire, et tout le toutim. Jamais du péché, de la Croix, du Christ ressuscité, de repentance ! Jamais de Dieu !

Curieuse coïncidence, quand même, pour des êtres supérieurs, supposés détenir les secrets de l’univers depuis des millions d’années : même après avoir traversé les galaxies, les extraterrestres ne semblent diplômés qu'en développement personnel cosmique et méditation vibratoire ! Les visiteurs interstellaires traversent l’univers pour expliquer à Chantal, 54 ans, qu’elle doit écouter les chuchotements de son enfant intérieur, sous encens et musique d’ascenseur, avant de murmurer un mantra hindou entre deux tisanes ayurvédiques (détox).

Heiser voit dans le phénomène ovni une gigantesque entreprise de confusion religieuse taillée pour l’imaginaire contemporain. Les ovnis participent d’une vaste mystification spirituelle. Il s'agit d'une machine de désorientation métaphysique, d'une nouvelle forme de séduction spirituelle, formulée pour une civilisation fascinée par la technologie et l’espace et qui s'est détournée de Dieu.

L'objectif de ces manifestations ? Détourner le besoin religieux vers une mystique cosmique floue où le salut vient des étoiles au lieu du Christ. Au XXIe siècle, le surnaturel revient triomphalement, certes, mais maquillé en nain de science-fiction avec grands yeux noirs, uniforme moulant, jargon quantique imbitable, fréquence vibratoire, conscience galactique, méditation stellaire, portail dimensionnel, bracelets énergétiques, musique ambient sous synthétiseur cosmique et documentaire Amazon Prime à la clé.

Pas de doute : le démons ont su s’adapter au marché contemporain.

Paul-Éric Blanrue.

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mercredi 10 juin 2026

Edgar Cayce – Sa prophétie sur la Russie et la Chine se réalisera-t-elle ?



Le Prophète endormi avait fait des prédictions inhabituelles concernant le destin du monde

Après le sommet qui s'est tenu en début de semaine à Pékin entre le président Xi et le président Poutine, j'ai pensé qu'il serait intéressant de me pencher sur les prédictions faites il y a près d'un siècle par Edgar Cayce, un voyant américain, au sujet de la Russie et de la Chine.

Un clairvoyant est un type particulier de médium qui reçoit des informations par le biais d'images, d'intuitions, de visions ou de rêves. Dans le langage courant, on appelle « prophète » une personne dotée de telles capacités.

J'ai découvert le nom de Cayce dans un documentaire que j'ai vu sur la Grande Pyramide et le Grand Sphinx de Gizeh. Il y faisait des révélations étonnantes sur l'Égypte antique, qui se sont avérées exactes par la suite grâce à des archéologues.

Par curiosité, j'ai fait quelques recherches et j'ai lu des choses sur Edgar Cayce. C'était fascinant.

Edgar Cayce (18 mars 1877 – 3 janvier 1945) est né dans le Kentucky et décédé en Virginie. De son vivant, il était connu comme le « Prophète endormi » et comme le père de la médecine holistique.

Dans un état de sommeil quasi-transe qu'il s'était induit lui-même, Cayce a réalisé plus de 14 000 lectures documentées portant sur des diagnostics de santé, la réincarnation, les civilisations anciennes, ainsi que des prophéties sur le monde.

Malgré ses pratiques psychiques peu orthodoxes, il demeura un chrétien fervent toute sa vie et enseigna à l'école du dimanche. Aujourd'hui, son héritage est préservé par l' Association pour la Recherche et l'Éveil (ARE) à Virginia Beach.

Cayce livrait ses prédictions et ses lectures alors qu'il était dans un état de sommeil ou de transe induit, ce qui lui valut le célèbre surnom de « Prophète endormi ».

Il a dressé des descriptions détaillées de l'Atlantide et de la Lémurie, affirmant que l'Atlantide était une civilisation technologiquement avancée détruite il y a 12 000 ans. Nous y reviendrons.

Cayce a prédit de nombreux événements historiques futurs, des découvertes scientifiques et même des changements climatiques, notamment l'indépendance de l'Inde vis-à-vis de la domination britannique, le retour des Juifs au Moyen-Orient et le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

En février 1925 et de nouveau en mars 1929 (six mois avant le krach boursier), Cayce a explicitement mis en garde contre un « grand bouleversement dans les milieux financiers », conseillant à ses disciples de retirer leur argent du marché boursier.

En 1935, Cayce prédit un conflit mondial de grande ampleur où « Autrichiens, Allemands et, plus tard, Japonais » s'allieraient. Cette prédiction désignait avec exactitude les puissances de l'Axe cinq ans avant la signature officielle du Pacte tripartite en 1940.

Cayce a longuement parlé d'une secte juive secrète et mystique appelée les Esséniens et a prédit que leurs archives historiques seraient découvertes.

Deux ans après sa mort, en 1947, les manuscrits de la mer Morte furent découverts dans les grottes de Qumran, à l'est de Jérusalem, par un berger bédouin, confirmant ainsi ses descriptions détaillées de la secte.

Dans une lecture de 1927, Cayce affirmait qu'un jour viendrait où un diagnostic médical précis pourrait être établi à partir d'une simple goutte de sang. À l'époque, cela relevait de la science-fiction, mais aujourd'hui, nous connaissons des notions médicales fondamentales comme l'hématologie et les analyses sanguines.

Cayce avait prédit une restructuration et une convergence massives des technologies de communication mondiales. Des décennies plus tard, internet et les smartphones sont devenus partie intégrante de la vie moderne.

Cayce a même prédit d'importants changements cycliques dans les températures océaniques mondiales et les régimes météorologiques, décrivant en fait ce que les météorologues ont plus tard identifié comme les phénomènes climatiques El Niño et La Niña.

À la fin des années 1920 et dans les années 1930, Cayce a prédit qu'un déplacement des pôles magnétiques de la Terre commencerait aux alentours de l'an 2000.

Selon les données publiées par le Centre de vol spatial Goddard de la NASA, un changement mesurable dans le champ gravitationnel terrestre et l'alignement du noyau magnétique est effectivement apparu en 1998, rapprochant les pôles.

Cayce avait prédit que deux présidents américains en exercice mourraient en fonction au XXe siècle , ce qui s'est avéré exact avec la mort de Franklin Delano Roosevelt en 1945 et l'assassinat de John F. Kennedy en 1963.

Le 1er janvier 1945, Cayce annonça à ses proches qu'il serait enterré quatre jours plus tard. Il fut victime d'une attaque cérébrale et mourut deux jours plus tard, le 3 janvier. Ses funérailles se déroulèrent exactement comme il l'avait prédit.

Les lectures de Cayce sur le Moyen-Orient

Cayce décrivait souvent le Moyen-Orient (en particulier les régions entourant Israël, l'Égypte et la Syrie) comme un épicentre spirituel du monde.

Il a averti que la paix ou les conflits mondiaux refléteraient toujours l'état spirituel de cette région spécifique.

Dans ses lectures, les conflits physiques au Moyen-Orient étaient le reflet du conflit spirituel interne de l'humanité – plus précisément la lutte entre la cupidité (la mentalité de Bélial ) et l'unité (la mentalité de la Loi de l'Un ).

Il prédisait que la véritable paix mondiale ne se manifesterait que lorsque les peuples de ces terres reconnaîtraient leurs origines spirituelles communes, s'éloignant ainsi du contrôle racial, religieux ou purement matériel.

Dans ses 700 lectures sur l'Atlantide, Cayce décrit la chute de l'Atlantide comme le résultat d'une guerre entre les Fils de Bélial et les Enfants de la Loi de l'Un .

Dans la Bible hébraïque (Ancien Testament), Belial (בְּלִיַּעַל) signifie « sans valeur », « sans loi » ou « bon à rien ».

L'expression « Fils de Bélial » est utilisée à plusieurs reprises dans l'Ancien Testament pour décrire les Israélites qui se sont détournés de la loi de Dieu.

Dans 1 Samuel 2:12 , les propres fils du grand prêtre israélite Éli sont explicitement appelés « fils de Bélial » parce qu'ils ont abusé de leur autorité religieuse, volé des sacrifices et agi méchamment.

Dans le Deutéronome 13, Dieu avertit que si des « fils de Bélial » surgissent d'Israël pour entraîner les citoyens dans l'idolâtrie, ces villes doivent être détruites. Bibliquement, cela désigne une mentalité corrompue au sein du peuple d'Israël, lié par l'alliance.

Cayce prédisait-il le destin d'Israël et les guerres du Moyen-Orient à travers ses lectures sur l'Atlantide ?

Les prédictions de Cayce concernant la Russie et la Chine

Edgar Cayce n'a jamais mis les pieds en Chine ni en Russie . Il a passé toute sa vie à vivre et à travailler aux États-Unis, voyageant principalement entre le Kentucky, l'Alabama, l'Ohio, le Texas et la Virginie.

Cependant, la Chine et la Russie occupent une place très importante dans ses célèbres prophéties en état de transe.

Bien que ses voyages physiques se soient déroulés exclusivement à l'intérieur du pays, ses disciples pensent que ses lectures « astrales » ou mentales clairvoyantes lui permettaient de percevoir le destin global de ces nations lointaines.

La prophétie russe

Dans les années 1930 et 1940, Cayce prédit que la Russie finirait par se débarrasser du communisme et devenir un phare de la liberté.

Dans un discours prononcé en 1944, au plus fort de la Seconde Guerre mondiale et du régime oppressif de Joseph Staline, Cayce a fait une déclaration très contre-intuitive au sujet de l'Union soviétique.

Il a déclaré que « de Russie viendra l’espoir du monde ».

Cayce a clairement indiqué que cet espoir ne proviendrait ni du communisme ni du régime bolchevique. Il a plutôt décrit une Russie future, renaissante, fondée sur la véritable liberté et l'entraide, affirmant notamment qu'il s'agirait d'une forme de communauté où « chacun vivra pour son prochain ».

Il prédit que la Russie développerait un fondement spirituel basé sur les enseignements purs et pratiques du Christ – non pas une religion organisée, mais un socle de fraternité mondiale et de responsabilité collective.

La prophétie chinoise

Cayce a fait des déclarations tout à fait inattendues sur l'avenir spirituel de la Chine à une époque où le pays était profondément fracturé par un conflit civil.

Il prédit que la civilisation continuerait à se déplacer vers l'ouest et que la Chine deviendrait finalement « le berceau du christianisme, tel qu'il est appliqué dans la vie des hommes », c'est-à-dire un lieu où les principes spirituels seraient vécus dans des actions quotidiennes concrètes.

Cayce ne voulait pas dire que la Chine se convertirait aux structures ecclésiastiques occidentales et dogmatiques. Il voulait plutôt dire que le peuple chinois manifesterait concrètement la « conscience christique », en vivant avec une profonde compassion, de la miséricorde et une harmonie communautaire.

Il constata que le « péché » ou l'obstacle spirituel historique de la Chine résidait dans sa quiétude et son autosatisfaction (son isolationnisme). Il prédit qu'une fois que le peuple chinois aurait surmonté cette passivité et pris conscience de son potentiel, il progresserait rapidement.

Cayce a lié le destin de la Russie et de la Chine à un vaste cycle historique : L'attraction vers l'Ouest : Cayce affirmait que « le sommet de la civilisation se déplace de l'Occident vers le peuple chinois ». Selon lui, le leadership mondial suit une trajectoire ouest-américaine à travers la planète sur des millénaires – du Moyen-Orient à l'Europe, de l'Europe aux Amériques, et des Amériques à l'Asie et à la Chine.

Le déclin du matérialisme : alors que les nations occidentales luttent contre les conflits internes et les effets toxiques de l'hyper-matérialisme (l' archétype de Bélial ), le centre d'intérêt spirituel du monde se déplace.

Cayce considérait l'émergence d'une Russie libre et spirituelle et d'une Chine éveillée comme le contrepoids ultime à la cupidité mondiale.

Ensemble, ils sont censés ancrer l’« âge d’or » de l’humanité, prouvant que le succès technologique et économique doit être guidé par l’unité spirituelle.

Plutôt que de se concentrer sur la domination militaire, Cayce prédit que ces deux nations subiraient de profondes transformations internes pour faire sortir l'humanité du matérialisme et l'amener vers une nouvelle ère spirituelle.

Les prédictions d'Edgar Cayce sont profondément liées aux bouleversements mondiaux, car elles prévoient une inversion totale des dynamiques de pouvoir du XXe siècle, où le centre de la civilisation spirituelle et culturelle se déplace de l'Ouest vers l'Est.

Hua Bin 





Source : Substack

mardi 9 juin 2026

La cupidité et la perversité mènent le monde !



Ce sont deux concepts déviants, mais ultra présent malheureusement, chez nos « élites mondiales » qui, grâce à leur fortune, restent souvent intouchables.
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Avec leur idéologie morbide, issue d’un messianisme déformé et pernicieusement interprété, mais malheureusement accepté par une grande majorité, de contrôler le monde et d’empiler l’argent, ils n’hésitent pas à massacrer autrui, mais toujours sous les auspices d’une mission «divine» et donc dictée par un « dieu bienveillant ».
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Ils useront de toutes les justifications nécessaires pour vous faire croire du bien-fondé de leurs actes criminels. «Nous vous tuons et nous vous soumettons, mais c’est pour votre bien…» Cette idéologie, basée sur l’élitisme maladif, qu’il soit religieux ou pas, a pour conséquence depuis le 19e siècle d’avoir pour terrain de jeu la planète, de la piller et de s’approprier ce qui ne leur appartient pas. Les Anglo-Saxons sont les maîtres incontestés en la matière. Ils ont près de 400 millions de victimes sur la conscience… À condition qu’ils en aient une… https://reseauinternational.net/le-monde-est-divise-en-deux-dun-cote-les-anglo-saxons-et-de-lautre-les-etres-humains-2/ 

Il faut toujours chercher et identifier « la ou les causes » du problème. Et cette cause, est cette élite mondiale psychopathe qui se croit sorti de la cuisse de Jupiter et de facto, protégée par Dieu. C’est bien entendu une inversion, car Dieu, s’il existe, protégerait l’ensemble des peuples de la Terre et pas seulement une fraction élue. Peu importe les déclarations mensongères des chefs de guerre fanatiques, destinées à justifier leurs actes criminels. Les faits existent et sont prouvés.

Mais, depuis le début du 20e siècle, grâce aux médias félons et corrompus, les justifications ont pris de plus en plus d’importances. Les massacres sont légitimés au nom de la «démocratie», donc du « camp du bien » (sic).

C’est sûr que vous seriez content d’apprendre, un beau matin, que votre famille a été massacrée en pleine nuit par un missile largué par un drone. Mais c’était nécessaire car pour votre bien… Quelle hypocrisie !

Je déteste cet abrutissement de masses par une caste de nantis, bien trop souvent cupide, corrompue et criminelle. Mais avec le temps, et heureusement, j’ai appris à faire le distinguo entre un individu et un corps d’armée, ou un groupe, quel qu’il soit.

Il y a des personnes de valeur partout, certes, mais ces dernières sont trop souvent obscurcies et mises à l’écart, à cause justement de leurs désaccords avec des ordres et des règlements liberticides, qui sont à l’opposé du bien-être du peuple. En réalité, il y a des gens de bien partout, mais il faut savoir qu’ils sont en minorité.

La majorité des gens obéit aux ordres liberticides sans se poser de questions et, faisant cela, elle se transforme en un vaste troupeau de moutons bêlants. Ne comprenant pas grand-chose et devenant, au final, très dangereuse, car elle s’oppose sans cesse à une réelle évolution positive de la société. Cerise sur le gâteau, elle ne dénoncera jamais les véritables ennemis du genre humain, à savoir les prédateurs cyniques et corrompus qui nous gouvernent bien trop souvent.

Ce vaste problème existe depuis l’aube de l’humanité, mais avec les progrès technologiques, et ce, depuis la fin du 19e siècle, il prend de plus en plus d’ampleur. La destruction des peuples par l’épée, puis par la poudre, par les bombes atomiques diverses et variées et, depuis peu par les drones hypersoniques, ne s’est jamais arrêtée. Aujourd’hui, on peut tuer des millions de gens en une fraction de seconde. Quel progrès !

Individuellement, les gens sont, en majorité, des moutons tranquilles. Mais cet état d’engourdissement routinier propre à ces paisibles quadrupèdes et à la meute des bipèdes en général, peut se transformer, subitement, en une horde sanguinaire n’ayant aucune compassion pour autrui. Désolé, si j’en choque certains, mais c’est, malheureusement, la triste et dure réalité.

En cause, et principalement, les marchands de chaos, à savoir les médias. Au lieu d’œuvrer à l’évolution des mentalités, la presse s’est spécialisée dans les mauvaises nouvelles, la propagande, la haine et dans le fait d’exacerber une certaine forme de fébrilité mentale chez les individus.

Car sinon, comment expliquer qu’un fermier en Auvergne puisse vouloir trucider un beau jour un fermier en Bavière ? Ces deux fermiers n’ont pas eu un déclic sur ce sujet un beau matin, devant leur tasse de café ! Il a bien fallu que des politiciens et des militaires criminels, aidés d’une presse machiavélique, attisent la haine des deux côtés. D’ailleurs je vous invite à la réflexion à propos de cette pensée : « Plus de police engendre plus de criminels, et plus d’armée engendre plus de guerre ». Les faits le prouvent.

Rappelez-vous les titres des journaux en 1914. Il fallait aller « bouffer du Bosch ». Les Français sont partis la « fleur au fusil ». Le reste de l’histoire, vous la connaissez. La « grande boucherie » a fait place nette. Aujourd’hui, on nous agite et on nous inculque de la même manière la haine du peuple Russe ! Les médias ne sont, hélas, que des organes de propagande au service d’une caste malveillante.

Ceci étant, il ne faut pas oublier, qu’un être humain n’est pas obligé d’obéir sans se poser de questions. La responsabilité finale incombe à chaque personne. Ce serait trop facile de se dédouaner totalement. Je sais que c’est un sport international de clamer que l’on est responsable de rien, mais c’est faux. Nous sommes responsables de notre vie, de notre famille, de notre entourage et de cette planète, que vous le vouliez ou non.

La vie sur cette planète de dingues ne tient qu’à un fil. Entre guerres, famines, maladies, rapacités et cupidités, cette planète ressemble à un enfer. D’ailleurs, si vous le cherchiez et que vous trouviez la terre, cette dernière ferait certainement l’affaire.

À nous de faire en sorte que cela ne soit plus le cas.

Claude Janvier. 

Extrait du livre "Pourquoi suis-je devenu un rebelle ? Mensonges d’État et Crimes contre l’Humanité". 

lundi 8 juin 2026

Entre bouddhisme et occultisme



Entrevue avec Marion Dapsance

Dans cette émission avec Marion Dapsance, anthropologue et spécialiste du bouddhisme contemporain, nous revenons sur la place croissante des doctrines orientales dans les sociétés occidentales modernes.

Pourquoi le bouddhisme bénéficie-t-il d’une image aussi positive en Occident ? Que cachent réellement certaines pratiques comme le yoga, les chakras ou encore le tantrisme ? Peut-on véritablement séparer spiritualité, religion et développement personnel ?

À travers une réflexion sur les doctrines orientales, le conditionnement culturel, les doubles standards et la quête moderne de spiritualité, cette discussion interroge l’arrière-plan philosophique et religieux de pratiques aujourd’hui banalisées jusque dans le monde de l’entreprise.

Une émission sur le relativisme spirituel, les nouvelles religiosités occidentales et les conséquences culturelles d’un monde déchristianisé en quête permanente de bien-être et d’expériences intérieures.




Le bouddhisme à l’occidentale 

par Marion Dapsance


L’histoire de l’introduction du bouddhisme en Occident est intrinsèquement liée au développement de la philosophie des Lumières, en particulier ses projets de rénovation sociale. Elle se situe dans le sillage des propositions de réforme de la société européenne qui se sont multipliées et radicalisées au XIXe siècle. Le bouddhisme, ainsi que d’autres traditions « orientales », a été perçu dès les années 1840 comme une source d’inspiration pour les intellectuels progressistes et anticléricaux qui désiraient se défaire de l’héritage « sémitique » (biblique) de l’Europe et lui substituer une tradition plus ancienne et plus pure. L’Inde, en qui l’on voyait le berceau de la civilisation « aryenne », a de ce fait fourni un réservoir de traditions à faire revivre. Le bouddhisme — dont on ignora pendant longtemps l’origine géographique — a été identifié à la même époque en tant que tradition indienne. Cela le rangeait ainsi dans le répertoire d’idées « orientales » susceptibles de servir de base à la « nouvelle Renaissance » souhaitée. Parce qu’il n’accordait pas de rôle prépondérant aux divinités, le bouddhisme fut perçu comme « rationnel », voire « scientifique ». Il se désintéressait de la métaphysique, de la question des origines et du sens de la vie, se contentant d’offrir une « méthode » pour lutter contre la souffrance. Le positivisme, l’évolutionnisme, l’utilitarisme et les questions sociales étant alors à la mode, le bouddhisme fut assimilé à un véritable programme politique, que chacun pouvait s’approprier à titre personnel, avant qu’il puisse servir de base commune au progrès de la société. C’est parce que chacun pouvait individuellement lutter contre la souffrance en devenant un être moralement plus résistant que la société tout entière pouvait être transformée. 

Ainsi, en Europe, le bouddhisme a rapidement évolué en un projet visant l’amélioration du monde. Dans l’espoir d’un bonheur universel, cette rénovation sociale devait passer par le perfectionnement spirituel de chaque personne plutôt que par la mise en œuvre de politiques particulières ou par la multiplication d’œuvres de charité sur le modèle chrétien. Ces caractéristiques du « bouddhisme » européen de la seconde moitié du XIXe siècle sont toujours d’actualité. La « méditation », au sens de relaxation assise et non plus de réflexion sur la vie, est désormais devenue l’outil principal de la transformation sociale souhaitée par ses partisans. Elle ne vise plus la réformation morale, mais le perfectionnement émotionnel et mental. Grâce à la méditation, selon ses porte-parole, l’économie sera plus équitable, les relations humaines et internationales seront pacifiées et les maladies mentales, éradiquées. Les motivations des promoteurs actuels du bouddhisme et de la méditation sont donc loin de se résumer à l’appât du gain. 

Pour mettre en œuvre ce projet de réforme sociale, de nouveaux professionnels sont nécessaires : non plus de simples moines et maîtres bouddhistes, mais des formateurs, des thérapeutes, des médecins, des chercheurs, des écrivains, des conférenciers, des lobbyistes. Tous monnayent leurs services, car leur idéal exige l’établissement d’un nouveau type d’économie (« économie éveillée » ou « altruiste »). La particularité de ces nouveaux marchands du temple — ces commerçants qui se tiennent dans l’enceinte de l’établissement religieux et tirent parti de leur situation d’entre-deux — tient à leur extrême diversité, à l’absence ou à la quasi absence de critères clairs permettant de les légitimer, à leurs liens extrêmement distendus avec les institutions bouddhiques traditionnelles, et au fait qu’ils ne se consacrent pas à la recherche de l’éveil, mais à l’amélioration des performances humaines, dans un but social. 

En définitive, le bouddhisme à l’occidentale n’est ni particulièrement religieux, ni spécialement « spirituel », ni tout à fait politique, ni véritablement thérapeutique. C’est un programme complet de transformation de la société prenant l’être humain comme matière première. Il se fonde sur la croyance en la notion de « progrès » (matériel et spirituel) plus que sur la revendication d’une tradition ancienne. Ce qui compte, ce ne sont pas les siècles de maturation d’une pensée et d’élaboration de rituels, mais des « méthodes » et des « techniques » prêtes à l’emploi, permettant à terme d’établir une société humaine plus harmonieuse. La voie de salut individuel proposée par le bouddhisme traditionnel a finalement évolué vers un projet de société idéale avec, au centre, l’individu parfait et pleinement épanoui.

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LA VIOLENCE RITUELLE DANS L'HISTOIRE DU BOUDDHISME HIMALAYEN





dimanche 7 juin 2026

Ne-Pas-Faire





Le pashu, l'être 'lié', hylique (sthûla, grossier. 'matériel') n'adore que son pasha, son lien, dont il fait son 'dieu'. Il est soumis à Mâyâ, le principe de séparation du sujet et de l'objet. Dans le topique de la corde et du serpent, où le serpent est pris pour la corde, Mâyâ est le 'serpent', et Brahman, la corde. Dans cet exemple, il n'y a que la 'corde', que l'on ne 'perçoit' pas, car seul le serpent est perçu. La corde a-t-elle créé le serpent ? Nullement. Le serpent a-t-il une 'certaine existence' ? Aucunement. Le serpent, c'est l'univers', 'connu', c'est-à-dire créé, par 'identification' et 'division'. L'univers, qui n'a pas la moindre existence, est pris pour Brahman, qui n'est pas la cause de l'univers - la causalité, qui est une perception erronée, surimposée, ne commence qu'avec Mâyâ - cause ne précédant pas son effet, ne lui étant pas concomitante, ni, bien sûr, postérieure. Cause qui ne devient cause que lorsque l'effet est produit - causée donc en tant que cause par son effet. Les religions et les philosophies ne sont que 'sous le soleil de Mâyâ'.

C'est ainsi que le pashu ne s'intéresse nullement à la 'vérité' (satya, Brahman) - il ne s'intéresse qu'à la surimposition, l'imposture, et la foule attend incessamment le grand imposteur, celui qui feindra d'avoir assez d'autorité pour imposer l'illusion comme vérité définitive - la foule, gobeuse d'illusion (moha), est cependant toujours sceptique - ce n'est pas assez - et déçue par son propre scepticisme - d'où les mesures antipyrrhonniennes qui sont prises jusque dans les prétoires...

Le 'monde' ainsi, n'est qu'un 'discours', qu'un 'faire'. Le 'monde' s'édifie par le faire, qui est le discours de la perception erronée. C'est le Ne-Pas-Faire qui 'détruit' le 'monde', qui le 'dissipe' - faisant entendre le 'rugissement de la vacuité' (shûnyatâ simhanâda), la 'non-naissance' (ajatâ) dont les 'dualistes' ont peur. L'être n'est que surimposition. et les perceptions de l'état de veille (jagrat), de l'état de rêve (svapna, taijasa), les perceptions 'extérieures' et 'intérieures', ne sont que 'surimpositions' - c'est ainsi que Lin Tsi dit qu'il n'y a rien à chercher à l'extérieur ni à l'intérieur. 

Le pashu est le bhogin - bhoga signifie 'jouissance' et aussi 'effort' ; il est celui qui ne 'sacrifie pas', qui n'abolit pas le combustible dans le feu du yajña de la gnose. Ne-pas-faire peut se traduire aussi par abhoga, non-effort, non-attachement. Le pashu 'construit' son monde par l'effort et l'identification à autre que lui-même - que ce soit son individualité ou sa non-individualité - par la 'jouissance'. la 'manducation' - bhuj signifie 'manger', 'jouir de', 'expérimenter' - le pashu, le bhogin, est l''expérimentateur', le 'faiseur', le tueur de Brahman, pour la grande gloire de l'illusoire Mâyâ. Le pashu est le karmin, l'idiot qui tisse son karma, qui est son «univers», qui est son linceul.

Le Vivekacûdâmani (284) dit :

ahambhâvasya dehe'sminnih shesavilayâvadhi 
sâvadhânena yuktâtmâ svâdhyâsâpanayam kuru

Tant que l'identification du 'je' au corps - en fait, ahambhâva signifie I"orgueil' (=abhimanya), deha = corps, smi = être vain de ; il s'agit de la détermination du 'je' par l'orgueil du corps, de l'identification du je au corps. de l'orgueil du je et de l'orgueil du corps - n'est pas exterminée (shesa est le 'reste' ou la 'fin', vilayanam, la dissolution, la liquéfaction, la suppression ; ainsi, il faut que l'identification au corps, cet 'orgueil' qui fait que l'on croit que 'son' corps est son 'Soi', soit dissoute complètement), 'réfute' (apanaya) sa propre 'surimposition' (sva-adhyasa ; la 'surimposition' est la même chose que 'l'orgueil', qui est aussi le 'lien', consistant en ce que 'le seigneur du soi', atmeshvara, considère le corps et d'autres choses comme le Soi - Sarvopanisad -) avec vigilance et concentration (yuktâtmâ, soi uni, `harnaché', originel, non dérivé).

Ainsi, il faut s'attacher à 'défaire' l'attachement, l'identification de soi avec le corps - son 'identité' sociale - avec son esprit originel (yukta) - tel est le ne-pas-faire de l'Advaita.

Le célèbre adage de Lao Tzu. 'celui qui sait ne parle pas, celui parle ne sait pas', fait allusion à la connaissance silencieuse, celle de 'Brahman', et à la 'connaissance bruyante', celle de Mâyâ. Il en va de même de caitanyamâtan et
yajñanam bandha, des Shiva Sûtra. La 'conscience' est âtman, la 'connaissance' (dans ce sens la 'connaissance' ordinaire et mentale) est le lien. L'aphorisme de Lao Tzu n'a rien de 'comportemental', comme le croient les commentateurs superficiels. Il s'agit du Ne-pas-Faire de celui qui 'sait' - la 'gnose', la 'Voie' (Tao) est Ne-pas-Faire. La 'connaissance', la 'gnose' est silencieuse ; elle ne prévaut que lorsque la connaissance bruyante, celle de Mâyâ, s'est tue.

Bernard Dubant.


Ne-Pas-Faire
Le pouvoir du Non-Agir 
et 
Lokatîstava de Nâgârjuna


Être ou ne pas être, ancienne question... Les concepts sont les mâchoires de l'illusion. La Libération est le pourquoi de toute Voie Sacrée. Se fondant sur la tradition de Sanatana dharma et du Buddha dharma, du Non-Agir, du taoïsme et du chamanisme, l'auteur montre que les voies authentiquement "initiatiques" ne sont pas des voies d'acquisition : elles consistent avant tout à se "libérer" des notions d'égo et d'action, conditions de la prodigieuse ignorance savante qui lie l'entité humaine à l'illusion, à la souffrance et à la mort. Pour illustrer cela est ajouté un texte de Nagarjuna, le grand maître de la voie Madhyamaka. Traduit du sanskrit et commenté par l'auteur, Lokatitastava exprime l'essence de la voie du Bouddha.


samedi 6 juin 2026

L'Inde moderne attend le yogi qui brûlera par la Kundalini sa sclérose.





KUNDALINI : Terme sanscrit repris à des langues plus anciennes, dravidiennes. C'est le « serpent de Dieu ». Comparer à « anaconda », terme amérindien, le plus grand serpent américain. 

Selon les traditions des grandes civilisations cuivrées — Inde, Égypte, Mexique — il s'agit d'une énergie cosmique et même de l'énergie divine par excellence. Les maîtres hindous de yoga affirment que l'humanité entière participe à cette énergie et que tout homme la possède en lui, à l'état potentiel. Elle dormirait, tel un serpent lové, au chakra-racine (entre sexe et anus). Stimulée, elle s'élèverait dans l'organisme parallèle (le double éthérique) par trois voies surréelles, dites « nadi(s) », dessinant alors un triple serpent : une voie verticale à l'intérieur de la colonne vertébrale, puis de la nuque et du crâne avec pour point de sortie le front ; deux voies latérales, sinueuses et symétriques, avec les mêmes points de départ et de sortie ; ces deux « serpents » latéraux se croiseraient plusieurs fois : dans le ventre (à l'avant du corps), la poitrine, la gorge et au sommet du crâne. Et la sensation serait celle de colonnes de mercure brûlant progressant par étapes longuement espacées. 

L'incarnant de cette énergie déployée devient un avatar (= une manifestation divine, un missionné). Il assure la « présence réelle » (dynamique) de Dieu au sein de sa civilisation, y brûlant l' égrégore noir (= courants de forces, morts en esprit) et y fécondant par le « feu créateur » de la Kundalini tous les germes spirituellement vivants. 

En Égypte, le cobra royal, symbole du pouvoir suprême, correspondait à la Kundalini. Une tête en or de ce reptile, fixée au front du pharaon, indiquait que celui-ci incarnait théoriquement la force divine. Mais l'Égypte la concevait comme double : elle associait la tête de vautour à celle du cobra pour exprimer que la montée de la Kundalini obéissait à une impulsion venue du ciel (non d'un maître extérieur). Le cobra = la force qui se dresse ; le vautour la force qui tombe du plus haut du ciel. Toutankhamon posséda réellement la Kundalini. Cela explique pourquoi en peu d'années l'anti-tradition, incarnée, elle, par Akhenaton, a pu se dissoudre. 

Les écoles de yoga ont aujourd'hui démocratisé la notion de Kundalini, prétendant l'avoir « éveillée » tant chez leurs maîtres que chez leurs bons élèves. En fait, l'Inde moderne qu'étouffe le poids des millénaires et des égrégores stagnants, attend vainement le yogi qui brûlera par la Kundalini sa sclérose. 

Jean-Louis Bernard.



vendredi 5 juin 2026

L’État islamique menace directement le pape Léon XIV




Daech n'est qu'un faux nez des services occidentaux. La CIA, le MI6 ou le Mossad ou les trois ensemble le font menacer.

Hypothèse 1 : Essayer de réimposer le récit islamophobe que Léon XIV est en train de briser.

Hypothèse 2 : préparation d'un attentat pour se débarrasser de ce pape qui dérange. Trump et Netanyahou ont chacun leurs raisons pour tenter d'éliminer Léon XIV.

J'espère que la sécurité du Saint-Siège prend ces menaces au sérieux et, surtout, identifie la vraie nature de la menace.

En 1981, Jean-Paul II a failli être assassiné par une créature de la CIA, Ali Agka. Et pendant 20 ans Langley nous a fait croire à la "filière bulgare". Le schéma était le même. Il a fallu que JP2 lui-même explique aux Bulgares qu'il n'y avait aucune connexion bulgare avec l'attentat du 13 mai 1981.

Edouard Husson