dimanche 8 février 2026

La franc-maçonnerie visible, un paravent "d'idiots utiles" ?




par Stanislas Berton


Il y a de façon assez visible une psy-op en cours contre la franc-maçonnerie en France. C'est une très bonne chose mais rappelons tout de même que :

1) la franc-maçonnerie visible n'est qu'un paravent "d'idiots utiles" pour cacher des sociétés vraiment secrètes et des groupuscules bien plus dangereux. Le travail de mise en lumière ira t-il jusqu’à éclairer les recoins les plus sombres ? Ou se contentera t'on de mettre quelques lampistes sous le feu des projecteurs ? Sacrifier les loges de bas niveau est une technique classique du mondialisme.

2) les croyances de la franc-maçonnerie ne sont que la "kabbale pour les nuls". Là encore, la divulgation ira t'elle jusqu'à dénoncer cette kabbale qui prétend qu'il existe un langage secret permettant à l'homme de découvrir les lois secrètes de l'univers pour mieux les manipuler à son profit ? Osera t'on parler de la "kabbale chrétienne", de Jacob Boehme, de la théosophie, du New-Age et de toute la propagande naturaliste actuelle, notamment autour de "l'énergie" ou des "fréquences"?

Le mondialisme a pu triompher car ces croyances, notamment la "kabbale chrétienne" se sont progressivement insinués dans les esprits, d'abord au sein de l'élite pour ensuite se diffuser vers le peuple sous la forme du New-Age.

Il est certain qu'il faut y aller doucement et étapes par étapes pour sortir les peuples de l'empire du mensonge mais c'est en fonction du traitement des points ci-dessus qu'il sera possible de déterminer si l'opération en cours vise à une vraie libération ou s'il ne s'agit que de liquider des structures périmées et ayant fait leur temps pour les remplacer par du mensonge sous une autre forme.

J'invite donc les catholiques et les chercheurs de vérité en général à se former sur ces questions et à faire preuve à leur endroit d'une grande vigilance.

Source


À Paris, les religieuses de Montmartre sous l’emprise de leur mère supérieure pendant 40 ans

 


Le rapport est accablant pour l’ancienne mère supérieure du couvent parisien. Une enquête réalisée par une commission indépendante mandatée en 2024 épingle le système d’« emprise » marqué par une « dérive sectaire » qui a régné au sein des Bénédictines du Sacré-Coeur de Montmartre (BSCM). Gavage, chantage, abus financiers, psychologiques et spirituels : les sœurs ont été malmenées par leur supérieure pendant 40 ans.

Long de 142 pages, le rapport est le fruit du travail de la Commission indépendante sur les abus spirituels et les emprises psychologiques (Ciasep). Celle-ci a été missionnée par la nouvelle prieure générale élue en 2020, rapporte La Vie. L’enquête décrit le système mis en place par sa prédécesseuse, mère Marie-Agnès, dont l’autorité était « excessive et inappropriée » avec « une dérive manifeste dans tous les domaines ».

Les sœurs de cette congrégation catholique avaient déjà reconnu en 2023 qu’un « système d’emprise » avait existé pendant plusieurs décennies, et demandé que la lumière soit faite sur le passé. Après avoir rencontré les 86 sœurs actuellement membres des BSCM et 28 ayant quitté la communauté, la commission fait état de 1 489 faits, allant de l’abus d’autorité au culte de la personnalité en passant par le pouvoir financier et la maltraitance physique ou psychologique.

Une « perverse narcissique » qui surveillait ses ouailles de près

Ce système a perduré de 1969, date de l’élection de sœur Marie-Agnès en tant que prieure générale, jusqu’au début des années 2010, avec une dérive qui « s’est accentuée après 2004 ». Pour les jeunes victimes poussées à s’engager « très vite » après leur recrutement s’instaure ce qu’une sœur décrit comme « un régime policier ».

Comme le rappelle La Vie, une première alerte avait été lancée en 2004, mais le contrôle ordonné par le Vatican avait débouché sur un rapport léger qui n’a mené à « aucun changement ». Il a fallu attendre 2011 et de nouvelles alertes pour qu’une « visite plus exigeante » soit diligentée, rapporte le magazine chrétien.

Car la responsable, à la personnalité « de type pervers narcissique », a une capacité à repérer les vulnérabilités des sœurs qu’elle harcèle ensuite et manipule, souligne la commission présidée par l’ancien général Hervé Giaume. Coupées de leur famille, les religieuses doivent accepter que leurs parloirs soient écoutés et leur courrier lu.

« Dérive sectaire »

« L’espionnage, l’incitation à la délation et le chantage sont présents dans tous les prieurés et sanctuaires », ajoute le rapport qui parle de « contexte clairement marqué par une dérive sectaire ». Le rapport détaille une « suractivité » imposée aux sœurs pour « empêcher toute prise de recul » et une série de « violences verbales, parfois physiques ».

L’enquête fait aussi état d’une maltraitance psychologique : « infantilisation, culpabilisation, humiliation, dévalorisation ». Une sœur qui « ne pouvai[t] pas se mettre à genoux » assure qu’on lui a « demandé de récurer l’entièreté des lieux à la brosse à dents et à l’éponge ». Le rapport évoque même une « soumission médicamenteuse pour les plus récalcitrantes ».

S’il n’y a pas ici de violences sexuelles, la maltraitance passe aussi par la nourriture avec des « repas forcés et déséquilibrés » et des « gavages allant jusqu’aux vomissements ». Car « il fallait […] ressembler même physiquement » à la supérieure, a expliqué une sœur à la commission.

Le diocèse reconnaît qu’il n’a pas « exercé son devoir de vigilance »

Sur le plan financier, le rapport note que « le recrutement des jeunes filles visait manifestement les familles aisées » et que « faire “entrer de l’argent” constituait une préoccupation constante » de mère Marie-Agnès. La congrégation « prenait en main les biens des sœurs dès le postulat », avec parfois des « comptes bancaires et livrets vidés, héritages captés ». Un total de 857 356 euros a ainsi été prélevé sur les comptes de cinq sœurs et de la congrégation, selon le rapport.

Mère Marie-Agnès, décédée en 2016, était secondée dans sa tâche par deux acolytes (des sœurs nommées X et Y dans le rapport). Ce trio menait un « train de vie fastueux » : repas gastronomiques, vacances sur la Côte d’Azur… ainsi que des investissements immobiliers dans deux appartements et une maison près de Vernon. Le rapport note que le trio a habité « souvent en civil » dans cette maison entre 2008 et 2012, avant de la revendre avec une moins-value de 150 000 euros.

La commission, qui émet 58 préconisations, appelle à plusieurs mesures de réparation (indemnisations et remboursements). Elle prône une reconnaissance officielle par l’Église des dérives « qu’elle n’a pas vues, ou pas voulu voir », notamment au niveau du diocèse de Paris dont Jean-Marie Lustiger était archevêque pendant une partie des faits.

Dans un communiqué le diocèse de Paris « reconnaît aujourd’hui que pendant de nombreuses années, il n’a pas exercé, en ses responsables, son propre devoir de vigilance ». La commission souligne qu’avec des « changements importants » engagés depuis 2014, la congrégation « a retrouvé aujourd’hui un fonctionnement normal mais encore fragile ». Car il est « essentiel de restaurer la confiance », ajoute le texte.




samedi 7 février 2026

Le dalaï-lama a été mentionné 169 fois dans les récentes révélations concernant les Epstein Files




Des millions de fichiers, dont des courriels récemment publiés, ont suscité la controverse après que le dalaï-lama a été mentionné 169 fois dans les correspondances de Jeffrey Epstein.

Cette mention a attiré l'attention dans le cadre d'un examen plus large des personnalités de l'élite mondiale mentionnées dans le récent ensemble de documents relatifs à Epstein publiés par le ministère américain de la Justice à la demande du Congrès américain.

D'après certaines informations, plusieurs courriels datés d'octobre 2012 contiennent des références indiquant que le chef spirituel tibétain a rencontré Epstein et devait assister à un événement en sa compagnie.

La chaîne de télévision européenne Nexta TV , citée par FE, affirme par ailleurs que des individus décrits comme des disciples du dalaï-lama auraient également rencontré Epstein.



Le dalaï-lama chez Epstein


L'année dernière, le journaliste Michael Wolff a fait une déclaration remarquable dans le podcast « Daily Beast », relatant les visites de diverses personnalités importantes à la luxueuse résidence d'Epstein à Manhattan lors de « salons » ou de réunions qui s'y déroulaient.

Il a mentionné le dalaï-lama, entre autres personnalités, spéculant sur des raisons financières à sa visite, car beaucoup ont rencontré Epstein pour tenter d'obtenir de l'argent ou des dons de sa part à des fins philanthropiques.

L'affirmation de Wolff a été rapportée et analysée dans un article du journaliste indépendant Jacob Silverman, publié sur Substack et intitulé « Pourquoi le dalaï-lama était-il chez Jeffrey Epstein ? »

Silverman a fait remarquer que le bureau du dalaï-lama n'avait pas répondu aux questions concernant d'éventuels dons ou liens avec Epstein.

Controverses autour du dalaï-lama

Le 14e dalaï-lama, de son vrai nom Tenzin Gyatso, a été confronté à d'importantes controverses, notamment en avril 2023. Dans une vidéo, on le voyait embrasser un jeune garçon et lui demander de « sucer sa langue » en Inde.

L'homme, alors âgé de 87 ans, s'est excusé par la suite, affirmant qu'il s'agissait d'une simple plaisanterie et clamant son innocence.

Cette rencontre, qui s'est déroulée fin février au temple du dalaï-lama à Dharamshala, a réuni une centaine de jeunes diplômés de la Fondation M3M Inde.

Un des jeunes étudiants s'est approché du micro pendant l'événement et a demandé au dalaï-lama : « Puis-je vous prendre dans mes bras ? »

Le dalaï-lama a invité le garçon à le rejoindre sur l'estrade où il était assis. Pointant sa joue du doigt, il aurait dit : « D'abord ici », après quoi le garçon l'a embrassé et serré dans ses bras.

Le dalaï-lama serra le garçon dans ses bras en disant : « Je pense la même chose ici », puis l'embrassa sur les lèvres.

« Et suce ma langue », a dit le dalaï-lama ensuite, selon le Guardian, en tirant la langue et en collant son front à celui du garçon. Ce dernier a aussitôt tiré la langue à son tour et a tenté de s'éloigner, tandis que le dalaï-lama riait et le ramenait à lui pour une nouvelle accolade, sous les rires de l'assistance.

Parmi les autres controverses figurent des déclarations sur les réfugiés européens, des commentaires sur la réincarnation féminine et, jusqu'en 2025, des différends persistants avec la Chine concernant la légitimité de son successeur.

Dans des interviews en 2015 et plus tard en 2019, le dalaï-lama a déclaré que s'il devait se réincarner en femme, celle-ci devrait être « plus attirante ». Ces propos ont suscité des réactions négatives, et son bureau a précisé qu'il s'agissait d'une tentative d'humour ou d'un commentaire sur l'importance de l'apparence dans un monde matérialiste.

En 2016, il a déclaré que l'Europe devait appartenir aux Européens et a suggéré que les réfugiés devraient retourner dans leur pays d'origine.

Liens présumés du dalaï-lama avec d'autres personnalités controversées

Selon Silverman, le dalaï-lama a déjà reçu de l'argent de personnalités controversées. En 2009, le chef spirituel tibétain a pris la parole lors d'un événement organisé par NXIVM, une secte (qui a fait de ses adeptes des esclaves sexuelles)
dont le dirigeant, Keith Raniere, a été reconnu coupable en 2019 de sept chefs d'accusation et condamné à 120 ans de prison.

Lors de son apparition en 2009, le dalaï-lama aurait prononcé un discours et posé une écharpe tibétaine cérémonielle sur les épaules de Raniere. Selon Silverman, il aurait reçu un million de dollars pour cette prestation.

Autres personnalités notables mentionnées dans les dossiers d'Epstein

Le cofondateur de LinkedIn, Reid Hoffman, la réalisatrice primée Mira Nair, qui est également la mère du conseiller municipal de New York Zohran Mamdani, et le gourou de la santé indo-américain Deepak Chopra sont quelques-unes des autres personnes mentionnées dans les documents récemment publiés.

Source :

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Jeffrey Epstein et Matthieu Ricard


Source : Epstein Files
Via : Reine Margot sur X

"Matthieu Ricard, essayiste et photographe français. Après l'obtention d'un doctorat en génétique, il devient moine bouddhiste tibétain."

Toujours sur X, on rappelle que Matthieu Ricard est le fils de l'académicien Jean-François Revel impliqué dans une Secte pédosataniste : Les hommes de la Rue du Bac à Paris



Doubles numériques - quand on commence à falsifier des êtres humains


par Pedro Guanaes


Bienvenue dans le monde d’après. Ce n’est que le début, mais il fait froid dans le dos. Après les fake news, voici les faux individus. On ne falsifie plus seulement des infos, on fabrique des individus, on copie leurs voix, visages, pensées. Un nouveau business est né celui la contrefaçon du vivant.

Ce changement n’est pas une simple idée, il se produit déjà. Depuis plusieurs mois, on voit circuler des vidéos montrant de faux intellectuels, de faux experts et de faux leaders d’opinion. Le visage paraît crédible, la voix semble familière, le ton copie l’original. Pourtant, la personne n’existe pas, tout est fabriqué pour attirer l’attention, gagner la confiance et obtenir de l’argent.

On pourrait penser qu’il s’agit seulement d’un jeu de miroirs numériques ou d’une version moderne des montages et des parodies d’autrefois. Mais ce n’est pas le cas. Ces contenus ne se présentent jamais comme des fictions. Ils ne disent pas qu’ils sont faux. Ils misent sur l’ambiguïté, le flou et le doute. Ils laissent planer le doute. C’est justement cette zone grise qui les rend efficaces.


Ce qui évolue, ce n’est pas seulement la technologie, c’est aussi l’échelle. Avant, la falsification nécessitait beaucoup de moyens. Aujourd’hui, elle est accessible, rapide et producible en grande quantité. On peut créer des dizaines de fausses interventions, les tester, les modifier, les diffuser, les supprimer, puis recommencer. Le mensonge devient un flux continu, optimisé pour les algorithmes et la recherche de profit.

Les premiers visages falsifiés

Les premiers exemples concernaient surtout des personnalités internationales très connues. On a vu passer de fausses vidéos de Warren Buffett, où il tenait des propos simplistes, parfois racoleurs, très différents de son style habituel. Le visage et la voix étaient ressemblants, mais il y avait quelque chose de faux, le discours était trop lisse, trop rapide, trop mécanique, sans hésitation ni nuance.


Vidéo entièrement générée par l'IA de Warren Buffet, contenu extrêmement grave puisqu'il donne des conseils d'investissement financier et peut entrainer des pertes financières colossales chez les personnes qui seraient tentés de suivre ces conseils.


Ensuite, des vidéos attribuées à John Mearsheimer sont apparues. C’était le même principe du décor neutre, de la posture figée, et la voix artificielle. Le discours semblait inspiré par ses analyses, mais manquait de complexité, de prudence et de structure. C’était une imitation grossière, qui pouvait tromper ceux qui ne connaissaient pas son travail, mais qui paraissait absurde à ceux qui le connaissaient bien.

Le cas Emmanuel Todd

La dernière nouveauté, c’est l’apparition d’une fausse chaîne présentée comme celle d’Emmanuel Todd. Après qu’un lecteur nous a prévenus, nous avons regardé ces vidéos. Au premier regard, tout semble authentique avec le visage qui ressemble, la voix qui rappelle l’original, le ton qui paraît sérieux et posé, presque professoral. Pourtant, on remarque vite que quelque chose ne va pas.

La diction est impeccable, même trop. Il n’y a aucune hésitation, aucun temps de réflexion, aucun silence qui montre la pensée en train de se former. Le rythme rappelle celui d’un présentateur standardisé, pas celui d’un chercheur qui réfléchit à voix haute. Un autre détail d'importance manque aussi l’humour. Emmanuel Todd sait souvent être drôle, ironique ou mordant. Ici, il n’y a rien de tout cela. Pas de détour, pas de remarque piquante, rien. Le discours est plat, sans relief.

Le discours imite sa façon de penser, mais sans vraiment la saisir. On retrouve certains thèmes, certains mots, certains points de vue, mais tout manque de profondeur et de structure. Pour ceux qui connaissent bien son travail, la supercherie est évidente. Mais pour un public plus large, qui ne connaît Todd qu’à travers quelques citations ou extraits viraux, l’illusion fonctionne. C’est justement cette zone intermédiaire, entre l’ignorance complète et la connaissance approfondie, que ces faussaires cherchent à exploiter.

Comment fabrique-t-on un double numérique ?

Créer ces faux personnages suit un processus qui semble simple, mais qui fonctionne très bien. La première étape concerne la voix. On utilise un logiciel alimenté par des heures d’interviews, de conférences et d’archives audio. L’algorithme apprend les intonations, les rythmes et les respirations, puis génère une voix synthétique capable de lire n’importe quel texte en imitant la personne copiée.

La deuxième étape concerne le visage. À partir de photos et de vidéos, on crée un avatar numérique qui ressemble à la personne, sans être tout à fait identique. Ce petit écart est typique de l’IA, en effet la peau paraît trop lisse, le regard semble un peu fixe et les mouvements sont limités. Pour cacher ces défauts, les vidéos sont souvent filmées sur un fond neutre, avec un cadrage serré, un éclairage uniforme et une posture presque immobile. L’absence de gestes devient alors une stratégie car moins il y a de mouvements, moins il y a de risques de révéler la supercherie.

La troisième étape concerne le texte. Il faut produire un discours qui ressemble à celui de la personne imitée, sans en faire une simple copie. On a alimenté des modèles de langage avec ses écrits, ses interviews et ses expressions. L’outil apprend son style, son ton et ses thèmes habituels. Il peut alors créer des textes « à la manière de ». Le résultat n’est jamais une vraie réflexion, mais plutôt une moyenne de ce qui a déjà été dit, une imitation de cohérence. Dès qu’il s’agit d’événements nouveaux ou de raisonnements complexes, le faux devient visible et tout d'un coup le discours devient vague, contradictoire ou paraît forcé.

Pourquoi ça marche ?

Si ces faux réussissent, ce n’est pas seulement grâce à la technologie. Ils trouvent leur place parce qu’il y a un vide. Beaucoup de personnalités publiques ne sont pas actives sur les réseaux sociaux et n’ont ni chaîne officielle ni compte actif. Pourtant, les gens veulent du contenu à leur sujet. Les faussaires profitent de cet espace inoccupé.

Ils tirent aussi parti d’un réflexe humain simple qui est que nous faisons confiance à ce qui nous est familier. Un visage connu, une voix reconnaissable ou un nom célèbre suffit à nous faire douter moins. Peu de personnes prennent le temps de vérifier d’où vient une chaîne, l’historique d’un compte ou la cohérence du message. L’apparence remplace alors la vraie source.

Enfin, il y a la logique économique des plateformes. Chaque vue rapporte de l’argent. Plus un contenu choque, surprend ou conforte des idées reçues, plus il se propage. Les discours “artificiels” sont souvent simplifiés à l’extrême, polémiques ou caricaturaux. Leur but n’est pas de faire réfléchir, mais de générer des clics. Le mensonge devient alors rentable, puis industriel.

Le risque majeur de la mémoire falsifiée

Le danger ne se limite pas à l’instant présent, ni à la personne trompée aujourd’hui. Il s’étend à ce qui restera demain. Quand des milliers de personnes voient une vidéo, entendent une voix ou reconnaissent un visage, cela laisse une trace dans leur esprit. Même si la vidéo disparaît ou est démentie, le souvenir persiste.

Demain, on accusera des intellectuels, des responsables politiques ou des personnalités publiques d’avoir tenu des propos qu’ils n’ont jamais prononcés. Beaucoup répondront : « Si, je l’ai vu, je l’ai entendu. »

Ce ne sera pas un mensonge délibéré, mais un souvenir créé. Ce sera une mémoire collective fausse, mais sincère.

C’est ici que l’IA transforme la nature du mensonge. On ne se trompera plus seulement à cause d’une mauvaise compréhension, mais parce qu’on aura vu quelque chose qui n’a jamais existé. Le faux ne sera plus seulement raconté, il sera aussi montré. Et pour beaucoup, ce qui est montré devient difficile à remettre en question.

Effet Mandela et confusion du réel

Ce phénomène s’apparente à ce qu’on appelle l’effet Mandela où des groupes entiers de personnes se rappellent avec certitude des événements qui ne se sont jamais produits ou qui se sont déroulés autrement. Jusqu’à présent, ces faux souvenirs provenaient surtout de récits répétés, de simplifications dans les médias ou de déformations collectives. Avec l’IA, on franchit une étape supplémentaire puisqu'il ne s’agira plus seulement de souvenirs mal transmis, mais aussi d’images et de sons perçus… qui n’ont jamais existé.

L’image et la voix donnent au faux une nouvelle force. Elles empêchent souvent l’analyse critique. On peut remettre en question un texte ou discuter d’une citation, mais il est bien plus difficile de douter de ce que l’on pense avoir vu soi-même. Le deepfake crée une nouvelle faiblesse puisque même la preuve visuelle devient incertaine, tout en conservant un impact psychologique.

À long terme, cela constitue une arme puissante et pertinicieuse pour accuser quelqu’un à l’aide d’images. Même si elles sont fausses ou démenties, elles auront déjà eu un effet. Le doute s’installe, la confiance disparaît, et il devient presque impossible de se défendre contre des souvenirs fabriqués mais sincèrement partagés par ceux qui y croient.

Que peut-on faire ?

Devant ce phénomène, on pense tout de suite à la loi. Pourtant, le droit avance lentement, alors que ces pratiques sont rapides, mobiles et souvent internationales. Une chaîne peut être hébergée dans un pays, gérée depuis un autre et cibler une personne ailleurs. Quand les procédures commencent, le contenu et le faussaire ont déjà disparu. La réparation arrive toujours trop tard.

On parle parfois de labels d’authenticité, de signatures numériques ou de marques telles que “contenu vérifié, humain réel”. L’idée est attirante, mais elle soulève des questions de qui attribue ces labels ? Sur quels critères ? Avec quelle légitimité ? Et surtout, comment faire pour que le public comprenne et utilise vraiment ces outils, plutôt que de simplement suivre ce que propose l’algorithme ?

En réalité, c’est à la fois plus simple et plus difficile car une partie de la responsabilité incombe au public. Il faut maintenant se poser des questions qui semblaient secondaires hier c'est à dire de se demander d’où vient ce contenu ? Qui le publie ? Est-ce une source que je connais, à laquelle j’ai confiance ? Tout ce qui ne fait pas partie de ce cercle de confiance doit être vu avec prudence, même si cela ressemble, parle ou a le visage de quelqu’un de connu.

L’économie du faux

Si ce système fonctionne, ce n’est pas un hasard. Il suit une logique économique simple : chaque vue rapporte de l’argent. Les plateformes paient pour l’attention. Les faussaires créent donc ce qui attire c'est à dire du choc, du simple, du clivant, du familier. Peu importe si c’est vrai, tant que c’est regardé. Un deepfake politique ou intellectuel rapporte plus qu’un deepfake pornographique. Le faux porno est exposé à de lourdes poursuites et circule moins. Un faux discours d’intellectuel, lui, peut circuler librement, parfois pendant des semaines, avant d’être signalé. Il peut même passer pour un simple “point de vue” tant que personne ne dénonce l’usurpation. On voit donc apparaître une industrie du faux crédible qui est assez ressemblant pour tromper, assez flou pour se défendre, et assez rentable pour se multiplier.

On n’en est qu’au début

Nous entrons dans un monde où voir ne suffit plus pour croire, où entendre ne suffit plus pour savoir, et où même se souvenir ne garantit plus la vérité. La technologie qui permet de créer ces doubles numériques ne va pas disparaître. Elle va devenir plus performante, plus simple et plus accessible à tous. La vraie question n’est donc pas si ces pratiques vont se développer, mais à quelle vitesse et avec quelles conséquences. Conséquences pour les personnes dont on vole l’image et la parole. Conséquences pour les citoyens qui perdent leurs repères. Conséquences pour la démocratie, qui a besoin d’une réalité partagée. Nous ne faisons qu’entrer dans cette ère. Dans ce monde d’images créées et de voix synthétiques, la seule vraie protection, pour l’instant, reste la même qu’avant c'est à dire de douter, de vérifier, et de choisir consciemment les sources auxquelles on accorde sa confiance.

Article complet :




vendredi 6 février 2026

jmail.world, le site le plus dérangeant de ce début 2026



News Trust Media :

Bravo aux créateurs de https://jmail.world qui ont fait un boulot formidable pour retranscrire l'ensemble des Epstein Files sur un seul site web à l'interface ultra intuitive pour pouvoir se plonger au cœur des révélations sur Jeffrey Epstein. 

(Via ninon.ia_officiel sur Instagram)




Du complotisme au bannissement, il n’y a qu’un pas. L’exemple de Jacques Baud


par Liliane Held-Khawam


«Un dixième seulement de l’humanité possèdera les droits de la personnalité et exercera une autorité illimitée sur les neuf autres dixièmes. Ceux-ci perdront leur personnalité, deviendront comme un troupeau ; astreints à l’obéissance passive, ils seront ramenés à l’innocence première, et pour ainsi dire au paradis primitif, où du reste ils devront travailler. Les mesures proposées par l’auteur pour supprimer le libre arbitre chez les neuf dixièmes de l’humanité et transformer cette dernière en troupeau par de nouvelles méthodes d’éducation, ces mesures sont très remarquables, fondées sur les données des sciences naturelles, et parfaitement logiques». ~ Chigaleff

«Moi, si je ne savais que faire des neuf dixièmes de l’humanité, au lieu de leur ouvrir le paradis, je les ferais sauter en l’air et je ne laisserais subsister que le petit groupe des hommes éclairés, qui ensuite se mettraient à vivre selon la science». (p. 149) ~ Liamchine

⎯ Extraits de Les Démons de Fiodor Dostoïevski (XIXe siècle)

L’Occident du XXIe siècle a éteint les lumières et s’éloigne résolument des intellectuels qui ont été jusqu’à risquer leur vie pour la liberté de croire, de penser et de s’exprimer. Il est loin le temps où l’enseignement public était fondé sur des auteurs comme Voltaire dont la pensée était illustrée par la phrase : «Je déteste ce que vous écrivez, mais je donnerai ma vie pour que vous puissiez continuer à écrire».

Actuellement, ceux qui ont le malheur de tenir un discours contrariant sont sévèrement sanctionnés. Nous connaissons l’histoire de l’avocat allemand Reiner Fuellmich que les autorités allemandes ont réussi à faire arrêter sur sol mexicain (!) puis emprisonner durant des années. Aux dernières nouvelles, il y est encore. Bien des corrompus de haut vol ne bénéficient pas d’un traitement si élaboré…

Ce monsieur avait eu le tort de s’être cru libre d’offrir une tribune aux opposants, – notamment de célèbres scientifiques -, à la gestion de la crise covid. De là où il se trouve, il ne peut plus parler.
D’abord stigmatiser les opposants en leur collant un sobriquet péjoratif

Il est bon de savoir que la Théorie du complot est une invention de la CIA faite sur mesure pour intimider et disqualifier ceux qui résistaient à l’hypothèse retenue par la justice dans le cadre de l’assassinat de JFK.

La 4ème de couverture du livre du professeur deHaven-Smith explique bien les origines : 

"Depuis que la Commission Warren a conclu à l’assassinat du président John F. Kennedy par un tireur isolé, ceux qui remettent en question cette conclusion sont systématiquement qualifiés de complotistes, malgré des preuves crédibles de l’implication d’éléments d’extrême droite au sein de la CIA, du FBI et des services secrets – et peut-être même de hauts responsables gouvernementaux. Pourquoi les soupçons de malversations au plus haut niveau de l’État sont-ils rejetés d’emblée comme de la paranoïa, voire de la superstition ? L’ouvrage «Conspiracy Theory in America» analyse comment le réalisme pragmatique des Pères fondateurs quant à la probabilité de fautes politiques de la part des élites – exprimé dans la Déclaration d’indépendance – a cédé la place aujourd’hui à la condamnation systématique des théories du complot, jugées absurdes par définition. Lance deHaven-Smith révèle que l’expression «théorie du complot» est entrée dans le langage politique américain pour détourner les critiques de la Commission Warren et en retrace l’origine jusqu’à une campagne de propagande de la CIA visant à discréditer les sceptiques. Il pose des questions difficiles et établit des liens entre cinq décennies d’événements suspects, notamment les assassinats de John et Robert Kennedy, les tentatives d’assassinat de George Wallace et Ronald Reagan, le scandale du Watergate, l’affaire Iran-Contra (trafic d’armes contre otages), les élections présidentielles contestées de 2000 et 2004, la grave défaillance de la défense lors des attentats du 11 septembre et les attaques à l’anthrax qui ont suivi." (Amazon.fr avec pour éditeur l’University of Texas Press)

Plus de 60 ans plus tard, l’hypothèse retenue en son temps est dépassée. Dans la vidéo ci-dessous, Rob Reiner est invité sur une chaîne publique pour expliquer son enquête sur le sujet, menée avec Soledad O’ Brien une journaliste d’investigation récompensée, et affirmer qu’il y avait au minimum 4 tireurs… Sans les conspirationnistes, nous serions restés avec l’hypothèse du tireur unique et d’une «balle magique».



«Vous ne pouvez pas penser par vous même» !

Les personnes de ma génération ont été encouragées par des enseignants mais aussi par leur famille à ne pas subir les idées, mais à les discuter, voire à les critiquer. Nous débattions des heures durant en séminaire, ou en dehors entre amis. C’était culturel et nous nous sommes ainsi construits une liberté de penser mais aussi un respect de la liberté de penser et de croire de l’autre.

Subitement, la possibilité de débattre s’est interrompue et la chose était flagrante avec le Covid. Tu ne voulais pas de l’injection, tu étais un antivax primaire et ennemi de la «science». Tu expliquais le great reset, ou pire tu l’anticipes dans ton livre et on te fait l’immense honneur de te répertorier en tant qu’économiste évoluant dans la mouvance complotiste. Un comble ! Au lieu de féliciter parce que tu as anticipé un projet officiel, on te placarde.

Je prends le thème de la création monétaire contre dettes. Jusqu’à la votation sur Monnaie pleine, ce thème était soit ignoré, soit étiqueté complotiste. Au moment de la votation, des journaux suisses mainstream ont admis la chose noir sur blanc !

Etc. Etc. Etc.

Le problème de l’étiquetage conspirationniste ou complotiste est qu’il se fait sans réel méthodologie claire. Bien entendu, le débat fait défaut. Alors pour réduire le côté aléatoire d’un éventuel jugement de valeur subjectif, on tente de donner à la chose un vernis scientifique.


Explications succinctes par le spécialiste de la Théorie du complot, Sebastian Dieguez, Laboratoire des sciences cognitives et neurologiques de l’Uni de Fribourg. Une émission intitulée «Quel vaccin contre le complotisme ?»


Le bannissement social de Jacques Baud


Jacques Baud est sur liste noire de l’UE avec interdiction de franchir la frontière belge*. Cet ancien officier suisse, prisonnier de fait, n’a plus accès à ses avoirs, ni aux services de transferts financiers, par décision des dirigeants de l’UE. Et toute personne désireuse de lui apporter son aide risque de se compromettre elle aussi aux yeux du Système en place. Aucune aide ne peut lui parvenir, même pas pour se nourrir. Donc si M. Baud ne dispose pas de cash PHYSIQUE, il lui est impossible de subvenir à ses besoins. Son histoire crée un précédent dans un espace appelé fallacieusement libéral et dont la réalité a tout du soviétisme pur et dur. Le sort de Jacques Baud est potentiellement celui de chacun d’entre nous.

* Subitement la libre-circulation des hommes, des capitaux et des marchandises dans l’espace unique de l’UE ne s’applique plus !



Jacques Baud, un exemple européen de sanction assimilable à celle du crédit social ?

Le bannissement de Jacques Baud du système bancaire et du trafic de paiement international pourrait être comparé au sort réservé à ces ressortissants chinois qui figurent sur la liste noire du pays. Qu’a-t-il commis comme crime pour mériter ce châtiment ? Un discours même propagandiste qui ne plait pas n’est pas un crime, tant qu’il n’appelle pas au meurtre. Alors ?

En Chine, on coupe aussi aux désobéissants l’accès au système de paiement et autres insoumis au consensus ambiant.

"La Chine vient de montrer ce qui se passe lorsque l’État décide qui peut et qui ne peut pas exister économiquement. Des dizaines de milliers de jeunes dorment aujourd’hui dans la rue, non pas par manque de travail, mais parce qu’ils sont fichés par le système de crédit social. Là-bas, la punition ne consiste pas en une cellule, mais en le blocage de WeChat Pay. Sans portefeuille numérique, vous ne pouvez ni acheter, ni vendre, ni vivre. Vous perdez le droit de gagner de l’argent, de recevoir un salaire, de payer un loyer, d’être un être humain. C’est le cauchemar technocratique déguisé en «ordre et citoyenneté». La punition n’a plus besoin de police : un algorithme suffit. Un faux pas, une opinion «inappropriée», un paiement mal interprété – et votre vie financière s’évapore. Le résultat est le suivant : une génération de jeunes sans-abri, exclus non pas par la pauvreté, mais par des choix numériques. Un système où l’obéissance est plus valorisée que le caractère, et où la soumission est le nouveau visa de survie."

Alors Jacques Baud pourrait-il avoir servi de cobaye à un système répressif et arbitraire qui se met en place sans bruit et qui risque d’être automatisé grâce au tout-numérique et aux plateformes portées par la technologie de la blockchain ? Jacques Baud aurait alors été le premier sanctionné d’une longue liste à venir de citoyens moins médiatisés. Ce précédent, acté par le grand public, pourrait être le ballon d’essai d’une pratique qui risque d’être massifiée comme en Chine grâce à la révolution technétronique.

Au-delà des doléances que l’on peut lui faire à Bruxelles, nous pouvons juste constater que les sanctions imposées au suisse relèvent d’une intention ressemblant fortement à celle des sanctions associées au Système de crédit social ; à savoir éjecter du circuit économique et financier toute personne non conforme aux exigences ambiantes. Il suffit de désactiver l’accès bancaire pour les uns ou un WeChat Pay pour les autres…

Le Système de crédit social, ou la chasse aux mauvais citoyens !

Le but de ce système est avant tout de faire peur, et de rendre obéissant les individus. Il s’agit là d’apprendre à tout un chacun de se conformer aux normes définies par la planète techno-finance, dont les indicateurs de mesure et de contrôle sont consignés dans un Système numériques ou plutôt cybernétiques.

Comment ça marche ? D’abord, le crédit social chinois (CSC) fournit un «capital de points» accordé par l’État aux citoyens et aux personnes morales (entreprises, institutions). Il peut être amélioré ou réduit, selon le comportement de l’entité (personne physique ou morale).

Des points sont accordés, mais des points sont aussi retirés. Papier jeté dans la rue, contravention, ou feu rouge grillé à un passage pour piétons, et le score baisse. En revanche, aider son prochain ou signaler un délinquant, et le score remonte. Tout habitant est fiché et classé. La photo des derniers de classe peut être affichée dans un lieu public (cinéma). Selon la région, le téléphone des stigmatisés a une sonnerie reconnaissable ; celle de la sirène de police.

Selon le score final, c’est l’existence de l’individu au sein de la société qui est remise en question.




Le Système de crédit Social est l’outil parfait pour mettre en place la ségrégation entre les humains, mais cela peut aller jusqu’à leur bannissement économique et social.

Le concept est américain à la base

Aux États-Unis, le score de crédit, «credit score», existe depuis longtemps et sert d’indicateur accessible à tout organisme vendeur ou bailleur pour estimer la solvabilité financière d’un client, et donc la capacité de ceux-ci à rembourser leurs emprunts. En fonction de cette valeur, un organisme peut décider d’un taux de remboursement, d’une limite sur les cartes de crédit ou de la nécessité ou non d’avoir besoin d’un garant pour un achat important. Le score de la personne est regardé presque systématiquement par le futur créancier pour s’assurer de la capacité de l’emprunteur à rembourser les crédits, mais aussi du comportement de celui-ci dans sa régularité à payer les échéances.



Quand la Banque populaire de Chine a voulu introduire son modèle, encore plus étendu que le FICO, elle s’est inspirée du credit score américain. Elle confie dès septembre 1999, à l’Institute of Economics de la Chinese Academy of Social Sciences, le projet de recherche sur un système de management de crédit national. Le système devint opérationnel en 2006.


Cet outil va devenir existentiel en Chine. Pour acheter un logement, la note du crédit social va entrer en ligne de compte, et va influer sur le crédit bancaire ! La banque juge de l’intégrité des clients pour accorder ou pas un crédit. Un comble quand on a analysé un minimum le comportement des banquiers dans la gestion des liquidités et leur propension à la spéculation massive. Et dans cette société, les gens consultent les notes de leurs amis ou de leurs partenaires de travail pour savoir s’ils peuvent leur faire confiance. La délation est non seulement admise, mais elle peut être même récompensée. [...]

Que faire des moutons noirs du Crédit social chinois

Concernant les pires scores (entre C et D), une liste noire a déjà été établie par la Cour suprême. Vous pouvez consulter sur internet les noms, adresses et parfois les visages de citoyens qui ont principalement contracté des problèmes d’argent et de dettes. Surnommés «mauvais payeurs», certains d’entre eux sont même exposés publiquement comme sur des panneaux d’affichage numériques à l’entrée des cinémas.

Dans la ville de Guanyun, dans le sud de la Chine, non seulement une sonnerie de téléphone spéciale leur est attribuée, mais même ceux qui tentent d’appeler sont prévenus que leur interlocuteur est sur liste noire. En mars 2019, cette liste comptait plus de 23 millions de personnes. Les sanctions qui en résultent sont très restrictives d’un point de vue social : refus de crédit bancaire, interdiction de créer une entreprise, impossibilité d’acheter un bien immobilier ou une voiture, interdiction de placer des enfants dans un établissement privé, ou de ne pas pouvoir voyager en train ou avion…

Le Centre national d’information publique de Chine a rapporté que 20,47 millions de demandes de billets d’avion et 5,71 millions de demandes de billets de train à grande vitesse ont été rejetées pour «malhonnêteté» ce mois-là, ce qui représente 2% de la population mondiale

En France, le score à risque existe aussi

D’après Jean-Gabriel Ganascia, président du comité d’éthique du CNRS, interviewé par Élise Lucet en octobre 2019, expliquait que le système de «crédit social» testé en Chine, «malheureusement, existe déjà en France»… Par exemple avec internet, où nous sommes notés en permanence. Donc selon lui, «il y a un «crédit social»’ qui sont récupérées par un certain nombre de grandes entreprises. Il évoque aussi les technologies de reconnaissance faciale par exemple testées à Nice.

La CAF l’a mis en place sous le nom de système de «score de risque».

L’Italie a introduit le portefeuille du citoyen vertueux

Mai 2022. Vincent Held citait Corriere della Sera : «Le portefeuille du citoyen vertueux» [ou «smart citizen wallet»] est aujourd’hui actif à Rome en phase expérimentale. L’idée s’apparente au mécanisme d’«une collecte de points de supermarché» (…) «Les citoyens seront récompensés s’ils trient les déchets, s’ils utilisent les transports en commun, s’ils gèrent bien l’énergie, s’ils ne subissent pas de sanctions de la part de l’autorité municipale, s’ils sont actifs avec la Carte Culture». En échange de ce «comportement vertueux» (sic), le bon citoyen se verra gratifier d’un «crédit» qu’il pourra ensuite «dépenser» en échange de divers «avantages» : «Remises [sur le prix des transports publics et la taxe poubelle], sur les activités culturelles, etc.».

En 2023, La Dépêche confirme le phénomène. Noter les citoyens, le système est déjà effectif en Chine, mais en Europe aussi le crédit social pointe le bout de son nez. Plusieurs tentatives ont lieu de l’autre côté de la frontière, en Italie. Le 29 mars dernier, le maire de Bologne en Italie annonce la mise en place d’un Smart Citizen Wallet ou «le portefeuille du citoyen vertueux». Un système vite décrié. L’application, déjà active en phase expérimentale à Rome, vise à attribuer des points pour les bonnes actions de chacun comme trier ses déchets, prendre les transports en commun. Pour l’instant, seuls les «vertueux» ont une rétroaction positive. Les «expériences» n’ont pas encore pris en compte les «mauvais» citoyens. Quels seraient leur feedback ? L’Italie n’en parle pas bien sûr.

En Suisse, la liste noire de FINMA

Dans notre dossier Finma (cf onglet sur le site), figure un article de 2015 dans lequel nous avions découvert que l’établissement gérait une liste noire. Nous avions découvert à l’époque que certaines entités citées l’étaient sur la base de «soupçons» et non d’infraction établie.

«La FINMA gère et publie une liste noire. Les entreprises inscrites sur cette liste ont fait l’objet d’enquêtes de la part de la FINMA en raison d’activités exercées sans droit, mais il n’a pas encore été possible d’éclaircir les soupçons à leur égard car elles n’ont pas respecté leur obligation de renseigner vis-à-vis de la FINMA. Le fait qu’une entreprise figure sur la liste noire ne signifie pas nécessairement qu’elle exerce une activité illicite, mais la FINMA entend ainsi faire savoir qu’elle ne dispose pas de l’autorisation requise. Les entreprises concernées sont supprimées de la liste dès que la FINMA a pu procéder aux vérifications nécessaires ainsi qu’aux adaptions susceptibles d’en découler».

Dangers et risques d’un totalitarisme numérique

Le système continu de surveillance, de contrôle, et de sanctions/récompenses vise à instaurer un management par la peur dans la sphère publique.

Si nous devions intégrer à la plateforme de la blockchain, l’identifiant numérique e-ID, e-Health, les données de la reconnaissance faciale, vocale, etc. piochés dans le BigData, nous serions confrontés à un totalitarisme numérique.

Maintenant, nous n’osons imaginer si les données collectées dans le cadre de la médecine personnalisée soient livrées à des recruteurs… Et s’il y avait usurpation d’identifiant pour s’approprier les points d’un tiers ? Et s’il y avait un acte de malveillance réalisé par un traficotage des données ? Et s’il y avait confusion par la reconnaissance faciale ou vocale ? Etc.

Bref, planète finance veut le Système de Crédit social à la chinoise pour tous, quels qu’en soient les coûts moraux, humains et éthiques.

Avec l’affaire Baud, le Système de crédit social à la chinoise semble avoir mis le pied dans la porte de la gouvernance européenne.

Article complet : Liliane Held-Khawam



jeudi 5 février 2026

La Manifestation de l'Invisible : D'Epstein à Dylan en passant par David Bowie

 






L’ordre sous l’ordre mondial : Epstein




par Yasin Aktay


À mesure que les documents Epstein sont rendus publics, l’image des fondements, des piliers et des principes du système dans lequel le monde vit depuis des années devient de plus en plus nette. En réalité, nous nous attendions à beaucoup de choses de cet ordre mondial. Nous en attendions toutes les formes de mal et d’immoralité. Mais il y a des révélations face auxquelles on peut dire que, même ainsi, nous ne pensions pas que cela irait aussi loin. Pendant des années, à Gaza, en Palestine, nous observions une barbarie qui piétinait l’ensemble des prétentions du système mondial en matière de justice, de droits humains, d’égalité, de liberté et d’humanisme. Et nous ne cessions de nous étonner du silence du monde face à cette violence.

Nous tentions d’expliquer cette indifférence par une humanité qui ne fonctionnerait pas lorsqu’il s’agit de musulmans, par le deux poids deux mesures, par l’absence de principes ou, au mieux, par une forme d’impuissance. Or il s’avère que, derrière cette façade, il y a bien plus que de l’impuissance.

Un petit groupe de valeureux combattants des Brigades Izzeddin al-Qassam a révélé que, face à l’ordre mondial sioniste, l’ensemble des États du monde sont en réalité captifs, que toutes leurs terres sont occupées. Le seul peuple qui ne serait pas captif face à cet ordre serait le peuple de Gaza, et la seule terre libre serait Gaza. Nous avons souvent rappelé ce constat face à l’incroyable désinvolture du monde devant le génocide perpétré contre Gaza. Mais ce qui se dévoile aujourd’hui dépasse tout ce que l’imagination pouvait concevoir quant aux mécanismes de cette captivité des États et à l’existence, en arrière-plan, d’un régime de chantage fondé sur une déchéance morale profonde.

Au-delà de l’imaginaire sociologique des relations internationales
Sur tezkire.net, Veysel Karakaş écrivait que nous prenions tout cela pour des récits, pour des fables, alors qu’en réalité nous n’en avions entendu qu’une infime partie, même dans les contes : "Nous implorions des consciences qui se nourrissent de chair et de sang d’enfants en leur disant "que les enfants ne meurent pas", et nous leur demandions presque des faveurs. Pendant que nous disions "arrêtez cette guerre", eux mangeaient des enfants d’un côté, et de l’autre nettoyaient les restes coincés entre leurs dents tout en nous répondant. Oui, ce n’est pas une métaphore. Ils mangeaient réellement des enfants. Des relations incestueuses, des viols, des perversions glaçantes dépassant toute imagination."

Les documents Epstein révèlent, derrière des relations que notre intelligence en sciences sociales n’a jamais pu faire entrer dans aucune théorie, des causes que personne n’aurait pu imaginer. Ils montrent aussi à quel point les analyses produites par les spécialistes des relations internationales, mobilisant toute leur intelligence théorique et pratique, étaient vides de sens. Il apparaît que ces relations reposent sur des liens et des dépendances forgés par des penchants pervers. Des dirigeants pris et contrôlés par leurs organes sexuels. Le phallocentrisme serait ainsi le facteur déterminant des relations internationales. Dans ces relations fondées sur l’organe, il ne reste ni religion ni idéologie. Le billet de sortie de l’humanité est facile à délivrer et, dès qu’il l’est, on commence à jouer les rôles qui nous sont assignés dans une toute autre matrice.

Ce que nous voyons annonce quelque chose de bien pire encore

Lorsque les documents de WikiLeaks avaient été divulgués, une partie de ce sentiment avait déjà émergé. Mais à l’époque, il ne s’agissait que de rumeurs liées à des noms apparaissant dans des échanges internes aux réseaux de renseignement américains. Epstein constitue une explosion d’un tout autre ordre. Certains parlent d’une explosion d’égout. Je ne partage pas cette expression. Il s’agit de l’ordre lui-même. L’égout est bien plus profond, et nous n’en avons pas encore vu le pire. Tout ce que nous voyons annonce quelque chose d’encore plus grave.

Il existe ce récit devenu légendaire selon lequel un président américain aurait démissionné par honte et sous la pression des valeurs morales de la société américaine, simplement parce qu’un mensonge avait été révélé. Passons. Il y eut aussi l’affaire célèbre entre le président Bill Clinton et Monica Lewinsky. Quel monde cette affaire nous avait-elle donné à voir à travers le jugement de l’opinion publique ? Une Amérique qui ne tolère jamais le mensonge, profondément attachée aux valeurs familiales. Aujourd’hui, avec Epstein, les coulisses de cette Amérique réduite aux simulations décrites par Baudrillard apparaissent bien plus clairement.

La démocratie occidentale comme alibi du pillage

Ne savions-nous pas déjà que la sensibilité démocratique des États-Unis et de l’Occident n’était qu’un prétexte à leur propre colonialisme avide ? N’avions-nous pas vu ce qu’ils entendaient par démocratie à travers les atrocités d’Abou Ghraib, transportées dans le même paquet que la démocratie vers l’Afghanistan et l’Irak, ou à travers les mises en scène de DAECH qu’ils ont créées et contrôlées jusqu’au bout ? Avions-nous réellement cru que leur prétendue préoccupation pour l’éducation des femmes en Afghanistan provenait d’un amour sincère pour les femmes ? Fallait-il voir Epstein pour comprendre l’ampleur de la perversion qui se cache derrière tout cela ?

Les documents Epstein montrent qu’à Gaza, en Afghanistan, en Irak, en Syrie et partout où leurs mains atteignent, ils ont pu commettre toutes sortes de saletés que l’esprit et l’imagination des musulmans ne peuvent même pas concevoir.

Pourquoi la guerre en Syrie a-t-elle duré quatorze ans ? Comment, durant tout ce temps, des centaines de milliers de personnes ont-elles pu être broyées jusqu’à la dernière goutte de sang dans la prison de Saydnaya et dans d’autres geôles, sous les yeux du monde entier ? Quels réseaux de chantage ont empêché que l’on mette fin à ces atrocités ? Comment une production et un trafic de drogue de plusieurs milliards de dollars par an en Afghanistan ont-ils pu échapper au regard de l’OTAN ? Ou bien ont-ils été maintenus sous la surveillance même de l’OTAN ? Le monde a une dette de gratitude envers ceux qui ont fait exploser cet égout, mais ah, s’ils n’étaient pas les Taliban, n’est-ce pas ? Parce qu’ils restreignent l’accès des filles à l’éducation ? Ou parce qu’ainsi, elles ne peuvent pas être enlevées à cet âge pour être sacrifiées dans l’enfer Epstein, livrées à la prostitution et à toutes sortes de rituels pervers ?

Le facteur jamais pris en compte par aucune analyse

Les documents Epstein révèlent qu’un facteur bien plus fondamental, jamais pris en compte par aucune analyse, détermine en réalité le fonctionnement de l’ordre mondial. Au sommet de tous ces responsables politiques liés à des centres de décision par la prostitution et des relations perverses se trouve le MOSSAD israélien. Les documents dévoilent comment Israël, fléau pour le monde, dirige la planète à travers un réseau de relations sales et de chantage, et à quel prix pour l’humanité.

Une mécanique de chantage qui se retourne contre ses maîtres

Il apparaît que ces révélations ont été rendues possibles, dans une large mesure, par le fonctionnement même de ce chantage. Une sanction semble être infligée aux responsables politiques incapables d’honorer leurs engagements envers le MOSSAD. Mais en sanctionnant le débiteur, on expose aussi le maître-chanteur, lui infligeant un préjudice considérable. Cela crée une occasion sérieuse de s’attaquer à un mécanisme criminel.

Les incohérences de Trump, capable de dire une chose le matin et son contraire avant midi, ne peuvent pas être attribuées uniquement à sa personnalité. Les tentatives de mesurer l’efficacité de chantages qui le menacent et qui n’ont jamais réussi à le placer totalement sous la tutelle d’Israël ont peut-être conduit à ces révélations. Et il ne s’agit évidemment pas que de lui.

Le monde s’endette une fois de plus envers Gaza

Enfin, il faut le dire clairement : la mise à nu de cet ordre Epstein doit beaucoup au 7 octobre et à l’opération Déluge d’Al-Aqsa. La résistance menée pendant deux ans par les valeureux combattants de Gaza contre l’Israël génocidaire a progressivement contraint le monde entier à prendre position. Si des bombes se sont abattues sur Gaza, si de nombreux martyrs sont tombés et si des maisons ont été détruites, le monde contre lequel ils se battaient a, lui aussi, été secoué par un séisme d’une magnitude de 11,7. À chaque secousse, le monde a avancé d’un pas vers un changement nouveau. Le mouvement se poursuit. Jusqu’où ira-t-il ?


https://www.yenisafak.com/fr/columns/yasin-aktay/epstein-et-la-face-cachee-de-lordre-mondial-53021


Yasin Aktay est né le 20 février 1966 à Siirt. Il est diplômé de l'Université technique du Moyen-Orient (Ortadoğu üniveristesi), département de sociologie. Il a complété sa maîtrise et son doctorat à la même université. Aktay a travaillé comme professeur agrégé et professeur de sociologie au Département de sociologie de l'Université Selçuk et au Département de sociologie de la Faculté des sciences humaines et sociales de l'Université Yıldırım Beyazıt. Il a travaillé comme chargé de cours jusqu'en septembre 2012 au Département de sociologie de l'Université de Selçuk, où il est entré comme assistant de recherche en septembre 1992. Auteur de nombreux livre, il est également conseillé du président Turc, Recep Tayyip Erdogan.

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Le langage d’une caste qui se croit au-dessus de tout




Olivier Colom, passé par les cercles du pouvoir sous la présidence Sarkozy et intégré aux réseaux politico-diplomatiques français, apparaît dans les documents Epstein comme un interlocuteur parfaitement à l’aise avec la vulgarité et la déshumanisation.

Dans des mails de 2013, Jeffrey Epstein lui écrit :

« sur mon île dans les Caraïbes, avec un aquarium rempli de filles. »

Colom ne s’offusque pas. Il embraye. Il compare des femmes à des requins, à des crevettes, certaines bonnes à garder, d’autres à décapiter et jeter. Il parle de préférences de couleur, plaisante sur le tri, sur la consommation. Epstein dérape, Colom acquiesce. La conversation se termine sur un accord satisfait : « Nous sommes, encore une fois, d’accord. »

Ce n’est pas une blague isolée. C’est un échange complice, vulgaire, raciste et profondément misogyne, où des femmes, très probablement jeunes au vu du contexte Epstein, sont réduites à du poisson à classer, découper, consommer. Le tout avec un pédocriminel dont l’île était un centre d’exploitation sexuelle.

Colom, par ailleurs défenseur acharné d’Israël et de sa politique, incarne ici une constante troublante : même mépris des vies, même déshumanisation, même capacité à tout justifier tant que cela sert l’ordre dominant.

Ce n’est pas un dérapage. C’est le langage naturel d’une caste qui se croit au-dessus de tout, et qui, en privé, révèle ce qu’elle pense vraiment.

Glaçant. Et indéfendable.


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Note :

Vous pensiez que les dossiers Epstein ne révélaient que des relations occultes, des échanges douteux, des détails sordides. En réalité, les pages les plus graves sont caviardées

La règle est pourtant évidente : tant que les victimes sont protégées, tout le reste doit être exposé. Alors pourquoi masquer l’origine de certains courriels contenant des mentions aussi monstrueuses que : « Nouvelle Brésilienne arrivée, sexy et mignonne, 9 ans. » Ce n’est pas une question de pudeur. C’est une question de protection des coupables. Quand on efface les noms mais qu’on laisse apparaître l’horreur, on ne protège pas les victimes. On protège l’élite perverse qui a écrit ça.

Tomy le Magnifique sur X



Jack Lang, Moscovici, Bruno Lemaire et Macron cités dans le réseau Epstein




Pour une commission d’enquête parlementaire immédiate sur l’affaire Epstein !

La publication de nombreux nouveaux documents liés à l’affaire Epstein (échanges de courriels, photos, vidéos,…) depuis le 30 janvier 2026 laisse apparaître l’implication de nombreuses personnalités françaises dans cet effroyable scandale.

Certaines semblent impliquées dans l’aspect le plus glauque et monstrueux de l’affaire : la vérité doit être faite.

D’autres entretenaient manifestement des relations proches voire amicales avec Epstein : ils doivent en expliquer la teneur exacte.

D’autres, jusqu’au sommet de l’État ou des institutions européennes, semblaient participer à des relations d’ordre politique ou financière avec le pédocriminel américain : dans quel but, sur quels domaines de travail, avec quelles conséquences sur notre diplomatie et notre vie publique ?

Quid d’éventuelles transactions financières ?

Nous ne pouvons pas simplement « passer à autre chose » : l’affaire est bien trop grave, et plus tentaculaire encore qu’on n’aurait pu l’imaginer.

Les médias méritent aussi d’être convoqués par cette commission d’enquête tant il apparaît que leur traitement de l’affaire depuis des années a eu tendance à en minimiser la gravité et la portée, voire à chercher à discréditer tous ceux qui osaient s’interroger.

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Affaire Epstein : LFI veut une commission d’enquête parlementaire "transpartisane"


Le parti politique français La France insoumise (LFI) a annoncé vouloir créer une commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Jeffrey Epstein, retrouvé mort dans sa cellule à New York en août 2019 alors qu’il attendait d’être jugé pour trafic sexuel de mineures.

Le mouvement souhaite mener ce travail "si possible de manière transpartisane", a déclaré en conférence de presse le député de l’Essonne, Antoine Léaument.

Cette initiative intervient après la publication, le week-end dernier, de plus de trois millions de pages supplémentaires du dossier Epstein par la justice américaine, comprenant notamment des vidéos et des images.

Ingérence

Les noms de plusieurs personnalités françaises apparaissent dans ces documents, a confirmé LFI, précisant que leur simple mention ne présume en rien d’actes répréhensibles.

Selon Antoine Léaument, deux volets justifient l’ouverture d’une commission d’enquête : un volet "pédocriminel" lié à la traite d’êtres humains, et un volet "politique", évoquant des questions d’ingérence ou de financements. Le député a indiqué que LFI proposerait cette commission à la signature de l’ensemble des groupes parlementaires afin qu’elle puisse être constituée.

Il a également estimé que le "silence" autour de ce dossier risquait d’alimenter les théories complotistes, appelant la représentation nationale à "faire sa part du travail".


Le poids grandissant du sionisme chrétien dans les pays du Sud et le cas de l’Afrique du Sud






Le sionisme chrétien est devenu un vecteur clé de l’influence israélienne dans les pays du Sud, et l’Afrique du Sud est apparue comme le champ de bataille central.

Autrefois ancré dans la théologie impériale du XIXe siècle, le sionisme chrétien fonctionne aujourd’hui comme un projet politique qui cherche à légitimer le colonialisme israélien à travers des récits religieux. En Afrique du Sud, longtemps bastion de la solidarité entre les Noirs et les Palestiniens, sa propagation rapide et son soutien au lobbying pro-israélien menacent d’éroder le soutien public à la libération de la Palestine.

Les liens d’Israël avec les réseaux sionistes chrétiens se sont développées parallèlement à la croissance des mouvements pentecôtistes et évangéliques de la Prospérité en Afrique du Sud au cours des dernières décennies.

Ces courants théologiques présentent le soutien à Israël comme une obligation divine et leurs adeptes de plus en plus nombreux, s’engagent dans un lobbying pro-israélien actif et découragent l’engagement en faveur des droits des Palestiniens.

Ensemble, ces forces risquent de remodeler le paysage politique sud-africain dans un contexte où le système politique de coalition prend de l’ampleur et où les petits partis pro-israéliens peuvent exercer une influence disproportionnée.

Pour contrer cette tendance et renforcer l’engagement historique de l’Afrique du Sud en faveur de la libération de la Palestine, cet article formule pour conclure, un ensemble recommandations suivantes à l’intention des différents acteurs identifiés.

Introduction

Au XIXe siècle, les empires européens ont utilisé les missions chrétiennes pour légitimer leur conquête des terres africaines, s’emparer des ressources et consolider leur domination culturelle. Les écoles et les églises missionnaires ont diffusé les valeurs occidentales, sapé les traditions africaines et présenté le service rendu à l’empire comme un service rendu à Dieu.

Dans ce contexte impérial plus large, les évangéliques britanniques ont commencé à promouvoir une vision politique qui soutenait la réinstallation des juifs en Palestine.

Bien que les appels théologiques en faveur de la restauration juive aient circulé en Europe pendant des siècles, c’est Lord Shaftesbury, le principal sioniste chrétien de l’Angleterre victorienne, qui a poussé le ministre des Affaires étrangères Lord Palmerston à encourager la réinstallation des juifs afin de renforcer l’influence britannique face aux ambitions rivales de la France et de la Russie.

Ce faisant, les évangéliques ont contribué à transformer le sionisme chrétien d’une croyance théologique en une idéologie politique alignée sur les intérêts impériaux. [1]

Ancrés dans la conviction qu’un État juif en Palestine est nécessaire au retour de Jésus et à la fin des temps, les sionistes chrétiens contemporains assimilent souvent l’Israël moderne au royaume biblique ; ils présentent ses politiques comme la volonté divine et la présence palestinienne comme un obstacle au plan de Dieu. Dans cette optique, le déplacement forcé des Palestiniens est non seulement justifié, mais également présenté comme une obligation religieuse.

Cet article examine la propagation du sionisme chrétien pro-israélien dans les pays du Sud, en se concentrant sur l’Afrique du Sud, qui a toujours été un bastion de la solidarité avec les Palestiniens. Elle montre comment le régime israélien a cherché à saper ce soutien en tirant parti du sionisme chrétien pour faire pression en faveur de l’État colonialiste et affaiblir la solidarité avec les Palestiniens.

Le sionisme chrétien dans les pays du Sud

Le régime israélien cherche depuis longtemps à surmonter la résistance à la normalisation des relations avec le sud global, qui trouve ses racines dans la solidarité anticolonialiste et le soutien à l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

L’un des points d’entrée les plus efficaces d’Israël a été l’influence croissante du sionisme chrétien, qui s’est développé parallèlement aux mouvements pentecôtistes et dispensationalistes prémillénaristes en Afrique et en Amérique latine au cours des trois dernières décennies.

Les décideurs politiques israéliens ont officialisé cette approche en 2004 en créant le Christian Allies Caucus à la Knesset afin d’« établir des lignes directes de communication, de coopération et de coordination » avec les dirigeants chrétiens du monde entier.

Le sionisme chrétien gagne du terrain en dehors du Nord global, comme l’indiquent les changements observés lors de la Fête des Tabernacles, un rassemblement évangélique annuel organisé à Jérusalem depuis 1980 pour manifester son soutien à Israël. Lors de la première fête, les Américains représentaient environ la moitié des 3000 participants. En 2008, cependant, le Brésil a envoyé la plus grande délégation, composée d’environ 1300 à 1500 participants.

S’appuyant sur le soutien croissant des chrétiens du Sud à Israël, l’Ambassade chrétienne internationale de Jérusalem (ICEJ), l’une des institutions sionistes chrétiennes les plus influentes au monde, a ouvert un bureau à Rio de Janeiro en 2023.

En Afrique du Sud, l’influence croissante du sionisme chrétien a été étroitement liée à la propagation rapide de courants théologiques alignés sur ses croyances fondamentalistes. Les pentecôtistes, par exemple, qui ne représentaient que 0,2 % des chrétiens sud-africains en 1950, en représentent aujourd’hui environ 10 %.

Les enquêtes indiquent que le soutien à Israël est, en moyenne, deux fois plus élevé parmi les congrégations pentecôtistes que parmi les autres groupes chrétiens.

Bien qu’ils ne soient pas tous pro-israéliens, les pentecôtistes ont tendance à interpréter littéralement les prophéties bibliques, ce qui les rend plus réceptifs à l’idée que l’État israélien moderne accomplit les Écritures. Cette orientation aligne souvent les communautés pentecôtistes sur les discours sionistes chrétiens et contribue à un niveau de soutien à Israël plus élevé que celui observé dans d’autres confessions.

La montée du sionisme chrétien en Afrique du Sud a des implications importantes pour le mouvement de solidarité avec la Palestine. Les Palestiniens et les Sud-Africains noirs partagent une longue histoire de lutte commune contre le colonialisme et l’apartheid, fondée sur un soutien réciproque à leur libération respective.

L’OLP entretient depuis des décennies des liens étroits avec l’African National Congress (ANC), notamment en formant des combattants sud-africains pour la liberté pendant la lutte contre l’apartheid. Cette solidarité entre Noirs et Palestiniens contraste fortement avec le soutien historique d’Israël au régime d’apartheid suprémaciste blanc, qui allait de l’aide militaire à la répression du mouvement de libération sud-africain et des mouvements anticolonialistes à travers le continent.

En conséquence, l’Afrique du sud est devenue un pôle central de soutien à la libération palestinienne, comme l’a récemment démontré son recours devant la Cour internationale de justice (CIJ), accusant Israël de génocide.

En réponse, le régime israélien a intensifié ses efforts de diplomatie publique – et son ingérence – en Afrique du Sud, cherchant à affaiblir cette solidarité. Si le sionisme chrétien et la mobilisation pro-israélienne parviennent à s’implanter en Afrique du Sud, qui est un centre majeur de la solidarité palestinienne, les implications pour l’ensemble du Sud global seront considérables.

Groupes pro-israéliens : la matrice sud-africaine

Il n’existe pas de définition ou de forme unique et universellement acceptée du sionisme chrétien, et le soutien au régime israélien prend des formes très diverses, allant de prières superficielles pendant la messe à un soutien financier aux colons qui s’emparent des terres et des maisons palestiniennes.

En Afrique du Sud, le sionisme chrétien comprend deux grands courants : un lobby pro-israélien actif et un courant dévotionnel « passif » plus large, composé de congrégations et d’individus qui adhèrent à la théologie valorisant l’État israélien mais ne font pas activement campagne en sa faveur.

Les groupes sionistes chrétiens actifs traduisent leurs convictions par un soutien direct au régime israélien et à ses objectifs géopolitiques. Ces groupes sont engagés dans diverses initiatives politiques, mais le sionisme reste un élément central de leur théologie et de leur plaidoyer. Ils entretiennent donc des liens étroits avec les réseaux israéliens et sionistes qui œuvrent à élargir le soutien au régime tant au niveau local qu’international.

L’ICEJ et Bridges for Peace (BP) comptent parmi les groupes sionistes chrétiens les plus influents d’Afrique du Sud. En tant que branches de mouvements mondiaux dédiés au « soutien d’Israël », ils disposent de bureaux dans le monde entier et travaillent en étroite collaboration avec les Amis sud-africains d’Israël (SAFI), qui collaborent directement avec le ministère israélien des Affaires stratégiques, en particulier dans le cadre des efforts visant à réprimer le mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS).

Alors que l’ICEJ et BP sont principalement implantés dans les communautés sud-africaines blanches, SAFI a noué des liens solides avec les congrégations noires, contribuant ainsi à diffuser une théologie pro-israélienne au-delà des clivages raciaux. [2]

En outre, le Parti chrétien-démocrate africain (ACDP), un parti explicitement chrétien représenté au parlement sud-africain, s’est engagé dans son manifeste de 2024 à « rétablir des relations diplomatiques complètes avec Israël » et à transférer l’ambassade sud-africaine à Jérusalem. Son fondateur, Kenneth Meshoe, est également membre de l’Israel Allies Foundation, un réseau mondial qui promeut une législation pro-israélienne dans plus de 40 assemblées législatives nationales, dont celle d’Afrique du Sud.

Les groupes sionistes chrétiens sud-africains et les réseaux de défense d’Israël sont étroitement liés, leurs dirigeants passant souvent d’une organisation à l’autre pour renforcer les programmes pro-israéliens.

Meshoe, par exemple, a également lancé une initiative visant à contrer les campagnes BDS, appelée Defend Embrace Invest Support Israel (Défendre, embrasser, investir, soutenir Israël).

Malcolm Hedding, éminent théologien sud-africain, a été à la tête de Christian Action for Israel (Action chrétienne pour Israël, Afrique du Sud) avant de déménager à Jérusalem pour devenir directeur exécutif de l’ICEJ.

Cassandra Mayekiso a cofondé la Coalition chrétienne Afrique pour Israël, a ensuite travaillé avec les Amis sud-africains d’Israël et dirige aujourd’hui la section sud-africaine de StandWithUs.

En tirant parti de ce chevauchement entre les dirigeants des groupes chrétiens sionistes et des groupes de défense d’Israël, le ministère israélien des Affaires stratégiques opère fréquemment par l’intermédiaire d’organisations locales afin d’éviter toute apparence d’ingérence étrangère.

En l’absence de rapports financiers vérifiés pour les groupes sionistes pro-israéliens, leurs sources de financement restent opaques, bien qu’il existe des indications du soutien du gouvernement israélien.

Par exemple, Proclaiming Justice to the Nations, une organisation sioniste chrétienne américaine classée comme groupe haineux anti-musulman, a reçu un financement direct du régime israélien pour organiser des événements à Johannesburg et au Cap en collaboration avec des partenaires locaux, tels que la South African Zionist Federation et l’ICEJ.

Cette information n’a été révélée qu’après qu’une demande en vertu de la loi sur la liberté d’information a révélé des paiements approuvés par le ministère israélien des Affaires stratégiques à des groupes à travers le monde. L’organisation en question continue de nier avoir reçu ces fonds.

Cette matrice de groupes sionistes pro-israéliens constitue un réseau de lobbying coordonné, dont les dirigeants passent avec aisance de rôles locaux à des rôles mondiaux et harmonisent leurs messages et leurs efforts de plaidoyer au-delà des frontières. En conséquence, l’organisation sioniste chrétienne en Afrique du Sud est étroitement liée à l’infrastructure internationale plus large de défense du sionisme.

Au-delà de ce lobby organisé, le sionisme chrétien prospère également dans les congrégations évangéliques de la Prospérité, où le soutien à Israël est présenté comme une obligation spirituelle liée à la faveur divine, à la santé, à la richesse et au succès. Ces interprétations théologiques conduisent de nombreux sionistes chrétiens, en particulier parmi les communautés marginalisées, à s’aligner instinctivement avec Israël en assimilant les Israélites bibliques à l’État moderne et en présentant le régime sioniste contemporain comme « la nation de Dieu ». [3]

Ces idées circulent largement dans les églises et à travers les grands réseaux médiatiques chrétiens, qui touchent un large public et promeuvent explicitement le message sioniste.

Les pèlerinages en Palestine occupée et les initiatives de dialogue de type « faithwashing » renforcent encore cette vision du monde, contribuant à la propagation rapide du sionisme chrétien dans les communautés pentecôtistes et charismatiques du Sud.

En Afrique du Sud, ce courant dévotionnel plus large, beaucoup moins actif que les réseaux de lobbying formels, constitue la majorité des sionistes chrétiens et joue un rôle essentiel dans le maintien du sentiment pro-israélien.

Son influence ne se manifeste pas par un soutien ouvert à Israël, mais plutôt par le désengagement du mouvement de solidarité avec la Palestine et le silence sur les droits des Palestiniens.

Ensemble, le courant dévotionnel et le réseau de lobbying sud-africains ancrent une base sioniste durable, qui étend son influence des églises au parlement.

Impact politique d’une base sioniste

L’ANC, le parti dominant au pouvoir en Afrique du Sud, perd progressivement sa majorité parlementaire. Son déclin annonce une dépendance croissante à l’égard d’un système de coalition, dans laquelle les petits partis peuvent exercer une influence disproportionnée. À mesure que la domination de l’ANC s’affaiblit, les groupes pro-israéliens au sein de ces petits partis gagnent en influence.

Les partis pro-israéliens d’Afrique du Sud, notamment l’Alliance patriotique, le Front de la liberté Plus et le Parti chrétien-démocrate africain, détiennent respectivement neuf, six et trois sièges au Parlement.

À eux seuls, leur influence est limitée par rapport à celle de l’ANC ou de l’Alliance démocratique. Cependant, lors des négociations de coalition ou sur des projets de loi controversés, leurs votes pourraient s’avérer décisifs, leur donnant ainsi un moyen de pression pour obtenir des concessions en échange de leur soutien.

De plus, même des partis ostensiblement « neutres », tels que l’Inkatha Freedom Party, qui détient 17 sièges, pourraient faire obstacle à la législation pro-palestinienne en réduisant la marge de manœuvre politique de l’ANC au parlement. Ces partis n’ont pas besoin de s’opposer ouvertement à une telle législation ; le simple fait de ne pas la soutenir peut affaiblir la position de l’ANC.

Alors que le paysage politique sud-africain devient de plus en plus fragmenté, la montée en puissance d’un bloc électoral sioniste chrétien renforce les petits partis pro-israéliens et intensifie les efforts de lobbying qui remettent en cause la solidarité de longue date du pays avec la Palestine.

L’évêque Lekganyane, de l’Église chrétienne sioniste, s’est joint à une tournée de propagande en Palestine colonisée sous le couvert d’une « mission de paix » et a ensuite lancé un appel directement au président sud-africain Cyril Ramaphosa afin d’adoucir la position de l’ANC envers Israël.

Inkosi Shembe, dirigeant de l’Église baptiste Nazareth d’Afrique du Sud, s’est rendu à Jérusalem pendant le génocide israélien pour exprimer sa solidarité avec le régime colonial, déclarant : « Notre tâche consiste à transformer ce soutien en quelque chose de tangible afin de montrer que les dirigeants politiques ne soutiennent pas la voix du peuple. » [4]

D’autres dirigeants religieux ont effectué des visites similaires, souvent financées par le régime israélien et ses représentants en Afrique du Sud. Ironiquement, ces tournées de propagande soigneusement orchestrées reflètent les mêmes tactiques que celles utilisées autrefois par l’Afrique du Sud de l’apartheid dans sa tentative vaine de redorer son image à l’échelle mondiale.

Remettre en question le sionisme chrétien

La longue histoire de solidarité entre les Noirs et les Palestiniens, sur fond de génocide en cours à Gaza, a redynamisé les réseaux anticolonialistes à travers l’Afrique et la Palestine après des années de relative négligence. L’Afrique du Sud ne fait pas exception, où la confrontation avec le sionisme chrétien est devenue un autre front dans la lutte plus large pour la libération de la Palestine.

Le Conseil sud-africain des Églises (SACC) a joué un rôle central dans cette lutte, en organisant des ateliers et des conférences en soutien à la Palestine, tout en remettant en cause le sionisme chrétien et l’évangile de la prospérité.

Le travail du SACC dépasse le cadre de la politique intérieure, en faisant progresser la cause palestinienne au sein du Conseil œcuménique des Églises à travers le document Kairos Palestine.

Ce document, publié par des théologiens chrétiens palestiniens à Bethléem en 2009, exhorte les chrétiens du monde entier à soutenir les Palestiniens dans leur résistance à l’occupation. Il fait écho au document Kairos publié en 1985 par des théologiens sud-africains, appelant les chrétiens du monde entier à aider les Sud-Africains à s’opposer à l’apartheid.

Parallèlement, l’Église anglicane d’Afrique australe a fermement condamné l’apartheid israélien. Lors de sa réunion de juin 2025 à Johannesburg, le Comité central du Conseil œcuménique des Églises a publié une déclaration qui non seulement affirmait les droits des Palestiniens et condamnait l’apartheid israélien, mais appelait également à des sanctions ciblées, au désinvestissement et à un embargo sur les armes contre Israël pour violation du droit international.

Pourtant, de nombreuses Églises évitent encore de s’attaquer aux formes passives de sionisme ancrées dans leurs propres traditions, souvent perpétuées par l’inertie des enseignements passés. Malgré tout, un engagement significatif reste possible. Dénoncer les dommages directs que les doctrines sionistes chrétiennes infligent aux Palestiniens pourrait inciter les congrégations à reconsidérer leur position.

Ncamisile Pamela Ngubane, autrefois militante sioniste chrétienne de premier plan, a incarné ce changement lorsqu’elle a démissionné de son poste de porte-parole de la SAFI après avoir pris conscience de la réalité de l’asservissement des Palestiniens.

Afin de limiter la menace qui pèse sur le mouvement de solidarité avec la Palestine, la Fondation Mandela a lancé un appel à propositions pour ses Solidarity in Action Awards, en mettant particulièrement l’accent sur la remise en cause du sionisme chrétien en Afrique du Sud.

Comme le souligne la fondation, « l’utilisation abusive des textes religieux pour justifier la domination et la discrimination est quelque chose que nous ne connaissons que trop bien en Afrique du Sud ».

Cette déclaration établit un lien délibéré entre la manière dont la religion a autrefois été utilisée pour légitimer l’apartheid en Afrique du Sud et la manière dont des arguments théologiques similaires sont aujourd’hui déployés pour défendre le régime israélien.

En fin de compte, la lutte contre le sionisme chrétien ne peut reposer uniquement sur un débat théologique. Pour remettre en cause cette idéologie, il faut exposer les conséquences matérielles qu’elle occulte, à savoir le rôle de longue date d’Israël en tant que puissance colonisatrice dans les pays du Sud.

Depuis des décennies, Israël s’aligne sur des régimes autoritaires et colonialistes, agissant contre les communautés noires et autochtones par le biais d’un soutien militaire et de partenariats politiques. Parmi ses antécédents, on peut citer son soutien à l’apartheid en Afrique du Sud, sa complicité dans le génocide au Guatemala et la fourniture d’armes et de formation à la dictature militaire brésilienne.

Conclusion

La montée du sionisme chrétien en Afrique du Sud, alimentée par une théologie qui prend les Ecritures au pied de la lettre, par la coordination internationale et par l’opportunisme politique, représente un défi croissant pour le soutien de longue date du pays à la lutte de libération palestinienne.

Par des moyens actifs et passifs, le sionisme chrétien s’est ancré dans certaines parties de la société sud-africaine, en particulier parmi les courants pentecôtistes et théologiques pratiquant l’évangile de la Prospérité.

Ces soutiens religieux, souvent présentés comme des initiatives apolitiques fondées sur la foi, servent en fin de compte les objectifs géopolitiques du régime israélien en favorisant la formation d’une base déconnectée des réalités du colonialisme sioniste.

Étant donné que ces croyances influencent la politique, en particulier à l’ère des coalitions, le risque que la position officielle de l’Afrique du Sud sur la Palestine soit affaiblie est de plus en plus grand.

Pour les Palestiniens, l’influence croissante du sionisme chrétien en Afrique du Sud et dans l’ensemble du Sud global souligne la nécessité urgente de renforcer les relations et de reconstruire stratégiquement d’anciennes alliances. Au lieu de laisser les discours sionistes dominer, les militants doivent s’efforcer de démystifier la réalité du sionisme chrétien, de remettre en question ses justifications et d’exposer ses liens avec les régimes coloniaux et d’apartheid, tant historiques qu’actuels.

Construire une véritable solidarité et sensibiliser les communautés africaines à l’oppression palestinienne, tout en établissant des parallèles clairs avec leur propre histoire de résistance, peut aider à reconquérir ces espaces.

La lutte contre le sionisme chrétien dans les pays du Sud dépasse le cadre théologique ; il s’agit d’une lutte contre des intérêts coloniaux matériels. Elle nécessite une approche renouvelée, issue de la base, qui se concentre sur les histoires communes de résistance contre l’impérialisme.

Recommandations

Pour lutter contre le sionisme chrétien en tant que vecteur de l’influence israélienne en Afrique et au-delà, il faut des stratégies coordonnées entre les mouvements, les espaces politiques et les communautés religieuses afin de dénoncer son rôle dans la promotion de l’expansionnisme et de la domination néocoloniale. Les recommandations suivantes décrivent des actions concrètes que les militants, les défenseurs et les chefs religieux peuvent mener pour favoriser la solidarité, lutter contre la désinformation et renforcer la résistance mondiale.

Militants, groupes de jeunes et mouvements de solidarité :Recadrer la Palestine comme faisant partie de la décolonisation inachevée du Sud global, en la reliant directement à la lutte anti-apartheid en Afrique du Sud.

Dénoncer le sionisme chrétien comme servant les intérêts néocoloniaux et mettre en évidence le rôle d’Israël dans la répression mondiale à travers les armes, les logiciels espions et l’entraînement musclé.

Mobiliser les militants et théologiens vétérans de la lutte contre l’apartheid afin de renforcer la solidarité historique.

Construire des alliances entre le BDS, les mouvements de jeunesse et les mouvements populaires pour contrer les discours sionistes et relier la libération palestinienne aux luttes africaines contre le néocolonialisme et le capitalisme.

Développer des outils numériques, des ateliers et des programmes culturels pour démystifier le sionisme chrétien et mobiliser les jeunes.

Coordonner des campagnes et des actions directes ciblant les entreprises complices des crimes israéliens et qui s’opposent aux transferts de ressources telles que le charbon.

Défenseurs des politiques, journalistes et observateurs :Enquêter et dénoncer les réseaux sionistes chrétiens, leurs sources de financement et leurs liens avec le gouvernement israélien et son appareil de propagande.

Faire pression pour que les ONG et les organisations caritatives complices de violations des droits soient surveillées ; révoquer le statut d’organisation caritative le cas échéant.

Combler les lacunes juridiques qui permettent le financement d’activités illégales israéliennes et accroître la transparence dans les déclarations d’exonérations fiscales.

Dirigeants religieux et théologiens : 

- Promouvoir la théologie de la libération comme alternative au sionisme chrétien et encourager les Églises à soutenir les mouvements de solidarité populaires.

- Amplifier la voix des théologiens palestiniens et favoriser les alliances mondiales avec les Églises qui résistent aux théologies impériales.

- Utiliser les forums internationaux (par exemple, le Conseil œcuménique des Églises) pour amplifier les perspectives palestiniennes.

- Étendre l’initiative Kairos Palestine à une coalition internationale réunissant les mouvements de libération du Sud.

- Approfondir la collaboration stratégique avec Kairos Afrique du Sud pour un plaidoyer théologique et politique conjoint.


Notes :

[1] Curtin, P.D. (1971). La « mission civilisatrice ». Dans : Curtin, P.D. (éd.) Imperialism. The Documentary History of Western Civilization. Palgrave Macmillan, Londres.

[2] Entretien de l’auteur avec Ncamisile Ngubane, 20 août 2025.

[3] Gamedze, T. (2025). Christian Zionism in South Africa: An Initial Mapping [Manuscrit soumis pour publication]. Desmond Tutu Centre for Religion and Social Justice, Université du Cap-Occidental.
[4] Gidron, Yotam. Israel in Africa: Security, migration, interstate politics. Bloomsbury Publishing, 2020.

Auteur : Fathi Nimer

Fathi Nimer est le chargé de mission d'Al-Shabaka pour la Palestine. Il a précédemment travaillé en tant qu'associé de recherche pour le « Arab World for Research and Development », chargé d'enseignement à l'université de Birzeit et responsable de programme au Centre d'études des droits de l'homme de Ramallah.

Fathi est titulaire d'une maîtrise en sciences politiques de l'université de Heidelberg et est le cofondateur de DecolonizePalestine.com, un référentiel de connaissances sur la question palestinienne. Les recherches de Fathi portent sur l'économie politique et les politiques litigieuses. Il se concentre actuellement sur la souveraineté alimentaire, l'agroécologie et l'économie de résistance en Palestine.