PÉTROLE : LES PRIX POURRAIENT FORTEMENT AUGMENTER DANS LES PROCHAINS JOURS
Les Houthis ont touché l’oléoduc Est-Ouest en Arabie saoudite, la seule infrastructure stratégique permettant au royaume d’acheminer son pétrole vers ses terminaux de la mer Rouge. Alors que le détroit d’Ormuz est fermé, le cours du pétrole pourrait flamber alors qu’il s’établit ce soir (11 septembre) autour de 109 dollars le baril.
[...]
L’Arabie saoudite a temporairement suspendu les opérations de son oléoduc Est-Ouest, après plusieurs attaques visant l’infrastructure dans les régions de Riyad et de Médine.
Selon le ministère saoudien de l’Énergie, cette décision a été prise par mesure de précaution, tandis que des équipes techniques sécurisent et inspectent l’installation. Plusieurs personnes auraient été blessées lors des attaques.
L’oléoduc est particulièrement stratégique : il permet à l’Arabie saoudite d’acheminer son pétrole vers Yanbu, sur la mer Rouge, en contournant le détroit d’Ormuz.
Source :
*******
Un panache de fumée de 100 km, visible depuis l'espace. 70 mégawatts de puissance, 8 heures de combustion. Et ce n'est pas n'importe quel pipeline : c'est le seul qui contourne le détroit d'Ormuz. Autrement dit, la route de secours de Riyad vient de prendre feu.
Pendant que le désert brûle, c'est votre portefeuille qui va trinquer. Le baril a déjà pris 10 dollars, la production saoudienne est au plus bas depuis 1990. Résultat : 10 à 15 centimes de plus par litre dans les semaines à venir. Pour un ménage qui roule 15 000 km par an, ça fait 200 à 300 euros de plus. Et ce n'est que le début.
Le prix de l'essence n'est pas près de baisser. Au contraire. Merci les États-Unis d'Israël. Grâce à vous, l'Iran n'aura pas d'armes nucléaires qu'elle n'a jamais voulu avoir.
*******
Face à la flambée des prix à la pompe, certains automobilistes choisissent l’huile de colza pour continuer à rouler moins cher, malgré les restrictions qui encadrent son utilisation comme carburant.
*******
Votre diesel pourrait bientôt rouler à l’huile de colza — et ça change vraiment tout
Des chercheurs viennent de valider ce que beaucoup considéraient comme de la science-fiction : un moteur diesel fonctionnant à 100 % à l’huile végétale, sans perte de performance significative. Pour des millions d’automobilistes menacés par les ZFE, c’est peut-être la meilleure nouvelle de l’année.
Si vous roulez au diesel, vous avez sûrement l’impression d’être dans le collimateur depuis quelques années. Zones à faibles émissions, vignettes Crit’Air restrictives, taxe carbone, menace de l’interdiction à horizon 2035… Le propriétaire d’un bon vieux TDI ou HDI se sent un peu comme un fumeur en terrasse d’un restaurant : toléré, mais plus vraiment le bienvenu. Alors quand une équipe de chercheurs annonce avoir réussi à faire tourner un moteur diesel à l’huile de colza pure, avec des résultats bluffants, ça mérite qu’on s’y arrête sérieusement. Pas pour rêver, mais pour comprendre ce que ça implique concrètement — aujourd’hui et demain.
Une percée scientifique qui redonne de l’espoir aux motorisations thermiques
C’est l’université russe RUDN qui est à l’origine de cette avancée. Leurs ingénieurs ont adapté un moteur diesel de type MD-6 — un bloc robuste généralement utilisé dans le monde agricole — pour le faire fonctionner avec de l’huile de colza non transformée, autrement dit sans passer par l’étape de transestérification qui permet normalement de produire du biodiesel classique (le fameux B7 ou B30 que vous trouvez en station).
La différence, elle est là. Jusqu’à présent, pour utiliser de l’huile végétale dans un moteur, il fallait soit la mélanger avec du gazole fossile (et rester en dessous d’un certain seuil), soit la raffiner chimiquement. Ce travail de transformation a un coût énergétique et industriel non négligeable. Ce que propose l’équipe de RUDN, c’est une adaptation mécanique du moteur lui-même — notamment du système d’injection et de la gestion thermique — pour que l’huile brute puisse être brûlée directement et efficacement. Une nuance technique qui a des conséquences économiques et environnementales considérables.
Un moteur diesel qui roule à l’huile de colza, c’est un peu comme passer du charbon au bois de chauffage : on reste sur de la combustion, mais l’empreinte carbone n’a plus rien à voir.
Moins de particules fines, un bilan carbone quasi neutre : les chiffres qui comptent
Sur le plan environnemental, les résultats sont sérieux. Les émissions de particules fines chutent drastiquement par rapport à un fonctionnement au gazole classique. C’est précisément ce critère qui conditionne les vignettes Crit’Air et l’accès aux ZFE. Mais il y a plus : contrairement au pétrole, le colza est une plante. Sa culture absorbe du CO₂, et sa combustion restitue du CO₂ récemment capté — ce qui place ce carburant dans la catégorie des biocarburants à bilan carbone quasi neutre sur l’ensemble du cycle de vie.
Pour un propriétaire de diesel Euro 6 menacé de ne plus pouvoir entrer dans Lyon, Strasbourg ou Paris, ce genre de reclassification environnementale, c’est du concret. Passer de Crit’Air 2 à Crit’Air 1, voire accéder aux mêmes droits de circulation qu’un véhicule essence récent, ça change radicalement l’équation financière d’une voiture.
Ce que font déjà les poids lourds — et pourquoi ça fonctionne
Ce qui est fascinant dans cette histoire, c’est que la technologie n’est pas complètement nouvelle. Elle est déjà déployée à grande échelle dans le transport routier de marchandises. Le groupe Avril commercialise depuis plusieurs années un carburant appelé Oléo100, composé à 100 % d’huile de colza raffinée pour poids lourds. Des centaines de transporteurs français l’utilisent au quotidien, et les résultats sont probants.
Des constructeurs comme Renault Trucks, MAN, Volvo Trucks ou Scania proposent déjà des motorisations homologuées pour fonctionner avec ce carburant. Ces véhicules obtiennent la vignette Crit’Air 1 — un avantage énorme pour les flottes qui opèrent en zone urbaine. La surconsommation constatée est d’environ 5 %, ce qui reste parfaitement acceptable compte tenu du gain environnemental.
Ce précédent industriel est important : il prouve que le passage à l’huile végétale n’est pas un fantasme de laboratoire, mais une réalité opérationnelle. La question, c’est maintenant de savoir à quelle vitesse et sous quelles conditions cela peut s’étendre aux voitures particulières.
Ce qui bloque encore pour votre voiture diesel
La compatibilité des matériaux n’est pas universelle : certains joints, durites et composants peuvent se dégrader au contact prolongé d’huiles végétales non traitées.
Le réseau de distribution est quasi inexistant pour les particuliers. L’Oléo100 se commande en citerne pour les professionnels — aucune grande surface ou station-service classique ne le propose à la pompe.
La réglementation doit évoluer. Aujourd’hui, seuls les véhicules conformes à la norme Euro 6 (post-2014) entrent dans le cadre légal autorisant ce type de biocarburant.
En clair, si vous avez un diesel de plus de dix ans, vous n’êtes pas encore concerné directement. Et même pour les véhicules récents, l’homologation constructeur sera indispensable avant de tenter quoi que ce soit.
[...]
Ce que ça signifie concrètement pour les propriétaires de diesel
En tant que professionnel de l’automobile, je vois chaque semaine des clients qui hésitent entre garder leur diesel, passer à l’essence, ou sauter directement à l’électrique. La plupart ont un véhicule qui fonctionne parfaitement, qu’ils connaissent, qu’ils ont entretenu avec soin — et la perspective de s’en séparer uniquement pour des raisons réglementaires les révolte, à juste titre.
Cette avancée autour de l’huile de colza comme carburant alternatif est une vraie bonne nouvelle dans ce contexte. Elle ne résout pas tout immédiatement, mais elle ouvre une troisième voie qui n’implique ni de changer de voiture, ni de renoncer à l’autonomie offerte par les moteurs thermiques. Si la réglementation suit et que les constructeurs homologuent progressivement leurs diesels pour ce type de biocarburant, on pourrait voir émerger d’ici 2028-2030 un réseau de distribution permettant aux particuliers d’y accéder.
Dans l’intervalle, ce qu’on peut conseiller : entretenez bien votre moteur diesel. Un injecteur en bon état, un filtre à particules propre, un circuit d’injection sans fuite — c’est la base pour qu’une future adaptation soit possible dans les meilleures conditions. Les véhicules négligés seront de toute façon les derniers à bénéficier de ces évolutions.
Le diesel n’a peut-être pas dit son dernier mot
Dans un contexte où la transition vers l’électrique se heurte à des questions de coût, d’infrastructure et d’autonomie qui sont loin d’être résolues pour tout le monde, cette piste mérite toute l’attention qu’on peut lui accorder. Les biocarburants de deuxième génération, l’hydrogène, les carburants synthétiques et maintenant l’huile végétale directe dessinent ensemble un paysage dans lequel le moteur thermique pourrait encore avoir sa place — à condition d’évoluer.
Et honnêtement ? Un diesel qui roule proprement à l’huile de colza produite à quelques kilomètres de chez vous, c’est aussi une forme de souveraineté énergétique que l’électrique branché sur des panneaux solaires chinois ne garantit pas forcément mieux. Le débat est ouvert — et c’est tant mieux.
À retenir : ne tentez aucune modification de votre moteur sans homologation constructeur. Si vous êtes curieux de savoir si votre véhicule diesel pourrait un jour être compatible avec un biocarburant à base d’huile végétale, passez nous voir au garage — on peut faire le point ensemble sur l’état de votre motorisation et ce qu’il faudrait surveiller pour ne pas rater le bon moment.
Pierre Régis.
*******
.jpg)




