vendredi 10 juillet 2026

"Ne laissez personne vous voler votre vie intérieure"





REMETTRE LES CHOSES DANS L'ORDRE


par Paul-Éric Blanrue


Chers amis,

Les années ont une vertu que l’on découvre tardivement. Elles ne nous rendent pas nécessairement plus intelligents (ce serait beaucoup leur demander), mais elles finissent presque toujours par nous apprendre à remettre les choses dans leur ordre. Il y avait belle heurette que cette idée m’accompagnait sans parvenir à se formuler clairement. L'âge venant, elle s’est imposée avec cette douceur tranquille qui caractérise les évidences. Je ne ressens ni le besoin de changer de vie, ni celui de renier quoi que ce soit. Je n’éprouve aucune lassitude, encore moins quelque désillusion spectaculaire. C’est même tout le contraire. Je crois n’avoir jamais eu autant envie de lire, d’étudier, d’écrire, de voyager, de prendre la mer, de retrouver Venise, la Grèce ou la Corse, de passer une soirée avec des amis ou une matinée entière en compagnie de saint Maxime le Confesseur. En revanche, je suis devenu infiniment plus attentif à l’usage de mon temps. J’achète toujours des livres avec la certitude candide qu’il me sera accordé cent vingt ans pour les lire tous. Je soupçonne le Ciel de sourire devant cet optimisme, mais je persiste. Certaines illusions sont trop agréables pour qu’on s’en défasse.

Nous faisons route ensemble depuis longtemps. Certains d’entre vous me suivent depuis les premiers temps des réseaux sociaux, lorsqu’ils ressemblaient encore à une conversation. Depuis, ils se sont transformés en un lieu étrange où chacun possède une opinion sur tout, souvent avant même d’avoir rencontré les faits. C’est une époque fascinante. Nous savons presque instantanément ce qui se passe à l’autre bout du monde, mais il nous arrive d’oublier ce qui se passe à l’intérieur de nous-mêmes. Nous avons traversé ensemble le combat contre la loi Gayssot, le Covid, les confinements, les atteintes aux libertés, les passions françaises, les évolutions politiques lamentables, les bouleversements internationaux. J’ai écrit des livres, participé à des débats, tenté, autant que possible, de préférer les sources aux commentaires et la vérité aux applaudissements. Je ne renie rien de ces combats. L’injustice me demeure aussi insupportable qu’à vingt ans. Je n’ai oncques éprouvé la moindre sympathie pour les mensonges officiels, pas davantage pour les mensonges de notre propre camp. La vérité n’a jamais appartenu à une étiquette, et c’est probablement ce qui la rend si difficile à fréquenter. Mais, au fil des années, je me suis aperçu que la politique, si importante soit-elle, répond mal à la question qui me préoccupe désormais le plus : qu’est-ce qui fait réellement grandir un homme ?

Je crois que nous avons accordé à la politique une place qu’elle n’aurait jamais dû occuper. Nous lui demandons de nous donner une identité, une espérance, parfois même une forme de salut. C’est une mission impossible. Une civilisation ne naît pas dans un hémicycle. Elle naît lorsqu’un père transmet quelque chose à son fils, lorsqu’un professeur fait aimer un grand livre, lorsqu’un artisan accomplit son ouvrage avec conscience, lorsqu’un musicien joue Bach comme si sa vie en dépendait, lorsqu’une mère apprend à son enfant à distinguer le beau du vulgaire, lorsqu’un prêtre célèbre la liturgie avec cette gravité joyeuse qui rappelle que le ciel est déjà présent au milieu de nous. Les lois viennent ensuite. Les élections aussi. Elles sont importantes, si l'on veut, mais elles ne sont jamais premières. À force de regarder les branches, nous avons oublié les racines. Mon désir est de revenir vers elles.

Ceux qui me connaissent un peu savent que cette évolution ne doit rien à une conversion de dernière minute. Après une longue nuit de la foi, la spiritualité est redevenue le cœur de ma vie il y a plus de quinze ans. L’orthodoxie est entrée dans mon existence il y a une décennie déjà, et elle n’a cessé depuis de l’éclairer. Je pourrais vous parler des Cappadociens, de saint Basile, de saint Grégoire de Nazianze, de saint Grégoire de Nysse, de saint Jean Chrysostome, de saint Maxime le Confesseur ou de saint Grégoire Palamas. Je pourrais vous parler de leur intelligence théologique, de leur profondeur, de leur extraordinaire liberté intérieure. Mais ce serait manquer l’essentiel. Ce que l’orthodoxie a changé en moi ne relève pas seulement de la théologie : elle a transformé mon regard, elle m’a appris que la beauté n’est pas un divertissement mais une voie vers la vérité, que la contemplation n’est pas une fuite mais une manière plus exigeante d’habiter le réel, que le silence n’est pas l’absence de parole mais la condition de toute parole juste. Et surtout qu’une vie ne s’accomplit pas dans l’accumulation des commentaires, mais dans la fidélité à quelques réalités essentielles. Plus je fréquente les Pères grecs, plus j’aime les hommes. Plus je prie, plus je goûte les Partitas de Bach interprétées par Glenn Gould, un concerto de Mozart (le 21 tout spécialement), une page de Vivaldi, la trompette de Miles Davis tendue entre la nuit et l'aube, les audaces de Thelonious Monk ou le souffle imperturbable de Sonny Rollins. Plus je découvre la liturgie, plus je suis sensible à la lumière qui tombe sur la mer un soir d’hiver. Je n’y vois aucune contradiction. Je n’en ai jamais vu. L’Incarnation nous dit que le spirituel n’abolit pas le monde : il le transfigure.

Je me demande parfois si une vie n’est pas faite de quelques lieux qui nous attendaient avant même que nous les découvrions. Pour moi, il y eut une petite plage de Crète, surmontée d'une tendre colline où était perchée une petite église blanche. Rien d’extraordinaire, en apparence : le vent, le sel, le soleil, une lumière presque irréelle. Une découverte bien modeste de l'orthodoxie. Puis il y eut Venise, et l’église Saint-Georges-des-Grecs. Je suis entré dans cette église, lors d'un baptême, sans imaginer qu’elle m’accompagnerait pendant des années. Je n’y ai pas vécu une révélation théâtrale. Dieu, me semble-t-il, préfère de loin les demi-teintes aux effets spéciaux. J’ai simplement éprouvé ce sentiment très rare d’arriver dans un lieu que je connaissais déjà sans y avoir jamais mis les pieds. Avec le recul, cela ne m’étonne plus. Mes origines italiennes m’ont sans doute préparé depuis longtemps à cette rencontre entre Rome et Byzance, entre l’Occident et l’Orient chrétien, entre la pierre des campaniles et la lumière des icônes. Je suis profondément méditerranéen. Je le suis par le cœur autant que par la géographie. La Méditerranée est ma véritable université. Elle m’a appris davantage sur la civilisation que bien des colloques. Lorsqu’on navigue entre Cannes et les îles de Lérins, lorsqu’on retrouve les Cyclades ou la lagune de Venise, on comprend intuitivement que les empires passent, que les modes se démodent avec une vitesse réjouissante, mais que certaines fidélités traversent les siècles avec une tranquille obstination. Homère continue de parler. Les Évangiles aussi. Les Pères grecs également. Ce sont de vieux compagnons qui n’ont pas pris une ride.

C’est dans cette direction que j’ai envie d’aller désormais. Non pas vers moins, mais vers davantage. Davantage de spiritualité, non point parce qu’elle nous détournerait du monde, mais parce qu’elle nous apprend à l’aimer sans devenir son prisonnier. Davantage de littérature, parce qu’un chapitre de Dostoïevski éclaire une époque mieux qu’une semaine entière de commentaires. Davantage de musique, parce que Bach remet l’âme d’accord avec elle-même et que le jazz nous rappelle qu’une improvisation réussie suppose une discipline préalable. Davantage de beauté, la Philocalie orthodoxe, parce qu’une civilisation qui cesse de produire du beau finit toujours par oublier le vrai. Davantage de temps aussi pour ceux que j’aime, pour la mer, pour les bateaux aux voiles tendues par les vents, pour ces conversations qui commencent avec Guitry, bifurquent vers Paul Morand, s’arrêtent un instant chez Céline pour admirer la langue et le prophète, puis reviennent, presque naturellement, à saint Maxime ou à une page de l’Évangile. Au fond, j’aimerais que cet espace ressemble moins à une salle de rédaction qu’à une maison ouverte, où les livres voisinent avec les cartes marines, où une icône n’étonne personne, où l’on peut parler de civilisation sans oublier que le premier chantier d’une civilisation est toujours l’âme humaine.

Je vous remercie d’avoir marché avec moi pendant toutes ces années. Vous m’avez beaucoup donné. Vous m’avez souvent obligé à mieux penser, parfois à corriger mes certitudes, toujours à travailler davantage. Je vous en suis profondément reconnaissant. Si je tourne aujourd’hui mon regard vers d’autres horizons, ce n’est ni par lassitude ni par désenchantement. C’est parce que je crois qu’il existe des trésors infiniment plus durables que l’écume de l’actualité. J’ai longtemps essayé de comprendre le monde ; j’ai désormais envie d’approfondir ce qui lui donne encore un sens. À bien y réfléchir, il n’y a là rien de très nouveau. Il y avait simplement bon temps que cette maison intérieure attendait que j’en ouvre enfin les volets. J’espère que la lumière qui y entre sera assez généreuse pour que nous ayons envie d’y demeurer ensemble.

Et maintenant il est temps pour moi de faire une petite halte.

Pendant ces prochains mois, je publierai peu, peut-être même pas du tout. J’ai envie de retrouver ce luxe devenu si rare : celui du silence, de l’étude, de la lecture, de la prière, de l’écriture lente. Les idées ont besoin de mûrir loin du vacarme, comme les grands vins vieillissent à l’abri de la lumière.

Je vais consacrer cet été à ma famille, à la Méditerranée que j’aime tant, aux livres qui m’attendent (depuis des siècles!) sur mes étagères, à Venise, à la Grèce, aux Pères grecs, à saint Maxime le Confesseur, à saint Grégoire Palamas, à tous ces compagnons de route qui nous apprennent qu’une vie se construit davantage dans la profondeur que dans la précipitation.

À la rentrée de septembre, je prendrai le temps de réfléchir à la suite. Peut-être cette page continuera-t-elle son chemin. Peut-être en ouvrirai-je une autre, davantage accordée à ce qui m’habite désormais : la spiritualité, l’orthodoxie, la civilisation, les livres, la beauté, la musique, les voyages, la Méditerranée, bref tout ce qui, à mes yeux, aide un homme à grandir plutôt
qu’à simplement réagir.

Je n’y vois aucune rupture. Plutôt un retour à l’essentiel. Les années nous apprennent qu’il est parfois plus fécond de cultiver quelques racines que de courir après toutes les branches.

Je vous remercie, une fois encore, pour votre fidélité. Passez un bel été. Lisez de grands livres. Écoutez Bach, Mozart ou Miles Davis. Regardez la mer si vous en avez la chance. Prenez le temps de longues conversations. Et surtout, ne laissez personne vous voler votre vie intérieure : elle est le dernier territoire où nous demeurons véritablement libres. La vraie Sécession est là.

Nous nous retrouverons en septembre. D’ici là, que Dieu vous garde !






jeudi 9 juillet 2026

"Trump est prisonnier d’un État américain judéo-maçonnique"



Pierre Hillard l’affirme : Trump ne sauvera rien. Il est prisonnier d’un État américain judéo-maçonnique conçu dès l’origine pour servir Israël et dissoudre les nations chrétiennes. Le système ne laisse jamais un vrai disruptif arriver au sommet.

mercredi 8 juillet 2026

L'alerte d'anciens fidèles d'églises évangéliques à dérives sectaires


Abus de pouvoir et de faiblesse, émergence des théologies de « prospérité » et de « guérison », les victimes d’églises évangéliques à dérives sectaires ne cessent d’augmenter avec des signalements qui ont plus que doublés en dix ans.


Par Alexandra Valès


Le mouvement évangélique appartient à la branche protestante du christianisme, au centre de sa théologie, un concept central : sola scriptura, l’écriture seule. Loin des dogmes traditionnels, la relation personnelle entre Dieu et le croyant est prioritaire. Ces dernières années, les conversions se multiplient, la France compte en 2026 1,2% millions d’évangéliques, une église est crée tous les dix jours selon les chiffres du Conseil national des évangéliques de France. Séduis par des cultes dynamiques aux louanges envoûtantes, les fidèles croient en Dieu et aiment le dire, c’est une foi prosélyte et assumé. En parallèle de ce succès, des scandales. Bien qu’il n’y ai aucun germe sectaire intrinsèque au protestantisme évangélique, il existe des mécaniques d’emprise qui prolifèrent dans certaines d’entre elles.

Parmi de multiples signalements que reçoit la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaire (Miviludes), 2% sont reliés à la fédération protestante de France, 17% au conseil national évangélique de France, et la majorité, 80%, sont des églises qui n’appartiennent à aucune fédération. L’église interministérielle ACER a fait l’objet d’une vingtaine de signalements auprès de la Miviludes qui a décidé de saisir la justice, le parquet de Bobigny a ouvert une enquête pour abus de confiance. Le pasteur Alain-Patrick Tsengue nie les accusations et dénonce une campagne de dénigrement qu’il décrit comme « la rançon du succès ». Certains églises ne sont pas encadrées, et leurs théologies, fragiles.

Elisa*, une ancienne évangélique, a rencontré le célèbre pasteur Pierre Bodin, alias Cospiel, suivi par 350 000 followers sur Instagram, dans le cadre d’une prière pour une guérison. Précédé d’une conversation, le pasteur lui a confié " Je n’ai pas besoin de théologie, je comprends des choses que des étudiants en théologie ne comprennent pas parce que moi j’ai la révélation du Saint-Esprit ".

Une liberté mise à rude épreuve

« Par quel esprit es-tu habité ? », c’est l’un des nombreux commentaires que Treacy reçoit sur son compte du réseau social Tik Tok. Cette ancienne évangélique de 25 ans a décidé de prendre la parole sur les réseaux sociaux pour partager son histoire. Entre viol et abus de faiblesse, l’emprise de cette ancienne adepte à durée cinq ans. Possédant des failles familiales importantes, Treacy était une personne fragile quand elle a commencé à se rendre régulièrement dans l’église Impact Centre Chrétien à Boissy-Saint-Léger, une « mega-church ». Avec la capacité d’accueillir 4000 personnes, cette église comporte une salle de baptême, et même une salle consacrée à la vente de livres chrétiens, qui pour beaucoup, sont écrits par le pasteur principal de l’église, Yvan Castanou. Une église des plus expressives avec des fidèles en transe, exaltants louanges et prières à l’unisson. Certains tombent, murmurant les yeux fermés « le parlé en langue », une langue céleste chrétienne. Malgré son succès grandissant, ICC a connu des signalements auprès de la Miviludes. Malgré son attrait pour cet impressionnant lieu, ainsi que les expériences surnaturelles des fidèles, Treacy a senti un malaise lors d’une prêche qui traitait de l’apostasie, « En se servant d’un verset, Yvan Castanou a dit à l’assemblée que si des fidèles quittaient l’Eglise, Satan s’emparerait d’eux ». Comme chaque fidèle de l’église, Treacy avait un tuteur qui avait pour rôle de l’accompagner dans sa vie spirituelle, ces accompagnants se sont révélés être intrusif et autoritaires. « Je lui posais des questions pour tous mes choix quotidiens. Un jour, j’ai voulu partir en vacances, je lui ai demandé sa permission, elle m’a répondu : Le Saint-Esprit me dit que tu ne dois pas y aller ». Dans un autre registre, l’évangile de prospérité. Une doctrine erronée considérant que la richesse matérielle est un signe de bénédiction, « Un soir, le pasteur Matthew Ashimolowo nous a dit que si nous voulions être bénie dans 24 heures, nous devions donner le multiple de 240 euros à l’église, je l’ai fait. L’année plus tard, pendant la soirée du nouvel an, pour que nos voeux se réalisent, il fallait donner 120 euros minimum, j’ai donné 220 ». De son expérience à ICC, son souvenir le plus douloureux reste le viol qu’elle a subi sous menace par un fidèle, et, malgré un signalement auprès de sa tutrice, Treacy n’a pas été conduite à le signaler auprès des autorités, « Qui n’a jamais été agressé ? Dieu va faire justice » lui a répondu sa tutrice de l’époque, l’influence chrétienne Tracy Finger.

« Un soir, le pasteur Matthew Ashimolowo nous a dit que si nous voulions être bénie dans 24 heures, nous devions donner le multiple de 240 euros à l’église, je l’ai fait. L’année plus tard, pendant la soirée du nouvel an, pour que nos vœux se réalisent, il fallait donner 120 euros minimum, j’ai donné 220 euros ».

Ornella* a vécu une expérience similaire, cette chrétienne de 27 ans a intégré l’Eglise arche du royaume à Strasbourg en 2021. Après avoir été approché par un garçon sur les réseaux sociaux, elle a intégré un groupe « d’échange », qui s’est rapidement transformé en groupe d’enseignement, la jeune femme recevait alors des cours bibliques très régulièrement. Méfiante, Ornella remarque un fonctionnement anormal dans cette église, « Nous devions appeler notre pasteur : « leader », cela nous permettait de rester connecter à une certaine fréquence, ne pas le faire désorganisait la hiérarchie spirituelle selon eux ». Dans cette église, la majorité des membres sont de jeunes fidèles issu de l’immigration africaine, certains sont en rupture familiale, logés par l’Église, avec un fort sentiment de recevabilité. Entre enseignements continus et excès d’informations, Ornella est essoufflée. Elle est rapidement ajoutée dans différents groupes WhatsApp, une formation « Le parcours », se déroule la nuit, entre 20 heures et 6 heures du matin. Le rythme des réunions s’accélère, chaque absence doit être justifiée pour éviter un rappel culpabilisant. Ornella décide de quitter l’église après avoir assisté à des mariages arrangés entre fidèles et « leader » comme symbole de récompense spirituelle. À cette annonce, le pasteur Georges Ben Manua est sans équivoque, « Plus rien de bon ne sortira de toi, tu es morte spirituellement ».

La Miviludes s’inquiète pour les plus jeunes fidèles de ces églises, « Ça nous alerte beaucoup » confie le responsable Donatien Le Vaillant.

*Des prénoms ont été modifiés.



mardi 7 juillet 2026

L’espèce humaine, cette machine à faire du profit


Les profiteurs du système nous empêcheront d’y mettre fin, mais nous pouvons récupérer les richesses, la dignité & le bonheur qu’ils nous ont volés. Prenons notre courage à deux mains & agissons !



L’espèce humaine s’est, en substance, muée en une gigantesque usine à profits pour les entreprises.

Sous le capitalisme, l’humanité n’existe que pour servir les intérêts des entreprises. Nous ne sommes tous que du bétail, des bêtes de somme exploitées pour faire grimper les marges d’un trimestre à l’autre. La jouissance de la vie n’a d’autre valeur que la contribution qu’elle apporte à l’augmentation de la valeur nette des actionnaires.

Voilà pourquoi nous sommes tous si malheureux. Nous avons perdu le nord. Nous n’œuvrons plus ensemble pour bâtir un monde et un avenir meilleurs, nous ne faisons qu’actionner des leviers pour faire tourner des rouages, dans le seul but de faire grimper la courbe sur le graphique affiché dans la salle de conférence. Une façon de vivre dénaturée et sans substance.

Notre culture est aujourd’hui insipide et dépourvue d’âme.

La musique fait l’objet de toutes les attentions pour être aussi rentable que possible, avec des structures musicales standardisées calculées pour provoquer une réaction chimique dans le plus grand nombre de cerveaux humains.

Les films sont conçus pour générer le plus de recettes possible au box-office avec des risques minimaux pour les studios et les investisseurs, souvent en reprenant un film déjà couronné de succès ou en bricolant une histoire autour d’une franchise déjà populaire.

Nous mangeons des plats instantanés et addictifs plutôt qu’équilibrés.

Les relations humaines saines ont été réduites à un produit de consommation, les réseaux sociaux ont supplanté les amitiés et les applications de rencontre se substituent aux véritables relations amoureuses.

La sexualité humaine s’en trouve déformée et pervertie, alors que la pornographie sur internet normalise la violence et l’humiliation pour générer un maximum de clics.

Notre attention et notre engagement ont été rentabilisés, créant un écosystème informationnel dominé par les conflits et les ragots, conçu pour flatter nos instincts les plus bas.

La publicité se propage par tous les pores de notre expérience sensorielle, envahissant chaque centimètre carré de notre environnement où pourraient se poser nos yeux ou s’arrêter nos oreilles, avec des manipulations psychologiques incitant à la consommation. Ils commenceront à diffuser des publicités dans nos rêves dès qu’ils en auront la technologie.

Vous consacrez huit heures de votre journée de travail à générer des profits pour l’entreprise, puis vous rentrez chez vous et consommez des denrées au profit d’autres entreprises. Vous vous détendez avec de la bière et des snacks, détournez vos pensées du stress quotidien avec des services de streaming et des réseaux sociaux, achetez des vêtements en ligne pour vous sentir bien dans votre peau et prenez des médicaments sur ordonnance pour trouver le sommeil. Et c’est ainsi que les gens vivent leur vie.

Et c’est le lot de ceux d’entre nous qui ont la chance de vivre dans les pays du Nord. Dans les pays du Sud, c’est l’esclavage salarial et l’exploitation : plus de labeur, moins de loisirs, et pas le moindre produit bon marché issu du pillage des ressources humaines d’autres continents pour se consoler.

L’humanité tout entière a été embarquée dans ce gâchis. Et tout ça pour quoi ? Pour faire grimper les chiffres des comptes bancaires de certains. Pour voir des flèches vertes pointer vers le haut à la Bourse. Pour permettre à quelques milliardaires d’acheter des îles et de corrompre les élections.

Et en détruisant la biosphère dont nous dépendons tous pour survivre.

On nous dit que c’est le meilleur système possible.

Je n’y crois pas. Nous pouvons faire mieux. Ceux qui profitent de ce système vont nous assurer que c’est impossible. Ils feront surtout de leur mieux pour nous empêcher d’y mettre fin, mais nous avons les moyens de récupérer les richesses, la dignité et le bonheur qu’ils nous ont volés.

Ils ont conçu toute cette machine à nos dépens. Tout ce qu’il nous reste à faire, c’est prendre notre courage à deux mains et passer à l’action.

Traduit par Spirit of Free Speech

https://ssofidelis.substack.com/p/lespece-humaine-cette-machine-a-faire



lundi 6 juillet 2026

Socialisme moderne ou barbarie capitaliste

Left Radical of Afghanistan (LRA)


Rosa Luxemburg, la grande militante socialiste, avertissait il y a plus d’un siècle : « Le choix ultime pour l’humanité est soit le socialisme, soit un retour à la barbarie. » Aujourd’hui, au XXIe siècle, cette expression n’est pas qu’un slogan théorique mais une réalité tangible et terrifiante.

Le système capitaliste mondial, fondé sur l’exploitation, la concurrence sans fin et l’accumulation de richesse entre les mains de quelques-uns, a échoué et continue d’échouer à résoudre ses propres crises structurelles et inhérentes.

La contradiction irréconciliable entre les forces productives et les relations de production s’approfondit chaque jour. Le résultat de cette contradiction n’est pas la paix, la justice et le bien-être universel, mais plutôt une immense inégalité économique, une pauvreté croissante, la réémergence de la barbarie militaire et fasciste, et une menace pour la vie sur Terre. Seul le socialisme est la stratégie consciente et rationnelle qui peut remplacer ce chaos. Si nous ne luttons pas pour renverser l’impérialisme et le capitalisme, si nous ne nous dirigeons pas vers le socialisme, la barbarie, sous ses formes modernes et destructrices, dominera complètement le monde et détruira tout.

1. Le capitalisme est incapable de résoudre ses propres contradictions

Des contradictions fondamentales sont inhérentes à la nature même du capitalisme. Actuellement, les forces productives ont progressé à tel point qu’elles pouvaient fournir nourriture, logement, soins de santé et éducation à tous les habitants du monde ; Cependant, les relations capitalistes de production — qui placent la propriété privée des principales ressources et moyens de production dans le monopole d’une petite élite pour le profit et l’accumulation du capital — en empêchent. Chaque crise économique, de la crise de 1929 à la crise financière de 2008 en passant par les récessions post-COVID, a montré que le système capitaliste ne peut empêcher la réapparition d’effondrements périodiques. Selon un rapport de la Banque mondiale de 2023, l’écart de classe sociale a atteint son niveau le plus élevé des 50 dernières années. Le 1 % le plus riche de la population mondiale possède les deux tiers de la richesse nouvellement créée, tandis que des dizaines de milliers de personnes meurent chaque jour à cause de la pauvreté et du manque d’accès aux services de santé. La pauvreté absolue, la famine et le sans-abrisme n’ont pas diminué ; elles se sont plutôt intensifiées en raison de l’escalade des guerres, de la hausse des dépenses militaires, ainsi que de l’imposition de politiques d’austérité et de privatisation. Le résultat logique de la poursuite du capitalisme n’est pas la « fin de l’histoire » de Fukuyama, mais plutôt la fin de la civilisation humaine et une régression vers une ère de barbarie.

2. Le socialisme ne vient pas automatiquement ; La lutte est nécessaire

Contrairement aux notions des partis de gauche révisionnistes et capitulationnistes, et à l’échec des politiques sociales-démocrates en Europe et en Occident dues à l’adoption de slogans économiques néolibéraux comme « le marché s’ajuste lui-même » ou « la technologie résout les problèmes », le socialisme ne naît pas spontanément de l’intérieur du capitalisme. La classe dirigeante ne renoncera jamais volontairement et facilement à son pouvoir et à sa richesse. Le socialisme doit être combattu consciemment ; Nous devons nous organiser, unir la classe ouvrière et les masses travailleuses, et placer le pouvoir politique entre les mains du peuple. Les expériences de la Révolution d’octobre 1917, de la Révolution chinoise de 1949, de Cuba en 1959 et des résistances actuelles contre l’impérialisme montrent que chaque fois que le mouvement socialiste s’est affaibli, le système capitaliste a intensifié son exploitation et ses combats, repoussant l’humanité en arrière.

3. Si le socialisme n’arrive pas, la barbarie moderne est certaine

Des exemples concrets de la barbarie actuelle sont la renaissance du nazisme et de l’extrême droite au cœur de l’Europe et de l’Amérique. Les partis néonazis et fascistes en Allemagne (AfD), en Italie (Fratelli d’Italia), en France (Rassemblement national), aux Pays-Bas et en Suède sont sur le point d’accéder au pouvoir. Les politiques anti-immigrés de Trump en Amérique — le mur mexicain, la séparation des enfants immigrés de leurs familles, l’interdiction d’entrée des musulmans aux États-Unis — les sanctions paralysantes contre Cuba, l’imposition de la faim aux enfants cubains et les coupures de courant des citoyens cubains, ainsi que la complicité avec le régime sioniste israélien dans le génocide de Gaza, sont tous des signes évidents de barbarie. En Europe, l’adoption de lois sévères contre les immigrés de pays déchirés par la guerre dans les parlements, la noyade délibérée de demandeurs d’asile en mer Méditerranée, les coups et fusillades de réfugiés par la police des frontières européenne, leur re-déportation vers des pays ravagés par la guerre, ou leur transfert dans des camps de travail forcé en Libye et en Afrique — tout cela constitue l’essence même de la barbarie.

Pendant ce temps, les gains de décennies de lutte ouvrière — tels que des salaires équitables, la réduction des heures de travail, l’assurance santé universelle, l’éducation gratuite, les services sociaux et le non-usage de la violence par la police contre les manifestations ouvrières — sont confisqués un à un. Les gouvernements capitalistes des années 1970 et 1980 ont enfreint les lois du travail, augmenté les heures de travail, réduit les retraites, privatisé les services de santé et affronté brutalement les manifestants pacifiques comme s’ils étaient des soldats ennemis sur un champ de bataille. Aux États-Unis, 40 % des personnes ne peuvent pas se permettre une dépense d’urgence de 400 $. Au Royaume-Uni, après le Brexit, des millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté. C’est de la barbarie sociale — une régression vers un État antérieur aux mouvements ouvriers du XIXe siècle.

4. Génocide et catastrophes humaines : de l’Holocauste à Gaza et à l’Afghanistan

La barbarie du capitalisme et de l’impérialisme répète l’Holocauste sous de nouvelles formes. Par le passé, le fascisme de l’Allemagne nazie a commis le massacre de masse de Juifs, de Roms et de communistes. Aujourd’hui, la même tragédie se répète à Gaza et en Palestine par le sionisme, avec le soutien des États-Unis, de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni. D’octobre 2023 à mai 2026, plus de 72 760 Palestiniens ont été tués et plus de 172 700 autres blessés, la majorité de ces victimes étant des femmes et des enfants ; Hôpitaux, écoles et camps de réfugiés ont été bombardés, et une famine délibérée a été imposée. Ce génocide se déroule sous les yeux du monde, avec les États-Unis opposant leur veto à une action au Conseil de sécurité.

De plus, l’impérialisme américain n’hésite pas à utiliser des armes de destruction massive. En août 1945, les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki ont causé la mort de plus de 200 000 civils. Puis, pour la première fois, en 2017, les États-Unis ont utilisé la « Mère de toutes les bombes » (GBU-43) à Nangarhar, en Afghanistan, dont la puissance destructrice n’était pas inférieure à celle d’une bombe atomique. Les sanctions contre Cuba depuis plus de 60 ans, celles contre la Corée du Nord, la Syrie, l’Iran, le Venezuela, et récemment la Russie — qui provoquent toutes des blocus économiques, sanitaires et alimentaires — sont une méthode discrète de massacre d’enfants et d’adultes. L’ONU a rapporté que les sanctions américaines contre Cuba en 2022 ont causé des pénuries de médicaments et d’équipements médicaux, entraînant des milliers de morts.

5. La loi de la jungle : la fin des droits de l’homme et de la démocratie

Dans le système capitaliste, le droit national ne s’applique qu’aux classes inférieures de la société, et le droit international ne s’applique qu’aux pays faibles. Les États-Unis et leurs alliés ignorent les décisions de la Cour pénale internationale ; même les juges de cette cour sont sanctionnés et menacés par les États-Unis et Israël. Les résolutions répétées du Conseil de sécurité — y compris celles concernant la Palestine, l’occupation de l’Irak et de l’Afghanistan — sont opposées au veto ou violées par les États-Unis. Des individus comme les chefs militaires d’Israël, des États-Unis et de l’OTAN qui font la guerre, commettent des agressions et commettent des massacres ne sont pas seulement pas poursuivis, mais certains, comme Barack Obama — qui, durant sa présidence, a augmenté les frappes de drones dans sept pays et porté le nombre de ses forces envahissantes en Afghanistan à plus de cent mille — ont reçu le prix Nobel de la paix.

Les droits de l’homme, les droits des femmes et la démocratie ont été transformés en armes entre les mains des grandes puissances pour réprimer des pays qui agissent de manière indépendante et refusent d’obéir aux États-Unis. L’agression de l’OTAN contre la Yougoslavie (1999), l’occupation de l’Irak (2003) et la guerre en Libye (2011) ont toutes été justifiées par de faux slogans de « soutien à la démocratie et aux droits de l’homme », tandis que l’objectif principal était l’accès aux ressources économiques et la destruction des États indépendants. Les médias affiliés aux oligarchies — tels que CNN, la BBC, Fox News et le Wall Street Journal — déforment les faits, diffusent de la désinformation au public et dissimulent les crimes de leurs propres gouvernements.

Par conséquent, le choix est clair : soit nous nous battons pour le socialisme et un monde juste sans exploitation ni guerre, soit nous assistons au retour complet de la barbarie, du fascisme, du génocide et de la destruction écologique. Il n’y a pas de troisième voie.

Par Nasir Loyand

Source : Left Radical of Afghanistan (LRA).  



Un moine congolais reconnu comme la première réincarnation africaine d'un maître bouddhiste tibétain




"Pannabodhi Rinpoché, moine originaire de la République démocratique du Congo, a franchi une étape historique en devenant le premier Africain reconnu comme la réincarnation d'un maître bouddhiste tibétain."

Source : Samuel Long via
https://www.instagram.com/p/DEAFr9cI5CM/

dimanche 5 juillet 2026

Les moustiques de Google débarquent



Alphabet, la société mère de Google, a demandé l'autorisation de lâcher, d'ici deux ans, jusqu'à 32 millions de moustiques ayant subi un traitement spécial en Californie et en Floride. Bien sûr, cette initiative est dans l'intérêt de tous. Des mâles non piqueurs seront infectés par des bactéries naturelles, puis relâchés. Ceux-ci s'accoupleront ensuite avec les femelles sauvages. Cela les rend stériles, ce qui entraîne immédiatement une baisse de la population de moustiques. C'est ainsi qu'on espère, à l'avenir, éradiquer des maladies graves telles que la dengue, le virus Zika, la fièvre jaune ou le paludisme.

Google n'est pas le seul à travailler depuis des années sur des insectes génétiquement modifiés : la Fondation Gates, Pfizer ou encore l'OMS s'y consacrent également. Dommage que l'essai en plein champ mené par la société de biotechnologie Oxitech au Brésil ait complètement échoué ! La réduction de la population de moustiques obtenue au départ s'est rapidement inversée, mais les moustiques étaient ensuite beaucoup plus résistants et redevenaient, comme auparavant, des vecteurs de maladies. Un échec total ! Ce schéma s'est également reproduit lors d'essais menés en Afrique.

Les philanthropes du monde entier en ont-ils tiré des leçons ? Eh bien voyons ! Au lieu de se faire expulser, comme ça a été le cas au Burkina Faso par exemple, ils utilisent désormais des pays plus riches, tels que l'Autriche et les États-Unis, comme terrains d'expérimentation. Dès 2022, l'organisation « Management Sciences for Health » a étudié ce que les pays du monde entier étaient prêts à payer pour utiliser les moustiques contaminés par des bactéries mentionnés plus haut.

D'un autre côté, cela pourrait déboucher sur une nouvelle attaque contre notre génome, en utilisant, dans un deuxième temps, les moustiques pour transmettre de l'ARNm lorsqu'ils piquent.

samedi 4 juillet 2026

Le premier trillionnaire au monde n'est pas votre ami, et autres remarques



C'est tellement pathétique de voir les flagorneurs serviles d'Elon Musk se précipiter sur les réseaux sociaux pour défendre leur oligarque préféré contre les critiques alors qu'il devient le premier trillionnaire au monde .

Ils disent un peu comme : « Ne soyez pas méchant avec le milliardaire, devenez vous-même milliardaire ! Il vous suffit d'avoir de la chance, des relations, des parents riches, la détermination d'écraser quiconque se met en travers de votre chemin, et la volonté de coopérer avec des institutions impériales meurtrières comme le Pentagone et la CIA ! »

Elon Musk est un magnat du complexe militaro-industriel profondément impliqué dans les services de renseignement américains et qui a récemment facilité l'opération de changement de régime américano-israélienne en Iran. Vous avez infiniment plus en commun avec le citoyen moyen en Iran, à Cuba, au Liban ou en Palestine qu'avec le premier trillionnaire au monde.


C'est révoltant de voir autant d'admirateurs serviles que ce cinglé en a encore. Le milliardaire n'est pas votre ami.


Ceux qui affirment que « le sionisme se résume à croire que les Juifs devraient avoir une patrie » sont ridicules. Le sionisme n'est pas une abstraction ; nous pouvons tous en constater les manifestations concrètes. Nous voyons tous que le sionisme est synonyme de génocide, d'apartheid, de guerres incessantes et d'abus.

Il ne s'agit pas d'un débat théorique où chacun pourrait donner son avis sur le sionisme et ses implications. Nous sommes en 2026, pas en 1890. Les faits sont établis, point final. Voilà ce qu'est le sionisme. Il n'existe que le seul sionisme. Vous voyez ce que vous obtenez. Et ce que vous voyez est incontestablement l'une des choses les plus néfastes qui se produisent sur notre planète.


Un type m'a dit : « Pourquoi est-ce que ça ne vous dérange pas qu'il existe une cinquantaine d'États-nations islamiques, mais qu'un seul État juif soit apparemment de trop ? »

Je lui ai montré l'illustration d'un clou planté dans le pied de quelqu'un et je lui ai dit : « Pourquoi un pied entier en chair ne vous dérange-t-il pas, mais une simple pointe en métal vous paraît insupportable ? La seule explication possible, c'est que vous avez une haine viscérale du métal. Il est impossible que vous vous offusquiez simplement qu'un objet étranger soit violemment enfoncé dans une zone où il cause des dommages. »

Il s'est énervé et a fini par me dire qu'il espérait que je sois assassiné par le Mossad.


La hasbara est tellement répugnante parce qu'il s'agit simplement de sionistes qui vous bombardent de discours pour vous convaincre que vous ne voyez pas ce que vous voyez.

Vous voyez des images vidéo brutes de la chose la plus horrible qu'on puisse imaginer à Gaza, et puis vous voyez les commentaires qui disent : « En fait, c'est normal et sans danger parce que… »

Vous voyez un reportage sur Israël qui commet un acte d'une perversité inouïe au Liban, et voilà qu'en dessous, ils commentent : « Il y a en réalité beaucoup plus à dire, car… »

Vous voyez un ministre israélien d'extrême droite proférer des propos ouvertement génocidaires, et tout le monde s'empresse de le défendre en disant : « Eh bien, ce n'est pas vraiment ce que ça paraît être, car… »

Vous voyez tous les grands groupes de défense des droits de l'homme de la planète déclarer qu'Israël est coupable de génocide et d'apartheid, et ils s'agitent frénétiquement pour vous dire qu'il s'agit d'un gigantesque complot visant à piéger Israël, alors que la vérité n'est que des mots, des mots, des mots, des mots, des mots, des mots, des mots.

On voit de plus en plus de médias grand public faire état des montagnes de preuves de viols et de tortures généralisés dans les prisons israéliennes, et ils saturent les ondes en prétendant qu'il s'agit d'une accusation de crime rituel antisémite, à cause de mots, mots, mots, mots, mots, mots, mots.

L'idée est de vous assommer d'un flot incessant de paroles jusqu'à ce que votre capacité de raisonnement soit anéantie et que vous soyez trop confus pour comprendre ce qui se passe réellement. C'est une pratique odieuse, abusive et profondément immorale.

Mais la bonne nouvelle, c'est que ça ne marche plus. Le langage est immensément puissant, mais son pouvoir a ses limites. Le comportement d'Israël est devenu tellement inacceptable et flagrant qu'aucune rhétorique, aussi habile soit-elle, ne pourra empêcher les gens de voir ce qui se passe sous leurs yeux.

Caitlin Johnstone 

Source : Substack via La cause du peuple


vendredi 3 juillet 2026

« Nous sommes constamment renvoyés à quelque chose auquel nous ne sommes pas attachés », le sentiment des jeunes musulmans pratiquants


Un sondage de l’Ifop publié le 18 novembre dernier révélait un renouveau de la pratique religieuse chez les jeunes musulmans : 87% se disaient pratiquants. Ces chiffres suscitent encore des réactions dans le débat public et la communauté musulmane.


Grande Mosquée de Paris


Le 24 novembre dernier, quatre conseils départementaux portaient plainte contre X, considérant le sondage de l'Ifop comme “ une violation du principe d’objectivité en se fondant sur des questions orientées ”.

Mais quelles sont les pratiques qui englobent la notion du religieux dans l’islam ?

Lundi matin, la Grande Mosquée de Paris accueille les fidèles pour la prière du Sobh. Couverts de grandes mosaïques en forme de fleurs bleu et orange, les murs ainsi que de grandes colonnes blanches entourent une fontaine. Dans la salle de culte des hommes, certains retirent leurs chaussures dans le silence, d'autres récitent le chapelet, l’imam dirige la prière, les fidèles sont prosternés.

“le mot pratiquant n’est pas concret, il faut d’abord interroger le mot” dit Tarik en plaisantant. Ce jeune réalisateur de 28 ans d’origine franco-algérienne au regard perçant, sort de la mosquée. Casque de moto à la main, il porte un long qamis blanc, de grandes fossettes accompagnent son sourire. Tarik a grandi dans un environnement musulman et catholique et pratique consciemment sa religion depuis ses dix ans. Selon lui, Paris est riche pour les musulmans, il y a plusieurs salles de prière malgré l'état de certaines, “ je prie sur du béton depuis 2005, les travaux prennent beaucoup de temps ”

L’islam est composé de cinq piliers ordonnés : la profession de foi, la prière quotidienne, l’aumône, le ramadan et le pèlerinage. Selon les chiffres du sondage de l’Ifop, 67 % des moins de 25 ans pratiquent la prière quotidienne. Imane, 25 ans, française d’origine tunisienne, prie irrégulièrement.

Brune avec de grands yeux verts, elle porte un voile noir, un long manteau blanc recouvre son jean bleu, “ la prière est le deuxième pilier de notre religion, mais ce n’est pas simple de prier en journée avec le travail ”. Imane habite le 13ème arrondissement, et se rend régulièrement à la Mosquée de Paris pour la prière du vendredi. En semaine elle les rattrape, “ pas toujours ”. Pour elle, ce qui est certain, c’est que “ tous les musulmans, même les plus jeunes, font le ramadan et ne mangent pas de porc ”. Certains quartiers parisiens se composent davantage de Français d’origine maghrébine, musulmans en majorité. Pour Imane, cette proximité géographique renforce le sentiment d’appartenance à une communauté, “la seule chose qui unit un Algérien et un Sénégalais, c’est la religion. » Avant d’habiter à Paris, elle et sa mère ont vécu en Espagne. Une fois installées dans la capitale, leur constat est unanime : Dans certains quartiers, il n’y a pas de blancs, “je me suis rapproché de ma religion en France. Ma mère a décidé de porter le voile car les femmes de son âge le portent, il y a une pression sociale, en Espagne, le brassage culturel était plus important, peut-être qu’elle ne l’aurait jamais porté là-bas ”. La pratique des jeunes musulmans semble moins se concentrer sur la prière quotidienne que celle du vendredi, du ramadan ainsi que des prescriptions alimentaires. Akhlâq, le bon comportement, est lui aussi central dans la foi musulmane. Etre généreux envers son prochain, délaisser la méchanceté, et cultiver la bienveillance. Par cette considération, certains croyants ne priorisent pas la prière, mais le bon comportement. C’est le cas d’Ahmed, 23 ans, assis près de la salle de prière des hommes,“ si tu fais tes prières, mais que tu es malveillant au quotidien, tu n’es pas musulman, regarde ”. Il sort un gros livre rouge de son sac, celui d’un imam, Sounan At-Tirmidhi. Il s’arrête à une page, c’est un hadith authentique, “ certes, par son bon comportement, le croyant atteint le degré de celui qui jeûne le jour et prie la nuit, tu vois”.

Tarik, lui, a un emploi du temps lui permettant de faire ses prières. Il ne boit pas d’alcool et mange hallal, pour l'heure, il n’a jamais été à la Mecque. A contrario, Imane a accompli son pèlerinage et consomme de l’alcool occasionnellement. De fait, autant il y a de musulmans, autant il semble y avoir d’islam, il est difficile de dresser un portrait homogène. La pratique religieuse de certains piliers de la religion musulmane perdure, et pour certains, le quotidien est plus difficile que pour d’autres. Certains amis de Tarik “ moins blancs que lui ”ont difficilement vécu la période post-attentat en 2015. Murmures, regards noirs quand ils vont à la mosquée en qamis pour la prière du vendredi, dans le regard des autres, être musulman semble être assimilé à un radicalisme religieux, “ nous sommes constamment renvoyés à quelque chose auquel nous ne sommes pas attachés, c’est une situation inconfortable ”.

Comme en témoigne l’entourage de Tarik, selon un sondage de l’Ifop réalisé en septembre 2025, 66% des musulmans ont déjà fait l’objet de comportements racistes. Malgré ces discriminations, ils assurent ne pas reculer face à leurs besoins de pratiquer leur religion.

Alexandra Valès.

jeudi 2 juillet 2026

Guénon, prophète du nouvel ordre mondial ?

 

Crise économique, mondialisation, perte des repères, déclin de l'Occident… Et si René Guénon avait décrit, il y a près d'un siècle, les bouleversements que nous vivons aujourd'hui ?

Dans "La Crise du monde moderne" (1927) puis "Le Règne de la quantité et les signes des temps" (1945), le philosophe développe une critique radicale de la modernité et annonce l'entrée dans une période de profondes ruptures. Près d'un siècle plus tard, ses analyses résonnent avec une étonnante actualité.

Rémi Soulié, philosophe, écrivain et animateur de l'émission Les Idées à l'endroit sur TVL, signe la préface de la réédition de ces deux ouvrages chez LIF. Il revient sur la pensée de René Guénon, son regard sur la crise de la civilisation occidentale et l'actualité d'une œuvre qui continue de susciter débats et interrogations.