jeudi 5 mars 2026

La notion de jihâd et sa double application


L'Iran a officiellement déclaré le djihad contre les États-Unis et Israël. Un décret religieux officiel a été publié citant le Coran 22:39 -- accordant la permission divine de faire la guerre contre « l'agression des croisés ».

Ce que cela signifie :

- Il ne s'agit pas de rhétorique politique. Il s'agit d'une DÉCLARATION DE GUERRE RELIGIEUSE.

- Toutes les milices chiites d'Irak, de Syrie, du Liban et du Yémen ont désormais l'autorisation théologique d'attaquer des cibles américaines et israéliennes.

- Hezbollah. Houthis. FMP irakiennes. Tous activés sous une seule fatwa.

- Le document appelle le monde islamique tout entier à se mobiliser

Cela change tout. Une guerre politique peut être négociée.

Une guerre sainte ne le peut pas.


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La notion de jihâd et sa double application


En 1994 est paru chez Insan, une maison d’éditions d’Istanbul, un livre intitulé Modern Dünyaya Baçkaldïrï, c’est à dire la traduction turque de Révolte contre le monde moderne de Julius Evola. Cette initiative est due à un professeur de théologie islamique de l’Université de Marmara, qui à l’époque avait en programme de faire publier un autre livre d’Evola, Masques et visages du spiritualisme contemporain. D’ailleurs, Révolte contre le monde moderne à été évoqué, à l’occasion d’un entretien publié dans “Éléments” (n. 77, 1993), par l’intellectuel algérien Rachid Benaïssa, élève de ce maître à penser qui fut Malek Bennabi.

Si le nom de Julius Evola n’est pas inconnu en terre d’Islam, dans quelle mesure Evola a eu connaissance de l’Islam ?

Le tableau de la tradition islamique brossé dans Révolte contre le monde moderne n’occupe que quelques pages, mais présente avec suffisamment de relief les aspects de l’Islam qui permettent, dans la perspective évolienne, de le caractériser comme une “tradition d’un niveau supérieur non seulement à l’hébraïsme, mais aussi aux croyances qui conquirent l’Occident” (RMM, 342).

En premier lieu, Evola fait remarquer que le symbolisme de l’Islam indique clairement un rattachement direct de cette forme traditionnelle à la Tradition primordiale elle-même, de sorte que l’Islam est indépendant du judaïsme comme du christianisme, religions dont il rejette d’ailleurs les thèmes spécifiques (péché originel, rédemption, médiation sacerdotale, etc.). C’est toujours dans Révolte contre le monde moderne que nous lisons :

“De même que dans l’hébraïsme sacerdotal, l’élément central est constitué ici par la loi et la tradition, en tant que forces formatrices, auxquelles les souches arabes des origines fournirent toutefois une matière beaucoup plus pure, plus noble et empreinte d’esprit guerrier. La loi islamique, Sharîah, est la loi divine ; sa base, le Coran, est considéré comme la parole même de Dieu – kalâm Allâh – comme une œuvre non humaine, un livre “incréé”, existant ab aeternodans les cieux. Si l’Islam se considère comme la « religion d’Abraham » et a même voulu faire de celui-ci le fondateur de la Kaaba, où réapparaît la “pierre”, le symbole du “Centre”, il n’en demeure pas moins qu’il affirme son indépendance vis-à-vis de l’hébraïsme comme du christianisme, que le centre de la Kaaba contenant le symbole en question a des origines préislamiques lointaines, difficiles à déterminer, et qu’enfin le point de référence de la tradition ésotérique islamique est la mystérieuse figure du Khidr, considérée comme supérieure et antérieure aux prophètes bibliques. L’Islam rejette le thème caractéristique de l’hébraïsme, qui deviendra, dans le christianisme, le dogme et la base du mystère christique : il maintient, sensiblement affaibli, le thème de la chute d’Adam, sans en déduire, toutefois, la notion de “péché originel”. Il voit en celui-ci une “illusion diabolique” – talbis Iblîs. D’une certaine façon, même, ce thème est inversé, la chute de Satan – Iblîs ou Shaitân – étant attribuée, dans le Coran (XVIII, 48), au refus de celui-ci de se prosterner, avec les Anges, devant Adam. Ainsi se trouvent repoussés à la fois l’idée centrale du christianisme, celle d’un rédempteur ou sauveur, et l’idée d’une médiation exercée par une caste sacerdotale”. (RMM, 340-341)

Pureté absolue de la doctrine de l’Unité, exempte de toute trace d’anthropomorphisme et de polythéisme, intégration de chaque domaine de l’existence dans un ordre rituel, ascèse de l’action en termes de jihâd, capacité de modeler une “race de l’esprit” : tels sont, successivement, les aspects de l’Islam qui retiennent l’attention d’Evola. Il écrit : “Le Divin étant conçu d’une façon purement monothéiste, sans “Fils”, sans “Père”, sans “Mère de Dieu”, tout musulman apparaît directement relié à Dieu et sanctifié par la loi, qui imprègne et organise en un ensemble absolument unitaire toutes les expressions juridiques, religieuses et sociales de la vie. Ainsi que nous avons déjà eu l’occasion de le signaler, l’unique forme d’ascèse conçue par l’Islam des origines fut celle de l’action, sous la forme de jihâd, de “guerre sainte”, guerre qui, en principe, ne doit jamais être interrompue, jusqu’à la complète consolidation de la loi divine. Et c’est précisément à travers la guerre sainte, et non par une action de prédication et d’apostolat, que l’Islam connut une expansion soudaine, prodigieuse, et forma non seulement l’Empire des Califes, mais surtout l’unité propre à une race de l’esprit – umma – la “nation islamique”". (RMM, 341)

L’Islam, enfin, observe Evola, est une forme traditionnelle complète, en ce sens qu’il est doué d’un ésotérisme vivant et opératif qui peut fournir, à ceux qui possèdent les qualifications nécessaires, les moyens de parvenir à une réalisation spirituelle qui dépasse le but exotérique du “salut” :

“Enfin (…), l’Islam présente un caractère particulièrement traditionnel, complet et achevé, du fait que le monde de la Sharîah et de la Sunna, de la loi exotérique et de la tradition, trouve son complément, moins dans une mystique que dans de véritables organisations initiatiques – turuq – détentrices de l’enseignement ésotérique, le ta’wîl, et de la doctrine métaphysique de l’Identité suprême, Tawhîd. La notion de ma’sûm, fréquente dans ces organisations et, en général, dans la Shîa, notion relative à la double prérogative de l’ismâ, ou infaillibilité doctrinale, et de l’impossibilité, pour les chefs, les Imams visibles et invisibles, et les mujtahid, d’être entachés de faute, correspond à l’attitude d’une race demeurée intacte et formée par une tradition d’un niveau supérieur non seulement à l’hébraïsme, mais aussi aux croyances qui conquirent l’Occident”. (RMM, 341-342)

Parmi tous ces thèmes, celui auquel est le plus directement sensible Julius Evola, étant donnée son “équation personnelle”, est évidemment le thème de l’action, l’action sacralisée. Le regard d’Evola se fixe donc sur la notion de jihâd et sur sa double application, conformément au célèbre hadîth du Prophète: “Raja’nâ min al-jihâd al-açghar ilâ-l jihâd al akbar“, c’est à dire: “Nous sommes revenus de l’effort mineur à l’effort majeur”; ou bien, si l’on préfère, “de la petite à la grande guerre sainte”. Ce hadîth, qui fournit le titre pour un chapitre de Révolte contre le monde moderne (“La grande et la petite guerre sainte”), est ainsi commenté par Evola :

"Dans la tradition islamique on distingue deux guerres saintes : la “grande guerre sainte” – el-jihâdul akbar – et la “petite guerre sainte” – el-jihâdul açghar – conformément à une parole du Prophète qui, de retour d’une expédition guerrière, déclara: “Nous voici revenus de la petite à la grande guerre sainte”. La “grande guerre sainte” est d’ordre intérieur et spirituel ; l’autre est la guerre matérielle, celle qui se livre à l’extérieur contre un peuple ennemi, en vue notamment d’inclure les peuples “infidèles” dans l’espace régi par la “loi de Dieu”, dâr al-islâm.

La “grande guerre sainte” est toutefois à la “petite guerre sainte” ce que l’âme est au corps, et il est fondamental, pour comprendre l’ascèse héroïque ou “voie de l’action”, de comprendre la situation où les deux choses se confondent, la “petite guerre sainte” devenant le moyen par lequel se réalise une “grande guerre sainte” et, vice-versa, la “petite guerre sainte” – la guerre extérieure – devenant presque une action rituelle qui exprime et atteste la réalité de la première. En effet, l’Islam orthodoxe ne conçut à l’origine qu’une seule forme d’ascèse: celle qui se relie précisément au jihâd, à la “guerre sainte”.

La “grande guerre sainte” est la lutte de l’homme contre les ennemis qu’il porte en soi. Plus exactement, c’est la lutte du principe le plus élevé chez l’homme contre tout ce qu’il y a de simplement humain en lui, contre sa nature inférieure, contre ce qui est impulsion désordonnée et attachement matériel." (RMM, 175)

Ailleurs, Evola voit dans l’idée de jihâd une “tardive renaissance d’une hérédité aryenne primordiale”, si bien que “la tradition islamique est ici à la place de la tradition aryo-iranienne” (DALV, 11).

En tout cas, la doctrine islamique de la petite et de la grande “guerre sainte” occupe dans l’œuvre évolienne une position privilégiée et acquiert une valeur paradigmatique ; elle exemplifie, en effet, et représente la conception générale que le monde de la Tradition rapporte à l’expérience guerrière et, plus largement, à l’action comme voie de réalisation. Les enseignements concernant l’action guerrière de divers milieux traditionnels sont donc envisagés à la lumière de leur coïncidence essentielle avec la doctrine du jihâd et sont exposés à l’aide d’une notion qui est, elle aussi, de dérivation islamique : la notion de “voie de Dieu” (sabîl Allâh) :

"Dans le monde de l’ascèse guerrière traditionnelle, la “petite guerre sainte”, c’est-à-dire la guerre extérieure, s’ajoute ou se trouve même prescrite comme voie pour réaliser cette “grande guerre sainte”, et c’est pourquoi, dans l’Islam, “guerre sainte” – jihâd – et “voie d’Allah” sont souvent employées comme synonymes. Dans cet ordre d’idées, l’action a rigoureusement la fonction et la fin d’un rite sacrificiel et purificateur. Les aspects extérieurs de l’aventure guerrière provoquent l’apparition de l’”ennemi intérieur” qui, sous forme d’instinct animal de conservation, de peur, d’inertie, de pitié ou de passion, se révolte et oppose une résistance que le guerrier doit vaincre, lorsqu’il descend sur le champ de bataille pour combattre et vaincre l’ennemi extérieur ou le “barbare”.

Naturellement, tout cela présuppose l’orientation spirituelle, la “juste direction” – niyyah – vers les états supra-individuels de l’être symbolisés par le “ciel”, le “paradis”, les “jardins d’Allah”, et ainsi de suite ; autrement, la guerre perd son caractère sacré et se dégrade en une aventure sauvage où l’exaltation se substitue à l’héroïsme vrai et où dominent les impulsions déchaînées de l’animal humain." (RMM, 176-177; cf. DALV, 12 et DF, 307-308).

Evola rapporte (dans la traduction italienne de Luigi Bonelli, légèrement remaniée par lui) toute une série de passages coraniques relatifs aux idées de jihâd et de “voie d’Allah” (RMM, 177-178). En outre il cite, à titre d’exemple et d’illustration, deux maximes: “Le paradis est à l’ombre des épées” et ” Le sang des héros est plus proche de Dieu que l’encre des philosophes et les prières des dévots” (RMM, 184; cf. DF, 308). Or, si la première de ces deux maximes est effectivement un hadîth, la seconde, extraite peut-être de quelque étude orientaliste peu digne de foi, est en réalité on ne peut plus différente du hadîth rapporté par Suyûtî dans Al-jâmi’ aç-çaghîr, qui dit textuellement ainsi: “L’encre des savants et le sang des martyrs seront pesés au Jour de la Résurrection, et la balance penchera en faveur des savants”.

Avant de passer aux formulations conférées à la doctrine de la “guerre sainte” dans des milieux traditionnels non islamiques (surtout l’Inde et le christianisme médiéval), Evola établit une analogie entre la mort que connaît le mujâhid et la mors triumphalis de la tradition romaine (RMM, 178) ; ce thème est repris plus loin, lorsque la capacité d’”immortalisation” attribuée à la victoire guerrière par certaines traditions européennes est mise en relation avec l’”idée islamique, selon laquelle les guerriers tués dans la ‘guerre sainte’ – jihâd – ne seraient jamais vraiment morts” (RMM, 199). Un verset coranique est cité à titre d’illustration : “N’appelez pas morts ceux qui furent tués dans la voie de Dieu ; non, ils sont vivants, au contraire, même si vous ne vous en apercevez pas” (Coran, II, 149). Le parallèle spécifique est d’ailleurs retrouvé chez Platon (Resp. 468e), “selon lequel – rappelle Evola – certains morts, tués à la guerre, font corps avec la race d’or qui, selon Hésiode, n’est jamais morte, mais subsiste et veille, invisible” (RMM, 199).

Dans Révolte contre le monde moderne, il est un autre sujet qui permet certaines références à la doctrine de l’Islam: celui du chapitre “La Loi, l’État, l’Empire”. Observant que “jusque dans la civilisation médiévale, la rébellion contre l’autorité et la loi impériale fut assimilée à l’hérésie religieuse et que les rebelles furent tenus, non moins que les hérétiques, comme des ennemis de leur propre nature, contredisant la loi de leur essence” (RMM, 51), Evola relève la présence d’une conception analogue en Islam et renvoie le lecteur à la IVe sourate du Coran, v. 111. Un autre rapprochement est ensuite établi entre la conception romano-byzantine, d’une part, qui oppose la lois et la pax de l’oecumène impérial au naturalisme des barbares – affirmant en même temps l’universalité de son droit -, et la doctrine islamique, de l’autre, puisqu’on trouve dans celle-ci, observe Evola, “la distinction géographique entre le dâr al-islâm, ou terre de l’Islam, gouvernée par la loi divine, et le dâr al-harb ou ‘terre de la guerre’, parce que sur cette dernière vivent des peuples qui doivent être intégrés à la première grâce au jihâd, à la ‘guerre sainte’” (RMM, 59).

Dans le même chapitre, évoquant la fonction impériale d’Alexandre le Grand, vainqueur des hordes de Gog et Magog, Evola renvoie à la figure coranique de Dhû’l-Qarnayn, généralement identifié à Alexandre, et à ce que dit la sourate XVIII du Coran (RMM, 57).

Les analogies existant entre certains aspects de l’Islam et les éléments correspondant d’autres formes traditionnelles sont également relevées dans Le Mystère du Graal ; mais, tandis que dans Révolte contre le monde moderne il s’agit de purs parallèles doctrinaux – où sont parfois comparées à l’Islam des formes traditionnelles qui n’ont jamais été en contact avec le monde musulman -, dans l’essai sur “l’idée impériale gibeline” les similitudes entre Islam et templarisme viennent, au contraire, s’insérer dans le cadre concret, historique, des rapports entretenus par des représentants de l’ésotérisme chrétien et de l’ésotérisme islamique. On peut considérer, a ce propos, le passage suivant :

"On accusait en outre les Templiers d’avoir des intelligences secrètes avec les musulmans et d’être plus proches de la foi islamique que de la foi chrétienne. Il faut probablement interpréter cette dernière indication en tenant compte du fait que l’anti-christolâtrie était également une des caractéristiques de l’islamisme. Quant aux “intelligences secrètes”, elles doivent nous apparaître comme synonyme d’un point de vue moins sectaire, plus universel, donc plus ésotérique que celui du christianisme militant. Les Croisades, où les Templiers et, d’une façon générale, la chevalerie gibeline jouèrent un rôle fondamental, créèrent malgré tout, à divers égards, un pont supratraditionnel entre l’Occident et l’Orient. La chevalerie croisée finit par se trouver en face d’une sorte de réplique d’elle même, c’est-à-dire de guerriers ayant la même éthique, les mêmes coutumes chevaleresques, les mêmes idéaux d’une “guerre sainte”, et, en outre, en face de veines ésotériques similaires." (MG, 188-189)

Puis, Evola passe à une description sommaire de ce qu’il appelle, improprement d’ailleurs, “l’Ordre arabe des Ismaéliens”, à savoir le mouvement hétérodoxe qui fut très lié aux Templiers :

"C’est ainsi – écrit Evola – qu’aux Templiers correspondit exactement, en Islam, l’Ordre arabe des Ismaélites, qui se considéraient aussi comme les “gardiens de la Terre Sainte” (également au sens ésotérique, symbolique) et avaient une double hiérarchie, l’une officielle, l’autre secrète. Et cet Ordre, avec son double caractère à la fois guerrier et religieux, courut le danger de connaître une fin analogue à celle des Templiers et pour un motif analogue: son fond initiatique et l’affirmation d’un ésotérisme méprisant la lettre des textes sacrés. Il est également intéressant de constater que, dans l’ésotérisme ismaélien, réapparaît le même thème que celui de la légende impériale gibeline: le dogme islamique de la “résurrection” (qiyâma) est interprété ici comme la nouvelle manifestation du Chef Suprême (Imam) devenu invisible durant la période dite de l’”absence” (ghayba); car l’Imam, à un moment donné, avait disparu, se soustrayant à la mort, mais ses sectateurs restaient tenus de lui jurer fidélité et sujétion, comme à Allah lui-même." (MG, 189-190)

L’ésotérisme islamique est défini par Evola comme doctrine qui va même jusqu’à “reconnaître dans l’homme la condition dans laquelle l’Absolu devient conscient de lui-même, et qui professe la doctrine de l’Identité Suprême” (OO, 35-36), si bien que l’Islam apparaît comme un exemple clair et éloquent d’un système qui, bien qu’incluant un domaine strictement théiste, reconnaît une vérité et une voie de réalisation plus élevées, les éléments émotionnels et dévotionnels, l’amour et tout le reste perdant ici (…) toute signification “morale”, et toute valeur intrinsèque, et acquérant seulement celle d’une technique parmi les autres. (OO, 36)

Or, l’ésotérisme islamique, avec les enseignements de ses maîtres et son univers de notions et de symboles, fournit à Evola des axes et références d’une certaine importance. En ce qui concerne symboles et notions, il faut souligner l’importance, dans l’oeuvre évolienne, accordée à la fonction polaire. Comme l’explique Evola, “au Proche-Orient” (mais il serait plus correct de dire en Islam), “le terme qutb, ‘pôle’, a désigné non seulement le souverain, mais, d’une manière plus générale, celui qui dicte la loi et qui est le chef de la tradition d’une certaine période historique” (R, 50). (Pour être précis, il faudrait dire que le qutb, le “pôle”, représente le sommet de la hiérarchie initiatique). Or, tout un chapitre de Révolte contre le monde moderne, le troisième de la première partie, repose sur l’idée de cette fonction traditionnelle et emploie précisément les termes “pôle” et “polaire”. L’étrange est que ce chapitre ne contient aucune référence explicite à la tradition islamique, tandis que, pour ce qui est des maîtres de l’ésotérisme islamique, les noms d’Ibn ‘Arabi, Hallâj, Rûmî, Hâfez, Ibn Atâ’, Ibn Farîd, ‘Attâr sont mentionnés dans plusieurs écrits évoliens.

La première mention d’Ibn ‘Arabî, ash-shaykh al-akbar (= doctor maximus), apparaît dans une glose d’Introduction à la Magie qui n’est pas signée, mais qui est certainement due à Evola : y est cité “le cas d’Ibn ‘Arabî” afin d’illustrer l’”inversion des rôles par rapport à l’état où, la dualité étant créée, l’image divine incarnant le Moi supérieur est devant le mystique comme un autre être” (IaM, I, 71). Pour approfondir cette idée, Evola recourt au correspondant enseignement du Taçawwuf ; après quoi, dans le même contexte, il rappelle que “la fin d’El Hallaj, qui est toutefois considéré comme l’un des principaux maîtres de l’Islam ésotérique (soufisme)”, fut une conséquence de la divulgation du secret qui s’attache à la réalisation de la condition la plus élevée. Evola revient sur ce point en un autre endroit de son œuvre, lorsqu’il écrit :

"En réalité, si certains initiés dont personne ne niait la qualification furent condamnés et parfois même tués (le cas typique le plus souvent rappelé est celui d’Al Hallâj en Islam), cela eut lieu parce qu’ils avaient ignoré cette règle (celle du secret, N.d.A); il ne s’agissait donc pas d’”hérésie”, mais de raisons pratiques et pragmatiques. Une maxime dit à ce sujet: “Que le sage ne trouble pas avec sa sagesse celui qui ne sait pas”." (AM, 122)

L’autre brève allusion à Ibn ‘Arabî contenue dans Introduction à la Magie est due, elle aussi, à Evola, qui, dans le texte intitulé Ésotérisme et mystique chrétienne et signé avec le pseudonyme de “Ea”, remarque que manque dans l’ascèse chrétienne, malgré la discipline du silence, “la pratique du degré le plus intériorisé de cette discipline, qui ne consiste pas seulement à mettre un terme à la parole parlée, mais aussi à la pensée (le fait ‘de ne pas parler avec soi-même’ d’Ibn ‘Arabî” (IaM, III, 281).

Dans Métaphysique du sexe, après avoir relevé que, dans l’Islam, “loi destinée à qui vit dans le monde, non à l’ascète” (MS, 262), est absente “l’idée de la sexualité comme quelque chose de coupable et d’obscène” (MS, 242), Evola relève qu’Ibn ‘Arabî en vient même à parler d’une contemplation de Dieu dans la femme, dans une ritualisation de l’étreinte sexuelle conforme à des valeurs métaphysiques et théologiques. (MS, 242)

Suivent deux longues citations des Fuçûç al-hikam (Les châtons de la Sagesse), dans la traduction due à Titus Burckhardt, dont voici la conclusion évolienne :

"Dans cette théologie soufiste (sic) de l’amour, on doit voir seulement l’amplification et l’élévation à une conscience plus précise du monde rituel avec lequel l’homme de cette civilisation a plus ou moins distinctement assumé et vécu les rapports conjugaux en général, en partant de la sanctification que la Loi coranique confère à l’acte sexuel dans un régime non seulement monogamique, mais aussi polygamique. De là naît aussi le sens particulier que peut revêtir la procréation, entendue précisément comme l’administration du prolongement du pouvoir créateur divin existant dans l’homme." (MS, 243)

Un autre passage des Fuçûç al-hikam illustre, dans Métaphysique du sexe, la “clef de la technique islamique” (MS, 349), la quelle consiste à assumer “la dissolution à travers de la femme” en tant que symbole de l’extinction en la Divinité. Au même ordre d’idées se réfère la signification des “Expériences chez les Arabes” de Gallus (pseud. de Enrico Galli Angelini), un texte compris dans Introduction à la Magie dont Evola cite quelques extraits relatifs aux “pratiques orgiaques pour des fins mystiques (…) attestés (…) dans l’aire arabo-persane” (MS, 347).

Dans ce que Gélâleddîn Rûmî dit à propos de la danse (“Celui qui connaît la vertu de la danse vit en Dieu, parce qu’il sait comment l’amour tue”) (MS, 128), Evola distingue une autre “clef” des techniques initiatiques islamiques, “la clef des pratiques d’une chaîne, ou école, de mystique islamique, qui s’est continuée à travers les siècles et qui considère Gélâleddîn Rûmî comme son maître” (MS, 128).

Dans la poésie du soufisme arabo-persan, connue de lui à travers l’Antologia della mistica arabo-persiana de M.M. Moreno (Laterza, Bari 1951), Evola retrouve des thèmes qui, pour sa “Métaphysique du sexe”, ne manquent pas d’intérêt : l’application, par exemple, du symbolisme masculin à l’âme de l’initié, si bien que, comme il écrit, “la divinité (…) est considérée comme une femme : elle n’est pas l’”épouse céleste”, mais la “Fiancée” ou l’”Amante”. Ainsi, par exemple, chez Attâr, Ibn Fârid, Gélâleddîn el-Rûmî, etc. (MS, 277, note 1)”.

Dans la poésie soufique, Evola trouve également l’idée de l’amour comme “force qui tue” le moi individuel, idée découverte par lui chez Rûmî et Ibn Fârid.

A une technique caractéristique du soufisme, le dhikr, est consacrée une glose d’Introduction à la Magie que nous pensons pouvoir attribuer à Evola. Celle-ci relève en particulier la correspondance entre une telle technique islamique, et le mantra hindou et la répétition des noms divins pratiquée par l’hésychiasme (IaM, I, 396-397). Cette glose cite Al-Ghazâlî, dont certaines affirmations sont citées à d’autres pages du même ouvrage attribuables avec sûreté à Evola (IaM, II, 135-136 et 239).

Encore plus enrichissante fut la rencontre d’Evola et de l’hermétisme islamique : en fait, parmi tous les auteurs musulmans le plus cité dans l’œuvre d’Evola est Geber, c’est à dire Jâbir ibn Hayyân. A propos du rôle joué par les hermétistes de l’Islam, Evola écrit:

Entre le VIIe et le XIIe siècle, il s’est avéré qu’elle (la tradition hermético-alchimique) existait chez les Arabes qui, à cet égard aussi, servirent d’intermédiaires pour la reprise, par l’Occident médiéval, d’un héritage plus ancien de la sagesse pré-chrétienne. (MG 223)

Dans son étude plus spécialement consacrée à la tradition hermétique, Evola utilise de très nombreuses citations extraites de textes musulmans recueillis par Berthelot et Manget. Il privilégie, nous l’avons dit, Geber: mais ceci n’a rien d’étonnant, compte tenu de la masse énorme du corpus gébérien ; Râzî est également mentionné et un certain nombre de livres anonymes sont cités, parmi lequels la célèbre Turba Philosophorum, traduite en italien dans le seconde volume d’Introduction à la Magie.

Comme on sait, une grande partie de l’œuvre d’Evola se base sur certains enseignements traditionnels devenus accessibles au plus grand nombre à la suite de l’exposé qu’en a fait René Guénon. Evola s’est donc en grande partie appuyé sur l’œuvre de ce dernier, reprenant des conceptions qui y étaient développées et les adaptant souvent à sa propre “équation personnelle”. Or, compte tenu de l’appartenance de Guénon à l’Islam et de la filiation islamique de certains enseignements fondamentaux, perceptibles dans l’œuvre de Guénon, il n’est pas hors de propos de considérer ce qu’écrit Evola quant à l’intégration de Guénon à la tradition islamique :

"Guénon était convaincu que subsistaient en Orient, malgré tout, des groupes encore dépositaires de la Tradition. Sur le plan pratique, il entretint des rapports directs avant tout avec le monde islamique où des filons initiatiques (soufis et ismaélites) continuaient à circuler parallèlement à la tradition exotérique (c’est-à-dire religieuse). Et il s’islamisa à outrance. S’étant établi en Égypte, il avait reçu le nom de sheikh Abdel Wahîd Yasha (sic) et même la nationalité égyptienne. Il épousa en secondes noces une Arabe." (LD, III, 4, 22)

Et encore :

"Dans le cas de Guénon, ce rattachement (initiatique) a dû principalement se réaliser – comme nous l’avons dit – avec des “chaînes” islamiques. Mais à celui qui n’a pas d’inclination à s’en remettre à des musulmans ou à des Orientaux, Guénon ne propose pas grand chose." (R, 212)

Le “cas de Guénon” a donc induit Evola à reconnaître qu’existent, aujourd’hui encore et malgré tout, des possibilités de rattachement initiatique ; en plus, Evola affirme que, dans les conditions actuelles, le choix de l’Islam comme voie traditionnelle est pratiquement obligatoire pour ceux qui adhèrent à la doctrine traditionnelle dans sa formulation guénonienne et ne veulent pas se contenter de la théorie.

D’ailleurs, Evola avait encore plus nettement affirmé, à propos des centres initiatiques :

"Il est certain qu’il en existe encore, bien que l’Occident ne soit guère concerné ici et bien qu’il faille, dans ce domaine, se tourner vers le monde musulman et l’Orient." (VdT, I, 3, 120; puis dans AM, 253)

Un problème qu’Evola évoque dans ce contexte, concerne le rapport existant entre les centres initiatiques et le cours de l’histoire. Il est formulé comme suit :

Le cors de l’histoire est généralement interprété comme une involution et une dissolution. Or, face aux forces qui agissent en ce sens, quelle est la position des centres initiatiques ? (AM, 253)

Ce problème implique également l’Islam, puisqu’Evola dit :

Par exemple, il est certain qu’existent en terre d’Islam des organisations initiatiques (celles des soufis), mais leur présence n’a pas du tout empêché l’”évolution” des pays arabes dans une direction anti-traditionnelle, progressiste et moderniste, avec toutes les conséquences inévitables de ce phénomène. (AM, 254)

Une telle question avait été posée par Evola dans le cadre d’une correspondance avec Titus Burckhardt, qui, en connaissance de cause, lui avait “fait remarquer que des possibilités de ce genre (c’est à dire traditionnelles, n.d.r.) subsistaient dans des régions non européennes” (CC, 204). Nous ignorons si, et comment, l’écrivain suisse avait répondu aux objections d’Evola ; en tout cas, on pourrait faire observer avant tout que les “pays arabes”, avec lesquels Evola semble identifier la “terre d’Islam”, ne constituent en réalité que la dixième partie du monde musulman, de sort qu’il n’est pas correct de faire coïncider leur “évolution” avec le développement de la situation générale de la ummah islamique. Mais surtout, quand bien même les “centres initiatiques (soufis)” ne s’opposeraient pas, par leur action, au processus général d’involution, il serait toutefois arbitraire d’affirmer que leur fonction est illusoire, comme le fait Evola lorsqu’il évoque ces échanges polémiques avec des milieux qui se font encore des illusions sur les possibilités offertes par les “restes traditionnels” existant dans le monde actuel. (CC, 203)

En fait, le rattachement à des centres initiatiques – dont procède toute transmission régulière d’influences spirituelles – constitue l’unique solution possible pour quiconque entend réagir à la tendance involutive du monde moderne : tendance inexorable puisque soumise aux rigoureuses lois cycliques qui régissent la manifestation. C’est le propre du rattachement à un centre initiatique – et, grâce à lui, au centre suprême – d’assurer la continuité de la transmission des influences spirituelles pour toute la durée du présent cycle d’humanité et donc permettre la participation au monde de l’Esprit jusqu’à la fin du cycle. Dans une telle perspective, c’est le propre du processus d’involution que de se révéler “illusoire”: en fait, celui-ci ne concerne que la manifestation – laquelle, compte tenu de son caractère fondamentalement contingent, ne représente rigoureusement rien vis-à-vis de l’Absolu.


Claudio Mutti


SIGLES DES OEUVRES DE JULIUS EVOLA CITÉES DANS LE TEXTE :

RMM = Révolte contre le monde moderne, éd. de l’Homme, Montréal-Bruxelles 1972.
DALV = La doctrine aryenne de lutte et de victoire, éd. Totalité, Puiseaux 1979.
DF = Diorama, Europa, Roma 1974.
MG = Le mystère du Graal et l’idée impériale gibeline, Villain et Belhomme – Éd. Traditionnelles, Paris 1970.
OO = Orient et Occident, Arché, Milano 1982.
R = Ricognizioni. Uomini e problemi, Edizioni Mediterranee, Roma 1974.
IaM = Introduzione alla Magia, 3 voll., Edizioni Mediterranee, Roma 1971.
AM = L’arc et la massue, Trédaniel-Pardès, Paris-Puiseaux 1984.
MS = Metafisica del sesso, Edizioni Mediterranee, Roma 1969.
LD = René Guénon e il “tradizionalismo integrale”, “La Destra”, a. III, n. 4, avril 1973.
VdT = I centri iniziatici e la storia, “Vie della Tradizione”, a. I, n. 3, juillet-septembre 1971.
CC = Le chemin du cinabre, Arché-Arktos, Milano-Carmagnola 1983.


Quatre “fact-checkers”



par Myriam

Ah, regardez-moi ces quatre chevaliers autoproclamés de la vérité, ces 4 “fact-checkers” qui se pavanent comme des gardiens infaillibles de l’info, mais qui ont semé plus de chaos en France que n’importe quel complot imaginaire !

Avec leurs airs supérieurs, ils ont balancé des “vérifications” biaisées sur le Covid pour justifier des confinements interminables et des vaccins imposés, minimisant les effets secondaires tout en diabolisant quiconque osait douter ; sur la guerre en Ukraine, ils ont servi la soupe officielle sans broncher, en traitant de “pro-russes” tous ceux qui pointaient les incohérences ; et pour la dette nationale, ils ont applaudi les dépenses folles de Macron comme un génie économique, ignorant comment ça écrase le peuple sous des impôts records.

Ces pseudos-journalistes, financés par des fondations douteuses et des subventions d’État, n’ont fait que museler les voix dissidentes au nom de la “lutte contre la désinfo”, transformant la France en un pays où questionner l’establishment vous vaut un badge de “conspi” la liberté d’expression pour un chèque et un ego surdimensionné !

finito les imposteurs, grillés de partout comme des merguez oubliées sur le barbecue de l’enfer – échec et mat, les clowns, votre règne bidon s’effondre en miettes pendant que vos carrières pourrissent dans le caniveau de l’oubli, avec les rats qui rigolent en grignotant vos illusions de grandeur !

Source


Commentaire de François Martinez sur X :

"Conspiracy Watch est soutenu par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah. Le président d'honneur David de Rothschild est cousin d'Ariane de Rothschild. Des documents judiciaires confirment des liens d'affaires entre Ariane de Rothschild et J. Epstein."

Source


mercredi 4 mars 2026

Le Reich McMuffin et la colonie pédophile contre les rois poètes et philosophes



Vivre sous un empire en phase terminale, c'est comme vivre dans une autre dimension. Ces derniers jours ont été particulièrement hallucinants.

Les États-Unis et Israël ont déclaré la guerre à l'Iran avec le plein soutien de nombreux dirigeants européens et régionaux, et lorsque l'Iran a riposté (comme le prévoit le droit international), la classe politique et médiatique occidentale a paniqué.

Tous les principaux dirigeants occidentaux, d'Albanese à Carney, en passant par Starmer, Macron et Merz, au lieu de condamner une première frappe illégale, ont condamné la riposte iranienne.

Il convient de le réaffirmer :

Donald Trump s'est tenu devant une caméra, a déclaré une guerre illégale, sans l'approbation du Congrès ni de l'ONU, contre une nation souveraine qui n'avait jamais attaqué les États-Unis, et lorsque ce pays a riposté, il a été désigné comme l'agresseur par des élites occidentales hystériques et hurlantes.

C'est tout à fait extraordinaire.

Si, après ces deux dernières années, nous avions encore le moindre doute quant à la fin du droit international, la réaction occidentale à la guerre contre l'Iran l'a définitivement dissipé. L'empire européen, après avoir fondé sa position sur l'Ukraine sur la nécessité de faire respecter le droit international, vient de signer l'arrêt de mort de ce dernier.

Le plus extraordinaire, c'est que Marco Rubio a admis que l'Iran ne représentait aucune menace pour les États-Unis. Rubio a déclaré hier soir que les États-Unis n'avaient déclaré la guerre que parce qu'Israël s'apprêtait à frapper l'Iran ; les États-Unis ont donc attaqué « préventivement », partant du principe que l'Iran riposterait contre Israël après avoir été touché.

Un imbroglio de rationalisations que seul un cerveau imprégné d'empire pourrait concevoir.

Ce qui nous reste, c'est le fait que le Reich McMuffin a mené une guerre préventive pour la Colonie Pédophile contre la nation de mystiques, de poètes et de rois philosophes.

Il s'agit, après tout, comme l'avait prédit Huntington , d'un choc des civilisations.

Examinons cela.

L'exportation culturelle la plus célèbre de l'empire américain est McDonald's. Cheeseburger et McMuffin. Le dirigeant de cet empire est un philistin, un escroc de l'immobilier, un animateur de télé-réalité, un arnaqueur et, plus récemment, un vendeur de montres . Une nation sans architecture historique, sans œuvres d'art anciennes, sans rien de culturellement significatif. (Ne vous fâchez pas. Ce n'est rien de personnel, juste un constat objectif.)

Il existe des moulins à poivre et des housses de couette plus vieux qu'Israël. Colonie de voleurs ayant prospéré par le viol et la terreur, son dirigeant est un criminel de guerre recherché pour génocide. Ses principales exportations sont la terreur et les technologies de surveillance capables de prendre le contrôle de la caméra de votre téléphone pendant que vous vous déshabillez pour aller au lit. Israël est littéralement un refuge pour les pédophiles.

L'Iran a 6 000 ans. Il abrite certains des plus anciens joyaux architecturaux du monde, dont 29 sites inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO, parmi lesquels 27 sont classés sites du patrimoine culturel, la plus haute distinction. Les œuvres d'Omar Khayyam, philosophe persan du Xᵉ siècle, sont encore vendues en librairie près de mille ans plus tard. J'ai un recueil de poèmes de Rumi sur mon étagère, des poèmes écrits il y a 800 ans. Ali Khamenei, le chef religieux iranien assassiné, était un érudit qui parlait quatre langues, dont l'anglaiset, et parfaitement, l'arabe.

Son successeur, Ali Larijana, est titulaire d'une licence en informatique et en mathématiques et d'un doctorat en philosophie occidentale. Sa thèse portait sur la philosophie des mathématiques de Kant et il est l'auteur de trois ouvrages sur des philosophes occidentaux.

Trump et les dirigeants des empires, en revanche, parlent à peine anglais.

C'est véritablement un choc des civilisations.

Mais le racisme est tellement répandu.

Le racisme est si répandu que, malgré la possibilité de trouver sur YouTube des milliers de vidéos de centres commerciaux à Téhéran, en tous points semblables aux centres commerciaux occidentaux, la grande majorité des Occidentaux croient à cette propagande raciste. (Bien sûr, les centres commerciaux occidentaux ne sauraient servir de modèle de civilisation, mais vous comprenez l'idée.) Alors que la réalité est accessible en un clic, beaucoup croient que l'Iran est une théocratie terrifiante où les femmes sont lapidées pour avoir montré leurs cheveux. Et parce qu'ils le croient, parce que l'esprit bourgeois est incapable de comprendre la politique révolutionnaire, il ne peut saisir l'ampleur du soutien à une république révolutionnaire anti-impérialiste.

Ils ne comprennent pas le soutien apporté à une civilisation imprégnée de mathématiques, d'ingénierie, d'architecture, de sciences, de mysticisme et d'astronomie. Une civilisation qui lutte contre une nation obsédée par le cheeseburger et l'argent, au nom d'un avant-poste colonial vieux de 70 ans, gangrené par le vol, l'apartheid, le viol, le cannibalisme et la pédophilie.

L'assassinat de Khamenei illustrait parfaitement ce choc des civilisations. L'armée, composée de simples soldats, de pédophiles et de leurs sténographes, claironnait à qui voulait l'entendre cette opération épique et prétendument bien ficelée visant à assassiner un homme de 86 ans atteint d'un cancer de la prostate en phase terminale, qui vaquait tranquillement à ses occupations d'État dans sa maison de ville austère et sans défense, en compagnie de sa petite-fille de trois ans. Ils avaient piraté les caméras de circulation de Téhéran ! Ils avaient un informateur ! Ils connaissaient tous ses déplacements ! Ils ont orchestré le meurtre d'un vieil homme dont l'adresse figurait dans l'annuaire téléphonique, comme dans Zero Dark Thirty. Pathétique.



Comparez sa demeure et la mise en pratique de ses principes avec la nouvelle salle de bal de la Maison-Blanche de Trump . Opposez le mode de vie sans fioritures de Khamenei à l'obsession de Trump pour l'or et le clinquant, aux démonstrations ostentatoires de richesse. Tout cela est absolument répugnant et grotesque.
[H.G. Malgré les sollicitations, l'ayatollah Khamenei a refusé de quitter sa maison, connue de tous, car il n'avait pas peur de la mort, et il voulait montrer à tous qu'il est prêt à se sacrifier pour son pays]

Et bien sûr, les McMuffins et les pédophiles, l'Axe Epstein, ont hurlé de joie en évoquant le meurtre d'un vieil homme et de sa famille, après l'avoir trompé pendant des mois en lui faisant croire à des négociations de bonne foi. Un meurtre qui, évidemment, n'a pas provoqué de soulèvement. Et comme il n'a pas provoqué de soulèvement, Israël et les États-Unis, après avoir assassiné 165 écolières , ont décidé de bombarder Téhéran sans relâche.

Ici, aucune valeur n'est définie au-delà de la mort et de la conquête.

Il n'y a que de l'argent, des biens matériels, du commerce et la guerre.

Notre culture est déracinée. Si tant est qu'on puisse nous appeler ainsi. Nous ne sommes certainement pas une civilisation s'inscrivant dans une grande tradition.

La profondeur de la dépravation philistine dont témoigne cette guerre est abyssale.

Mais à bien y réfléchir, on arrive à une réalité extrêmement sombre : les guerres d’agression impérialistes continuent d’être lancées parce qu’elles sont efficaces.

Et ça marche parce que la force brute, les rivières de sang et les sacrifices humains, ça marche.

Les États-Unis ont tué près de 400.000 civils au Vietnam. Ils ont incendié leurs villages et violé leurs femmes. Des bébés naissent encore aujourd’hui au Vietnam avec des malformations congénitales dues à l’utilisation indiscriminée de l’Agent Orange, qui a ravagé des millions d’hectares de terres agricoles.

Pourtant, le Vietnam est désormais l’un des plus proches alliés des États-Unis . Un État soumis, parfaitement intégré à l’hégémonie régionale américaine.

L'Afghanistan a été transformé par les États-Unis en un immense fief d'héroïne géré par la CIA ; l'Irak a été pillé, un million de personnes tuées, des avions entiers chargés d'argent ont été exportés du pays et un régime docile a été installé. Tout l'or libyen a été volé et partagé entre les agresseurs occidentaux. Plus récemment, le Venezuela est devenu du jour au lendemain un État vassal des États-Unis.

Les États-Unis sont objectivement la force de conquête et de domination la plus maléfique de la planète, et l'Iran est aujourd'hui en première ligne de l'anti-impérialisme.

Quiconque a le sens de la justice devrait souhaiter que l'Iran gagne cette guerre.

Si l'Iran s'effondre, il tombera entre les mains de l'Axe Epstein et des adorateurs du cheeseburger et de l'argent. Si l'Iran tombe, nos perspectives d'avenir se réduisent comme peau de chagrin et nous sommes aspirés toujours plus profondément vers l'horizon des événements du néolibéralisme. Si l'Iran s'effondre, l'empire se tournera vers sa prochaine cible, probablement Cuba, peut-être la Colombie, voire la Turquie, que les politiciens israéliens ont récemment présentée comme une menace régionale. Ou bien même la Russie comme le prédit Alexandre Douguine [ L'épée du Katechon. Par Alexandre Douguine.

Mais l'Iran n'est pas encore vaincu. Et même si une victoire conventionnelle est impossible, une guerre d'usure lui offre une voie de survie. L'empire ne supportera pas longtemps ce coût. Si l'Iran parvient à maintenir le détroit d'Ormuz fermé et à attaquer les intérêts alignés sur les États-Unis suffisamment longtemps, il pourrait imposer un cessez-le-feu et ainsi survivre selon des conditions proches de son propre jeu.

Mais si l'Iran venait à succomber aux forces d'un philistinisme décadent, il subsiste, à mon sens, une maigre consolation : le profond mal de l'âme demeurera chez ceux qui nourrissent une conscience impériale, quels que soient le nombre de guerres qu'ils déclenchent, quel que soit le nombre de femmes et d'enfants sans défense qu'ils massacrent. Car l'appétit du conquistador est insatiable. Cette soif inextinguible les consume d'une soif de sang vide, les condamnant à passer leur vie à la recherche de leur prochaine dose.

Pour ceux d'entre nous qui ont une âme, pour ceux d'entre nous qui mènent une vie plus pleine et plus riche, c'est, je crois, quelque chose auquel se raccrocher.

Nous ne serons jamais comme eux.

Nous ne pourrons jamais leur ressembler.

Ils peuvent être des nôtres, mais ils ne seront jamais comme nous.

Ce fossé est spirituel, il ne peut être comblé ni par la langue, ni par une terre partagée, ni par une culture.

Nous ne pourrons jamais comprendre ce qui les possède.

Et cette rupture totale avec le monstrueux est quelque chose, aussi insignifiant soit-il, à célébrer.

NATE BEAR



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BONUS

En Islam iranien (4 tomes)
Henry Corbin



Ce que l'on a voulu principalement montrer ici, c'est une aptitude caractéristique de ce que certains désigneront comme le génie iranien, d'autres comme la vocation imprescriptible de l'âme iranienne : une aptitude éminemment apte à édifier un système philosophique du monde, sans que soit jamais perdue de vue la réalisation spirituelle personnelle en laquelle doit fructifier la méditation philosophique, et faute de laquelle la philosophie n'est plus qu'un jeu stérile de l'esprit. Aptitude, par conséquent, à conjoindre la recherche philosophique et l'expérience mystique; le refus de les dissocier donne à l'une et à l'autre un caractère si spécifique, qu'il faut déplorer que cette philosophie iranienne, irano-islamique, ait été jusqu'ici absente de nos histoires de la philosophie. Cette absence a appauvri, amputé, notre connaissance de l'homme. Depuis plus d'un millénaire, notamment encore et surtout au cours des quatre derniers siècles, la production des philosophes et spirituels de l'Iran a été considérable. Leurs problèmes recroisent ceux de nos philosophes, mais en y apportant, le plus souvent, des points de vue et des réponses que les vicissitudes des polémiques ont fait tenir à l'écart en Occident. Et pourtant cette voix iranienne est à peine parvenue à se faire entendre hors des frontières de l'Iran, si bien qu'aujourd'hui les Iraniens n'ont pas toujours conscience que leur culture traditionnelle peut recéler un message pour l'humanité actuelle, et voient encore moins comment « actualiser » ce message. (...)

Des sept livres que renferment les quatre tomes de cet ouvrage, le Livre I (t. I) embrasse les principaux aspects du shî'isme imâmite, c'est-à-dire du shî'isme des Douze Imâms ou shî'isme duodécimain. Il les recueille à leurs sources, c'est-à-dire dans les traditions venant des Imâms eux-mêmes, mais simultanément en montre la résonance et l'amplification chez leurs plus grands interprètes de l'époque safavide (XVI e et XVII e s.). Il marque les recroisements entre l'herméneutique spirituelle pratiquée dans le shî'isme et dans le christianisme aussi bien qu'entre les problèmes de l'imâmologie et de la christologie.

Le Livre II (t. II) est tout entier consacré à l'œuvre de « résurrection » qui fut celle de Sohrawardî (XII e s.), à savoir celle d'une philosophie de la lumière dont les recoupements avec notre propre philosophie médiévale de la Lumière (celle d'un Robert Grosseteste) appellent encore de nombreuses recherches. 

Le Livre III (t. III), tout entier consacré à Rûzbehân Baqlî de Shîrâz, débouche sur des questions familières aux « Fidèles d'amour », autour de Dante ou antérieurement à lui. 

Le Livre IV montre quelques sommets de la métaphysique du shî'isme et du soufisme (Haydar Âmolî, Semnânî, XIVe siècle). 

Le Livre V (t. IV) illustre par quelques grandes figures ce que fut 1' « école d'Ispahan ». 

Le Livre VI montre le sens de l'école shaykhie (XIXe s.). 

Enfin le Livre VII est tout entier consacré au Douzième Imâm comme pôle d'une ferveur shî'ite culminant dans l'idée de chevalerie spirituelle (fotowwat, javânmardî). Ici les recoupements avec les traditions de la chevalerie d'Occident comme avec la tradition joachimite se feront spontanément jour. Nous avons en effet multiplié à dessein les indications concernant les recoupements et les comparaisons. Car notre désir et le but même de cet ouvrage sont de communiquer notre conviction que la culture spirituelle de l'Iran ne peut plus rester absente du « circuit culturel » universel. Ce que nous y perdrions ressort spontanément de ces pages. Mais nous ne dissimulons pas aux chercheurs que le labeur est écrasant : pour dominer les textes et maîtriser un vocabulaire qui les rende communicables dans nos langues occidentales, il y faut l'effort de toute une vie. Ce que nous avons tenté de réaliser ici, est une bien faible part de ce qu'il reste à faire. Nous dirons enfin au lecteur qui voudra bien nous accompagner jusqu'au terme de ces sept livres, que ce à quoi nous l'invitons, c'est à des pèlerinages iraniens qui sont autant de pèlerinages de l'âme, mais nécessitant une grande aventure de l'Esprit, — l'aventure de tous ceux qui furent conviés, parce qu'ils l'aimaient, à construire la « Demeure aux Sept Piliers ». 

Henry Corbin, En Islam iranien, extrait du prologue.

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Alexander Dugin :

- L'Iran est la source primordiale méconnue de la civilisation européenne. Les Grecs ont emprunté à la Perse les concepts les plus importants de leur philosophie. Le temps linéaire, le roi-sauveur ultime, la résurrection des morts, la Regeneratio Mundi, le combat moral, le diable lui-même sont des concepts iraniens. [...]

- La théologie de la Lumière et de Dieu comme Pensée (Logos, Nous) est profondément et originellement iranienne. Le concept même d'âme immortelle (fravarti) est également iranien.


L’usage massif des outils numériques dans le système éducatif détruit l’intelligence des enfants




Pour la première fois depuis la fin des années 1800, nous assistons à un tournant historique sombre : la Génération Z est officiellement la première génération à être moins intelligente que ses prédécesseurs (les Millennials).

Ce n'est pas une simple opinion, c'est le témoignage choc du neuroscientifique Dr. Jared Cooney Horvath devant le Sénat américain en janvier 2026.

1) Le déclin est global : Scores de QI, mémoire, capacité de lecture, mathématiques et résolution de problèmes... tous les indicateurs sont en baisse dans plus de 80 pays.

2) Le coupable ? L'EdTech : Contrairement aux idées reçues, ce n'est pas le manque d'éducation qui pose problème, mais l'outil. L'intégration massive des ordinateurs et tablettes à l'école a "stagné" le développement cérébral.

3) Le cerveau n'est pas un moteur de recherche : Dr. Horvath explique que notre biologie est câblée pour l'interaction humaine et l'étude profonde. Le format "short" (vidéos rapides, résumés en bullet points sur écran) empêche la création de connexions neuronales solides.

4) L'illusion du savoir : L'étude souligne un paradoxe inquiétant : "Plus les gens pensent être intelligents, moins ils le sont réellement." La Gen Z consomme de l'information en surface (skimming) et confond l'accès immédiat à la donnée avec la maîtrise du sujet.

"Nous ne progressons pas, nous capitulons." 

L'expert qualifie la situation d'urgence sociétale et suggère de suivre le modèle scandinave : interdiction ou limitation stricte des écrans dans les écoles pour revenir aux manuels et à l'interaction directe.


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Les Millennials (Génération Y) sont nés entre 1981 et 1996. 
La Génération Z entre 1997 et 2012, selon des sources comme Pew Research et Wikipedia. Ces plages peuvent varier légèrement selon les définitions.

Plus d'infos :



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Cerveau vide et frigo américain




 



mardi 3 mars 2026

Le front philosophique de l'IA


La technologie nécessite une réflexion.



Alexander Dugin soutient que la nouvelle commission sur l'IA de Vladimir Poutine doit s'attaquer à la question philosophique plus profonde de ce que signifie véritablement l'intelligence.

Vladimir Poutine a signé un décret instituant une commission sur le développement de l'intelligence artificielle (IA). Cette commission sera placée sous l'autorité du président de la Russie. Or, la question de l'IA n'est pas seulement – ​​ni même principalement – ​​une question technique. Il s'agit d'un problème philosophique et conceptuel. Elle remet en cause la rationalité elle-même, la capacité humaine fondamentale de penser.

Étant donné que nous appartenons à l'espèce Homo sapiens — l'être rationnel —, cette évolution remet en question l'humanité en tant que telle. Par conséquent, à mon avis, si une commission sur le développement de l'IA doit être créée (et elle l'a été au plus haut niveau), elle doit impérativement comporter une dimension philosophique.

Ce que l'on appelle l'IAG (Intelligence Artificielle Générale) ou la singularité technologique est, en résumé, une perspective d'avenir très proche. Elle implique le remplacement de l'humanité par une intelligence artificielle. Ce sujet exige une réflexion extrêmement approfondie, et le développement technologique dans ce domaine ne peut se faire indépendamment de ses implications philosophiques.

Dmitry Grigorenko et Maksim Oreshkin, nommés à la tête de la nouvelle Commission sur les technologies de l'intelligence artificielle – aux côtés d'autres administrateurs technocrates compétents et efficaces qui la composent – ​​ne sont pas philosophes (à l'exception du ministre de la Défense, Andrey Belousov). Pourtant, à mon sens, cette commission se doit d'intégrer une dimension philosophique, car sans elle, toute action dans ce domaine devient extrêmement dangereuse.

Aujourd'hui, faire de l'intelligence artificielle un domaine de compétition mondiale de haut niveau est au moins aussi important que les armes nucléaires, voire plus encore.

Bien entendu, un État-civilisation souverain comme la Russie se doit de développer ses propres technologies souveraines dans ce domaine. Pourtant, même ici – au niveau de l’IA souveraine – la dimension civilisationnelle et philosophique réapparaît.

L'intelligence artificielle est avant tout un sujet philosophique. Adapter l'IA à un État-civilisation souverain – à la Russie – exige un effort philosophique supplémentaire. Or, nous manifestons souvent un mépris pathologique pour la réflexion. Lorsque nous nous précipitons vers des solutions purement techniques, nous prenons progressivement du retard, même dans ce domaine, car la technologie se nourrit de la science, et la science, à son tour, se nourrit de la philosophie.

Je tiens à le souligner : la pensée, la vision théorique et les réponses aux questions les plus pressantes — questions qui relèvent proprement de la philosophie — sont ce qui inspire et fait progresser la science, et la science, à son tour, détermine les choix technologiques. La philosophie ne peut être remplacée par la science, ni la science par la technologie. Cette hiérarchie essentielle doit être établie à tous les niveaux de la gouvernance étatique, notamment dans des domaines aussi intrinsèquement philosophiques que l'intelligence elle-même.

Comment parler d’intelligence – artificielle ou naturelle – alors que la philosophie consiste précisément à « penser à la pensée » ? Aristote la définissait ainsi : c’est ce qui pense à la pensée, à la manière dont nous pensons. La dimension philosophique est donc indispensable. Or, aujourd’hui, elle est presque totalement absente de notre société. Au sein de nos systèmes sociaux, technologiques et administratifs, elle fait défaut. C’est profondément regrettable.

Par exemple, Aleksey Chadayev propose aujourd'hui plusieurs cadres philosophiques pertinents et bien conçus pour la logistique, y compris le commerce. La philosophie peut assurément s'y appliquer également. Plus encore dans des domaines par nature philosophiques : vision du monde, géopolitique, civilisation, souveraineté dans ses fondements les plus profonds, stratégies pour l'avenir et, bien sûr, hautes technologies et intelligence artificielle.

À mon avis, le désintérêt pour la philosophie dans notre société a atteint un point critique. Cela ne peut plus durer. Dans ce contexte, rien ne fonctionne correctement car beaucoup considèrent la philosophie comme totalement superflue. Or, c'est précisément ce dont nous avons besoin aujourd'hui. Et nous ne sommes pas les seuls.

(Traduit du russe)



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Alexander Dugin sur les sionistes :

- Les sionistes et les « sionistes chrétiens » sont des adorateurs de Baal, une secte extrémiste sabbatéenne/frankiste. C'est pourquoi les juifs orthodoxes s'y opposent. Les sionistes sont un mélange non juif avec les juifs. Ils suivent un pseudo-messie et se prennent pour des dieux.


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“La Vilaine Lulu”, le livre scandale d’Yves Saint-Laurent

 

Indigne. Le compagnon de Pierre Bergé fit éditer, en 1967, une bande dessinée dans laquelle il évoquait les aventures tordues de sa “vilaine Lulu”…


par Cyril de Beketch


« Il était une fois une petite fille. Elle s’appelait la vilaine Lulu. Son papa avait un nom : Yves Saint Laurent. » C’est ainsi que débute le seul ouvrage du couturier et compagnon de Pierre Bergé, rédigé en 1967 sous la forme d’une BD.

Une vilaine Lulu pas vraiment comme les autres petites filles et un ouvrage qui flirte souvent avec l’insupportable. Tout, dans le quotidien de cette enfant, n’est prétexte pour l’auteur qu’à la destruction, qu’à l’avilissement et qu’à la corruption des esprits.

Yves Saint Laurent y décrit une petite fille qui lit Play Girl, une revue pour adultes : « Le journal que je préfère » ; qui pratique les sacrifices humains à Vénus pour obtenir les faveurs de son prince charmant. Lulu saoule les nouveau-nés de vin rouge, électrocute les vieillards, euthanasie des malades incurables qui supplient : « Rien qu’un petit jour de plus. »

Pâques offre l’occasion au papa dessinateur d’imaginer des enfants empoisonnés par les oeufs pourris offerts par sa vilaine petite fille : « C’est moi qui suis la cause de tout ce bonheur. » Et de conclure : « À leur enterrement, elle sautait de joie. »

Lulu Saint Laurent ne connaît pas de limite : elle entre au service du pape, l’empoisonne et devient “papesse”. Elle enferme ses camarades dans une cabane qu’elle incendie, « comme c’est amusant ! » Avec son ami « monsieur Totor », ils « rôdent autour des écoles » pour organiser la traite des Blanches à destination du harem de l’émir Abdullah : « Voilà votre futur papa. »

Et puis le papa de Lulu aime bien la représenter dénudée, ici en odalisque, là au Café de Flore, debout sur les tables, jupe relevée, là encore alanguie sur un coussin… Le couturier n’hésite pas à exhiber les frasques et « le tralulu » de sa “fille” à la télévision pour exciter des foules libidineuses et provoquer le suicide d’épouses abandonnées.

C’est encouragé par Françoise Sagan qu’Yves Saint Laurent décidera de faire publier cette BD “hors normes”, mais que l’on trouvera parfois dans les rayons jeunesse de grandes enseignes. Une jeunesse à laquelle la vilaine Lulu et son papa n’épargnent rien : tortures, enfermements, assassinats. Les familles sont brisées, les professeurs harcelés…

Des fantasmes exprimés avec une candeur et une naïveté d’autant plus dérangeantes qu’un préambule, signé de la main de l’auteur, l’affirme : « Toute ressemblance avec des personnes qui existent ou qui ont existé est parfaitement voulue. Toutes ces aventures ont été tirées de faits réels. » Aujourd’hui, le seul à pouvoir commenter ces “faits réels”, c’est Pierre Bergé.



lundi 2 mars 2026

L'Occident est profondément malade


Jean-Dominique Michel :

"Les dossiers Epstein publiés par le ministère américain de la Justice représentent trois millions et demi de pages, deux mille vidéos, cent quatre-vingt mille images. Des experts de l'ONU ont qualifié les crimes documentés d'« entreprise criminelle mondiale » atteignant le seuil des crimes contre l'humanité. Et pourtant : zéro poursuite à ce jour.

Ce que ces documents révèlent dépasse de très loin le « scandale mondain » que la presse voudrait nous présenter. Il s'agit du viol systématique d'enfants, de torture, de trafic international, d'un programme eugéniste — et d'une toile reliant la finance internationale, les services de renseignement américains et israéliens, les gouvernements de plusieurs continents, les familles royales, les prix Nobel et les plus grandes universités du monde.

Dans cette émission, je pose les faits documentés, je nomme les noms déjà publics, et j'examine les connexions qui émergent : des opérations CIA d'Iran-Contra aux visites d'Epstein à la Maison-Blanche, du Mossad à la Silicon Valley, des Rothschild à l'Élysée. J'analyse aussi le rôle troublant de l'administration Trump, la faillite totale de la presse, et l'anesthésie collective qui empêche nos sociétés de réagir.

En tant qu'anthropologue de la santé, je pose un diagnostic : l'Occident e
st profondément malade. Et la réponse à cette horreur est d'abord spirituelle — rétablir le sens du sacré.

C'est mon dernier mot sur ce sujet. Après, je retourne à la salutogenèse, à la NeuroSpiritualité, à la beauté du monde."

L'agonie de l'Occident





Les obsessions raciales de Jeffrey Epstein révélées par ses e-mails




Pédocriminalité. Alain Soral expose les obsessions raciales de Jeffrey Epstein révélées par ses e-mails : Anti-goy, raciste et suprémaciste


La lente et douloureuse exhumation des dossiers judiciaires liés à Jeffrey Epstein a principalement focalisé l’attention sur l’ampleur sidérante de ses crimes sexuels. Pourtant, une autre réalité émerge. Une idéologie raciste et explicitement suprémaciste, mâtinée d’eugénisme, servait à transformer ses victimes en objets et à justifier son sadisme.

L’affaire Epstein ne se réduit pas à un fait divers sordide. C’est une affaire d’État, dont les ramifications politiques et financières continuent d’être explorées. Le financier, arrêté en juillet 2019 et qui a "été suicidé" dans sa cellule un mois plus tard, a laissé derrière lui une masse documentaire vertigineuse. Ces « dossiers Epstein », rendus publics par vagues successives sous la pression de la justice et des médias ou pour des raisons de stratégie politique, constituent une plongée sans précédent dans l’esprit d’un criminel. On y découvre, entre deux ordres logistiques pour ses propriétés, les linéaments d’une pensée raciale cohérente et appliquée. Epstein n’était pas un délinquant sexuel ordinaire ; c’était un idéologue qui puisait dans le vocabulaire de la supériorité ethnique et génétique pour justifier, peut-être même pour ennoblir l’innommable.

« Goyim » : le marqueur lexical d’un mépris systémique

L’analyse lexicographique de ses écrits privés est éloquente. Le terme « goyim » (non-juifs) y est employé non pas comme une simple désignation neutre, mais comme un stigmate, un synonyme d’infériorité intellectuelle et morale. Dans un échange révélateur, il lance à un correspondant : « Tu te comportes comme les goyim que tu ne respectes pas. »

Cette phrase, apparemment anodine, est un condensé de son ethos : elle établit une frontière ethnique indépassable et une hiérarchie de valeur. Le témoignage de Maria Farmer, l’une des premières à porter plainte, corrobore cette lecture.

Elle décrit un cercle autour d’Epstein et de sa complice Ghislaine Maxwell où l’on considérait que leur « ADN juif » les plaçait au sommet d’une pyramide humaine.

Dans cette logique, exploiter des jeunes femmes non-juives n’était pas un crime ; c’était presque un droit, une conséquence naturelle de cette supériorité supposée.

Cette idéologie, que certains chercheurs qualifient de « suprémacisme juif », n’était ni une pose ni une provocation isolée. Elle irriguait ses conversations, structurait ses relations et offrait un cadre de justification à son sadisme.

Ce qui n’est pas sans rappeler d’autres propos extrêmement graves, qu’ils émanent de rabbins ou de ministres israéliens :Le ministre israélien Amihai Eliyahu : « Nous voulons la Syrie, le Liban et Gaza. Si vous vous voyez petit alors vous êtes des goy ! »

Un suprémacisme instrumental au service de l’eugénisme et du crime

Certains commentaires ont tenté de minorer cette dimension en la qualifiant de « suprémacisme juif », comme pour la cantonner à une bizarrerie. C’est méconnaître sa fonction criminelle. Les documents montrent qu’Epstein piochait allègrement, et sans contradiction apparente, à la fois dans des tropes antisémites (évoquant avec une certaine complaisance le « contrôle juif du monde ») et dans un discours violemment anti-blanc et anti-chrétien. Cette incohérence apparente révèle en réalité un suprémacisme profondément narcissique et utilitaire. Le noyau de sa pensée était un eugénisme personnel décomplexé, illustré par son projet monstrueux de « fermes de reproduction » visant à disséminer son propre patrimoine génétique. Le racisme, sous toutes ses formes, était pour lui un outil de classification et de déshumanisation. En étiquetant ses victimes potentielles comme des « goyim » inférieures, il s’autorisait moralement à en faire des objets au service de ses pulsions et de ses fantasmes mégalomanes.

Cette problématique et ce racisme ont été évoqués lors du direct présenté par Dieudonné sur sa chaîne X le 4 février 2026, avec Alain Soral, Pierre Jovanovic et Francis Lalanne comme invités : Vidéo

L’idéologie comme outil de déshumanisation et de légitimation du sadisme

La question que ces révélations posent est fondamentale : dans quelle mesure cette idéologie a-t-elle été un moteur de ses crimes, et non un simple folklore privé ? Pour les victimes et de nombreux analystes, le lien est direct. En catégorisant ses victimes potentielles comme des « goyim » inférieures, Epstein opérait une déshumanisation préalable. Cette grille de lecture raciale transformait des adolescentes en objets, en ressources exploitables au service d’un projet plus grand (son plaisir sadique, son pouvoir, son fantasme eugéniste). Cela permettait de contourner toute empathie et de rationaliser l’horreur. Il est crucial de souligner que les délires racistes d’Epstein sont le fait d’un individu toxicomane du pouvoir, utilisant tous les discours à sa disposition – y compris le racisme – pour servir son empire prédateur. Les dossiers Epstein, dans leur froideur administrative, nous livrent donc bien plus qu’un récit criminel ; ils nous offrent le manuel de pensée d’un homme qui croyait pouvoir soumettre le monde, et les êtres qui le peuplent, aux lois de sa propre génétique et de son désir.

Yoann 

Source : Le Media442

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Panique à tous les étages du Système


Mentir n’est pas difficile, et ça fait gagner du temps. Mais c’est juste un gain de temps : la réalité vous rattrape toujours. Car justifier un mensonge dans le temps, c’est un travail difficile. Cela revient à consolider en permanence l’intérieur d’une mine qui menace à chaque instant de s’écrouler sur le menteur. Les savants disent étayer. À la fin, le remède fait plus mal que le mal.

Cette débauche d’énergie, de temps, d’argent, d’agents, d’explications, c’est ce que vivent les tenants du Système médiatico-politique actuellement, après le bombardement sur X de l’axe Trump-Musk. Le président US devait bombarder l’Iran, voilà qu’il bombarde l’Europe, et la France.

Mais que les Français lambda (d’en bas, en grec) se rassurent, ils ne risquent rien avec ces bombes à neutrons médiatiques : ce sont les élites qui sont visées, et qui morflent. Défendre un Jack Lang en train de se noyer en plateau entraîne les défenseurs au fond de l’eau. Jack et Caroline devant qui toutes les portes des médias mainstream s’ouvrent, c’est le baiser de la mort. Viens t’expliquer et te faire crucifier en direct, coco, ça fait de l’audience et ton suicide nous arrange.

Source : E&R


Via : La Cause du Peuple



dimanche 1 mars 2026

Trump et Netanyahou ont coupé définitivement l'actuel Occident du reste du monde


"Khamenei avait 86 ans, il n’avait plus aucun pouvoir temporel surtout après la guerre des 12 jours. Le voilà qui quitte ce monde quelques jours en avance sur ce que la nature avait prévu. Mais avec le statut de martyr international du chiisme comme dernier service rendu à son pays. À qui il sera plus utile mort que vivant."

Régis de Castelnau


"L'assassinat de Khamenei scelle le destin d'Israël. Les Iraniens étaient les gardes impériaux des Juifs. Cyrus fut appelé Messie par Isaïe. S'attaquer au chef de la Perse est un crime métaphysique." Alexander Dugin



Les Occidentaux ne se rendent pas compte qu'en faisant assassiner Khamenei, Trump et Netanyahou ont coupé définitivement l'actuel Occident du reste du monde.

1. Une loi non écrite des relations internationales dit que l'on ne vise pas le chef de l'Etat adverse en temps de guerre. Sinon c'est potentiellement la jungle et l'autodestruction de l'humanité.

2. L'attitude consistant à préparer la guerre en faisant semblant de négocier est gagnante à court terme et dévastatrice pour celui qui se comporte ainsi à long terme. Plus personne ne négociera avec lui.

3. Précisément, Trump a perdu la possibilité de signer des accords avec Poutine et Xi Jinping. Or les USA en déclin en avaient un besoin vital. Trump a non seulement tué Khamenei mais il s'est suicidé politiquement. Et ses successeurs auront dû mal à remonter la pente.

4. En effet, par instinct de survie, le reste du monde va mettre un cordon sanitaire autour des présidents américains desormais. On enferme un chien dangereux, on le muselle ou on l'attache à une chaîne solide. Trump vient de prouver qu'il se comportait comme Biden, Obama, Clinton ou les Bush. Il y a donc un problème fondamental pour le monde avec les présidents des Etats-Unis. On doit les tenir à distance pour survivre.

5. Cela va même plus loin. J'anticipe que le monde va se dire que le moment est venu d'accélérer le déclin des Etats-Unis, nation désindustrialisée, ravagée par la drogue, profondément divisée socialement, dont l'establishment dépravé (Epstein) ne vit plus que de la guerre. Autant en profiter.

Trump aurait pu être le sauveur des Etats-Unis. Il est devenu leur fossoyeur.

Edouard Husson, historien.


L’Iran, Epstein & les sacrifices humains



Les leaders US sombrent dans une spirale infernale sans éthique ni code moral, sans autre divinité qu’eux-mêmes. La destitution ou le procès à La Haye ne suffiront pas à venir à bout de tels criminels.



Par Dennis Kucinich, le 28 février 2026



Aujourd’hui, l’administration Trump, à la demande du gouvernement décadent de Netanyahu, a joué un rôle déterminant dans le bombardement d’une école primaire de filles, tuant 57 enfants. Réfléchissez-y bien. Voyagez au cœur de la folie et du naufrage des dirigeants américains pour voir des parents iraniens désespérés fouiller les décombres, à la recherche du moindre signe de leurs petites filles.

Maintenant, dites à ces parents, comme on nous l’a dit, que l’Amérique l’a fait pour que le peuple iranien puisse être libre. C’est la nouvelle équation de l’Empire : Liberté = Mort.

L’approche meurtrière à laquelle l’administration Trump s’est livrée sans scrupules s’apparente à la politique du gouvernement Netanyahu de bombarder les écoles à Gaza et d’assassiner des enfants innocents dans le but (psychopathique) d’éviter toute représailles futures. Le meurtre d’enfants est devenu le sacrement de l’État.

Il ne s’agit en fait que d’une extension de la saga Epstein, la destruction de l’innocence par le viol, le meurtre et le cannibalisme d’enfants par des puissants dont la soif de sang ne sera jamais étanchée dans ce carnage de sacrifices humains appelé guerre.

Peter Berger, dans Pyramids of Sacrifice, établit un parallèle entre le culte des sacrifices humains de la civilisation aztèque et l’effondrement de son empire, en écrivant :

“Ainsi, la grande pyramide de Cholula offre un paradigme métaphorique des relations entre théorie, pouvoir et leurs victimes : les intellectuels qui définissent la réalité, les détenteurs du pouvoir qui façonnent le monde pour le conformer à leurs définitions, et ceux qui sont appelés à souffrir des conséquences de ces deux entreprises”.

Réfléchissons au contexte plus général dans lequel ces événements se produisent : d’une part la montée du sionisme prédateur, avec sa stratégie d’extermination, de nettoyage ethnique, d’assassinats, de génocide et ses ambitions d’empire allant de l’Euphrate au Nil. D’autre part, la répression de la dissidence sur les campus universitaires américains, avec la menace de suppression des financements universitaires, les modifications apportées à la loi sur le Premier Amendement au niveau des États pour punir les détracteurs d’Israël, la domination des deux partis politiques américains par l’AIPAC et les groupes affiliés, la domination des médias par les partisans de la cause honteuse du gouvernement du Likoud de Netanyahu, Smotrich et Ben Gvir, plus dévoués à celle-ci qu’à la Constitution des États-Unis.

Nous sommes aux premières loges pour assister au déclin inexorable de la “civilisation” occidentale, sous l’impulsion du gouvernement américain qui a récemment déclenché la guerre Irak-Iran, la guerre d’Afghanistan, la guerre d’Irak, la guerre contre le Liban, la guerre contre la Syrie, la guerre contre Gaza et la Cisjordanie, la guerre contre le Yémen et qui présente aujourd’hui la (deuxième) guerre américaine contre l’Iran.

Renommer le ministère de la Défense en ministère de la Guerre est une magnifique vérité promotionnelle.

L’effondrement de l’économie américaine est quant à lui imminent, croulant sous les dettes, mais s’apprêtant à consacrer 1 500 milliards de dollars par an à la guerre, soit la majeure partie des dépenses discrétionnaires de l’année prochaine qui auraient autrement été consacrées à la santé, l’éducation et le bien-être général du peuple américain.

Aujourd’hui, les États-Unis, “l’armée la plus puissante du monde”, ont été relégués au rang de bras armé du gouvernement israélien au service du Grand Israël.

Que nous ayons fait nôtre la guerre tant désirée de Netanyahu contre l’Iran montre que la prière de Lincoln “Un gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ne périra pas” ne fait plus partie de la devise nationale. Les avertissements de George Washington sur les implications étrangères sont également ignorés, tout comme ceux du président Eisenhower sur le complexe militaro-industriel.

Non, aujourd’hui, les dirigeants américains rejettent des siècles de sagesse politique cumulée et sombrent dans une spirale infernale, pire encore que celle imaginée dans l’Enfer de Dante, un lieu réservé à ceux qui sacrifient leur nation au profit de leur richesse et leur pouvoir personnels, pour qui tout est permis, sans éthique ni code moral, sans autre divinité qu’eux-mêmes.

Et les sanctions modernes que sont la destitution et le procès à La Haye ne suffiront pas à venir à bout de tels criminels.


Traduit par Spirit of Free Speech