dimanche 21 juin 2026

Chrétien de Troyes et les mystères de la canicule : ou quand le fameux chevalier Yvain annonce la dépression aoûtienne et nos déprédations estivales…




La chaleur…

Nous voici à nouveau en période de canicule. Elle est terrible où je vis. La canicule rend dépressif (pic de mortalité et suicides en août), peut tuer même et causer des guerres (août quatorze…), et elle a toujours été redoutée. Les clergés païens de jadis savaient mieux que l’actuel comment l’encadrer, nos écrivains aussi puisque le plus grand d’entre eux, Chrétien de Troyes consacra son meilleur roman à cette canicule, et au chevalier au lion (ou au chien) qui l’accompagne.

Voyons le dictionnaire :

Canicule vient du latin Canicula, qui signifie «chien», en liaison avec Sirius, étoile principale de la constellation du Grand Chien. Elle ne concerne donc à l’origine que la période annuelle du 24 juillet au 24 août, où cette étoile se couche et se lève en même temps que le Soleil, ce qui avait laissé penser aux anciens qu’il existait un lien entre l’apparition de cette étoile et les grandes chaleurs (1).

Le grand Pline l’Ancien ajoutait : « Quant à la Canicule, qui ignore que, se levant, elle allume l’ardeur du soleil ? Les effets de cet astre sont les plus puissants sur la terre : les mers bouillonnent à son lever, les vins fermentent dans les celliers, les eaux stagnantes s’agitent. Les chiens aussi sont plus exposés à la rage durant tout cet intervalle de temps ; cela n’est pas douteux (2). »

Encadrée car redoutée, la canicule était ainsi fêtée au temps des romains (au passage faisons la pub pour les Fastes d’Ovide, notre livre de chevet, absolument essentiel) :

Dans la Rome antique, le début de la Canicule était célébré par la fête de Neptunalia (le 24 juillet), on lui attribuait de mauvaises influences (maladies causées par la chaleur et hurlements des chiens) et on tentait de conjurer l’influence néfaste de Sirius sur les moissons en immolant des chiens roux comme le soleil. La Canicule s’achevait par la fête de Vulcania le 24 août ; c’est notre saint Barthélémy (quand je vous disais qu’il y avait un lien…).

La canicule est liée au chasseur Orion (que reprend Tolkien dans le Silmarillion) et à Sirius (Huan pour les amateurs). Le nom Sirius vient du grec « Σείριος » via le latin Sirius, signifiant « ardent ». C’était le nom du chien que possédait le personnage de la mythologie grecque Orion éponyme de la constellation Orion, qui se situe à proximité immédiate de Sirius, qui lui-même fait partie du Grand Chien. Orion et le Grand Chien furent placés dans le ciel à la suite du décès du grand chasseur.

Nous en venons au Chevalier au lion. Pour avoir raté un rendez-vous courtois après la saint-Jean, un chevalier est éconduit par sa Belle (une fée qui commande au Temps avec sa savante servante Lunette – petite Lune) et devient fou. Il retrouvera son équilibre avec son Lion et vaincra les épreuves. Sa vie de nudiste dégénéré dans les bois fait penser à nos vacances aoûtiennes (à poil partout, à bouffer de la viande crue ; je vois cela tous les jours).

L’universitaire Philippe Walther croit à l’inspiration folklorique, et c’est heureux. Il écrit dans sa très belle notice de la Pléiade :

« Ce conte adapte, selon toute vraisemblance, les résidus d’un vieux mythe saisonnier d’origine celtique selon lequel un roi est appelé à être remplacé, grâce au meurtre rituel accompli sur sa personne, en période de Canicule. L’épreuve rituelle consiste en un défit cosmique (la fontaine aux tempêtes) suivi d’un combat à caractère eschatologique. En outre, selon la conception celtique, c’est l’union avec la fée qui procure au prétendant sa souveraineté (3). »

Philippe Walther souligne l’importance solaire et astrologique de l’événement :

« La date du premier juillet – huit jours après la Saint-Jean – retenue pour ce délai fatidique partage d’ailleurs l’année en deux moitiés égales, marquant ainsi une échéance médiane symbolique : Yvain se trouve alors au carrefour de son destin… Dans la tradition astrologique, le Lion solaire de l’ été est le signe royal par excellence. En rencontrant et en acceptant le compagnonnage du lion, Yvain découvre son affinité profonde pour cet animal conquérant ».

Et il ajoute cette note très importante : Yvain serait conçu lors de la nuit de Samain (Halloween !!!) pour naître lors de la fête de Lug, le premier août donc.

« Le lion est aussi très certainement le signe zodiacal de naissance d’Yvain si l’on se fonde sur un texte gallois peu connu et qui raconte l’engendrement mythique du héros. Celui-ci s’opère sous le signe du chien, dans le comté de Denbigh, là où se trouve une paroisse appelée Llanferrys. Urien y connaît charnellement la fille du roi d’Annwn qui prend les traits d’une lavandière de la nuit. L’engendrement a lieu lors de la nuit de Samain (1er novembre) ; il donnera naissance, neuf mois plus tard, le 1er août, lors de la fête celtique de Lugnasad, à un héros solaire. Chevalier de la Canicule, Yvain rejoint ainsi les grandes figures caniculaires de la tradition mythologigue (4). »

Quel plaisir quand un universitaire comprend son sujet !

Mais il nous manque la vision supérieure, hérétiquement considérée par l’université, et qui nous sera commentée par René Guénon.

Voici ce qu’inspiré par le Maître je note dans mon livre (5) :

« Dans le même texte d’Yvain, solaire et initiatique à souhait, on connaît la panique solsticiale et la peur du dérèglement cosmologique et temporel.

C’est la folie d’Yvain qui arrive trop tard après la Saint-Jean, et qui n’a pas obéi à sa Dame conçue ici comme Reine du Ciel et des cycles naturels (il n’a pas non plus été le bon gardien de la source fervente).

En réalité la folie d’Yvain est solsticiale et elle est liée à la Saint-Jean estivale qu’il n’a pas respectée. Ce terme produit le châtiment astrologique de sa Dame. Voici ce que dit Guénon sur cette Saint-Jean liée au Baptiste :

« Bien que l’été soit généralement considéré comme une saison joyeuse et l’hiver comme une saison triste, par là même que le premier représente en quelque sorte le triomphe de la lumière et le second celui de l’obscurité, les deux solstices correspondants n’en ont pas moins, en réalité, un caractère exactement opposé à celui-là… En effet, ce qui a atteint son maximum ne peut plus que décroître, et ce qui est parvenu à son minimum ne peut au contraire que commencer aussitôt à croître ; c’est pourquoi le solstice d’été marque le début de la moitié descendante de l’année, et le solstice d’hiver, inversement, celui de sa moitié ascendante ».

Guénon justifie ensuite la course malheureuse de notre Yvain arrivé après la fin juin, pardon, après la Saint Jean :

« En réalité, c’est la moitié ascendante du cycle annuel qui est la période « joyeuse », c’est-à-dire bénéfique ou favorable, et sa moitié descendante qui est la période « triste », c’est-à-dire maléfique ou défavorable ; et le même caractère appartient naturellement à la porte solsticiale qui ouvre chacune de ces deux périodes en lesquelles l’année se trouve divisée par le sens même de la marche du soleil (6)».

Notre savant impeccable explique ensuite qu’il y a autour du cercle du cycle une figure de deux tangentes (cf. Gibraltar et les piliers d’Hercule), et que ces points sont "comme les bornes que le soleil ne peut jamais dépasser au cours de sa marche". Yvain l’ayant fait, il sombre dans une folie solsticiale. Nous la lions à la canicule qui déchaîne aussi les passions et prodigue la fameuse dépression estivale des aoutiens.

Un dernier point sur le caractère solaire et celtique d’Yvain :

« Le lendemain, à midi, Owein revêtit une robe, un surcot et un manteau jaunes, rehaussé d’un large orfroi de fil d’or; ses pieds étaient chaussés de brodequins de cordwal bigarré, fermes par une figure de lion en or (7) ».



Notes

(1) Wikipédia, article canicule

(2) Pline, Histoire naturelle,

(3) Chrétien de Troyes, la Pléiade, notice p.1173-4

(4) ibid., p. 1184

(5) La chevalerie hyperboréenne et le Graal, p. 236

(6) Guénon, Symboles de la Science sacrée, XXXV

(7) Mabinogion, Owein


Quand le cinéaste Pasolini constate la fin de la culture et du christianisme…



J’ai parlé de la culture moderne comme arme de destruction massive. On y est en plein depuis les années 1920 (Zweig) puis 70.

La catastrophe anthropologique actuelle est en effet déjà décrite par Pier-Paolo Pasolini dans ses écrits corsaires, publiés par la presse italienne vers 1974, juste avant son assassinat. Pasolini observe que le vrai Grand Remplacement, celui des âmes et des cerveaux, a eu lieu avec notre américanisation, l’hédonisme et la télévision.

Les attentats sous faux drapeaux qu’il dénonce, et qui se succèdent en Italie à une vitesse démente pour « mettre fin à une opposition politique apparue par surprise » (Guy Debord) jouent un grand rôle vers 1970. Ce drôle de néomarxiste (il aime la société soviétique), de chrétien (il est opposé à la lâcheté du nouveau Vatican) et d’homosexuel (il est opposé à l’avortement) n’y va pas par quatre chemins :

"leur silence et leur passivité ont l’apparence d’une atroce névrose euphorique, qui leur fait accepter sans aucune résistance le nouvel hédonisme avec lequel le pouvoir réel remplace les hautes valeurs morales du passé."

Pasolini était effaré par la fin rapide de la bonne civilisation paysanne, soulignant ensuite que tout va disparaître, la tradition, l’éducation, la confession religieuse. Le cinéma italien connaît d’ailleurs sa dernière grande décennie avant de disparaître avec tous ses maîtres Risi, Visconti, Fellini, etc. (Bertolucci n’est ni italien ni cinéaste).

Le laïcisme de nos abrutis des médias lui répugne :

"c’est un hédonisme néo-laïc, aveuglement oublieux de toute valeur humaniste et complètement étranger à toutes les sciences humaines."

La tradition de résignation et de patience et de sacrifice disparaît :

"les italiens en effet ne veulent plus abandonner cette commodité et ce bien-être, même misérable, qu’ils ont atteint"

Vive mon confort, mort aux valeurs !

L’Église ralliée va en crever, sur fond de fin des paysans :

"la fin de l’église est désormais inévitable, à cause de la trahison de millions et de millions de fidèles, surtout ces paysans convertis à la laïcité et à l’hédonisme consommateur."

Mélange de nihilisme, de conformisme bovin et de nullité morale et spirituelle, la laïcité est en effet très prometteuse. On découvre aujourd’hui sa haine rageuse du christianisme et son adoration pour tout ersatz de substitution religieuse.

Pasolini souligne la salauderie de la démocratie chrétienne soumise aux USA, ainsi que la salauderie du christianisme bourgeois et mondain qui se recycle alors dans la construction européenne et la mondialisation libérale (mais la colère, comme dit l’apôtre, finira par les atteindre).

Il écrit que l’Église de Vatican II, « pas très cultivée » risque de connaître une fin peu glorieuse, et qu’elle devrait tout faire pour éviter cette « fin non glorieuse » (ingloriosa). Il ajoute que « le plus grave serait d’accepter passivement sa propre liquidation. » C’est ce qu’on fait pourtant.

Citons ma phrase préférée de Léon Bloy :

"Et ce cortège est contemplé par un peuple immense, mais si prodigieusement imbécile qu’on peut lui casser les dents à coups de maillet et l’émasculer avec des tenailles de forgeur de fer, avant qu’il s’aperçoive seulement qu’il a des maîtres, — les épouvantables maîtres qu’il tolère et qu’il s’est choisis."

L’hédonisme se fout de tout (macché sacrificio…) avec son outil la télévision, bien attaquée aussi par d’autres maîtres alors – comme Godard ou Fellini :

"et puis quoi le sacrifice, et puis quoi la foi, et puis quoi l’ascétisme, et puis quoi les bons sentiments, et puis quoi ces bonnes manières."

Et le maître de ponctuer :

"la télévision a été le principal artisan de la victoire du non au referendum, à travers la laïcisation des citoyens."

La laïcisation des citoyens, on la retiendra celle-là. A la même époque le philosophe marxiste Henri Lefebvre pleure son église campagnarde et agraire. Car le marxisme ne survivra pas non plus à la société industrielle qui industrialisa l’homme.

La tolérance est déjà au goût du jour, et la laïcité de nos saligauds :

"le système et l’hédonisme ridiculisent l’épargne, la prévoyance, la respectabilité, la pudeur, la retenue, tous les bons sentiments d’antan."

Pasolini conclue que le consumérisme et l’hédonisme de masse ont abouti à une « révolution anthropologique. »

Le cinéaste fut assassiné quelques mois plus tard. Le film Salo établissait le lien entre libéralisme libertaire et fascisme, reliés par Sade et le dérèglement sexuel (voyez les scandales pédophiles un peu partout, et lisez mon texte sur Sade et la mondialisation).
A quarante ans de là, je donne les grands moments d’une interview qui fit scandale en Espagne, celle du grand historien américain du franquisme Stanley Payne. Voici ce que disait Payne à ses journalistes interloqués (trop bêtes sans doute pour être scandalisés) :

"l’Espagnol moyen s’est converti en un être anesthésié dépourvu d’ambitions transcendantales."

Payne ignore les soi-disant bouleversements technologiques (on n’est pas sur la lune, l’énergie est hors de prix, et les vols aériens sont plus lents qu’en 1970) et il souligne que les moyens de communication ont atomisé les Espagnols en anesthésiant la société, comme dans les autres pays développés. Du vrai Tocqueville…

Payne reprend le thème de l’abrutissement par la technologie, la communication, l’hédonisme, de la télé-poubelle ou le sport, qui en Espagne vire à l’obsession tératologique.

Il ajoute que le citoyen entretenu demande un peu, mais pas beaucoup pour bouffer et regarder sa télé ou son portable… Il est modeste dans ses appétits, ajoute-t-il cruellement. Enfin il précise ce qu’on appelle d’un point de vue historique le politiquement correct, le buénismo. Ce bonisme prétend dominer la société et éviter les révoltes en promouvant le conformisme.

C’est toute la vague des pseudo-antisystèmes (Podemos, Syriza, etc.) que notre savant américain dénonce bien ici.

Nicolas Bonnal


Sources :

Nicolas Bonnal – Chroniques ; la culture comme arme de destruction massive (Kindle-Amazon)

Pasolini – Ecrits corsaires

Payne – El español medio se ha convertido…




samedi 20 juin 2026

Gush Etzion reconnaît enfin les abus sexuels rituels : Un tournant historique en Israël



Gush Etzion est un bloc de localités israéliennes situé dans les montagnes de Judée, entre Jérusalem et Hébron, en Cisjordanie. Le média israélien JFEED a publié un article sur le sujet, on y lit : « Dans une déclaration publique sans précédent, le Conseil régional de Gush Etzion a reconnu l’existence de cas d’abus sexuels rituels au sein de ses communautés à la suite d’une enquête choc de Kan11, mettant fin à une longue période de déni et exhortant les victimes à se manifester. ». Des années de déni, des vies brisées : Israël découvre l’envers de ses traditions juives des plus sombres.


L’investigation de la journaliste Ronnie Zinger ayant abouti à un documentaire vidéo d’une heure, intitulé « Blessures Cérémonielles », vient d’être mis en ligne il y a quelques jours… C’est un revirement spectaculaire qui marque un tournant dans l’un des scandales d’abus les plus troublants en Israël, et qui devrait désormais entraîner la réouverture de plaintes policières auparavant classées sans suite, ainsi qu’un élargissement majeur de l’enquête criminelle. Le Conseil régional de Gush Etzion a publié une déclaration publique sans précédent reconnaissant des cas d’abus sexuels rituels au sein de ses communautés, mettant fin à une longue période de déni et de silence.

Cette déclaration extraordinaire est intervenue en réponse directe à l’enquête choc de la journaliste Roni Zinger, diffusée dans l’émission « Zman Emet » de la chaîne Kan 11. Le reportage présente les témoignages de cinq femmes différentes, dont la plupart ne se connaissaient pas, décrivant des schémas étonnamment similaires d’abus sexuels rituels commis par plusieurs auteurs dans les mêmes zones de Gush Etzion. Pourquoi ces cinq femmes ? Parce qu’elles viennent de différentes zones d’une même région géographique, qu’elles ont à peu près le même âge, elles décrivent les mêmes lieux où les sévices se sont produits et elles répètent parfois les mêmes noms d’agresseurs – tout cela sans se connaître ni avoir été exposées à leurs histoires mutuelles.

Le documentaire comprend également des enregistrements clandestins, des confrontations filmées et les témoignages de professionnels ayant accompagné les plaignantes au fil des années, le tout constituant une base de preuves laissant peu de place au doute… Pendant longtemps, les accusations d’abus sexuels graves de type rituels ou cérémoniels au sein de la communauté religieuse juive avaient été accueillies par des dénégations, une remise en cause des témoins et un profond scepticisme. Cette fois, le Conseil Régional a choisi une voie radicalement différente ! La déclaration officielle du Conseil indique notamment : « Les actes décrits, attribués notamment à des personnes de Gush Etzion, sont l’expression d’un mal absolu et d’une dépravation morale qui n’ont pas leur place dans la société humaine, et certainement pas dans notre communauté. »

Les dirigeants ont adressé un message sans ambiguïté aux victimes encore trop effrayées pour parler : « Nous souhaitons déclarer dans les termes les plus clairs possibles que nous condamnons les actes d’abus et ceux qui les commettent. Les abus sexuels, et plus encore ceux décrits comme systématiques et rituels, constituent un crime odieux qui blesse non seulement les victimes, mais aussi tout le tissu de notre communauté. » La déclaration du Conseil s’est conclue par une mesure concrète : la publication de numéros de téléphone directs pour la ligne de sécurité, les services sociaux, des psychologues et des lignes d’assistance spécialisées pour les victimes d’agressions sexuelles. Les victimes ont été invitées à prendre contact discrètement et immédiatement : « Nos pensées accompagnent les victimes, où qu’elles se trouvent » conclut le communiqué du Conseil.

Et maintenant ? L’enquête de Kan11, combinée à cette reconnaissance officielle et sans précédent du Conseil Régional, devrait désormais entraîner la réouverture de plaintes policières auparavant classées ainsi qu’un élargissement majeur de l’enquête criminelle – dans ce qui apparaît comme l’une des affaires d’abus sexuels les plus organisées et les plus choquantes jamais révélées en Israël.

par Yoann

Source


vendredi 19 juin 2026

Pédophilie "snuff porno" : Ils tuent des enfants pour leur plaisir sexuel



Avant de fournir les détails horribles des cruautés sadiques infligées aux enfants exploités sexuellement, dont beaucoup sont des bambins enlevés dans des orphelinats en Russie et torturés à mort, il est nécessaire de présenter les statistiques de base: les principaux faits et chiffres de l'industrie mondiale du porno (chiffres datant de Mai 2017).

MÊME LES BORNES SONT DÉPASSÉES

«C'est un monde malade dans lequel nous vivons.» - Dr William Pierce [1]

Ces notes proviennent d'un de mes articles non publiés écrit il y a quelques années que je viens de trouver parmi mes papiers après les avoir égarés. J'ai mis à jour les chiffres dans la mesure du possible, mais je ne serais pas surpris d'apprendre qu'ils sont dans certains cas sous-estimés. C'est parce que la dépendance au porno aspire des millions de nouvelles victimes dans son filet chaque année. Il n'y avait que 670 millions d'internautes dans le monde en 2002, mais en 2013, ce chiffre était passé à 2,7 milliards et à 4,54 milliards en 2020. (Voir ici). En d'autres termes, le bassin de victimes potentielles de la dépendance au porno s'est considérablement élargi d'année en année.

La plupart des chiffres cités ci-dessous, à l'exception de ceux avec des références numérotées séparément dans le texte, proviennent des statistiques de pornographie de Pornography Statistics de Family Safe Media.

Les revenus mondiaux annuels totaux de la pornographie s'élèvent à 100 milliards de dollars, dont 3100 dollars dépensés en pornographie à l'échelle internationale chaque seconde. Ces revenus sont supérieurs aux revenus des principales sociétés technologiques réunies: Microsoft, Google, Amazon, eBay, Yahoo, Apple, Netflix et EarthLink.

Il y a 7 milliards de personnes dans le monde, réparties dans 200 pays. Il serait intéressant de savoir quels pays sont les plus enclins à la consommation de pornographie par habitant. Étant donné le lien indissociable entre la pornographie et la masturbation, les citoyens de ces pays pourraient alors être considérés à juste titre comme «les plus lubriques du monde» - ou, en tout cas, comme les masturbateurs les plus prolifiques du monde.

Voici les 10 pays les plus enclins à la luxure masturbatoire, sur la base des dépenses par habitant consacrées à la pornographie : 

- (1) Corée du Sud (527 dollars par habitant). 

- (2) Japon (157 $ pc). 

- (3) Finlande (115 $ pc). 

- (4) Australie (99 $ pc). 

- (5) Brésil (53 $ pc), 

- (6) République tchèque (44,9 $). 

- (7) États-Unis (44,6 $ pc), 

- (8) Taïwan (43,4 $ pc), 

- (9), Royaume-Uni (32 $ pc). 

- (10) Canada (30 $ pièce).

La raison pour laquelle les Sud-Coréens et les Japonais dépensent d'énormes sommes d'argent dans la pornographie, par rapport à d'autres pays, ferait l'objet d'une thèse de doctorat sensationnelle que j'espère qu'un doctorant passionné rédigera un jour. Pendant 11 années consécutives, la Corée du Sud s'est classée au premier rang du taux de suicide parmi les pays de l'OCDE. La question de savoir s'il existe une corrélation entre une consommation élevée de pornographie et des taux de suicide élevés est une énigme fascinante que les chercheurs universitaires pourraient souhaiter résoudre.

Bien que la Chine dépense plus en pornographie que tout autre pays du monde (28% des revenus totaux de la pornographie, contre 14% des États-Unis), n’est dû qu’à l’énorme population chinoise de 1,3 milliard de personnes. Bien que la pornographie soit officiellement «illégale» en Chine, un pays parfois décrit comme «un pays où la pornographie n’existe pas», les Chinois semblent avoir facilement accès à la pornographie importée du Japon.

Les dépenses annuelles consacrées à la pornographie dans deux pays seulement, la Chine et le Japon, suffiraient à nourrir les affamés du monde pendant une année entière.

Il existe (en 2017) plus de 4 millions de sites Web pornographiques dans le monde, qui augmentent de plusieurs milliers chaque jour. Il y a 68 millions de demandes de moteurs de recherche pornographiques par jour, soit 25% du total. Quatre internautes sur 10 consultent régulièrement des sites pornographiques. Il existe 100.000 sites Web proposant de la pornographie enfantine illégale. Les plus grands consommateurs de pornographie sur Internet, étonnamment, sont les enfants âgés de 11 à 17 ans. Il y a 40 millions d'utilisateurs réguliers de pornographie aux États-Unis, et 20% d'entre eux ont l'habitude de jeter un coup d'œil sur les sites pornographiques au travail lorsqu'ils pensent que personne ne les regarde.

Un nouveau site porno est créé aux États-Unis toutes les 40 minutes. Le nom de domaine le plus cher jamais acheté (lien de site supprimé) a coûté 14 millions de dollars: une indication des énormes bénéfices générés par le porno.

Environ un visiteur sur trois de sites pornographiques est une femme, et près d'une femme sur six (17%) admet une grave dépendance au porno. À l'ère pré-Internet, les femmes étaient relativement à l'abri des effets dévastateurs de la pornographie. Plus maintenant. Au cours des trois dernières années seulement, le visionnage de la pornographie en ligne pour les femmes a quadruplé. C'est un mythe que les femmes ont des préférences différentes des hommes et montrent moins d'appétit pour la pornographie hard.

Une étude de 2008 a révélé que les femmes montraient des signes d'excitation en regardant à peu près tout: masturbation, sexe hétéro, fille contre fille, gars contre gars, chimpanzés bonobos, tout - tout sauf des photos d'hommes nus, qui ne sont pas leur truc.

L'âge moyen de la première exposition à la pornographie sur Internet est de 11 ans. 90% des 8-16 ans ont regardé du porno en ligne, principalement en faisant leurs devoirs à la maison.

Plus de la moitié de la pornographie juvénile mondiale (55%) est produite aux États-Unis, principalement dans la région de Los Angeles. Il existe 100.000 sites Web proposant de la pornographie juvénile illégale. Les revenus annuels de la pornographie juvénile vont d'un minimum de 3 milliards de dollars à 20 milliards de dollars ce qui paraît inimaginable. Les demandes quotidiennes de «pornographie enfantine» de Gnutella sont de 116.000 et continuent d'augmenter. Plus inquiétant encore, il existe des preuves solides qu'une dépendance à la pornographie adulte «normale» peut conduire à terme à un appétit pour la pornographie juvénile.

Entre 2005 et 2009, il y a eu une augmentation énorme et inexpliquée de 432% de l'utilisation de la pornographie juvénile, portant ce nouveau fléau sexuel à des niveaux de pandémies. [Lien perdu]

Les principaux producteurs de vidéos pornographiques se trouvent aux États-Unis, le Brésil et les Pays-Bas se classant deuxième et troisième place. Les six principales villes "érotiques" américaines sont Los Angeles, Las Vegas, New York, Chicago, San Francisco et Miami.

La star du porno féminine à temps plein peut gagner 100.000 à 300.000 dollars par an, trois fois plus que la star du porno masculine. Plus le sexe est artificiel, plus les taux sont élevés. Une actrice qui reçoit 500 $ pour une séance de sexe vaginal hétéro peut exiger 1000 $ pour une séance de sexe anal et 2000 $ pour un «double sexe anal». Les stars du porno célèbres sont naturellement payées bien plus. (Lien perdu). Un pédophile criminel prêt à agresser un enfant devant une webcam en direct peut gagner 1000 $ par nuit.

Les dix pays les plus opposés à la pornographie sont les pays islamiques, à savoir l'Arabie saoudite, l'Iran, la Syrie, Bahreïn, l'Égypte, les Émirats arabes unis, le Koweït, la Malaisie, l'Indonésie et Singapour.

Près de 90% des pages pornographiques sur Internet dans le monde sont produites aux États-Unis pour être distribuées dans d’autres pays, de sorte que les États-Unis peuvent être considérés comme le premier empire mondial du sexe commercial.

Les grands acteurs du marché de la distribution de porno sont désormais les grandes entreprises et, en fin de compte, les cadres fabuleusement riches et sans visage qui les contrôlent. Il s'agit de sociétés listées dans Fortune 500 telles que AOL Time-Warner, AT&T et General Motors. Par le biais de leurs filiales de câble et de satellite, ils ont distribué et continuent de distribuer de grandes quantités de matériel pornographique dans le monde entier.

Le nombre de sites Web pornographiques appartenant à des Juifs américains est bien sûr un secret bien gardé - c'est une statistique politiquement incorrecte que Wikipédia est peu susceptible de fournir - mais il est de notoriété publique que les Juifs dominent l'industrie du porno (voir aussi ici et ici). En effet, il est de notoriété publique que six entreprises appartenant à des Juifs détiennent 96% des médias mondiaux et que les Big Média et les Big Porno sont des préoccupations imbriquées et se chevauchent.

Le rôle des juifs dans le meurtre d'enfants et la pornographie infantile

Si 55% de la pornographie enfantine dans le monde est produite aux États-Unis - selon l’organisation caritative britannique National Children’s Homes - 23% de la pornographie enfantine dans le monde est produite en Russie. (Lien supprimé)

La question de savoir si la pornographie juvénile russe est dominée par les Juifs russes reste une question nébuleuse. Il y a une forte probabilité que ce soit le cas, étant donné qu'il existe des preuves substantielles de l'implication des Juifs russes dans le trafic sexuel, les enlèvements, la pédophilie et même le meurtre d'enfants dans la production de films « snuff porn ».

Permettez-moi maintenant de citer un article de presse publié pour la première fois en octobre 2000. Je vais intercaler des extraits de ce rapport - «LES GANGSTERS JUIFS VIOLENT, TUENT DES ENFANTS AUSSI JEUNES QUE DEUX ANS SUR FILM» - avec des commentaires sur le même cas par le Dr William Pierce que vous pouvez écouter dans la vidéo à la fin de cet article (vidéo disparue depuis belle lurette):

ROME, ITALIE - Les polices italienne et russe, travaillant ensemble, ont démantelé un réseau de gangsters juifs impliqués dans la fabrication de viols d'enfants et de snuff porno.

Trois juifs russes et huit juifs italiens ont été arrêtés après que la police eut découvert qu'ils avaient enlevé des enfants non juifs âgés de deux à cinq ans dans des orphelinats russes, violant les enfants, puis les assassinant tout en filmant.

La plupart des clients non juifs, dont 1700 dans tout le pays, 600 en Italie et un nombre inconnu aux États-Unis, ont payé jusqu'à 20.000 dollars par film pour regarder de petits enfants se faire violer et assassiner.

Voici ce que le Dr William Pierce dit :

«Je suggère que si vous demandez à votre chef de presse juif préféré pourquoi son rapport sur les descentes de police en Italie et l’arrestation des pédopornographes à Moscou n’a pas fait l’objet d’une plus grande couverture médiatique aux États-Unis, il vous dira que de telles nouvelles ne généreraient que de la haine contre les Juifs. Et vous savez, il aurait raison.

«À mon avis, ces personnes devraient SIMPLEMENT ÊTRE TUÉES SUR PLACE quand et où qu'elles se trouvent. Plus que cela, les personnes qui promeuvent et encouragent l'état d'esprit individualiste extrême par leur contrôle des médias DEVRAIENT ÊTRE EXTERMINÉES RACINE ET BRANCHE EN TANT QUE CLASSE. »

Le reportage conclut :

« Les responsables juifs d'une grande agence de presse italienne ont tenté de couvrir l'histoire, mais ont été contournés par des journalistes italiens, qui ont diffusé des scènes des films en direct aux heures de grande écoute à la télévision italienne à plus de 11 millions de téléspectateurs italiens. Les responsables juifs ont ensuite, évidemment, licencié les responsables, affirmant qu'ils répandaient une «diffamation sanguinaire».

Bien que les agences AP et Reuters aient toutes deux publié des articles sur l'épisode, les conglomérats de médias américains ont refusé de diffuser l'article aux journaux télévisés, affirmant que cela porterait préjudice des Gentils Américains contre les Juifs.

Le Dr Pierce est naturellement indigné par ces sales tours pour dissimuler au public le rôle important des juifs dans la pédophilie snuff porn: la torture systématique et le meurtre de petits enfants par des pornographes juifs afin de satisfaire les appétits des pervers sexuels en Occident :

«S'il y a un groupe de personnes sur cette planète qui a des raisons valables de haïr les Juifs, ce sont les Russes…. Les Juifs ont saigné la Russie à mort avec 70 ans de régime marxiste et ont assassiné des dizaines de millions de Russes - les meilleurs Russes - dans les camps de travaux forcés communistes ou dans les sous-sols du siège de la police secrète ou à côté des puits de tir dans les forêts de toute la Russie et Ukraine.

Ils ont forcé des milliers des plus jolies jeunes femmes russes à la prostitution et à l'esclavage après la chute du communisme; et maintenant ils kidnappent des enfants russes et les violent et les torturent sexuellement devant une caméra afin de faire de la pornographie juvénile pour les riches pervers de l'Ouest. »

Les Occidentaux sont-ils conscients du rôle juif dans la production de la pornographie juvénile la plus crasseuse que l’on puisse imaginer?

Avec la pleine connivence du gouvernement américain, les Juifs se livrent à ce commerce ignoble dans la vallée de San Fernando, en Californie, autrement connu sous le nom de «Porn Valley». (Voir ici). Saviez-vous que Los Angeles fait partie des trois zones les plus à forte intensité en Amérique pour la prostitution des enfants? Le public reste largement ignorant de ces faits, pour la simple raison que les médias, aux mains juives, les dissimulent.

La situation en Russie est encore pire, car la majorité des Russes ignorent totalement les crimes historiques commis contre eux par les juifs à l'époque communiste. Voici le commentaire incendiaire du Dr Pierce, et nous devons tenir compte de sa colère brûlante:

Les Juifs ont de la chance de contrôler encore la plupart des télévisions et des autres médias de masse en Russie - parce que si le peuple russe était pleinement conscient de ce que les Juifs lui ont et lui font encore, il se soulèvera et tuera tous les Juifs en Russie - chaque Juif - tous les Juifs! - et ils auront pleinement raison de le faire.

Quoi que vous fassiez, ne manquez pas cette vidéo électrisante avant qu’elle ne soit interdite. (vidéo supprimée)

Par Dr Lasha Darkmoon


Le Dr Lasha Darkmoon (né en 1978) est une ancienne universitaire anglo-américaine avec des diplômes supérieurs en littérature classique dont les articles et poèmes politiques ont été traduits en plusieurs langues. La plupart de ses essais politiques se trouvent sur The Occidental Observer et The TruthSeeker.

Source : Snuff Porn Pedophilia: Killing Children for Sexual Pleasure


Note de H. Genséric :

[1] Snuff porn : Pornographie qui se termine par au moins une personne décédée. Une ou deux personnes tuent quelqu'un d'autre qui a eu des relations sexuelles avec elles.

Le snuff movie, ou parfois snuff film, est un terme désignant une vidéo ou un long-métrage mettant en scène la torture, le meurtre, le suicide ou le viol d'une ou plusieurs personnes. Dans ces films clandestins, la victime est censée ne pas être un acteur mais une personne véritablement tuée ou torturée. Le thème du snuff movie est devenu un élément de la culture populaire, et un certain nombre de films abordent ce thème, également retrouvé dans la littérature et le jeu vidéo.

Autres notes :



jeudi 18 juin 2026

Les abus rituels en Israël



Udi Frohman, qui a étudié les racines historiques du phénomène, identifie la source de cette idéologie déformée dans des mouvements comme le sabbataïsme et le frankisme – des mouvements qui prônent le principe d’« un commandement qui passe par une transgression », dans la croyance que l’abolition des anciennes valeurs nécessite le piétinement délibéré des interdits sexuels les plus graves et une descente dans l’impureté.



Soudain, les histoires ont commencé à affluer. Une après l’autre, leurs patients – hommes et femmes confondus – se sont mis à leur raconter des abysses de la malveillance humaine qui sont difficiles à concevoir. Et eux, qui pensaient avoir tout entendu, qui avaient traité tous les types de traumatismes bouleversants, ont réalisé que quelque chose de totalement différent se passait ici. Qu’en Israël aussi, un phénomène connu sous le nom d’abus rituels existe – et que presque personne n’en parle.

Aujourd’hui, ils disent avoir recueilli les témoignages de plus de 50 victimes et être prêts à mettre fin à la conspiration du silence entourant les abus rituels en Israël. Trois psychiatres femmes – la Dre Inbal Brenner, la Dre Sharon Levy et la Dre Daphna Armon – ainsi que la travailleuse sociale Tanya Oren-Chipman, toutes quatre occupant des postes très élevés et disposant de nombreuses années d’expérience, se sont unies pour lancer un cri d’alarme : Cela se passe ici même, c’est bien plus répandu que vous ne le pensez – et cela provoque des ravages dévastateurs.



Au début, elles aussi ont eu du mal à croire ce qu’elles entendaient de la bouche de leurs patients. « Ils nous racontaient des histoires qui ne semblaient tout simplement pas raisonnables ; elles paraissaient parfois même absurdes », explique Oren-Chipman, qui a dirigé pendant de nombreuses années le Centre Tamar du ministère des Affaires sociales pour les traumatismes sexuels à Jérusalem. « Ils nous disaient des choses que j’avais du mal à gérer », ajoute la Dre Levy, directrice adjointe des services de santé mentale de la caisse Meuhedet dans le district de Jérusalem.

Ce qui a commencé comme un filet d’eau est rapidement devenu un flot constant de témoignages : des hommes et des femmes de tous horizons, sans aucun lien préalable entre eux, venant d’endroits et à des moments différents – tous offrant des récits étonnamment similaires de ce qu’ils avaient vécu. « Nous avons entendu des histoires impliquant plusieurs agresseurs, des récits de cruauté et de sadisme extrêmes, d’utilisation délibérée de la famine pour contrôler et punir », déclare Levy, qui a personnellement rencontré des dizaines de patients, chacun lui décrivant séparément la même situation horrible. « Je me suis dit : “Attendez, il y a quelque chose d’étrange ici.” J’ai cherché dans la littérature et je suis tombée sur ce qu’on appelle les “abus rituels”, et j’ai su que j’avais trouvé la réponse. »

Aucune d’elles n’était auparavant familière avec le phénomène des abus rituels. Elles ne l’avaient pas rencontré pendant leurs études de médecine ni leur formation spécialisée dans le traitement des traumatismes complexes. Entendre ces récits déchirants dans la salle de thérapie a poussé chacune d’elles, de son côté, à chercher des réponses – que ce soit dans la littérature professionnelle ou en consultant des collègues à l’étranger.

En décembre, Israël a tenu sa toute première conférence professionnelle sur les traumatismes rituels, organisée par la Société israélienne pour le traitement et la prévention des traumatismes sexuels (ISST), qui opère sous l’égide de l’Association médicale israélienne. Les quatre personnes interviewées dans cet article sont membres de l’ISST et c’est Levy qui a présenté à la conférence la définition professionnelle des abus rituels : « Abus organisé et répétitif impliquant une violence physique, émotionnelle, sexuelle et spirituelle, souvent exécuté dans le cadre de rituels structurés, utilisant parfois des symboles religieux et sectaires. Son objectif est le contrôle total des victimes et l’endoctrinement profond de schémas de soumission chez la victime. »

Selon Oren-Chipman, l’un des messages issus de la conférence était que « nous reconnaissons que ce problème existe et que nous devons commencer à le traiter à un niveau professionnel. Il n’est pas logique que chaque thérapeute professionnel qui y est confronté doive se frayer seul un chemin dans l’obscurité, avec toutes ces horreurs. Nous devons dire : C’est inacceptable, inconcevable – mais cela existe et nous devons reconnaître le phénomène pour commencer à le gérer. »« Il est plus facile de le qualifier de fantasme ou d’état mental et de dire : “Elle est folle” ou “Elle imagine des choses”. »

En mars 2025, lorsque la regrettée Shoshana Strook – fille de la ministre des Implantations Orit Strook – a publié des vidéos dans lesquelles elle affirmait avoir subi des abus rituels, la réaction du public a oscillé entre un déni pur et simple du phénomène, des divisions factionnelles et des querelles politiques. Il est important de noter qu’aucune des quatre thérapeutes interviewées dans cet article ne dispose d’informations confirmant ou contredisant les allégations de Shoshana Strook. En avril 2025, un tribunal a rejeté une demande de levée de l’ordonnance de non-publication, estimant qu’« à ce stade, le doute raisonnable est extrêmement mince, voire inexistant ». Ce qui a cependant sonné l’alarme pour les quatre thérapeutes, ce sont les réactions. « Je ne connais pas l’histoire de Shoshana, qu’elle repose en paix », dit Oren-Chipman, « mais quand j’ai vu la première vidéo qu’elle a publiée, je me suis immédiatement tournée vers mon mari et j’ai dit :

“Merde. Maintenant ils vont dire que c’est tout politique.”

Cela m’a vraiment énervée, parce que je savais que cela allait diviser tout le monde à nouveau dans les mêmes camps et positions retranchées que nous connaissons tous, où il devient impossible de penser en dehors des cadres. Bien avant que [Shoshana Strook] ne publie cette vidéo, j’avais déjà entendu des histoires – pas une, ni deux, ni même trois – et ce n’était certainement pas politique. »

Après la mort tragique de Shoshana Strook le 14 mars de cette année, les réseaux sociaux ont été inondés de rhétorique méprisante et violente qui, entre autres, rejetait les témoignages des victimes sur le phénomène comme « délirants » et qualifiait les femmes affirmant être victimes d’abus rituels de « folles ». C’est à ce moment-là que les personnes de cet article, qui font partie du cœur même de l’establishment médical et thérapeutique israélien, ont réalisé qu’elles ne pouvaient plus rester dans l’espace stérile de la clinique. Elles ont décidé d’exercer tout leur poids professionnel en unissant leurs forces et en disant quelque chose que la société israélienne refusait tout simplement d’entendre : Nous avons vu les blessures de nos propres yeux. Ce n’est pas imaginé ; c’est réel.

« L’impact de ce type de discours sur nos patients est dévastateur », déclare Inbal Brenner, présidente de l’ISST et directrice de la Clinique des traumatismes sexuels au Centre de santé mentale Lev Hasharon.

« Nous avons senti que nous devions dire quelque chose, parce que nous voyions nos patients s’effondrer et devenir suicidaires. Le discours était extrêmement brutal et très violent et nous avons senti, en tant que professionnelles femmes, que nous devions dire : Nous avons vu de nos propres yeux et nous avons entendu ces histoires pendant des années de la part d’hommes et de femmes. Nous devions prendre la parole et dire : Le phénomène existe. Vous ne pouvez pas simplement dire “Vous êtes tous fous”, car cela revient essentiellement à abandonner nos patients. »

Oren-Chipman ajoute : « La plus grande peur de quiconque a été victime d’abus sexuels est d’être folle, d’avoir imaginé, inventé ou exagéré. Quand cela rencontre un déni extérieur, cela devient encore plus paralysant, encore plus choquant et cela suscite des sentiments de culpabilité, de solitude et de dégoût de soi. Toutes les formes imaginables de mal. »

Ce déni général ne provient généralement pas d’un lieu de malveillance ou de méchanceté, disent-elles. « Parfois, il y a de l’ignorance, un manque de compréhension et une incapacité très humaine à croire qu’un tel mal existe », explique Brenner. « Il est difficile de croire qu’il existe des agressions sexuelles organisées de cette manière, que des adultes peuvent blesser des enfants ainsi – et il est plus facile pour nous de dire que ce n’est qu’un fantasme, un état psychologique perturbé – et de dire “Elle est folle” ou “Elle imagine des choses”. »

« Après tout, qui veut vivre dans une société où il y a des gens aussi mauvais et où le mal est institutionnalisé ? » ajoute Armon.

« Il est beaucoup plus facile de croire que le mal vient seulement de l’autre côté de nos frontières, qu’il est différent, étranger, qu’il a une autre couleur ou un autre accent. Qui veut penser que des personnes ayant du pouvoir dans notre pays se comportent ainsi ? Que des communautés entières font cela ? Qui veut le croire ? On ne peut pas dormir la nuit. »En réponse à cette vague de déni, des médecins et des thérapeutes de divers domaines – tous membres de l’ISST – ont publié le mois dernier une prise de position. « Les abus rituels et les réseaux d’abus sexuels organisés sont un phénomène existant et reconnu dans le monde entier, y compris en Israël, nécessitant une attention institutionnelle, thérapeutique et juridique urgente et profonde », y lisait-on. Armon, directrice du service de TSPT complexe au Centre de santé mentale de Be’er Yaakov, explique pourquoi elles ont décidé de briser leur silence :

« Le plus difficile, c’est que les victimes elles-mêmes ne croient pas leurs propres souvenirs. La question de savoir si cela s’est produit ou non est toujours pertinente – mais elle l’est encore plus lorsqu’il s’agit d’abus rituels de ce type. »Et le doute exprimé par l’environnement ne fait que l’aggraver ? « C’est pourquoi nous avons publié notre déclaration. Nous ne savons pas ce qui s’est passé ou non dans le cas spécifique de Shoshana Strook, mais nous ne pouvons pas rester les bras croisés quand les gens rejettent le phénomène. Ce déni du phénomène nuit à chaque victime – et nous croyons à 100 % que des personnes ont été blessées de cette manière. »

Les enfants abusés sont accusés d’être “impurs”

Les témoignages individuels reçus par les quatre thérapeutes sont bien sûr confidentiels, mais Levy peut décrire en termes généraux à quoi ressemblent ces abus rituels. L’abus est toujours perpétré par un groupe d’adultes, « chacun ayant un rôle spécifique », dit-elle. « Par exemple, il y a quelqu’un qui dirige la cérémonie, quelqu’un qui l’enregistre, etc. » Les enfants doivent être nus et la cérémonie elle-même inclut des abus sexuels graves et des tortures mettant la vie en danger, comme l’étranglement. « J’ai entendu des descriptions de noyade dans le mikvé ou en mer, ou des situations où un enfant était placé dans un trou ressemblant à une tombe et recouvert de terre ou piégé à l’intérieur d’un cercle de feu. »

Une autre caractéristique qui revient constamment est que les auteurs utilisent souvent des entraves ou des cages dans le cadre des abus rituels. Dans certains cas, les victimes ont raconté aux thérapeutes qu’elles étaient emmenées dans une pièce ou une fosse avec des araignées ou des carcasses d’animaux morts, « ou qu’un enfant était amené à croire que c’était ce qui se passait », dit Levy. Elle ajoute que, selon ses patients, leurs abuseurs manquaient totalement d’émotion et étaient indifférents à la douleur qu’ils causaient et aux cris de leurs victimes.

Dans de nombreux cas, les abus rituels avaient lieu au sein même de la famille. « Et puis », dit Levy, « plusieurs membres de la famille sont impliqués, soit en abusant de la victime et en participant au rituel, soit en préparant l’enfant à l’abus ou en traitant ses blessures ensuite. Dans de nombreux cas, les enfants sont livrés à d’autres adultes qui les abuseront. »Dans la plupart des cas, les rituels ont des connotations sectaires ou religieuses. Dans les cas où il n’y a pas d’élément cultuel-religieux, dit Levy, le cadre « peut être celui d’un jeu, où l’enfant est mis en scène dans diverses situations d’abus et photographié. »

Selon les quatre thérapeutes, même les rituels qui présentent des caractéristiques cultuelles ou mystiques ne le sont pas réellement. Il s’agit plutôt d’un mécanisme calculé conçu pour détruire l’identité de la victime. « Il y avait une victime qui était très capable de décrire exactement comment ils l’avaient conduite à la situation d’abus », dit Oren-Chipman. « C’était une description que j’ai ensuite entendue d’autres endroits et d’autres personnes – selon laquelle la victime était “sacrifiée” par l’un de ses proches.

C’est quelque chose qui se reproduit encore et encore. Et l’abus lui-même, qui est incroyablement sadique, est extrêmement violent. Parmi les plus violents que j’ai jamais entendus. L’attente nerveuse de l’abus, ce qui peut signifier plusieurs enfants attendant ensemble leur tour. Et, bien sûr, marmonner des versets, des incantations et toutes sortes de conceptualisations religieuses. »

Brenner ajoute que, selon les témoignages qu’elle a entendus, les abuseurs utilisaient également des artefacts religieux : « Cela pouvait être un chofar ou un bâton censé avoir des pouvoirs. Les enfants abusés sont accusés d’être “impurs”, donc l’“objectif” de ce rituel spécifique est de les amener à un niveau supérieur de spiritualité, à une sorte de pureté et de sainteté. »

L’utilisation de symboles religieux ou sectaires vise à créer un conflit impossible pour l’enfant. « C’est une manipulation bon marché, mais c’est un outil très puissant pour créer un contrôle psychologique sur les victimes », explique Oren-Chipman. « Ils les ont délibérément fait pécher – voler, violer le Shabbat, manger du levain pendant Pessah, toutes sortes de choses qui semblent insignifiantes à quelqu’un qui n’est pas religieux, mais “Tu as péché” et “Tu dois expier tes péchés” et maintenant une partie de ce que tu traverses est une expiation et tu rachètes ton âme et tu apportes la rédemption par cette chose. S’ils ont été abusés au nom de Dieu, et si Dieu Lui-même voulait que ces choses leur arrivent, alors il est beaucoup plus difficile de se libérer. »

Derrière le déguisement cultuel et le marmonnement pseudo-religieux se cache une logique interne tordue qui est aussi dangereuse qu’ancienne. Le chercheur Dr Udi Frohman, qui a étudié les racines historiques du phénomène, identifie la source de cette idéologie déformée dans des mouvements comme le sabbataïsme et le frankisme – des mouvements qui prônent le principe d’« un commandement qui passe par une transgression », dans la croyance que l’abolition des anciennes valeurs nécessite le piétinement délibéré des interdits sexuels les plus graves et une descente dans l’impureté. Les rapports que cite Frohman des victimes d’aujourd’hui semblent sortis de ces mêmes périodes sombres de l’histoire : « Un cercle entouré de bougies allumées… Le rabbin récite la bénédiction “Béni soit Celui qui permet l’interdit”… Ils récitaient répétitivement des Psaumes… Et ils m’ont dit “Tu es spéciale, tu es élue”. »

Cependant, la version moderne des abus rituels inclut souvent, selon les témoignages des victimes, une caméra vidéo qui documente tout ce qui se passe. Les thérapeutes pensent que la raison en est financière : les vidéos sont vendues sur le darknet. « Il y a des acheteurs pour ces choses », dit Brenner. « Et beaucoup de nos patients vivent dans la peur parce qu’il existe des preuves vidéo d’eux en train d’être abusés qui circulent Dieu sait où en ligne. »

La caméra n’est donc pas seulement un outil pour gagner de l’argent sur le darknet ; c’est aussi l’arme ultime pour l’extorsion et pour garantir le silence des victimes pour le reste de leur vie. « Il existe toutes sortes de façons d’extorquer quelqu’un », dit Armon. « Ils veulent se marier ou commencer à fréquenter quelqu’un [et les abuseurs menacent] de les exposer ou de ruiner leur réputation. » « Le rituel est leur moyen de contrôler. En utilisant le lavage de cerveau, l’intimidation, des stratégies psychologiques profondes », ajoute Armon. « Les abuseurs sont des personnes intelligentes, puissantes et influentes ; ce n’est pas un phénomène marginal qui arrive par erreur ou quelque chose de privé qui se passe derrière des portes closes. »

Nous voyons des os fracturés et beaucoup d’infections urinaires.

Il est tout à fait naturel que nous voulions voir les abuseurs comme des monstres, des marginaux de la société ou des criminels sortant d’allées sombres. Mais la réalité, telle que décrite par les témoignages des victimes, est assez différente :

« Dans un assez grand nombre des cas que nous avons rencontrés », révèle Brenner, « les auteurs étaient des membres éminents de la communauté. Ils occupaient soit une autorité religieuse ou spirituelle respectée, comme un rabbin ou une rebbetzin, soit d’autres positions influentes et en vue, comme un juge. C’est ahurissant – l’écart entre la persona publique et ces histoires. Personne ne croirait des histoires aussi farfelues sur un juge, oui, un juge, ou un enseignant, ou un directeur d’école. » « En tant que médecin », dit Armon, « il est important pour moi de souligner que j’ai entendu parler de médecins qui ont participé à ces choses ; qui ont délibérément fait du mal aux gens. J’ai entendu parler d’accouchements qui ont eu lieu en secret, toutes sortes de choses dans lesquelles l’équipe médicale était impliquée. Je me sens une responsabilité de le signaler. Les gens essaient de transformer les abus rituels en quelque chose de politique – ce qui n’est pas le cas. Cela existe partout où il y a du pouvoir et de l’influence. »

Selon Levy, certains de ses patients qui ont souffert d’abus organisés portent encore les cicatrices silencieuses de ce qu’ils ont enduré dans leurs dossiers médicaux : « Nous voyons des os fracturés et nous voyons beaucoup d’infections urinaires. En ce qui concerne la malnutrition délibérée, on voit beaucoup d’enfants qui ont besoin de perfusions de fer. Pourquoi un enfant aurait-il besoin de perfusions de fer sans raison médicale ? » « Parfois, les abus incluaient également le refus de soins médicaux », dit Brenner. « Il y a des patients qui nous ont dit qu’ils n’avaient pas été autorisés à voir un médecin pendant des années ou qu’ils n’ont reçu des soins médicaux qu’après avoir quitté la secte ou l’environnement abusif. »

Cet « environnement abusif », comme déjà mentionné, peut souvent être la famille immédiate. La porte d’entrée vers le monde des abus organisés passe souvent par un proche qui trafique/proxénète l’enfant victime. « Cela n’a pas besoin d’être un parent. Cela peut être un oncle ou un grand-père en qui les parents ont confiance qui commet ces abus et qui emmène l’enfant dans un réseau d’abuseurs », ajoute Brenner. La proximité et l’accès facile aux enfants expliquent pourquoi les victimes sont si jeunes : « Généralement autour de trois, quatre ou cinq ans. Et cela continue pendant assez longtemps », dit Brenner. « Il y a aussi des cas d’abus d’enfants en âge scolaire primaire. Au-delà, c’est apparemment moins courant. »

Armon veut également dissiper la stigmatisation autour des familles des victimes : « Les victimes peuvent venir de familles considérées comme respectables ; nous ne parlons pas d’enfants ramassés dans la rue parce qu’ils viennent des marges de la société. » Comprendre que le mal réside dans le cœur de communautés parfaitement normales est peut-être la chose la plus difficile à concevoir. « Le citoyen moyen ne veut pas savoir que de telles choses existent », admet Armon. « Le problème, c’est que le mal est bon et que le bien est mauvais – et c’est aussi pourquoi il est impossible de les croire. »

Ils utilisent des drogues, des chocs électriques, l’hypnose et beaucoup de mensonges

Outre les abus sadiques, une partie de la raison des abus rituels est de forcer la victime au silence sur ce qu’elle a subi. « L’objectif des auteurs d’abus rituels est simple », explique Levy. « Ils veulent continuer à faire ce qu’ils font, sans que leur secret soit exposé, et c’est là qu’ils investissent tous leurs efforts. » À cette fin, ils ne s’arrêtent pas à une intimidation ordinaire ; ils emploient une pratique connue dans les cercles professionnels sous le nom de contrôle mental. « Les abuseurs créent délibérément un état de dissociation », explique Oren-Chipman. « Ils ne se contentent pas de compter sur le fait que c’est traumatique, ce qui fait que l’esprit oublie, mais ils emploient également une variété de méthodes sadiques, comme l’utilisation de différents types de drogues et de substances altérant l’esprit. » « De nombreux patients décrivent avoir eu toutes sortes de substances injectées entre les orteils », confirme Levy. « Ils utilisent des drogues, des chocs électriques, l’hypnose et beaucoup de mensonges, de menaces et de lavage de cerveau, en répétant les messages encore et encore – tout cela dans le but d’induire un état de dissociation chez l’enfant. »

Armon dit que la tactique est sadique d’une manière particulièrement froide et calculée.

« Il existe toutes sortes de techniques utilisées, comme des lumières clignotantes, des miroirs ou la privation de sommeil.

Certains mots sont utilisés qui deviennent des mots de code qui déclenchent quelque chose. Il y a des patients qui vont se dissocier si je dis une phrase d’une certaine manière, mais si j’exprime le sens différemment, ils resteront avec moi dans la conversation. Il y en a qui savent que ces phrases sont dangereuses pour eux – des phrases qui les laissent sans souvenir de ce qui s’est passé, sans idée de ce qu’ils font ou de ce qui se passe autour d’eux, et sans capacité à se défendre. »

Les thérapeutes parlent de cela comme d’une « programmation psychologique ». « Le mot “programmation” peut sembler sortir d’un film de science-fiction ou de l’époque de la Guerre froide », dit Brenner, « mais comme les victimes sont des enfants très, très jeunes, il y a quelque chose avec la répétition, avec la répétition d’un certain rituel, ou d’une activité ou d’un mot parlé qui est répété d’une certaine manière. Quand cela se produit encore et encore, c’est un moyen de contrôler l’enfant. »

Selon Brenner, ces manipulations s’accompagnent de phrases humiliantes répétées pendant des années, jusqu’à ce qu’elles s’enracinent dans la conscience interne de la victime, les amenant à croire qu’elles voulaient ce qui leur est arrivé et qu’elles en sont responsables. « À de nombreuses occasions, les victimes se diront qu’elles ont coopéré avec leurs abuseurs parce qu’une partie de cette programmation les force à se mettre dans une certaine position, par exemple, pendant que cela se produit encore et encore », ajoute Brenner. « Quand nous regardons cela de l’extérieur, il est évident qu’il n’y a pas et ne peut pas y avoir de coopération ou de consentement ici, mais ces manipulations leur font sentir comme si elles avaient fait ces choses de leur propre gré. »

Le résultat de cette torture prolongée est un effondrement émotionnel total. Un enfant qui subit de telles expériences insupportables ne peut pas se lever le matin, ne peut pas aller à l’école ou fonctionner comme un enfant normal sans s’effondrer. « Nous sommes des êtres vivants et nous sommes conçus pour nous protéger et survivre », explique Armon. « Quand il y a quelque chose de si terrible qui menace de nous déchirer, quelque chose avec lequel nous ne pouvons pas vivre, nous avons tendance à nous déconnecter. Des personas séparées se développent, en quelque sorte, parce que chaque partie de la psyché se développe indépendamment, sans communication. »

Ce phénomène, connu sous le nom de Trouble dissociatif de l’identité (ou personnalité multiple en langage courant), est activement exploité par les abuseurs.

« Les abuseurs connaissent ces “parties” [ces différentes personas] et, en fait, ils les créent délibérément », explique Levy. « Ils créent de plus en plus de “parties” et donnent à chacune un rôle pour faire taire les autres parties – et l’enfant ne parlera jamais de ce qui s’est passé. » Ainsi, au sein d’une même personne, il peut exister une partie complètement intelligente et fonctionnelle qui est totalement inconsciente des horreurs, aux côtés d’autres parties endommagées et terrifiées qui portent la mémoire du traumatisme.

Il est évident que les abuseurs ont une très profonde compréhension de la psyché humaine, dit Levy. L’une des méthodes psychologiques pour commettre « le crime parfait » est de transformer la victime en auteur. Levy décrit comment les abuseurs font en sorte que de jeunes enfants blessent d’autres enfants ou des animaux. « Ils étaient forcés de blesser les autres. Et alors il semble qu’ils n’aient aucune raison d’aller raconter ce qui s’est passé, parce qu’ils en font partie, parce qu’ils ont aussi causé du mal », ajoute Armon.

On ne peut pas simuler ce qui arrive au corps

Il est difficile de digérer les horreurs que les victimes d’abus rituels rapportent quand elles parlent à leurs thérapeutes. C’est pourquoi certains sceptiques en ligne affirment que tout le phénomène n’est rien d’autre qu’une hallucination psychotique, peut-être même des souvenirs faux ou implantés. « Les gens ne peuvent pas imaginer que des choses comme ça arrivent. C’est très sain à mon avis de ne pas vouloir y croire », admet Oren-Chipman. « Quand j’y ai été confrontée pour la première fois, j’ai moi aussi cherché des interprétations psychologiques qui me permettraient de dire “Non, ce ne peut pas être vrai. Le monde n’est sûrement pas si dérangé”. »

Le tableau clinique, cependant, présente une réalité complètement différente d’une lutte de santé mentale. Levy explique les diagnostics médicaux : « Avec la psychose, nous voyons des délires fixes qui n’ont absolument rien à voir avec le fait qu’ils parlent de ce qui s’est passé ou avec le lien entre le patient et le thérapeute, et il n’y a pas de symptômes physiques. » Pour les victimes d’abus rituels, en revanche, le corps lui-même porte les preuves physiques de l’horreur : « Les victimes d’abus rituels ont de nombreux symptômes physiques, qui se manifestent parfois comme si une partie d’elles les faisait taire. Chaque fois qu’elles commencent à partager quelque chose, elles ont soudain la nausée et on peut vraiment les voir se figer. Elles ressentent aussi diverses douleurs liées à l’abus lui-même, ce qui est quelque chose que l’on ne voit tout simplement pas avec la psychose. »

Armon ajoute : « On ne peut pas simuler ce qui arrive au corps, la réaction physique. Les sentiments et les choses qui remontent n’ont aucun sens et ne peuvent pas être mis en mots. Mais le dégoût, la douleur, la terreur, les choses que l’on voit à l’intérieur du corps et des yeux de la personne – on ne peut pas simuler cela. Et on le ressent soi-même aussi, comme si cela passait en nous. Je n’ai jamais rien ressenti de tel avec un patient psychotique. »

Et qu’en est-il de l’affirmation selon laquelle ce ne seraient rien d’autre que des « faux souvenirs » implantés par les thérapeutes ?

Armon rejette cette affirmation d’emblée :

« J’ai rencontré tellement de patients dont le comportement est similaire et dont les récits sont similaires. Devrions-nous croire qu’ils ont tous eu des faux souvenirs implantés ?

Qu’ils sont tous allés chez des thérapeutes qui ont implanté ces pensées, ces souvenirs ? Au final, il y a une réalité et nous la connaissons et la voyons. »

En fait, la manière fragmentée dont ces souvenirs remontent à la surface est peut-être la meilleure preuve qu’ils sont authentiques. « Un souvenir traumatique est toujours fragmenté, toujours partiel », explique Brenner. « Habituellement, un souvenir traumatique resurgit sous forme de sensations physiques, de flashbacks ou de crises de panique. En fait, si quelqu’un arrive et raconte soudain une histoire du début à la fin, en détaillant exactement ce qui s’est passé, cela soulève en fait des questions pour nous. »

Cependant, cette « vérité physique », qui crie depuis la salle de thérapie et ne laisse aucune place au doute aux thérapeutes, s’effondre complètement dans les salles d’interrogatoire de la police. L’écart inhérent entre la façon dont fonctionnent les souvenirs traumatiques – fragmentés, partiels et silencieux – et les exigences strictes du système judiciaire explique comment il est possible qu’aucune mise en examen n’ait jamais été déposée en Israël pour des abus rituels.

Selon Armon, le célèbre cas de l’effondrement dissociatif de Ka-Tzetnik (l’auteur Yehiel De-Nur) à la barre des témoins pendant le procès Eichmann illustre cette difficulté. « Il n’a pas pu répondre aux questions des juges de la manière qu’ils exigeaient. Donc, notre première exigence est d’établir une unité spécialisée pour ces cas. Il faut aussi des enquêteurs, des procureurs et des juges qui ont de l’expertise.

Il faut un tribunal spécialisé dans les abus rituels.

Actuellement, quand les victimes trouvent le courage d’aller au poste de police, on leur demande de fournir un récit cohérent. « On leur demande de fournir une chronologie, avec un début, un milieu et une fin – et de parler de choses qui leur sont arrivées peut-être avant même qu’elles aient acquis un langage », dit Armon. « Et tout cela se passe à un moment où, dans leur tête, des voix crient qu’ils ne doivent pas raconter ou ils seront tués. Et alors ils semblent terriblement distraits et ne peuvent pas écouter les questions – et cela donne une mauvaise impression. »

Levy ajoute qu’un diagnostic psychiatrique lui-même, lorsqu’il résulte d’un abus, est souvent utilisé comme une « arme » contre le survivant pendant l’interrogatoire policier.

« Si un patient arrive au poste de police avec un diagnostic déjà posé de Trouble dissociatif de l’identité, alors c’est fini – pour la police, l’histoire est terminée. Et cela n’a aucun sens. » C’est encore plus rageant quand on comprend que le Trouble dissociatif de l’identité est un diagnostic très courant. « Environ 1 % de la population », dit Brenner. « Et c’est un trouble qui, dans 99 % des cas, est causé par un traumatisme sévère de l’enfance – impliquant généralement des abus sexuels sur des filles et une violence physique extrême. Dans mon expérience, toutes les victimes masculines et féminines d’abus rituels que j’ai traitées souffraient d’un Trouble dissociatif de l’identité ; et cela signifie que leur témoignage est encore moins valorisé par les autorités. »

Nous essayons de ne pas laisser la peur nous paralyser

Il est difficile d’évaluer l’ampleur du phénomène en Israël, en partie à cause des différentes façons de définir l’abus : organisé, rituel ou sectaire. « Quand vous demandez à des professionnels qui traitent des filles victimes d’abus sexuels, la plupart d’entre eux vous diront qu’ils ont rencontré au moins un ou deux cas », dit Brenner. « Je dirais que, au fil des ans, j’ai rencontré au moins 20 cas de ce type – principalement des femmes et quelques hommes. »

À l’étranger, en revanche, de plus en plus de données ont été compilées ces dernières années. Un rapport publié en juillet 2025 au Royaume-Uni par les deux organisations officielles responsables de la surveillance et du traitement des abus sexuels – le National Police Chiefs’ Council (NPCC) et la National Association for People Abused in Childhood (NAPAC) – a révélé que 2,5 % de tous les appels à une ligne d’assistance dédiée entre 2006 et 2024 mentionnaient des abus rituels. Le rapport a constaté que, au cours des quatre années précédant 2025, les services sociaux et la police britanniques ont reçu 211 signalements d’abus sexuels organisés. Au moins 14 de ces cas ont abouti à des condamnations.

Une étude menée auprès des travailleurs d’un centre d’aide aux victimes d’agressions sexuelles à Melbourne, en Australie, a révélé que 28 % d’entre eux avaient soutenu un ou plusieurs survivants d’abus rituels et que, au cours de la décennie précédant l’étude, 153 cas de ce type avaient été documentés dans la ville. Dans une enquête menée auprès de 2 709 psychologues aux États-Unis, 13 % ont déclaré avoir travaillé avec un ou plusieurs survivants d’abus sexuels rituels. Le rapport britannique a souligné que ces chiffres ne sont probablement que la partie visible de l’iceberg, en raison d’énormes obstacles empêchant les victimes de signaler, et que les condamnations réelles ne représentent pas l’ampleur complète du phénomène. En Israël, comme déjà noté, il n’existe toujours pas la moindre donnée officielle. « Je crains que le phénomène en Israël soit bien plus répandu que nous ne le pensons », dit Levy.

« Tout comme il y a 50 ans, quand le monde psychiatrique pensait que la prévalence de l’inceste était d’un sur un million, il est clair que nous sommes loin du compte ici aussi. Je ne peux pas quantifier l’ampleur du phénomène, mais si nous, en tant que société, voulons l’arrêter, nous devons avoir le courage de le reconnaître. »Il faut du courage pour lancer ce genre d’appel au réveil. « Il y a de l’inquiétude, bien sûr qu’il y en a », admet Oren-Chipman. « Nous essayons de ne pas laisser la peur nous paralyser ; la peur est un moyen de contrôle.

La force pour résister au traumatisme vient du fait d’être ensemble ; la force, c’est la communauté. »Pour la ligne d’assistance dédiée de l’Association des centres de crise pour les victimes de viol en Israël pour les survivants d’abus rituels, appelez le (052) 346-8541

Mon corps n’était pas le mien

N., une survivante d’abus rituels dont l’art accompagne cet article, écrit sur sa vie après :

« Dans la maison où j’ai grandi, mon corps ne m’appartenait jamais. C’était une propriété commune, une proie facile pour tout ce qui pouvait contrôler et effacer qui j’aurais pu être, en créant quelque chose de fragmenté, de brisé et d’utile.

Quand une fille est abusée dès la naissance, elle ne sait pas qui elle est. Elle apprend simplement à être qui ils ont besoin qu’elle soit et tout ce dont ils ont besoin d’elle. J’ai appris à laisser mon corps derrière moi, à obéir à des règles qui n’avaient ni logique ni prévisibilité et à continuer à respirer pendant que les personnes qui étaient censées me protéger étaient celles qui me déchiraient.

Cette dissociation n’était pas un bug. Elle a été créée intentionnellement et c’était mon seul moyen de rester en vie. C’était mon seul abri contre les odeurs, la douleur et les sensations horribles qui accompagnaient les abus – et contre les gens qui pariaient sur mon corps.

Je ne savais pas ce que j’aimais ou voulais parce que je n’ai jamais eu de vrais choix, seulement des options douloureuses conçues pour me faire croire que je choisissais et pour me blâmer, mais aucune fille ne choisirait cela si elle avait une alternative.

Aujourd’hui je suis sortie. Cette prison est terminée, mais la vraie guerre ne fait que commencer. Je comprends maintenant que mon silence pendant toutes ces années était la dernière chose qui protégeait ceux qui m’ont fait du mal. Ils y ont veillé.

Se libérer n’est pas seulement franchir la porte. C’est apprendre à être un être humain et cette fois – pas selon les termes de l’abus.

Personne ne me tient plus. Je suis sortie de là, mais c’est encore en moi. Dans les cauchemars, dans les sensations physiques pendant la journée, dans la peur de manger, de boire, de toucher, de contaminer.

En thérapie, lentement et avec une douleur presque impossible, j’essaie de me reconnecter à ce corps qui m’était étranger pendant tant d’années. À un corps qui a été enseigné qu’il ne pouvait satisfaire que les besoins des autres. Qu’il se fait mal parce qu’il est dégoûtant, coupable et ne mérite rien d’autre.

Je ramasse éclat après éclat de mémoire, de douleur, de qui je suis vraiment. En essayant d’apprendre à toucher la douleur sans m’effondrer. En apprenant à me connaître en tant qu’adulte pour la première fois. En essayant de comprendre ce que je pense, ce que je veux ou ce que j’aime.

Ma plus grande victoire n’est pas d’avoir survécu. La victoire, c’est que chaque matin je choisis à nouveau la vie.

La victoire, c’est que malgré tout ce qu’ils avaient prévu pour moi, je suis une femme, je suis une épouse et je suis une mère. Que je prends possession de mon histoire et que je projette une lumière vive sur les endroits où ils ont essayé d’éteindre mon âme.

La victoire, c’est que je marche sur mon chemin difficile et complexe vers une vie dont je n’aurais jamais rêvé qu’elle puisse m’appartenir. »

Source : Breaking the Silence Around Ritual Abuse - Haim Rivlin 




mercredi 17 juin 2026

Trois poules dans le jardin ? Jusqu'à 6 000 euros d'amende



En 2026, élever trois poules pondeuses au fond de son jardin relève désormais du parcours administratif. Déclaration sanitaire en mairie, autorisation d’urbanisme selon la surface du poulailler, distances de voisinage imposées : l’État et les communes transforment un geste de bon sens ancestral en infraction potentielle. Sanction à la clé ? De 750 € à 6 000 €. L'État vient de transformer l'acte le plus élémentaire d'autonomie alimentaire en une procédure bureaucratique à part entière.

Vouloir produire quelques œufs pour sa famille n’a jamais été aussi réglementé. En 2026, l’installation d’un simple poulailler domestique implique de naviguer entre déclaration sanitaire, urbanisme, règlement de lotissement et normes de voisinage. La bureaucratie tatillonne triomphe une fois de plus sur l’autonomie du particulier.

Une réglementation à trois étages

Ce n'est pas une caricature : avant d'installer trois poules dans son jardin, un particulier doit, en 2026, satisfaire simultanément à trois corps de règles distincts. Primo, une déclaration sanitaire obligatoire auprès de la mairie.

Secundo, une vérification préalable du Plan Local d'Urbanisme, lequel peut interdire certains matériaux, certaines hauteurs, voire tout abri animal.En lotissement ou copropriété, le règlement intérieur peut interdire l'élevage sans même passer par la case mairie. Autrement dit : plusieurs strates normatives s'empilent, chacune avec ses propres gardiens, ses propres sanctions, ses propres procédures.

Tertio, des distances de voisinage imposées, dont le non-respect expose à des sanctions. Parallèlement, les détenteurs de volailles doivent respecter les obligations sanitaires imposées dans le cadre de la surveillance des maladies aviaires. Les communes annoncent d’ailleurs un renforcement des contrôles.

Des sanctions disproportionnées pour une activité familiale

Une infraction aux règles d’urbanisme peut entraîner des amendes allant de 1 200 à 6 000 euros. Certaines infractions sont passibles d’une contravention de 4e classe pouvant atteindre 750 euros.

Le moindre conflit de voisinage peut également déclencher une procédure. Odeurs, mouches ou bruit sont susceptibles d’être qualifiés de troubles anormaux de voisinage. Quant au coq, son chant matinal peut donner lieu à une amende de 68 euros, majorable jusqu’à 180 euros.

Dans le même temps, même un petit élevage familial de trois poules suffisent largement à produire plusieurs centaines d’œufs par an . Aussi , il doit respecter un ratio minimal d’espace (1 m² par poule à l’intérieur, 8 à 10 m² en parcours extérieur recommandé). Au-delà de 49 poules, on bascule dans l’élevage commercial avec normes renforcées. La vente d’œufs par les particuliers sera également strictement encadrée.

Derrière ces arrêtés municipaux et les références au code de l’urbanisme se cachent une vision hygiéniste qui préfère le citoyen-consommateur docile au particulier ingénieux.

Dans un pays déjà étranglé par la fiscalité et la réglementation, cette chasse aux poules de jardin constitue un symbole presque caricatural. Elle révèle l’incapacité des élites à faire confiance au bon sens populaire tout en alourdissant le quotidien de ceux qui cherchent simplement à reprendre un peu de maîtrise sur leur vie.

https://www.lecourrierdesstrateges.fr/trois-poules-dans-le-jardin-jusqua-6-000-euros-damende/


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"Les libertés des citoyens sont progressivement supprimées"




Pavel Durov, le fondateur de Telegram, a comparé, lors de l’Oslo Freedom Forum 2026 le 1er juin 2026, le manque de panique lors du naufrage du Titanic avec l’absence actuelle de prise de conscience en Europe, alors que les libertés des citoyens y sont progressivement supprimées :

« Je suis venu aujourd’hui pour vous dire que nous nous trouvons dans une situation similaire. Notre navire a déjà heurté l’iceberg. Nous avons déjà commencé à couler, sans même nous en rendre compte. Et je parle ici du navire de nos libertés individuelles. »

Il a évoqué ses propres expériences, notamment les pressions qu’il a subies en Russie, ainsi que la fraude et la corruption impliquant la Russie, l’Union européenne et la France, avant d’aborder la répression exercée par Keir Starmer sur les réseaux sociaux au Royaume-Uni :

« Des milliers de personnes sont arrêtées chaque année au Royaume-Uni pour des publications sur les réseaux sociaux. Si vous dites quelque chose de politiquement incorrect en ligne, vous risquez une amende ou même une peine de prison en Allemagne. »



L’Occident collectif — États-Unis, Union européenne et OTAN — a basculé dans le terrorisme



Les dirigeants politiques américains & européens qui orchestrent l’agression néo-atlantiste via des politiques délibérées doivent répondre des mêmes accusations : ce sont des criminels de guerre.

Un tournant sinistre et décisif s’est produit dans le conflit qui oppose l’Occident à la Russie.



Le meurtre de 21 étudiantes russes dans une école de formation des enseignants a constitué un événement tragique aux implications graves et de grande portée. Un tournant sinistre et décisif dans le conflit entre l’Occident et la Russie vient de se produire.

Les victimes étaient principalement des jeunes filles âgées de 14 à 18 ans, tuées lorsque leur foyer universitaire à Starobelsk, dans la région de Lougansk, a été attaqué dans la nuit du 22 mai.

Ce qui en dit long, c’est que l’Occident dans son ensemble n’a manifesté aucun remords ni aucune retenue face à ce crime, allant jusqu’à nier toute responsabilité et à bafouer la mémoire des victimes. Les auteurs de ces actes font preuve d’un mépris obscène de la loi et d’un sentiment d’impunité immonde.

L’attaque a mobilisé 16 drones qui ont frappé le collège en trois vagues successives. Il ne fait aucun doute que cette frappe aérienne était un acte délibéré. Il s’agit donc d’un massacre de sang-froid, d’un acte de terrorisme.

Vassily Nebenzia, ambassadeur de Russie auprès des Nations unies, a déclaré :

“Le sang des jeunes gens de Starobelsk est sur les mains de l’Occident, dont les nations fournissent depuis des années au régime terroriste [ukrainien] argent, renseignements, armes et munitions, l’incitant à commettre de nouveaux crimes contre la population civile, puis le couvrant en présentant le régime de Kiev comme la victime”.

Le régime néonazi corrompu de Kiev, dirigé par Vladimir Zelensky et ses acolytes, n’est qu’un acteur secondaire de ce crime. Ce régime, qui, soit dit en passant, a rendu des honneurs funéraires à un collaborateur nazi de la Seconde Guerre mondiale, n’est que la lie du crime occidental, responsable de cette atrocité et d’autres, et en réalité de l’ensemble du conflit avec la Russie.

Plusieurs autorités internationales respectées ont souligné à maintes reprises que la guerre en Ukraine qui fait rage depuis près de cinq ans et a éclaté en février 2022, est l’aboutissement d’une politique à long terme visant à mettre la Russie en conflit avec l’OTAN. Les professeurs John Mearsheimer, Jeffrey Sachs, Alfred de Zayas, entre autres, ont expliqué de manière convaincante comment ce conflit en Europe – le plus important depuis la Seconde Guerre mondiale – a vu le jour.

Le régime de Kiev a été armé jusqu’aux dents par les États-Unis et leurs partenaires occidentaux, financé par Washington et l’Union européenne, et dirigé par les services du renseignement militaire de l’OTAN. Les attaques contre des centres civils russes n’auraient pu avoir lieu sans le soutien direct de l’“Occident collectif”.

Plus récemment, l’Union européenne, qui s’est imposée comme la branche politique et financière de facto de l’OTAN, a intensifié son financement et sa coordination des armements de drones pour le régime de Kiev. La Grande-Bretagne est aussi devenue un important fournisseur de technologie de drones ukrainienne, tandis que les États baltes et la Finlande servent de bases de lancement pour des frappes plus profondes en Russie.

Un crash de drone en Roumanie a suscité de nombreuses condamnations théâtrales de la Russie, présentée comme le coupable idéal. Compte tenu de la multiplication des drones opérant depuis les États de l’OTAN, il est toutefois plus probable que l’incident roumain ait été causé par un tir ami ou une provocation ukrainienne sous faux drapeau. La couverture médiatique occidentale, particulièrement virulente en accusant la Russie d’être à l’origine de ce drone “imprudent”, est également révélatrice, surtout si on la compare à la couverture négligeable accordée par ces mêmes médias au massacre de Starobelsk quelques jours auparavant.

Les États européens membres de l’OTAN sont en réalité en train de devenir la Luftwaffe du régime de Kiev. Comme l’a averti l’envoyé russe auprès de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, Dmitri Polyansk, les tambours de guerre résonnent de plus en plus fort à travers le continent. Des responsables politiques européens comme le chancelier allemand Friedrich Merz appellent à un renforcement des troupes de l’OTAN le long des frontières russes, tandis que la prétendue chef de la diplomatie de l’UE, Kaja Kallas, dénigre la diplomatie de paix avec la Russie en la qualifiant de “piège du Kremlin”.

Alfred de Zayas, professeur de droit international à l’École de diplomatie de Genève et ancien expert indépendant de l’ONU, a livré l’analyse suivante à Strategic Culture Foundation concernant la coalition de l’OTAN. Il a déclaré qu’il est désormais urgent d’admettre qu’il s’agit d’une “organisation criminelle” au sens des jugements de Nuremberg rendus en 1946 contre les criminels de guerre nazis, lorsque l’agression a été définie comme le crime de guerre suprême.

De Zayas note que l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord a été fondée il y a près de huit décennies, en 1949, soi-disant pour défendre l’Occident contre l’Union soviétique. L’Union soviétique ayant cessé d’exister en 1991, tout comme son bloc militaire du Pacte de Varsovie, l’OTAN aurait également dû être dissoute à cette époque.

“L’OTAN est passée d’une alliance défensive à une coalition de guerre ayant commis des crimes odieux depuis les années 1990 en Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Syrie et ailleurs”, a-t-il déclaré. “Alors que les forces de l’OTAN ont, depuis les années 1990, commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, ce qui compte aujourd’hui, c’est que l’opinion publique mondiale considère l’OTAN comme une menace pour la paix et la sécurité de l’humanité”.

Depuis la fin de la Guerre froide, l’alliance militaire dirigée par les États-Unis a plus que doublé le nombre de ses États membres, qui s’élève aujourd’hui à 32, dont plusieurs sont limitrophes de la Russie. En vertu de la Charte des Nations unies, les organisations de sécurité régionales sont censées être subordonnées au Conseil de sécurité de l’ONU. Mais le bloc de l’OTAN se croit au-dessus des lois. C’est une force hors-la-loi qui attaque d’autres nations à sa guise, comme c’est le cas actuellement avec la Russie.

De Zayas déclare :

“Ce n’est pas une organisation régionale légitime au sens de l’article 52 de la Charte des Nations unies, car elle agit à l’encontre des objectifs et des principes de l’ONU et a commis sans relâche des crimes d’agression, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité”.

Le massacre d’étudiants à Starobelsk et les nombreuses autres victimes civiles des attaques de drones de l’OTAN sur le territoire russe témoignent de la nature terroriste de l’OTAN.

De Zayas ajoute qu’il est également essentiel de mettre en lumière le rôle néfaste joué par les médias occidentaux contrôlés par les grandes entreprises. Les médias ont systématiquement déformé le conflit en Ukraine en le présentant comme une “agression russe non provoquée”, tout en blanchissant l’OTAN et le régime néonazi de leurs innombrables crimes, dont le dernier en date est l’atrocité commise à Starobelsk.

“Une propagande et des opérations de communication incessantes ont convaincu l’opinion publique occidentale que l’OTAN est une organisation respectable, légitime, soucieuse de la paix et de la défense. C’est un véritable lavage de cerveau”, a déclaré de Zayas.

“Lorsque l’endoctrinement médiatique et la propagande concernant l’OTAN seront démasqués comme étant mensongers, lorsque la perception de l’OTAN dans les pays occidentaux évoluera du positif vers le négatif, lorsque les gens se rendront compte que l’OTAN est une institution criminelle, il sera enfin possible de la démanteler. En fin de compte, l’OTAN doit être reconnue non seulement comme une organisation criminelle, vestige arrogant d’un impérialisme occidental moribond, mais aussi comme un danger mortel pour la survie de la civilisation sur Terre”.

Toutes ces considérations amènent notre rédaction à tirer plusieurs conclusions inévitables : les dirigeants politiques des États-Unis et de l’Union européenne qui orchestrent cette agression néo-atlantiste via des politiques délibérées doivent également répondre des mêmes accusations. Ce sont des criminels de guerre.

Les médias occidentaux à la solde de la propagande de guerre et des crimes de guerre sont également passibles de poursuites pour complicité dans ces crimes.

Il est désormais clairement établi que la Russie est en guerre contre un Occident collectivement agressif et ses représentants, notamment les États-Unis, l’UE, l’OTAN et le régime de Kiev. Par conséquent, Moscou est légalement et moralement en droit de frapper les centres de décision qui ont du sang russe sur les mains. D’autant que ces décideurs occidentaux se croient à l’abri de toute sanction et s’arrogent le droit macabre de faire couler davantage de sang russe.