dimanche 22 février 2026

Dieudonné MBala MBala

 

"Il a tout résumé en 2 minutes."


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Les ultra-riches contre la société : l’explosion des inégalités



Les inégalités atteignent des sommets historiques. Tandis qu’une infime caste d’ultra-riches accumule des fortunes colossales, les services publics s’effondrent et les sociétés se fracturent. Taxer les milliardaires devient une urgence démocratique alertent de nombreux économistes.


par Georges Renard-Kuzmanovic


« Si le peuple comprenait notre système bancaire et monétaire, il y aurait une révolution avant demain. » – Henry Ford

L’inégalité, un phénomène planétaire qui ne cesse de s’aggraver
En ce début d'année 2026, les inégalités économiques n’ont jamais été aussi massives à l’échelle mondiale depuis un siècle. Selon le World Inequality Report 2026 du World Inequality Lab, les 10 % les plus riches de la planète détiennent aujourd’hui environ 75 % de la richesse mondiale, tandis que la moitié la plus pauvre de l’humanité possède à peine 2 % de cette richesse. Sur le plan des revenus, ces 10 % captent plus de 53 % des revenus totaux, laissant aux 50 % les moins favorisés un maigre 8 % du gâteau économique global. La concentration de richesse au sommet est extrême : une poignée de moins de 60 000 individus, soit 0,001 % de la population mondiale, possède trois fois plus de richesse que les 2,8 milliards d’adultes les plus pauvres réunis.

Les données montrent non seulement une concentration persistante, mais un creusement accéléré de l’écart entre les très riches et le reste de la population. La part de la richesse contrôlée par l’élite ultra-riche (les milliardaires et centimillionnaires), augmente beaucoup plus vite que celle du reste du monde, signe d’une dynamique devenue structurelle – les « ruissellement » se fait à l'envers, des plus pauvres et des plus riches, et ceux, de plus en plus rapidement.

Le néolibéralisme en héritage, une rupture historique de répartition

Les causes de cette concentration des ressources sont profondément politiques. Le néolibéralisme, né dans les écoles économiques américaines, notamment à l’Université de Chicago, a été imposé depuis les années 1980, d'abord aux Etats-Unis sous Ronald Reagan, puis au Royaume-Uni avec Margaret Thatcher pour enfin se généraliser après l'effondrement de l'URSS et la disparition de la peur du communisme, comme un modèle absolu en Occident. Il repose sur une logique simple : réduire l’État, mettre l’État au service des intérêts du capital financier, affaiblir la fiscalité progressive, déréguler les marchés, réduire toujours d'avantage les régulations nationales, privilégier le « libre-échange » (dans des traités où il est finalement très peu question d'échanges et encore moins de liberté et plus de constitution de monopoles capitalistiques intouchables), privatiser les biens communs et faire confiance à la politique de l’offre.

Cette idéologie a été vendue comme une promesse. L’enrichissement du sommet devait ruisseler vers le reste de la société. Quarante ans plus tard, le constat est implacable. La richesse ne ruisselle pas, elle s’accumule. Les revenus tirés du capital explosent tandis que les salaires stagnent, et la part du revenu national captée par le travail recule face à celle du patrimoine et des actifs financiers.

En Occident et en France, des écarts de plus en plus vertigineux
Les chiffres reflètent une réalité similaire dans tous les pays occidentaux, d'avantage même que dans le Sud Global. Dans l’Union européenne, les 10 % les plus riches contrôlent environ 60 % de la richesse totale, tandis que le bas de l’échelle ne possède presque rien. Aux États-Unis, la concentration atteint des niveaux historiques, où le 1 % le plus riche détient désormais près de 32 % de la richesse nationale.

En France, la dynamique suit la même trajectoire. Les 0,1 % les plus riches gagnent en moyenne plus de 160 fois ce que perçoit le quart des ménages les plus pauvres. Cette disproportion traduit une fracture sociale profonde, dans laquelle une minorité s’éloigne de plus en plus du reste du pays, non seulement par ses revenus, mais par son accès au pouvoir économique, politique et médiatique. Ce sont les différentes formes de « Capital » dont parlait Pierre Bourdieu – le capital économique conditionne et assure l’accès au capital culturel et au capital social. A cela s'ajoute le phénomène sociologique inédit d'une décorrélation quasi complète des intérêts des élites des ultra-riches par rapport aux intérêts de leurs compatriotes des pays dont ils sont issus. Une méta-classe transnational s'est constituée ; les moyens modernes électroniques, les réseaux, les transports et les dérégulations leurs permettent de contourner l’impôt, de déplacer ses capitaux, et de s'affranchir complètement de leur base nationale, tout en pesant sur les décisions publiques et en imposant leurs intérêts comme horizon politique.

Une fracture qui affaiblit les services publics et l’intérêt général
Le dogme du ruissellement est aujourd’hui discrédité. La croissance des revenus des ultra-riches n’a pas entraîné une amélioration équivalente pour les classes populaires ou moyennes. Au contraire, la majorité des gains économiques va au sommet, et la société se transforme en structure à deux vitesses.

L’accroissement des inégalités n’est pas une abstraction comptable. Il se traduit directement par l’affaiblissement des infrastructures collectives. Les services publics, déjà fragilisés par des décennies d’austérité, manquent de moyens face à l’augmentation des besoins sociaux. Hôpitaux saturés, écoles en tension, logements inaccessibles, transports délabrés, la dégradation du bien commun contraste avec l’explosion des patrimoines privés, quand cette dégradation n'est pas sciemment voulue par un capital financier qui a de plus en plus asservi les Etats : sous financer les services publics et les rendre pesants par de nouvelles normes idiotes permet de les fragiliser, de les rendre « inefficaces » aux yeux des usagers, ce qui permet à terme leurs privatisation, et par là-même, l'accroissement des inégalités.

« Comment détruire un service public ? En baissant son financement. Il ne fonctionnera plus. Les gens s’énerveront, ils voudront autre chose. C’est la technique de base pour privatiser un service public. » – Noam Chomsky.

Le néolibéralisme a organisé un transfert silencieux, mais massif, de la richesse collective produite par la société dans les mains d'une minorité, tandis que les États, volontairement appauvris par des baisses d’impôts et des cadeaux fiscaux, peinent à remplir leurs missions fondamentales.

Taxer les ultra-riches, une urgence démocratique

Face à ces constats, la taxation des ultra-riches apparaît comme une nécessité. Il ne s’agit pas seulement de financer davantage l’État, mais de corriger une dynamique qui détruit la cohésion sociale et menace la démocratie. Une fiscalité progressive – quelle que soit cette forme de taxation – sur les grandes fortunes permettrait de ralentir la concentration de richesse et de réinvestir dans la santé, l’éducation, la transition écologique et les infrastructures.

Les opposants brandissent l’exil fiscal ou la fuite des capitaux, mais ces arguments masquent souvent la réalité que l’impôt est l’un des derniers outils démocratiques permettant de limiter la puissance d’une oligarchie économique de plus en plus hors de contrôle.
Franklin Roosevelt l'avait parfaitement compris face au désastre de la Grande Dépression – il comprit qu’aucune société ne peut survivre à une telle concentration du pouvoir économique.

Dès 1933, il engagea la politique du New Deal, fondée sur une régulation renforcée du système financier, une intervention publique structurée et une fiscalité très progressive. Il fit notamment adopter le Glass-Steagall Act, imposant une séparation stricte entre banques de dépôt et banques d’investissement, afin de limiter les conflits d’intérêts et de freiner la spéculation excessive qui avait précipité le krach de 1929.

Roosevelt porta aussi la fiscalité à des niveaux que nos élites jugeraient aujourd’hui « confiscatoire ». Le Revenue Act de 1935 instaura un taux marginal maximal de 79 % pour les revenus excédant 5 millions de dollars, ainsi qu’un impôt sur les successions pouvant atteindre 70 % pour les patrimoines supérieurs à 50 millions — l’équivalent d’environ 20 milliards actuels. Sous Truman puis Eisenhower, ce taux fut porté jusqu’à 92 %, voire 94 % en période de guerre. L’enjeu était clair : éviter l’émergence de dynasties économiques et réaffirmer la primauté de l’État face à la puissance financière.

« La mesure de nos progrès n’est pas de savoir si nous ajoutons plus à l’abondance de ceux qui ont beaucoup, mais si nous en fournissons suffisamment pour ceux qui ont peu. » – Franklin D. Roosevelt

Aujourd'hui, de plus en plus d'économistes, et pas seulement les « hétérodoxes » comprennent la nécessité impérieuse d'un New Deal moderne. Soit c'est la fin du modèle néolibéral, soit c'est la mort garantie de la société.

Le World Inequality Report 2026 offre une photographie saisissante : sans réformes ambitieuses, l’inégalité continuera de miner les sociétés, de fragiliser les États et d’accentuer le divorce entre une minorité ultra-forte et la majorité des citoyens.

Les voies de sortie existent, mais elles supposent une rupture avec quarante ans de néolibéralisme. Taxer les ultra-riches, réguler les marchés financiers, restaurer l’État social, replacer l’économie au service de l’intérêt général, voilà les conditions minimales pour éviter l’enfermement dans un monde oligarchique.

La sécession des milliardaires : un monde au bord de l'oligarchie, une dérive inquiétante

À l’extrême de cette dynamique, certaines élites milliardaires portent désormais des visions inquiétantes : monde transhumaniste, réduction démographique, technocratie privatisée, séparation complète entre les puissants et le reste de l’humanité. Des figures comme Peter Thiel, proche des cercles trumpistes, incarnent cette tentation d’un avenir post-démocratique, où la société ne serait plus un corps commun, mais un marché gouverné par quelques-uns.

Au cœur d’un monde où les inégalités explosent et où le ruissellement n’a jamais existé, le néolibéralisme, imposé depuis quarante ans, a produit un pillage social méthodique, organisant la captation des richesses par une minorité au détriment de l’intérêt général.

Les richesses au sommet s’accumulent à un rythme vertigineux pendant que la pauvreté du monde s’étend, jusqu’à atteindre cette absurdité historique. Une poignée d'individus possèdent plus que la moitié de l’humanité, au point d'imaginer, et de tenter de créer en actes, un monde à leur image, transhumaniste.

Fortunes immenses, exploits records des actionnaires, et sociétés à bout de souffle... L’Occident, en particulier glisse dangereusement et change de modèle. Ces inégalités accrues produisent, lentement mais certainement, une société nouvelles, un régime nouveau pourrait-on dire, où un système de facto oligarchique supplante la démocratie libérale que nous connaissons encore.

Le Capital s’est dressé contre la société, faisant ressurgir le retour des inégalités du XIXe siècle sous des formes modernisées, transnationales, presque hors-sol – les ultra-riches prospèrent pendant que les peuples décrochent.

Dans ce grand hold-up, les milliardaires captant tout, se constituent en caste séparée qui ne vit plus dans le même monde. Taxer les ultra-riches n’est plus une option idéologique, mais l'exigence de survie d'un modèle dont est issu la civilisation occidentale. L’impôt sur les riches devient le dernier rempart contre le chaos social et la mort progressive de la démocratie.

A défaut, c'est un autre monde qui émergera et très certainement pas de manière apaisée.



samedi 21 février 2026

Un grand roman prophétique de C.S. Lewis




Publié en 1945, That Hideous Strength (Cette hideuse puissance) est sans doute le roman le plus dérangeant et le plus prophétique de C. S. Lewis. Troisième et dernier volet de sa Trilogie cosmique, il abandonne l’aventure spatiale pour plonger dans une dystopie anglaise, à la fois politique, spirituelle et métaphysique.


Le roman met en scène l’ascension du N.I.C.E. (National Institute of Co-ordinated Experiments), un organisme technocratique qui prétend réorganiser la société au nom de la science, de l’efficacité et du progrès. Derrière son langage managérial et ses promesses de rationalité, le N.I.C.E. poursuit un projet bien plus radical : refaçonner l’humanité, abolir la morale objective, dissoudre la nature humaine et soumettre le vivant à une élite « éclairée ». Lewis y décrit un mal moderne, sans cris ni crocs, mais administratif, aseptisé, bureaucratique, qui se nourrit de conformisme et de lâcheté intellectuelle.

Le personnage de Mark Studdock, jeune sociologue ambitieux, incarne cette dérive. Sans être foncièrement mauvais, il accepte progressivement l’inacceptable pour rester « du bon côté », sacrifiant la vérité à l’appartenance sociale. Sa femme, Jane, suit un chemin inverse : par des rêves prophétiques qu’elle ne comprend pas elle-même, elle est conduite vers une petite communauté de résistance spirituelle établie à St Anne’s, dirigée par Ransom, figure centrale de la trilogie.

Face au pouvoir technocratique se dresse ainsi une résistance paradoxale : ni révolutionnaire ni violente, mais fondée sur l’ordre naturel, la fidélité au réel, la hiérarchie du bien et une vision chrétienne du cosmos. Lewis oppose deux conceptions du monde : celle qui veut dominer la nature en niant l’homme, et celle qui reconnaît que l’homme ne se comprend qu’en acceptant ses limites.

La dimension théologique du roman s’affirme pleinement dans son dénouement...

Avec That Hideous Strength, C. S. Lewis ne signe pas seulement une œuvre de fiction, mais une critique implacable du scientisme, du progressisme déshumanisé et de l’ingénierie sociale. Le roman pose une question toujours brûlante : que reste-t-il de l’homme lorsqu’il renonce à la vérité morale au nom de l’efficacité ? Et jusqu’où peut aller un pouvoir qui prétend sauver l’humanité en commençant par l’abolir ?

Soixante-dix ans après sa parution, le livre frappe par sa lucidité : le mal le plus dangereux n’est pas celui qui se présente comme tel, mais celui qui parle le langage du bien.




vendredi 20 février 2026

Pourquoi l’effondrement de l’Union européenne est inévitable




L’Union européenne ne s’effondrera pas sous les coups de ses ennemis, mais sous le poids de son propre mépris pour les peuples qu’elle prétend représenter. Bruxelles ne gouverne plus : elle décrète, moralise, sanctionne, puis s’étonne que la légitimité lui échappe.

Chaque crise suit le même scénario : indignation officielle, sommets d’urgence, tweets grandiloquents… et, au bout de la chaîne, une nouvelle réglementation inutile, un mécanisme technocratique illisible ou un plan budgétaire hors-sol. L’UE ne corrige rien : elle enrobe l’échec.

Même la Commission européenne est contrainte de l’admettre. Elle reconnaît désormais que l’Union est devenue un champion mondial de la surrèglementation, au point d’annoncer officiellement une réduction des charges administratives. Traduction : Bruxelles produit aujourd’hui des textes pour expliquer qu’elle va produire moins de textes. Quand une bureaucratie doit théoriser sa propre mise au régime, le diagnostic est déjà fatal.

Sur le plan économique, le constat est sans appel. Le rapport Draghi, commandé par la Commission elle-même, décrit un décrochage structurel de l’Europe face aux États-Unis et à la Chine : sous-investissement, fragmentation, lenteur décisionnelle. Pendant que l’UE empilait des normes, les autres construisaient des chaînes de valeur, des usines et des industries stratégiques.

Mais le véritable effondrement est politique et démocratique. L’Union européenne n’est plus soutenue par ses citoyens, et ce n’est pas une opinion : ce sont les chiffres. Dans un sondage Eurotrack YouGov de décembre 2025, seulement 16 % des Français avaient une opinion favorable d’Emmanuel Macron, tandis que 79 % l’avaient défavorable, un marqueur d’impopularité durable au sommet de l’État. En Allemagne, le chancelier Friedrich Merz ne fait guère mieux : seulement 25 % de favorables contre 69 % de défavorables chez ses concitoyens, selon des relevés récents d’opinion.

Ce divorce n’est pas accidentel. L’UE est institutionnellement verrouillée contre les peuples. En politique étrangère, l’unanimité paralyse toute décision réelle. Un seul État peut bloquer 26 autres. C’est inscrit dans les traités. Et toute réforme de ce système exige… l’unanimité. L’Union a donc bâti un édifice irréformable, conçu pour durer contre les électeurs.

Les divisions internes achèvent le tableau. Le veto est devenu un outil de chantage assumé, y compris dénoncé par le Parlement européen lui-même. “Union de valeurs” le jour, marchandage permanent la nuit. L’UE n’est unie que dans les communiqués de presse.

Face à cette impuissance politique, Bruxelles n’a plus qu’un réflexe : l’argent. Des milliards débloqués, des facilités financières, des mécanismes budgétaires complexes. L’Europe ne propose plus de projet collectif : elle distribue des chèques et impose des règles, sans consentement populaire.

Résultat : l’Union européenne n’est plus respectée. Ni par ses propres citoyens, ni sur la scène internationale. Elle n’inspire plus, elle contraint. Elle ne protège plus, elle fragilise. Elle ne rassemble plus, elle entraîne ses États membres vers le bas.

Quand ceux qui dirigent l’Europe sont eux-mêmes désavoués par leurs peuples, on ne parle plus de crise de confiance : on parle de perte de légitimité. L’Union européenne ne s’effondrera pas dans le fracas. Elle disparaîtra dans une indifférence populaire glaciale, ensevelie sous ses propres normes, pendant qu’un dernier communiqué annoncera “une feuille de route pour restaurer la confiance”.





jeudi 19 février 2026

La revanche du monde sans smartphone : quand la déconnexion devient tendance




Ils ont supprimé leurs réseaux sociaux, ressorti un vieux Nokia 3310, acheté un lecteur CD et redécouvert… le silence !

Des États-Unis à la France, la “digital detox” n’est plus une lubie de hippies débranchés, mais une véritable mode culturelle.

Et dans un monde saturé de notifications, revenir à la lenteur devient le nouveau luxe.

La fin du scroll, le début du calme ?

Le mouvement a commencé doucement : quelques influenceurs ont quitté Instagram, des musiciens ont ressorti leurs Walkman, et des cafés “sans Wi-Fi” ont fleuri à New York, Tokyo ou Paris.

Désormais, ce courant est en train de devenir une contre-culture organisée :

– les téléphones à clapet se vendent à nouveau (le “dumbphone” market a bondi de + 25 % en 2025) ;

– des festivals interdisent les écrans (le Offline Fest en Espagne a fait salle comble) ;

– des entreprises offrent des week-ends sans réseau à leurs cadres épuisés.

Selon une étude YouGov de décembre 2025, 47 % des 18–35 ans disent rêver de “vivre une semaine sans Internet”. Autrement dit, le progrès fatigue.

Les marques l’ont bien compris : après des années à vanter la 5G et les applis “connectées à votre bien-être”, elles nous vendent… des objets déconnectés. Une boucle parfaite.
Découvrez notre analyse inédite sur ce retour en force de la nostalgie !

Le passé n’a jamais été aussi moderne.

Pourquoi les vinyles, les vieux téléphones et les séries des années 80 envahissent-ils à nouveau nos vies ?

Cette fiche exclusive décrypte comment la nostalgie façonne la culture, les médias… et notre cerveau.

• Les secrets du succès de Stranger Things et des séries “made in nostalgie”

• Pourquoi les objets rétro (vinyles, Polaroid, jouets) reviennent en force

• Comment la “digital detox” est devenue le nouveau luxe moderne

Analyse complète directement par mail :

mercredi 18 février 2026

La guerre est leur seul exutoire


Elle leur permettra de détourner votre attention sur leurs trahisons qui auraient dû faire l'objet de poursuites pénales si l'Etat de droit existait encore.

L'Etat profond malgré son repli sur l'Europe dispose d'un plein contrôle normatif, budgétaire puis médiatique permettant de déclencher une guerre mondiale : les troupes européennes sont suffisantes en nombre pour cela.

Et un incident fâcheux déclenchant l'escalade guerrière est si vite arrivé.

J'avais espéré depuis plusieurs semaines une détente générale dans ce conflit mais manifestement le bellicisme demeure leur seule option de survie à court terme pour prolonger leur contrôle.


Alexandre Juving-Brunet

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L'industrie de la défense française est en plein essor, au point que certaines usines ne vérifient même plus les CV, elles veulent juste des personnes disciplinées avec un casier judiciaire vierge.



À Montluçon, Safran embauche 200 personnes par an et fait fonctionner les machines 24 heures sur 24 :

Nous ne regardons même plus les CV — nous recherchons de la discipline et de la concentration.

Source : BPartisans


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Le dangereux Macron

D’autant plus dangereux que s’annonce la fin prochaine de son pouvoir... par voie électorale.

Au plus bas dans les sondages et dans l’impossibilité institutionnelle de se représenter, il n’est pas impossible, compte tenu de la personnalité erratique de cet autocrate clairement déséquilibré, que Macron soit tenté par une voie à la Zelensky : à savoir se maintenir au pouvoir par la guerre et la menace de guerre.

Profiter d’un climat de guerre entretenu, voire encouragé et aggravé, pour passer de président français à président de l’Europe, comme il semble en rêver d’après la déclassification de certains courriels d’Epstein, qui viennent corroborer l’attribution hautement symbolique de son prix Charlemagne !

Président d’une Europe passée de l’UE aux États-Unis d’Europe et nanti d’une armée européenne sous commandement unique, nécessité par la prétendue menace russe… Piste inquiétante mais qui expliquerait pourquoi Macron, s’il parle de paix à propos du conflit ukrainien, fait en réalité tout pour la repousser et l’empêcher malgré l’évidente volonté d’une Russie qui, elle, a atteint ses buts. Cet état de guerre aggravé, si dangereux pour tous, représentant pour Macron son plus sûr et plus immédiat salut politique…

Une fuite en avant dangereuse, contraire aux intérêts vitaux de la France comme de la véritable Europe, qui explique aussi pourquoi Macron ne cesse d’agir, comme il le fait d’ailleurs depuis le début de son premier mandat, pour museler la liberté de critique et d’expression, toujours sous le prétexte particulièrement pervers de lutter contre une désinformation qui porterait atteinte... à la démocratie !

Le projet de loi présenté à l’Assemblée nationale en décembre 2025 ne poursuivant clairement pas d’autre but : celui de museler toute opposition politique, alors que sa gestion de la France de plus en plus catastrophique le mène au record d’insatisfaction de toute la Ve République !

Plus inquiétant encore, lorsqu’on sait que, dans ce climat de crise et de récession généralisée, l’industrie française et européenne de l’armement est le secteur qui se porte le mieux. Seconde raison, toute aussi inquiétante, pour un Macron à la tête d’un pouvoir particulièrement méprisant du peuple et financièrement corrompu, de jouer la carte des tensions guerrières à outrance, tant en Ukraine qu’au Moyen-Orient ?

Alors même si le calendrier légal indique que ce plus mauvais président va bientôt prendre la porte, il reste quand même, lorsqu’on connaît le personnage, quelques petites raisons de s’inquiéter !

Alain Soral sur X




L’Occident en mode « Empire romain devenu fou »



par Régis de Castelnau


En février 2022, quelques jours après l’intervention militaire russe en Ukraine, j’avais publié un article intitulé : « Le spectacle de la fin du monde ancien ». Qui comportait ces mots dans la conclusion : « Tout cela constitue autant de symptômes permettant de penser que l’ère de la domination occidentale mondiale est en train de s’achever. » En ajoutant que l’intervention russe était un événement qui acté le déclin de la civilisation occidentale sous hégémonie américaine et que nous allions vers des temps difficiles. Relisant ma production au cours des mois suivants, si je n’ai pas à en rougir, j’avais sous-estimé deux choses. Nous avons d’abord assisté à l’accélération de l’Histoire qui a vu le monde se transformer sous nos yeux au travers de multiples bouleversements, qui dévoilent des rapports de force en évolution rapide. Ce qui a donné une nouvelle prospérité à la citation apocryphe de Lénine : « il y a des décennies où il ne se passe rien et des semaines qui sont des décennies ». Multiplication des crises, émergence d’un puissant « reste du monde » multipolaire, affirmation de la puissance de l’axe Chine/Russie, défaites successives et spectaculaires d’un Occident empêtré. Mais aujourd’hui, nous sommes confrontés à une crise géante ou l’Empire donne à voir, la dimension pathologique de son déclin. Qui commence à ressembler à une dislocation, à base de comportements erratiques. Absurdes comme en témoigne l’acharnement économique et politique suicidaire de l’Union Européenne, meurtriers comme le génocide israélien en Palestine soutenu, armé, voire organisé par cet Occident criminel, ou carrément loufoques avec les présidents successifs portés à la tête de l’hégémon américain. En 2020, une fraude électorale massive avait permis d’installer à la Maison-Blanche un vieillard complètement sénile, marionnette de la secte belliciste néocon. Remplacé en 2024 par un improbable et imprévisible bateleur, sur la santé mentale duquel commencent à surgir de lourdes interrogations aux États-Unis même.

L’Empire romain devenu fou

Dans une interview toute récente donnée à l’occasion du 200e anniversaires du Figaro, un Emmanuel Todd rigolard et jubilant confirme que la « Défaite de l’Occident » étant consommée, celui-ci est en train de perdre les pédales. Diagnostic aussi pertinent que ceux dont il a l’habitude, y compris certains qui lui ont permis de se livrer à quelques prédictions, par la suite réalisées.

De Commode à Caracalla, en passant évidemment par Néron et Caligula, l’Empire romain nous a fourni quelques jolis exemples d’empereurs cinglés, mais il faut être honnête, ils n’ont pas été les responsables de la « chute ». D’ailleurs, la réalité de cette chute qui n’a concerné que l’empire romain d’Occident, a été largement discutée parmi les historiens. Essentiellement par les historiens d’origine allemande, qui acceptaient mal que l’on puisse l’imputer aux invasions germaniques. La science historique a ce mérite de devoir être révisée en permanence, mais cependant la réalité de cette chute est difficilement contestable. Pour ma part je me réfère toujours à l’œuvre d’Edward Gibbon, « Le déclin et la chute de l’Empire romain » publié au 18e siècle et traduit pour la première fois en français à la demande de Louis XVI. Phénoménale érudition et plaisir de lecture garanti, pimenté en particulier, avec l’astuce pour décrire un empire dépravé. La rédaction en latin les passages relatifs à la vie privée des acteurs, et en grec lorsqu’il fallait aborder les parties sexuelles parfois débridées de leurs activités. On peut aussi se plonger dans le travail d’Aldo Sciavone historien et juriste marxisant italien et intitulé « l’Histoire brisée », qui impute la chute à l’impossibilité de la société romaine de dépasser le mode de production esclavagiste. Avant de renouer avec l’Histoire au moment de la Renaissance européenne.

Alors évidemment, il ne s’agit pas de comparer, d’une façon qui ne pourrait être qu’anachronique, des événements aussi éloignés que cet effondrement de « l’Empire greco-romain » et la dislocation d’une civilisation occidentale arrivée semble-t-il au bout de sa route. Mais plutôt d’essayer d’identifier les correspondances. Au-delà de la stupéfiante accélération de l’Histoire, force est de constater l’existence de ce trait commun, d’un système devenu chaotique, ployant sous des contradictions insurmontables, et plongeant ses dirigeants dans la folie. Au mois de novembre dernier, en forme de petit bilan de l’année 2025 nous avions publié un texte interloqué, devant le spectacle de la galopade vers le mur. Et depuis, il a fallu assister à la multiplication des initiatives, des foucades, et des tentatives d’un système aux abois qui va d’échecs en échecs. Toutes les « efforts » pour essayer de régler le conflit ukrainien, autrement qu’en passant par les conditions russes, n’ont abouti à rien. Les rodomontades de Donald Trump, les niaiseries de la grotesque « coalition des volontaires » dont chacun sait bien qu’il ne s’agit que de chihuahuas suicidaires, économiquement à terre, politiquement rejetés par leurs peuples, qui ne comprennent rien à ce qui se passe. Incapables de se départir d’une soumission parfois abjecte vis-à-vis de leur maître américain, ils sont paniqués par ses comportements, et refusent mordicus d’affronter un réel, dont la signification leur échappe complètement.

Caramba, encore raté !

Le grand patron quant à lui, donne l’image d’un pays divisé, polarisé et violent dont on peut craindre qu’il puisse basculer dans une violence intérieure difficile à maîtriser. Avec cette particularité étrange, celle de veiller soigneusement à démontrer l’affaiblissement de sa puissance. C’est le raid mafieux sur le Venezuela, qui non seulement n’a rien réglé, au contraire, mais a démontré l’incapacité des États-Unis à réaliser des interventions qui dans le passé, ne leur posaient aucun problème. Bis répétita avec la tentative de renversement du régime iranien, et le recul devant la perspective d’une nouvelle agression contre lui, comme celle du mois de juin 2025. Le pire, c’est que ces deux pulsions américaines guerrières ont eu pour conséquence d’étaler la faiblesse américaine à la face du monde. Parce qu’il apparaît que les États-Unis ont été « forcés » de se livrer à ces deux tentatives, d’abord pour se débarrasser de l’aventure vénézuélienne dans laquelle Trump s’était imprudemment lancé avec ses rodomontades, et qui commençait à ressembler à un boulet. Alors on a monté une opération bidon, comme d’habitude déclaré la victoire, avant de passer à autre chose. C’est-à-dire tenter de faire un petit cadeau à Netanyahu, pour le débarrasser du principal obstacle à son projet génocidaire de « grand Israël ». Le « régime des mollahs » comme le qualifie stupidement la propagande occidentale a fait la démonstration qu’il était solide et que le primat nationaliste iranien l’emportait. Caramba, encore raté !

Ensuite, histoire de déchirer le voile qui pour certains continuait à masquer ce qu’il est difficile de qualifier autrement que de la faiblesse, Donald Trump d’abord, Marco Rubio ensuite, et enfin Stephen Miller, un de ses principaux conseillers, ont tranquillement « craché le morceau ». Ce que l’on peut traduire de cette façon : « ne venez pas vous embêter avec le droit international, ça n’existe pas de droit international ! On s’assoit dessus et on fait ce qu’on veut parce qu’on est les plus forts. Et croyez bien, que l’on va continuer » ! Incroyable revendication d’un gangstérisme international pur et simple. Pour ceux qui croyaient, ou faisaient semblant de croire aux « merveilleuses valeurs occidentales » qui légitimaient les massacres accomplis par l’Empire aux quatre coins de la planète, il va falloir changer d’arguments pour les justifier. En tout cas à court terme, les larbins européens vont avoir un peu de mal à les reprendre, et ce d’autant que les États-Unis viennent de leur adresser un invraisemblable bras d’honneur avec l’affaire du Groenland. Tout le monde sait que si Donald Trump veut conduire son projet jusqu’au bout, ils finiront par se coucher. D’ailleurs, les Allemands ont déjà commencé, soucieux qu’ils sont d’obtenir en contrepartie un leadership sur une Europe politiquement croupion. Cette affaire du Groenland apporte quand même quelques petits plaisirs avec un peu de shadenfreude devant l’avanie faite au Danemark, laquais d’entre les laquais qui acceptent depuis longtemps d’effectuer toutes les sales besognes pour les agences américaines. Tellement bien fait pour eux et leur inepte première ministre, que cette humiliation.

Finalement, ce début d’année 2026 vient de faire une nouvelle démonstration non seulement du déclin de l’Empire, mais de son sévère affaiblissement. Avec cette particularité que désormais « tout est sur la table ». La crise financière qui vient, le dollar perdant progressivement son statut de monnaie de réserve, l’affaiblissement militaire commençant sérieusement ressembler à de l’impuissance, l’abandon en rase campagne de tout magistère moral pour justifier sa brutalité et sa violence, l’Occident ne fait plus peur au reste du monde. Sauf peut-être se méfie-t-on des réactions erratiques d’animal blessé dont il est probablement capable. À quoi s’ajoutent l’énorme défaite morale du génocide de Gaza dont il s’est rendu complice, la réussite de ceux qui, Russie et Chine lui contestent et combattent sa puissance. Et maintenant le spectacle de sa décrépitude mentale.

Pour le reste du monde, l’Empire est devenu un repoussoir. Dont on attend sans impatience l'effondrement.

https://regisdecastelnau.substack.com/p/loccident-en-mode-empire-romain-devenu

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Le tyran étasunien envahira-t-il l'Iran (Perse) à la tête son armée ? 

 Longtemps occultée par Rome : 
La fin de l'empereur Valérien 



"Capturé vivant par le roi perse Shapur Ier, humilié publiquement, utilisé comme marchepied humain, puis écorché vivant — le sort de Valérien dépasse la fiction..."




mardi 17 février 2026

Jagland : l'homme qui distribuait les Nobel…

 en léchant le cul d'Epstein.


Nouvelle ordure qui tombe. Enfin.

Thorbjørn Jagland, ex-Premier ministre norvégien, ex-patron du Conseil de l'Europe, ex-président du Comité Nobel, vient d'être inculpé pour corruption liée à Epstein.



Perquisitions à Oslo. Immunité levée. La machine judiciaire tourne.

Rappel des faits (tous APRÈS la condamnation d'Epstein en 2008) :

• Emails dégueulasses (2011-2019) : Epstein l'appelle "grand ami", "Mr. Human Rights". Jagland le remercie pour des "soirées charmantes". En 2013 : "J'ai été à Tirana, des filles extraordinaires" et "Je ne peux pas continuer seulement avec des jeunes femmes". Du badinage bien crade avec un pédocriminel notoire.

• Séjours au frais du pédophile : Jagland a planifié des voyages solo et familiaux dans les résidences d'Epstein – Paris, New York, Palm Beach, et même Little St. James, "l'île des orgies". Tout payé, évidemment.

• Prêts, cadeaux, influence : Discussions sur des prêts perso, aide pour un appartement. En échange, Jagland ouvrait des portes diplomatiques (Poutine via Lavrov pour des "insights" sur Trump). Epstein se vantait : "Le chef du Comité Nobel séjourne chez moi."

Et ce type-là décidait du Nobel de la Paix ?!

Président du comité (2009-2015), il a supervisé des attributions honteuses : Obama (à peine élu), Aung San Suu Kyi (avant le génocide rohingya).

Pendant que "l'homme des droits humains" se vautrait dans le luxe d'un trafiquant de sexe, l'institution qu'il représentait distribuait des médailles.

Hypocrisie totale. La Norvège voit son élite se faire démonter par les Epstein Files. Jagland nie, "coopère" – mais les preuves s'accumulent.

Combien d'autres "défenseurs des droits humains" ont des cadavres dans le placard ?

Cette chute est méritée.

Source : Tomy le Magnifique sur X


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Echange entre l'héritière du trône de Norvège et un pédocriminel obsédé par l’eugénisme :

Courriel à Epstein en 2012 de la future reine de Norvège, la princesse Mette-Marit : 

"Bientôt, on ne pourra plus créer de nouveaux êtres humains… On pourra simplement les concevoir en laboratoire." 


Le Devoir :

De la princesse héritière à un ex-premier ministre, l’affaire Epstein éclabousse de nombreuses personnalités de premier rang en Norvège, déclenchant une crise de confiance dans une société où celle-ci est une valeur cardinale.

« Il y a quelque chose de pourri au royaume de Norvège. » Paraphrasant Shakespeare, l’auteur norvégien Aslak Nore a résumé dans une tribune le sentiment de nombreux compatriotes face à l’onde de choc déclenchée par la récente publication d’une énorme quantité de documents concernant Jeffrey Epstein.

Ces millions de pages publiées par le département américain de la Justice mettent en lumière des liens beaucoup plus étroits que pressenti entre le criminel sexuel, mort en prison en 2019, et une partie de l’élite norvégienne.

Il en va de ces centaines de courriels, au ton souvent étonnamment intime, échangés entre 2011 et 2014 entre la princesse héritière Mette-Marit et le financier, pourtant condamné dès 2008 pour la sollicitation d’une mineure.

La police norvégienne a ouvert des enquêtes pour « corruption aggravée » contre l’ex-premier ministre Thorbjørn Jagland et contre une célèbre diplomate, Mona Juul, ainsi que contre l’époux de cette dernière, Terje Rød-Larsen, pour complicité.

En cause : leurs liens avec Epstein à une époque où M. Jagland était président du comité Nobel – qui décerne le fameux prix de la paix – et secrétaire général du Conseil de l’Europe, et que Mme Juul travaillait au ministère des Affaires étrangères avant de devenir ambassadrice au Royaume-Uni.

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BONUS

Affaire Epstein : les monarchies européennes au cœur d’un scandale qui peut tout faire basculer

Les familles royales européennes, de Londres à Stockholm, se trouvent compromises par leurs liens avec Jeffrey Epstein, révélant un système d’élites corrompues. Une photographie accablante piège le prince Andrew dans sa propriété, détruisant ses mensonges.
Sarah Ferguson échangeait des faveurs financières avec Epstein, illustrant la dépendance sordide de l’aristocratie britannique. Elle qualifiait Epstein de « frère qu’elle n’a jamais eu », tout en demandant de l’argent pour son loyer.

En Norvège, la princesse Mette-Marit s’excuse pour avoir fréquenté Epstein pendant cinq ans, mais cela suffit-il à préserver la monarchie? Son fils est incarcéré pour viol, aggravant le scandale familial.

Les aristocrates européens, intégrés à une jet-set transnationale, doivent restaurer leur légitimité en rompant avec ces réseaux. Les souverains comme Charles III affrontent la tâche de rétablir la dignité nationale face à ces révélations.

L’affaire Epstein continue de déverser son flot de révélations et, cette fois, ce sont les familles royales européennes qui se trouvent éclaboussées par un scandale qu’elles avaient cru pouvoir contenir. Des palais de Londres aux fjords norvégiens, en passant par Stockholm, les masques tombent un à un, révélant ce que de nombreux observateurs soupçonnaient depuis longtemps : une partie de l’élite occidentale a fréquenté, parfois avec complaisance, un prédateur dont les crimes constituaient un secret de polichinelle dans les cercles du pouvoir.

Le cas du prince Andrew est sans doute le plus accablant. Une nouvelle photographie le montrant dans la propriété même d’Epstein vient pulvériser les derniers lambeaux de sa défense. Il se retrouve pris en flagrant délit de mensonge, non plus sur la base de témoignages contestables, mais face à une image dont la valeur probatoire paraît difficilement contestable.

Plus troublants encore sont les courriels de Sarah Ferguson, son ex-épouse restée proche de lui. Elle y qualifie Epstein de « frère qu’elle n’a jamais eu » et évoque sa fille « passant un weekend coquin », tout en quémandant vingt mille livres pour son loyer. Cette familiarité décomplexée avec un homme dont la réputation sulfureuse n’était plus à faire interroge profondément le discernement, voire la moralité, des cercles aristocratiques britanniques.

« Elle a un besoin urgent de 20 000 £ pour le loyer aujourd’hui. »

Cette phrase, d’une trivialité sordide, résume à elle seule la nature des liens qui unissaient certains membres de la haute société à Jeffrey Epstein. Il ne s’agissait pas de simples relations mondaines, mais d’une dépendance financière assumée, d’un échange de faveurs où l’argent du prédateur permettait de maintenir un train de vie que des revenus légitimes ne suffisaient plus à assurer.

L’effondrement d’un modèle aristocratique

Ce qui frappe, dans cette succession de révélations, c’est moins la faute individuelle que ce qu’elle dévoile d’un système. Les monarchies européennes, ces institutions que leurs défenseurs présentent comme garantes de continuité et de dignité nationale, apparaissent ici dans toute leur fragilité morale. Le Guardian souligne la responsabilité posthume d’Élisabeth II, qui aurait protégé son « fils préféré » bien au-delà du raisonnable.

Les princesses Beatrice et Eugenie, selon People, se sentiraient désormais « dupées ». On peut l’entendre. Mais cette naïveté tardive interroge. Comment peut-on grandir au cœur de la Firme, côtoyer les arcanes du pouvoir britannique et ignorer si longtemps la nature des fréquentations paternelles ? La complaisance familiale a servi de voile pudique sur des réalités que beaucoup ne voulaient pas voir.

En Norvège, la princesse Mette-Marit a choisi la voie des excuses publiques auprès du roi Harald V. Elle reconnaît une « erreur de jugement majeure » concernant sa fréquentation d’Epstein entre 2008 et 2013. Ce mea culpa apparaît stratégique : en prenant les devants, la future reine tente de circonscrire l’incendie avant qu’il ne fragilise durablement la monarchie norvégienne.

Peut-on plaider l’ignorance lorsque l’on fréquente assidûment, pendant cinq ans, un homme condamné en 2008 pour sollicitation de prostituée mineure ? La clémence traditionnellement accordée par le peuple norvégien à sa famille royale sera-t-elle suffisante pour absorber ce choc ? Rien n’est moins sûr. D’autant que le fils de Mette-Marit, Marius Borg Høiby, est actuellement incarcéré pour des accusations de viol, ajoutant une dimension supplémentaire à une situation déjà fragilisée.

Une aristocratie mondialisée, coupée des peuples

Le cas suédois, avec la princesse Sofia, illustre une autre facette du problème. Ancienne mannequin et vedette de téléréalité, elle aurait croisé Epstein dans les cercles mondains de Manhattan avant son entrée dans la famille royale. Le palais de Stockholm a dû publier deux communiqués successifs afin de contenir l’incendie médiatique, signe d’une nervosité révélatrice de la fragilité de ces institutions face au tribunal de l’opinion.

Ce qui relie ces trois affaires, britannique, norvégienne et suédoise, c’est la révélation d’une aristocratie européenne profondément intégrée aux réseaux de la jet-set internationale. Ces familles royales, censées incarner l’identité et la continuité de leurs nations respectives, apparaissent en réalité comme les membres d’une classe transnationale déracinée, davantage à l’aise dans les soirées new-yorkaises que dans les traditions de leurs peuples.

Jeffrey Epstein n’était pas un accident de parcours. Il était le symptôme d’un monde où l’argent sans origine claire, le pouvoir sans contrôle démocratique et les plaisirs sans limites morales se conjuguaient au sein d’une élite se croyant au-dessus des lois. Les aristocrates européens qui l’ont fréquenté n’étaient pas des victimes naïves : ils étaient les participants consentants d’un système dont ils tiraient des bénéfices financiers, sociaux ou autres.

La leçon dépasse d’ailleurs le cadre des familles royales. Elle concerne l’ensemble des élites occidentales, politiques, économiques et culturelles, qui ont cru pouvoir s’affranchir des règles communes au nom d’une supposée supériorité. L’affaire Epstein, en exposant leurs dérives, rappelle une réalité constante : nul n’est durablement au-dessus de la loi morale, et les peuples finissent par demander des comptes à ceux qui les ont trahis.

Charles III, Haakon de Norvège et Carl XVI Gustaf de Suède ont désormais la lourde tâche de restaurer la dignité de leurs couronnes. Ils n’y parviendront qu’en rompant clairement avec cette internationale des puissants qui a transformé leurs familles en rouages d’un système corrompu. L’avenir des monarchies européennes dépendra de leur capacité à renouer avec ce qui fonde leur légitimité : l’incarnation désintéressée de l’intérêt national.

Les scandales qui ébranlent les monarchies européennes révèlent une crise bien plus profonde : l'effondrement de la légitimité des élites occidentales. Découvrez dans notre revue mensuelle comment cette internationale des puissants façonne les crises géopolitiques de notre époque et redessine les rapports de force mondiaux.

Au-delà des familles royales, c'est l'ensemble du système de pouvoir occidental qui vacille.





"La pire journée de ma vie a été un 17 février"



par Hervé Ryssen



Presque tous les cheveux blancs que j'ai aujourd'hui, je les ai eus en prison.

La pire journée de ma vie a été un 17 février. C'était le 17 février 2021, alors qu'une fois de plus j'étais extrait de ma cellule de prison de Fleury-Mérogis pour être emmené à la cour d'appel, sur l'île de la Cité. Cette fois-ci, c'était pour une demande de mise en liberté, et j'étais plutôt optimiste. J'ai raconté tout cela dans "Le Coup de la loi".
Il n’y avait dans la salle d’au­dience que moi et mon avocat, maître Bonneau, deux avocats des parties civiles et un gendarme.

Mais juste avant l’entrée de "la cour", dans la salle d’au­dience, maître Bonneau m’apprit qu’il y avait "un souci" : un appel qui n’avait finalement pas été accepté. Il s’agissait de la vidéo intitulée "Les juifs, l’inceste et l’hystérie", qui m’avait valu en première instance un an de prison ferme en juin 2018 (Thomas Rondeau, président). Maître Bonneau me montra l’écran de son téléphone portable, et là, je reçus une bûche sur la tête.
Il était alors inutile de plaider la demande de mise en liberté si l’appel pour cette affaire (une parmi beaucoup d’autres) était rejeté. Le président du tribunal demanda alors à maître Bonneau si nous désirions plaider cet appel le jour même, ou si nous préférions préparer notre défense et reporter l’audience à la semaine suivante. Je savais que je n’aurais pas dormi de toute la semaine, et demandai à maître Bonneau de plaider sur le champ.

Il n’y avait face à nous que deux avocats des parties civiles : celui de l’association Avo­cats sans frontières (présidée par Gilles-William Goldna­del) et un autre, un grand chauve, Franck Serfati, qui représentait le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme. C’est ce Franck Serfati qui a été le plus virulent, le plus méchant, le plus teigneux, le plus cruel. Il tenait manifestement énormément à ce que je prisse un an de prison ferme en plus. Ça lui tenait à cœur. Je venais juste d’expliquer au tribunal que mes conditions de détention étaient particulièrement difficiles : du fait du confinement, toutes les activités étaient supprimées. Il n’y avait ni groupe de lecture à la bibliothèque, ni cours d’anglais, de philo ou d’histoire, ni salle de musculation, pas de messe le dimanche, pas de formation professionnelle ; et pour moi, pas de stade et plus de promenade du tout… rien : J’étais "h24" dans la cellule, obligé de subir les rires et les beuglements des voyous de cité à la fenêtre.

Ces considérations n’ont pas empêché ce Franck Serfati d’insister longtemps et lourdement : l’appel n’avait pas été interjeté dans les formes requises par la loi… il fallait respecter le droit… Monsieur Lalin était un antisémite forcené, un propagateur de haine…

"J’étais cuit. Il n’y avait pas une chance sur dix pour que je m’en sorte. Ce serait donc un an de prison de plus dans cet enfer, alors même qu’en arrivant dans cette salle, je me réjouissais à l’avance d’une sortie prochaine en avril.
Au lieu de cela, je voyais avec angoisse se profiler des semaines et des semaines de détresse. J’étais assommé par la verve haineuse de cet avocat. Je peux le dire, ce jour-là, j’ai vu la cruauté incarnée dans un homme. Je ne la voyais pas décrite dans un livre, cette fois-ci. Elle était sous mes yeux. Il y avait là, face à moi, ce que le genre humain peut avoir de plus laid. En fait, je ne pensais même pas qu’un être humain pût être aussi puant, aussi dénué de compassion. Je ne connais personne autour de moi qui se serait comporté de cette manière avec un homme à terre. Personne. C’était comme si nous étions membre de deux communautés, de deux humanités différentes. Ou plutôt : si moi j’étais un être humain, lui ne l’était assurément pas. Nous n’étions pas de la même espèce. Ce bipède à apparence humaine était d’une monstruosité morale que je ne pouvais soupçonner jusqu’à présent."
[…]

Mes lecteurs et tous ceux qui me suivent depuis longtemps savent que le sort des Français me préoccupe beaucoup plus que le sort des Palestiniens. Mais ce soir-là, dans ma cellule, je pensais aux familles de Palestiniens, livrées pieds et poings liés à des salauds de cet acabit qui pouvaient être engagés dans l’armée israélienne. Je le répète encore une fois : je ne pensais pas que la cruauté pouvait habiter un être humain à ce point. Et il l’étalait devant le tribunal, tout naturellement, comme s’il était sûr de son effet et de son bon droit. Pour la première fois de ma vie, à 53 ans, j’ai vu un homme parfaitement insensible à la souffrance d’autrui, qui prend au contraire plaisir à faire souffrir un adversaire et qui le fait savoir haut et fort, publiquement."
[...]

Le tribunal s’est retiré pour délibérer. J’ai mis mes mains sur mes yeux, la tête sur la tablette de bois, et suis resté ainsi sans regarder personne pendant une bonne heure, complètement saisi par l’angoisse. Je sentais mes cheveux en train de blanchir tant mon désarroi me remplissait entièrement. J’étais transi de peur, il faut le dire. J’aurais pu vomir ou tomber la tête la première sur le sol tant j’étais perdu, accablé, assommé par ce qui m’arrivait. Alors j’ai prié, prié et prié encore." Le Coup de la loi, page 151-155

Quand une heure plus tard, les juges sont entrés dans la salle et que j’entendis que la demande d’appel était "recevable", je me suis effondré, le corps secoué de spasmes. Pour ceux que ça intéresse, regardez la vidéo de Kyle Rittenhouse qui risquait la prison à vie (Kyle Rittenhouse reacts to 'not guilty' verdict) ou encore celle de Daniel Villegas qui apprend enfin qu'il n'est pas reconnu coupable.

Ce n'est que plus tard, en rédigeant le livre, que je me suis fait cette réflexion : "Mais j’y pense seulement maintenant : c’est peut-être précisément parce que cet avocat s’est comporté d’une manière aussi abjecte que le tribunal a finalement estimé que l’appel était recevable."

J'ajoute qu'un avocat de mes connaissances qui avait travaillé dans le cabinet de Franck Serfati m'avait assuré que ce Serfati s'était fait une spécialité de défendre des immigrés clandestins (ce qui doit être aisément vérifiable) et qu'il insistait pour se faire payer à l'avance, et en liquide.





Avatar, l’histoire d’un monde plus sage que le nôtre !


"Avatar n’est pas un film, c’est une initiation !

Je suis convaincu que ceux qui auront pris la peine de regarder (cette vidéo) jusqu’au bout n’auront pas perdu leur temps."