L'Iran est un Etat multimillénaire, plus ancien que la France. Et comme tout Etat structuré et solide, il a amalgamé des ethnies et des religions variées.
C’est ce qui met en rage les think tanks américains qui rêvent de faire éclater le pays.
Un exemple de carte dessinée par les néo-conservateurs américains
La religion aujourd'hui dominante, le chiisme iranien, est elle-même le fruit d'une complexe assimilation de l'islam par la culture perse.
L’Etat contre les cartels mafieux
Ce qui me semble essentiel à comprendre, c'est que la guerre actuelle voit s'affronter un Etat, l'Iran, d'un côté, une forme avancée d'organisation politique qui permet la coexistence des religions et des ethnies et la régule; et, de l'autre côté l'attelage d'un cartel d'intérêts financiers privés de plus en plus mafieux, qui aujourd'hui ne vit plus que de l'extorsion des ressources des autres pays, je veux dire les Etats-Unis, alliés à une bande de colons parmi les plus violents de l'histoire, à l'identité ethnoculturelle toujours plus exacerbée et intolérante.
Je note que le cartel des pirates et la bande des colonisateurs sont tous les deux dotés de l'arme nucléaire, ce qui les rend encore plus dangereux.
On est très loin des aimables considérations sur régimes démocratiques contre autocratie. Et ce serait bien si les experts cessaient de faire du bruit sur la ligne en invoquant christianisme, judaïsme ou islam pour justifier la tentative de destruction systématique, depuis quarante ans, par les Etats-Unis et Israël, d'un Etat vieux de presque 3000 ans.
Non, ce qui se joue, c'est la forme d'organisation humaine qui l'emportera. Soit l'Etat - un modèle commun à la Chine, l'Iran, l’Inde mais aussi, heureusement pour nous, tous les héritiers de Rome, la France et la Russie au premier chef ; c'est-à-dire la capacité à faire coexister pacifiquement cultures, religions, nationalités dans des frontières stables avec un code juridique à tendance universelle. Soit des formes archaïques d'organisation humaine du type oligarchie mafieuse ou tribu guerrière vivant de razzias.
L'un des acteurs les plus pervers mais les plus lucides de l'affrontement en cours, Benjamin Netanyahou, l'a dit à maintes reprises : son ennemi c'est "Rome". C'est bien le seul point où l'on peut être d'accord avec lui.
Edouard Husson
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Nous sommes tous d'accord pour dire que cette guerre est asymétrique.
D'un côté, vous avez :
- Le Dr Ali Larijani (secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale d'Iran) auteur de trois essais sur Emmanuel Kant :
• La méthode mathématique dans la philosophie de Kant.
• La métaphysique et les sciences exactes dans la philosophie de Kant.
• L’intuition et les jugements synthétiques a priori dans la philosophie de Kant.
- Le Dr Abbas Araghchi (Ministre des Affaires étrangères), docteur en philosophie de l'Université du Kent. Sa thèse de doctorat : « L’évolution du concept de participation politique dans la pensée politique islamique du XXe siècle. »
Et de l'autre côté : Donald Trump amateur d'actrices porno et ami du pédocriminel Epstein. Un homme dont le vocabulaire dépasse à peine les 200 mots. Citation la plus célèbre gravée dans le marbre : "Attrapez-les par la chatte !" (Grab Them by the Pussy).