Mahammad Mehdizade, imam d’origine azerbaïdjanaise, est présenté depuis quelque temps dans certains médias français comme une voix musulmane dite “modérée”. Il ne s'est pas imposé, on cherche à nous l'imposer. Non par une reconnaissance venue des mosquées ou des fidèles, mais par une exposition médiatique fabriquée, taillée pour les plateaux télé et les récits dominants sur l’islam.
Il se présente comme multilingue et intellectuel. Dans les faits, c’est surtout un brouillard verbal. À l’oral, il bafouille, hésite, s’emmêle, avec un accent artificiel qui sonne comme un jeu de rôle mal répété. Là où des imams de terrain, inconnus des caméras, parlent avec simplicité, dignité et clarté, Mehdizade aligne des formules creuses, pensées pour l’image, pas pour la transmission. Beaucoup d’effets, très peu de fond. Ses titres font illusion et relèvent de l’arnaque médiatique :
- “Directeur européen du Global Imams Council”, un conseil basé à Najaf, en Irak, sans base populaire identifiable en Europe.
- “Vice-président de la Conférence des imams de France”, une structure marginale, sans mosquées, sans fidèles, sans autorité religieuse reconnue.
Des intitulés ronflants pour donner du poids à un personnage vide, utiles à l’écran, inexistants sur le terrain.
Et puis il y a cette tenue. Folklorique, théâtrale, hors-sol. Aucun musulman ordinaire, sunnite ou chiite, ne s’habille ainsi.
Ni tradition religieuse, ni habit civil assumé, mais un montage visuel, un costume sorti d’un dessin animé orientaliste, pensé pour le regard occidental. Un imam de vitrine, caricatural, qui ridiculise plus qu’il ne représente. Rappel factuel essentiel. Mehdizade est chiite, alors que 85 à 90 % des musulmans dans le monde sont sunnites, y compris en France. Malgré cela, il s’exprime comme s’il parlait au nom de “tous les musulmans”, sans jamais rappeler cette réalité confessionnelle fondamentale. Cette confusion n’est pas innocente, elle est structurante.
Son activité sur X complète le tableau. Il y affiche un soutien clair aux Émirats arabes unis, État engagé dans la normalisation avec Israël et largement perçu comme collaborateur actif de l’entité israélienne sur les plans politique et diplomatique. Son discours médiatique s’inscrit pleinement dans cette ligne.
Mehdizade ne parle ni depuis les mosquées, ni depuis les fidèles. Il parle depuis un alignement politique, maquillé en discours religieux.
À force d’impostures aussi grossières, ils vont presque réussir l'exploit de nous faire regretter Chalgoumi.