dimanche 2 août 2026

De Platon à CNN : comment l’esprit humain est enchaîné par les infos



Se ré-informer, c’est aussi reconnaître que nous courons quand même comme des fous après l’information, ou plutôt après la désinformation et sa nouvelle frelatée.

Or Sénèque écrit déjà :

"De la curiosité provient un vice affreux : celui d’écouter tout ce qui se raconte, de s’enquérir indiscrètement des petites nouvelles (auscultatio et publicorum secretorumque inquisitio), tant intimes que publiques, et d’être toujours plein d’histoires."

Dans sa Satire VI, Juvénal se moque des commères :

"Celle-ci saura dire de qui telle veuve est enceinte et de quel mois, les mots et les positions de telle autre quand elle fait l’amour… Elle guette aux portes de la ville les nouvelles, les rumeurs toutes fraîches ; au besoin elle en fabrique: le Niphates vient de submerger les populations, un déluge couvre les campagnes, les villes chancellent, le sol s’affaisse. Voilà ce qu’aux carrefours, pour le premier venu, elle débite !"

On lit dans les Caractères de Théophraste, écrits quatre siècles auparavant, que le bavardage démocratique a déjà épuisé la vérité avec les sophismes :

"Il s’échauffe ensuite dans la conversation, déclame contre le temps présent, et soutient que les hommes qui vivent présentement ne valent point leurs pères. De là il se jette sur ce qui se débite au marché, sur la cherté du blé, sur le grand nombre d’étrangers qui sont dans la ville ; il dit que le siècle est dur, et qu’on a bien de la peine à vivre."

Inflation, immigration, idéalisation du passé, tout y est !

Puis, « deux mille ans après », un journaliste dénonce l’esclavage vis-à-vis de la presse moderne :

"Lassalle lui-même a constaté combien était mince le fond intellectuel de la bourgeoisie dont les opinions sont fabriquées par les gazettes. « Celui qui lit aujourd’hui son journal, écrivait-il, n’a plus besoin de penser, d’apprendre, d’étudier. Il est prêt sur tous les sujets et se considère comme les dominant tous. » Il y a soixante ans que Fichte, dans une espèce de vision prophétique qui n’omettait aucun détail, a peint ces lecteurs « qui ne lisent plus de livres, mais seulement ce que les journaux disent des livres, et à qui cette lecture narcotique finit par faire perdre toute volonté, toute intelligence, toute pensée et jusqu’à la faculté de comprendre."

Mais cinquante ans avant, Henry David Thoreau écrit en Amérique :

"Pour le philosophe, toute nouvelle, comme on l’appelle, est commérage, et ceux qui l’éditent aussi bien que ceux qui la lisent ne sont autres que commères attablées à leur thé. Toutefois sont-ils en nombre, qui se montrent avides de ces commérages."

Thoreau se moque ensuite avec le ton offensif qui le caractérise de son intoxiqué :

"En s’éveillant il dresse la tête et demande : « Quelles nouvelles ? » comme si le reste de l’humanité s’était tenu en faction près de lui. Il en est qui donnent l’ordre de les réveiller toutes les demi-heures, certes sans autre but. Après une nuit de sommeil les nouvelles sont aussi indispensables que le premier déjeuner."

Et c’était avant CNN. Parlons-en justement.

Les chaînes info polluent et envahissent notre vie, elles la siphonnent même. Où que j’aille, dans un bar, dans une gare, chez quelqu’un (une personne âgée et seule se retrouve vite aujourd’hui zombi ébaubi par l’info, voyez l’âge médian de l’électeur Merkel – plus de soixante ans), à l’hôtel, je me retrouve assiégé et terrassé par le flot d’une information bouclée, continue, obtuse et mensongère, et présentée en général par des poupées Barbie et des androïdes aux ordres. L’homo techno-sapiens en marche !

Ce « flot de purin de la mélodie mondiale » (Francis Ponge) homogénéise le monde, et ce surtout depuis que toutes les chaînes info alignées sur Francfort, sur Bruxelles et sur Washington, servent les mêmes agendas : vive les marchés, vive leurs indices, vive ce pape, vive les réfugiés, vive la guerre contre la Russie, vive la croisade antichinoise, vive le dalaï-lama, vive Clooney, vive les people à Cannes, vive les messages humanitaires de ces people, vive les résultats sportifs, vive la politique et vive le nouveau gouvernement de traîtres socialos en Grèce ou en Espagne !

Au début on nous fit le coup avec Eurosport, mais cela ne rapportait pas assez au système, à ses banksters, à ses armées, à sa stratégie de stress-test et de terreur, à sa construction européenne, au délire martial américain. Donc on a imposé partout des chaines info qui nous enchaînent et on s’est retrouvé abrutis comme dans la caverne de Platon par le même spectacle de marionnettes. Il m’est arrivé de lire en même temps aussi le même télétexte en France et en Espagne. Et toutes ces chaînes info nationale diffuseront le poison BCE-CIA-PS aux quatre coins du globe !

Il s’agit de « répéter, dit le maître ». Gustave le Bon explique dans sa légendaire psychologie des foules qui enchanta le Dr Freud :

"La chose affirmée arrive, par la répétition, à s’établir dans les esprits au point qu’ils finissent par l’accepter comme une vérité démontrée."

On arrive ainsi à nous imposer les vérités suivantes : les russes ont détruit tel avion malais et vont envahir l’Europe ; des peuples se sont révoltés pendant le printemps arabe et ont établi partout la démocratie ; les banques centrales nous sont sauvé de la faillite ; la bourse c’est la vie ; Hillary est bonne pour la santé et The Donald un tyran en herbe ; un hyper-président est le sauveur de la France !

La mondialisation veut un automate, un bestiau mondialisé pour ses aéroports et sa publicité. Et Le Bon ajoutait encore :

"Le tic d’un cheval dans une écurie est bientôt imité par les autres chevaux de la même écurie. Une panique, un mouvement désordonné de quelques moutons s’étend bientôt à tout le troupeau. Chez l’homme en foule toutes les émotions sont très rapidement contagieuses, et c’est ce qui explique la soudaineté des paniques."

On complètera notre propos par ces brèves et judicieuses observations anti-news du Dr Andrew Weil :

"Une pause médiatique consiste simplement à s’abstenir de regarder les informations à la télévision, d’écouter la radio, de lire les journaux ou de suivre l’actualité sur Internet pendant quelques jours, voire une semaine. Je suis convaincu que ces pauses régulières favorisent le calme mental et contribuent à se ressourcer. Ainsi, l’anxiété et la sur-stimulation engendrées par les médias peuvent être atténuées, et votre organisme fonctionnera mieux.

Plusieurs études ont démontré que les images et les reportages sur la violence, la mort et les catastrophes peuvent provoquer des changements d’humeur indésirables et aggraver l’anxiété, la tristesse et la dépression, ce qui peut avoir des effets néfastes sur la santé physique. Même des inquiétudes fréquentes peuvent affaiblir le système immunitaire et vous rendre plus vulnérable aux infections.

En suggérant des pauses médiatiques périodiques, je ne préconise pas de se désinformer de l’actualité mondiale. Mais, outre mes conseils pour bien nourrir son corps, je pense qu’il est important de prendre conscience de ce que l’on laisse entrer dans son esprit. Beaucoup de gens n’ont pas le contrôle sur leur consommation d’informations et, par conséquent, ingèrent beaucoup de « malbouffe mentale ». En vous proposant de pratiquer une pause informationnelle de temps en temps, je souhaite vous faire prendre conscience de votre capacité à choisir la quantité d’informations que vous souhaitez recevoir.

Je n’ai rien contre le fait de regarder les informations dont vous avez réellement besoin, mais je m’inquiète pour ceux qui les consultent de manière compulsive ou inconsciente, et qui sont accros à l’information et à la stimulation émotionnelle qu’elle provoque intentionnellement. Pendant une pause informationnelle, vous devriez constater un changement dans votre état d’esprit et votre corps. Vous serez probablement moins anxieux, moins stressé, moins en colère et moins craintif.

Je constate que les informations télévisées sont particulièrement anxiogènes. Le psychologue Dan Shapiro, docteur en philosophie et directeur du département des sciences humaines de la faculté de médecine de l’université Penn State, suggère de chercher l’information ailleurs si les images télévisées vous perturbent et de privilégier une analyse plus approfondie et plus nuancée de l’actualité dans des médias moins sensationnalistes."

Nicolas Bonnal

samedi 1 août 2026

La religion sans nom



L’héritage de l’ancienne Babylone, la religion à Mystères suméro-akkadienne avec ses sacrifices de sang et la mise en esclavage d’êtres humains s’est transmis à travers les générations. Jay Parker, un survivant d’abus rituels sataniques a révélé que ses grands-parents, descendants de lignées lucifériennes, lui avaient un jour confié à propos de la Statue de la Liberté qu’il s’agissait en fait de Semiramis, la reine de Babylone, l’épouse de Nimrod. C’est Nimrod qui fut le constructeur de la Tour de Babel, il a été le premier homme à avoir voulu établir un Gouvernement Mondial avec une Religion Universelle en opposition à Dieu. Nimrod semble visiblement être un modèle à suivre pour les élites de la Franc-maçonnerie internationale. Dans ‘History of Freemasonry’, publié par la ‘Masonic History Company’, il est écrit que Nimrod a été honoré comme ‘Grand Maçon’ et que sa tentative pour construire un ‘Nouvel Ordre Mondial’ lui a valu la distinction de ‘Premier Grand Maître’. Le franc maçon Albert Mackey a écrit que ‘La légende attribue à Nimrod la création des Maçons sous la forme d’un corps organisé et il a été le premier à leur avoir donné une constitution ou des lois pour un gouvernement. La Maçonnerie, selon ce que rapporte la légende, a été fondée à Babylone, d’où elle s’est transmise dans le monde entier.’

La tradition des abus rituels pour créer des esclaves viendrait d’une antique doctrine, l’ancienne tradition de l’époque Babylonienne avec son culte aux démons, cette dévotion aux anges déchus, que nous appellerons ‘la religion sans nom’. Dans ces anciennes religions, les dieux maléfiques étaient craints et devaient sans cesse être apaisés. Le polythéisme des Mésopotamiens, des Sumériens, des Assyriens, des Perses et des Babyloniens était complètement lié aux entités démoniaques. Le démonisme est la dynamique qui se cache derrière la magie et les pouvoirs spirituels de ces religions primitives et antiques. Les nombreux dieux cananéens, égyptiens, grecques et romains sont du même acabit que les dieux babyloniens. Toutes les pratiques de magie, les quêtes d’immortalité, les sacrifices d’animaux et d’humains, etc, dérivent de ces anciens cultes aux démons. Dans ‘Mackey’s Revised Encyclopedia of Freemasonry’, Albert Mackey nous informe que : ‘Selon Warburton, chaque dieu païen reçoit en dehors de ce qui apparaît publiquement et ouvertement, un culte secret dans lequel personne n’est admis excepté ceux qui ont été sélectionnés par des cérémonies préparatoires qui constituent l’initiation. Ce culte secret a été appelé les Mystères.’

Aujourd’hui, ces cultes n’ont plus leur autel sur la place publique, et pour les profanes ils n’existent plus que dans les livres d’histoire, et encore… Mais ont-ils totalement disparus ? L’adoration des démons, les rituels sacrificiels de sang et les pratiques traumatiques initiatiques créant de profonds états dissociatifs sont-ils de l’histoire ancienne ?

Il existe encore de nos jours un culte perpétuant cette tradition, telle une ‘religion sans nom’ transmettant les Mystères de génération en génération. Pourquoi une ‘religion sans nom’ ? Parce qu’elle n’existe pas de manière officielle. Ce culte, ou plutôt cette doctrine, n’est pas censée exister pour le commun des mortels de notre époque. On pourrait tout aussi bien l’appeler la ‘religion aux mille visages’, ses multiples formes n’étant rien d’autre que des manifestations d’une souche de fond qui s’adapte aux époques et aux civilisations humaines. Une souche qui s’extériorise de telle ou telle manière selon les circonstances qui s’offre à elle et qui s’adapte aux aléas matériels, mais qui reste une dans ce qu’elle vise au niveau spirituel.

C’est une doctrine clandestine, une Gnose Transhistorique qui n’a donc pas d’appellation précise mais qui façonne pourtant notre société moderne par l’infiltration depuis des siècles. Elle marque son empreinte par une symbolique que les initiés aiment à afficher dans le monde profane, mais aussi par une influence entraînant une décadence des mœurs de plus en plus marquée. C’est une sous-culture qui émerge petit à petit et qui tente d’imprégner les profanes pour devenir une culture hégémonique mondiale. Cette ‘religion sans nom’ est divisée en une multitude de sectes et groupes n’ayant pas au premier abord les mêmes centres d’intérêts, mais qui ont toutes et tous en commun de travailler plus ou moins ardemment à la mise en place d’un gouvernement mondial, un Nouvel Ordre Mondial, berceau de l’Antéchrist. [...]

Ce fléau semble trouver ses racines dans les anciennes pratiques Babyloniennes et les cultes à Mystères. Une doctrine ravivée par le Frankisme et le Sabbataïsme, une dégénérescence satanique du judaïsme et de la Kabbale, fondée par les faux messies Sabbataï Tsevi (XVIIème siècle) et Jacob Frank (XVIIIème siècle). Le Sabbatao-Frankisme peut être considéré comme un proche ancêtre des Illuminés de Bavière (secte des illuminati), du sionisme, du communisme, ainsi que du fascisme. Il n’y a pas à proprement parler de culte Frankiste ou Sabbataïste puisqu’il s’agit d’une doctrine et d’une philosophie se propageant par l’infiltration des religions mais également de la franc-maçonnerie et autres sociétés secrètes travaillant dans les coulisses des gouvernements et œuvrant derrière des façades démocratiques.

Dans son livre ‘Jacob Frank, le faux messie’, Charles Novak écrit : ‘Ainsi, si le judaïsme prêche la virginité, la fidélité, et l’amour, Sabbataï et ses successeurs comme Jacob Frank prêchent, pour les jeunes filles, le sexe dès le plus jeune âge, les orgies sexuelles pour les jeunes garçons et l’échange de femmes pendant Shabbat. Au point que certains enfants frankistes ne connaissent pas leur vrai père biologique. Jacob et ses adeptes seront surpris en plein Shabbat orgiaque, en janvier 1756, dans la ville de Landskron et seront, à la demande des rabbins, expulsés de la ville pour orgie. Une femme se tenait au milieu, nue, pendant que les adeptes masculins chantaient la prière juive schabbatique : Lekhu doidi likrass kalo (Prière que l’on chante chaque vendredi soir, pour fêter la venue du Shabbat. Instituée par le rabbin Alkabets au XVIe siècle).

Puis, ils se précipitaient sur elle, transformant le rituel en orgie collective. Les rites sexuels frankistes, par la suite, consistaient en chansons, danses extatiques, mêlant hommes et femmes. Frank s’agenouillait et fixait deux chandelles allumées à un banc de bois, enfonçait entre celles-ci un clou et brandissait la croix dans toutes les directions, s’exclamant : Forsa damus para vert, seibuml grandi asserverti (judéo-espagnol), Donne-nous la force de te voir, le grand bonheur de te servir. Les lumières étaient ensuite éteintes, les hommes et les femmes se dévêtaient et l’orgie collective commençait, la nudité devant rappeler Adam et Eve avant la chute. Frank, quant à lui, ne participait pas. Il restait au milieu, dans une contemplation mystique (…) Les frankistes étaient connus pour leurs orgies sexuelles collectives parfois violentes. Par ces comportements nihilistes, où le 9 av devenait une fête de joie, on s’échangeait les femmes, là où l’on voulait détruire tout dogme : ‘Pour que le vrai Bon Dieu apparaisse’, selon ses propres termes.’ [...]

Cette ‘religion’ possède un outil de domination quasiment indétectable, il s’agit du contrôle mental basé sur les traumatismes. L’élite dirigeante mondiale applique militairement cette science de l’esprit liée au traumatisme et à la dissociation. Ce phénomène de fractionnement de la personnalité a été découvert par les cultures antiques et pré-industrielles, mais de nos jours c’est une connaissance occulte qui sert à une élite luciférienne pour contrôler non seulement ses propres membres, sa propre descendance, mais par-dessus tout pour dominer l’humanité toute entière et établir un règne absolu. Dans un témoignage diffusé sur internet en avril 1999, Kim Campbell (Philippe-Eugène de Rothschild), un des nombreux enfants adultérins de Édouard Philippe de Rothschild, a déclaré : ‘Lorsque je regarde CNN, je n’en reviens pas de voir autant de visages familiers occuper le devant de la scène dans les domaines de la politique, des arts, de la finance, de la mode et des affaires. J’ai grandi avec ces gens-là. Je les ai croisés lors de rituels, ainsi que dans les officines du pouvoir. Financiers, artistes, têtes couronnées, et même des chefs d’états, tous sont des gens à la personnalité dissociée, qui travaillent aujourd’hui pour introduire l’humanité dans un Nouvel Ordre Mondial, où l’être humain occupe la place la plus élevée et où Dieu n’est plus qu’une abstraction secondaire. Toutes ces personnes, comme moi, avaient subi des sévices rituels sataniques qui avaient dissocié leur personnalité.’

Alexandre Lebreton, "MK Abus rituels et contrôle mental".



vendredi 31 juillet 2026

La France est-elle devenue le laboratoire d’une ingénierie sociale dirigée par des sociétés secrètes ?




Le secret occulte de la pyramide du Louvre

Inaugurée en 1989 par François Mitterrand, la pyramide du Louvre est officiellement présentée comme une prouesse architecturale moderne. Pourtant, ce monument de verre et d’acier ne s’est pas installé par hasard au cœur de l’ancien palais des rois de France. Elle s’inscrit dans un alignement urbain millimétré, reliant le Panthéon à la Grande Arche de la Défense, traversant l’Obélisque de la Concorde et l’Arc de Triomphe.

Derrière l’esthétique se cache un dispositif rituel complexe. Selon l’analyse de Christian Cotten, chaque visiteur qui descend sous la pyramide pour accéder au musée participe, sans le savoir, à un rite de mort et de renaissance. Ce parcours symbolique, typique des loges maçonniques, marque une prise de territoire idéologique. Il semblerait que le pouvoir politique ait délibérément substitué une mystique occulte aux racines chrétiennes de la France, symbolisées par une Notre-Dame aujourd’hui défigurée.

L’influence de cette « religion invisible » ne s’arrête pas à l’architecture. La présence d’Emmanuel Macron devant cet édifice, mimant une pyramide inversée avec ses mains lors de son élection, souligne une allégeance qui dépasse le cadre républicain. De la promotion de lois sociétales comme l’euthanasie par le Grand Orient de France aux défilés militaires étrangers sur les Champs-Élysées, tout indique une volonté de dissoudre la souveraineté nationale au profit d’un ordre mondialisé.

La France est-elle devenue le laboratoire d’une ingénierie sociale dirigée par des sociétés secrètes ? Pourquoi nos dirigeants multiplient-ils les signes d’appartenance à une mystique étrangère aux intérêts du peuple ? L’éveil des consciences est désormais l’unique rempart contre cette dépossession programmée. Découvrez les dessous d’un système qui utilise le symbole comme une arme de contrôle absolu.



Kate reçoit Christian Cotten pour explorer les mystères ésotériques de la capitale :

Symboles du Louvre : ce que personne ne montre

Durée 23 minutes



mercredi 29 juillet 2026

Rémi Soulié : « René Guénon œuvre pour nous tirer d’une spectaculaire entreprise de suggestion »



Aux éditions Lif paraissent dans un même volume les deux chefs d’œuvres antimodernes du métaphysicien René Guénon (1886-1951) : "La Crise du monde moderne" et "Le Règne de la quantité et les signes des temps", parus en 1927 et 1945. Dans une préface inédite, Rémi Soulié, docteur ès lettres, auteur de plusieurs essais pérennialistes et membre de la Société des félibres de Paris, revient sur le contexte et les enjeux de ces deux livres visionnaires où Guénon livrait une critique complète et intransigeante de l’Occident moderne oublieux de sa tradition.



PHILITT : Vous comparez "La Crise du monde moderne" et "Le Règne de la quantité et les signes des temps" à une foule d’auteurs qui, d’une part, pour plusieurs d’entre eux, ont pensé du temps de Guénon la « crise » de la modernité, puis, après Guénon, la « catastrophe » de l’hypermodernité. En réunissant ces deux livres en un volume, souhaitez-vous montrer que Guénon excelle à la fois dans l’étude de la crise et dans celle de la catastrophe ?

Rémi Soulié : Il me paraissait indispensable de situer « temporellement » l’écriture puis la publication de ces deux essais de René Guénon, en particulier à destination d’un lectorat peut-être plus familier, de prime abord, avec l’histoire de la philosophie plutôt qu’avec la métaphysique telle que l’entend Guénon et telle qu’elle est, c’est-à-dire sans histoire. Après tout, d’un point de vue guénonien, l’ « ambiance » cosmique, pour dire le moins, n’est pas neutre et même si le propos de Guénon est foncièrement métaphysique, il n’en survient pas moins dans un « temps donné », celui des « derniers temps » en l’occurrence. Force est de constater, de ce point de vue, que les philosophes et les essayistes ont été nombreux, dans cette première moitié du vingtième siècle, en particulier après la Première Guerre mondiale, à prendre la mesure de l’étendue du « désastre » (qui est toujours, au sens littéral, une rupture avec l’astre). Guénon est néanmoins le seul à en mesurer la dimension abyssale, en allant jusqu’à ses racines essentielle et substantielle, pour reprendre les deux termes fondamentaux explicités dans les premiers chapitres du Règne de la quantité.

Étymologiquement, la « crise » est à la fois discrimination et jugement. Celle dans laquelle nous sommes entrés depuis le XIVe siècle, à l’origine du « monde moderne », a valeur exemplaire ou, plutôt, contre-exemplaire en ce que les possibilités les plus basses du cycle se manifestent et, avec elles, le chaos mental, social, politique et religieux. Sur un plan temporel traditionnel, donc cyclique, nous vivons dans le ténébreux Kali Yuga depuis des millénaires. Même si, en son sein, des périodes ponctuelles de redressement se produisent, à l’instar de notre Moyen Âge, il se caractérise par un éloignement – au demeurant tout à fait normal, lui – du Principe de la manifestation (sous « l’aspect » de l’Être ou du Logos), dont les conséquences délétères ont été décrites dans toutes les « révélations », notamment le Véda ou l’Évangile, mais aussi, pour ce qui concerne notre ère géographique et d’une manière tout aussi inspirée, par Hésiode ou par Platon. La « catastrophe » est toujours la fin d’une tragédie, un « jugement », en l’occurrence « dernier », en ce qu’il ponctue non pas tant la fin du monde – à quoi se limite la perspective biblique – mais la « fin d’un monde » qui, pour des raisons métaphysiques, n’est jamais que la « fin d’une illusion ».

Citant Oswald Spengler, Paul Valéry, Thierry Maulnier, Edmund Husserl, Paul Hazard et d’une certaine manière "Malaise dans la civilisation" de Freud, vous remarquez qu’au temps où Guénon publie "La Crise du monde moderne", « les grands esprits européens sont shakespeariens : ils comprennent qu’il y a quelque chose de pourri au royaume de Danemark », c’est-à-dire dans le monde occidental. Qu’est-ce qui différencie René Guénon de toute cette littérature antimoderne ? Sa méthode aussi bien que son objet ?

Sans aucun doute. Il convient de distinguer ces grands esprits des « intellectuels », qui sont tout sauf intellectuels, lesquels raisonnent à partir de ce qu’ils appellent des « faits » (le plus souvent déformés par le prisme idéologique et dont ils ont la « superstition » empirique), quand ce n’est pas à partir de leurs « intuitions subjectives », ce qui revient à se montrer doublement grossier : leur histoire, pour une large part, n’est que celle de leurs égarements et de leurs errances. Guénon ne fait pas l’économie du raisonnement, bien entendu, mais il le situe à sa juste place. Dès lors que vous partez d’où il faut partir, c’est-à-dire de l’Absolu, puisque c’est de « là » que tout part (et revient) – contrairement aux Modernes, qui partent du relatif (ils inversent toujours tout) – vous disposez d’une amplitude de vue beaucoup moins limitée, et conséquemment beaucoup plus réaliste que celle des réalistes (sans parler de celle des sensualistes, des empiristes, des rationalistes, des matérialistes, etc.). Guénon déploie ce qu’il voit, déroule le volumen, conformément à la nature de ce qui est. Sa vision, qui n’est certes pas la sienne propre, celle de sa « subjectivité », est en un sens aussi grandiose que celle de Dante, avec enfer, purgatoire et paradis à la clé (c’est le cas de le dire). Ces deux livres de Guénon sont donc plutôt consacrés à l’enfer. Voilà en quoi sa méthode est incomparable avec celle des auteurs mentionnés.

Craignant que mon propos ne soit mal interprété, je précise toutefois qu’il ne s’agit pas de « poésie », au sens déchu que ce terme a semble-t-il pris ; je précise également que partir de l’Absolu, ce n’est pas un postulat ou un a priori de la « foi » mais la condition même de toute pensée, sans quoi le relatif est lui-même inintelligible, innommable, inexistant ; telle est d’ailleurs la manière la plus probante de comprendre « l’argument » anselmien ou, en termes heideggériens, que les étants apparaissent sur le fond de l’Être, qui n’est rien d’étant. À la différence de ce dernier, Guénon n’a pas eu à « détruire la métaphysique » occidentale, qu’il tenait en piètre estime, non plus qu’à se tourner vers le Zen, comme le « dernier » Heidegger, puisqu’il y était déjà métaphysiquement installé ; dans le même registre, j’ajoute que comme le disait Abellio, qui savait lui aussi de quoi il parlait puisqu’il était polytechnicien et ingénieur des Ponts et Chaussées, « la maison se construit par le toit » : qui peut le plus peut le moins, mais pas l’inverse. En termes guénoniens, il est « impossi[ble] d’arriver à la synthèse par l’analyse : on aura beau ajouter successivement les uns aux autres un nombre indéfini d’éléments, on n’obtiendra jamais le Tout, parce que le Tout est infini, et non pas indéfini » (« Remarques sur la notation mathématique », La Gnose, avril-mai 1910).

En ce qui concerne son objet, je serai plus bref, puisqu’il s’agit en dernière « analyse » d’une illusion – néanmoins suffisamment prégnante pour que l’on s’identifie avec elle, ce qui justifie tous les coups de tonnerre, toutes les sonneries de trompette, afin de nous tirer de ce cauchemar auquel nous tenons tant, au point de penser que nous serions anéantis si nous nous éveillions (alors que c’est l’inverse et qu’il faudrait, donc inverser l’inversion pour être). Guénon œuvre pour nous tirer d’une spectaculaire et théâtrocratique entreprise de suggestion et d’hypnose, accrue par la technique. Philippe Sollers, dont j’aurai bientôt l’occasion de montrer à quel point il fut un lecteur de Guénon (autant que Drieu, Artaud, Daumal, Bosco, Queneau, etc.), parlait de « somnambulisme ».
Le philosophe de la « postmodernité » Zygmunt Bauman (1925-2017)

La prescience de Guénon allait, en 1945, jusqu’à anticiper d’une manière à peine croyable la disparition de la monnaie dans sa dimension « même simplement “pratique” ou “matérielle” ». En quoi cette anticipation s’inscrit-elle dans une étude de la catastrophe plus complète encore que l’analyse du stade de « liquéfaction » étudié par Zygmunt Bauman (1925-2017) ?

La remarquable analyse de la « société liquide » menée par Zygmunt Bauman, dans ses grandes lignes, demeure sociologique ; celle de Guénon, bien évidemment, métaphysique, ce qui change tout. Le monde moderne se caractérise notamment par un double mouvement : d’abord, de solidification, de matérialisation (le béton, le matérialisme pratique, le pragmatisme, l’utilitarisme etc.), ensuite, de liquéfaction (les flux : « Avez-vous du liquide ? », « Êtes-vous fluid gender ? »). Ces deux phases d’une seule œuvre au noir correspondent à l’alchimique « Coagula et Solve », ce qui nous ramène au domaine cosmologique et psychique, indissociable du domaine métaphysique, quoique ce dernier soit aussi transcendant. La troisième étape ne peut qu’être la gazéification ou la pulvérisation, dans laquelle il est superflu d’« avoir ou non du liquide », lequel est encore trop solide, si j’ose dire (« les espèces sonnantes et trébuchantes » – on notera la référence parodique à l’espèce et au genre aristotéliciens). Nous sommes donc en voie d’anéantissement numérique, « hologrammatique », même si le néant est une impossibilité. Nous y tendrons jusqu’à l’ultime limite du basculement vers un nouveau cycle ; la descente est vertigineuse – d’où le « fait », comme en témoigne le langage ordinaire, que « tout s’accélère ». À cela s’ajoute, quoique plus anecdotiquement, que la disparition physique de la monnaie, comme toujours « au nom du bien », favorise un contrôle total par la Machine et ses desservants (ce que Guénon appelle le plus souvent « l’industrie »), qui peuvent « débrancher » socialement n’importe qui, pour n’importe quoi : la Banque contre la Barque, en quelque sorte (mais enfin, la Banque du Vatican, c’est aussi quelque chose…). Que le lien avec la métaphysique (l’esprit, l’intellect) soit rompu (au bénéfice de l’âme sentimentale et de la raison raisonnante), et le physique (la physis, la nature) s’évanouit (notamment au bénéfice du spectacle, de sa suggestion, de sa sujétion). L’erreur ou l’ignorance métaphysiques entraînent inévitablement une erreur ou une ignorance anthropologiques, dont le dualisme cartésien est sans doute l’une des meilleures illustrations (ce qui n’empêche pas que Descartes ait été un bon catholique, mais là n’est pas la question, hélas).

Parmi les auteurs antimodernes connus par Guénon, vous soulignez avec sévérité sa divergence avec Jacques Maritain (1882-1973), lequel pourrait, selon vous, « se flatter d’avoir contribué à l’accélération de la déliquescence romaine ». En quoi Guénon, pourtant initié à l’islam soufi dès 1910, vous paraît-il paradoxalement plus compatible avec la tradition catholique que Maritain ? En mélangeant modernisme liturgique et ouverture aux autres religions, le concile Vatican II aurait-il échoué par méconnaissance des principes traditionnels ?

D’une certaine manière, ce n’est pas difficile d’être plus catholique que Maritain : il suffit de prendre au sérieux la catholicité littérale et spirituelle, c’est-à-dire l’universalité métaphysique, plutôt que de raisonner depuis la crypte ou la sacristie la plus close, comme le font souvent les convertis, avec de surcroît un zèle déplorable et souvent hargneux, celui-là même dont fit preuve Maritain à l’endroit de Péguy, de Guénon et même, me suis-je laissé dire, de Thibon. Guénon, lui, ne s’est jamais converti à quoi que ce soit. Sa « réalisation métaphysique » était telle qu’il se situait en vérité au-delà des formes particulières – comme Ramakrishna (1836-1886), autre rare exemple de ce point de vue, ou Ibn Arabi (1165-1240). Son « installation » en islam s’explique par la possibilité d’un rattachement initiatique, en effet, ce qui n’est semble-t-il plus le cas dans ce qu’il reste de la chrétienté occidentale – je dis bien, occidentale, la situation étant sans doute différente dans la chrétienté orientale orthodoxe ; l’islam comprend donc, régulièrement, une dimension ésotérique, même si les juristes-légistes ne l’apprécient guère le plus souvent, en particulier depuis l’émergence des courants réformateurs modernistes, « protestants » et puritains, du wahhabisme et du salafisme, tant prisés par les États-Unis, et pour cause ; en outre, pour notre cycle d’humanité, l’islam clôt le cycle des révélations, dont la première fut celle des Védas, ce qui lui confère un positionnement particulier ; enfin, l’islam se pense lui-même comme « récapitulatif » sur le plan prophétique abrahamique.

L’exotérisme, quel qu’il soit, ne peut qu’échouer dès lors qu’il nie ses propres limitations, dont il n’a d’ailleurs pas toujours conscience : il ne peut se penser que comme « total », chaque exotérisme bénéficiant de la plénitude de la révélation divine, alors que chaque tradition particulière, comme dit Schuon, devrait se penser elle-même comme « relativement absolue », ce qu’autorise la perspective ésotérique.

La situation de l’Église catholique romaine est singulière. Dans l’Occident latin, elle représente la tradition, quoiqu’amputée de sa dimension gnostique. La Barque de Pierre est donc perméable – elle prend l’eau inférieure par ses fissures – et tangue jusqu’à risquer le chavirement et le naufrage, bien qu’ils soient exclus en raison de son caractère divin. Il suffit de songer à son instabilité, à son histoire mouvementée – « À tribord toute ! », « À bâbord toute ! » – qui se superpose fort bien avec celle de l’agitation occidentale, plus ou moins faustienne ; la manière dont elle a pensé l’Incarnation l’a peut-être prédisposée à se montrer par trop tributaire de l’« Histoire » et du temps (je dirais même, avec Mircea Eliade, de la « terreur de l’histoire »), mais avait-elle le choix dès lors qu’à l’issue de l’Antiquité, il fallait pontifier, c’est-à-dire construire des ponts, rebâtir ?

Vous remarquez que "La Crise du monde moderne" paraît la même année qu’"Être et temps" du célèbre philosophe allemand Martin Heidegger (1889-1976). Pourtant, si Heidegger fait de la temporalité l’horizon indépassable du Dasein, Guénon ne soutient-il pas au contraire que l’homme n’est qu’un état contingent de l’Être universel et éternel, capable, par participation, de dépasser sa condition temporelle par la réalisation métaphysique des états supérieurs de cet Être ?

Vous avez raison. J’ai ainsi simplement voulu pointer la parution de deux livres fondamentaux comme un « signe des temps ». Être et temps menait à une impasse, mais le « tournant » opéré par Heidegger lui a permis de s’ouvrir à une tout autre entente de l’Être. Il serait inepte d’associer le philosophe et le métaphysicien (tout « associationnisme » est exclu, avec Guénon !), quoique le « dernier » Heidegger ait donc perçu dans quelle direction il convenait de regarder (en l’occurrence, donc, le zen). Les lecteurs d’Heidegger ne sauraient être absolument « dépaysés » s’ils lisent Guénon : l’Être n’est rien d’étant, la Déité eckhartienne, l’arraisonnement technique du monde, le réductionnisme onto-théologique, la parole la plus matinale des Grecs, lorsque la poésie, la prophétie et la métaphysique n’étaient pas encore conçues séparément… Il y a là un certain nombre d’indices concordants en faveur d’une possible lecture parallèle, même si Heidegger, en toute rigueur, ne pénètre pas dans le domaine métaphysique tel que l’entend Guénon.

Avec le philosophe pérennialiste Georges Vallin (1921-1983), vous accusez la « révolte anti-platonicienne » d’Aristote d’être l’une des « premières accélérations de la chute occidentale ». Votre défense de Platon n’est-elle pas également contraire à la position de Heidegger, qui accusait le philosophe grec d’avoir évacué la question de l’être ?

Heidegger se livre en effet à une généalogie des mutations de l’essence de la vérité et pointe dans l’Idée platonicienne une désorientation, pourrait-on dire, en direction de l’étant, qui prépare et anticipe un oubli autrement plus radical de l’Être. Outre que cette analyse me semble assez discutable, il me semble de surcroît que l’on n’a jamais trouvé meilleur remède à l’oubli que la réminiscence, dont le « souvenir de Dieu » ou l’anamnèse, dans les traditions religieuses monothéistes, est l’une des modalités, analogiques ou non. Heidegger lui-même n’évoque-t-il pas, de plus, « la transcendance de l’Être » ? « Seul un dieu peut encore nous sauver » me paraît être une heureuse parole testamentaire, indépendamment de tout confessionalisme. Heidegger s’est approché autant qu’il le pouvait de la non-dualité, étant entendu que le trop fameux « dualisme » platonicien relève de la fiction scolaire. Il n’a jamais écrit le Platon qu’il avait promis à son épouse…parce qu’il l’a écrit. De ce point de vue, je partage les analyses de Jean-François Mattéi, lui-même platonicien et heideggérien sans contradiction. C’est la Métaphysique d’Aristote qui, pour une part, fonde l’Occident, y compris religieux, pas le chemin de campagne qui borde l’Illissós. Je ne suis pas loin de voir dans l’œuvre d’Heidegger le cheminement d’un esprit et d’une âme, comme le sont les Dialogues de Platon.

À propos de l’écriture de René Guénon, vous soulignez « la limpidité transparente d’un style ligérien, éminemment français voire – quel paradoxe ! – d’un classicisme cartésien ». Comment expliquez-vous l’excellence et la clarté stylistique d’un homme qui s’est toujours gardé de faire profession d’écrivain ?

Cela relève d’une forme de prodige, qui consiste à posséder à un très haut degré et l’esprit de géométrie, et l’esprit de finesse. D’évidence, Guénon était inspiré, dans tous les sens du terme, y compris littéraire. C’est un écrivain aussi, mais pas au sens « profane ». Je ne me risquerais pas à entrer sur le terrain glissant consistant à se demander s’il était « missionné », mais il n’en reste pas moins que son œuvre, littérairement, « coule de source ». Qu’il soit un Français de Blois, malgré ses propres réserves à ce propos, me paraît être significatif du mystère français, profondément sacerdotal et royal depuis l’origine, dont la nature est lumineuse mais dont l’inversion démocratico-républicaine ne peut qu’être ténébreuse, comme cela devrait sauter aux yeux de n’importe qui. Guénon est parti en Égypte comme les derniers néo-platoniciens, après la fermeture de l’École d’Athènes par Justinien, sont partis vers l’empire sassanide, à L’heure de la fermeture dans les jardins d’Occident, pour reprendre le titre d’un roman de Bruno de Cessole. Il n’en reste pas moins que son écriture continue de manifester ce que l’on pourrait appeler l’esprit de la lettre française, en son universalité rivarolienne, qui fut donc aussi européenne. Sa prose – appelons-là ainsi – demeure une invitation à retrouver notre propre tradition et à renouer avec elle. Elle est orphique, pythagorique, mystérique, celtique, chrétienne, exemplairement dans le Graal que Guénon nous invite à retrouver sans que nous l’ayons pour autant perdu.




lundi 27 juillet 2026

Vers une religion mondiale de paix




Et si une religion mondiale destinée à apporter la paix durable était programmée pour être la réponse aux guerres, aux famines et à une série de bouleversements?

Cette religion mondiale de paix se présenterait comme l’unique antidote capable de mettre fin aux guerres et aux malheurs induits par une humanité déchue, par des "hommes méchants et sans morale". Elle proposerait d’unifier les trois plus grandes religions monothéistes, le judaïsme, le christianisme et l'islam, en une seule unité religieuse au nom de la morale universelle et du Dieu Créateur. Cet œcuménisme mondial transcenderait les divisions doctrinales pour mettre l’accent sur les valeurs communes de fraternité, de justice et de coexistence pacifique.

Cette initiative s’appuie sur des fondations déjà établies à travers plusieurs institutions internationales. La Maison de la Famille Abrahamique à Abu Dhabi, inaugurée comme un complexe interreligieux, abrite une mosquée, une église et une synagogue, et symbolise cette unité des traditions abrahamiques. Un équivalent ou des initiatives similaires se développent dans d’autres contextes, y compris en Russie. Le Board of Peace (ou Conseil de la Paix) de Donald Trump, fait la promotion de la paix et de la sécurité mondiale, tout comme les Accords d'Abraham.

Les Nations Unies servent de cadre pour toutes ces initiatives de paix. Le Congrès des dirigeants des religions mondiales et traditionnelles, organisé à Astana (Kazakhstan), réunit leaders religieux pour favoriser le dialogue et la paix mondiale.

Un autre pilier, et non le moindre, est le premier Congrès international des Noachides, prévu à Jérusalem du 2 au 6 novembre 2026. Cet événement vise à fonder formellement un mouvement noachide mondial, avec des délégués de six continents, et à établir des structures comme un tribunal rabbinique pour gouverner et pour faire appliquer les lois noachides à l’échelle globale.


Vidéo officielle du Premier Congrès International des Noachides :



La religion noachide, et ses sept lois morales, se présente comme le socle des trois grandes religions monothéistes et de la foi abrahamique. Selon la tradition juive talmudique, ces lois ont été données par Dieu à Noé et à ses descendants, c’est-à-dire à toute l’humanité, comme alliance universelle. Elles constituent un code moral minimal applicable à tous les peuples, indépendamment de leur appartenance ethnique ou religieuse :

1) Interdiction de l’idolâtrie.

2) Interdiction de blasphémer Dieu.

3) Interdiction du meurtre.

4) Interdiction de l’adultère et des immoralités sexuelles.

5) Interdiction du vol.

6) Interdiction de manger un membre d’animal vivant (cruauté animale).

7) Obligation d’établir des tribunaux de justice.

Ces sept lois sont présentées comme le dénominateur commun capable d’unir l’humanité au-delà des conflits et des différends entre les religions. Elles offrent un cadre moral universel qui peut être accepté par les non-juifs sans exiger la conversion au judaïsme, tout en respectant la distinction entre les obligations des juifs (613 commandements) et celles de l’humanité. Des mouvements comme Chabad-Loubavitch ont activement promu cette vision, avec des proclamations présidentielles américaines passées soulignant leur valeur sociétale.

Dans cette perspective, la religion noachide agit comme fondation d’une unité religieuse mondiale: elle permet aux adeptes des trois religions abrahamiques de converger vers un ensemble de principes moraux partagés, sous l’égide de Dieu Créateur, tout en minimisant les divergences théologiques.

Face à d'éventuelles épreuves dévastatrices à l'échelle planétaire (guerres, famines), cette unité se poserait comme la solution providentielle pour la paix, intégrant les initiatives existantes (Maison Abrahamique, Congrès d’Astana, Board of Peace, Accords d'Abraham, ONU) et culminant avec la mise en place d'une religion noachide.

En plaçant les lois noachides, et particulièrement l’interdiction stricte de l’idolâtrie, au centre de l’autorité spirituelle et morale universelle, cette structure œcuménique pourrait évoluer vers une autorité théocratique mondiale. Sous couvert de morale universelle et de paix, elle risquerait alors de juger et de condamner comme idolâtres tous ceux qui ne se conformeraient pas à l'interprétation d'une de ces lois.

Les chrétiens, qui confessent la divinité de Jésus-Christ et lui rendent un culte, pourraient être particulièrement visés. Dans la perspective noachide stricte, l’adoration du Christ comme Dieu incarné peut être considérée comme une violation de la première loi (interdiction de l’idolâtrie). Ce qui est aujourd’hui présenté comme un dialogue fraternel et une unité bienveillante pourrait demain devenir un cadre contraignant, où les déviations théologiques seraient traitées non plus comme des différences de foi, mais comme des atteintes à l’ordre moral universel et à la paix mondiale.

Derrière la séduisante idée de "UNE HUMANITÉ : UN SEUL DIEU", il y a le risque d’une gouvernance religieuse centralisée, une théocratie mondiale, capable d’exercer une pression spirituelle, sociale et potentiellement juridique sur les croyants. Ce qui commence par un appel à la paix après de grandes tribulations pourrait se transformer en un système excluant ou réprimant ceux qui refusent de plier leur conscience, un système qui met à mort ceux qui refusent de renoncer à leur Dieu...

"Il lui fut donné de faire la guerre aux saints, et de les vaincre. Et il lui fut donné autorité sur toute tribu, tout peuple, toute langue, et toute nation. Et tous les habitants de la terre l'adoreront, ceux dont le nom n'a pas été écrit dès la fondation du monde dans le livre de vie de l'Agneau immolé."
Apocalypse 13: 7-8

"Elle [la seconde bête] exerçait toute l'autorité de la première bête en sa présence, et elle faisait que la terre et ses habitants adoraient la première bête, dont la blessure mortelle avait été guérie."
Apocalypse 13: 12

"Et il lui fut donné d'animer l'image de la bête, afin que l'image de la bête parlât, et qu'elle fît que tous ceux qui n'adoreraient pas l'image de la bête fussent tués."
Apocalypse 13: 15



dimanche 26 juillet 2026

Du rififi chez les frères bénédictins




Pour la plus grande gloire de Dieu
Ad maiorem Dei gloriam 


Le père Placide, supérieur de l’abbaye Notre-Dame de Bellaigue, dans le Puy-de-Dôme, aurait été enlevé puis séquestré en juin dernier dans une affaire hors du commun. Les investigations s’orientent vers des tensions internes entre moines autour de la gouvernance de cette communauté bénédictine.

Du silence des offices aux bruits d’une querelle interne. Depuis près d’un mois, l’abbaye Notre-Dame de Bellaigue, nichée dans la campagne du Puy-de-Dôme, est au cœur d’une enquête hors norme. Le père Placide, supérieur du monastère depuis quinze ans, aurait été enlevé puis séquestré dans la nuit du 23 au 24 juin, rapporte La Montagne. Au fil de leurs recherches, les gendarmes auraient découvert l’existence de tensions profondes autour de la direction de cette communauté bénédictine.

Une disparition inquiétante

Derrière les épais murs de pierre de l’abbaye Notre-Dame de Bellaigue, à l’écart du hameau de Virlet, au nord de Clermont-Ferrand, l’atmosphère est bien loin de la quiétude habituelle des lieux. Depuis plusieurs semaines, une question obsède les enquêteurs : que s’est-il réellement passé cette nuit de juin où le père Placide a disparu sans laisser de trace ?

L’affaire débute au petit matin du 24 juin, relatent nos confrères dans le récit qu’ils consacrent à cette affaire. Vers 5 heures, lors du premier office de la journée, les moines constatent l’absence de leur supérieur. Dans sa cellule, ses affaires personnelles ont disparu et la pièce a été soigneusement rangée.

Quelques instants plus tard, la communauté découvre un mail envoyé pendant la nuit par le père Placide, dans lequel il annonce son intention de démissionner. De quoi laisser penser, dans un premier temps, que l’abbé aurait choisi de partir de lui-même.

Mais certains religieux ne croient pas à cette version et plusieurs moines auraient rapidement estimé que leur supérieur n’avait pas quitté l’abbaye "de son propre chef". Les gendarmes sont alors alertés et une importante opération de recherche est déclenchée.

Un dispositif exceptionnel est déployé avec une trentaine de militaires, un hélicoptère, une équipe cynophile et des techniciens en identification criminelle. Après deux jours de recherches, le téléphone du religieux permet de suivre sa trace. Le signal est repéré successivement à Montluçon, puis à Bourges, avant de conduire les enquêteurs jusqu’à une petite gare isolée près de Limoges (Haute-Vienne).

Des désaccords sur l'avenir du monastère ?

Le père Placide y est retrouvé vivant, mais son corps porte les marques de nombreux coups. L’enquête ouverte initialement pour "disparition inquiétante" change alors de dimension et s’oriente vers des faits criminels d’"enlèvement et séquestration".

Une évolution confirmée par le procureur de la République de Clermont-Ferrand, Éric Serfass, auprès du Figaro. Le magistrat reste toutefois très prudent : "Pour l’instant, avant d’avoir un premier résultat solide des investigations, je ne souhaite pas communiquer davantage sur les circonstances de cette affaire".

Sauf que, rapidement, les enquêteurs explorent la piste d’un conflit interne à l’abbaye, car des désaccords existeraient sur l’avenir de la direction du monastère. "Cette affaire semble être liée à des tensions, au regard des enjeux de direction de l’abbaye", indique une source proche de l’enquête.

Des moines auraient proposé une nouvelle organisation

Le soir même de la disparition du père Placide, onze moines, soit près de la moitié des membres de la communauté, auraient proposé une nouvelle organisation du fonctionnement de l’abbaye, "dans l’optique d’en prendre le contrôle", selon La Montagne. Une initiative qui ferait émerger l’hypothèse d’une tentative de prise de pouvoir au sein d’un ordre pourtant fondé sur une stricte hiérarchie spirituelle.

À ce stade, les circonstances exactes de l’enlèvement présumé demeurent inconnues, tout comme son mobile précis. Aucun religieux n’a été placé en garde à vue et aucune plainte du père Placide n’a été confirmée.

Une église attachée à la liturgie traditionnelle

Fondée au Moyen Âge, puis restaurée au début des années 2000 par quatre moines venus du monastère de la Sainte-Croix du Brésil, l’abbaye Notre-Dame de Bellaigue occupe une place particulière dans le paysage bénédictin français. Le monastère est notamment connu pour son attachement à la liturgie traditionnelle et accueille régulièrement des fidèles venus pour des offices et des retraites spirituelles.




samedi 25 juillet 2026

De Ayn Rand au Minarchisme




Ayn Rand, icône du capitalisme et de l’individualisme radical… Son nom revient souvent dans les débats sur la liberté, l’État, ou le « chacun pour soi ».

Qui est Ayn Rand ? Née Alissa Rosenbaum en 1905 en Russie à Saint-Pétersbourg, dans une famille juive aisée. Son père était pharmacien. Elle adore lire et rêve très tôt d’écrire.

À 12 ans, elle vit la Révolution bolchevique de 1917. Sa famille perd tout, boutique confisquée, vie bouleversée. Elle voit le communisme en action avec les pénuries, la répression, la destruction des individus « au nom du collectif ». Ça la marquera à vie.

En 1926, à 21 ans, elle fuit l’URSS pour les États-Unis avec très peu d’argent. Elle arrive à New York, puis part à Hollywood où elle travaille comme scénariste.

Elle adopte le nom « Ayn Rand », devient écrivaine et philosophe. Elle meurt en 1982 à New York.

Son livre le plus connu est La Grève (1957) qui est un roman de plus de 1 000 pages. Souvent présenté comme « le livre le plus influent aux États-Unis après la Bible ». Ce n’est pas forcément le plus vendu en nombre d’exemplaires car la Bible écrase tout, mais en termes d’impact sur la vie des lecteurs, il arrive deuxième. Des millions de personnes disent que ce livre a changé leur vision du monde.

De quoi parle La Grève ? Dans une Amérique futuriste qui s’effondre, les meilleurs créateurs, inventeurs, entrepreneurs et artistes « font grève ». Ils disparaissent un par un. Pourquoi ? Parce que la société les traite comme des vaches à lait, on les taxe, on les régule, on les culpabilise au nom du « bien commun », on leur vole leur travail.

C’est un roman philosophique déguisé en thriller. On y trouve de l’action, de l’amour, des mystères et surtout une défense féroce de l’individu.

Sa philosophie complète est l’Objectivisme. Rand a créé un système de pensée qui touche tous les domaines :

• Métaphysique (la réalité) : La réalité existe objectivement, indépendamment de ce qu’on pense ou ressent. « A est A » (Aristote). Pas de « vérité alternative ».

• Épistémologie (comment on connaît) : La raison est le seul outil valide. Pas la foi, pas les émotions seules, pas l’autorité.

• Éthique (comment on doit vivre) : L’égoïsme rationnel.

Chercher son propre bonheur de façon rationnelle est moral. Le sacrifice de soi n’est pas une vertu. Sacrifier les autres non plus. On n’est pas là pour « servir » la société ou les autres. On est là pour réaliser son potentiel.

L’éthique selon Ayn Rand. Imaginons deux personnes :

L’une aide volontairement un ami parce qu’elle y trouve du plaisir et que c’est mutuellement bénéfique.

L’autre aide parce qu’elle se sent « obligée » et se sacrifie.

Pour Rand, la première est morale. La seconde non, car elle se détruit elle-même. L’altruisme comme devoir moral de sacrifier son intérêt pour autrui est, selon elle, la racine de tous les maux collectifs que sont le communisme, le nazisme, l’État-providence excessif. C’est le cœur de sa pensée.

Sa politique est le capitalisme de laissez-faire. Pour Rand, le seul système moral est celui où les hommes échangent librement des valeurs comme des idées, des produits, des services, sans utiliser la force. Son principe fondamental : Aucune initiation de la force. Tu ne peux pas frapper, voler, frauder ou contraindre quelqu’un. Le seul usage légitime de la force est la réponse, la défense.

Selon Rand le gouvernement idéal est le Minarchisme. Elle pense qu’un État est nécessaire, mais ultra-minimal :

• Police

• Tribunaux

• Armée

C’est-à-dire que l’État est réduit à son utilité minimale et ne doit pas aller au-delà.




vendredi 24 juillet 2026

Les aliments pour bébés sont massivement contaminés par des métaux lourds neurotoxiques




Consumer Reports a testé des dizaines de produits : 95 % contiennent du plomb, 73 % de l’arsenic, 75 % du cadmium. Céréales de riz, purées, snacks… même les formules infantiles montrent des traces préoccupantes.

Ces métaux s’attaquent au développement cérébral, favorisent troubles neurodéveloppementaux et s’accumulent à vie. Les autorités traînent des pieds pour fixer des limites strictes, pendant que l’industrie continue.

Pourquoi empoisonner dès le berceau ? Pour une génération plus faible, plus dépendante des médicaments dès l’enfance. Dépopulation et contrôle par l’assiette, version bébé.


Liens qui confirment :

- Consumer Reports – Heavy metals in baby food : 




jeudi 23 juillet 2026

Produits alimentaires pour affaiblir mentalement les populations



Le président burkinabè Ibrahim Traoré affirme que des services de renseignement lui auraient proposé d’utiliser des produits destinés à rendre les populations dépendantes et moins capables de résister. Des déclarations qui relancent le débat sur les nouvelles formes de guerre, tout en appelant à distinguer les affirmations des faits établis.


Ibrahim Traoré alerte sur une "guerre silencieuse": des déclarations qui relancent le débat sur les nouvelles formes d’influence.

Et si la guerre la plus dangereuse n’était plus celle qui se livre sur les champs de bataille, mais celle qui se déroule dans le silence ?

Une guerre qui ne chercherait pas à éliminer des populations, mais à affaiblir leur capacité à réfléchir, à résister et à défendre leurs intérêts.

C’est le message porté récemment par le président du Burkina Faso, Ibrahim Traoré, lors d’une intervention publique.

Selon ses déclarations, des services de renseignement étrangers lui auraient proposé d’introduire des produits destinés non pas à tuer les populations, mais à les rendre progressivement dépendantes et moins aptes à développer un esprit critique.

Le chef de l’État burkinabè affirme également que de telles pratiques seraient déjà utilisées dans certains pays d’Afrique et d’Asie.

À ce jour, ces affirmations n’ont pas été corroborées par des preuves publiques et indépendantes. Elles doivent donc être considérées comme les déclarations d’un dirigeant politique, et non comme des faits établis.

Elles soulèvent néanmoins une question plus large : les rivalités géopolitiques contemporaines dépassent-elles désormais le cadre militaire pour inclure des formes d’influence économique, informationnelle, sanitaire ou alimentaire ?

Ces interrogations alimentent un débat croissant sur la souveraineté des États, le contrôle des chaînes d’approvisionnement et la dépendance vis-à-vis des importations stratégiques.

Pour de nombreux observateurs, renforcer les capacités locales de production alimentaire, pharmaceutique et industrielle constitue un enjeu majeur afin de réduire les vulnérabilités face aux crises internationales et aux rapports de force géopolitiques.

Les propos d’Ibrahim Traoré relancent également une autre interrogation : pourquoi certains dirigeants africains peinent-ils à défendre durablement les intérêts stratégiques de leurs pays ? Pourquoi les idéaux de souveraineté, de patriotisme économique et d’intégration africaine rencontrent-ils encore autant de difficultés à s’imposer ?

Autant de questions qui continueront d’alimenter le débat sur l’avenir politique, économique et stratégique du continent africain.

Source :



mercredi 22 juillet 2026

Comprendre le monde sans se faire avoir : Ce que les sages savaient déjà




Les traditions de résistance à la machine

Accroche : Et si la résistance à la prédation n’était pas une invention moderne ? Et si, bien avant les think tanks, les algorithmes et les produits dérivés, des hommes et des femmes avaient déjà identifié les mécanismes de la machine et proposé des voies pour s’en libérer ? Cet article est une invitation au voyage – à la rencontre de quelques-unes de ces traditions qui, de la Galilée à l’Inde, de la Chine ancienne aux savanes africaines, ont porté une contre-doxa face à la thanatocratie.

Pourquoi aller chercher si loin ?

Parce que la prédation contemporaine a des racines profondes. Et parce que la résistance a besoin de plus que d’analyses – elle a besoin de sens, de visions, de sources où puiser quand le découragement guette. Les traditions de sagesse ne sont pas des programmes politiques. Elles sont des réservoirs de sens dans lesquels les programmes politiques peuvent s’abreuver.

Jésus : l’amour des ennemis comme arme de désarmement

On a fait de Jésus un fondateur de religion, un maître de morale, un personnage de vitrail. Mais si on le lit sans filtre, on découvre un homme qui a opposé à la machine de son temps – l’Empire romain, le Temple, le système de dettes – une contre-doxa d’une radicalité inouïe.

«Aimez vos ennemis». Ce n’est pas de la gentillesse. C’est une stratégie de désarmement. La violence se nourrit de la violence qu’elle provoque. En aimant l’ennemi, on brise le cycle. On lui retire la légitimation que sa propre violence trouve dans la violence de l’adversaire. Ce qui n’a rien à voir le fait de tendre l’autre joue. Aimer son ennemi, c’est peut-être, et certainement, le comprendre dans sa manière d’être. Le connaître mieux qu’il se connaît lui-même.

«Remets-nous nos dettes comme nous remettons à ceux qui nous doivent». Le Notre Père est une prière économique. Il demande l’annulation des dettes – la même logique que le jubilé de l’ancien Israël, qui prescrivait l’effacement des dettes tous les cinquante ans. La dette n’est pas sacrée. Elle peut être annulée.

Le Bouddha : éteindre la soif qui alimente la machine

Le Bouddha a identifié la racine de la souffrance : la soif – taṇhā – le désir insatiable qui nous pousse à accumuler, à posséder, à dominer. La prédation capitaliste ne fonctionne que parce qu’elle trouve en nous cette soif. Le Bouddha propose une voie pour l’éteindre – non par l’ascétisme extrême, mais par une transformation du regard.

«Tout est en feu» : le désir, l’attachement, l’illusion du moi séparé. Éteindre le feu, c’est cesser d’alimenter la machine. C’est une résistance par le retrait de consentement au désir que le système exploite.

Lao-Tseu : le non-agir face à la frénésie du contrôle

La thanatocratie est une machine à contrôler, à optimiser, à forcer. Lao-Tseu oppose à cette frénésie le Wu Wei – le non-agir. Non pas la passivité, mais l’action qui ne force pas, qui s’aligne sur le flux naturel des choses. «Rien au monde n’est plus souple et plus faible que l’eau, mais pour attaquer ce qui est dur et fort, rien ne la surpasse».

Face à la brutalité du pouvoir, la réponse n’est pas toujours la contre-brutalité. Elle est parfois la souplesse, la fluidité, la capacité à s’adapter sans se briser.

Les prophètes d’Israël : la justice sociale comme exigence absolue

Avant Jésus, il y eut les prophètes – Amos, Isaïe, Jérémie, Michée. Leur message est d’une actualité brûlante. Ils dénonçaient l’alliance du trône, du Temple et de la richesse. Ils disaient : votre culte est une mascarade si vous écrasez le pauvre. Vos offrandes sont une insulte si vous spoliez la veuve et l’orphelin.

«Que le droit coule comme de l’eau, et la justice comme un torrent intarissable». Les prophètes ne proposent pas une spiritualité désincarnée. Ils exigent la justice maintenant, dans la cité, dans l’économie, dans les rapports sociaux.

Les sages africains : Ubuntu, je suis parce que nous sommes

La prédation contemporaine isole. Elle fait de chaque individu un débiteur solitaire, un consommateur solitaire, un chômeur solitaire. Face à cet isolement, la sagesse africaine affirme le lien. «Je suis parce que nous sommes». Une personne n’est une personne qu’à travers d’autres personnes.

L’Ubuntu n’est pas une philosophie abstraite. C’est une pratique : la palabre, où les conflits se résolvent par la parole échangée jusqu’au consensus. L’hospitalité, qui fait de l’étranger un hôte potentiel et non une menace. La force vitale, qui circule entre les êtres et que la sorcellerie – la captation égoïste de cette force – menace de tarir.

Ce que ces traditions ont en commun

Elles identifient la racine du mal dans une avidité, une soif, une dureté de cœur.
Elles proposent un retournement : les derniers seront les premiers, la simplicité vaut mieux que l’accumulation, le lien est plus réel que l’avoir.
Elles opposent à la force brute une force paradoxale : la non-violence, le non-agir, la parole fragile du prophète.
Elles refusent l’urgence et cultivent le temps long.

Comment les utiliser sans les trahir ?

Ces traditions ne sont pas des solutions clés en main. Elles ont toutes été récupérées, déformées, instrumentalisées. Le christianisme est devenu religion d’empire. Le bouddhisme a soutenu des régimes autoritaires. Le taoïsme a été recyclé en art de gouverner cynique.

La seule protection est la polyphonie. Aucune tradition ne détient la vérité totale. C’est dans le dialogue entre elles, dans leur résonance mutuelle, que réside leur force. [...]


Pourquoi cette série ?
1 – Pourquoi rien ne change (vraiment) ?
2 – Chaos, peur et urgence
3 – Les marchands de légitimité
4 – La violence qui ne dit pas son nom
5 – Pourquoi ils bombardent
6 – Quand le système se fissure

Nour Fusayfisa al Arz (نور فسيفساء الأرض) et Nathanaël Gershom


https://reseauinternational.net/comprendre-le-monde-sans-se-faire-avoir-7-ce-que-les-sages-savaient-deja/