lundi 9 mars 2026

Macron vient d’arriver sur le Charles-de-Gaulle 😂

 


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Ce qui se joue vraiment dans la guerre d'Iran : un Etat-civilisation affronte un cartel de mafieux



L'Iran est un Etat multimillénaire, plus ancien que la France. Et comme tout Etat structuré et solide, il a amalgamé des ethnies et des religions variées.

C’est ce qui met en rage les think tanks américains qui rêvent de faire éclater le pays.

Un exemple de carte dessinée par les néo-conservateurs américains


La religion aujourd'hui dominante, le chiisme iranien, est elle-même le fruit d'une complexe assimilation de l'islam par la culture perse.

L’Etat contre les cartels mafieux

Ce qui me semble essentiel à comprendre, c'est que la guerre actuelle voit s'affronter un Etat, l'Iran, d'un côté, une forme avancée d'organisation politique qui permet la coexistence des religions et des ethnies et la régule; et, de l'autre côté l'attelage d'un cartel d'intérêts financiers privés de plus en plus mafieux, qui aujourd'hui ne vit plus que de l'extorsion des ressources des autres pays, je veux dire les Etats-Unis, alliés à une bande de colons parmi les plus violents de l'histoire, à l'identité ethnoculturelle toujours plus exacerbée et intolérante.

Je note que le cartel des pirates et la bande des colonisateurs sont tous les deux dotés de l'arme nucléaire, ce qui les rend encore plus dangereux.

On est très loin des aimables considérations sur régimes démocratiques contre autocratie. Et ce serait bien si les experts cessaient de faire du bruit sur la ligne en invoquant christianisme, judaïsme ou islam pour justifier la tentative de destruction systématique, depuis quarante ans, par les Etats-Unis et Israël, d'un Etat vieux de presque 3000 ans.

Non, ce qui se joue, c'est la forme d'organisation humaine qui l'emportera. Soit l'Etat - un modèle commun à la Chine, l'Iran, l’Inde mais aussi, heureusement pour nous, tous les héritiers de Rome, la France et la Russie au premier chef ; c'est-à-dire la capacité à faire coexister pacifiquement cultures, religions, nationalités dans des frontières stables avec un code juridique à tendance universelle. Soit des formes archaïques d'organisation humaine du type oligarchie mafieuse ou tribu guerrière vivant de razzias.

L'un des acteurs les plus pervers mais les plus lucides de l'affrontement en cours, Benjamin Netanyahou, l'a dit à maintes reprises : son ennemi c'est "Rome". C'est bien le seul point où l'on peut être d'accord avec lui.

Edouard Husson


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Nous sommes tous d'accord pour dire que cette guerre est asymétrique.

D'un côté, vous avez :

- Le Dr Ali Larijani (secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale d'Iran) auteur de trois essais sur Emmanuel Kant :

• La méthode mathématique dans la philosophie de Kant.

• La métaphysique et les sciences exactes dans la philosophie de Kant.

• L’intuition et les jugements synthétiques a priori dans la philosophie de Kant.

- Le Dr Abbas Araghchi (Ministre des Affaires étrangères), docteur en philosophie de l'Université du Kent. Sa thèse de doctorat : « L’évolution du concept de participation politique dans la pensée politique islamique du XXe siècle. »

Et de l'autre côté : Donald Trump amateur d'actrices porno et ami du pédocriminel Epstein. Un homme dont le vocabulaire dépasse à peine les 200 mots. Citation la plus célèbre gravée dans le marbre : "Attrapez-les par la chatte !" (Grab Them by the Pussy).







"Cette image de Téhéran m’a donné la nausée"



Au neuvième jour de la guerre, les bombardements se sont encore intensifiés dimanche 8 mars.

Je n’étais pas née quand les USA ont largué des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, mais j’avais 56 ans quand les USA et Israël ont commis un génocide en Palestine, transformé Téhéran en enfer sur terre, bombardé une école de petites filles à Minab, et torpillé une frégate non armée à plus de 3000 km du théâtre d’un conflit.

Pendant toute mon enfance et ma jeunesse, on nous disait que c’était eux les civilisés, les bons, les gentils.

C’est eux qui violent, mangent et tuent des enfants à tour de bras, mais ce sont les autres les sauvages.

C’est eux qui bombardent, napalment, asphyxient, rasent des villes entières, mais ce sont les autres les mauvais.

C’est eux qui enlèvent et tuent les présidents, chefs d’état et leaders religieux à l’étranger, et volent leurs ressources, mais ce sont les autres les méchants.

Cette image de Téhéran m’a donné la nausée. Et si ce qui s’est passé aujourd’hui ne suffit pas à briser les Iraniens, la prochaine étape pour Trump et son copain Netanyahu sera d’utiliser la bombe atomique. Et quand, ils auront terminé avec l’Iran, ils continueront avec Cuba, puis ils viendront chez nous en Afrique. La seule chose qui pourrait les freiner, c’est de réexporter chez eux la violence qu’ils imposent aux autres. Mais ça, personne ne le fera. Parce que personne n’est aussi sauvage et assoiffé de sang que ces gens.

Chères Iraniennes, pour la journée internationale des droits de la femme, vos ”sauveurs” vous ont juste réservé le droit de mourir.

Et nous, nous avons regardé, impuissants, et nous n’avons rien fait. Pardon.


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Dans le cadre de l'option Samson, Israël se réserve le "droit" de lancer des attaques nucléaires non seulement contre les agresseurs directs, mais aussi contre toute nation qu'il juge complice de sa chute.


Je vois monter une inquiétude concernant une potentielle frappe nucléaire israélo-américaine.

Soyons Français ! Gardons notre sang-froid. Et réfléchissons aux points suivants :

1. Parler de frappe nucléaire est curieux. On nous avait dit que l'Iran perdait la guerre...

2. Parler de frappe nucléaire peut être l'ultime manœuvre, pour un establishment américain et occidental en perdition pour continuer à faire régner la peur alors que tout le monde commence à voir que le roi est nu.

3. Il y a une succession d'obstacles avant qu'un chef de l'Etat puisse appuyer sur le bouton. Le Pentagone, hostile à la guerre, bloquerait Trump très en amont.

4. Et la bombe israélienne clandestine, direz-vous ? Oui, nous sommes confrontés à un danger. Seymour Hersh avait attiré l'attention sur le complexe psychologique de Samson - ce personnage de la Bible qui entraîne ses ennemis dans sa chute.

Mais : a. je ne pense pas que la bombe israélienne soit opérationnelle sans soutien logistique américain.

B. Les Russes et les Chinois surveillent cette question comme le lait sur le feu.

C. L'Iran semble avoir déjà ciblé des sites militaires sensibles. Et vu la rationalité implacable de la stratégie iranienne de riposte et de démantèlement progressif des défenses adverses depuis huit jours, je serais étonné que Téhéran ait oublié d'inclure le scénario d'une frappe nucléaire israélienne à sa planification.

D. Et puis, croit-on vraiment que Netanyahou, planqué comme un trouillard depuis huit jours, soit encore en état de déclencher un tel processus ?

5. Reste la possibilité d'une "bombe sale" manipulée par un terroriste commandité par le MI6, la CIA ou le Mossad. Les Occidentaux sont les premiers organisateurs et financeurs du terrorisme international. C'est le seul scénario réaliste, sans doute. Mais là encore, maîtrisons nos nerfs. La réalité est toujours plus complexe qu'un James Bond.




L'égrégore Epstein. La politique de la prédation institutionnalisée





« Je deviens plus fort à mesure que tu t'affaiblis, j'absorbe ta force. J'en suis capable car je ne ressens pas ta douleur, ta perte m'est indifférente et je ne regrette rien de t'avoir utilisé, maltraité et dévoré. » 
— Page 63, "L'Âge de Lucifer".

Considérez ce qui suit :

« Ce livre explore une étrange spiritualité nouvelle, sur le point d'entrer en concurrence avec les religions établies. Mon but est de vous convaincre que son émergence est probable, voire inévitable. J'entame cette exploration par une hypothèse non prouvée, fondée sur les principes de l'évolution darwinienne : un nouveau prédateur apparaîtra sur notre planète, un prototype évolutif conçu pour s'attaquer aux humains. Une autre hypothèse suit : ce prédateur évoluera progressivement à partir de l'humanité, tout comme nous avons apparemment évolué à partir de formes inférieures pour les chasser. Une autre hypothèse encore suggère que ces prédateurs sont déjà apparus sous forme de prototypes évolutifs, de nouveaux humains dotés de méthodes de survie avancées et de nouvelles formes d'expression spirituelle et d'organisation religieuse conçues pour soutenir et favoriser leur prédation. »

— Robert C. Tucker, "L'Ère de Lucifer : Spiritualité prédatrice et quête de la divinité".


Le livre en question est « L'Âge de Lucifer : Spiritualité prédatrice et quête de la divinité » de Robert C. Tucker. J'en ai parlé pour la première fois dans un article de Bombthrower : « Le Forum économique mondial n'est pas une cabale, c'est une secte » , et je ne me souviens plus comment je me le suis procuré. Je me souviens l'avoir possédé pendant des années sans jamais le lire, car, franchement, il m'effrayait.

Au début, j'ai cru que c'était une sorte de manuel de psychopathie – comment transcender ses émotions humaines limitantes pour atteindre le pouvoir et la gloire (voire la divinité ?) grâce à la prédation énergétique de ceux qui vous entourent.

Mais une fois que j'ai découvert que son auteur était un ancien conseiller et directeur de COMA, le Conseil sur les abus mentaux , basé au Canada, cela a commencé à prendre une autre dimension.

COMA travaillait avec des « adultes survivants et des enfants victimes d’ abus rituels », et Tucker a passé une grande partie de sa vie adulte à interviewer des satanistes et des lucifériens (oui, il y a une distinction, comme Tucker l’expliquera dans ce livre).


Le dieu ailé Lucifer, avec un enfant humain sur ses genoux…


Il s'agissait d'une étude anthropologique, née d'une expérience de pensée :

Et si tous ces abus rituels dont nous sommes témoins n'étaient pas de la criminalité aléatoire, mais l'expression d'un principe organisateur global qui considérait les simples êtres humains comme de la chair à canon psychique, à dévorer au profit de ceux qui étaient au courant ?

Dans ses conversations avec des satanistes et des sociopathes, Tucker a perçu à plusieurs reprises une odeur de quelque chose qu'il n'a jamais nommé, mais qu'il a décrit comme « la chose qui pointe au-delà d'elle-même ».

COMA a finalement fait faillite, victime d'une campagne de dénigrement acharnée menée par l'Église de Scientologie. Tucker est décédé d'une crise cardiaque au Mexique en 2003.

Dans mon article original sur Bombthrower, j'ai repris le fil conducteur de « La chose qui pointe au-delà d'elle-même », postulant l'existence très réelle, et non métaphorique, d'entités transpersonnelles plus vastes telles que les égrégores, les champs morphogéniques, les « pendules » de Vadim Zeland, la mémétique et les formes de pensée de masse en général.

Alors que le monde tente de comprendre les millions de nouveaux documents Epstein, partiellement déclassifiés, il devient très difficile d'ignorer la dynamique de ce qui s'est révélé être à l'œuvre aux plus hauts niveaux du pouvoir institutionnel, et ce depuis au moins des décennies.

La chose qui pointe au-delà d'elle-même

Un égrégore n'est ni une analogie ni un concept mythique. Il désigne ce que devient un système de croyances partagé lorsqu'il fusionne avec des incitations et des institutions et commence à se comporter comme un organisme. Il recrute, se nourrit et se protège. Le réseau Epstein n'est pas l'égrégore, mais l'un de ses organes.

À mesure que les noms défilent, il est difficile de ne pas avoir l'impression que, absolument tous ceux qui avaient atteint la gloire, l'influence, le pouvoir ou la renommée étaient mêlés à une cabale organisée de dépravation et de turpitude morale.

C'est comme si tous les discours TED auxquels vous avez acquiescé, tous les chanteurs primés aux Grammy Awards pour lesquels vous avez vibré au son de leurs chansons, tous les politiciens pour lesquels vous avez voté et tous les chefs d'entreprise dont vous avez acheté des actions, TOUS se moquaient de vous dans votre dos, parce que c'était un club très fermé et que vous n'en faisiez pas partie.

Le Club est engagé dans une stratégie de domination mondiale, et ses méthodes incluent la fraude, le racket, le chantage et les abus ritualisés envers les femmes et les enfants.


FedEx : « Quand vous avez absolument, positivement besoin d'une fresque murale représentant un massacre d'enfants pour un rituel qui aura lieu mercredi à 14h »

Mais ce qui est étrange avec ce club, c'est la prédominance apparente de pédophiles et de prédateurs sexuels. Est-ce que personne de bien n'accède jamais à des postes d'autorité ?

Le Club doit être animé par quelque chose, qu'il s'agisse d'une structure d'incitation ou d'une dynamique qui attire à la fois les sociopathes et les incapables facilement manipulables.

Mais cela va au-delà.

La falsification du rasoir de Hanlon

Le rasoir de Hanlon était autrefois le fondement de ma pensée. Il est dérivé du rasoir d'Occam. En résumé, il nous conseille :

« N’attribuez jamais à un complot ce qui peut s’expliquer par la stupidité. »

Quand on observe les profils des personnes engluées dans le gouvernement, la bureaucratie et le monde universitaire, cela paraît logique. On ne trouverait nulle part dans le secteur privé une telle concentration monotone d'apparatchiks unidimensionnels. Toute entreprise dirigée par une telle médiocrité institutionnalisée serait totalement désavantagée sur le plan concurrentiel et ferait faillite.

Cependant, j'aurais également dû prendre davantage en compte une observation faite il y a plus de vingt ans par James Dale Davidson et Lord Rees-Mogg dans leur ouvrage fondamental intitulé "The Sovereign Individual" :

« On a trop peu prêté attention au fait que la politique électorale attire des personnalités désordonnées et messianiques vers des postes de pouvoir. »

Mon postulat de base était que la classe politique était, par définition, composée d'échecs et de laissés-pour-compte. Éliminés du secteur privé, ils s'étaient ensuite tournés vers la politique par nécessité.

Je pensais que croire en un vaste complot d'élites puissantes qui contrôlaient tout était une pensée de perdant. Cela engendrait chez le croyant un sentiment d'impuissance, le rendant ambivalent et docile.

Maintenant, je réalise que je suis le perdant – du moins aux yeux de tous les membres du Club, car il ne fait désormais plus aucun doute, sauf pour les volontairement ignorants – que le Club existe, et que toute la classe politique dirigeante, les oligarques des entreprises, les influenceurs des conférences TED, les commentateurs et experts de CNN en font tous partie.

Maintenant que je sais que le Club existe, et que ceux qui se cachent derrière tirent les ficelles du pouvoir, du récit et de l'argent, je ne me sens plus impuissant.

Ça me met en colère. Comme sans doute beaucoup d'autres personnes.

Mais le Club est animé par quelque chose qui le motive, quelque chose qui se cache derrière.

Que cachent les trois M ?

J'ai écrit à de nombreuses reprises que le principal mal qui afflige l'humanité aujourd'hui est ce que j'appelle en privé les « 3M de l'insularité élitiste » : les membres du Club sont malthusiens, misanthropes et marxistes.

Mais je soupçonne maintenant qu'il ne s'agit que de simples symptômes de la manière dont se présente La Chose qui pointe au-delà d'elle-même, et cette chose est…



Un culte de la mort luciférien

Tout au long de son livre, le terme utilisé par Tucker pour désigner sa spiritualité prédatrice supposée est le luciférisme, et il a déclaré que

« Elle renforce et encourage quatre énergies fondamentales — la dévoration, la possession, la violence et le déguisement — qui, à leur tour, aident le luciférien à transformer sa conscience, à animer son potentiel caché et, finalement, à atteindre la divinité. »

La dévoration est le processus central – c'est l'acte d'ingérer différents types d'énergie pour soi-même, qu'il s'agisse de richesse, de biens ou d'énergie vitale elle-même – tout est permis aux élites du Club, car elles considèrent que tout leur appartient de droit divin.

« Les lucifériens croient que l’identité fondamentale ne peut être dévorée que lorsqu’elle est brisée comme une coquille d’œuf ou de noix. Une fois brisée, l’identité de la victime libère des énergies puissantes. » Page 71.

(Ambiance adrènechrome très prononcée…)

Les élites, le Club, se perçoivent comme une civilisation dissidente – mais pas au sens où je l'entends depuis des années. Pour moi, il s'agissait d'une scission en deux courants distincts au sein de l'humanité, à l'image des Éloïs et des Morlocks imaginés par l'irascible communiste H.G. Wells dans "La Machine à explorer le temps".

Mais le Club ne se sépare pas de l'humanité entière ; il utilise les masses comme carburant pour une séparation d'étages, à la manière d'une fusée d'appoint. Prêts à nous larguer nos enveloppes vides, à mesure que notre énergie psychique est consumée, pour nous propulser vers les étoiles et la divinité.

Pour que nous autres acceptions cela, nous devons nous y soumettre et accepter de nous servir de carburant énergétique à ceux qui nous surpassent.

Cela implique la promotion de ce que Tucker appelle les « traditions autodestructrices », et nous le constatons dans diverses formes de manipulation psychique et d'opérations d'influence de masse qui induisent une léthargie intellectuelle et instinctive tant au niveau individuel que collectif :

« L’expérience d’être dévoré émotionnellement, cognitivement ou spirituellement se produit généralement progressivement. La dévoration elle-même n’est jamais perceptible par la victime ; si elle l’était, des mécanismes de défense seraient mis en place. »

Toute souffrance endurée par les victimes est attribuée à d'autres causes – je les considère comme des « boucs émissaires institutionnels ».

L’expression « empathie suicidaire » est née du scepticisme de ceux qui remettent en question la pertinence de se laisser dévorer psychiquement, économiquement et même physiquement au profit du Club, soi-disant au service de la vocation supérieure du collectif.

Nous devons être conditionnés à désirer la fin de notre propre existence comme un impératif moral en soi – d’où la crise climatique implacable, le discours qui assimile l’humanité à un cancer, l’institutionnalisation de l’euthanasie, de l’avortement et l’incitation à une pseudo-science médicale qui induit des psychoses violentes à grande échelle.

À l'instar de l'équation anti-vie postulée dans la série New Gods de DC Comics, la plupart des humains doivent être conditionnés à vouloir mourir.

…afin que la « promotion de fin d’études », comme je l’ai appelée par le passé, puisse nous utiliser comme carburant pour accéder à la divinité.

Le livre de Tucker a été mis de côté comme une expérience de pensée, et c'est là qu'il est resté pour moi, jusqu'à présent.

Lorsqu'on applique ce modèle au monde dans lequel nous vivons, la question n'est plus de savoir si une nouvelle spiritualité de classe prédatrice pourrait émerger.
Elle est déjà là, et le fait est que nous vivons dans un système qui lui est parfaitement adapté.

À un moment donné, un prototype a évolué au sein de l'espèce et a appris à s'attaquer à ses congénères. Comme je l'ai expliqué dans
un autre article (très long), cela dure probablement depuis très longtemps .

(Cet article mentionnait par hasard Ira Magaziner, membre influent de la Fondation Clinton, son rôle dans la structuration d'Internet et sa présence dans le carnet noir d'Epstein ; les dernières révélations concernant Epstein montrent, malgré les dénégations, que Magaziner et Epstein étaient bel et bien en contact, au-delà des allégations formulées. Ira est toujours PDG de la Clinton Health Access Initiative. Son fils est le député Seth Magaziner, démocrate de Rhode Island.)

Revenons au Club : au fil des siècles, ils ont bâti une architecture sociale et spirituelle qui normalise la prédation et la favorise, en déployant des efforts particuliers pour récupérer tout ce qui pourrait la remettre en question. Tucker l’appelait « spiritualité prédatrice ». Nous, nous utilisons d’autres termes. Le comportement, lui, reste le même.

Et où une telle classe (le Club) prendrait-elle ses quartiers, si elle existait réellement ?

Ils ne vivraient pas en marge de la société, ni ne se fondraient dans la masse des classes défavorisées et impuissantes.

Le Club progresserait inexorablement vers le sommet. Il infiltrerait les institutions qui confèrent l'impunité, arpenterait les couloirs du pouvoir où les faveurs font loi.
Il prendrait le contrôle des médias où la manipulation façonne la réalité et se placerait au-dessus des lois, là où les conséquences pèsent sur les autres, sur le peuple.

La spiritualité prédatrice s'installe là où émane le pouvoir, car c'est là qu'elle peut se nourrir sans être vue, ou du moins en toute impunité.

Guerre civile, SplinterNet et guillotines
(en d'autres termes, où allons-nous…)

Epstein n'est pas important parce qu'il était exceptionnellement dépravé. Il est important parce qu'il est l'icône, le symbole qui transcende sa propre personne.

Les manœuvres de son réseau nous offrent un aperçu de son fonctionnement. C'est une étude de cas illustrant l'imbrication du pouvoir, des rituels et de la protection institutionnelle. Dès lors, la question n'est plus « Comment cela a-t-il pu arriver ? » mais « Depuis combien de temps cela dure-t-il ? » et « Qui ou quoi n'a pas été corrompu par ce système ? »

Dans le prochain article, j'élargirai mon champ d'analyse. Car lorsque la légitimité institutionnelle s'effondre, des structures alternatives comblent le vide.

Malgré ce que le Club souhaiterait pour le peuple, en fin de compte, les gens ne veulent pas être dévorés psychiquement, économiquement et spirituellement au profit d'une classe dominante et repliée sur elle-même.

Depuis des années, j'écris que l'ère de la centralisation et la géométrie linéaire de l'ère industrielle sont vouées à l'effondrement. Il était, et il est encore, trop tôt pour prédire l'avenir – mais quoi qu'il en soit, compte tenu de l'architecture émergente de l'ère du réseau, ce ne sera pas une hiérarchie verticale, dominée par des prêtres (lucifériens) du temple.

Quand on me demande de décrire brièvement ce que je vois venir, ma réponse a toujours été et reste : Catastrophe neigeuse.

On est déjà en plein Snow Crash. pic.twitter.com/KJjgRI6snQ

— Mark E. Jeftovic (@jeftovic) 11 février 2026

À mesure que l'effondrement de la légitimité institutionnelle s'accélère, les groupements non étatiques combleront le vide et fourniront l'échafaudage fonctionnel que les gouvernements civils ne sont plus disposés ou capables de fournir.

Parfois, cela ressemble à des rackets de protection. Parfois, cela ressemble à des zones économiques spéciales, à des souverainetés de franchise ou à des cités-États.

Parfois, ils ressemblent à des cartels utilisant des drones. Parfois, ils ressemblent à des sociétés transnationales dotées de services de renseignement privés.

Le résultat final est le même : fragmentation, autorités concurrentes, réseaux disjoints (et réalité consensuelle brisée).

Voilà où cela nous mène.

Épilogue

Mon prochain article explore une nouvelle construction sociale étrange, sur le point d'entrer en concurrence avec les souverainetés établies. Mon objectif est de vous convaincre que son émergence est probable, voire inévitable. J'entame cette exploration par une hypothèse non prouvée, fondée sur la théorie des jeux et de simples incitations : une nouvelle classe de souverains irréguliers apparaîtra sur notre planète, un prototype évolutif conçu pour s'opposer à la prédation luciférienne . Une autre hypothèse en découle : ces factions évolueront progressivement à partir d'États-nations largement compromis, tout comme nous avons apparemment évolué à partir d'anciennes structures de gouvernance obsolètes. Une autre hypothèse encore suggère que ces groupes sont déjà apparus comme des prototypes évolutifs, des guérillas dotées de méthodes de résilience avancées, de nouvelles formes de communication et de tactiques asymétriques destinées à soutenir et à faire progresser leur insurrection.

MARK E. JEFTOVIC 



dimanche 8 mars 2026

La France est leur 2ème Palestine



« Nous trouverons encore de puissants auxiliaires, de fervents apôtres dans les tribus judaïques, qui regardent la France comme une seconde Palestine." 
Anacharsis Cloots, "La République universelle".


"C'est d'ici (Moscou) que se mène le combat pour la libération de la France désormais !"


Alain Soral, qui a rejoint Moscou comme les opposants au nazisme rejoignaient Londres durant la seconde guerre mondiale, a twitté :   

"Comme je l'ai prophétisé (vidéo ci-dessous), nous allons voir dans les mois qui viennent des centaines de milliers de juifs supplémentaires se rabattre sur la France pour quitter Israël, raison pour laquelle le CRIF et ses nombreux valets s'acharnent à détruire à vitesse accélérée tout ce qui reste de gauche antiraciste, donc antisioniste.

D'où la diabolisation accélérée de Mélenchon et de LFI et la réhabilitation du traditionnel parti d'extrême droite RN.

Dorénavant ce n'est plus la Shoah et l'antiracisme qui guide nos maîtres communautaires, mais la Torah et son racisme décomplexé déjà parfaitement illustré à Gaza.

Un racisme qui n'est évidemment pas pour déplaire aux soumis du RN qui peuvent jouer à n'y voir que l'expression légitime de la question identitaire...

Sous la tutelle du CRIF - autant dire d'Israël - le climat de guerre civile, dont l'affaire Quentin n'était qu'une prémisse, va donc encore s'aggraver. Et ce afin qu'une certaine communauté organisée, minuscule et hostile, puisse continuer à régner sur notre pauvre France occupée par le diviser pour régner !

Insultez et menacez tant que vous voulez, suprémacistes sionistes, c'est exactement ce qui est en train de se passer et chaque jour qui passe aide à vous démasquer. [...]

La France étant totalement sous occupation des suprémacistes sionistes, c'est d'ici que se mène le combat pour la libération de la France désormais ! Je reviendrai..."


E&R :

La Russie aujourd’hui mène une guerre existentielle, selon les propres mots du président Poutine, contre les forces de l’OTAN, l’Ukraine ne servant que de proxy et malheureusement de réserve de chair à canon.


Officiellement, le pays de Zelensky, ce président fantoche, a perdu 55 000 hommes depuis le 24 février 2022. Officieusement, selon les chiffres cachés
du ministère de l’Intérieur kiévien, le nombre de morts et disparus oscille entre 1 400 000 et 1 700 000. Sans oublier les dix millions d’habitants partis à l’est ou à l’ouest, ou se cachant, et on les comprend.

Dans ce contexte, Alain Soral, le dissident français numéro un, part s’installer en Russie, où, selon ses propres mots, il poursuit le combat pour la libération. Cela nous rappelle quelque chose, il y a 86 ans...

L’écrivain est l’objet d’une persécution sans précédent pour des propos et des prises de paroles qui déplaisent au pouvoir profond français, au pouvoir profond qui sévit en France serait plus juste.

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Aymeric Caron, député de La France Insoumise :

"Tout s’écrivait déjà à Gaza, quand personne ne voulait écouter.

Israël est dirigé par des fanatiques racistes qui massacrent avec des méthodes de fascistes qu’ils sont, avec un mépris absolu pour toute vie qui les dérange, y compris celle des enfants.

Ces fanatiques n’en ont rien à faire d’éliminer le Hamas ou le Hezbollah. Ces « objectifs » ne sont que des prétextes pour tuer, déporter, coloniser, et agrandir Israël.

N’oubliez pas qu’à l’assemblée nationale française et au gouvernement, l’équipe de criminels qui dirige Israël est largement soutenue. Notre pays n’avait pas choisi ce camp depuis 1944."



Le truc le plus fou que j'ai vu cette semaine


200 000 neurones humains cultivés en labo viennent d'apprendre à jouer à Doom.



Pas programmés. Ils apprennent seuls.

En fait on vient de prouver qu'on peut créer des systèmes intelligents basés sur de la vraie biologie, en dehors du corps humain.

L'IA telle qu'on la connaît c'est du pattern matching sur du silicium. Là on parle de neurones qui s'auto-organisent et développent des comportements adaptatifs. 

C'est peut-être plus dangereux que tout ce qu'on débat aujourd'hui sur l'IA. Parce que la question n'est plus "est-ce que c'est intelligent ?". La question devient "est-ce que c'est conscient ?".

Source : 
Brivael sur X

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Grok :

"Les neurones viennent de cellules souches humaines cultivées en labo (type iPSC, reprogrammées à partir de cellules adultes). Ils sont créés de toute pièce en différenciant ces cellules en neurones vivants, pas prélevés sur des cadavres. C’est de la biotech pure pour faire des « mini-cerveaux » in vitro chez Cortical Labs."


Quelles sont les mœurs sexuelles des grands de ce monde ?

 

(vidéo témoignage essentiel ! 44’06)


En 2003, alors que les prostituées témoignent chez les gendarmes, Pierre Roche est mort dans des conditions que ses enfants jugent suspectes. L’affaire Alègre a éclaté deux mois plus tard.
Charles Louis-Roche et sa sœur Diane en sont persuadés. La mort de leur père, Pierre Roche, président de chambre à la cour d'appel de Montpellier, décédé le 22 février 2003 à l'âge de 60 ans, n'a rien de naturelle.


Après les affaires Daniel Cohn-Bendit, roman Polanski, Frédéric Mitterrand, etc. (soupçonnés de pédophilie, de tourisme sexuel, ou même de viol sur enfant pour l’un d’entre eux qui aurait paraît-il drogué sa victime), ainsi qu’au vu du soutien spontané, massif et instantané qu’ont obtenu ces présumés innocents au sein d’une large fraction des portes-paroles de la classe dominante, on est en droit de se demander quelles sont les mœurs sexuelles des grands de ce monde, ou tout du moins d’une partie d’entre eux. Voici, pour répondre partiellement à cette question, le témoignage des Enfants Roche, qui parlent de leur père haut-magistrat, de Dominique Baudis, de Dominique Perben et de diverses choses à propos de l’affaire nommée "Allègre" par les médias afin de lui donner le nom d’un lampiste. Cette affaire eut lieu à Toulouse peu avant le scandale d’Outreau dont on se demande bien s’il n’a pas eu pour seul but de faire oublier le scandale de Toulouse :


Rappelons qu’au tout début de son célèbre livre "Les cent vingt journées de sodome", le divin marquis de Sade nous précise bien qu’il va décrire les pratiques sexuelles d’une partie de la classe dominante de son époque. Son livre fut censuré en France pendant au moins cent cinquante ans, les maîtres du monde trouvant par trop dangereux qu’une telle dénonciation tombe entre les mains de ceux qu’ils exploitent et subjuguent à l’aide d’une morale qu’ils sont loin de respecter eux-mêmes, bien au contraire.

Une bonne façon de censurer Sade fut aussi de nommer "sadisme" les pratiques sexuelles qu’il a dénoncées.

Sade sortit de l’oubli grâce au film du cinéaste Guy Debord "Hurlement en faveur de Sade" en 1952. Ensuite, il fut publié par Jean-Jacques Pauvert en 1956. Mais Pauvert fut condamné pour avoir osé le publier et ainsi le rendre accessible au commun des mortels.

Signalons aussi que Stanley Kubrick mourut avant d’avoir terminé son film-dénonciation "Eyes wide shut" ; "on" le termina à sa place. « Stanley Kubrick est-il mort de mort naturelle ? » est une question que n’a pas posé la presse.

Source :

samedi 7 mars 2026

Les pays qui ont bombardé l’Iran sont les pays qui ont perdu leur tradition et leur culture

 


par Thomas


Quand on regarde les pays qui ont attaqué l’Iran, c’est-à-dire l’Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats, Bahreïn et le Koweït, et les pays qui ne l’ont pas fait, la Turquie, le Yémen et Oman, quelque chose est frappant.

D’un côté, les pays qui ont troqué leurs valeurs et leurs traditions contre la modernité. De l’autre, ceux qui ont su les conserver, et refuser autant que possible la modernité. Ne dit-on pas par exemple qu’Oman est l’anti-Dubaï ?

On pourrait aussi dire que partout où l’Occident dégénéré passe, tout ce qu’il y a de beau disparaît, au profit du moche. Il suffit de comparer les villes de Mascate, Sana, ou Shiraz avec celles de Riyad, Doha ou Dubaï.




On pourrait même se demander si ces pays qui se sont lâchement regroupés en masse pour attaquer le valeureux peuple d’Iran, en plein ramadan qui plus est, ne l’ont pas fait en partie par jalousie (la soumission à l’Hégémon étant l’autre partie). Et oui car dans ce monde dégénéré, quand on marche droit et qu’on a des valeurs, on attise la jalousie et la haine de ceux qui se sont perdus.

La parallèle avec la Russie est évident. Tout un tas de pays perdant leurs valeurs, leur spiritualité, leurs traditions, se regroupent pour attaquer le mauvais élève, qui refuse de se conformer au néant. Qui refuse de mourir.

La guerre contre la Russie et l’Iran est la guerre du mondialisme contre le souverainisme, mais aussi et de fait la guerre du matérialisme contre le spirituel, de la modernité contre la tradition, et in fine du Mal contre le Bien, et de la mort contre la vie. Si l’Iran, la Chine et la Russie perdent, c’est l’Humanité qui perd. Nous sommes tous concernés.

Au passage, tirons un coup de chapeau à l’Espagne, qui a refusé d’utiliser ses bases pour bombarder un pays innocent, et qui redore le blason d’un Occident perdu. Espérons que leur courage puisse montrer la voie à d’autres…


https://reseauinternational.net/les-pays-qui-ont-bombarde-liran-sont-les-pays-qui-ont-perdu-leur-tradition-et-leur-culture



Charade mondialiste et guéguerre mondiale



L’Iran joue comme d’autres au shah et à la souris avec les États-Unis depuis quarante ans et plus. Ceux-ci sont maintenant (enfin, théoriquement…) en faillite et connaissent un beau déclin militaire ; on se doute malgré Giraldi et tous ceux qui aiment dramatiser que tout cela ne nous mènerait pas loin ; et que les chinois toujours aussi prudents (pardon, taoïstes) ne tolèreraient pas une fermeture du détroit d’Ormuz qui avèrerait comme on dit aujourd’hui contreproductive. Seule l’Asie aurait été sanctionnée, et l’Europe qui aime ça et qui sous peu va priver ses retraités de retraites pour financer l’OTAN de Mark Rutte, le même qui désossait son pays pour faire plaisir au mentor Klaus Schwab. L’extrême-droite auto-contrôlée, elle, renchérit, quel que soit le sujet.

Rappelons que pour Makow et d’autres il n’y a qu’une charade globale avec des complices mondialistes et maçons comme Poutine, les mollahs (revoyez l’épisode de Leslie Nielsen à Beyrouth) Bibi en personne et tout le reste. Le mouchoir woke oublié (dont on se fout, car la natalité est de toute manière foutue partout), tout ce monde est d’accord sur tout.

Personne ne conteste le fond de l’affaire : le Grand Reset, les CBDC et la faillite, la fin de l’énergie, la Terreur informatique globalisée, que Trump met en place aux USA avec Palantir et son dôme d’or, la liquidation folle du patrimoine (Russie toujours, voyez Laurence Guillon). Le reste est littérature et le Grand Jeu y compris sur le terrain minable de la guerre ukrainienne n’est qu’un petit jeu destiné à masquer ou à enjoliver ou à justifier le cauchemar globaliste qui se met en place et dont nous eûmes un avant-goût, un avant-dégoût plutôt pendant l’épisode épouvantable du Covid. Il est clair aussi (pourquoi s’affoler ?…) que la médiocrité générale des personnels politiques et technocratiques peut ralentir cette mise en place du cyber-totalitarisme que j’annonçais dans mon livre Internet en 2001. Le commentateur du monde terminait son rapport sur mon livre en citant Einstein sur la troisième guerre mondiale : mais ce n’est pas ce que disait mon livre. Je décrivais un homme enfermé, cybernétisé et liquidé dans le futur.

Les affaires géostratégiques sont terminées depuis 1945 ; tout est contrôlé par des boites et des oligarques installés en Suisse, à Singapour ou dans le New Jersey. Ces Dr Folamour sont des hommes-machines, des robots-banquiers façon Musk et ils ont perdu toute humanité, cherchant au contraire à se débarrasser de ce trop-plein d’humains que nous amenés le progrès. Cela relève du jeu de domino pour commentateur fatigué, pour militaire bureaucratisé, surtout pour actionnaire de boîte d’armement.

Le vrai problème c’est la surpopulation, disait Huxley dans son Retour au Meilleur des mondes (cf. Gaza). Et cette surpopulation n’est même plus une surpopulation d’enfants mais de vieux. Eugène Kusmiak a rappelé l’effondrement, la disparition même de la population chinoise ou iranienne (multipolaire, ce monde ?), qui prend des proportions espagnoles, voire italiennes… Tout cela mérite réflexion, plus que les slaps in the face de l’après Soleimani ou ces attaques israéliennes qui ont montré l’épuisement physique et psychique d’une société sioniste qu’on prétendait fanatique et apocalyptique.

Allez, un peu de Drieu :

"Tous se promènent satisfaits dans cet enfer incroyable, cette illusion énorme, cet univers de camelote qui est le monde moderne où bientôt plus une lueur spirituelle ne pénétrera…
Il n’y a plus de partis dans les classes plus de classes dans les nations, et demain il n’y aura plus de nations, plus rien qu’une immense chose inconsciente, uniforme et obscure, la civilisation mondiale, de modèle européen."

Anti-civilisation plutôt, rappelait Guénon.




vendredi 6 mars 2026

Aujourd'hui l'Iran, demain la Russie



Nous vivons les derniers temps – regardez l'Occident, la liste Epstein. Les détails que nous apprenons sur les élites qui le gouvernent révèlent qu'il s'agit véritablement d'une civilisation de Baal. C'est un culte satanique, une véritable secte.




Aujourd'hui l'Iran, demain la Russie

L'Iran, Trump et le moment où l'ordre mondial s'est finalement effondré

Alexandre Douguine parle de l'Iran, du Katechon et de la guerre qui pourrait remodeler le monde.

Conversation avec Alexander Dugin dans l'émission Escalade de Sputnik TV.


Animateur : Chers amis, nous abordons aujourd'hui un sujet grave et important. Tout le monde en parle, et à juste titre, car un événement historique est en train de se produire. Je rappelle à nos auditeurs que le 28 février 2026, les forces armées des États-Unis et d'Israël ont lancé une opération conjointe. Des frappes ont été menées contre l'Iran, entraînant la mort du Guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei. De nombreuses autres personnalités de haut rang ont également été éliminées lors de cette attaque. L'Iran a riposté par des frappes contre des bases israéliennes et américaines, et des affrontements militaires ont lieu actuellement. De nombreuses questions se posent quant aux conséquences, aux personnes qui souffriront le plus de ces événements et à la capacité de l'Iran à résister à la pression. Mais la première question qui se pose est : où tout cela va-t-il nous mener ?

Alexandre Douguine : Il s'agit là d'un événement d'une importance capitale. Il est tout à fait possible qu'il marque le début de la Troisième Guerre mondiale, compte tenu des forces considérables désormais en jeu. Les actions des Américains – Trump et Netanyahou – dirigées contre les dirigeants politiques iraniens ont été d'une brutalité extraordinaire.

Il s'agit déjà du deuxième cas de ce genre. Après l'enlèvement de Maduro par les États-Unis, qui ont établi un contrôle direct sur le Venezuela et occupé de facto le pays, ils ont anéanti l'ensemble du pouvoir militaro-politique et religieux iranien. Par son importance, cet acte est comparable à l'élimination du pape ou d'un patriarche orthodoxe, car le chef spirituel des chiites – le Rahbar, l'ayatollah Khamenei – était vénéré bien au-delà de l'Iran. Il était en réalité le chef de l'ensemble du monde chiite, qui compte des centaines de millions de fidèles à travers le globe. Auparavant, Israël avait éliminé les dirigeants du Hamas – une situation plus limitée – puis ceux du Hezbollah, une opération d'une gravité bien plus grande.

Le pouvoir iranien a été brutalement et ouvertement anéanti. Dès lors, les normes internationales, les règles, n'existent plus, et l'ONU, de fait, n'est plus qu'un souvenir. Cette organisation appartient désormais au passé, tel un vestige fantomatique d'un monde disparu. Trump lui-même l'a implicitement admis : le droit international n'existe plus ; tout ce qu'il fait est moral. Tout bascule. L'ancien ordre mondial s'est effondré. Nous avancions progressivement dans cette direction, mais le point de non-retour est désormais franchi. Si un pays peut détruire les dirigeants militaro-politiques et religieux d'un État souverain sans le moindre fondement, alors nous vivons dans un monde radicalement différent : un monde où tout est permis, où la force remplace le droit, où règne le principe : « Si je peux le faire, je le ferai. »

Le comportement de Trump est particulièrement frappant. Tout cela s'est produit pendant les négociations entre Kushner et Witkoff, et selon les informations disponibles, l'Iran avait accepté la quasi-totalité des exigences américaines, littéralement presque tout. Malgré cela, une telle frappe a visé directement les dirigeants du pays. Avant tout, il faut bien comprendre que dans cette situation, nous sommes les prochains. Le Venezuela, l'Iran, et avant cela la Syrie et le Hezbollah : tous ces régimes ou systèmes politiques sont actuellement ciblés par les États-Unis, et ce sont nos alliés.

En effet, si de telles actions peuvent être entreprises contre nos alliés, si tout cela reste impuni, si Trump réussit dans tout ce qu'il entreprend, alors à l'étape suivante — peut-être même lors des négociations entre Kirill Dmitriev et Kushner et Witkoff — une opération similaire visant à un changement de régime dans notre pays pourrait avoir lieu.

Et qu’est-ce qui nous protège d’un tel scénario ? Les armes nucléaires ? Même dans ce cas, la question demeure : les utiliserions-nous réellement ? Dans une situation extrême, l’Occident doute fortement que nous soyons prêts à franchir le pas ; nous proférons trop souvent des menaces sans jamais les mettre à exécution. Parallèlement, des efforts sont déployés pour encercler et isoler notre président. Notre président est, sans aucun doute, la figure sur laquelle repose tout. Dans notre pays, et peut-être même dans le monde, tout dépend de lui. Il est celui qui retient le pouvoir – le Katechon, comme le décrit notre tradition orthodoxe. Aujourd’hui, c’est tout simplement un fait géopolitique, un fait de l’ordre mondial.

Mais si les Américains — Trump lui-même — se persuadent que d'autres dirigeants russes qui pourraient, Dieu nous en préserve, remplacer notre président seraient plus conciliants envers l'Occident — et c'était précisément le calcul en Iran, lorsque les dirigeants souverains de ce pays ont été physiquement éliminés parce qu'ils menaient des politiques qui ne correspondaient pas aux intérêts américains —, alors qu'est-ce qui les empêcherait de tenter de mettre en œuvre le même scénario ici ?

Trump mène une stratégie géopolitique néoconservatrice d'attaque parfaitement cohérente. Les États ciblés par les mondialistes sous Biden, Obama et Clinton sont exactement les mêmes qu'aujourd'hui. Rien de fondamentalement nouveau n'est apparu. Malgré les scandales et les différends avec les alliés européens de l'OTAN, ces derniers finissent par se rallier aux États-Unis et adopter la même position. Pour nous, la situation est donc extrêmement grave. C'est un dernier avertissement.

Animateur : Je reviens sur la question d’une troisième guerre mondiale. Je me souviens que l’année dernière, nous avons évoqué la situation en Iran – la fameuse « guerre des douze jours » – et nous avions alors prévenu que cela pourrait dégénérer en crise mondiale. Or, cela ne s’est pas produit. Se pourrait-il que, cette fois encore, tout dure douze ou treize jours avant de s’apaiser ? Ou sommes-nous confrontés à des événements d’une toute autre ampleur ?

Alexandre Douguine : Théoriquement, personne ne sait si cela deviendra la Troisième Guerre mondiale ou non. Le problème, c'est que lorsque nous disons trop souvent – ​​et j'en ai fait l'expérience personnellement – ​​« c'est la Troisième Guerre mondiale » ou « c'est la Troisième Guerre mondiale », et qu'il s'avère ensuite que ce n'est pas le cas, et que plus tard nous disons « maintenant la Troisième Guerre mondiale a commencé », un sentiment inverse finit par apparaître : l'impression qu'une Troisième Guerre mondiale ne peut tout simplement pas commencer, qu'elle ne commencera jamais, que tout est sous contrôle. Et c'est précisément là que réside le danger. Si vous le dites trop tôt une fois, ou deux fois, alors quand cela commencera réellement, vous pourriez même avoir peur de dire ouvertement ce qui se déroule sous vos yeux.

Il nous faut donc faire preuve de prudence dans notre analyse de la situation. Ce à quoi nous assistons ressemble aux prémices d'une Troisième Guerre mondiale, mais il se pourrait bien que ce ne soit pas le cas ; cette crise pourrait se résorber. Vous avez posé la question avec justesse. À l'heure actuelle, presque tout dépend – et même notre propre destin, si l'on veut – de la durée de la résistance iranienne. Car si la coalition américano-israélienne parvient à réprimer rapidement la résistance iranienne lors de l'opération que les Américains appellent « Epic Fury »… bien que beaucoup y ajoutent désormais l'expression « Epic Fury d'Epstein ». En réalité, il est assez évident que Trump a lancé cette opération en partie pour détourner l'attention des dossiers Epstein, dans lesquels il apparaît indéniablement sous un jour extrêmement compromettant. De nombreux observateurs estiment que les pressions et le chantage israéliens jouent également un rôle dans cette situation.

Les Israéliens, quant à eux, agissent selon une ligne idéologique totalement différente. Il s'agit ici d'un projet eschatologique : la construction d'un « Grand Israël », l'attente des derniers jours et la venue du Messie. C'est une motivation très sérieuse dans la guerre qu'Israël appelle « Le Bouclier de Juda ». Et les Iraniens – les Iraniens sont désormais entrés dans ce qu'ils considèrent comme la bataille finale. Il était déjà clair, lors de la phase précédente, pendant la guerre des douze jours, qu'il ne s'agissait pas d'une guerre pleinement développée ; cela ressemblait davantage à une préparation. L'Iran ne s'était pas pleinement engagé à ce moment-là. Peut-être même aujourd'hui, l'Iran ne serait-il pas entré pleinement dans le conflit si les Américains eux-mêmes n'avaient pas pris des mesures aussi radicales. L'Iran n'a désormais d'autre choix que de se battre jusqu'au bout : attaquer toutes les cibles possibles, fermer le détroit d'Ormuz aux navires américains ou occidentaux et aux navires appartenant aux pays qui ont agi contre lui, frapper les bases militaires et toutes les autres cibles qu'il peut atteindre, déclencher des soulèvements chiites à travers le Moyen-Orient et partout où son influence peut s'étendre, et mener cette lutte – la bataille finale – jusqu'au bout.

L'Iran était auparavant disposé à éviter une telle confrontation, mais cette possibilité n'est plus envisageable. Les Iraniens ont baptisé leur opération – et il est important de le souligner – « La Fin du Déluge ». Rappelons que l'opération du Hamas, à l'origine de tout – les événements de Gaza, le génocide perpétré à Gaza et, auparavant, l'attaque du Hamas contre Israël – était appelée « Le Déluge », ou « Déluge d'Al-Aqsa ». Al-Aqsa est le deuxième lieu saint du monde musulman. Il s'agit de la mosquée située à Jérusalem, sur le Mont du Temple. Les Palestiniens ont lancé leur soulèvement pour défendre ce lieu sacré. Pourquoi estimaient-ils qu'il fallait le défendre ? Parce que Netanyahu et ses plus proches collaborateurs – Ben Gvir et Smotrich – ont ouvertement évoqué des plans visant à démolir la mosquée Al-Aqsa afin de libérer l'espace nécessaire à la construction du Troisième Temple, un événement qui marquerait le début de l'ère messianique. De fait, tous les préparatifs du projet de « Grand Israël » convergent vers cet objectif. Le mouvement palestinien Hamas a donc cherché à défendre la mosquée Al-Aqsa, que Ben Gvir avait personnellement et à plusieurs reprises promis de faire sauter et de raser. Ce qui s'en est suivi fut la dévastation et la destruction de Gaza.

L'opération iranienne baptisée « La Fin du Déluge » représente ce qu'ils considèrent comme la bataille finale. Dans la philosophie chiite iranienne – et plus largement dans l'eschatologie islamique – la fin des temps sera marquée par une confrontation ultime entre les forces de l'islam, menées par le Mahdi (l'Imam caché dont les chiites croient au retour), et le Dajjal, figure souvent décrite comme l'Antéchrist islamique. La bataille entre le Mahdi et le Dajjal est perçue comme le drame central de la fin des temps. Selon ces traditions, elle se déroulera en Syrie et en Terre sainte. Dans les interprétations théologiques islamiques, les érudits chiites et sunnites s'accordent généralement à identifier les forces associées au Dajjal aux États-Unis – considérés comme le « Grand Satan » – et à Israël. C'est pourquoi l'enjeu est perçu comme crucial.

Cependant, d'un point de vue plus stratégique et analytique, la question centrale demeure : combien de temps l'Iran pourra-t-il résister ? Chaque jour qui passe, l'Iran résiste et défend sa souveraineté, ce qui risque de modifier la situation stratégique. Trump s'attendait manifestement à une guerre très courte. Il supposait qu'après la destruction des pouvoirs militaro-religieux et politico-militaires iraniens, la situation intérieure en Iran s'effondrerait rapidement. Autrement dit, il misait sur une « cinquième colonne ».

Animateur : Abordons maintenant la question de la possibilité de maintenir la stabilité en Iran. Après des événements comme ceux-ci – la destruction du guide suprême et d'une partie importante de l'élite – a-t-il été possible de rétablir rapidement la hiérarchie et de nommer de nouveaux dirigeants, ou existe-t-il un risque que le système s'effondre, qu'il y ait un retournement de situation brutal, par exemple si des missiles se retrouvent soudainement pointés sur Téhéran ?

Alexandre Douguine : Vous savez, l'histoire est imprévisible. Nous ignorons ce qui se passe actuellement en Iran : l'accès à Internet y est totalement coupé. D'après mes sources, il n'y a actuellement aucune manifestation contre le régime. Même ceux qui s'opposaient auparavant au régime de Velayat-e Faqih – après le massacre de près de deux cents écolières innocentes par un missile israélien – ont radicalement tourné l'opposition iranienne contre les États-Unis et Israël. Par conséquent, il n'y a absolument aucune raison, à mon avis, de penser que le pouvoir sera simplement remis à Trump.

En d'autres termes, l'Iran est probablement plus uni aujourd'hui qu'il ne l'a jamais été depuis la disparition de ses dirigeants et cette attaque brutale contre l'école. Cet événement a profondément marqué les esprits. Le peuple iranien est fier et fort, et si certains n'appréciaient guère le régime de Velayat-e Faqih – même si ce point de vue a été exagéré en Occident par les services israéliens –, tous se rassembleront désormais autour de l'Iran, unis par l'idéal national. De plus, je pense que les dirigeants actuels comprendront la nécessité de se rapprocher des milieux laïques de la société iranienne, où les libéraux sont pratiquement absents. On y trouve des nationalistes iraniens, moins rigides religieusement que le régime en place, mais qui n'en restent pas moins nationalistes et patriotes. Si leur énergie et leur volonté sont mobilisées pour résister à l'agression sioniste-américaine, cette résistance pourrait durer longtemps, car Gaza a elle aussi résisté longtemps, et l'Iran n'est pas Gaza : c'est un immense pays.

Les chiites constituent une part importante de la population du Moyen-Orient. Les élites de ces régimes pro-américains et pro-arabes sont profondément corrompues ; il s'agit tout simplement d'une extension de « l'île d'Epstein » : tous ces Qatars, Dubaïs et Bahreïns. À Bahreïn, par exemple, la population est elle-même majoritairement chiite. Je pense que des soulèvements et des révolutions chiites pourraient désormais éclater partout. En principe, si l'Iran tient bon, l'issue de cette guerre est totalement incertaine. D'autant plus que le conflit afghano-pakistanais s'intensifie. Et l'on ignore encore qui – le Pakistan ou l'Afghanistan – pourrait soutenir Téhéran. Israël, d'ailleurs, n'apprécie ni l'un ni l'autre, ni les Pakistanais ni les Afghans. En conséquence, tout cela pourrait finalement se terminer en catastrophe pour Trump, pour les États-Unis et pour Israël. Le vaste monde musulman pourrait tout simplement l'anéantir. Le « Dôme de fer » a déjà été pénétré, Tel-Aviv est en flammes et certaines images rappellent déjà Gaza. Les gens fuient la région, et beaucoup disent que c'est ainsi que cela finira : l'Iran gagnera assurément.

Pour l'instant, la situation reste floue. Mais l'Iran n'a pas capitulé le premier jour ; il n'a pas capitulé après cette frappe terrible, contrairement à ce qu'espérait Trump. À présent, Trump parle de plusieurs semaines, voire d'un mois. Juridiquement, il a la possibilité de mener une guerre pendant environ trois mois sans l'approbation du Congrès, et ce dernier pourrait même le soutenir. Mais si cette guerre s'éternise, si l'Iran résiste avec acharnement et dispose de forces, d'énergie et de potentiel suffisants, alors l'issue de cette bataille est loin d'être jouée d'avance. D'autant plus que, à y regarder de plus près, le pari sur l'opération « Bouclier de Juda » pourrait bien être le point faible de la coalition américano-israélienne. Quel genre de bouclier est-ce là, que d'attaquer et d'éliminer les dirigeants d'un pays qui, en réalité, n'était même pas en guerre contre eux ? C'est une attaque, une attaque de Judas, une attaque perfide menée en pleine négociation. Il y a là beaucoup de trahison, mais bien peu de protection. Si les événements continuent ainsi, les changements dans le monde pourraient en fait être extrêmement radicaux.

La question n'est donc plus tant de savoir qui l'emportera. Les premiers jours ont été endurés, le premier coup a été encaissé – du moins par les Iraniens. Leurs dirigeants politiques, qui se sont désormais succédé à Rahabar Khamenei et à sa famille – eux aussi assassinés, soit dit en passant… Un événement monstrueux : une petite fille de quatorze mois, à peine un an et deux mois. Des enfants, des petits-enfants… tous.

Comme d'habitude, nous l'avons constaté à Gaza : la cruauté de l'agression et de l'hégémonie américano-israéliennes est si monstrueuse, leurs mensonges et leur trahison si immenses, que l'humanité aurait dû être horrifiée par ce dont nous sommes témoins. Mais elle ne l'a pas été, car on préfère raconter d'autres histoires ; on dira que l'Iran est responsable, qu'il s'est autodétruit. Quant aux mensonges du régime américain, de l'Occident en général, des sionistes, nous y sommes habitués ; nous les connaissons par cœur. L'Iran ne peut donc pas compter sur l'indignation de l'opinion publique mondiale. Il ne peut compter que sur lui-même et sur les forces qui le soutiennent.

Si l'Iran se regroupe et parvient à mener cette guerre suffisamment longtemps, à n'importe quel prix, Israël tentera bien sûr de transformer l'Iran en Gaza. De fait, il a déjà commencé. Mais l'Iran reste un très grand pays. De plus, les missiles iraniens atteignent le territoire israélien et frappent des cibles stratégiques importantes. Après un certain temps de tels bombardements et échanges de missiles, je pense qu'Israël commencera à s'inquiéter.

Les Américains et les Européens en subiront les conséquences. Couler ces cuirassés aujourd'hui est chose aisée, nous le savons par expérience, car nous avons subi de lourdes pertes en mer Noire lors de la guerre contre le régime nazi de Kiev. Grâce aux drones modernes, sous-marins et de surface, il est technologiquement très simple d'envoyer cette flotte tant vantée par le fond. Nous vivons déjà dans une ère technologique de la guerre radicalement différente. Toute cette puissance navale n'est, en réalité, qu'une illusion ; ce ne sont que de belles images.

Les hélicoptères, vu la vitesse à laquelle ils ont pénétré au Venezuela, pourraient survivre une trentaine de secondes face à des civils armés de fusils, des drones performants ou le type d'armes dont disposent nos unités régulières sur le front ukrainien. Dans de telles conditions, un hélicoptère ne tiendrait pas longtemps : trente secondes. En réalité, ils ignorent encore ce qu'est la guerre. Ni les Américains ni les Israéliens ne le savent. Ils vont bientôt le découvrir.

Si l'Iran tient bon, tout est possible. Je ne dis pas qu'ils sont voués à la victoire. Je ne dis pas que la victoire est assurée pour qui que ce soit. Mais si la victoire n'est pas assurée, et si elle n'est pas rapide comme dans le cas de Trump et d'Israël, cela représenterait déjà une victoire colossale pour tous les partisans d'un monde multipolaire. En réalité, cette guerre nous vise aussi. Nous devons comprendre que nous sommes les prochains. L'Iran, en ce moment, est quoi ? Un bouclier. Le bouclier du Katechon. Voilà ce qu'est l'Iran. En un sens, ils ont encaissé un coup qui, en fin de compte, nous était destiné à tous. S'ils tiennent bon, ce sera un immense succès, y compris pour nous.

Animateur : Parlons de coopération, notamment du côté russe. Moscou publie actuellement des déclarations : Dmitri Peskov affirme que Moscou est en contact permanent avec les dirigeants iraniens. La Russie reste attachée à un règlement politique et diplomatique, même après l'attaque américaine contre l'Iran. Vladimir Poutine a eu aujourd'hui des entretiens téléphoniques internationaux concernant la situation en Iran. Le président rencontrera également aujourd'hui le gouverneur de la région de l'Amour, mais c'est un autre sujet. À votre avis, quelles mesures devrions-nous prendre maintenant ? Devons-nous adopter des mesures plus sévères ou rester attentistes ? Franchement, on ne sait pas vraiment ce que nous devrions attendre.

Alexandre Douguine : Si nous adoptons simplement une position attentiste, cela signifie attendre l'effondrement de l'Iran, et les prochaines frappes seront alors dirigées contre nos propres dirigeants militaires et politiques.

Animateur : De quelle manière ?

Alexandre Douguine : Une guerre est menée contre nous en Ukraine, et elle est d'une intensité considérable. Mais après l'arrivée au pouvoir de Trump – avec ce qui semblait initialement être une stratégie et une politique assez rationnelles – l'impression s'est répandue dans notre pays, au sein de nos dirigeants, que Trump pourrait se désengager de cette confrontation et qu'il était donc nécessaire de négocier avec lui par l'intermédiaire de personnalités comme Witkoff et Kushner, ou d'autres, afin de réduire l'escalade, du moins avec les États-Unis. On pensait alors que nous combattions l'Ukraine, que nous étions confrontés à l'Union européenne, mais que Trump pourrait se retirer car il défendait une position différente. De fait, il avait effectivement une position différente jusqu'à un certain point. Pourtant, après seulement quelques mois à la Maison-Blanche en tant que président, il a soudainement changé de cap et est devenu un néoconservateur encore plus radical, poursuivant les mêmes politiques mondialistes et hégémoniques, mais désormais de manière plus ouverte, plus brutale et plus directe.

Ce moment de transformation de Trump – de la position MAGA, qui a d'ailleurs rendu possible la réunion d'Anchorage, à un diktat hégémonique radical, d'autant plus qu'il semble porter ses fruits assez rapidement dans d'autres opérations – est peut-être quelque chose que nous n'avons pas pleinement saisi à temps. Trump a changé. Il est devenu le vecteur d'une volonté qui n'est pas la sienne. Il a complètement abandonné son électorat de base. Il est devenu, de fait, l'otage des mêmes forces qui ont déclenché la guerre contre nous en Ukraine.

Dans ce contexte, l'attaque contre l'Iran, à mon sens, met un terme définitif à l'idée que Trump puisse encore être perçu comme un défenseur de l'idéologie MAGA – l'idée que les États-Unis se concentreraient sur leurs problèmes intérieurs, cesseraient de s'ingérer dans les affaires internationales et s'attaqueraient à leurs propres échecs retentissants en matière politique, économique et culturelle, ce qui constituait en réalité le programme initial de Trump. Rien de tout cela ne se produira. Trump continuera de mener les politiques des néoconservateurs. Pour nous, c'est un moment extrêmement important.

Il s'attaque à nos alliés. En réalité, si l'Iran tombe – ou plutôt, si l'Iran tombe et quand il tombera –, nous serons confrontés à des forces bien plus puissantes que celles auxquelles nous sommes déjà confrontés aujourd'hui. Trump, tel un taureau chargeant sa proie, ivre de sang et persuadé que tout concourt à son succès et que tout lui est facile, risque d'interpréter notre rationalité et notre retenue, notre cohérence et notre attachement aux principes comme de la faiblesse. Et alors, il n'aura plus d'autres termes ni d'autres concepts pour interpréter notre politique.

Animateur : Alors, comment devons-nous agir maintenant ?

Alexandre Douguine : Je pense que nous devons agir avec la plus grande fermeté, mais cette décision appartient au président. Vous savez, nous avons maintenant de nombreux conseillers, et tous, des chauffeurs de taxi aux experts, militaires et civils, lui disons d'une seule voix qu'une frappe est nécessaire. Premièrement, il est clair que le droit international n'existe plus ; nous pouvons faire tout ce que nous voulons, car la victoire justifiera tout. Il ne fait aucun doute que la direction politico-militaire ukrainienne doit être éliminée. C'est une certitude absolue. Ils l'ont fait à notre allié, et selon les règles du grand jeu, nous sommes tout simplement obligés de faire de même avec leurs supplétifs, avec ces structures qui nous font la guerre.

Je crois qu'il est primordial d'utiliser des armes très puissantes, d'une force telle qu'on ne puisse les ignorer. Je n'exclus pas non plus la nécessité de rappeler à l'ordre certains pays, ceux qui soutiennent la guerre en Ukraine tout en se croyant à l'abri des conséquences et en interprétant notre politesse et notre constance comme des signes de faiblesse. La Russie ne peut plus se permettre de paraître faible. Nous ne le sommes pas, mais c'est l'impression que nous donnons. Ils nous perçoivent comme faibles, indécis, hésitants, manquant de confiance en nous et de potentiel. On peut résister à l'agression de toute puissance hégémonique si l'on a la volonté et la force, et une puissance nucléaire en est parfaitement capable. La Grande Russie en est capable. Mais ils pensent que nous manquons de volonté.

Je crois que c'est une erreur : nous avons la volonté, nous l'avons simplement soigneusement dissimulée, en l'intégrant habilement au processus de négociation. Or, cette approche commence à se retourner contre nous, et très rapidement. Mais tout le monde conseille le président dans ce sens – du moins, c'est mon impression, même si certains ont peut-être un avis différent.

Un consensus se dégage désormais : la Russie doit fondamentalement revoir sa stratégie dans la guerre contre l'Ukraine. Il nous faut prendre des mesures décisives et inconditionnelles, sans équivoque. En d'autres termes, une frappe, et la rue Bankova disparaît, les dirigeants sont chassés, Zelensky est écarté, il ne reste plus personne, et l'on ne sait plus avec qui poursuivre les négociations. Nous pourrons alors leur proposer de désigner eux-mêmes des personnes avec lesquelles nous serions prêts à dialoguer. Cela va de soi.

Animateur : Alexander Gelyevich, d’un autre côté, il se pourrait qu’après l’élimination de leurs dirigeants, ils choisissent de nouveaux dirigeants, peut-être même plus radicaux – comme cela s’est essentiellement produit en Iran, où les dirigeants ont été remplacés presque instantanément.

Votre vision du scénario iranien est intéressante : que se passerait-il si nous prenions des mesures fermes pour le soutenir ? Imaginons que la Russie, alliée à la Chine, envoie sa flotte dans le golfe Persique. À votre avis, quelles en seraient les conséquences ?

Alexandre Douguine : Nous serions respectés. Et nous serions craints. Voilà ce qui se passerait si nous parlions franchement. C’est tout.

Animateur : Cela ne mènerait-il pas à une confrontation directe ?

Alexandre Douguine : La confrontation directe est déjà engagée. Ils croient tout simplement nous contrôler et nous diriger, alors que nous pensons encore mener des négociations entre partenaires. Il existe une divergence fondamentale de perspectives, une différence dans notre interprétation même de la situation. Cependant, je ne conseille à notre président d'entreprendre aucune action ; il comprend parfaitement la situation.

Quant à la crainte que l'élimination des dirigeants à Kiev ne porte au pouvoir des forces encore plus radicales : il n'y en a plus de plus radicaux là-bas. Ils pourraient amener des figures similaires. Mais si elles ne nous conviennent pas non plus, nous devons agir de même avec elles, et avec les suivantes, et encore avec les suivantes, en les éliminant une à une. D'autant plus que l'Ukraine n'est pas l'Iran. Si nous entrons véritablement dans cette confrontation maintenant, nous gagnerons non seulement une chance de victoire, mais aussi l'opportunité d'enrayer l'escalade et d'empêcher une troisième guerre mondiale. Trump démontre que la politique de la force a commencé, et la force ne reconnaît pas les mots. Elle ne s'arrête que lorsqu'elle rencontre une force contraire. Cette force doit être démontrée. Nous parlons constamment de notre potentiel nucléaire et de l'« Orechnik », mais le moment est venu non seulement de parler, mais aussi de montrer cette force. C'est ce que l'on attend de nous. Ce n'est qu'alors que Trump comprendra que les Russes sont véritablement en colère et qu'il est allé trop loin.

Ce qu'il nous faut maintenant, c'est une frappe massive qu'on ne peut ignorer ni reléguer au rang de vantardise ou d'attaques contre des cibles secondaires. Le lieu et les modalités de cette frappe ne nous appartiennent pas, mais le cours de l'histoire et le moral de nos soldats au front – quelque peu démoralisés par les négociations de paix – exigent une action décisive. Quand on entend chaque jour le message que « tout va bientôt finir », il devient psychologiquement impossible de combattre ; on se persuade, à tort, qu'il suffit d'attendre encore un peu. Nous devons admettre honnêtement que la guerre ne prendra fin que lorsque nous aurons atteint tous les objectifs de l'opération militaire spéciale. Nous devons faire preuve de détermination et accomplir ce qui est nécessaire depuis longtemps. Auparavant, il était possible de tergiverser, mais il n'y a plus de temps à perdre.

Il est essentiel de comprendre que les mots ont une portée considérable. Prenez le nom de l'opération « Fureur Épique » : même les Américains opposés à l'attaque contre l'Iran sont inspirés par ce slogan. « Mon pays est furieux, et je le défendrai » : voilà qui est efficace. À l'inverse, nous avons le terme bureaucratique « SMO », qui n'inspire personne ; il est dénué de sens profond. « Fureur Épique », « Bouclier de Juda » pour les Israéliens, « Fin du Déluge » pour le monde chiite : autant de codes puissants. Je crois que nous devons rebaptiser l'opération militaire spéciale « L'Épée du Katechon » : nous sommes les garants de la force ; telle est notre mission, notre rôle russe, notre identité orthodoxe. Les musulmans nous soutiendront également, car ils comprennent parfaitement l'unité de ce combat. Nous devons mobiliser la société, donner un nouvel élan à la guerre, la renommer. Au début, il y avait les symboles « Z », « V », « O » : une approche de relations publiques superficielle. Désormais, nous devons souligner l'enjeu de notre combat, sans dissimuler l'ampleur de la victoire. Nous devons être honnêtes envers ceux qui donnent leur vie pour la patrie, pour l'État, pour l'autorité et pour le peuple. Nous combattons pour une cause commune, et chacun doit en ressentir le sens.

Aujourd'hui, des forces colossales sont à l'œuvre : militaires, politiques, religieuses. Nous ne sommes ni observateurs ni arbitres ; nous sommes acteurs d'une Grande Guerre. Peut-être la dernière. Inutile de se précipiter et de spéculer sur la date de la fin : les chrétiens orthodoxes savent que nul ne la connaît ; le Christ lui-même a dit que seul le Père la connaît. Mais nous savons qu'il y aura une fin, car Dieu a créé ce monde et Dieu le jugera. Cela fait partie intégrante de notre foi et de nos traditions, une part essentielle. Il n'y a donc aucune raison de paniquer.

Nous vivons les derniers temps – regardez l'Occident, la liste Epstein. Les détails que nous apprenons sur les élites qui le gouvernent révèlent qu'il s'agit véritablement d'une civilisation de Baal. C'est un culte satanique, une véritable secte. Que font ces élites ? Elles corrompent des mineurs, pratiquent le cannibalisme, persécutent les Afro-Américains. Les dossiers Epstein contiennent des indices directs : elles violent des enfants, organisent des orgies. Et cela, c'est l'autre camp. C'est cette civilisation que nous combattons. Ce n'est pas un hasard si, en Iran, une statue de Baal a été brûlée à la veille de cette invasion, et qu'en représailles, des missiles ont été tirés. Dans la conscience du monde islamique, ces éléments sont liés : la liste Epstein, Baal – et ceux qui brûlent ses idoles. La guerre prend une dimension profondément religieuse. Les dispensationalistes américains, interprétant la Bible de Scofield, sont convaincus qu'au moment du conflit entre l'Iran et Israël, la Russie entrera inévitablement en guerre aux côtés de l'Iran. Pour eux, « aujourd'hui l'Iran, demain la Russie » est déjà une évidence. À leurs yeux, nous en sommes déjà là.

Il est essentiel de comprendre la psychologie de l'ennemi : elle ne coïncide ni avec les faits ni avec notre perception rationnelle. Conjuguée à l'énergie débridée de Trump et à l'exaltation eschatologique des dirigeants israéliens – qui croient que c'est maintenant ou jamais, que le Messie doit venir sans tarder et que le « Grand Israël » doit être créé immédiatement – ​​cette réalité nous empêche de nous préoccuper des affaires courantes. L'histoire, la géographie, la religion et la politique nous privent de la possibilité d'être de simples observateurs extérieurs. Nous sommes au cœur même des événements et nous avons un rôle à jouer.

Animateur : Comment l’équilibre géopolitique évoluerait-il si l’Europe décidait réellement de participer directement aux bombardements ? Par exemple, une station de radio israélienne a rapporté que l’Allemagne discutait avec les États-Unis de la possibilité d’une participation directe à l’opération. Autrement dit, elle pourrait lancer ses propres attaques au lieu de se contenter de fournir des armes. Comment la situation changerait-elle dans ce cas ?

Alexander Dugin : C'est précisément la direction que prennent les choses. Les problèmes entre Trump et l'Union européenne sont désormais soit résolus, soit relégués au second plan, car Trump a, en substance, adopté une politique pleinement alignée sur les intérêts des mondialistes et des néoconservateurs. Auparavant, le conflit de Trump avec l'Europe était alimenté par le mouvement MAGA, par son rejet du mondialisme et de l'« État profond ». Mais si Trump se rapproche désormais de ces structures, les désaccords avec l'Europe passent naturellement au second plan. L'Occident doit être perçu comme un tout – l'Occident collectif. De fait, nous sommes revenus à la situation qui prévalait avant Trump. Ce moment historique où d'autres idées et d'autres projets pour les États-Unis étaient proclamés est malheureusement révolu. Aujourd'hui, nous avons moins affaire à Trump lui-même qu'à ce même « État profond » qui soutenait Nuland, Blinken ou Kamala Harris – en somme, les mêmes forces.

En conséquence, toutes les contradictions entre les États-Unis et l'Union européenne ont été mises de côté face à une confrontation radicale avec les forces qui sont des adversaires idéologiques et géopolitiques de l'Occident collectif — et surtout les partisans d'un monde multipolaire, parmi lesquels nous-mêmes et la Chine.

Quant à votre question sur notre participation directe : laissons le président décider. Personnellement, je crois que cette participation est nécessaire. Plus nous agirons activement, avec audace et fermeté, mieux ce sera. Autrement, toute autre action sera interprétée comme un signe de faiblesse, et la faiblesse est une provocation directe — un appel à nous faire subir le même sort qu’aux dirigeants iraniens. Après tout, notre président a rencontré Rahabar Khamenei, et auparavant le président Raïssi et d’autres responsables politiques, tout comme il a rencontré Maduro.

Animateur : Pour approfondir ce thème : devons-nous agir seuls ou au sein d’une coalition avec la Chine ? Quelle devrait être notre stratégie ?

Alexandre Douguine : Bien sûr, il serait préférable d'agir en coalition avec la Chine. Mais la Chine attendra. Voyez-vous : si, par malheur, l'Iran tombe, une confrontation directe avec nous s'ensuivra inévitablement, puis avec la Chine, car c'est leur objectif ultime. Quiconque pense pouvoir rester à l'écart – que ce soit nous, la Chine ou l'Iran lui-même, qui n'est pas entré en guerre après le début de l'opération terrestre de Tsahal contre Gaza (le Hezbollah a attendu patiemment jusqu'à ce que tout soit anéanti) – se trompe. Plus nous attendons, plus nous tardons à affronter pleinement l'Occident, plus nous risquons d'être vaincus un par un.

Nous avons encore été trompés – Lavrov l'a dit : Israël a transmis des informations selon lesquelles il envisageait d'attaquer l'Iran. Une fois de plus, ils nous mènent par le bout du nez : « Restez à l'écart pour l'instant, n'entrez en conflit sous aucun prétexte », et à la fin, il ne restera plus personne pour nous soutenir. C'est pourquoi je suis convaincu que nous devons réagir avec la plus grande fermeté possible, sur tous les fronts. Il n'est pas nécessaire d'entrer immédiatement dans ce conflit précis, mais nous devons traiter nos ennemis directs – le régime nazi de Kiev – avec la plus grande détermination. Cela ne fait aucun doute. Et nous devons le faire de telle sorte que personne ne se fasse d'illusions : si les Russes le veulent, ils le peuvent. Et si nous ne le pouvons pas, alors nous serons dans une situation catastrophique.

Notre riposte doit être symétrique et d'une fermeté absolue. Idéalement, au sein d'une coalition. À défaut, nous devons agir seuls. Si nous agissons maintenant, nous ne serons pas seuls. Si nous attendons, nous resterons seuls. Ou bien la Chine attendra et restera seule. Nous devons stopper le mal, stopper la civilisation de Baal. Telle est notre mission sacrée.

Alexandre Dougin
Docteur en sociologie et en sciences politiques, docteur en philosophie. Fondateur de l'école géopolitique russe et du mouvement eurasien.

(Traduit du russe)