mercredi 28 octobre 2026

Sur le chemin de la société spirituelle : les pistes d’un anarchisme spirituel (Hakim Bey)



Résistance 71 :

Nous republions notre traduction de Wilson (Hakim Bey) de 2002, que nous avions publiée en 2022, parce qu’elle est toujours on ne peut plus d’actualité. Nous avons rajouté quelques citations idoines et lectures complémentaires sous l’article pour éclairer plus avant les propos tenus et aussi faire lire certains des auteurs / penseurs mentionnés. A (re)lire et diffuser sans modération. La nouvelle société humaine post-état-marchandise sera spirituelle (et non pas religieuse) ou ne sera tout simplement pas…


“C’est donc bien la coupure politique qui est décisive, et non le changement économique. La véritable révolution, dans la protohistoire de l’humanité, ce n’est pas celle du néolithique, puisqu’elle peut très bien laisser intacte l’ancienne organisation sociale, c’est la révolution politique, c’est cette apparition mystérieuse, irréversible, mortelle pour les sociétés primitives, de ce que nous connaissons sous le nom d’État. Et si l’on veut conserver les concepts marxistes d’infrastructure et de superstructure, alors faut-il accepter de reconnaître que l’infrastructure c’est le politique et que la superstructure c’est l’économique.”
~ Pierre Clastres, 1974 ~

“Là où cesse l’État, c’est là que commence l’Homme, celui qui n’est pas superflu : là commence le chant de ce qui est nécessaire, la mélodie unique et irremplaçable. Là où cesse l’État — regardez donc mes frères ! Ne les voyez-vous pas, l’arc-en-ciel et les ponts du surhumain ?”
~ Friedrich Nietzsche, “De la nouvelle idole” ~

“Le but de la vie est de voir un monde dans un grain de sable, un paradis dans une fleur ; de tenir l’infini dans le creux de votre main et l’éternité dans une heure.”
~ William Blake ~


Anarchisme spirituel : sujets de recherche



Traduit de l’anglais par Résistance 71



1. Conservateur de l’âge de pierre (tribal, grosso modo égalitaire, proto-chamanique, chasseur / cueilleur, jardinier, économie du don, etc…)

Les villes-états sumériennes (4ème Millennaire) : L’effondrement de la politique humaine non stratifiée, l’émergence de la séparation [du pouvoir du corps social] {cf Pierre Clastres)

Enkidu de Gilgamesh : Domestication de “l’homme sauvage”

La bonne vieille cause et l’éternel évangile — Ce que William Blake appelait le Druidisme, qui a en fait toujours été le déguisement de notre chamanisme de l’âge de pierre et la lutte entre le paganisme à “déesse” et l’escroquerie illuminati vieille de 6000 ans : la religion d’Etat (et l’Etat comme religion).

L’émergence de l’argent comme sexualité des morts.

2. L’âge de bronze : paganisme du dieu de la guerre, menant au paganisme impérialiste de Rome à l’âge du fer (NdT : fer inventé et généralisé par les Celtes / Gaulois précisons-le…), la grande bête de la révélation :

Contre cette première église apparaît comme une dialectique de la résistance, spécifiquement dans sa forme Essene ou Nazarite / Ebionite, le zèle, le gnosticisme, la réforme sociale (les monnayeurs hors du temple, l’évangile du pauvre etc..) et le mysticisme néo-platonicien contre le “don de Constantin”, l’appropriation du christianisme par Rome (tout comme les prêtres et rois sumériens s’approprièrent la spiritualité néolithique comme “contenu supprimé” des cultes du temple. NdT : et que les juifs se sont eux-même appropriés tout cela par la suite, essentiellement tout vient de Sumer, voir Gilgamesh et autres…)

Le christianisme, à l’origine un culte gnostique radical (dans sa racine profonde) (“Le royaume des cieux est en vous”), fonctionne maintenant comme une religion d’état : — de sévères contradictions, schizo-culture, etc…

3. Mais toute religion est enracinée dans une contradiction de base : Le vieux contenu spirituel de l’âge de pierre (la mythologie clastrienne si on veut), placardé sur l’idéologie de la séparation hégémonique de l’âge du fer (voir surtout L’Enuma Elish ou “la génèse babylonienne” où le dieu de la guerre Marduk tue Tiamat la déesse néolithique). La religion essaie constamment de dépasser ou de rectifier cette contradiction. Mais les marchands / monnayeurs [du temple] retournent toujours au temple et la rectification est une fois de plus étiquetée d’hérésie, d’apostasie, d’ombres magiques, de crime rituel.

Les sectes hérétiques millénaires parlent de restaurer l’Âge d’Or : ce rêve dérive de mémoires, de souvenirs réels (stockés dans le mythe) de l’âge de pierre et de sa société de chasseur / cueilleur à économie du don essentiellement égalitaire chamano-païenne.

4. La spiritualité n’est pas religion. La spiritualité est l’esprit créateur de l’imaginaire social, la religion est son opposé ou sa négation, son “spectre” comme dit William Blake : — l’aliénation de cette créativité dans les pouvoirs d’opposition, mais, à cause de paradoxes dialectiques complexes, le noyau de la spiritualité est souvent trouvé dans des coquilles de religion— spécifiquement les mystiques comme Maître Eckhart et les moines spirituels franciscains— et le poison des religions souvent entache les hérésies, spécifiquement si elles gagnent un véritable pouvoir.

5. En périodes religieuses, toute parole et pratique non autoritaire seront exprimées en termes religieux— en général en tant qu’hérésie, schisme, apostasie, magie etc. — mais parfois aussi en tant “que réformes au sein de l’église” ou de formes marginales et permises d’excès (communisme monastique par exemple).

Les historiens de l’anarchisme, qui le trace depuis les cyniques de la Grèce antique jusqu’aux Lumières, avec rien entre les deux, n’apprécient pas la réalité de la mentalité : chaque âge doit faire l’expérience de quelque chose de la liberté (si seulement même son rêve) sous peine de perdre son humanité. L’histoire de l’anarchisme a eu conscience (plus qu’une idéologie) qui réside enfouie dans une archéologie de résistance spirituelle. Nous devons relire de nouveau les hérétiques (voir par exemple le travail de Raoul Vaneigem sur l’hérésie de L’esprit libre).

6. Le problème du dualisme gnostique. Des formes extrêmes de spiritualité identifiée sont souvent le monde social au monde naturel, et les condamnés tous deux. Elles rejettent le “dieu de la création” comme un mal et méprise l’”âme” comme Principe de vie. Seul “l’esprit” satisfait de tels extrémistes. Leur haine du corps devient plus exagérée et sévère, plus même que celle de l’église (qui au moins condamne le suicide et promet la résurrection du corps).

Le problème du dualisme hante l’anarchisme, je pense. La haine de Proudhon pour dieu est peut-être dérivée de sa lecture précoce de la littérature dualiste gnostique (alors qu’il mettait en place les caractères d’impression de par son métier de typographe d’imprimerie), une sorte de Catharisme séculier. Le matérialisme athéisme à la Bakounine, cela peut paraître très immatériel parfois, miné par ses propres lutins, ses impératifs catégoriques, son adoration aveugle de la science, de la machine sur l’humain et son étrange asexualité. (NdT : Bakounine n’adorait pas aveuglément la science, bien au contraire… Marx oui, pas Bakounine qui disait ceci : “La science a pour but d’éclairer la vie et non de la gouverner. Le gouvernement de la science et des hommes de la science, s’appelassent-ils même des positivistes, des disciples d’Auguste Comte ou même des disciples de l’école doctrinaire du communisme allemand, ne peut être qu’impuissant, ridicule, inhumain, cruel, oppressif, exploiteur et malfaisant…” et aussi : “La science comprend la pensée de la réalité, non la réalité elle-même, la pensée de la vie et non la vie, voilà sa limite, la seule limite vraiment infranchissable pour elle, parce qu’elle est fondée sur la nature même de la pensée humaine, qui est l’unique organe de la science.”)

Une aide possible pour dépasser un tel crypto-dualisme peut bien venir d’une approche “panthéiste moniste” depuis des modèles chamaniques et païens — ce que T. McKenna appelait le “revivre archaïque”, pas un retour à l’âge de pierre, mais un retour de l’âge de pierre.

7. Parce que nous sommes tous post-Lumières, qu’on le veuille ou non, la “science” nous pose le problème de la téléologie (ou téléologique comme l’appelait Henri Bergson). Nous croyons vraiment en la mort de dieu. L’aspect spectral des Lumières, ce qu’Adomo (?) appelait “la cruelle instrumentalité de la Raison”, aplatit la conscience de permission en une vaste carte 2D. Toute manifestation de sens menacerait le monopole de “l’accident brut”, de la “collision aléatoire des particules”, des modèles mécaniques / comportementalistes de la conscience — “la nuit newtonienne”.

Ainsi donc cette plaie contemporaine du non sens total : nous sentons ses germes tapis derrière le fin écran d’une gaze de lumière. Effondrement de la morale. Aucune pensée pendant sept générations. Arrêtons les feux de forêts en… coupant les forêts. “Il n’existe pas de société.” disait la baronne Margaret Thatcher.

8. Le mouvement du social au niveau inconscient constitua en lui-même une sorte d’(anti)religion. Après tout quel preuve y a t’il pour un athéisme matérialiste ? Tout aussi bizarroïde que dieu en fait, l’absence de sens.

Le parti communiste comme un autre saint empire romain.

La faiblesse philosophique de l’anarchisme réside sûrement quelque part près de la ligne de faille entre le non sens et la morale. Comment peut-il y avoir une bonne et juste façon de vivre dans un univers “absurde” ? Un engagement existentiel ? Un grand saut dans l’obscurité ? Pourquoi ne pas découper sa propre part ou plus ? Quel esprit faquin dit non ? (Voir Stirner et Nietzsche)

Nietzsche bien sûr devint et mourut fou et signa sa dernière lettre “Dionysos et le crucifié”, renaissance d’un dieu, mais seulement dans un abysse sans voix. Nous devons peut-être considérer l’exigence d’une “dure moralité” — et peut-être même aussi une sorte de sens — bien qu’inexpressible — ou même “spirituel”.

9. Maintenant, avec l’effondrement du social et le triomphe du Capital Global, nous, les vestiges pulvérisés, pourrions montrer d’heureux visages et dire que le mondialisme est juste le nouvel internationalisme, l’Étape Finale… finale du Capital et que bientôt les moyens de production tomberont finalement bien mûrs entre les mains d’un prolétariat global éveillés. Ou, nous pourrions admettre tristement que la Totalité nous a gobée, que l’Histoire est morte, que l’aliénation est universelle, que les dernières expropriations ont été menées à bien, que la logique de la combinaison argent-technologie se termine avec l’élimination de l’humain, la pollution de l’espace-temps de Virilio, le Grand Accident. Ou, nous pourrions refuser cette dichotomie, demander l’impossible. Mais qu’est-ce que l’impossible, si ce n’est une sorte de spiritualité ?..

Si à la fois la religion et l’idéologie nous ont trahi, alors peut-être avons-nous besoin d’un nouveau paradigme. Mais toute “nouvelle” vision du monde a des ancêtres. Le post-modernisme n’a pas eu besoin de vouloir dire de simplement tamiser la poubelle de l’histoire pour construire plus de commodités et d’attitudes “révolutionnaires”. Disons que nous essayons d’imaginer in mouvement Écolo non autoritaire fondé sur un anarcho-fédéralisme proudhonien mâtiné d’entraide kropotkinienne, un truc vraiment basique de la “plomberie anarchiste”, mais enraciné dans une forme de spiritualité. Où pourrions-nous regarder pour trouver une inspiration ? En avons-nous une tradition ?

10. Une généalogie de la résistance ? Une “chaîne de transmission en or” passant depuis l’esprit autonomiste de l’âge de pierre ?

Puisque nous avons mentionné l’Europe médiévale, commençons donc par là : malheureusement nous devrons ignorer l’époque classique, l’Orient etc, la Taoïsme par exemple, mais aussi le Chiisme et le soufisme, la Kabale radicale (Sabbatai Sevi and Jacob Frank), l’Hindouisme (tantrique, ou les syncrétistes radicaux comme Sabir ou le Parti Terroriste du Bengale), ainsi que le chamanisme tribal et son histoire de l’âge de pierre à aujourd’hui. En lieu et place nous demeurerons avec le christianisme, ne serait-ce que parce qu’aune vaste majorité d’entre nous sont élevés dans la considération qu’il est l’Ennemi par excellence.

Sujet de recherche :

- Joachim di Fiori et les Franciscains Spirituels, Beghards et Beguines — La confrérie de l’Esprit Libre ;

- Les Adamites (literal return of the Golden Age. Le retour littéral à l’Âge d’Or, nus pour un “signe” —) ;

- L’aile radicale de l’hermétisme de la renaissance, spécifiquement Giordano Bruno, brûlé sur le bûcher pour hérésie en l’an 1600 et l’alchimiste Paracelsus, qui soutint la révolte des paysans de 1525 contre Luther et les princes ;

- La Réforme radicale — ni catholique ni protestante, mais celle des Anabaptistes et du “Communisme de la Bible”.

Les Spiritualistes (Sebastian Franck, Schwenckfeld, Paracelsus) qui prêchèrent une église invisible exotérique sans dogme, sans sacrements, sans ministères ni autorités.

Les Libertins

- La famille de l’amour ;

- Les Rosicruciens, l’idée de la “tolérance radicale”, l’influence de l’alchimie soufie et de la Kabale juive ;

- Les mystiques allemands — puis plus tard Jacob Boehme et les piétistes hermétiques (Jane Leane & les Philadelphiens de Londres) ; 

- La révolution anglaise (voir Christopher Hill and J.P. Thompson) — Diggers, Ranters, Levellers, Seekers, Fifth Monarchy Men and Muggletonians (la mère de William Blake était une Muggletonienne), les Quakers originaux, Antinomians; puis plus tard les Chapelles des Blasphémateurs ;

- La franc-maconnerie de gauche: John Toland, les Druides et Libres Penseurs. Thomas Paine & William Blake comme “druides.” Les sociétés maçonniques qui furent derrière la révolution française…

- William Blake — sine qua non ;

Le romantisme de gauche allemand et anglais, Charles Fourrier en tant qu’hermétique socialiste, les romantiques américains — Thoreau, Emerson, S. Pearl Andrews, Spiritualisme et Radical Reform, la “Religion de la Nature” (L’influence amérindienne) ;

- Gustav Landauer, Gh Scholem, W. Benjamin; Surrealism (spécifiquement la faction de l’hermétisme) — aussi R. Callois et G. Bataille ;

- Le retour du chamanisme (depuis au moins le XVIIIème siècle) ;

- Le Neo-paganisme ; les hérésies universalistes ; les cultes psychédéliques, “entheogenic ceremonialism” ; etc.

11. La critique de la civilisation a besoin d’une forte science pour elle-même. La science post-Lumières avec sa crypto-métaphysique de “matière morte” a besoin d’une révolution kuhnienne, d’une restitution du sens, d’un ré-enchantement du paysage. Pas juste un mythe sorélien, mais un véritable mythe. Une spiritualité surréaliste centrée sur la Terre, une hypothèse Gaïa plus qu’hypothétique, une véritable expérience spirituelle. L’extase comme entase (voir Bakhtin), un festival de conscience comme magie.

Dans ce contexte, l’hermétisme se recommande à cause de sa vision néo-platonicienne rectifiée de la matière comme esprit, la doctrine de la Terre en tant qu’être vivant. (Nicholas of Cusa, Pico, Ficino, Cambridge Neoplatonists, etc.). L’hermétisme n’est pas une religion mais une science de l’esprit et de l’imagination, empirique et expérimentale. Historiquement, il est plus près de nous que le chamanisme ou le mode oriental et plus culturellement familier (bien qu’aussi étrange, toujours étrange…). Il est compatible avec le mysticisme chrétien, juif, musulman et hindou, peut-être aussi avec le Taoïsme et le bouddhisme, certainement avec la Rose Croix et la Franc-Maçonnerie et avec la plupart des grandes hérésies.

12. Je ne veux pas argumenter sur le principe de “spiritualité anarchiste” ou “d’anarchisme spirituel”. Par leurs fruits tu les reconnaîtra. La “recherche” ici veut dire participation, une volonté d’halluciner et d’être balayé au-delà le censeur de la Raison illuminées, peut-être même dans le démoniaque. Psychonautes dans les bathysphères psychiques.

— October 2002

“La vaste majorité des humains est déconnecté de la terre et de ses produits, de la terre et des moyens de production, de travail. Ils vivent dans la pauvreté et l’insécurité. […] L’État existe afin de créer l’ordre et la possibilité de continuer à vivre au sein de tout ce non-sens dénué d’esprit (Geist), de la confusion, de l’austérité et de la dégénérescence. L’État avec ses écoles, ses églises, ses tribunaux, ses prisons, ses bagnes, l’État avec son armée et sa police, ses soldats, ses hauts-fonctionnaires et ses prostituées ; là où il n’y a aucun esprit et aucune compulsion interne, il y a forcément une force externe, une régimentation, un État. Là où il y a un esprit, il y a société. La forme dénuée d’esprit engendre l’État, L’État est le remplaçant de l’esprit.”
~ Gustav Landauer, 1911 ~

“Plus le péril grandit et plus grandit ce qui sauve.”
~ Hölderling ~

“Les prisons sont construites des pierres de la loi.
Les bordels des briques de la religion.
La fierté du paon est la gloire de dieu.
La luxure de la chèvre la récompense de dieu.
La colère du lion, la sagesse de dieu.
La nudité de la femme, son œuvre.”
~ William Blake ~

Lectures complémentaires :

Karmapolis de Zénon

Pierre Clastres sur R71

Léon Tolstoï

Proudhon

Pierre Kropotkine

Gustav Landauer

Raoul Vaneigem

Nietzsche (L’intégrale PDF)

Taoïsme

Le monde et le défi celte

Introduction à la pensée des peuples natifs des Amériques (Russell Means)

Source :
https://resistance71.wordpress.com/2024/06/04/sur-le-chemin-de-la-societe-spirituelle-les-pistes-dun-anarchisme-spirituel-hakim-bey/

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Vivre sans Etat 


Réveillez-vous, les utopistes ! L’État moderne, ce concept qui n’a que quatre siècles, organise toute notre vie même si nous ne l’avons pas choisi. "Tracks" ouvre ses archives et propose une plongée inédite dans des modes de vie et de pensée alternatifs qui se frottent aux rigidités de nos structures étatiques pour mieux les assouplir.

De la communauté Sunseed qui lutte contre la désertification dans un coin aride d’Espagne aux anarchistes grecs du quartier rebelle d’Exarchéia à Athènes, en passant par des fondateurs de micro-nations comme celle de l’île Bermond, dans la baie de Marseille, « Vivre sans état » se frotte aux rigidités de nos structures étatiques actuelles pour mieux les assouplir.

En plongeant dans la mémoire de l’émission TRACKS, ce documentaire poursuit une collection dédiée à celles et ceux qui contredisent l’injonction du « think big », se débarrassent des surplus et des diktats, abandonnent les institutions qu’on croyait éternelles. Chaque film est une immersion dans des modes de vie et de pensée alternatifs, sans complaisance ni préjugés. Une invitation renouvelée à bousculer nos certitudes.

(Vidéo disponible jusqu'au 26/01/2028.)



lundi 26 octobre 2026

L'IA, manifestation de l'Antéchrist ?


Peter Thiel et Palantir



L'humanité vit-elle la fin des temps prédite par la Bible ? Selon la vision du monde du milliardaire de la tech Peter Thiel, c'est le cas. Dans une série de conférences consacrées à l'Antéchrist, l'investisseur brosse le tableau d'un scénario apocalyptique. Il ne pense pas pour autant à des catastrophes environnementales ou nucléaires, mais met en garde contre la stagnation technologique et la montée d'un « gouvernement mondial totalitaire », qu'il considère comme la plus grande menace pour l'humanité. Parallèlement, le fondateur de Palantir met en place une infrastructure numérique destinée à propulser l'humanité dans une ère transhumaniste. Thiel qualifie de manifestation de l'Antéchrist quiconque freine l'avancée triomphale de l'intelligence artificielle [l'Antéchrist est un séducteur]. L'IA est présentée comme un dieu et un sauveur. L'être humain tel qu'on le connaît aujourd'hui est appelé à disparaître. Une évolution induite par l'IA, c'est-à-dire l'association de l'homme à des machines « omniscientes », serait imminente. La société de logiciels de Thiel, Palantir, joue ici un rôle clé.

L'être humain se trouve désormais littéralement face à un choix : soit devenir une machine programmable, soit accéder à sa véritable vocation. [...]

Comment le mythe Thiel s'est construit

Depuis un certain temps déjà, le nom de Peter Thiel est sur toutes les lèvres dans les médias. Beaucoup le connaissent comme le dirigeant de Palantir – sans doute le groupe le plus puissant de tous les temps dans les domaines de la surveillance, de l'espionnage et du big data. Palantir traite des volumes de données colossaux provenant de différentes sources, telles que les bases de données de la police, les données de santé ou les contenus des réseaux sociaux. Ces données sont regroupées et analysées en quelques secondes à l'aide de l'intelligence artificielle. C'est également ce grand groupe qui, aux États-Unis, en Europe et dans des zones de conflit comme la Palestine, se charge de recenser les personnes, de les surveiller et de constituer des bases de données, de sorte que chaque mouvement jamais effectué sur le réseau mondial soit, pour ainsi dire, immédiatement accessible en temps réel. Ce système est de plus en plus associé à des caméras en temps réel dans les lieux publics, aux données des téléphones portables, au suivi des déplacements, aux codes QR, etc. Palantir permet une surveillance totale.

D'où vient Thiel ? 

Vu de l'extérieur, des personnalités comme Peter Thiel ou Elon Musk semblent être des génies qui, grâce à leur intelligence, sont devenus des figures de premier plan des symboles d'ascensions fulgurantes parties de rien. Mais est-ce vraiment le cas ?

Peter Thiel est né en 1967 à Francfort. Il a étudié à l'université de Stanford à partir de 1985 et y a fondé le journal étudiant « Stanford Review ». Thiel a bénéficié du soutien financier et intellectuel d'Irving Kristol. Kristol avait des liens avec la CIA et était membre du Council on Foreign Relations (CFR). Le CFR [groupe de réflexion situé au sommet de la pyramide maçonnique] est une institution maçonnique fondée par les Rothschild et financée par les Rockefeller – deux des familles les plus puissantes au monde. Irving Kristol est lui-même franc-maçon au sein de la loge Hathor Pentalpha.

Palantir a été officiellement fondée en 2003. Cette entreprise technologique américaine a bénéficié d'un financement initial de la part d'In-Q-Tel, la société d'investissement de la CIA, qui est l'agence de renseignement américaine.

Outre Palantir, Peter Thiel est devenu en très peu de temps cofondateur et investisseur de nombreuses autres entreprises. L'une de ses premières entreprises fut PayPal. À l'époque, il était considéré comme « le parrain » de la « PayPal Mafia », un groupe d'entrepreneurs en pleine ascension de la Silicon Valley. Les membres de la « PayPal Mafia » de Thiel ont ouvert la voie vers un nouvel univers numérique. Ils ont fondé ou investi dans des réseaux sociaux tels que Yelp, Yammer ou LinkedIn, ainsi que dans YouTube, Tesla, SpaceX, Neuralink [développement d'une interface cerveau-ordinateur], Facebook et Clearview AI [logiciel de reconnaissance faciale], pour n'en citer que quelques-uns. Un essor technologique fulgurant a alors commencé.

En 2007, Peter Thiel a été désigné « Young Global Leader » par le FEM [Forum économique mondial]. Le Forum économique mondial (FEM) est une plateforme réunissant les personnes les plus riches et les plus influentes de la planète. Au même moment, un article publié dans Forbes l'a fait connaître dans le monde entier.

Aujourd'hui, c'est vers Thiel que convergent les fils conducteurs du secteur technologique, du monde de la finance, de l'armée et de la recherche la plus insoupçonnée. Il est considéré comme l'un des hommes les plus influents au monde.

On constate que, dès le début, Thiel a été soutenu et mis en avant par un réseau influent. Ce réseau est composé de transhumanistes et de technocrates. Les transhumanistes prétendent perfectionner l'être humain grâce à la super-intelligence des machines. Les technocrates veulent remplacer les gouvernements traditionnels par un régime prétendument infaillible dirigé par des super-ordinateurs (IA).

Que veut Peter Thiel, transhumaniste et technocrate ?

Le « dieu-IA » de Peter Thiel

Officiellement, les transhumanistes souhaitent créer une sorte de surhomme, une post-humanité ou provoquer un bond en avant dans l'évolution de l'espèce humaine. « L'objectif est de dépasser et d'éradiquer radicalement l'homme biologique 1.0. La fin de l'Homo sapiens. »

Selon leur conception, les êtres humains seraient contrôlables par des ordinateurs infaillibles grâce à des interfaces cérébrales et d'autres technologies. NeuraLink, dirigée par le technocrate Elon Musk est, par exemple, une entreprise bien connue dans ce domaine. Ce sont les premiers « miracles thérapeutiques » présumés, tels que les prothèses contrôlées par le cerveau, qui rendent cette idée attrayante aux yeux du public. Cela peut sembler séduisant. Mais de quoi s'agit-il réellement ? Thiel donne des conférences devant un public trié sur le volet aux quatre coins du monde. Quelle logique Thiel défend-il publiquement ? Thiel se présente comme un chrétien fondamentaliste et entremêle son idéologie avec des passages bibliques. Il considère que les cultures occidentales sont à la veille d'une apocalypse, d'un effondrement de l'Ancien Monde et de l'avènement d'un Nouveau Monde. Notre société moderne, fondée sur la concurrence et la liberté individuelle, mènerait à la violence et à la ruine. Selon Thiel, il faudrait mettre fin à la liberté d'action des individus.

Thiel dépeint la grande menace que représente un super-État totalitaire. Les démocraties libérales, avec leurs parlements, ainsi que les institutions supranationales telles que l'ONU ou l'UE, aspireraient à un « nouvel ordre mondial » et, par leurs réglementations, entraveraient l'IA, c'est-à-dire le sauveur. 

Vous trouverez ci-dessous quelques extraits d'une interview très intéressante réalisée par NuoFLIX avec Tariq Hübsch. Tariq Hübsch est, aux côtés de Tahir Chaudhry, coauteur de l'ouvrage « Peter Thiel : Palantir, le dieu-IA et la fin de l'humanité ». Tariq Hübsch décrit ci-après l'idéologie de Peter Thiel, telle que ce dernier la défend publiquement.

Tariq Hübsch : « Bon, si on veut résumer Peter Thiel… disons, en une seule chose, alors c’est un défenseur de la technologie, un défenseur de l’intelligence artificielle, un défenseur de l’amélioration technologique de l’être humain, ce qu’on appelle le transhumanisme. Que l'être humain s'améliore sur le plan technologique et atteigne ainsi un nouveau stade d'évolution. Il veut, par exemple, être immortel. Il veut vivre éternellement. Il pense tout simplement que la clé du salut réside dans la technologie. C'est en quelque sorte le mantra de Peter Thiel. Mais il se décrit également comme un chrétien pratiquant. Et il donne désormais des conférences partout dans le monde, comme récemment à Rome, par exemple, près du Vatican, sur le thème de l'Antéchrist. […] Et c'est un élément central de ce livre. Et je ne souhaite pas m’attarder ici sur cette histoire d’« Antéchrist » de Peter Thiel, mais plutôt m’interroger sur le fait que dans ce livre lui-même – dont le sous-titre est d’ailleurs « Le dieu-IA », par exemple –, il apparaît clairement que la technologie et l’intelligence artificielle, ne sont pas simplement des éléments dits « laïques », au sens où ils seraient purement profanes, mais nous entretenons également un tel lien avec ces systèmes parce qu’ils sont extrêmement imprégnés de religion. Ils sont chargés de sens religieux. […]

Et on pourrait en parler pendant des heures, à savoir de quelle manière, de façon tout à fait délibérée selon moi, cette IA est en quelque sorte présentée comme une sorte de figure religieuse salvatrice ou comme une sorte de dieu à venir. […] Il affirme en effet, et c'est là son interprétation, que quiconque freine l'avancée triomphale de l'intelligence artificielle est une manifestation de l'Antéchrist. […] Et quiconque souhaite freiner le progrès technologique ne fait en réalité que nuire et c'est lui qui réclame des règles, des règles mondiales. Et ils ajoutent ensuite que le plus grand danger réside dans le fait que nous nous dirigeons vers ce qu'on appelle le « Nouvel Ordre Mondial ». Et bien sûr, sous nos latitudes, dans les médias alternatifs, on se demande : « Mais qu'est-ce qui se passe ? » Peter Thiel met en garde contre le « Nouvel Ordre Mondial », contre un super-État mondial totalitaire, et affirme que quiconque souhaite freiner l'IA cherche en réalité à créer ce super-État mondial totalitaire. Et puis il se demande : « Comment puis-je relier tout cela ? Comment puis-je comprendre cela ? » […]

Il fait l'objet de critiques extrêmement virulentes, car on comprend bien sûr que, d'un côté, il met en garde contre ce super-État totalitaire, mais que, de l'autre, il dispose, avec Palantir, de la technologie qui permettrait justement la création de ce super-État totalitaire. C'est un peu comme le serpent qui se mord la queue. […] Et pour résumer ça en une seule expression, l'Antéchrist est, dans toutes les religions, avant tout celui qui trompe les hommes. C'est un trompeur. Et ce rôle — celui de la personne qui égare les gens, qui les dupe et les mène en bateau — est, bien entendu, celui que joue Peter Thiel. D'un côté, mettre en garde contre cela, mais de l'autre être celui qui le met en place, c'est en soi une manifestation de l'Antéchrist. […]

Et ce que je trouve extrêmement passionnant, par exemple, c'est cette idée du transhumanisme, selon laquelle l'être humain s'unit pour ainsi dire à la technologie ; prenons l'exemple de l'intelligence artificielle, et qu’il se fond ainsi dans une sorte d’organisme collectif où tous sont interconnectés et parviennent à nouveau à une forme de conscience, ce qui donne alors ce qu’on appelle une conscience collective, une sorte d’esprit de ruche. Les Borgs dans Star Trek sont un peu comme ça. […]

[…] et ils nous font croire, ou du moins c’est ce qu’ils nous présentent, qu’il sera effectivement possible pour l’être humain de connecter sa conscience à cette IA, à ce système, et que tous les êtres humains à travers le monde seront alors connectés ; et une fois que cela se sera produit, il en résultera une sorte de super-intelligence, une singularité, et nous aurons atteint un état de conscience, une conscience collective, qui sera si incroyablement intelligente qu’elle pourra, par exemple, modifier la matière elle-même. […]

Ainsi, pour les plus fervents défenseurs de l'IA, comme Ray Kurzweil par exemple, l'IA permettra, selon eux, de repousser la mort, de vaincre la mort, d'éradiquer les maladies, d'apporter une abondance infinie, de réconcilier les hommes entre eux et d'instaurer la paix. […]

Jusqu’à ce genre de fusion entre l’homme et cette IA et l’atteinte d’une singularité où l’homme serait, pour ainsi dire, connecté à tout, à l’univers tout entier, et où il régnerait ensuite sur tout. Mais cela a bien sûr pour conséquence que l'être humain en tant qu'individu n'existe plus. Parce que nous formons un esprit de ruche. Nous formons une conscience collective. Une conscience collective pourrait peut-être communiquer par la pensée, d'une manière ou d'une autre. […]

Et je ne parle pas là de n'importe qui, mais bien des penseurs les plus influents de la Silicon Valley. Et quand on sait à quel point la Silicon Valley est importante en soi, on peut imaginer à quel point ces personnes sont elles aussi d'une importance capitale. »

Voilà pour les extraits de l'interview de Tariq Hübsch.

Ray Kurzweil, pionnier du transhumanisme et directeur de l'ingénierie chez Google, déclare : « À partir des années 2040, nous devrions avoir la possibilité de sauvegarder entièrement l'esprit sous forme numérique et de le télécharger sur le cloud. » Pour Kurzweil, l'identité n'est qu'un modèle d'information et n'est pas liée à la matière. Cela permettrait de vivre indéfiniment grâce à des sauvegardes numériques.

Yuval Noah Harari, autre représentant du transhumanisme, l'a formulé ainsi : « Cette fusion doit être comprise comme une coévolution au cours de laquelle nous réécrivons notre propre logiciel et nous transformons, passant d'êtres purement biologiques à des êtres immortels, augmentés par la technologie et dotés de capacités quasi divines. » On atteindrait un état divin ; l'homme nouveau serait omniscient, tout-puissant et éternel.

Thiel ne se lasse pas de prêcher ces idées devant des étudiants, des ecclésiastiques, dans des émissions-débat, etc. Tout chrétien qui lit la Bible se rend compte que Thiel déforme les promesses bibliques du Dieu créateur, dont l'accomplissement est en effet annoncé pour notre époque. Kla.TV révèle que Peter Thiel fait exactement le contraire de ce qu'il promet ! Au lieu de sauver des vies humaines, il les détruit et les contrôle. Au lieu de les relier véritablement aux capacités divines, il les détourne de ce potentiel par la tromperie. Pour cela, commençons par un aperçu de toute la puissance de Palantir, puis passons au réseau qui le sous-tend…

La puissance indescriptible du Palantir

Parmi les clients de Palantir figurent désormais les Nations unies (ONU), l'armée, le Corps des Marines [infanterie de marine des forces armées des États-Unis], l'armée de l'air, les services de renseignement et les forces de police du monde entier, notamment en Israël, en Ukraine, en Lituanie, en Espagne ainsi que dans certains Länder allemands. Font également partie de la clientèle de Palantir des entreprises telles que la banque d'investissement Morgan Stanley, le groupe pharmaceutique Merck, le groupe aérospatial et d'armement Airbus, les constructeurs automobiles Fiat Chrysler Automobiles et Ferrari, ainsi que bien d'autres encore. De nombreuses agences de sécurité américaines, telles que le Bureau fédéral d'enquête (FBI), l'Agence nationale de sécurité (NSA), le Département de la sécurité intérieure (DHS) ainsi que les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) et l’administration fiscale américaine (IRS), collaborent avec Palantir.

Palantir s'est désormais infiltré dans les structures les plus importantes et s'est hissé au sommet dans les domaines suivants : le gouvernement, la finance et l'armée.

1. Infiltration des gouvernements

Thiel a soutenu le président Donald Trump dès avant son premier mandat, en 2016, lors de la campagne électorale, ainsi que lors de sa campagne de réélection en 2024. Immédiatement après sa réélection à la présidence des États-Unis en janvier 2025, Trump a annoncé un projet d'IA d'un montant de 500 milliards de dollars, baptisé « Stargate ». Auparavant, il avait abrogé par décret une série de mesures de sécurité relatives au développement de l'intelligence artificielle.

Stargate désigne un développement, soutenu par l'État, d'infrastructures d'IA à grande échelle : centres de données et production de puces, accès groupés aux données, applications biologiques, IA à usage civil et militaire, etc.

Au cours des deux mandats de Trump, le gouvernement a été infiltré par des proches de Peter Thiel :

Anthony Jancso : ancien employé de Palantir, désormais employé du DOGE

Clark Minor : ancien développeur de logiciels chez Palantir et actuellement directeur des systèmes d'information au ministère américain de la Santé (HHS)

Colin Carroll : chef de cabinet du secrétaire adjoint à la Défense, anciennement chez Anduril

George Cooper : consultant en ressources humaines pour le DOGE, anciennement chez Palantir

Gregory Barbaccia : directeur des systèmes d’information au Bureau de la gestion et du budget, anciennement chez Palantir

Luke Farritor : conseiller en ressources humaines auprès du DOGE, ancien bénéficiaire de la bourse Thiel

Patrick Witt : chef de cabinet au Bureau du capital stratégique du ministère de la Défense, a reçu des dons de Thiel

Ryan Wunderly : collaborateur du DOGE au ministère des Finances, anciennement chez Anduril D. Vance : vice-président des États-Unis

Elon Musk : directeur du DOGE, conseiller du président

David Sacks : responsable de l’IA et de la cryptomonnaie

Howard Lutnick : ministre américain du Commerce

Jim O’Neill : ministre adjoint de la Santé

Ken Howery : ambassadeur des États-Unis au Danemark

Jacob Helberg : Sous-secrétaire d’État aux affaires économiques

Michael Kratsios : Conseiller scientifique et directeur du Bureau de la politique scientifique et technologique à la Maison Blanche

Alors que les technocrates de Thiel infiltrent les gouvernements, ils poursuivent sans relâche un seul et même objectif : L'instauration d'une technocratie ! – une forme de gouvernement, ou plutôt une dictature, dans laquelle la technologie, les algorithmes et l'IA sont censés contrôler totalement les êtres humains.

Un projet pilote unique donne un aperçu de l'orientation envisagée : le projet Próspera. Cette zone de développement spécial est située sur l'île de Roatán, au Honduras, en Amérique centrale. Ce projet est géré par une entreprise privée américaine. Les bailleurs de fonds de ce projet sont Peter Thiel, Sam Altman d'OpenAI et Marc Andreesen. On y expérimente une forme d'État technocratique entièrement nouvelle, exempte de toute réglementation étatique et de toute influence de la part des habitants.

Loin de toute contrainte et de toute restriction en matière de sécurité, la « science-fiction » prend corps dans ce lieu. Les recherches portent sur des thèmes majeurs tels que la manipulation génétique ou l'interface homme-machine. Les mots-clés sont : recherche sur les cellules souches, cyborgs autonomes et biotechnologie visant à « faire de la mort une option ».

2. Finances : l'IA, un véritable aspirateur impitoyable de fortune

L'IA s'impose également dans le secteur financier. Là encore, Palantir est de la partie avec Palantir Foundry. Ce logiciel est utilisé par les fonds spéculatifs, les banques et les prestataires de services financiers. Dans ce domaine, l'IA s'avère désormais être un « aspirateur à fortune » sans pareil. BlackRock, l'un des plus grands gestionnaires d'actifs au monde et actionnaire principal de Palantir, se distingue tout particulièrement dans ce contexte.

Comment l'IA est-elle utilisée dans le système financier et quel est le lien avec BlackRock ? L'expert financier Ernst Wolff explique ce que signifie le fait que le système d'analyse des données financières Aladdin de BlackRock ait été connecté à l'IA :

Ernst Wolff :

« Cela signifie en substance qu’aucun courtier ou opérateur boursier humain normal ne peut plus rivaliser avec BlackRock. » Donc, toutes ces informations qui sont transmises en quelques nanosecondes, aucun cerveau humain n'est capable de les suivre. Et nous avons justement pu constater la semaine dernière à quel point BlackRock en tire parti. La semaine dernière, la troisième plus grande banque des États-Unis, à savoir Citibank, a confié l'ensemble de ses activités de gestion d'actifs à BlackRock. Cela représente 80 milliards de dollars. Et on remet tout simplement ça à BlackRock, parce que BlackRock a justement une meilleure vue d'ensemble de tous les flux financiers mondiaux que n'importe qui d'autre. »

3. Armée : « Centre de commandement » Palantir

Palantir est un véritable pionnier dans le domaine de la guerre assistée par l'IA. Palantir équipe les systèmes d'armement avec l'IA. Le véhicule de combat TITAN, par exemple, est capable d'analyser des flux de données en temps réel et de prendre des décisions, c'est-à-dire de tuer, sans aucune émotion. Le système intelligent MAVEN analyse les images prises par des drones et, sur cette base, identifie en quelques minutes des cibles d'attaque à l'aide d'une analyse algorithmique.

Deux théâtres d'opérations militaires - ou plutôt deux terrains d’essai - démontrent que l’IA et ses créateurs ne font pas dans la dentelle : Gaza et l’Ukraine.

À Gaza, l'armée israélienne utilise l'intelligence artificielle (IA) de Palantir, qui sélectionne des cibles dans la bande de Gaza et prend ainsi des décisions de vie ou de mort. Pour ce faire, le logiciel développé par l'entreprise de Thiel analyse l'ensemble des e-mails, des conversations téléphoniques, des messages instantanés, des déplacements et des publications sur les réseaux sociaux de la population palestinienne. Les ondes radio, les communications radio, les images satellites et les vols de drones font également l'objet d'une analyse. À des fins publicitaires, on vante une précision « chirurgicale » dans la conduite de la guerre – c'est-à-dire moins de morts parmi la population civile. Les chiffres bruts racontent toutefois une autre histoire.

Selon l'ancien chef de l'armée israélienne, Herzi Halevi, plus de 200 000 personnes ont été blessées ou tuées dans la bande de Gaza jusqu'en septembre 2025. Selon le Berliner Zeitung du 22 août 2025, 83% des personnes tuées sont des victimes civiles, dont un tiers de femmes et un tiers d'enfants ! Donc l'affirmation selon laquelle la guerre serait menée de manière « chirurgicale » n'est qu'un mythe.

En Ukraine, une guerre fait rage depuis février 2022 au plus tard, faisant plus d'un million de victimes ! Pourquoi tous ces hommes meurent-ils, sans parler des civils ? Dès le départ, StarLink est utilisé comme système de communication par le technocrate Elon Musk. « Si je le désactivais, leur front entier s'effondrerait », a écrit Musk sur sa plateforme X. Starlink constituerait l'épine dorsale des forces armées ukrainiennes. Les satellites fournissent les données que Palantir, la société de Thiel, analyse en quelques minutes. Le délai entre l'identification des cibles à abattre et l'exécution de la mission est de deux ou trois minutes. Les satellites Starink participent directement aux essais et à l'utilisation d'armes de nouvelle génération dans le cadre de la nouvelle course à l'armement mondiale, comme on peut le constater en Ukraine. La guerre, un terrain d'essai pour l'industrie de l'armement ?! Sans aucun doute !

Alex Karp, PDG de Palantir, constate que « la puissance des systèmes de guerre algorithmiques sophistiqués est désormais telle qu'elle équivaut à l'utilisation d'armes nucléaires tactiques contre un adversaire ne disposant que d'armes conventionnelles. »

Bilan intermédiaire

Le mouvement technocratique, incarné par Peter Thiel et Palantir, est synonyme de surveillance totale, de privation des droits individuels, de mort, de souffrance, de paupérisation, d'abolition de la personnalité individuelle et d'une prison numérique.

Vous connaissez cet animal ? Ça ressemble à un canard, ça se dandine comme un canard et ça caquette comme un canard. Qu'est-ce que c'est ? Exactement : un canard.

Il convient d'évaluer de la même manière les promesses de salut de Thiel concernant la vie éternelle, la guérison et la perfection de l'être humain grâce à une IA prétendument guidée par les valeurs chrétiennes. Quiconque prétend que le canard est un cygne se trompe et trompe les autres.

Qui a intérêt à tromper les gens de manière aussi flagrante, et pourquoi ?

Le réseau maçonnique derrière Peter Thiel

Une chose est sûre : tous ces acteurs du secteur des technologies, mis en avant par les médias et devenus riches, font partie d'un réseau qui opère en coulisses. Jetons un petit coup d'œil dans les coulisses et sur le réseau qui se cache derrière le personnage de Thiel.

Liens entre les francs-maçons et le groupe Bilderberg :

Thiel et Alex Karp, cofondateur de Palantir, sont tous deux membres du comité directeur du groupe Bilderberg. Thiel a participé à toutes les conférences du groupe Bilderberg entre 2007 et 2025. Des représentants de Palantir étaient également présents en 2026. Selon les révélations de l'interprète du prince Bernhard des Pays-Bas, fondateur du groupe Bilderberg, la conférence annuelle du groupe Bilderberg rassemble les plus éminents francs-maçons du monde issus des milieux politiques, financiers et industriels afin de prendre des décisions politiques et financières de grande envergure. Palantir fait partie du gouvernement maçonnique de l'ombre, composé notamment du groupe Bilderberg, de la Commission trilatérale et du Council on Foreign Relations (CFR), et qui a été créé à l'initiative de David Rockefeller et Henry Kissinger, deux francs-maçons de haut grade.

Lien avec BlackRock

Peter Thiel est marié à Matt Danzeisen. Ce dernier a notamment occupé le poste de vice-président chez BlackRock. Les principaux investisseurs institutionnels de Palantir sont les géants de la gestion d'actifs BlackRock et Vanguard. Larry Fink est président du conseil d'administration de BlackRock. Il est également membre du conseil d'administration du Forum économique mondial (FEM) et fait partie de plusieurs loges maçonniques : la loge Compass Star-Rose/Rosa-Stella Ventorum, la loge Hathor Pentalpha et la loge Amun.

La société d'investissement The Vanguard Group a quant à elle été fondée en 1975 par John Bogle. Lui aussi était un franc-maçon de haut grade et membre de la super-loge « Hathor Pentalpha ». Les déclarations de Larry Fink, PDG de BlackRock, montrent à quel point les francs-maçons de haut grade se soucient peu de la vie humaine et ne poursuivent que leurs intérêts qui méprisent les humains.

À propos des innombrables victimes sur le champ de bataille, Larry Fink fait remarquer : « Je pourrais avancer que les grands gagnants sont les pays dont la population est en déclin ». Selon lui, la baisse des taux de natalité et la hausse des taux de surmortalité constituent un argument de poids pour vendre l'IA et les robots destinés à remplacer les humains. « Les problèmes sociaux qui surgiront lorsqu'on remplacera des personnes par des machines seront bien moins graves dans les pays où la population est en baisse. »

L'auteure Ayn Rand est une figure idéologique de référence pour les grands noms de la Silicon Valley, ainsi que pour Peter Thiel. Elle prônait l'égoïsme radical. Ses livres ont inspiré Trump, Musk, Thiel et d'autres personnalités partageant cette vision élitiste. Anton LaVey, auteur de la bible satanique, explique que sa religion « n'est autre que la philosophie d'Ayn Rand, à laquelle ont été ajoutés des cérémonies et des rituels », et que le satanisme a bien plus en commun avec ses idées qu'avec n'importe quelle autre religion ou philosophie. Ayn Rand, figure emblématique des technocrates, entretenait des liens étroits avec Alan Greenspan, qui figure parmi les membres de cinq super-loges maçonniques !

On entrevoit ici un lien entre un réseau maçonnique et le satanisme. Lors de la 22e AZK, Ivo Sasek a démontré de manière très approfondie, dans son exposé intitulé "Doctrine secrète des francs-maçons de haut grade : « Satan est Dieu. »", à quel point la franc-maçonnerie de haut grade est ancrée dans le satanisme.

[voir AZK Ivo Sasek : kla.tv/39514] Écoutez un extrait à ce sujet : Ivo Sasek (extrait de "Doctrine secrète des francs-maçons de haut grade : « Satan est Dieu. »") :

« On peut en effet l'entendre de leur propre bouche : ils induisent en erreur consciemment leurs propres fidèles, qu’ils mentent consciemment et leurs cachent qu’ils se sont liés à Satan. Ils font cela avec le but de finalement mener l’ensemble de la population mondiale sous cette régence, ce culte de Satan. […] Et maintenant vous voyez un franc-maçon de plus haut grade un sataniste au travail quand il s'agit de guerre et de sacrifices humains, de sacrifices d'enfants, etc. Crowley était membre de l'Ordre hermétique de l'Aube dorée. Il était un sataniste et occultiste déclaré, qui se vantait même d'être la Grande Bête 666. Dans son livre « Magie en théorie et en pratique », tome 4, page 88, il donne des instructions sur les rituels magiques et les sacrifices humains. Donc là, on va vraiment dans la substance, mes chers. Écoutez bien la citation. C'est ce qui se passe là, tout en haut. Citation : « Le sacrifice humain a toujours été la partie la plus respectée de la magie. [...] » […] Dans le quatrième volume de sa série de livres « Magie en théorie et en pratique » p. 88, il décrit que la planète entière doit être baignée de sang. Vous comprenez ? « Cette grande guerre doit être menée, car il s'agit d'une opération magique de la plus haute importance. » À la lumière de ces confessions maçonniques satanistes impunies, les attentats terroristes, les guerres, les épidémies, les enlèvements d'enfants, les pandémies et le déclin de toute sorte prennent soudainement une toute nouvelle dimension ; tout à coup cela devient logique tout ce qui se passe là-dehors. Pour de tels dirigeants mondiaux pervers, la destruction par principe de notre monde ne semble être rien d'autre qu'un rituel sacrificiel nécessaire, convoité et également exigé par Satan. En clair, cela signifierait que pour les dirigeants mondiaux de cette sorte, même une troisième guerre mondiale ne serait rien d'autre que le plus grand rituel sacrificiel jamais accompli en l'honneur de Lucifer, Satan et le Diable."

Perspectives

Comme nous avons pu le constater, le réseau technocratique gravitant autour de Palantir et de Peter Thiel permet une surveillance totale, des meurtres sans émotion, la suppression de toute participation de l'individu aux décisions et le contrôle des êtres humains par des machines.

Peter Thiel fait manifestement partie d'un réseau transhumaniste maçonnique qui glorifie Satan. Ainsi, les promesses apparemment séduisantes de Thiel et d’autres figures de proue du mouvement transhumaniste, telles que Ray Kurzweil ou Yuval Harari, concernant des conditions paradisiaques sur cette Terre, doivent en réalité être considérées comme une illusion flagrante. Et cela n’a rien d’étonnant, comme le dit la Bible dans 2 Corinthiens 11:14 et 15 : « … car Satan lui-même se déguise en ange de lumière ; il n’y a donc rien d’étonnant à ce que ses ministres aussi se déguisent en ministres de la justice. »

Thiel affirme que l'IA est censée guérir les êtres humains et les rendre immortels. MAIS : Palantir contribue à tuer et à mutiler des êtres humains à grande échelle, comme on le voit à Gaza. Thiel met en garde contre un « NOM », un Nouvel Ordre Mondial, et souhaiterait, semble-t-il, empêcher la création d'un super-État totalitaire.

MAIS c'est justement cela que permet Palantir : un super-État totalitaire.

La question est de savoir pourquoi les partisans du transhumanisme déforment précisément les enseignements bibliques de manière si flagrante. Se pourrait-il que ces milieux à la mentalité élitiste voient dans la véritable compréhension de la vocation divine de l'homme le plus grand danger et souhaitent justement empêcher cela ? La tromperie ne détourne-t-elle pas toujours consciemment de la vérité, par crainte que celle-ci ne menace ses intérêts ?

Les gens en prennent de plus en plus conscience, et la pratique le démontre également : l'humanité EST un organisme, l'intelligence collective (ou intelligence de l'essaim) EXISTE, tout EST déjà interconnecté, l'âme EST immortelle, et ainsi de suite.

Peter Thiel promet, sur chaque point, des choses que nous, les êtres humains, sommes déjà ou possédons déjà !




dimanche 25 octobre 2026

CASTANEDA : Le Retour à l'Esprit




 Auteur Bernard Dubant :

"L’idée, c’est que, l’homme étant parvenu à l’impasse qui est son actuel séjour, n’a d’autre solution que de revenir à son état initial, primordial, celui de la connaissance silencieuse, cet état dur et lourd, et en même temps fluide, alors que le bougre rationnel est bien léger, et fort roide. Cet état est là, c’est notre état d'homme naturel, qui commence là où finit l’état d'homme artificiel. Il va de soi que ce retour à l’état ancien n’est « pas une « remontée » du temps. Les traditionalistes » qui trouvent l’homme moderne tellement infect qu’ils souhaitent « remonter » à telle ou telle époque, perdent totalement leur temps. 

Les croyances sociales, philosophiques, religieuses, les régimes politiques, rien de cela n’a d’intérêt profond. C’est un perdurable bla-bla, qui entretient l’« auto-contemplation ». L'homme ancien est en-dehors de tout temps, il est là, à portée de main, à condition que cette main soit une main de pouvoir. Il est séparé de nous — ou plutôt nous sommes séparés de nous — par une montagne de concepts, de « dialogue intérieur », par de profondes et innombrables strates de connaissance discursive, qui sont précisément le legs de nos chères époques antérieures — et l’affaire ne date pas d’hier. 

Aussi n’y a-t-il rien de religieux, de moral, de social, dans la voie de la réintégration. Il ne s’agit pas de refléter la « forme humaine », de « séparer le corps de l'esprit », mais d’opérer la plus vaste révolution qui soit possible : volatiliser son mental, son ego, son « monde », pour ouvrir sa perception à l'inconnu, c’est-à-dire à l'énergie ; pour finalement se transformer soi-même en énergie.

Les barrières rationnelles qui nous séparent de la totalité de nous-mêmes sont fortes, tenaces, et en même temps ne sont rien. Ce sont des barrières automatiques, qui font que l’homme « refuse automatiquement de déplacer son point d’assemblage ». C’est pourquoi il ne le fait que lorsqu'il est « hors de lui » — accidents, maladies, frayeurs, plantes pouvoir, émotion violente, etc., tout ce qui le surprend. Il y arrive aussi quand la raison est abattue — mais pour cela il faut une explosion, car elle ne renonce pas d’elle-même."


CASTANEDA : Le Retour à l'Esprit


Avant-propos

Le premier livre de Castaneda, "La Petite Fumée et l’Herbe du Diable", a eu un impact majeur en présentant un monde perceptif différent grâce à des "plantes pouvoir" et une "altération" de la personnalité.

Ses ouvrages suivants, "Voir" et "Le Voyage à Ixtlan", ont marqué une évolution, passant d'une "analyse structurale" à une "méthode phénoménologique" pour décrire la perception du monde comme des "champs d’énergie".

Le "second cycle" des œuvres de Castaneda, incluant "Le Second Anneau de Pouvoir", "Le Don de l’Aigle", "Le Feu du Dedans" et "la Force du Silence", explore la nature de la perception et la réminiscence d'expériences vécues dans un état de conscience accrue.


Chapitre I : La Nostalgie des Origines

L'œuvre de Castaneda est poétique car elle évoque un retour aux origines de l'homme, avant qu'il ne soit enfermé dans sa "coquille rationnelle".

Le poète, bien que conscient de cet exil, ne peut y retourner sans les moyens nécessaires, sa nostalgie étant celle d'une "connaissance silencieuse" perdue.

L'homme moderne, "archi-rationalisé", a dégradé son être en se séparant de l'état de "connaissance silencieuse" qui fut le sien pendant la majeure partie de son histoire.

La "forme humaine" est un "prototype statique d'humanité" qui nous immobilise dans une perception limitée et que les "voyants" peuvent "voir".

Les religions et idéologies, vues comme des "subterfuges de la raison", lient l'homme à une vision étroite et l'empêchent de se libérer de la "structure" rationnelle.

Les "voies de la main gauche" sont présentées comme des pratiques de "sorcellerie" visant la "réintégration" et la reconquête de l'héritage magique, en opposition à la "stupidité" humaine qui est le seul véritable mal.


Chapitre II : La Perception

L'Aigle, la "source universelle", est une force inflexible qui dévore les consciences, symbolisant la mort et le temps, et n'est ni Dieu ni un être anthropomorphique.

L'univers est constitué d'"émanations" ou "filaments lumineux" qui sont pure énergie, et l'homme lui-même est un "œuf lumineux" fait de ces émanations.

Les "trois attentions" (première, seconde et tierce) décrivent les différents niveaux de perception de l'être humain, allant du monde rationnel quotidien (première attention) aux mondes "inconnaissables" accessibles via la "tierce attention", qui est la liberté totale.

Le "rêve" et le "souvenir" ne sont pas de simples illusions, mais des réalités opératives qui permettent au guerrier de se déplacer entre les mondes et de reconstituer sa "totalité de soi-même" en se consumant par le "feu du dedans".

"Voir" est la capacité du sorcier à percevoir l'essence des choses comme des "champs d'énergie" en utilisant des émanations normalement inutilisées, ce qui abolit la pensée dualiste et la "propre importance" de l'individu.


Chapitre III : L'Impeccabilité

Pour un véritable changement, l'homme doit récupérer l'énergie accaparée par le "moi personnel" et la structure rationnelle, ce que Don Juan appelle l'"impeccabilité".

L'"impeccabilité" n'est pas une moralité, mais une stratégie de "non agir" pour faire taire le dialogue intérieur et se rendre disponible à l'esprit, qui ne peut être compris par la pensée rationnelle.

L'"intention inflexible" est la force motrice du guerrier, issue du "lieu sans pitié" (un état d'indifférence primordiale) qui le pousse au-delà du point de non-retour, lui permettant de "commander à l'esprit".

La "folie contrôlée" est une stratégie du sorcier pour feindre d'être absorbé par le monde des hommes, tout en étant détaché et en s'en moquant, afin de se protéger et de pulvériser la "personnalité".

La "grande guerre sainte" du guerrier est une lutte totale contre le "moi individuel" et la "stupidité", non pas contre des ennemis extérieurs, afin de reconquérir sa liberté et son pouvoir intrinsèques.


Chapitre IV : La Mort

Le nombre treize, souvent associé à la mort et à la transformation dans diverses traditions, symbolise le grand défi du guerrier : vaincre la mort ou apprendre à ne pas mourir.

La mort est présentée comme le "grand traqueur" et le seul conseiller valable, poussant le guerrier à l'impeccabilité et à prendre des décisions irrévocables afin de la vaincre en la commandant.

La victoire sur la mort ne consiste pas à éviter sa fin, mais à "disparaître" consciemment dans la "tierce attention", transformant la conscience en "feu intérieur" pour échapper au destin d'être dévoré par l'Aigle.


Les Leçons de Carlos Castaneda

L'essence de l'enseignement de Castaneda est de se rendre "disponible à l'esprit" en faisant taire la raison bruyante et en se dégageant du "moi personnel", qui est sans valeur.

L'homme moderne, enfermé dans sa "structure sociale" et sa "raison", est appelé à revenir à son "état initial, primordial" de "connaissance silencieuse" par une "révolution" intérieure.

Ce retour exige une grande énergie, car les barrières rationnelles sont tenaces et seule une "explosion" ou l'intervention de l'esprit peut déplacer le "point d'assemblage" de la perception.

Les leçons de Castaneda ne sont ni morales, ni philosophiques, mais une invitation à comprendre les implications de la vérité : "Il n’y a pas de mal, pas de sorcellerie, seulement perception, énergie", afin de devenir soi-même mystère.

L'IA de ChatPDF


samedi 24 octobre 2026

La démocratie électorale bourgeoise ou la dictature des riches



"Voter, c’est abdiquer ; nommer un ou plusieurs maîtres pour une période courte ou longue, c’est renoncer à sa propre souveraineté. Qu’il devienne monarque absolu, prince constitutionnel ou simplement mandataire muni d’une petite part de royauté, le candidat que vous portez au trône ou au fauteuil sera votre supérieur. Vous nommez des hommes qui sont au-dessus des lois, puisqu’ils se chargent de les rédiger et que leur mission est de vous faire obéir."

Élisée Reclus


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La démocratie électorale bourgeoise ou la dictature des riches


La superstructure politique est subordonnée à l’infrastructure économique» puisque c’est cette dernière qui fournit aux politiciens «improductifs» les moyens matériels et spirituels d’exercer leur «parlementerie», au frais des exclus sur qui cette fausse «démocratie» constitue une vraie dictature soutenue par le plein poids de la loi à travers ses fonctionnaires, ses tribunaux, sa police, ses prisons et son armée et l’ensemble de « l’État profond » (sic).

Ainsi, dans l’Athènes esclavagiste antique, «berceau» de la «démocratie» de la classe esclavagiste : les «citoyens», athéniens de naissance, esclavagistes, libres, majeurs et ayant servi ou servant dans l’armée, environ 10% de la population athénienne, à l’exclusion des femmes, des mineures, des «métèques» et des esclaves, soit 90% de ladite population, choisissaient entre eux, ceux qui les représentaient pour l’administration de leurs intérêts communs afin d’exercer leur dictature de classe, voilà en quoi consistait la «démocratie esclavagiste athénienne» tant vantée démagogiquement par la bourgeoisie.

En réalité, l’essence vitale de la «démocratie esclavagiste athénienne» consistait en son caractère parasitaire c’est-à-dire que ceux qui l’exerçaient étaient des parasites sociaux, des êtres «improductifs» qui vivaient au crochet de ceux qui produisaient les biens dont ils vivaient : les esclaves, les métèques et les femmes, l’armée laborieuse des sans voix, soumise à la dictature «élective» des parasites armés et leurs chantres religieux.

Sachant cela, comment comprendre la propagande goebelienne des idéologues de la bourgeoisie qui s’ingénient depuis toujours, à présenter la dictature des esclavagistes athéniens comme le «berceau de la démocratie» et leur propre modèle de «démocratie» ?

Pour la raison alambiquée que si la «démocratie ‘ élective’ des esclavagistes athéniens» était celle du «peuple par le peuple et pour le peuple», celle des esclavagistes bourgeois serait aussi «le pouvoir par le peuple et pour le peuple» des esclavagistes bourgeois.

MARX et ENGELS, écrivaient dans le Manifeste du Parti communiste :

«La bourgeoisie a enfin, depuis l’établissement de la grande industrie et du marché mondial, conquis pour elle-même, dans l’État représentatif moderne, une domination politique exclusive. Le pouvoir exécutif de l’État moderne «profond» (le gouvernement, ndla) qu’un comité qui gère les affaires communes de toute la classe bourgeoise».

Cette domination exclusive de la bourgeoisie sur l’État, à travers sa «démocratie élective», fondée sur le «droit de vote» et leur répartition sur une carte électorale patentée à son seul profit, découle directement du pouvoir du «capital» c’est-à-dire la propriété des moyens de production, tant des biens matériels que spirituels : avec les premiers on finance les élections et subvient aux besoins des «candidats» ; avec les seconds, les MERDIA$ MAINSTREAM DES MILLIARDAIRES, on manipule et façonne l’«opinion publique» en faveur de ses candidats et discrédite ceux de ses adversaires, principalement, ceux du prolétariat, leur ennemi de classe antagoniste et irréconciliable.

Dans un texte prémonitoire et toujours d’actualité, MARX écrivait en 1855 :

«En Angleterre, la liberté de presse a jusqu’ici été le privilège exclusif du capital.» (marxists.org, Neue Oder Zeitung, 30/03/1855).

Ils poursuivaient en écrivant :

«Les dispositions concernant le cautionnement tuèrent la presse dite révolutionnaire. [la presse] est la troisième puissance dans l’État» (marxists.org, The Class Struggles in France,1844 to 1850).

Cette domination de «la presse» par le capital, loin de s’atténuer, n’a fait que s’intensifier avec l’expansion du capitalisme, tant et si bien, qu’aujourd’hui, il peut être affirmé sans crainte de se fourvoyer que ~85% des mass-médias mondiaux, tous médiums confondus, est la propriété des milliardaires ou de leurs États et dépendent d’eux par la publicité qui les financent.

Ainsi, le «suffrage universel», étalon de la démocratie bourgeoise, n’existe pas dans un espace politique «égalitaire» mais dans un espace médiatique dominé massivement par le capital, tant pour le choix et le financement des candidats que pour celui de la propagande qui présente cette «politique» a un électorat matraqué, manipulé, écrasé, dissuadé et sondé, une machine infernale dominé par la bourgeoisie afin de convaincre, de gré ou de force, un troupeau d’électeurs jusqu’à l’abattoir de l’isoloir où il doit choisir l’un ou l’autre des «candidats», «bonnet blanc ou blanc bonnet» que leur offrent les partis de la bourgeoisie régnante… répugnante.

LÉNINE, fort de l’opinion matérialiste dialectique et historique de MARX et d’ENGELS et de sa propre expérience révolutionnaire, a porté l’analyse de la duperie électorale bourgeoise à un niveau supérieure lorsqu’il a écrit: «Comment garantir la succès de l’Assemblée constituante?».

Ainsi, il écrit :

«Ce n’est pas la ‘liberté de la presse’, mais la liberté pour les riches, pour la bourgeoisie, de tromper les masses opprimées. […]
[L]a publication d’un journal est une entreprise capitaliste et lucrative, dans laquelle les riches investissent des millions et des millions de roubles [les annonces publicitaires procurent, ndla] un revenu énorme, en fait le principal revenu de leurs éditeurs capitalistes. […] La ‘liberté de presse’ dans la société bourgeoise signifie la liberté pour les riches de tromper, de corrompre et de duper systématiquement, sans relâche, chaque jour, en millions d’exemplaires, les masses exploitées et opprimées, les pauvres». (marxists.org, «How to Guarantee the Success of the Constituant Assembly», 28/09/1917).

Dans «DE L’ÉTAT ET LA RÉVOLUTION», LÉNINE, démasque totalement le «suffrage universel», cette panacée bidon, alambiquée et patentée par la bourgeoisie pour duper les masses exploitées et les enrôler dans le choix truqué de leurs propres fossoyeurs : des «élus» majoritairement choisis, financés, soumis et recyclés par la bourgeoisie pour la servir dans cette vaste opération de manipulation et de supercherie.

LÉNINE écrit:

«L’État […] proclame le suffrage universel, déclare […] qu’il n’est pas un État de classes […] Le pouvoir reste aux mains du capital, que le régime soit censitaire ou non, même si la république est démocratique» (marxists.org, De l’État,1919).

Dans sa lettre à Sylvia Pankhurst, LÉNINE, écrit des FAITS qui demeurent d’une actualité et d’une véracité d’une rigueur et d’une exactitude époustouflante :

«[La bourgeoisie des pays parlementaires] connaît mille tours pour tromper le peuple […] dissimulant avec les innombrables liens du parlement avec la Bourse et les capitalistes […] en tirant profit d’une presse vénal […] en se servant de toutes les façons de l’argent, puissance du capital». (marxists.org, no 18 du Bulletin communiste, 15/07/1920).

Le développement historique du «suffrage universel» sous la dictature de la bourgeoisie et le «financement étatique» des partis politiques, l’évolution de l’électorat par l’instruction publique et l’existence de partis autoproclamés : «insoumis», «populaire», «solidaire», voire «socialiste», même «communiste», n’ont rien changé à la domination de «facto» de l’appareil d’État par le capital comme le démontre à l’évidence TOUS LES GOUVERNEMENTS DU MONDE CAPITALISTE, depuis les U$A présidé par un milliardaire dégénéré avec moins de vote que ses adversaires; jusqu’à la République populaire de Chine, présidé par un apparatchik du parti «national-socialiste» à la chinoise, élu par une clique sélectionnée sur le volet, en passant par un Micron 1er en talons hauts cloutés dont le parti ne représente que 7% de l’électorat ; un Zizilinsky au mandat électoral expiré depuis 2 ans ; un Poutine, ex-apparatchiks et espion renégat et à la totalité des dictateurs pour la durée de leur mandat «électif» sur des mensonges, des promesses d’ivrogne, la tromperie, la fourberie et la supercherie dont ils n’ont aucun compte à rendre à leurs électeurs trompés, abusés, opprimés et exploités.

Si d’aventure, une élection patentée n’aboutissait pas à la dictature du capital et à l’intérêt de la bourgeoisie, qu’à cela ne tienne, un coup d’État, un assassinat, une guerre de changement de régime ramènera le troupeau égaré à l’abattoir du capital ainsi qu’en témoignent les Mussolini, Hitler, Franco, Salazar, Dollfuss, Metaxas, Antonescu, Horthy, Alexander 1er de Yougoslavie, Pitsudski, Georgiev, Päts, Ulmanis, Vargas, Uriburu, Pinochet, Videla, Bordaberry, les colonels grecs, Evren, Zia-ul-Hag, Hussein, Assad, Gaddafi, Pahlavi, Chung-hee, Suharto, Duvalier, Garcia, Baptista, Gomez, Berlusconi, Xi, Micron, Zélensky, Poutine, Tr0mp, etc… etc… etc… qui d’un coup d’État à des promesses électorales d’ivrogne ont imposé la dictature de la bourgeoisie à un prolétariat opprimé en voie d’émancipation de la dictature électorale bourgeoise.

vendredi 23 octobre 2026

Inde : c’est pire que ce que vous pensez




La plupart des Occidentaux ne savent rien de l’Inde, si ce n’est quelques notions vagues sur l’hindouisme, le yoga, les gourous et, peut-être, une pointe de Bollywood. Pour ces personnes, cet article sera une révélation brutale.

J’ai grandi à Bhopal, dans le centre de l’Inde. Aussi loin que je m’en souvienne, j’ai travaillé dans l’imprimerie de mon père. J’ai suivi des études d’ingénieur à Indore, une ville voisine, puis j’ai obtenu un MBA à la Manchester Business School, en Grande-Bretagne. Je suis retourné en Inde pour y implanter la filiale d’une entreprise britannique, ce qui fut un immense succès. À l’époque où je vivais à Delhi, j’écrivais pour les grands médias indiens. J’ai beaucoup voyagé, tant en Inde qu’à travers le monde.

Lorsque je suis rentré en Inde, mon intention était de contribuer à améliorer le pays. Mais, après onze ans, j’ai dû me rendre à l’évidence : l’Inde est un navire en train de sombrer, marqué par une corruption croissante et de plus en plus décomplexée, une population avilie et une société qui se disloque. Je n’ai jamais rencontré un seul fonctionnaire ou homme politique honnête. J’ai donc déposé une demande d’émigration pour le Canada, qui a été acceptée en un temps record : trois semaines.

Aujourd’hui, je conseille des entreprises d’Asie de l’Est et d’Occident sur leurs investissements en Inde. Ce que je leur dis leur semble, la plupart du temps, exagéré, irréaliste, voire invraisemblable. Après bien des péripéties, des drames et des pertes financières considérables, elles finissent par admettre la véracité de mes propos. Pourtant, cet apprentissage n’est jamais institutionnalisé, en raison d’un refus obstiné de comprendre l’Inde. Il s’agit là d’une forme de « politiquement correct », un poison qui ronge les fondements mêmes des valeurs occidentales.

Durant mon enfance en Inde, j’ai appris que « la force prime le droit ». Le pouvoir y était fréquemment détourné : ceux qui le détenaient agissaient comme s’ils avaient reçu de Dieu le droit d’exploiter et de dominer autrui. L’exercice de l’autorité pouvait atteindre des niveaux si extrêmes que contester une décision, ou simplement attendre de ceux qui sont au pouvoir qu’ils accomplissent leur devoir, pouvait entraîner des représailles. Les détenteurs du pouvoir semblaient considérer leur position non pas comme un moyen de servir les autres, mais comme une opportunité de profit personnel.

Ceux qui faisaient preuve de respect semblaient avoir docilement accepté une position inférieure, celle de subordonnés. Quant aux personnes bienveillantes, elles devaient dissimuler leur compassion, car la gentillesse était perçue comme une faiblesse. En Inde, j’ai rarement vu une personne en position d’autorité prendre l’initiative de résoudre un problème dont elle était responsable. À l’université, un garçon mineur qui travaillait en cuisine a été violé et sodomisé par des employés chargés de l’entretien. J’ai signalé les faits, mais non seulement personne parmi les responsables n’a agi comme il se devait — alors qu’ils en avaient parfaitement le pouvoir —, mais ces mêmes responsables, ainsi que certains étudiants, m’ont menacé de graves conséquences si je persistais dans ma démarche. Dépourvus de toute empathie, ils se sont également moqués du garçon et de moi-même.

Oui, il y a là une part de sadisme. Les Indiens éprouvent, dans une certaine mesure, du plaisir face à la souffrance d’autrui. L’attitude de ces responsables rappelait celle d’un haut fonctionnaire de Delhi qui m’a confié que son whisky « Black Label » avait bien meilleur goût, sachant que la plupart des Indiens n’avaient pas les moyens de s’en offrir.

Cela déconcerte les Occidentaux. S’ils détenaient le pouvoir — même en étant corrompus —, dans une situation où il n’y a rien à gagner ni à perdre (pas de pots-de-vin possibles, les deux parties étant démunies ; aucun risque de froisser une personne influente), ils agiraient correctement et feraient arrêter le violeur présumé. Ces Indiens, eux, ne font rien — ils ne lèvent pas le petit doigt — sans une contrepartie : argent ou sexe. Leur apathie est abyssale.

Accomplir son travail peut être perçu, par ses supérieurs, comme un signe de faiblesse, voire de féminité. À l’inverse, se soustraire à ses responsabilités est considéré comme une marque de virilité. Dans cette culture, agir avec droiture n’est que rarement source de fierté ou d’honneur. Si vous faites appel à un plombier pour des réparations, il jugera indigne de son rang de partir sans laisser un désordre derrière lui. Il peut même bâcler volontairement le travail, alors qu’un travail bien fait ne lui prendrait pas plus de temps. Ce comportement est alimenté par un écheveau complexe d’arrogance, d’égoïsme, de servilité, de préjugés de caste, de tribalisme et de pensée magique. En laissant tout en désordre, il affiche son mépris à votre égard et prend le dessus sur vous. À l’inverse, le client — revers de la même médaille — pourrait très bien mépriser, voire exploiter, une personne qui aurait pourtant parfaitement accompli sa tâche. Si vous travaillez mal, cela signifie-t-il que l’on ne fera plus appel à vous ? Peu importe pour des individus qui, d’emblée, n’ont aucune exigence et ne se projettent pas dans l’avenir. Il n’existe guère de retours positifs pour ceux qui cherchent à s’améliorer, à agir avec équité ou à concevoir de meilleurs produits.

L’équité, la justice, la confiance, l’empathie et l’impartialité sont des notions étrangères à beaucoup d’Indiens. Ils ont du mal à distinguer le bien du mal. Ils font preuve d’indifférence, même lorsque agir avec équité ne leur coûte rien. Pire encore : s’ils pouvaient bien agir sans le moindre coût personnel, ils choisiraient tout de même de ne pas le faire, car cela pourrait être perçu comme un signe de faiblesse.

Les Indiens sont conditionnés à la soumission. Ce conditionnement est si profond qu’ils s’adressent à quiconque détient, ne serait-ce qu’un tant soit peu, une autorité supérieure à la leur, en l’appelant « monsieur ». Ils font preuve d’une attitude servile, obséquieuse et flagorneuse. Il ne faut pas y voir une marque de respect, car le respect leur est étranger. Lorsqu’ils vous appellent « monsieur », cela traduit simplement le fait qu’ils vous perçoivent comme la partie dominante dans l’interaction — une vision qui découle de leur conviction que la force prime sur le droit. Dès que vous vous retrouvez en position de faiblesse, ils n’hésiteront pas à vous rabaisser.

Dans leur univers, on est soit en position supérieure, soit en position inférieure ; on est donc soit celui qui exerce une domination, soit celui qui la subit. L’égalité est impossible. Un visiteur comprend très vite que dire « s’il vous plaît » ou « merci » est perçu comme un signe de faiblesse, réservé à ceux qui acceptent de s’abaisser.

Les Indiens sont incapables de faire perdurer les institutions mises en place par les Britanniques. Celles-ci ont été vidées de leur substance, corrompues et transformées en instruments de prédation. La Constitution et les lois n’ont que peu de valeur ; les seuls moteurs de ces institutions sont les pots-de-vin et les réseaux d’influence. Qu’il s’agisse des plus hauts dirigeants politiques ou du plus modeste des bureaucrates, tous exigent des pots-de-vin, ouvertement et sans la moindre honte.

L’habileté à naviguer dans les rouages ​​de la société est très prisée, et les criminels qui échappent à la justice sont admirés. Un de mes proches, non sans fierté, m’a un jour confié qu’il ne paierait jamais le loyer du logement qu’il occupait ; il avait soudoyé les autorités locales pour qu’il soit impossible à son propriétaire de l’expulser.

Dans une société dépourvue de confiance, lorsqu’une personne est victime d’une escroquerie, elle cherche rarement à obtenir justice contre l’auteur des faits. Elle choisit plutôt de tromper autrui à son tour. Les hommes maltraitent les femmes, les femmes s’en prennent aux enfants, et les enfants maltraitent les animaux. Les animaux, eux, s’attaquent à tout ce qui est à leur portée. En Inde, les membres des castes supérieures oppriment ceux des castes inférieures, tandis que ces derniers se disputent entre eux pour déterminer qui est « supérieur ». C’est un cycle perpétuel de méfiance et d’arbitraire.

En Occident, on évoque souvent un système composé de quatre ou cinq castes, formalisé par les Britanniques. Cette vision simpliste brouille la réalité, car elle suggère une structure bien plus rigide qu’elle ne l’est en fait. En réalité, il existe 1,4 milliard de castes en Inde. Chaque interaction consiste à jauger l’autre ; on finit inévitablement soit par opprimer, soit par être opprimé. Paradoxalement, les membres des castes dites « inférieures » sont souvent plus obsédés par la question des castes que ceux des castes supérieures.

Dans les médias, les problèmes liés aux castes en Inde sont généralement décrits à la forme passive : « telle personne a été opprimée ou maltraitée ». Certes, la victime appartient à une caste inférieure, mais l’oppresseur est souvent issu d’une caste tout aussi basse. Lorsqu’un individu issu d’une caste inférieure accède au pouvoir, il éprouve un vif plaisir à l’étaler devant ceux qui appartiennent à des castes supérieures. Quel meilleur moyen d’afficher sa puissance que de maltraiter autrui en toute impunité — ou, pour prendre un exemple plus modeste, comme le ferait un plombier, en laissant derrière soi un désastre ? Chacun manifeste son pouvoir en fonction de ce qu’il peut se permettre sans en subir les conséquences.

Le mensonge est omniprésent et assumé. Tout le monde sait que chacun ment, mais tout le monde continue de mentir. Beaucoup d’Indiens finissent par croire à leurs propres mensonges, au point de ne plus distinguer le vrai du faux. Même si ce n’est ni nécessaire ni souhaité, on se sent contraint d’exagérer et de mentir, car on sait que l’interlocuteur ajustera sa perception en fonction de ce qui est dit. Les conversations sont, bien souvent, motivées par la recherche d’un gain matériel personnel. Chaque transaction est un jeu à somme nulle — voire à somme négative, car le sadisme peut entrer en ligne de compte.

On pourrait croire être à l’abri en travaillant avec des membres de sa famille ; pourtant, ils peuvent se révéler être vos pires ennemis, car eux aussi finiront par vous trahir. L’honneur ne fait pas partie du code social. Les Indiens forment une société atomisée, dépourvue de toute notion de loyauté. À tous les niveaux, ils dissimulent de l’or chez eux, sans même en informer leurs proches.

En Inde, je n’ai jamais — et je pèse mes mots — vu un contrat être respecté. Lorsqu’on verse des pots-de-vin, il faut s’y prendre avec habileté. Dans le cadre d’un litige, le juge et la police acceptent des dessous-de-table des deux parties. Votre propre avocat peut, sous vos yeux, s’entendre avec la partie adverse et le juge afin de maximiser le montant des pots-de-vin. Cela peut paraître incroyable, mais la réalité demeure inchangée.

Les termes désignant la plupart des vertus sont empruntés au persan, au turc ou à l’anglais ; ils ne sont pas issus des langues indiennes autochtones. Mais l’intégration de ces mots ne signifie pas pour autant que les Indiens adhèrent à ces vertus : elles ont été dévoyées pour servir de façade aux pratiques traditionnelles.

Chacun érige des clôtures solides et élevées autour de sa propriété, et ce, dès l’achat du terrain, car les voisins n’hésiteront pas à empiéter sur votre propriété s’ils en ont l’occasion. Il m’a fallu des années, après mon installation en Occident, pour comprendre pourquoi les gens n’y construisent pas de clôtures.

Lors de mon premier séjour au Royaume-Uni, j’ai été amusé de constater que les animaux ne craignaient pas les humains et ne manifestaient aucune agressivité à leur égard. J’ai également été surpris de voir que ceux qui détiennent le pouvoir n’exigent ni servilité ni déférence. Pendant des années, j’ai ressenti un certain malaise, comme si, faute de verser des pots-de-vin, je ne remplissais pas ma part du « contrat ».

Mes grands-parents et mon père étaient honnêtes dans leurs affaires financières et observaient une exigence morale élevée — une véritable anomalie en Inde. Certes, il existe en Inde des individus intègres, sains d’esprit, moraux et rationnels, mais ils sont si rares que je pourrais les compter sur les doigts de mes mains ; en revanche, je pourrais trouver autant d’Américains honnêtes en une seule matinée. Selon les critères indiens, notre famille était respectable et bien introduite. Cela m’a préservé d’une grande part de dépravation et m’a permis d’ignorer les histoires qui me parvenaient.

Au sein de la population indienne ordinaire, les conversations tournent autour de la médisance, des commérages sur les amis, des discussions sur les célébrités, de l’échange de superstitions et de l’animosité envers d’autres groupes. Les hindous détestent les musulmans, les musulmans détestent les hindous, et les sikhs détestent les hindous. Ces groupes se déchirent entre eux, laissant chacun dans un état d’isolement, mais leur haine commune pour d’autres groupes finit par les unir, du moins en apparence.

Je doute d’avoir réellement compris les concepts d’honneur et de loyauté avant d’avoir vécu un an en Grande-Bretagne. Durant cette période, quelqu’un m’a conseillé de ne pas exagérer lorsque je faisais la promotion de l’organisation pour laquelle je travaillais. Pour la première fois, j’ai commencé à percevoir que les gens cherchaient à dire la vérité, simplement pour l’amour de la vérité. Je connaissais le mot « vérité », mais pour la première fois, j’en saisissais l’essence.

Le principe fondamental pour comprendre l’Inde est qu’il s’agit d’une société amorale, irrationnelle et dépourvue de valeurs. Toute valeur que l’on tente d’y insuffler glisse sans laisser de trace, comme l’eau sur les plumes d’un canard.

J’ai été témoin d’une dégradation constante de la société indienne. Tout ce que les missionnaires chrétiens et les colonisateurs européens avaient pu transmettre aux Indiens en matière de grâce et de civilité s’est progressivement érodé.

Je me souviens très précisément de mon premier jour hors de l’Inde. Lors d’un trajet en train entre l’aéroport d’Heathrow et Manchester, j’ai découvert ce qui m’a d’abord semblé être des maisons à l’aspect terne, ainsi que des cours d’eau et un air propres, mais sans particularité. L’absence d’agitation et le calme du voyage en train m’ont laissé désorienté et mélancolique. Je ne savais pas comment réagir face à une situation où mes sens n’étaient pas constamment sollicités ou agressés.

Avec le temps, j’ai compris que, pour la plupart des immigrés indiens, cela engendrait un besoin compulsif de recréer l’Inde au sein des ghettos où ils s’installaient. Ils recherchaient les odeurs familières, le bruit et cette agitation permanente. Ils y ont reproduit une émotivité incessante, des conflits stériles, le chaos et un repli intellectuel sur soi.

Lorsque nous avons obtenu un accès libre à l’école de Manchester, puis aux bureaux où je travaillais, mes compatriotes immigrés et moi-même nous demandions souvent si les Britanniques étaient assez naïfs pour nous accorder leur confiance si facilement. Qu’est-ce qui nous empêchait de tout dérober sur notre passage ? La plupart des immigrés ne saisissent jamais vraiment la portée de la « confiance » ou de la « gratitude ». Pire encore, ils découvrent que se plaindre permet souvent d’obtenir des avantages — la seule chose qui leur importe réellement dans cet Occident multiculturel. Les valeurs humanistes et civilisationnelles ne touchent jamais leur cœur.

Une fois, alors que je me promenais en voiture à Manchester avec un ami, celui-ci, après avoir consommé quelques verres, a grillé un feu rouge et a été intercepté par la police. J'ai été stupéfait par le respect avec lequel l'agent l'a traité. En Inde, la police aurait humilié, voire exploité, les personnes présentes. Mon ami a été emmené au poste de police ; alors qu'un agent m'y conduisait, je lui ai expliqué comment nous aurions été traités si une telle situation s'était produite en Inde.

À cette époque, je vivais dans un quartier de Manchester où la criminalité était élevée, et il arrivait que des policiers me suivent lorsque je rentrais chez moi à pied. J'ai demandé à l'agent pourquoi ils ne m'arrêtaient jamais et ne m'interrogeaient jamais. Il m'a répondu qu'ils me suivaient pour assurer ma sécurité et qu'ils n'avaient pas le pouvoir de m'interpeller sans motif légitime. Pour la première fois, j'ai commencé à comprendre le respect britannique pour l'espace personnel — une valeur qui, elle aussi, commençait à s'ancrer en moi.

L'agent a fait asseoir mon ami pendant une heure ou deux, le temps qu'il reprenne ses esprits, puis l'a laissé partir sans engager de poursuites. J'ai commencé à réaliser qu'en Grande-Bretagne, ceux qui détiennent l'autorité peuvent appliquer la loi avec souplesse, en tenant compte de son esprit ; en Inde, les lois ne sont que des prétextes à l'exploitation.

Certes, la Grande-Bretagne n'est plus ce qu'elle était. Au fil des ans, les pratiques policières ont évolué pour faire face aux défis posés par le « plus petit dénominateur commun » apporté par des immigrés venus du tiers-monde.

Les statistiques ne trouvent aucun écho dans la mentalité indienne. Il n'existe aucune notion de zone grise ; tout est perçu en noir ou blanc, sans aucune place pour la nuance. Cette absence de sens de la proportionnalité conduit à l'indécision et à une incapacité à hiérarchiser les choses. En fin de compte, c'est l'émotion brute qui dicte la vie. Je portais moi-même une part de cette mentalité. Réorienter ma pensée vers la raison, la moralité et les valeurs occidentales a été une tâche ardue.

J'ai suivi un cursus dans l'une des meilleures écoles d'ingénieurs d'Inde et je me considérais comme quelqu'un de créatif, déterminé et équilibré. Pourtant, en observant les interactions sociales et les comportements en Grande-Bretagne, j'ai pris conscience de mon manque d'assurance. Même le propriétaire de l'épicerie semblait plus confiant et plus déterminé que moi. J'ai réalisé que mon esprit était obscurci par des pensées confuses et des motivations contradictoires.

Même mon éducation privilégiée en Inde avait fini par ancrer en moi des strates successives de visions du monde confuses, ainsi que des comportements malhonnêtes et calculateurs. Malgré mes meilleures intentions, il m’a fallu des décennies pour m’en défaire et restructurer ma façon de penser. Chaque croyance erronée dont je prenais conscience — et que je tentais de modifier — se heurtait à d’autres convictions et schémas mentaux profondément ancrés. C’était comme essayer de remplacer une brique défectueuse dans l’édifice de mes constructions cognitives sans pour autant déstabiliser toute la structure. Par moments, il fallait que je m’enivre, ne serait-ce que pour retrouver, un bref instant, un semblant de lucidité.

Avec le temps, j’ai remarqué que je commençais à mieux dormir et que je me sentais mentalement plus libre. Mon corps lui-même a commencé à se transformer, et le brouillard mental qui encombrait mes pensées a commencé à se dissiper. Le sentiment rassurant de pouvoir compter sur le soutien de mon entourage m’a été d’une aide précieuse. Les pensées confuses et contradictoires, sources d’un stress chronique, ont commencé à s’estomper.

Ma grand-mère répétait souvent deux idées que je jugeais autrefois dépassées, mais auxquelles j’adhère aujourd’hui. Elle estimait que certaines personnes devaient rester au bord de la famine, car, si on leur en donnait davantage, elles ne feraient que créer des problèmes. Bien qu’elle fût l’une des personnes les plus égalitaires que j’aie connues — se liant d’amitié avec son chauffeur comme avec son tailleur —, elle me rappelait que tout le monde ne mérite pas une place à table ; encore faut-il en être digne.

Les « droits de l’homme » sont un concept occidental, inintelligible pour la plupart des Indiens. Ils ne saisissent pas la notion de respect de l’individu. Évoquer des « droits » avec eux ne fait qu’engendrer de la confusion ; ils ne parviennent pas à distinguer les droits « négatifs » des droits « positifs ». Par exemple, lorsqu’on leur enseigne le droit de propriété, ils apprennent à protéger leurs propres biens, mais omettent de reconnaître ceux d’autrui. Si l’on explique aux femmes que le viol constitue une violation, elles risquent d’en voir partout et d’utiliser cette notion comme un levier pour exploiter les hommes. À mesure qu’elles découvrent le concept de « droits », elles passent d’une acceptation de leur existence misérable à une mentalité de victime empreinte de ressentiment.

Il est impossible d’inculquer quoi que ce soit de positif à des individus dépourvus des fondements de la moralité, de la rationalité, de la causalité et des autres valeurs occidentales. Sans ces bases, les fruits de la civilisation occidentale ne font qu’exacerber des tendances hédonistes — souvent latentes — pour les transformer en quelque chose de plus malveillant. En Inde, chaque apport de la civilisation occidentale — éducation, vestiaire occidental, prospérité, institutions — a été perverti.

Les institutions laissées par les Britanniques ont été vidées de leur substance, devenant purement prédatrices et sadiques. Cela s’explique par le fait que, dans l’Inde post-britannique, ceux qui détiennent le pouvoir ne voient dans l’existence que deux objectifs : l’efficacité immédiate et l’accumulation de richesses. L’Inde actuelle ne connaît même plus ce vague état de droit qui existait avant l’arrivée des Européens. C’est pourquoi il s’agira d’une amélioration lorsque l’Inde finira par s’effondrer et que le système autoritaire — comparable à celui des talibans — qui existait avant l’arrivée des Britanniques resurgira de ses cendres.

En l’absence de missionnaires occidentaux aux commandes, le christianisme a été « nourri » par des superstitions et une pensée magique, pour finir par se transformer en une sorte de vaudou. La grammaire a été délaissée, et l’anglais a souvent dégénéré en un pidgin.

L’éducation et les vêtements occidentaux ont été adoptés dans une logique proche du « culte du cargo ». L’accent est mis sur l’obtention de diplômes et le port du costume, comme si ces symboles extérieurs suffisaient à conférer un statut et des avantages matériels. De même, l’éducation n’est pas perçue comme un moyen de favoriser le développement intellectuel ou de devenir un être humain meilleur. Au contraire, mus par des désirs primaires, le souci de la facilité et une quête dénuée de toute éthique de ressources, la plupart des Indiens rejettent l’idée même de perfectionnement personnel.

Lorsqu’elle est dispensée à un esprit irrationnel qui traite les informations par le prisme de la pensée magique, l’éducation devient un fardeau ; elle rend ces individus plus problématiques encore que ceux qui n’ont jamais été scolarisés.

L’esprit indien aurait dû être façonné par la morale et la rationalité, et imprégné des valeurs d’honneur, de discipline, de respect et d’intégrité, avant même de recevoir une éducation formelle ou de bénéficier des fruits de la civilisation occidentale. Hélas, un tel processus aurait nécessité, au mieux, des millénaires.

En économie, on parle de « piège du revenu intermédiaire ». Pour ma part, je qualifierais la situation de l’Inde de « piège du faible revenu ». Contrairement à ce que croient les économistes de profession, ces pièges sont ancrés dans la culture ; il est pratiquement impossible d’en sortir.

La prospérité n’a apporté ni paix sociale, ni épanouissement intellectuel ou spirituel. Les Indiens n’ont pas compris la notion de confort. La plupart des Indiens fortunés font construire des demeures ostentatoires, non pour y trouver du confort, mais pour étaler leur richesse et exercer un contrôle sur ceux qui sont plus vulnérables qu’eux. Pire encore, la prospérité facile des dernières décennies — qui découle essentiellement des avancées technologiques occidentales — a fait dérailler toute quête de rationalité et de moralité. Les réseaux sociaux servent de plateforme pour diffuser des mythes, des superstitions et de la pornographie. La révolution numérique n’apporte aucune forme d’éveil aux régions les plus démunies de la planète !

Aujourd’hui, l’Inde est plus profondément enlisée dans la pensée magique et la superstition qu’elle ne l’était par le passé. L’hédonisme y est omniprésent, et les structures familiales se désagrègent.

Lorsqu’ils accèdent à de hautes fonctions, la plupart des Indiens deviennent arrogants et sadiques. Cela ne relève pas tant d’une volonté de dissimuler leur incompétence ou leurs fragilités psychologiques, mais plutôt de la conviction profonde que l’arrogance et le sadisme sont les attributs intrinsèques du pouvoir et du rang social. Cela sert également de moyen de faire face au complexe d’infériorité profondément enraciné, inculqué par leur culture. Toute trace de grâce ou de civilité, autrefois transmise aux Indiens par les colonisateurs, s’est érodée.

La richesse créée par l’Occident hypnotise les Indiens. Pourtant, ils ne saisissent pas les fondements de cette richesse. Ils assimilent l’Occident aux stéréotypes véhiculés par Hollywood : jeunes femmes en jupes courtes, promiscuité, consommation d’alcool et de drogues, étalage de richesses, travail dans des bureaux luxueux et exercice d’un pouvoir sur autrui. Il s’agit là de leur véritable nature, autrefois dissimulée par la morale victorienne et les contraintes islamiques. C’est un retour à une culture hédoniste, antérieure à la période coloniale et à l’ère victorienne.

La présence britannique fut une véritable aubaine. En leur absence, la situation n’a cessé de se dégrader. L’Inde finira par anéantir tous les acquis hérités de l’Occident pour renouer avec ses pratiques précoloniales. Le pays finira par se disloquer ; je ne serais pas surpris qu’une grande partie de sa population devienne la proie de la guerre et de la famine, retombant ainsi au niveau qui était le sien avant l’arrivée des Européens.

La plupart des Indiens ne parviennent pas à concevoir autre chose que l’argent, le sexe et la survie — ce à quoi on pouvait s’attendre de la part d’une société dont le quotient intellectuel (QI) moyen est de 77. Chaque valeur occidentale qui leur a été transmise a été caricaturée et pervertie pour servir ces seules fins. Les Indiens ne connaissent pas les Dix Commandements. Ils sont si étrangers à ces valeurs qu’ils demeurent totalement imperméables, même lorsqu’on les leur présente avec insistance. Il n’y a rien à faire, si ce n’est tenter de comprendre les conséquences que l’immigration en provenance de l’Inde — et du reste du tiers-monde — aura sur l’Occident.

Jayant Bhandari (D'après
 une intervention prononcée lors de la conférence de la « Property and Freedom Society » à Bodrum, en Turquie.)