dimanche 1 mars 2026

Trump et Netanyahou ont coupé définitivement l'actuel Occident du reste du monde


"Khamenei avait 86 ans, il n’avait plus aucun pouvoir temporel surtout après la guerre des 12 jours. Le voilà qui quitte ce monde quelques jours en avance sur ce que la nature avait prévu. Mais avec le statut de martyr international du chiisme comme dernier service rendu à son pays. À qui il sera plus utile mort que vivant."

Régis de Castelnau





Les Occidentaux ne se rendent pas compte qu'en faisant assassiner Khamenei, Trump et Netanyahou ont coupé définitivement l'actuel Occident du reste du monde.

1. Une loi non écrite des relations internationales dit que l'on ne vise pas le chef de l'Etat adverse en temps de guerre. Sinon c'est potentiellement la jungle et l'autodestruction de l'humanité.

2. L'attitude consistant à préparer la guerre en faisant semblant de négocier est gagnante à court terme et dévastatrice pour celui qui se comporte ainsi à long terme. Plus personne ne négociera avec lui.

3. Précisément, Trump a perdu la possibilité de signer des accords avec Poutine et Xi Jinping. Or les USA en déclin en avaient un besoin vital. Trump a non seulement tué Khamenei mais il s'est suicidé politiquement. Et ses successeurs auront dû mal à remonter la pente.

4. En effet, par instinct de survie, le reste du monde va mettre un cordon sanitaire autour des présidents américains desormais. On enferme un chien dangereux, on le muselle ou on l'attache à une chaîne solide. Trump vient de prouver qu'il se comportait comme Biden, Obama, Clinton ou les Bush. Il y a donc un problème fondamental pour le monde avec les présidents des Etats-Unis. On doit les tenir à distance pour survivre.

5. Cela va même plus loin. J'anticipe que le monde va se dire que le moment est venu d'accélérer le déclin des Etats-Unis, nation désindustrialisée, ravagée par la drogue, profondément divisée socialement, dont l'establishment dépravé (Epstein) ne vit plus que de la guerre. Autant en profiter.

Trump aurait pu être le sauveur des Etats-Unis. Il est devenu leur fossoyeur.

Edouard Husson, historien.


L’Iran, Epstein & les sacrifices humains



Les leaders US sombrent dans une spirale infernale sans éthique ni code moral, sans autre divinité qu’eux-mêmes. La destitution ou le procès à La Haye ne suffiront pas à venir à bout de tels criminels.



Par Dennis Kucinich, le 28 février 2026



Aujourd’hui, l’administration Trump, à la demande du gouvernement décadent de Netanyahu, a joué un rôle déterminant dans le bombardement d’une école primaire de filles, tuant 57 enfants. Réfléchissez-y bien. Voyagez au cœur de la folie et du naufrage des dirigeants américains pour voir des parents iraniens désespérés fouiller les décombres, à la recherche du moindre signe de leurs petites filles.

Maintenant, dites à ces parents, comme on nous l’a dit, que l’Amérique l’a fait pour que le peuple iranien puisse être libre. C’est la nouvelle équation de l’Empire : Liberté = Mort.

L’approche meurtrière à laquelle l’administration Trump s’est livrée sans scrupules s’apparente à la politique du gouvernement Netanyahu de bombarder les écoles à Gaza et d’assassiner des enfants innocents dans le but (psychopathique) d’éviter toute représailles futures. Le meurtre d’enfants est devenu le sacrement de l’État.

Il ne s’agit en fait que d’une extension de la saga Epstein, la destruction de l’innocence par le viol, le meurtre et le cannibalisme d’enfants par des puissants dont la soif de sang ne sera jamais étanchée dans ce carnage de sacrifices humains appelé guerre.

Peter Berger, dans Pyramids of Sacrifice, établit un parallèle entre le culte des sacrifices humains de la civilisation aztèque et l’effondrement de son empire, en écrivant :

“Ainsi, la grande pyramide de Cholula offre un paradigme métaphorique des relations entre théorie, pouvoir et leurs victimes : les intellectuels qui définissent la réalité, les détenteurs du pouvoir qui façonnent le monde pour le conformer à leurs définitions, et ceux qui sont appelés à souffrir des conséquences de ces deux entreprises”.

Réfléchissons au contexte plus général dans lequel ces événements se produisent : d’une part la montée du sionisme prédateur, avec sa stratégie d’extermination, de nettoyage ethnique, d’assassinats, de génocide et ses ambitions d’empire allant de l’Euphrate au Nil. D’autre part, la répression de la dissidence sur les campus universitaires américains, avec la menace de suppression des financements universitaires, les modifications apportées à la loi sur le Premier Amendement au niveau des États pour punir les détracteurs d’Israël, la domination des deux partis politiques américains par l’AIPAC et les groupes affiliés, la domination des médias par les partisans de la cause honteuse du gouvernement du Likoud de Netanyahu, Smotrich et Ben Gvir, plus dévoués à celle-ci qu’à la Constitution des États-Unis.

Nous sommes aux premières loges pour assister au déclin inexorable de la “civilisation” occidentale, sous l’impulsion du gouvernement américain qui a récemment déclenché la guerre Irak-Iran, la guerre d’Afghanistan, la guerre d’Irak, la guerre contre le Liban, la guerre contre la Syrie, la guerre contre Gaza et la Cisjordanie, la guerre contre le Yémen et qui présente aujourd’hui la (deuxième) guerre américaine contre l’Iran.

Renommer le ministère de la Défense en ministère de la Guerre est une magnifique vérité promotionnelle.

L’effondrement de l’économie américaine est quant à lui imminent, croulant sous les dettes, mais s’apprêtant à consacrer 1 500 milliards de dollars par an à la guerre, soit la majeure partie des dépenses discrétionnaires de l’année prochaine qui auraient autrement été consacrées à la santé, l’éducation et le bien-être général du peuple américain.

Aujourd’hui, les États-Unis, “l’armée la plus puissante du monde”, ont été relégués au rang de bras armé du gouvernement israélien au service du Grand Israël.

Que nous ayons fait nôtre la guerre tant désirée de Netanyahu contre l’Iran montre que la prière de Lincoln “Un gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ne périra pas” ne fait plus partie de la devise nationale. Les avertissements de George Washington sur les implications étrangères sont également ignorés, tout comme ceux du président Eisenhower sur le complexe militaro-industriel.

Non, aujourd’hui, les dirigeants américains rejettent des siècles de sagesse politique cumulée et sombrent dans une spirale infernale, pire encore que celle imaginée dans l’Enfer de Dante, un lieu réservé à ceux qui sacrifient leur nation au profit de leur richesse et leur pouvoir personnels, pour qui tout est permis, sans éthique ni code moral, sans autre divinité qu’eux-mêmes.

Et les sanctions modernes que sont la destitution et le procès à La Haye ne suffiront pas à venir à bout de tels criminels.


Traduit par Spirit of Free Speech



Du Ku Klux Klan à l’ICE : continuité historique de la violence d’État fasciste




par Khider Mesloub


Tout comme le Ku Klux Klan (KKK) n’a pas été une aberration marginale de l’histoire des États-Unis, ni une simple excroissance de la folie raciste, l’ICE (Immigration and Customs Enforcement), ne constitue pas une dérive sécuritaire, une pathologie trumpienne. Tous deux relèvent d’une même matrice : la violence d’État fasciste – racialisée – comme technique de gestion des contradictions de classe du capitalisme américain.

Aussi, relier le Ku Klux Klan à la police anti-immigrés de l’ère contemporaine, ne relève ni de l’anachronisme ni de la provocation.

Certes le KKK et l’ICE diffèrent par leur statut juridique ( l’un clandestin, illégal et terroriste, l’autre institutionnel, légal et aussi terroriste), mais ils convergent dans leur fonction historique : produire un ennemi intérieur racialisé afin de discipliner l’ensemble du prolétariat national. Y compris, et surtout, le prolétariat blanc, transformé en auxiliaire idéologique de sa propre oppression.

Pour rappel, le Ku Klux Klan naît dans un moment précis de l’histoire des États-Unis, au lendemain de la guerre civile, la Guerre de Sécession de 1861-1865, qui s’est achevée par l’abolition juridique de l’esclavage. Le Ku Klux Klan a constitué l’une des formes les plus violentes et les plus explicites de la contre-révolution sociale déclenchée après l’abolition de l’esclavage. Le KKK apparaît alors comme un bras armé clandestin, chargé de restaurer par la terreur ce que la loi venait de détruire. Organisation terroriste suprémaciste blanche, le KKK s’est imposé comme un instrument de maintien de l’ordre social fasciste, indissociable des rapports de domination économique et politique propres au capitalisme américain, destiné à empêcher toute recomposition du prolétariat sur une base non raciale.

Le KKK ne se contente pas de haïr : il organise la haine. Le racisme qu’il promeut n’est pas une passion spontanée, mais une idéologie politique destinée à diviser les classes dominées. En dressant les travailleurs blancs pauvres contre les travailleurs noirs, le Klan détourne la colère sociale de sa cible réelle (la bourgeoisie propriétaire) pour la canaliser vers un ennemi imaginaire, essentialisé, déshumanisé.

Dès sa fondation, le KKK agit comme une police supplétive informelle, chargée de faire ce que l’État hésite ou refuse d’assumer ouvertement : terroriser, expulser symboliquement, voire physiquement, une population noire devenue juridiquement citoyenne mais socialement indésirable.

Le Ku Klux Klan s’impose par des méthodes d’intimidation massives : patrouilles, surveillance, punitions, lynchages, exécutions sommaires. Il contrôle les déplacements, intimide les Noirs, impose la peur comme norme sociale. Autrement dit, il exerce une fonction policière raciale, hors du droit mais tolérée (voire soutenue) par les autorités locales.

De fait, le suprémacisme blanc fonctionne comme un opium politique, une compensation symbolique offerte aux exploités blancs : faute de pouvoir économique, on leur concède une supériorité raciale fictive destinée à neutraliser toute conscience de classe. Le KKK est, à ce titre, une organisation profondément bourgeoise dans sa fonction, même lorsqu’elle recrute dans les couches populaires.

Contrairement à une idée reçue, le KKK n’a pas toujours opéré dans l’ombre. À partir des années 1920, il devient une force de masse, infiltre l’appareil d’État, contrôle des gouverneurs, des juges, des parlementaires. La violence raciale cesse alors d’être marginale : elle devient gouvernementale.

Ces dernières décennies, le KKK a peut-être perdu ses cagoules et ses croix enflammées, mais le racisme structurel qu’il a contribué à instituer demeure, recyclé dans des formes juridiquement acceptables, médiatiquement policées, politiquement rentables.

Pire. Aujourd’hui il renaît sous l’uniforme de l’ICE, l’agence fédérale américaine rattachée au Department of Homeland Security (DHS), créée en 2003 après le 11-Septembre, dans le cadre du virage sécuritaire de l’État américain. Sous l’administration Trump, l’ICE connaît une mutation répressive meurtrière. Elle a cessé d’être un simple organe administratif pour devenir le bras armé d’un projet politique xénophobe et antisociale, une milice d’État, une force répressive spécialisée opérant contre une population désignée comme suspecte par nature. L’ICE a été transformée en instrument spectaculaire de la souveraineté punitive. Il ne s’agit pas seulement de punir, mais de le signifier. La violence devient un message adressé à la population américaine dominée : l’État peut vous détruire, vous expulser, vous effacer.

Cette spectacularisation rapproche l’ICE des milices fascistes historiques, dont la fonction n’était pas seulement répressive, mais symbolique: produire un climat de terreur dissuasif. Sous l’administration Trump, la violence devient un langage politique adressé à l’ensemble de la population américaine dominée.

Avec l’ICE, la figure de l’ennemi n’est plus simplement le Noir affranchi, mais aussi l’immigré (principalement latino) construit comme envahisseur, criminel potentiel, parasite économique (sic)

Les méthodes de l’ICE sont désormais mondialement connues tant elles défrayent chaque jour la chronique : raids à l’aube, souvent sans mandat clair ; arrestations arbitraires, fondées sur le délit de faciès ; séparations familiales, y compris d’enfants en bas âge ; centres de rétention assimilables à des prisons extrajudiciaires, assassinats de protestataires.

Tout comme le KKK, l’ICE ne se contente pas d’appliquer une loi : elle produit un climat de terreur destiné à discipliner la population américaine entière. La terreur devient un instrument de gouvernement.

La différence essentielle entre le KKK et l’ICE n’est donc pas morale, mais juridique. Le Klan agissait hors la loi ; l’ICE agit par la loi. Mais cette légalisation ne rompt pas avec la fonction historique de la violence raciale : elle la normalise.

L’immigré n’est pas la cible finale : il est la figure expérimentale

Là où le KKK brûlait des croix pour signaler une frontière raciale infranchissable, l’ICE érige des murs, des camps, des fichiers biométriques. Dans les deux contextes, ils remplissent la même fonction de classe. Dans les deux cas, la racialisation sert une fonction de division des classes dominées. Le KKK empêchait l’alliance entre travailleurs noirs et blancs pauvres dans le Sud post-esclavagiste. L’ICE, sous Trump, détourne la colère sociale des travailleurs précarisés vers l’immigré, accusé de voler l’emploi, d’alourdir les services publics, de « menacer l’identité nationale ».

Le Ku Klux Klan et l’ICE ne relèvent ni d’une dérive collective macabre ni de la pathologie individuelle de Trump. Ils sont le produit d’une société américaine traversée par des antagonismes de classe irréconciliables permanents.

Le Ku Klux Klan et l’ICE trumpiste ne sont pas identiques, mais historiquement apparentés. L’un incarne la violence raciale brute d’un État en reconstruction issu d’une longue et sanglante guerre civile. L’autre, la violence administrative d’un État capitaliste en déclin hégémonique, menacé par la guerre civile. Le passage du Klan à l’ICE marque moins une rupture qu’un raffinement des instruments de domination et de répression. Quand la terreur change d’uniforme mais conserve sa cible, c’est que le problème n’est pas l’excès, mais la structure même du pouvoir américain en voie de fascisation.

Parce que le capitalisme américain est en crise systémique, il exige une population surexploitée, sans droits, mobile et terrorisée. Pour ce faire l’État produit l’appareil adéquat : la milice ICE.

Au vrai, l’ICE ne combat pas l’immigration. Elle administre l’illégalité pour maintenir le prolétariat américain dans un état de peur permanente. L’immigré n’est pas la cible finale. Il est la figure expérimentale. L’ICE ne sert pas d’abord à contrôler des étrangers. Elle sert à tester, normaliser et étendre des techniques de domination et de répression applicables à l’ensemble de la classe laborieuse américaine.

L’immigration est un prétexte opératoire, un laboratoire de la répression. Le basculement vers le fascisme commence toujours par la criminalisation du segment vulnérable du prolétariat : l’immigré. En l’espèce, aux États-Unis l’immigré constitue un terrain d’expérimentation idéal. Ce qui est imposé aux immigrés aujourd’hui, à savoir détention administrative, suspension des garanties judiciaires, surveillance permanente, terreur familiale, peut être étendu demain à l’ensemble du prolétariat américain.

L’objectif de la généralisation et de la banalisation de l’ICE est de discipliner par l’exemple. La fonction centrale de l’ICE n’est pas l’expulsion. Elle est la démonstration. Le message est simple : les droits ne sont pas universels, ils sont conditionnels. Révocables.

Ainsi, même le travailleur américain doit comprendre que ses droits peuvent être suspendus, redéfinis, retirés. L’ICE joue une fonction stratégique : diviser la classe laborieuse américaine. Cette division doit empêcher toute conscience de classe unifiée. Un prolétariat américain divisé est un prolétariat corvéable et exploitable à merci. Et, surtout, dans cette période de marche forcée vers la guerre généralisée, transformable en chair à canon.

La violence de l’ICE est délibérément publique, visibilisée, filmée, diffusée

À dessein théâtralisée, pour envoyer un message clair à l’ensemble du prolétariat américain, principale cible de la terreur. Ainsi, la véritable cible est le prolétariat étasunien dans son ensemble, appelé à s’habituer à la peur, à la terreur étatique, à l’exception, à la répression sanglante, à la révocabilité permanente de ses droits.

L’ICE n’est pas dirigée contre des étrangers. Elle est dirigée contre toute la population américaine rendue superflue par le capital. L’immigré est le premier. Il ne sera pas le dernier. L’ICE ne défend pas les frontières des États-Unis. Elle défend les frontières de classe.

L’ICE n’est pas une exception. Elle est une avant-garde répressive

Ce qui est réservé aux immigrés aujourd’hui sera appliqué aux chômeurs, aux syndicalistes radicaux, aux populations paupérisées, aux contestataires politiques, aux dissidents, aux antimilitaristes, aux militants révolutionnaires.

Historiquement, les milices apparaissent lorsque l’État doit exercer une violence qu’il ne peut assumer idéologiquement. Dans le cas de l’Amérique capitaliste, cette violence est réintégrée dans l’État. Le KKK faisait le sale travail racial hors droit. L’ICE le fait dans le droit, payé et récompensé par l’État fasciste. Sous l’administration Trump, la milice ne porte pas de cagoule blanche ni de brassard paramilitaire : elle porte un badge fédéral, dispose d’un budget public et agit au nom de la loi. C’est précisément ce qui la rend plus redoutable : la terreur est devenue étatique.

L’impunité de l’ICE n’est pas un scandale pour l’État pirate américain

Elle est une nécessité opérationnelle pour le capital américain en déclin hégémonique. Un appareil chargé de terroriser une population ne peut être soumis à un contrôle réel. Le contrôle détruirait son efficacité répressive. L’administration Trump le sait. Elle organise donc l’opacité, la protection institutionnelle, l’irresponsabilité pénale.

Face à l’État bourgeois fasciste qui gouverne par la terreur et le meurtre légalisé, l’alternative pour le prolétariat américain est désormais posée sans ambiguïté : ou bien subir la généralisation de la répression meurtrière ou bien enclencher une rupture révolutionnaire par la lutte radicale anticapitaliste. Il n’existe pas de troisième voie.



samedi 28 février 2026

L'Iran riposte après avoir été visé par des frappes israélo-américaines

 

France 24 :

"Les Etats-Unis et Israël ont mené samedi, 28 février 2026, une série de frappes contre l'Iran, le diffuseur public israélien rapportant que le guide suprême avait été visé, alors que la République islamique ripostait par des salves de missiles, faisant craindre un embrasement régional."


*******

Kla.TV :

"Israël a lancé une attaque préventive contre l'Iran. C'est ce qu'a annoncé le ministre de la Défense Katz. Le président américain Donald Trump a confirmé dans une vidéo publiée sur sa plate-forme Truth Social sa participation à l'attaque. Son argumentation était que l'objectif était de défendre le peuple américain en éliminant la menace immédiate que représentait le gouvernement iranien. Selon les médias iraniens, des explosions ont été entendues dans la capitale. Le gouvernement de Téhéran a réagi avec virulence.

Les guerres menées par les États-Unis au Proche-Orient sont principalement gérées depuis la base aérienne de Ramstein. Dans ce cas, l'Allemagne joue très probablement à nouveau un rôle central dans la guerre.

Nous ne voulons pas la guerre ! Les cercles élitistes veulent-ils s'enrichir financièrement et détourner l'attention des crimes des dossiers Epstein ?

Nous vous recommandons l'interview percutante de Vanessa Beeley sur le thème : l'Iran et le Proche Orient, que Kla.TV diffusera le 7 mars 2026."

*******

L’agression israélo-américaine contre l’Iran, minute par minute

07h26 : Israël lance son attaque dite préventive
Les médias ne mettent pas toujours de guillemets. En réalité, les Israéliens lancent la première frappe, mais les Américains font le gros du travail.

07h28 : première explosions à Téhéran

07h30 : sirènes à Jérusalem qui s’attend à des répliques iraniennes (qui viendront à 9h46)

7h56 : Khamenei, le guide suprême, est transféré en sécurité (sa résidence est visée par les missiles israélo-américains). Le président Pezeshkian est dit sain et sauf. Les deux personnalités ont été visées par des frappes dites chirurgicales.

08h22 : les explosions s’étendent de la capitale à d’autres grandes villes d’Iran

08h28 : Benny Ganz : « Nous sommes tous unis - et nous vaincrons ! »
L’ancien chef d’état-major israélien ose dire ça alors que c’est l’Amérique qui fait le sale boulot.

08h48 : Trump menace : « Vous devez déposer les armes, vous serez traités équitablement et bénéficierez d’une immunité totale, ou vous serez confrontés à une mort certaine ». Sont visés : les sites de fabrication et de lancement de missiles, plus la marine iranienne.

09h22 : le fils du Shah, soutenu par la coalition occidentale (les Anglais sécurisent le ciel des autres pays du Golfe qui pourraient être visés par les Iraniens) annonce que la « victoire finale » est proche. Pour le ministre iranien des AE, un changement de régime c’est mission impossible.

09h55 : sirènes à Bahreïn, où siège la flotte américaine, visiblement visée par des missiles iraniens. Explosions entendues à 10h02. Idem à Abu Dhabi, à Riyad (en Arabie saoudite), au Koweït et au Qatar. Partout, les bases US sont frappées à coups de missiles.

09h55 : pour Netanyahou, le « régime meurtrier » iranien ne doit en aucun cas avoir l’arme atomique (Le Figaro)

10h44 : l’ambassade russe à Téhéran parle d’« agression des Etats-Unis et d’Israël » et demande à ses ressortissants de quitter le pays. Medvedev estime que les USA ont montré leur « vrai visage ».

10h59 : Marine Le Pen estime que « tout ce qui peut contribuer à la liberté du peuple iranien va dans le bon sens ».

11h27
: déclaration de Kallas, ministre des AE de l’UE : « Les derniers développements au Moyen-Orient sont périlleux. Le régime iranien a tué des milliers de personnes. Ses programmes de missiles balistiques et nucléaire, ainsi que son soutien à des groupes terroristes, représentent une grave menace pour la sécurité mondiale »

12h14 : coommuniqué de la diplomatie russe : « Washington et Tel-Aviv ont à nouveau lancé une aventure dangereuse qui rapproche rapidement la région d’une catastrophe humanitaire, économique, et, ce n’est pas à exclure, radiologique ».

« Les intentions des agresseurs sont claires et déclarées ouvertement - détruire l’ordre constitutionnel et détruire le gouvernement d’un État qui leur est indésirable et a refusé de se soumettre au diktat de la force et à l’hégémonisme »

12h17 : Seule la Norvège, dans le camp occidental, estime que les frappes contre l’Iran ne sont pas conformes au droit international. L’Allemagne s’aligne sur Israël, qui a prévenu en premier le pays de Merz.

Source

*******


"CRIME DE GUERRE ISRAÉLIEN

UN MISSILE DE TSAHAL ASSASSINE 85 FILLETTES EN IRAN

La guerre déclenchée par Trump et Netanyahou contre l'Iran ce 28 février 2026 est totalement illégale au regard du droit international.

Elle a provoqué un premier carnage d'enfants iraniens à Minab."


*******



"L'opération militaire Israël contre Iran est appelée "Le rugissement du lion". Rappelons que le "Lion" est le symbole de la tribu de Juda au sein de laquelle doit naître le Macchiah en liaison avec le troisième Temple reconstruit. Rien d'innocent."



La peau des Sans-Dieu là où Dieu s’est tu, la peau a pris la parole



par Mounir Kilani


Dans un Occident où les grands récits se sont effacés et les temples sont tombés dans le silence, le corps est devenu le dernier territoire du sens. Le tatouage de masse n’est plus un art, un rite, ni même une mode : il est l’archive désespérée d’une civilisation qui a remplacé le sacré par la mémoire de soi.

Ainsi, lorsque le sens se retire et que le ciel se vide, la peau ne se contente plus de recouvrir le corps : elle parle à sa place, conservant la trace muette d’un monde sans temple, gravant sur le vif la mélancolie des sans-dieu.

Note liminaire

Ce texte ne traite ni du tatouage en général, ni de l’ensemble des pratiques humaines d’inscription corporelle. Il s’inscrit dans un cadre précis : celui de l’Occident contemporain, tardif, désaffilié, après l’effacement des grands récits et la privatisation du sacré.

Il existe encore, hors de ce cadre, des tatouages communautaires, religieux ou normatifs, qui engagent l’individu au-delà de lui-même, parfois au prix du risque, de la contrainte ou de l’irréversibilité sociale. Ils relèvent d’autres cosmologies, d’autres économies du sens.

Le phénomène ici interrogé est celui d’une société qui, ne sachant plus vers quoi tendre, s’est mise à se graver elle-même. Le tatouage n’y est pas une cause, mais un symptôme : celui d’un monde où la transcendance s’est retirée, laissant le corps comme dernier sanctuaire et la peau comme ultime surface d’archive. Le phénomène, marginal il y a trente ans, a basculé dans la norme occidentale (Italie 48%, Suède 47%, États-Unis 46%, France 36%1), tandis que le Sud global persiste dans une réticence de fond.

Il ne s’agit pas ici de juger les individus, encore moins leurs histoires, mais d’interroger ce que dit d’une civilisation le moment où une pratique marginale devient une norme de masse.

Le rite vidé de son âme

Le studio est une chapelle sans clocher. L’encens y est remplacé par l’odeur aigre du désinfectant, le chœur par le ronronnement des machines, et le prêtre porte des gants en nitrile. Ici, on ne prie plus, on se fait tatouer. L’acte a pourtant toutes les apparences du sacré : la posture sacrificielle (allongé, offert), l’épreuve initiatique (la douleur aiguë de l’aiguille), la transformation promise (une marque indélébile, un «avant» et un «après»). Mais il manque l’essentiel : le témoin.

Dans les sociétés traditionnelles, un rite de passage n’existe que parce qu’une communauté le valide. La scarification du jeune guerrier masaï n’a de sens que parce que les anciens la supervisent et que le groupe entier en reconnaît la signification – l’accès à un nouveau statut.

Notre rite, à nous, est un solipsisme en stéréo. Le tiers témoin n’est plus la tribu, mais un artiste-marchand, prêtre mercenaire d’une religion à client unique. La cérémonie se célèbre à huis clos. La douleur consentie n’ouvre sur aucun mystère partagé, ne confère aucun rôle social nouveau. Elle ne scelle qu’une relation narcissique avec soi-même, une boucle refermée sur l’individu devenu sa propre fin.

Même l’interdit ancien – «Vous ne ferez pas d’incisions dans votre chair pour un mort, et vous n’imprimerez pas de marques sur vous. Je suis l’Éternel». (Lévitique 19:28) – n’a pas été dépassé, ni réfuté : il a simplement cessé d’avoir autorité. Il subsiste comme vestige culturel sans force normative, fossile scripturaire dans un monde qui ne reconnaît plus ni loi transcendante ni ordre supérieur.

Cette situation marque l’apothéose d’une civilisation qui, ayant dissous les grands récits collectifs, en est réduite à mettre en scène sa propre intimité comme dernier spectacle. Ainsi, le rite ne franchit plus de seuil ; il grave un souvenir. Nous ne passons plus d’un âge à l’autre ; nous archivons un état d’âme.

Le sacré raboté à la taille de son chat

Faute de dieux, l’Occidental en crée de nouveaux, à sa mesure. Les motifs qui envahissent les bras et les chevilles en témoignent : ce n’est plus vers le Ciel que pointe le symbole, mais vers le rétroviseur du vécu personnel. On sacralise les coordonnées géographiques de son lieu de naissance, la formule chimique d’un neurotransmetteur du bonheur, les dernières paroles d’un grand-père, ou la silhouette stylisée de son chat.

Or, cette sacralisation de l’intime est le signe d’un appauvrissement métaphysique radical. Le sacré traditionnel tirait sa puissance de ce qu’il vous dépassait, vous interrogeait, vous contraignait même. Il vous reliait à un ordre plus vaste, à une histoire qui n’était pas seulement la vôtre.

Le sacré domestique contemporain, lui, est docile. Il ne commande rien, n’exige rien, ne promet rien d’autre que la confirmation de soi. C’est un fétiche, un talisman contre le vertige de l’absence de sens – un sacré sans altérité.

Ailleurs pourtant, certains marquages persistent – croix coptes gravées sur le poignet des chrétiens d’Égypte ou d’Éthiopie, Sak Yant bouddhistes en Thaïlande – non comme affirmation de soi, mais comme soumission visible à un ordre spirituel qui précède et dépasse l’individu.

En réduisant le sacré à la dimension d’un souvenir ou d’une préférence esthétique, on ne le réinvente pas : on l’avilit. On remplace la verticalité de la transcendance par l’horizontalité du journal intime, gravé à même la chair.

On objectera que subsistent, même en Occident, des tatouages religieux, mémoriels ou politiques sincères, vécus comme engagements profonds. Mais un symbole choisi dans un monde qui ne connaît plus ni interdit structurant, ni autorité transcendante partagée, n’est jamais qu’une conviction privée rendue visible – respectable peut-être, mais inerte : elle est incapable de rétablir un ordre du sacré.

Fracture civilisationnelle : le corps ailleurs

Ce repli sur la peau, cette archive mélancolique du moi errant, n’est pas une fatalité humaine. Il est le produit singulier d’une civilisation qui a laissé le sacré s’effondrer sans le remplacer.

Ailleurs, dans ce qu’on nomme le Sud global, le corps reste inscrit dans un ordre plus vaste, vivant et normatif. L’islam le considère comme un dépôt divin ; les christianismes orientaux conservent un héritage plus strict ; les spiritualités indiennes et le bouddhisme theravāda y voient une attache excessive au véhicule temporaire de l’âme. Là où le transcendant tient encore collectivement, le corps n’a pas besoin de devenir son propre mémorial flottant. Il n’est pas le dernier sanctuaire parce qu’il reste subordonné à un ordre qui le dépasse.

Ce constat vaut au-delà des cadres religieux traditionnels. En Russie, le tatouage constitue un langage codé de pouvoir, marqué par une histoire collective lourde. En Chine, il transgresse un tabou familial ancestral (le corps sacré hérité des parents). Dans les deux cas, il reste lié à des structures sociales fortes – codes criminels ou ordre confucéen – et non à un effondrement du collectif.

Preuve par l’absurde de cette viabilité du collectif : l’exemple de l’Église catholique, où la chute des vocations en Occident contraste avec la vitalité des fidèles en Afrique, ou la croissance marginale mais tenace de communautés traditionalistes refusant la privatisation du rite.

Ainsi, le tatouage massif occidental n’est pas seulement le symptôme d’une décadence individuelle : il marque une fracture plus profonde entre des mondes où le corps reste territoire partagé par le transcendant, et celui où il est devenu la dernière coque à la dérive d’un navire sans port, décorée jusqu’au naufrage.

L’antithèse absolue : le corps inscrit dans l’interdit

Le contraste n’est nulle part aussi brutal qu’en Arabie saoudite, qui se tient à l’extrémité opposée du spectre : là où le corps n’est pas un sanctuaire à décorer mais un dépôt à préserver. Elle incarne le pôle mondial de la non-inscription, l’exact négatif de notre frénésie d’archive personnelle.

Car ici, le sacré n’a pas disparu : il est souverain et prescriptif. Le tatouage permanent (washiq) est une altération illicite de la création divine (haram), une transgression claire, condamnée par le Hadith. L’interdit théologique se mue en norme sociale unanime et en censure implicite. Les statistiques y reflètent un vide sidéral : < 5% (souvent clandestin et fortement stigmatisé), un chiffre qui n’est pas une absence de mode, mais la trace d’un ordre métaphysique intact. Le corps saoudien n’est pas une surface d’expression, mais un territoire sous souveraineté divine. La peau n’y est jamais un journal intime ; elle reste une frontière sacrée.

Ce refus radical n’est pas isolé. Il trouve des échos, atténués mais tenaces, dans d’autres géographies où le collectif impose encore sa loi à la chair : au Japon, où l’ombre des yakuza transforme l’encre en stigmate social ; en Corée du Sud, où le culte de la peau immaculée relègue le tatouage à la clandestinité ; dans la grande majorité du monde musulman – Turquie, Égypte, Pakistan, Iran -, où l’interdit religieux, même moins absolu, maintient la pratique dans la marginalité ou la confine au temporaire du henné.

Ainsi se dessine la carte d’une planète fracturée. D’un côté, l’Occident désaffilié, qui, n’ayant plus de temple, se grave lui-même. De l’autre, des mondes où le temple – qu’il soit divin, familial ou coutumier – impose encore son ordre et interdit, ou stigmatise, l’appropriation individuelle de la peau. L’Arabie saoudite, dans sa rigueur absolue, ne prouve pas l’universalité du tatouage. Elle en révèle, au contraire, la condition première : l’effondrement silencieux, ou le maintien farouche, d’un sacré qui dépasse l’individu. Elle est le miroir inverse de notre décadence : un monde où le corps n’a pas besoin de devenir un sanctuaire, parce qu’il en existe encore un, plus vaste, auquel il est entièrement soumis. L’antithèse absolue, en somme, d’une peau devenue sans-dieu.

Quand le sens se retire, la peau devient document.

L’archive de la peau, ou le musée de soi

Cette peau devenue support appelle une métaphore plus précise encore que celle du temple : celle de l’archive – c’est-à-dire du tombeau. Une archive est le lieu où l’on conserve ce qui est mort, ce qui appartient définitivement au passé. Faire de son épiderme une archive, c’est admettre, consciemment ou non, que la quête de sens est close, muséifiée.

Chaque tatouage devient alors une pierre tombale miniature. Il marque la mort d’un espoir («l’amour éternel» symbolisé par une date), d’une passion (le symbole d’un groupe de musique disparu), d’une douleur surmontée (le papillon sortant de la chrysalide). Ces fragments de vie sont désormais figés, fossilisés sous la peau.

Par conséquent, la quête, faute de trouver un objet extérieur à atteindre – un Dieu, une Vérité, une Cité idéale -, s’est repliée sur l’enregistrement compulsif de ses propres péripéties. La peau devient un mémorial, non d’une victoire sur le néant, mais de l’échec à trouver un sens qui dépasse les frontières du moi. C’est la chronique d’un voyage dont on a perdu la destination. On ne navigue plus ; on classe ses souvenirs de naufrage. Elle devient la dernière carcasse flottante d’un navire sans port, gravée de ses propres épaves.

La spiritualité passée en carte bleue

Dans cette économie décadente, où le sacré s’est réfugié dans l’intime, même la spiritualité de repli n’échappe pas à la loi du marché. La quête de sens s’est muée en parcours client. On choisit son «prêtre» sur Instagram, en fonction de son taux d’engagement et de son prix à l’heure. On sélectionne son «style» comme on choisit une marque de vêtements – néo-traditionaliste, trash polka, japonais -, signe d’appartenance à une sous-tribu esthétique. La séance est un rendez-vous payant, l’œuvre un «investissement» corporel.

Le corps-temple est aussi un corps-étalage. La valeur symbolique d’un tatouage se calcule de plus en plus à l’aune du prestige de l’artiste et du coût de l’œuvre. Le sacré domestique est esthétisé, stylisé, monnayé.

Comme l’analysait Michel Foucault dans «Surveiller et Punir», la discipline moderne fabrique des «corps dociles» – des corps que l’on peut soumettre, utiliser, transformer et améliorer. Mais dans notre Occident tardif, cette docilité n’est plus imposée par l’État ou l’institution ; elle est auto-produite, monnayée et esthétisée : le corps se dresse lui-même pour être utile à son propre récit marchand.

Le paradoxe est cruel : l’acte qui prétend échapper à la superficialité du consumérisme en s’inscrivant dans la chair en devient l’une de ses expressions les plus abouties. On ne paie plus pour un objet, mais pour une expérience ; plus pour un produit, mais pour un récit de soi. Le capitalisme, ayant saturé le monde des objets, colonise désormais les récits intimes et les transforme en biens de luxe éphémères – dernier paradoxe d’un marquage éternel qui orne une enveloppe périssable. La peau, elle aussi, vieillit et se flétrit.

Le dernier homme et son épitaphe

Le phénomène du tatouage massif n’est donc ni une simple mode, ni une rébellion. Il est l’emblème parfait du «dernier homme» décrit par Nietzsche, ce personnage satisfait qui «cligne de l’œil» en déclarant avoir inventé le bonheur, après avoir proclamé la mort des grands récits. Il croit se parer de symboles alors qu’il s’enterre sous des épitaphes illustrées, gravant son journal de bord sur une coque à la dérive.

Il ne s’agit pas de «martyriser» le corps, comme le croient certains contempteurs moralisateurs. C’est plus subtil et plus triste : c’est l’idée même de transcendance que l’on enterre sous une couche d’encre.

Le regret du vieillard tatoué ne sera peut-être pas esthétique («ces motifs ont bavé»). Il sera existentiel : ce sentiment confus d’avoir, toute sa vie, confondu la carte avec le territoire. D’avoir gravé frénétiquement le journal de bord, les cartes des étoiles mortes et les portraits des compagnons disparus, sur la coque même du navire, tandis que celui-ci dérivait, sans boussole, sans gouvernail, et sans aucun port à l’horizon.

Dans la décadence, le tatouage n’est pas la réponse à la crise du sens. Il en est le constat d’échec, ritualisé et porté sur soi. C’est la célébration mélancolique d’une spiritualité qui a renoncé à l’horizon, et s’est résignée à orner, avec un soin désespéré, les murs de sa propre prison de chair. La peau est devenue le dernier mur sur lequel projeter le petit film de son moi, avant que la lumière ne s’éteigne. Un écran trop personnel pour être partagé, et trop éphémère pour être un legs.

La question ultime n’est donc plus de savoir si l’encre bavera, mais si le navire finira par trouver une rive, ou s’il continuera de décorer sa coque jusqu’au naufrage, emportant avec lui le dernier reflet de ses étoiles mortes. Cette mélancolie n’est pas qu’un état d’âme ; elle trace, à l’échelle des peaux, la carte d’un monde fracturé.

Note de l’auteur – perspective géopolitique

Cette fracture métaphysique éclaire d’un jour cru d’autres divergences stratégiques, comme les conceptions radicalement différentes du rôle de l’individu face à l’État, de la liberté d’expression ou de la gestion des mœurs entre l’Occident et les puissances du «monde à sacré intact». Elle n’est pas une cause, mais le symptôme culturel d’un éloignement qui rend le dialogue des civilisations plus complexe qu’un simple échange d’intérêts. On ne se comprend plus, car on n’habite plus le même univers de sens.

Mounir Kilani


1 - Chiffres issus de l’étude Dalia Research (2018), agrégés et relayés par World Atlas/Statista (souvent cités comme référence internationale en 2025). Des enquêtes nationales plus récentes indiquent des prévalences effectives inférieures (ex. ~20 % en France selon Ifop/Businesscoot 2023-2025 ; 29 % en Suède selon European Journal of Public Health 2025), mais la tendance à la normalisation massive reste marquée, particulièrement chez les jeunes générations.

Mounir Kilani

Mounir Kilani est un auteur et analyste indépendant, publiant régulièrement dans la presse alternative francophone, notamment sur Réseau International. Ses écrits portent principalement sur la géopolitique contemporaine, les conflits internationaux, les dérives idéologiques des élites occidentales et la crise de souveraineté des États et des peuples. À travers une approche critique et documentée, il interroge les récits dominants, les mécanismes de propagande et les impasses stratégiques du monde actuel. Son travail s’inscrit dans une volonté de réhabiliter l’analyse rationnelle, la mémoire historique et le débat intellectuel face aux simplifications morales et aux discours convenus. Il défend une lecture multipolaire du monde et une exigence de lucidité dans un contexte international marqué par la censure, la polarisation et la confusion informationnelle.




La Ière Internationale-Tradi en embuscade



Douguine invite à un regroupement pour lutter contre ‘Antikeimenos’, mot désignant dans sa compréhension philosophique et religieuse “le Diable”. Nous savons aussitôt de quoi il est question grâce à l’agile et gracieuse IA qui fait désormais le travail de ‘Google’. (“Est-ce que nous perdons vraiment au change ?”, me dit cette interrogation venue à mon esprit, et malgré les anathèmes sans nombre lancés contre l’IA.)

« Le terme grec ‘Antikeimenos’ (‘ἀντικείμενος’) signifie “adversaire”, “opposant” ou “ce qui est opposé” en français. Issu du grec ancien, il désigne littéralement quelqu'un qui se tient en face ou contre, souvent utilisé dans un contexte religieux ou philosophique pour désigner un opposant, voire le Diable. »

C’est la plus récente proposition (29 janvier 2026) faite par le philosophe russe, selon une logique simple et évidente, – et très forte, car il n’est rien de plus fort et d’évident que les choses simples. La chose dans ce cas se synthétise dans l’idée de former une “Internationale Traditionaliste. (Je propose, en terme plus leste et se référant à la tactique communiste, l’expression de “Ière Internationale-Tradi”.)

Douguine a d’autant plus raison à mon sens qu’il ne se fait aucune illusion. Les élites sataniques, – ou élitesSystème pour mon compte, – qui tiennent tous les leviers du pouvoir de la force considérable et nihiliste développée par la modernité, tiennent par conséquent tous les moyens de manipulation des masses qui ne peuvent rien contre cette pression exercée contre elles, et ne cherchent même plus à comprendre. Contre elles, les élitesTradi (proposition sémantique initiale et peut-être temporaire) sont faibles et désorganisées, et l’objet d’impitoyables chasses aux sorcières.

Nous n’avons aucune chance, par conséquent ? (Douguine n’est pas loin de l’écrire.) Oui certes, – mais non, pas du tout ! Ce n’est pas de cette façon qu’il faut raisonner. Nous ne sommes pas sur un champ de bataille ou dans un tournoi où la loyauté des deux chevaliers qui s’opposent est la garante de la grandeur et de la vertu du combat devenu ainsi Jugement de Dieu. Les élitesSystème sont fourbes, perfides et absolument déloyales. Elles le sont à mesure de la peur qui les transit d’être pris en flagrant délit de faiblesse dans l’exercice du mensonge et la pratique de la vilenie qui sont leur tâche confiée à elles confiées par leur maître diabolique. Nous n’avons aucune chance en “combat loyal” contre elles puisqu’elles pratiquent la totalitaire manipulation déformatrice et déstructurante de la loyauté.

Alors, quelle vertu voir dans la proposition de Douguine ? Simplement d’être un homme qui fait son devoir, un “homme d’élite“ si l’on veut, et comme le désigne Douguine. De toutes les façons, savoir et ressentir ce que Douguine dénonce, dans la façon qu’il le dénonce, nous “emprisonne” (!) dans notre liberté de porter le fardeau d’être-homme. Une fois découverte l’horreur de l’infamie qui nous dirige, on ne peut plus tourner la tête et faire comme si nous n’y voyions rien du tout. Ce devoir-là, c’est ce qu’on nomme le “courage intellectuel”.

(Que voilà une bonne définition de la “liberté” d’en faire une force qui vous “emprisonne” dans votre devoir ; un bon tour sémantique pour ceux qui gémissent en s’interrogeant sur le sens qu’ils doivent donner à leur vie.)

« Le globalisme est la conspiration mondiale des élites sataniques. Elles ont adopté sa forme définitive avec l’avènement de la modernité occidentale. Aujourd’hui, leur contrôle est presque total. Tel que le disent les Écritures. Mais choisir le bon camp dans cette bataille apocalyptique est le devoir de l’homme.

» Les masses ne peuvent pas choisir. Elles suivent et obéissent. Seul l’homme d’élite choisit vraiment. Ce choix est réel, libre et toujours possible dans toutes circonstances, quelle qu’elle soit. Nous devons viser les élites sataniques si nous ne sommes pas d’accord avec leurs gouvernements sataniques. C’est la Révolution. Il n’y a pas d’autre option. »

Le fait est que personne d’humain, – « Humain, trop humain » vous savez, – n’aura la force de terrasser l’impensable-inacceptable et immonde. La monstruosité qui nous opprime a été créée par des forces surhumaines, c’est par des forces surhumaines qu’elle sera vaincue, c’est-à-dire conduite et comme forcée à s’autodétruire. Notre devoir est de montrer que nous tenons face au monstre, sans même nous interroger sur l’issue d’un combat qui n’a même pas lieu à notre niveau. Mais notre participation est le fondement de notre dignité d’homme.

J’ignore si Douguine pense tout cela mais je pense qu’il doit aller héroïquement dans le sens de tout cela. Sa sortie contre les “Blancs” n’est pas de type raciste (ou anti-raciste par déformation) en distinguant une “race” mais plutôt symbolique. Il est vrai que nous, Occidentaux, nous avons trahi notre dignité d’homme et nos racines sacrées en cédant au vertige de l’hybris matérialiste nommée “modernité”, et dès lors...

« La tradition sacrée des Blancs a été détruite par eux-mêmes. Sans tradition, il n’y a pas de Blancs. Ce n’est pas un homicide, c’est un suicide. Les Blancs ont choisi le suicide, et ils l’ont commis. »

Mais si notre mauvais côté, notre “côté de l’ombre”, accomplit ainsi la geste absurde du nihilisme, il reste quelque chose en nous qui juge sans appel que ce côté-là de nous ne peut mériter que le suicide. A nous de débrouiller ce nœud mortel de contradiction et notre survie est à ce prix. En accomplissant cet acte de la reconnaissance et en anéantissant le nihilisme, nous accomplissons l’essentiel sans avoir à geindre comme poules mouillées auprès des autres ‘Mea culpa, mea maxima culpa’. C’est une phrase qui n’a de sens qu’adressée à soi-même.

Ainsi la fermeté de la “Ière Internationale-Tradi” se tient-elle avec rigueur et dignité, “en embuscade”, tenant et résistant, prête à embrasser la Révolution qui viendra du dessus.

Philippe Grasset. – Semper Phi

*******

Vers une stratégie traditionaliste globale

Le problème ne réside pas dans le conflit entre les élites et les masses. Ce n’est pas si simple. Il existe deux types d’élites: l’élite spirituelle et l’élite satanique. Les deux tentent de diriger les masses dans des directions opposées. La modernité occidentale constitue l'apex de l’ascension des élites sataniques. Elles détiennent le pouvoir et répriment leurs ennemis, c’est-à-dire nous.

Les masses ne constituent pas un argument. Elles acceptent ce qu’on leur donne ; elles ne peuvent pas faire autrement. Elles ne font que refléter la sagesse réelle ou satanique de quelques-uns. Elles ne sont ni bonnes ni mauvaises, comme la matière. C’est l’esprit qui décide de tout, et le diable est aussi esprit.

Tout le mal auquel nous faisons face aujourd’hui est très ancien. Il y a cent ans, il était déjà si évident que de grandes puissances et mouvements politiques ont commencé à le combattre. Mais ils ont perdu. Le mal a gagné en force. Nous vivons avec ses conséquences.

La démocratie consiste à ce que les masses votent et choisissent. Mais elles ne font que voter et choisir ce que les élites leur suggèrent. Les élites contrôlent la démocratie. C’est leur outil, leur machine. Qui contrôle l’élite contrôle tout le reste, y compris la démocratie.

Le globalisme est la conspiration mondiale des élites sataniques. Elles ont adopté sa forme définitive avec l’avènement de la modernité occidentale. Aujourd’hui, leur contrôle est presque total. Tel que le disent les Écritures. Mais choisir le bon camp dans cette bataille apocalyptique est le devoir de l’homme.

Les masses ne peuvent pas choisir. Elles suivent et obéissent. Seul l’homme d’élite choisit vraiment. Ce choix est réel, libre et toujours possible dans toutes circonstances, quelle qu’elle soit. Nous devons viser les élites sataniques si nous ne sommes pas d’accord avec leurs gouvernements sataniques. C’est la Révolution. Il n’y a pas d’autre option.

L’élite satanique est globale, unifiée, et totalement solidaire avec son siège central. C’est pourquoi tous les médias et réseaux qu’elle possède suivent exactement la même narration. L’élite globaliste est petite et très disciplinée. L’élite spirituelle qui lutte contre les globalistes est divisée.

L’élite spirituelle est locale et limitée par la nation et la religion. Elle ne peut pas comprendre l’étendue réelle de l’ennemi mondial, l’Antikeimenos. Elle est faible et dispersée. Mais si elle est vraiment spirituelle, elle reconnaît tous ceux qui portent la marque de l’Esprit. Guénon et Evola ont préparé le terrain.

Le traditionalisme doit devenir une réalité stratégique concrète, un réseau révolutionnaire. Ce ne peut pas être un mouvement ou un parti. Il doit devenir autre chose. Nous pouvons imaginer ce qu’il devrait être en comparant ce que nous rejetons le plus dans toutes les questions régionales.

Ce que nous haïssons le plus dans tous les pays nous unit et prépare le terrain pour un niveau supérieur de pensée. Le traditionalisme doit devenir une stratégie globale. C’est la volonté d'aller résolument vers l’Ordre Civilisationnel. La civilisation signifie essentiellement la tradition.

En luttant concrètement pour notre civilisation contre la civilisation mondiale satanique, nous aidons d’autres civilisations à faire de même. Nous devons comprendre cela. C’est le point qui change les règles du jeu. Nous devons mettre en place l’Internationale Traditionaliste: futuriste et offensive, pas défensive.

Le principal problème des Blancs est qu’ils se sont identifiés à l’Occident, à la modernité, au colonialisme, au matérialisme, au capitalisme, à la technologie. Et tout cela tue (ou a déjà tué) la tradition sacrée que les Blancs possédaient depuis longtemps.

La tradition sacrée des Blancs a été détruite par eux-mêmes. Sans tradition, il n’y a pas de Blancs. Ce n’est pas un homicide, c’est un suicide. Les Blancs ont choisi le suicide, et ils l’ont reçu.

Que signifie être blanc ? Presque rien, sauf l’apparence physique. Sans valeurs sacrées, sans religion, sans racines. Seulement le succès économique et la cupidité capitaliste. Il n’y a plus aucune raison d’être blanc. Le globalisme a été créé et mis en œuvre par les Blancs.

Les Blancs globalistes voulaient que l’humanité soit exactement comme eux, et en partie, ils ont réussi. Mais à un moment donné, ils ont réalisé qu’il n’y avait plus aucune raison de rester blancs. Nous devions tous devenir des « universels ». Et c’est alors que l’autodestruction des Blancs a commencé.

Blancs, ne blâmez pas les non-blancs pour votre propre extinction. Blâmez-vous vous-mêmes. Blâmez l’Occident. Blâmez la modernité.

Alexandre Douguine

Source : www.dedefensa.org  




vendredi 27 février 2026

Modi : « Israël est la patrie, l'Inde est la mère patrie. »

 

Timeline :

Le Premier ministre indien Narendra Modi a effectué sa deuxième visite en Israël le mercredi 26 février. [...]

Le Premier ministre indien a également eu l'honneur de s'adresser au Parlement israélien, la Knesset.

Lors de son discours, le Premier ministre Modi a tenu des propos controversés, suggérant qu'Israël est la « patrie » et l'Inde la « mère patrie ». « Israël est la “patrie” et l'Inde la “mère patrie” », a-t-il déclaré, provoquant l'indignation d'une partie de la population indienne qui y voyait une attribution indirecte du titre de « patrie » à un État étranger.



*******

Les juifs comme les gitans seraient sortis du sein de la mère Inde, à la différence que les uns étaient des brahmanes (lévites) et que les autres sont issus de la caste des intouchables (Gita(n) signifie « chant » en sanskrit).

Histoire secrète d'Israël

L’influence du judaïsme est déterminante, en tant qu’institution tenant la “ table des changeurs dans le temple ”. Il n’est pas péjoratif de dire que les maîtres du peuple juif (dont le chef est l'immortel Ahasverus) ont la situation bien en mains, et que ce qui est un âge noir pour la planète serait un âge d’or pour le Judaïsme dont l’apparition historique, il y a 5 000 ans, cadrait avec le début de l’âge noir.

Helena Blavatsky a fait remarquer que les sémites qui sont apparus en Mésopotamie - Assyrie, Babylone - venant de l’Orient, étaient à l’origine un clan de brahmanes expulsés de l’Inde, pour une raison inexpliquée. Les juifs comme les gitans seraient sortis du sein de la mère Inde, à la différence que les uns étaient des brahmanes (lévites) et que les autres sont issus de la caste des intouchables (Gita(n) signifie « chant » en sanskrit).

Sur les routes du monde l'errance de ces deux peuples remarquables ne peut jamais cesser, si l'on en croit la malédiction proférée à leur encontre. L'histoire officielle, pour le moins confuse, des sémites serait une fable, car les juifs sortiraient du tronc aryen apparu après la chute de l’Atlantide. Voilà de quoi réconcilier tout le monde, sauf les talmudistes si jaloux de leur exclusivité raciale.

Pour étayer son allégation, madame Blavatsky rapproche l’étymologie de Brama (Dieu suprême) avec celle d’Abram ( “ père élevé ” en hébreu).

Les êtres issus de la racine d’A-braham (A est privatif) auraient renié Brahma et perdu leur état de brahmane (les lévites de l'hindouisme).

Carlo Suarès, le cabaliste français qui a remis à jour le code de lecture biblique originel, a posé ce problème en faisant remarquer qu’il s’agirait de deux courants spirituels en sens inverse – l’un (Ab-ram) met le Père (AB) en avant, tandis que l’autre (Bra-ma) est tourné vers l’origine, la Mère (MA). On connaît l’insistance du Judéo-christianisme sur la figure du Père (Ab), alors que l’Inde voue un culte à la Mère divine (Ma).

De quoi les vrais-faux sémites aryens se seraient-ils rendus coupables pour avoir été rejetés du sein de la mère Inde, renommée pour sa tolérance envers tous les cultes ? Est-ce à cause de la circoncision qui est un système d’eugénisme scientifique permettant de faire muter la conscience par le choc infligé à l’hypophyse ?

Roger Polacco a analysé les effets de la circoncision à huit jours sur le psychisme des enfants d'Israël. Ces études ne sont pas publiques, car, bien qu'étant d'origine juive, Polacco a mis en pièces les fondations de l'édifice talmudique et le mythe du peuple élu. Ses pamphlets s'adressent à ses « coreligionnaires qu'il entend sauver de la catastrophe où Israël périra entraînant la civilisation mondiale dans sa chute ».

Curieusement les thèses de Suarès et de Polacco, tous deux originaires d'Alexandrie, expriment les deux facettes de la circoncision.

L'une positive avec Suarès qui explique comment le traumatisme de la circoncision à huit jours stimule le psychisme en transmutant l'érotisme en cérébralité, ce qui rend l'être plus adaptable.

A l'opposé, Polacco prétend que le psychisme hypertrophié par la stimulation de l'hypophyse lors du premier cycle pubertaire infantile (après les sept premiers jours de la vie) - psychisme qu'il décrit comme le particularisme juif - se comportera comme une machine analytique qui met tout en pièces, destructrice de la nature, car incapable d'appréhender l'ensemble de l'écologie universelle. La pensée analytique de nombre de savants et penseurs juifs serait issue de ce système d'eugénisme archaïque, qui aurait été conservé par nos sémites-aryens modernes après le déluge.

C'est un fait que l'efficacité du mental moderne réside dans l'esprit analytique et que cette pensée qui dissèque tout, a créé la civilisation matérialiste. Cette tournure mentale n'est pas (ou n'est plus) l'apanage d'une race particulière puisque l'humanité entière en est désormais dotée. Rappelons que le monde antique fonctionnait selon la pensée analogique qui refuse d'expérimenter ce qui est destructeur pour l'âme et la nature.

La pensée analogique entrevoit la relation qui existe entre toutes les choses. Cela la rend prudente envers le vivant. Des philosophes antiques refusaient les idées dont se targuent nos intellectuels. Sur cette conscience morale sont établies les civilisations qui entrevoyaient une écologie universelle.

Nous ne savons pas si les sémites aryens pratiquaient déjà la circoncision vers la fin de la période atlantéenne, où si cette pratique fut instaurée durant le cycle actuel afin de pallier à la perte des pouvoirs magiques atlantes, ni si cette pratique a été jugée indésirable en Inde lors de la venue des aryens-sémites atlantes ?

Israël garde ses mystères et peu de juifs, parmi ceux qui se prétendent émancipés, s’aventurent dans des recherches sérieuses sur leur passé occulte, à cause de l’autorité du Judaïsme.

Sera t-on accusé d’antisémitisme si l’on démontre que les juifs sont des aryens comme les autres occidentaux celtiques, francs, etc. ? Les arabes ne sont-ils pas également des aryens orientaux ?

Les nazis ont fait preuve de stupidité en s’en prenant à leurs cousins aryens circoncis, et de leur côté, les juifs sont bluffés par leurs rabbins qui exaltent un origine sémitique (Sem = le Nom) pour justifier le tire de “ peuple élu ”, alors que les peuples blancs sortent tous du tronc atlante - ainsi d'ailleurs que les peuples africains issus, de même que les asiatiques issus de l’antique race jaune apparue avant la race blanche en Atlantide.

Les Etats-Unis, en accueillant à nouveau ces peuples, méritent le nom de “ nouvelle Atlantide ”. C’est en Amérique que le karma des races issues de l'Atlandide se réglera.

Undercover




Nos rêves confisqués




Les rêves ne meurent jamais d’eux-mêmes. On les rend irréalisables. On les prive de temps, de silence et de profondeur. On les comprime dans l’urgence jusqu’à les rendre méconnaissables. Ce ne sont pas les petits rêves anodins, compatibles avec l’ordre établi, qui sont visés, mais les grands — ceux qui structurent une existence, qui donnent une direction plutôt qu’une distraction. Ceux-là dérangent, car ils échappent au contrôle.

Le monde moderne ne manque ni d’intelligence ni de talent. Il déborde de compétences, d’esprits brillants, de potentiels inexploités. Ce qui lui fait défaut, c’est l’espace intérieur. Les individus sont réduits à des fonctions étroites, assignés à des rôles utilitaires. Les créateurs deviennent gestionnaires de leur fatigue, les penseurs des exécutants pressés. Le talent n’est pas détruit : il est détourné, canalisé vers des tâches qui l’épuisent sans jamais l’accomplir.

La valeur dominante de ce monde oligarchique est brutale dans sa simplicité : ce qui ne rapporte pas n’existe pas. Ce qui prend du temps devient suspect. Ce qui échappe à la mesure est disqualifié. Le sens est relégué au rang de luxe superflu. La lenteur devient une faute morale. La profondeur, une anomalie. Tout ce qui ne se monétise pas est perçu comme une perte.

On parle beaucoup de liberté, mais elle est strictement conditionnelle. Elle suppose l’adhésion aux règles implicites de la course. Celui qui refuse de se vendre, qui ne transforme pas son être en marchandise, qui ne confond pas sa valeur avec sa productivité sort immédiatement du cadre. Il devient marginal, souvent renié par la société comme par son entourage. Non, parce qu’il est inutile, mais parce qu’il n’est pas exploitable, ni rentable, ni docile. Il rappelle, par sa simple existence, qu’un autre rapport au monde est possible — et cela dérange.

Le système ne demande pas qui vous êtes. Il demande à quoi vous servez. Le reste est jugé encombrant. On prélève l’énergie, on exploite la compétence, on use les corps et les esprits jusqu’à l’épuisement, puis on se détourne de ce qui résiste. Le capital s’accumule. L’humain, lui, se rétracte. La vie intérieure se réduit, l’imaginaire s’assèche, la pensée critique devient inconfortable. Ce qui ne peut être intégré au flux est abandonné.

La violence exercée n’est pas spectaculaire. Elle est rationnelle, diffuse, administrative. Elle passe par la précarité, la dette, l’urgence permanente. Elle enchaîne les êtres autant que les rêves. Le temps devient une menace, le repos une culpabilité. Rêver devient presque indécent. Et le monde s’endurcit. Il devient plus froid, plus cynique, plus absurde. L’individualisme prospère sur les ruines de l’empathie. Chacun apprend à penser à sa survie, souvent au détriment de toute âme honnête et de tout cœur ouvert.

Les lucides ne sont pas toujours en colère. Bien souvent, ils sont fatigués. Ils perçoivent la dissonance entre le discours et la réalité. Ils savent que la promesse collective est creuse, que la réussite proposée est une cage confortable. Ils n’adhèrent pas pleinement, sans pour autant pouvoir s’extraire de ce bourbier. Ils vivent dans l’entre-deux, conscients et entravés.

Cette position n’a rien d’héroïque. Elle isole. Mais elle préserve quelque chose d’essentiel : le refus intérieur. La part qui ne se négocie pas. La fidélité à ce qui ne se chiffre pas.

On individualise l’échec pour masquer un désordre plus profond. Un monde qui n’a plus de place pour les grands rêves est un monde désorienté. Une société qui sacrifie ses consciences pour maintenir sa croissance prépare son propre appauvrissement.

Reprendre les rêves commence par un refus silencieux. Redonner au temps sa densité. Au sens sa priorité. À l’existence sa dignité.

Rêver n’est pas une naïveté. C’est une nécessité spirituelle. Un monde qui l’oublie peut accumuler du capital, mais il se vide de l’essentiel.

Amal Djebbar 




jeudi 26 février 2026

L'Iran sera-t-il détruit afin de reconstituer la "terre promise" et de susciter l'ère messianique ?

par Isabelle

La destruction de l'Iran est programmée selon la perspective eschatologique de plusieurs sionistes et d'un certain courant du judaïsme.

L'Iran, identifié comme l'héritier moderne de l'ancienne Perse, est vu comme un obstacle spirituel et géopolitique à l'accomplissement du plan divin. Selon les interprétations rabbiniques, sa "destruction" serait nécessaire pour trois raisons principales : l'élimination d'Amalek (archétype de l'ennemi du peuple juif), la levée des obstacles au "Grand Israël", et le déclenchement de la guerre de Gog et Magog, prélude à l'ère messianique.

Premièrement, l'Iran est associé à Amalek. Dans la Torah, Amalek représente le mal absolu, un peuple qui a attaqué les Israélites lors de leur sortie d'Égypte. Certains enseignants du judaïsme, influencés par des textes comme le Midrash ou le Zohar, voient en l'Iran moderne une incarnation d'Amalek. La destruction de l'Iran est vue comme l'élimination d'une menace existentielle pour permettre la rédemption juive, l'accomplissement de l'ère messianique.

Cette interprétation n'est pas unanime, mais très répandue au sein du judaïsme.

Deuxièmement, l'Iran est perçu comme un obstacle au "Grand Israël" (Eretz Israël), un concept tiré des promesses bibliques à Abraham (Genèse 15:18), où les frontières d'Israël s'étendent du Nil à l'Euphrate. Des sionistes religieux voient dans cette expansion territoriale un prérequis à l'ère messianique. L'Iran, en tant que puissance régionale opposée à Israël et soutenant ses mandataires comme le Hezbollah ou le Hamas, bloquerait cette réalisation. Des prophéties comme celles d'Ésaïe (11:11-12) évoquent le rassemblement des exilés juifs et la soumission des nations environnantes. Dans cette optique rabbinique, "débarrasser" l'Iran signifierait neutraliser son influence, permettant la création d'un "nouveau Moyen-Orient" (The New Middle East).



Troisièmement, la destruction de l'Iran est liée à la guerre de Gog et Magog, décrite dans le Livre d'Ézéchiel (38-39). Cette prophétie dépeint une coalition de nations, menée par Gog de Magog, attaquant Israël dans les temps de la fin. Des commentateurs rabbiniques identifient Magog à des régions du Nord (parfois la Russie ou la Turquie), mais la Perse (Iran) est explicitement mentionnée comme alliée (Ézéchiel 38:5).


Selon le Talmud (Sanhédrin 97a) et des textes kabbalistiques comme le Zohar, cette grande guerre doit précéder l'arrivée du Mashiah (Messie), qui inaugurera l'ère messianique. Le Mashiah, descendant de David, accomplira la paix abrahamique et la reconstruction du Troisième Temple à Jérusalem. L'Iran, en tant que "Perse" biblique, susciterait la guerre apocalyptique de Gog et Magog et sa défaite serait interprétée comme le début d'une ère de paix mondiale.

Selon ces interprétations rabbiniques, l'Iran "doit et sera détruite". Cela mènerait à l'ère messianique, où la paix abrahamique unira l'humanité autour du Temple reconstruit, centre de la révélation divine.

Cette perspective eschatologique du judaïsme est à l'opposé des interprétations chrétiennes qui perçoivent la paix universelle, l'ère messianique et la reconstruction du Temple comme une "séduction antichrist", une fausse rédemption orchestrée par Satan pour tromper l'humanité avant le vrai retour de Christ.

Source :




mercredi 25 février 2026

Sécurité, algorithmes et pouvoir



Adoptée au nom de la protection des mineurs, l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans marque un tournant politique. Sous couvert de sécurité, elle ouvre la voie à une "gouvernementalité algorithmique" fondée sur le contrôle automatisé des comportements.



par Julien Chassereau


« Bientôt, il n’y aura plus besoin d’incarcérer. Nous serons tous surveillés de si près. » Bernard Harcourt, Exposed, 2015

Dans la nuit du 26 au 27 janvier 2026, l’Assemblée nationale a adopté, en première lecture, une loi qui interdit l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Portée par la députée Laure Miller et soutenue par le gouvernement avec procédure accélérée, la mesure a été présentée comme une évidence, au nom de la protection de la santé mentale des adolescents contre le cyberharcèlement, l’addiction et l’exposition à des contenus violents.

Sur le papier, le principe est difficile à attaquer. Dans l’hémicycle, les promoteurs de la loi invoquent une « mesure de protection de l’enfance ». Qui oserait s’opposer à la protection des enfants ?

Mais à bien y regarder, cette loi dit en réalité moins de choses sur l’enfance qu’elle n’en dit sur la manière dont notre gouvernement entend désormais administrer la société. Derrière l’objectif affiché se dessine en effet une tout autre logique, celle d’une infrastructure de contrôle, déployée progressivement au nom de causes consensuelles.

Une trajectoire française déjà visible

Cette loi ne surgit pas de nulle part. Elle s’inscrit dans une trajectoire législative qui caractérise la France depuis déjà une décennie et au cours de laquelle on peut voir le gouvernement répondre aux crises sociales et politiques en recourant toujours plus à des dispositifs techniques de traçabilité et de gestion des conduites plutôt que par le débat politique et une volonté de s’attaquer aux causes.

La loi SILT (2017) a intégré dans le droit commun les mesures d’exception de l’état d’urgence post-attentats (assignations à résidence préfectorales sans contrôle judiciaire – rebaptisées MICAS –, perquisitions administratives, fermetures de lieux de culte). Ces dispositifs, initialement présentés comme temporaires et expérimentaux, ont été pérennisés en 2021 – confirmant les craintes d’un « état d’urgence permanent ».

Cette même année 2021, la loi Sécurité globale a autorisé l’usage des drones équipés de caméras par les forces de l’ordre, malgré une mobilisation massive (plusieurs centaines de milliers de manifestants dans toute la France, soutenus par des organisations aussi diverses que la Ligue des droits de l’Homme, Amnesty International, des syndicats de journalistes et des collectifs citoyens. Le Conseil constitutionnel a censuré sept articles de la loi, dont précisément celui sur les drones, jugeant que les garanties étaient insuffisantes. Mais le gouvernement est revenu à la charge quelques mois plus tard avec la loi « Responsabilité pénale et sécurité intérieure » de janvier 2022, qui a réintroduit les drones avec un encadrement minimal. Le principe a donc été validé, et les drones sont aujourd’hui utilisés pour la surveillance des manifestations, des rassemblements sportifs et des frontières.

Deux ans plus tard, la vidéosurveillance algorithmique (VSA) a été légalisée pour les JO Paris 2024, faisant de la France le premier État de l’Union européenne à autoriser explicitement cette technologie. Plusieurs organisations (Amnesty International, La Quadrature du Net, la LDH) y ont immédiatement vu « une atteinte au droit à la vie privée et à la liberté d’expression » – avec un « risque de pérennisation post-JO » qui s’est depuis concrétisé.

Le dispositif expérimenté lors des Jeux (des caméras capables de détecter en temps réel des « comportements anormaux » type mouvements de foule, bagages abandonnés, intrusions) a fait l’objet d’un rapport d’évaluation au bilan « très mitigé », soulignant des performances inégales, des « faux positifs » fréquents, et une saturation policière rendant le système sans utilité concrète. Cela n’a pas empêché le gouvernement de prolonger l’expérimentation jusqu’en 2027, après une première tentative censurée par le Conseil constitutionnel.

Mais la VSA n’a pas attendu les Jeux olympiques pour s’installer. En novembre 2023, une enquête de Disclose révélait que la police nationale utilisait illégalement depuis 2015 le logiciel BriefCam pour analyser a posteriori les images de vidéosurveillance – avec une fonctionnalité de reconnaissance faciale qui a été utilisée au moins une fois. La CNIL a mis en demeure le ministère de l’Intérieur de régulariser cet usage et de supprimer ou brider la reconnaissance faciale. Six communes ont également été mises en demeure de cesser l’utilisation illégale de caméras « augmentées ». Le ministère a promis de se conformer.

Aujourd’hui, nombre d’élus réclament désormais d’aller plus loin et plaident pour la reconnaissance faciale dans l’espace public.
« Je suis pour qu’on aille encore plus loin et qu’on utilise la reconnaissance faciale pour toutes les personnes dangereuses recherchées par les services de police. » Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, Le Parisien, 9 mars 2025.

« Je salue la volonté du ministre chargé des Transports, Philippe Tabarot, d’avoir inscrit l’extension de l’utilisation de la vidéosurveillance algorithmique jusqu’à fin 2027 dans la loi et de vouloir travailler concrètement à l’utilisation de la reconnaissance faciale dans les transports. » Martine Vassal, présidente du département des Bouches-du-Rhône, Le Figaro, mars 2025.

Le schéma est en définitive toujours le même. On affirme vouloir apporter des réponses à une menace réelle (terrorisme, violence, addiction) pour justifier un dispositif technique qui, une fois installé, devient permanent et s’étend à d’autres usages.

Mise en place d’une gouvernementalité algorithmique

Le terme mérite explication, car il ne désigne pas ce que l’on imagine spontanément. Cette « IA de gouvernement », ce n’est pas un robot qui décide à la place des ministres, ni un algorithme qui vote les lois. C’est quelque chose de plus discret et, précisément pour cela, de plus « efficace ».

Une gouvernementalité algorithmique désigne en effet un ensemble de systèmes techniques qui permettent de gouverner par la donnée et par la norme automatisée. C’est une forme de pouvoir qui ne tranche pas politiquement (elle n’affronte pas, ne négocie pas, ne délibère pas) mais qui organise, qui classe, qui anticipe et normalise les comportements à grande échelle, en s’appuyant sur des infrastructures numériques.

Elle se manifeste par quatre opérations qu’il faut bien comprendre, car elles transforment en profondeur la relation entre l’État et les citoyens.

- La première est l’identification, c’est-à-dire la capacité de relier des comportements en ligne à un même individu dans le temps. Aujourd’hui, vous pouvez théoriquement consulter un site, poster un commentaire, regarder une vidéo, sans que personne ne puisse certifier que c’est la même personne qui a fait ces trois choses. L’anonymat en ligne repose précisément sur cette incertitude.
La vérification d’âge, en exigeant une preuve d’identité à l’entrée, fait sauter ce verrou. Une fois que chaque connexion est rattachée à une identité stable, le suivi devient possible.

- La deuxième opération est celle de la classification. Il s’agit de trier les contenus et les personnes en catégories, selon des critères de risque, de conformité, de danger ou de nuisance. C’est ce que font déjà les algorithmes de modération des plateformes lorsqu’ils décident qu’un commentaire est potentiellement haineux, une image trop violente ou qu’un compte a un comportement suspect. Mais ces mêmes logiques peuvent s’appliquer aux citoyens eux-mêmes. En Chine, le crédit social classe les individus en « dignes de confiance » ou « à surveiller ». En France, les fichiers de police catégorisent déjà les personnes selon leur degré supposé de « dangerosité ».

- La troisième opération est l’anticipation. Il ne s’agit plus seulement de savoir ce que vous avez fait, mais de prédire ce que vous allez faire. Les algorithmes cherchent à détecter des signaux faibles, à repérer des récidives potentielles avant qu’elles ne se produisent, et à identifier des profils dits « à risque ». Cette logique préventive est déjà à l’œuvre dans la police prédictive expérimentée dans certaines villes, ou dans les algorithmes des CAF qui calculent un « score de suspicion » pour cibler les contrôles sur les allocataires jugés statistiquement plus susceptibles de fraude.

- La quatrième opération, enfin, est l’orientation. C’est sans doute la plus insidieuse. Il s’agit d’agir sur les comportements sans interdiction explicite, par des moyens détournés. On ne vous dit pas « c’est interdit », mais on rend la chose difficile, invisible ou coûteuse. C’est ce qu’on appelle la « friction » dans le jargon des designers. Un contenu peut être déréférencé sans être supprimé, un compte peut être « shadowban » (rendu invisible aux autres sans que son propriétaire le sache), un service peut exiger tant de vérifications qu’on finit par renoncer.

Les philosophes du droit Antoinette Rouvroy et Thomas Berns parlent de gouvernementalité algorithmique pour désigner un gouvernement « nourri essentiellement de données brutes, opérant par configuration anticipative des possibles plutôt que par réglementation des conduites » (« Gouvernementalité algorithmique et perspectives d’émancipation. Le disparate comme condition d’individuation par la relation ? », Réseaux, 2013).

En somme, on ne vous dit pas ce que vous devez faire, on configure l’environnement pour que vous fassiez ce qu’on attend de vous.

Le mécanisme de la loi du 26 janvier ou comment l’interdiction devient infrastructure

Pour comprendre comment une loi de « protection de l’enfance » devient un outil de contrôle généralisé, il faut suivre le mécanisme technique qu’elle implique.

La proposition de loi arrive après un épisode instructif. Mi-janvier 2026, le Conseil d’État a rendu un avis pointant un risque de non-conformité au droit européen : le règlement sur les services numériques (DSA) interdit aux États membres d’imposer des obligations supplémentaires aux plateformes – seule la Commission européenne peut le faire. Le texte a donc été réécrit. Plutôt que d’obliger les plateformes à vérifier l’âge de leurs utilisateurs (ce qui serait illégal), la loi se contente désormais d’énoncer un principe : « l’accès à un service de réseau social en ligne est interdit aux mineurs de 15 ans ». L’interdiction vise les mineurs, pas les plateformes. Mais puisque les comptes de moins de 15 ans deviennent illicites en droit français, les plateformes seront – en théorie – contraintes de mettre en œuvre une vérification d’âge pour ne pas héberger de contenus illégaux. C’est ce que la rapporteure du texte, Laure Miller, appelle une « approche par ricochet », qui consiste à ne pas imposer directement, mais à forcer indirectement. Elle reconnaît elle-même être « dans l’expérimentation ».

Ce détail compte énormément. Car on voit se dessiner une stratégie politique typique des régulations numériques actuelles qui consiste à afficher un principe national consensuel, puis renvoyer l’opérationnalisation à l’écosystème technique et au cadre européen. En somme, l’État pose l’objectif, mais ce sont les plateformes et les prestataires techniques qui construisent l’infrastructure.

Or, pour rendre l’interdiction « réelle », il faut un dispositif de vérification d’âge – ce que les professionnels du secteur appellent « age assurance » (assurance d’âge). Ce terme anglais désigne l’ensemble des méthodes permettant de s’assurer qu’un utilisateur a bien l’âge requis pour accéder à un service.

Et c’est là que le problème se révèle. Car la vérification d’âge, dans le monde numérique réel, signifie presque toujours davantage d’identification, davantage de traces et davantage de dispositifs automatisés. Les méthodes « légères » (simple déclaration, case à cocher) sont aisément contournables (et servent surtout d’affichage). Alors que les méthodes « fortes » (vérification d’identité, analyse faciale, recours à des tiers de confiance) augmentent la collecte de données et créent de nouveaux risques avec la constitution de fichiers centralisés, de possibles erreurs d’identification, l’exclusion des personnes « sans papiers numériques » (personnes âgées peu familières du numérique, personnes en situation de précarité sans smartphone ou sans accès internet stable, personnes sans compte bancaire – pour les vérifications par carte –, personnes sans pièce d’identité valide ou à jour – mineurs non accompagnés, sans-domicile, personnes en situation irrégulière – ou encore les personnes qui refusent par principe de s’identifier en ligne), etc.

Pourquoi l’inefficacité est quasiment certaine

La loi promet une protection, mais elle produira très probablement autre chose. D’abord parce qu’elle est structurellement difficile à appliquer.

Il existe déjà en France une « majorité numérique » à 15 ans, inscrite dans la loi du 7 juillet 2023, qui précise que les plateformes doivent refuser l’inscription des mineurs de 15 ans sauf autorisation parentale. Or cette loi n’est pas appliquée, faute de décret d’application et d’aval européen. L’État français revient donc, en 2026, avec une promesse plus dure, plus visible, plus spectaculaire, alors même qu’il n’a pas su faire appliquer le cadre existant. Lorsqu’un pouvoir échoue à appliquer une règle simple, puis annonce une règle plus ambitieuse mais techniquement plus complexe, on a le droit de douter de la finalité réelle.

Un détour par les expériences étrangères confirme que l’on peut nourrir des doutes sur l’efficacité de l’interdiction pure et simple. L’Australie a adopté une loi similaire imposant aux plateformes d’empêcher les moins de 16 ans d’avoir des comptes, avec entrée en vigueur en décembre 2025. Résultat, 4,7 millions de comptes ont déjà été fermés, mais on semble assister à un contournement massif via le recours des jeunes aux VPN, de faux comptes et le repli sur des applications alternatives. Les téléchargements de l’application Yope ont ainsi bondi de 251%, ceux de Lemon8 de 88 %. Comme le résume un adolescent australien, « c'est un peu inutile. On va simplement créer de nouvelles façons d'accéder à ces plateformes » (Publié par Reuters le 2 décembre 2025).

Au Royaume-Uni, l’Online Safety Act, adopté en 2023, impose aux plateformes hébergeant du contenu adulte ou « potentiellement dangereux » (pornographie, mais aussi contenus relatifs à l’automutilation, aux troubles alimentaires, etc.) de vérifier l’âge de leurs utilisateurs par des méthodes « hautement efficaces » telles que la reconnaissance faciale, la pièce d’identité ou la carte bancaire. Et l’obligation s’étend bien au-delà des sites pornographiques : des plateformes comme Reddit, Discord ou X sont également concernées. Or, là aussi, lors de l’entrée en vigueur des vérifications d’âge, en juillet 2025, Proton VPN a enregistré une hausse de plus de 1 400 % des inscriptions britanniques en seulement quelques heures. Qu’il s’agisse d’adultes refusant de livrer leurs données personnelles ou de mineurs contournant le dispositif, ce chiffre illustre bien le paradoxe de ces législations qui manquent leur cible tout en imposant une infrastructure d’identification à ceux qui s’y soumettent.

Pékin a imposé un « mode mineur » obligatoire sur tous les appareils, limitant le temps d’écran selon l’âge. Or, comme le note MIT Technology Review dans un article sur les projets de lois de sécurité des enfants aux États-Unis, certaines mesures qui se présentent comme protectrices risquent d’éroder la vie privée et les libertés en ligne, parce qu’elles imposent des vérifications d’identité, des obligations de collecte de données et un filtrage de contenu sous couvert de « sécurité des mineurs ». (Tate Ryan-Mosley, MIT Technology Review, 24 avril 2023).

Si la loi ne protège pas, que fait-elle vraiment ?

L’argument de l’inefficacité n’est pas seulement technique. Il est aussi politique et social. Et ce à double titre au moins.

Pour contourner une vérification d’âge, il faut savoir installer un VPN, disposer d’un appareil personnel non surveillé, ou avoir accès à des comptes alternatifs. Or, ces ressources (techniques, matérielles, voire culturelles) ne sont pas également distribuées. Un adolescent dont les parents maîtrisent le numérique et disposent de plusieurs appareils connectés trouvera plus aisément une solution de contournement. Ses parents pourront même l’accompagner dans un usage raisonné des plateformes. À l’inverse, un adolescent issu d’un foyer moins équipé, dont les parents sont moins à l’aise avec le numérique, sera plus exposé aux effets bruts de la loi (blocages, fermetures de comptes, erreurs d’identification, incompréhension face aux procédures).

Ce mécanisme est clairement documenté pour d’autres dispositifs de contrôle numérique. Aux États-Unis, les chercheurs qui ont étudié les lois de vérification d’âge pour l’accès à la pornographie dans certains États ont observé que les usagers les plus éduqués migraient immédiatement vers des VPN, tandis que les autres renonçaient ou s’exposaient aux risques liés à la transmission de leurs données personnelles.

De même, les études sur le contrôle parental montrent que son efficacité dépend fortement du capital culturel des familles.
Dans tous les dispositifs de contrôle, l’inégalité n’est donc pas un dommage collatéral, c’est une propriété structurelle. La loi ne protège pas « les enfants » en général, elle protège davantage ceux qui avaient déjà les moyens de se protéger, et expose davantage ceux qui étaient déjà vulnérables.

Ensuite, et peut-être même surtout, du fait que ce que cette loi produit réellement, c’est une infrastructure, pas une protection. Elle installe dans le droit et dans les mœurs l’idée – voire le principe – que l’accès à un espace social majeur de la vie contemporaine (qu’on le regrette ou qu’on s’en réjouisse) doit être conditionné à une forme d’authentification. Or, dès qu’une société accepte l’authentification comme norme d’accès, elle accepte la traçabilité comme horizon.

« Pour prospérer dans le cyberespace, le commerce exige des "architectures d’identité" – des architectures qui permettent l’identification pour permettre le commerce. Avec ou sans intervention de l’État, ces architectures seront ajoutées au réseau pour le rendre plus efficace au service du commerce ; avec ou sans intervention de l’État, la possibilité de réguler – et la perte de liberté qui l’accompagne – sera le sous-produit de ces changements. »
Lawrence Lessig, Code and Other Laws of Cyberspace, 1999.

Le glissement est discret. Il se fait au nom d’une cause inattaquable – la sécurité de nos enfants (dont on nous demandait, il y a peu, d’accepter le sacrifice). « Mieux encore », le dispositif s’inscrit dans une logique européenne où les plateformes doivent « protéger les mineurs » conformément à des lignes directrices publiées par la Commission. La loi française s’adosse clairement à ce cadre. Thomas Regnier, porte-parole de la Commission, a d’ailleurs rappelé que « la Commission et les autorités chargées du DSA sont les seules entités qui peuvent imposer des obligations supplémentaires aux très grandes plateformes » (27 janvier 2026) ; ce qui accentue encore la logique de gouvernance par infrastructure plutôt que par débat national.

Ce que révèlent les choix du gouvernement

Cette loi révèle donc une préférence politique nette. Nul besoin d’imaginer un complot. Le pouvoir contemporain fonctionne en effet souvent par opportunisme structurel. Face à des problèmes réels, il choisit systématiquement des solutions qui renforcent ses capacités de gestion.

- Première préférence, ne pas attaquer les causes économiques. Tout le monde sait que l’addiction aux réseaux sociaux est produite par des modèles publicitaires, des algorithmes de recommandation, des interfaces de captation. Aza Raskin, l’inventeur du scroll infini (ce défilement sans fin qui vous fait rester « encore un peu »), exprime aujourd’hui ses regrets et considère, pour illustrer la toxicité de la chose que « c’est comme si les entreprises de réseaux sociaux prenaient de la cocaïne comportementale et la saupoudraient sur toute votre interface » (interview accordée à la BBC, émission Panorama, 2018). De même, Tristan Harris, ex-Google et cofondateur du Center for Humane Technology, explique que les smartphones fonctionnent comme des machines à sous : « chaque fois que je consulte mon téléphone, je joue à la machine à sous pour voir ce que j'ai reçu. » Le mécanisme est ici le même, avec un système de « récompenses variables intermittentes » qui maximisent l'addiction. (« How Technology Hijacks People's Minds », Medium, 2016).

Pourtant, au lieu de s’attaquer à l’économie de l’attention, le gouvernement préfère renforcer l’économie de l’identification.

- Deuxième préférence, remplacer l’éducation par la gestion. Plutôt qu’une politique ambitieuse d’éducation critique au numérique, de moyens scolaires, de prévention de la santé mentale, de médiation, et encore de justice contre le harcèlement, on opte pour une solution pénalisante et on délègue l’effectivité à une vérification automatisée. C'est un peu comme traiter l'addiction à la drogue par le sevrage forcé, sans toucher à l'environnement qui pousse à consommer : le produit reste là, les dealers continuent de vendre, et le problème demeure. Ce qu'on sait pourtant depuis des décennies sur les politiques de drogues – que l'interdiction seule ne fonctionne pas, que c'est la prévention, l'accompagnement et la transformation des conditions de vie qui font reculer l'addiction – est ici totalement ignoré. C’est typiquement ce qu’on appelle le « solutionnisme », qui consiste à traiter un problème social complexe comme un problème technique simple. L'Hadopi en fut une illustration parfaite. Cette solution technique pour lutter contre le téléchargement illégal aura coûté 82 millions d'euros en dix ans pour traquer (et rapporté pour 87 000 euros d'amendes soit un ratio de 1 pour 1000), pendant que les pirates migraient tranquillement vers le streaming. Et le pourcentage de téléchargeurs illégaux n'a jamais baissé.

« Les solutionnistes, en voulant résoudre le problème, le tordent d'une façon si lamentable et inhabituelle que lorsqu'ils en viennent à bout, il est devenu une tout autre chose. » - Evgeny Morozov, Pour tout résoudre, cliquez ici. L'aberration du solutionnisme technologique, 2014

- Troisième préférence, stabiliser la traçabilité au nom du consensus moral. L’enfance est un levier parfait. On n’interdit pas « pour contrôler », on interdit « pour protéger ». Et une fois acceptée l’idée qu’il faut prouver son âge pour accéder à certains espaces numériques, la pente est forte vers d’autres justifications « nécessaires » comme lutter contre la haine, contre le harcèlement, contre la désinformation, contre la radicalisation, contre les ingérences... Ce mécanisme historique est lui aussi bien connu, qui veut que l’exception finisse par devenir la norme. Ainsi l'état d'urgence de 2015, présenté comme temporaire, qui a été prolongé six fois avant que ses principales mesures soient intégrées au droit commun en 2017. Ainsi le fichier national des empreintes génétiques, créé en 1998 pour les seuls délinquants sexuels, qui couvre aujourd'hui la quasi-totalité des crimes et délits et contient plus de cinq millions de profils. Et l'on vient de voir comment la vidéosurveillance algorithmique, autorisée à titre « expérimental » pour les Jeux olympiques de 2024, a déjà été prolongée jusqu'en 2027.

Dans ce mouvement, l’État ne devient pas plus protecteur, il devient plus dépendant d’une infrastructure d’identification et de contrôle. Et cette dépendance est exactement le terreau des IA de gouvernement. Sans identités stables et sans traces exploitables, pas de scoring (notation automatisée des individus), pas de détection automatisée robuste, pas de sanctions graduées « efficaces ».

Personne ne conteste la nécessité de protéger les adolescents. La vraie question en revanche de savoir si moyens choisis sont efficaces pour atteindre cet objectif, ou servent-ils d’autres fins ?

Car enfin, soyons sérieux. Rien n'empêche un parent ou un ami qui a l’âge, voire un « prestataire » qui monétisera son service, de créer un compte pour un mineur de moins de 15 ans. La vérification d'âge ne peut garantir que la personne qui utilise le compte est bien celle qui l'a créé. Pour que le dispositif fonctionne réellement, il faudrait aller beaucoup plus loin et mettre en place une authentification biométrique à chaque connexion, une surveillance continue des usages, une détection des comportements « incohérents ». Bref, une escalade de contrôles que personne n'oserait défendre publiquement… pour l'instant.

Face à cette évidence technique, on peut donc formuler deux hypothèses. La première, la plus charitable, est celle de l'incompétence. Les législateurs n'auraient tout simplement pas compris les limites de ce qu'ils votent et se paieraient de mots en pensant sincèrement protéger les enfants. La seconde, moins rassurante, est celle de l'intention masquée. L'objectif réel ne serait pas tant de protéger les mineurs que d'installer, sous couvert d'un consensus moral inattaquable, l'infrastructure qui permettra demain d'aller plus loin.

Malheureusement, tout ce que l'on sait de la généalogie des dispositifs de surveillance invite à redouter que la seconde hypothèse soit la bonne. Car au fond, l'alternative est simple. Soit on assume un affrontement avec les plateformes sur les causes structurelles — donc sur leur architecture et leur modèle économique —, soit on adopte des mesures dont l'efficacité est douteuse, mais qui ont l'effet certain de normaliser l'accès conditionné, d'accroître la traçabilité et de rendre acceptable une gestion automatisée des comportements.

Le texte de loi adopté le 26 janvier 2026 ressemble malheureusement beaucoup plus au second choix. Et pour cause ! Elle s’inscrit en réalité parfaitement dans la situation politique française caractérisée par une crise de légitimité inédite, une défiance record vis-à-vis d’un gouvernement qui ne parvient plus à construire du consentement, et recourt toujours plus à des instruments technico-administratifs. La réponse de ce gouvernement est, une fois de plus, de gouverner moins par le compromis social que par l’architecture des systèmes.

Nul besoin d’évoquer un futur dystopique pour comprendre que le danger existe déjà dans ce présent bureaucratique où l’espace public numérique se transforme en espace conditionnel, où exprimer son opinion nécessite de s’identifier, où exister politiquement c’est devenir traçable, et où contester c’est s’exposer.