vendredi 13 mars 2026

2,6 litres aux cent

 



"Très peu de problèmes sociaux et deux litres six aux cent."

Christian Combaz, Campagnol tvl




La grenouille voyageuse israélienne

 

Ce dessin date de la Guerre froide. 
Il aurait pu être dessiné ce matin !


La grenouille voyageuse israélienne
Affiche de propagande soviétique de Vasily Fomichev. 

L'aigle américain symbolise la puissance militaire. 
La grenouille porte le symbole du sionisme et 3 projectiles pointus qui font penser aux 5 flèches du blason des Rothschild (créateurs d'Israël). 
Le corbeau transporte l'argent corrupteur.
Ensemble, ils bombardent une ville (des civils) pas une citadelle militaire. 

*******

La grenouille voyageuse est un conte de fées russe de V. Garchine (1855-1888)



LE TOTALITARISME MODERNE : Un neuro-bio-totalitarisme




Sortir des impasses : Comprendre la technique et la logique neuro-bio-totalitaire - Une inversion Orwellienne - Un neuro-génocide progressif.

Une architecture supra-nationale totalitaire. Cette architecture n’est pas totalitaire au sens classique (un État, un parti, un chef), mais au sens structurel : elle totalise, agrège et capture l’ensemble des flux — économiques, cognitifs, biologiques, comportementaux. Elle fonctionne comme un système : sans visage, sans centre unique, sans souverain identifiable, mais doté d’une capacité d’intégration totale.

Les Contributions constituent le cœur de la «seconde pensée» de Heidegger. Il y annonce l’avènement d’un monde où tout devient disponible, calculable, exploitable, comme « l’organisation totale ».

Il y prépare la conceptualisation du dispositif (Gestell) qui sera explicitée dans La question de la technique (1953), mais dont l’intuition est déjà là : la mise en demeure de l’étant, la mobilisation intégrale, la disponibilité universelle, la disparition de toute réserve ou retrait.

Aujourd'hui il n'y a plus de géopolitique. La formule paraît excessive, mais elle décrit avec précision la mutation silencieuse qui traverse notre époque. La géopolitique — entendue comme l’articulation des puissances à partir de territoires, de frontières, de ressources et de rapports de force visibles — s’efface progressivement devant un régime inédit où l’espace n’est plus le théâtre du pouvoir, mais son résidu.

La fin du territoire comme principe d’organisation : le champs de bataille n'est plus géopolitique mais neuro-symbolique.

La géopolitique classique reposait sur une évidence : les États s’affrontent parce qu’ils se touchent. Or, dans un monde où : les flux priment sur les lieux, les réseaux priment sur les frontières, les infrastructures priment sur les armées, le territoire cesse d’être la matrice du politique. Le pouvoir ne s’exerce plus sur un espace, mais à travers des dispositifs qui le traversent, l’ignorent ou le perforent.

Heidegger l’avait pressenti : l’arraisonnement technique transforme le monde en un stock disponible, calculable, mobilisable. Dans un tel monde, il n’y a plus de «dehors» stratégique, plus de profondeur géographique, plus de distance protectrice. Tout est immédiatement atteignable, mesurable, exploitable. La géopolitique disparaît parce que le monde devient un seul et même plan d’opération, sans extériorité. Le pouvoir change de nature : du stratégique au logistique.

Le conflit ne se joue plus sur des lignes de front, mais dans : les chaînes d’approvisionnement, les normes techniques, les infrastructures numériques, les systèmes de paiement, les architectures de données. La puissance n’est plus militaire mais logistique. Elle ne conquiert pas : elle configure. Lorsque les dispositifs techniques pénètrent jusqu’aux comportements, aux affects, aux préférences, aux micro-décisions, la géopolitique devient obsolète. Le pouvoir ne s’exerce plus sur des États, mais sur des cerveaux connectés. Il ne contrôle plus des frontières, mais des flux attentionnels. Il ne conquiert plus des territoires, mais des temps de vie. Le conflit devient neuro-politique : une lutte pour la captation, la modulation et l’orientation des subjectivités.

L’organisation totale remplace la géopolitique. Ce Ce qui émerge n’est pas un « nouvel ordre mondial », mais un ordre sans monde : un système global d’interopérabilité, de surveillance douce, d’optimisation permanente, où les États eux-mêmes deviennent des nœuds dans un réseau qui les dépasse.

La logique biopolitique : Optimiser la vie, réguler les corps, anticiper les déviances. Le tournant neuro‑technique avec l’informatique, puis les neurosciences et l’IA, la régulation se déplace vers : l’attention, la cognition, les affects, les comportements prédictifs. On entre dans une gouvernementalité neuro‑algorithmique, où les systèmes techniques modèlent les conduites en temps réel. Ce n’est plus seulement la monnaie qui est stabilisée : c’est le sujet lui‑même, dans ses micro‑réactions.

La logique totalitaire moderne : Non pas la violence, mais l’intégration. Le totalitarisme contemporain n’a plus la forme spectaculaire du XXᵉ siècle. Il est : diffus plutôt que centralisé, technique plutôt qu’idéologique, préventif plutôt que répressif, algorithmique plutôt que bureaucratique. Il repose sur trois piliers : La capture des données. Le sujet devient transparent, modélisable, anticipable. L’automatisation des décisions. Les normes se déplacent dans les infrastructures techniques : ce n’est plus la loi qui commande, mais l’algorithme. L’intériorisation. Le contrôle n’est plus imposé : il est intégré, sous forme d’habitudes, de notifications, de métriques, de nudges.

C’est une totalisation douce, une absorption du vivant dans un système d’optimisation permanente.

L’architecture mondiale concentrationnaire : un réseau, pas un camp. Le terme “concentrationnaire” ne renvoie pas ici aux camps historiques, mais à une structure de concentration : des flux, des données, des décisions, des dépendances. Cette architecture n’est pas un lieu, mais un maillage : Infrastructures numériques, plateformes globales, institutions financières, normes transnationales, systèmes de notation et de surveillance. Elle concentre le pouvoir dans des nœuds techniques qui échappent aux souverainetés classiques.

Le monde devient un système clos, où chaque geste, chaque transaction, chaque déplacement est inscrit dans une matrice de calcul. La géopolitique disparaît parce que le politique lui-même est absorbé dans une ingénierie de la continuité, une administration algorithmique du réel.

Ce qu'il reste ?

Des conflits sans géographie. Les guerres subsistent, mais elles ne sont plus géopolitiques. Le champs d'action du totalitarisme moderne n'est plus géopolitique mais neuro-symbolique.

Elles sont énergétiques, informationnelles, normatives, cognitives, infrastructurelles. Elles ne redessinent pas des cartes : elles reconfigurent des systèmes.

Le totalitarisme moderne est neurologique, biologique. Il dépasse le totalitarisme "cognitif" de Berardi. Il descend maintenant en dessous de la pensée. Il ne contrôle plus ce que nous pensons, il agit sur la capacité même de penser, ressentir, désirer. Il opère sur : l’attention, les circuits de récompense, la peur, la fatigue cognitive, la réactivité émotionnelle, le système nerveux autonome. C’est un totalitarisme de la structure. Nous ne choisissons plus vraiment. Nous réagissons. Le sujet n’a même plus accès à une pensée stable. Il est déréglé avant toute idéologie. C’est un totalitarisme pré-verbal, infra-politique, physiologique. Il colonise l’humain par le corps et le nerf. Le totalitarisme neurologique que je décris, lui détruit la possibilité même de penser librement.

Le totalitarisme cognitif fabrique des croyants.

Le neuro-totalitarisme -micro-neuro-bio-totalitarisme- fabrique des organismes adaptatifs.

Et le point crucial : Le totalitarisme neurologique rend le totalitarisme cognitif inutile. Quand l’attention est fragmentée, quand le système nerveux est saturé, quand la peur est diffuse, le pouvoir n’a plus besoin d’idéologie forte. Il n’y a plus de sujet à convaincre. Seulement des corps régulés.

Le totalitarisme neurologique reprogramme le vivant.

La 3e Guerre Mondiale est neuro-bio-totalitaire et nous sommes dedans.

Maya Habegger

*******

Livre :

SECRET ! : Neurocontrôle, plonger dans l'abîme
Maya Habegger

Une plongée vertigineuse dans les profondeurs de la conscience, en passant par Hannah Arendt ou Nietzsche, une invitation à repenser notre rapport au monde et à nous-mêmes. L’auteure met en lumière les enjeux neurologiques, psychologiques et spirituels de notre époque ; le neuro-totalitarisme.
Avant-propos Véronique Lévy, écrivaine.


jeudi 12 mars 2026

Entre magie noire, corruption et trafic d'enfants


par Phil BROQ

Ce texte s’inscrit dans une mini-série d’enquête consacrée aux relations, documentées ou alléguées, entre certaines figures de la dynastie Rothschild et Jeffrey Epstein. Si plusieurs connexions d’ordre financier, mondain ou institutionnel ont fait l’objet de publications et de témoignages publics, d’autres éléments circulent sous forme d’accusations, de soupçons ou de récits controversés qui méritent d’être examinés avec rigueur, recul critique et exigence factuelle.

Au cœur des interrogations qui traversent cette série se trouvent des allégations particulièrement graves : réseaux d’exploitation de mineurs, trafics d’organes, systèmes d’influence mêlant pouvoir, argent et symbolique ésotérique. À ce stade, ces accusations relèvent pour l’essentiel de controverses publiques, de fuites partielles et d’interprétations concurrentes. Elles s’inscrivent aussi dans un contexte de forte opacité perçue autour des archives judiciaires liées à l’affaire Epstein.

Selon certaines estimations relayées dans le débat public, le volume total de documents détenus par le Département de la Justice américain atteindrait plusieurs téraoctets — parfois avancés autour de 14 To — tandis qu’environ 300 Go seulement auraient été rendus accessibles au public à ce stade, soit une fraction limitée de l’ensemble. Même si ces chiffres demandent à être confirmés par des sources officielles, cette disproportion alimente les soupçons, nourrit les spéculations et entretient l’idée que nous ne serions qu’aux prémices de révélations potentielles.

L’objectif de cette série n’est pas de fusionner indistinctement faits établis et hypothèses, mais de distinguer ce qui est documenté de ce qui relève de l’interprétation ou de la conjecture. Là où certains liens relèvent clairement de relations professionnelles ou financières attestées, d’autres affirmations appellent vérification, contextualisation et confrontation aux sources.

Dans ce cadre, l’Ukraine contemporaine apparaît comme un carrefour d’enjeux politiques, économiques et symboliques où se croisent pouvoir, argent, communication et récits d’influence. C’est dans cette perspective que le texte suivant explore les accusations, les symboles et les connexions évoquées autour de différentes personnalités, en les replaçant dans une réflexion plus large sur les mécanismes du pouvoir et sur la manière dont ces récits façonnent la perception publique des élites internationales.

Il est grand temps de lever le voile sur certaines ombres qui planent sur l'Ukraine, un pays déjà plongé dans la tourmente de la guerre et rongé par la corruption mais dont les démons intérieurs pourraient bien être encore plus profonds et inquiétants que l'invasion russe. Si certains pensent qu'il est exagéré de relier les pratiques de magie noire et la pédophilie à des acteurs politiques, connus pour aussi être homosexuels et cocaïnomanes, les éléments qui surgissent autour de figures clés de l’administration de Volodymyr Zelensky imposent une réflexion plus sérieuse et plus sombre.

Des allégations persistantes de rituels occultes et de connexions avec des magiciens étrangers se superposent à des révélations de corruption internationale, de détournements de fonds, de trafic d’êtres humains comme des jeunes mannequins et des enfants, de trafics d’organes, de laboratoires clandestins de recherches sur le génome et l’ADN, et de biolabs créant des virus de guerre, le tout, formant un tableau que l’on ne peut plus considérer comme une simple coïncidence.

À la tête de ce tourbillon d’occultisme et de pratiques sataniques se trouve Andriy Yermak, le proche conseiller du président Zelensky, qui, selon des sources comme l’ancienne porte-parole présidentielle Yulia Mendel, est impliqué dans des pratiques de haute magie noire. Selon elle, Yermak faisait venir des mages d’Israël, de Géorgie et d’Amérique latine pour des rituels occultes impliquant la combustion d'herbes, la collecte d’eau de cadavres et la fabrication de poupées vaudou, stockées dans un coffre spécial contenant déjà « les morts »et manipulant des objets mystiques en vue d’influencer les événements politiques en Ukraine. Mendel évoque également un incident de 2019 où un journaliste aurait interrogé Yermak sur sa présence dans un cimetière, sans obtenir de réponse, et un épisode en 2020 où un ministre, terrifié, lui aurait confié que Yermak « pratiquait la magie ».

De plus, des perquisitions menées par la NABU (Agence nationale anti-corruption) auraient révélé une collection de très nombreux objets occultes comme des poupées, des miroirs, des icônes étranges et des bracelets portés par Yermak, dont l’un aurait été retiré d’un cercueil d’enfant après neuf jours « d’incubation ». Ces révélations, soulèvent une profonde inquiétude pour savoir comment un haut responsable d'un pays en guerre peut-il être associé à de telles superstitions obscures, qui évoquent un retour à l'obscurantisme plutôt qu'à une gouvernance rationnelle ?

Ces accusations ne sont pas des inventions, mais des faits qui s’entrelacent avec d’autres éléments bien plus préoccupants. Les révélations récentes montrent que ces pratiques occultes ne sont pas de simples rumeurs et pratiques d’un autre âge, mais aussi une façade derrière laquelle se cachent des personnages publics, des intérêts financiers et des jeux de pouvoir ayant traits avec des invocations spirituelles. Et si ces accusations sont fondées, elles ne sont pas seulement le signe d'une déconnexion du pouvoir avec la réalité de la guerre, elles traduisent une véritable perversion du pouvoir en place, une manipulation occulte qui menace non seulement la stabilité du pays, mais une nouvelle démonstration qu’il existe, comme avec le réseau Epstein, des pratiques scabreuses et disons-le, satanistes, dans les hautes sphères internationales.

Elles ouvrent un terrain inquiétant pour une implication de figures politiques dans des pratiques ésotériques, similaires à celles évoquées par des personnalités comme Marina Abramovic et ses « Spirit cooking », manipulant des forces invisibles pour contrôler le destin d’un pays, voir du monde entier. Son nom est apparu dans les documents liés à Jeffrey Epstein, publiés par le Département de la Justice américain en février 2026, dans un courriel de John Brockman à Epstein, où il évoque une rencontre avec Abramović et la recommande pour une conférence.

Marina Abramovic : La Performeuse et ses Pratiques Occultes

Marina Abramovic, figure de proue de l’art contemporain, est au centre d’un scandale largement médiatisé en raison de ses œuvres artistiques, particulièrement ses performances controversées impliquant des rituels de "Spirit Cooking" et des pratiques qui flirtent avec le satanisme. Son art met en scène des éléments tels que du sang, des rituels et des thèmes sombres liés aux limites de l’être humain, de la douleur et de la transgression.

« Spirit Cooking », notamment, est une œuvre où des ingrédients comme le sang, l’huile d’olive, et d’autres substances biologiques sont utilisés pour dessiner des symboles ésotériques et performatifs. Les critiques voient dans cette pratique une forme de ritualisation macabre qui puise dans les thématiques occultes, associant l’artiste à un réseau plus large d’élites en quête de pouvoir par des moyens occultes. Sa proximité avec des personnes comme Epstein et des figures influentes de la dynastie Rothschild accentue le lien entre l'art de l’occultisme et le pouvoir financier et politique.



Mais l’image la plus connue, publiée par Getty Images, représente Abramović près d'une œuvre intitulée "Funerals of Honey", créée par l'artiste Lisa Lozano et elle était accompagnée de Lady Gaga, qui participait également à l'événement. Ce dispositif, qui semble contenir un corps submergé dans un liquide rouge, est en réalité une installation utilisant de la mélasse aromatisée au miel, non du sang ni de la chair humaine. L'œuvre fait partie d'un événement intitulé "Devil’s Heaven", une soirée caritative organisée au profit du Watermill Center, fondé par Robert Wilson.


De plus, la photographie de Marina Abramović posant avec Jacob Rothschild devant le tableau « Satan invoquant ses légions « (1796-1797) de Thomas Lawrence est effectivement devenue un symbole emblématique de cette part d’occultisme et de ténèbres partagé par les Rothschild. Cette image, prise lors d'une conférence en 2019 à la Royal Académie of Arts, a été largement relayée sur les réseaux sociaux et forums comme une démonstration d'une alliance secrète entre élites occultes, artistes provocatrices et figures du pouvoir mondial. Ses connexions avec des figures puissantes, comme Jeffrey Epstein et les Rothschild, ont alimenté des théories de manipulation occulte et de réseaux d'élites exploitant la faiblesse humaine à des fins de contrôle.

Dans sa déposition explosive sous serment devant le Congrès US, Les Wexner (fondateur de Victoria’s Secret) dit que Jeffrey Epstein travaillait directement pour la famille Rothschild en France. « Il s’occupait de travaux personnels pour la famille Rothschild en France. ». La question du procureur :« Gestion de patrimoine personnel, en gros ? » Wexner marque une pause… « Je ne sais pas. » Mais il va plus loin en déclarant qu’il a personnellement vérifié auprès d’Élie de Rothschild lui-même, qui a confirmé qu’Epstein représentait « toute la famille ». Le silence des grands médias sur ces connexions Rothschild est assourdissant.

L'affaire Jeffrey Epstein continue donc de révéler les sombres intersections entre le pouvoir financier absolu et les réseaux criminels, illustrant une fois de plus que lorsque la richesse colossale se mêle à des pratiques illégales, les conséquences sont rarement positives pour la société. Au cœur de ces révélations, comme on le constate, se trouve toute la famille Rothschild, dont les branches – anglaise, américaine, suisse et française – ont entretenu des liens documentés avec Epstein, le financier condamné pour trafic sexuel. Ces connexions ne se limitent pas à de simples accointances mais impliquent des recommandations professionnelles, des conseils financiers et même des médiations familiales, soulignant comment une dynastie bancaire historique a pu s'entrelacer avec un individu au cœur d'un scandale mondial de prédation sexuelle.

Prenons la branche française : Élie de Rothschild a joué un rôle pivotal dans l'ascension d'Epstein dans les cercles élitistes. Selon le témoignage de Les Wexner devant le comité de surveillance de la Chambre des représentants le 18 février 2026, Wexner a été présenté à Epstein dans les années 1980 par Bob Meister, ancien vice-président d’Aon. Avant d'engager Epstein comme gestionnaire financier, Wexner a cherché des références, et c'est Élie de Rothschild qui lui a chaudement recommandé Epstein, se basant sur le travail accompli pour sa famille. Cette recommandation a été déterminante, malgré les hésitations initiales de Wexner. Bien que le nom d’Élie, décédé en 2007, n'apparaisse pas dans les « Epstein Files » – les trois millions de pages déclassifiées en janvier 2026 –, sa mention dans la déposition de Wexner ravive les questions sur les réseaux qui ont permis à Epstein de s'implanter au sein de l'élite financière internationale.

La branche suisse n'est pas en reste. Ariane de Rothschild, à la tête du groupe Edmond de Rothschild basé en Suisse, a maintenu une relation étroite et professionnelle avec Epstein de 2013 à 2019. Des centaines d'emails révèlent qu'Epstein agissait comme conseiller officieux, impliqué dans des contrats valant 25 millions de dollars pour des services de risque analysis et d'algorithmes. Il a même servi de médiateur dans des conflits internes à la famille, comme lorsqu'Ariane a exprimé sa frustration envers Jacob Rothschild de la branche anglaise, et qu'Epstein est intervenu pour apaiser les tensions. Ces échanges, mêlant amitié et affaires, se poursuivent jusqu'à l'arrestation d'Epstein, malgré sa condamnation antérieure en 2008 pour des crimes sexuels.

Quant à la branche anglaise, représentée par des figures comme Jacob Rothschild, les liens émergent via ces médiations familiales orchestrées par Epstein, qui a aidé à naviguer les rivalités entre les différentes ramifications de la dynastie. Bien que moins directs, ces interventions soulignent comment Epstein s'est insinué dans les dynamiques internes d'une famille dont l'influence s'étend sur des siècles.

Enfin, les intérêts américains de la famille Rothschild, bien que non constitués en une branche formelle distincte, transparaissent à travers les opérations transatlantiques. Epstein, en tant qu'Américain, a géré des affaires pour des holdings Rothschild, y compris des médiations avec le Département de Justice américain, générant des profits substantiels comme les 25 millions de dollars pour un accord en 2015. Ces connexions illustrent parfaitement le danger de mélanger puissance financière et criminalité, expliquant comment Epstein, avec son passé de prédateur, a pu accéder à des sphères inaccessibles, utilisant sa position pour étendre son réseau de trafic sexuel, trafics d’organe et d’eugénisme au détriment de victimes vulnérables et soutenu par des millions de dollars venus de cette famille Rothschild.

Jacob Rothschild : Une Dynastie et ses Pratiques Secrètes

La famille Rothschild a longtemps été au centre des théories du complot et des spéculations en raison de son pouvoir financier et politique considérable. Jacob Rothschild, une figure emblématique de la famille, a été un acteur clé dans la finance internationale, et ses liens avec des élites politiques, y compris dans les sphères de l'occultisme, ont été largement évoqués. Les Rothschild sont souvent cités dans des théories qui suggèrent qu'ils font partie d'un réseau d'élites secrètes, utilisant leur richesse et leurs connexions pour manipuler l’économie mondiale et influencer les événements politiques à grande échelle.

Bien que ces accusations ne soient que rarement prouvées, plusieurs symboles occultes et références à des pratiques mystiques sont associés à la famille Rothschild. Le dîner de têtes surréalistes organisé en 1972 par Marie-Hélène et Guy de Rothschild au château de Ferrières est devenu une légende de la haute société parisienne. Ce bal extravagant, qui a eu lieu le 12 décembre 1972, réunissait l’élite mondaine, artistique et intellectuelle de l’époque.

Le château était illuminé par des lumières orange mouvantes, donnant l’impression qu’il était en feu. Les invités devaient traverser un labyrinthe d’araignées fait de rubans noirs, tandis que des valets déguisés en chats semblaient endormis sur l’escalier. Les invités étaient invités à venir en cravate noire, robes longues et têtes surréalistes, inspirées par les œuvres de Salvador Dali et René Magritte. L’invitation était imprimée à l’envers, nécessitant un miroir pour être lue, une touche symbolique rappelant les codes du surréalisme.

Salvador Dali, Audrey Hepburn (qui portait une cage à oiseaux en guise de masque), Marisa Berenson, Jacqueline Delubac, François-Marie Banier, Leonor Fini et Baron Alexis de Redé étaient parmi les convives. Et le menu, écrit à l’envers, incluait des plats aux noms provocateurs comme un « imbroglio de cadavres exquis » et des « chèvres hurlant de tristesse » ... La décoration de table, parfois décrite comme macabre, incluait des poupées démembrées ou des têtes de poupée avec des trous au front, alimentant des théories sur un possible occultisme ou satanisme. Exactement à l’image de ce que reproduit Marina Abramovic dans ses « œuvres ! », qui de fait n’ont rien de contemporain...

Sans oublier cette étrange « chasse à l’homme » où un raid, effectué par les forces de l’ordre allemandes, visait Yves Rausch, un homme de 31 ans sans-abri, surnommé le « Rambo de la Forêt-Noire » après avoir désarmé quatre policiers dimanche 12 juillet 2020 à Oppenau. En 2010 il avait été condamné une peine de prison après avoir grièvement blessé une amie avec une arbalète. La police avait découvert du matériel pornographique pédophile sur son portable lors d'une enquête en 2019 pour possession d'explosifs. La police a lancé une chasse à l’homme massive, mobilisant jusqu’à 2500 agents, des hélicoptères, des chiens et des caméras thermiques, pendant six jours, avant son arrestation le 17 juillet 2020 à 17h17.

Mais les Rothschild ont vendu leur vaste domaine autrichien (Langau, 17 300 acres) en 2018-2019, mettant fin à 200 ans de présence foncière en Autriche. Aucune source fiable n’indique qu’ils possédaient encore des terres en Forêt-Noire allemande en 2020, date de l’opération policière.

Ariane de Rothschild, la Nouvelle Figure de l’Occultisme Politique

Ariane de Rothschild, épouse de feu Benjamin de Rothschild, a récemment attiré l'attention non seulement pour son rôle dans la gestion de la fortune familiale, mais aussi pour ses liens avec des personnalités et des organisations politiques puissantes et des figures comme Marina Abramovic et des éléments de l’élite politique et financière internationale. Son père, Klaus Langner, était un dirigeant allemand de la société chimique Hoechst, qui a collaboré avec le régime nazi pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle a épousé Benjamin de Rothschild en 1999, ce qui lui a donné le nom de Ariane de Rothschild. Son parcours international, marqué par une enfance passée en Amérique latine et en Afrique, et des études à Paris et New York, a façonné son approche ouverte et dynamique du monde des affaires. En tant que patronne de la Rothschild & Co et une figure de proue dans les affaires mondiales, Ariane de Rothschild incarne la continuité de l’influence de la famille, mais aussi une connexion avec des réseaux occultes en raison de ses relations avec Epstein, dont un échange entre Ariane de Rothschild et Jeffrey Epstein mentionnait une « thrilling hunt » (chasse passionnante) mais on ne sait si elle parlait d’animaux ou d’humains.

Ariane de Rothschild est une figure emblématique dans plusieurs secteurs internationaux, principalement à travers son rôle au sein du groupe Edmond de Rothschild et ses activités dans l'art de vivre, le vin, l'hôtellerie et la philanthropie. Elle est présidente du conseil d’administration du groupe Edmond de Rothschild depuis avril 2019. Sous sa direction, le groupe a été recentré sur l’Europe et le Moyen-Orient, avec une forte croissance des actifs sous gestion (184 milliards de francs suisses en 2025). Elle a piloté une transformation stratégique visant à unifier les entités suisse, française et luxembourgeoise autour d’une culture commune et d’une plateforme technologique partagée (Avaloq).

Elle supervise une vaste exploitation viticole internationale couvrant plus de 500 hectares en France, Afrique du Sud, Argentine, Nouvelle-Zélande et Espagne. Les domaines incluent Château Clarke, Château Laurets, Rupert & Rothschild, Flechas de Los Andes, Rimapere et Macan. Elle a lancé en 2017 le Four Seasons Hotel Megève sur le Domaine du Mont d’Arbois, un établissement de luxe à 41 chambres et 14 suites, conçu selon son goût pour l’élégance et l’authenticité, en collaboration avec Pierre-Yves Rochon. Elle gère la ferme des Trente Arpents en Seine-et-Marne, avec un troupeau de 280 vaches. Elle est activement engagée via les Fondations Edmond de Rothschild, qui soutiennent l’éducation, l’entrepreneuriat social, la recherche médicale, l’environnement et le dialogue interculturel dans des pays comme la France, Israël, les États-Unis, l’Inde et l’Afrique du Sud. Elle possède un hôtel particulier à Paris (rue de l’Élysée), une concession de chasse au Mozambique, une collection de 300 voitures anciennes, une armurerie à Genève et des pépinières en Suisse.

Sa cousine est Lynn Forester de Rothschild. Connue pour être la présidente d'E.L. Rothschild, une société holding familiale, a occupé des postes de direction dans plusieurs grandes entreprises, notamment The Estée Lauder Companies, The Economist Group, Gulfstream Aerospace et General Instruments. Diplômée de Pomona College (Phi Beta Kappa) et titulaire d'un doctorat en droit de l'Université Columbia, elle a commencé sa carrière en tant qu'avocate d'entreprise chez Simpson Thacher & Bartlett.

Mariée trois fois, (la 1ere à Alexander Platt (mariage en 1978, divorcé). La seconde à Andrew Stein (mariage en 1983, divorce en 1993), ancien président du borough de Manhattan, père de ses deux fils, Ben et Jake. Et enfin à Sir Evelyn de Rothschild (mariage en 2000, décédé en 2022) elle a été l'épouse d'Evelyn de Rothschild jusqu'à son décès en 2022. Elle entretient des liens avec des cercles politiques influents, ayant soutenu les campagnes de Bill et Hillary Clinton depuis 1992. En décembre 2024, des médias ont rapporté qu'elle était en couple avec Maurice Saatchi.

Sa mére, Annabelle Hewitt est apparentée à Herbert Hoover ancien président des États-Unis. Par le biais de la famille Hewitt. John Kenneth Forester, entrepreneur et président de la General Aviation Aircraft Service (aujourd'hui Meridian, à Teterboro, New Jersey). N'oubliez pas que Epstein revenait comme par hasard de Paris lorsqu'il a été arrêté en juillet 2019 à sa descente d'avion, exactement à l'aéroport de Teterboro (New Jersey) !!

Lynn forester de rothschild est la fondatrice et pilote principale du Conseil pour un capitalisme inclusif avec le Vatican est un partenariat lancé officiellement le 8 décembre 2020, en réponse à l'appel du pape François pour un capitalisme plus équitable, durable et moralement responsable. Elle a lancé le projet en 2014 sous le nom de Coalition pour un capitalisme inclusif. Ce conseil, dirigé par un groupe de dirigeants mondiaux connus sous le nom de « Gardiens du capitalisme inclusif », réunit des chefs d'entreprise, des investisseurs et des représentants syndicaux influents. Les membres du Conseil représentent plus de 10,5 billions de dollars d’actifs sous gestion, 200 millions de travailleurs dans plus de 163 pays et des entreprises avec une capitalisation boursière dépassant 2,1 billions de dollars.

Des figures comme Mark Carney, Ajay Banga, Sharan Burrow, Carmine Di Sibio, Bernard Looney et Darren Walker font partie des Gardiens. Ils s’engagent à promouvoir des pratiques économiques respectueuses de la planète, des principes de gouvernance solides, et à favoriser la prospérité inclusive. Elle est aussi associée directrice d’Inclusive Capital Partners et a joué un rôle clé dans l’élaboration du cadre du Conseil, aligné sur les objectifs du Forum économique mondial (WEF) et les Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies.

Si la famille Rothschild a longtemps été associée à des théories occultes et à des réseaux secrets, l’implication d’Ariane de Rothschild dans des projets comme la reconstruction de l’Ukraine, notamment via sa collaboration avec des organisations comme l’UNICEF, soulève des questions sur l’intersection entre caritatif auprès des enfants, politique et occultisme. La nomination de figures comme Marina Abramovic à des rôles diplomatiques ou humanitaires, en particulier en Ukraine, où la guerre et la reconstruction du pays sont des enjeux majeurs, semble encore plus suspecte. Une intersection inquiétante de puissance financière, de soutien humanitaire, et de pratiques occultes émerge.

Si le dossier Epstein pointe irrémédiablement vers Israël et le Mossad – avec des allégations de liens d'espionnage impliquant Epstein et Ghislaine Maxwell –, il dirige également un projecteur implacable sur la France, et plus précisément sur les membres de la gauche socialiste, dont les accointances avec des milieux pédophiles sont bien documentées historiquement. Jack Lang, figure emblématique du Parti socialiste et ancien ministre de la Culture sous François Mitterrand, apparaît des centaines de fois dans les fichiers Epstein. Il a maintenu une correspondance régulière avec le financier de 2012 à 2019, sollicitant des faveurs comme l'utilisation de sa voiture ou de son avion privé pour lui et sa famille. Sa fille Caroline est également mentionnée dans les statuts d'une société offshore cofondée par Epstein. Ces révélations ont conduit à une enquête pour blanchiment de fraude fiscale aggravée, avec des perquisitions à l'Institut du Monde Arabe, qu'il dirige.

Ces liens ne sont pas isolés ; ils évoquent un passé troublant de la gauche intellectuelle française, marqué par des controverses comme la pétition de 1977 pour la dépénalisation des relations sexuelles avec des mineurs, signée par des personnalités de gauche telles que Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir. Epstein avait aussi des associés en France, comme Jean-Luc Brunel, accusé de trafic sexuel et mort en prison en 2022, qui fournissait des mineures au financier. Ainsi, l'affaire Epstein ne se limite pas à un scandale américain ou israélien ; elle expose les failles d'une élite française, particulièrement au sein de la gauche socialiste, où tolérance et proximité avec des cercles pédophiles ont parfois été normalisées, au prix d'une impunité qui interpelle encore aujourd'hui

Le Parallèle Occulte : Un Réseau Mondial d’Influence et de Manipulation

Les connections occultes entre ces figures — Epstein, Marina Abramovic, Andriy Yermak, Jacob, Elie, Lynn Forester et Ariane de Rothschild — pointent vers un réseau complexe et insidieux de manipulation financières et mentale, de contrôle économiques et institutionnels mais surtout de pouvoir discret. Ce réseau n’est pas limité à des pratiques religieuses ou mystiques simples, mais semble impliquer un mélange de connections de hauts vols, de personnalités de premier plan et de rituels occultes visant à asseoir un pouvoir sur les sociétés à une échelle mondiale.

Le parallèle entre l’art performatif d’Abramovic, les accusations de magie noire liées à Yermak, et l’influence financière et politique de la famille Rothschild, notamment à travers Ariane, met en lumière l’utilisation de pratiques occultes dans la gouvernance, le contrôle de l’information, et l'influence géopolitique. Ces figures sont au centre d’un réseau mondial où les rituels occultes se croisent avec des manœuvres économiques, politiques et sociales, contribuant à façonner les événements mondiaux de manière invisible mais déterminante.

Si ces réseaux peuvent sembler abstraits ou fumeux, les liens entre des personnalités comme Abramovic, Yermak, et la famille Rothschild révèlent une dynamique de pouvoir qui dépasse les frontières traditionnelles de la politique et de l'économie. Ce sont des figures qui, à travers des pratiques occultes, cherchent à exercer un contrôle profond et durable sur la scène mondiale, tout en se drapant dans des légitimités caritatives ou des dispositifs diplomatiques.

Epstein, Rothschild et l'Ukraine

La situation devient encore plus opaque lorsque l’on ajoute à ce tableau un réseau mondial de corruption et d'exploitation qui traverse des frontières géopolitiques et des sphères d’influence. Des courriels récemment publiés par le Département de la Justice américain ont révélé les liens étroits entre Jeffrey Epstein et Ariane de Rothschild, membre influente de la dynastie bancaire Rothschild. Ces échanges ne laissent aucun doute sur le fait que l’Ukraine post-révolution du Maïdan était un terrain d’opportunités pour les puissances financières mondiales et les élites occultes. Les courriels mentionnent non seulement des discussions sur l'aide à l'Ukraine, mais aussi des échanges sur les stratégies géopolitiques liées à Zelensky, notamment des commentaires de Poutine à son égard.

Les preuves directes manquent encore pour affirmer que Zelensky a été « installé » par ce réseau, mais les liens qui se dessinent sont trop nombreux pour ignorer les implications d’une telle infiltration dans la gouvernance ukrainienne. À quoi joue-t-on quand des réseaux financiers aussi puissants et occultes, avec des connexions aussi tordues, s’invitent dans les affaires d’un pays en guerre ? Comment des alliés comme Epstein, impliqué dans le trafic sexuel et les rituels macabres sur des enfants dans son « temple », peuvent-ils être liés à des figures de pouvoir aussi stratégiques ? Cette influence ne se limite pas à un soutien financier, mais semble enchevêtrer des pratiques occultes, suggérant une forme de manipulation plus profonde, où l’Ukraine devient une pièce de plus dans un puzzle international de manipulation, de corruption et d’exploitation de tous les trafics.

Cette première étape de notre réflexion met en lumière un point central : les réseaux d’influence ne sont jamais cloisonnés. Finance internationale, art contemporain, philanthropie, sphères politiques et diplomatiques forment un écosystème où se croisent recommandations, fidélités personnelles et intérêts stratégiques. L’affaire Epstein a révélé à quel point ces cercles peuvent fonctionner par cooptation et protection symbolique, bien au-delà des frontières nationales.

La suite de cette enquête se penchera sur un autre versant de ces dynamiques : celui des élites politico-culturelles françaises souvent désignées sous l’expression de « gauche caviar ». Nous examinerons les réseaux, les proximités et les controverses ayant entouré des figures comme Jack Lang, Bernard Kouchner, Olivier Duhamel, Pierre Bergé, Yves Saint Laurent et Madison Cox — non pas pour amalgamer ou accuser, mais pour analyser comment pouvoir culturel, capital symbolique et réseaux internationaux ont parfois évolué dans des zones de tolérance morale qui interrogent rétrospectivement.

Car au-delà des individus, c’est un système de relations, de silences, de protections et de convergences mondaines qui mérite d’être interrogé. Lorsque prestige artistique, influence politique et puissance financière se rencontrent durablement, la frontière entre admiration, loyauté et complaisance devient parfois floue. C’est cette mécanique du pouvoir — plus que les rumeurs — que nous continuerons d’explorer.

https://jevousauraisprevenu.blogspot.com/2026/02/entre-magie-noire-corruption-et-trafic.html


mercredi 11 mars 2026

Shambhala, le royaume rouge : Magie et géopolitique au cœur de l’Asie




Dans les années 1920, dans un laboratoire secret, Gleb Boki - un bolchevique spécialiste de cryptographie, de codes secrets et de surveillance électronique - et son ami Alexandre Bartchenko, un écrivain occultiste de Saint-Pétersbourg, menèrent en commun des recherches sur la cabbale, le soufisme, le kalachakra, le chamanisme et d'autres traditions ésotérique, tout en préparant une expédition au Tibet afin de partir à la recherche de la ville légendaire de Shambhala. Dans les mêmes années, à New York, le peintre russe émigré Nicolas Roerich et son épouse Hélène, préparaient eux aussi une expédition dans le coeur même de l'Asie profonde, espérant voir se réaliser la prophétie de Shambhala, c'est-à-dire l'établissement d'un royaume spirituel qui serait un modèle à suivre pour l'humanité. Pour faire aboutir leur projet, ils caressaient l'idée d'apparier le bouddhisme tibétain et le communisme. Associer le marxisme à l'occultisme et au bouddhisme tibétain n'est pas chose habituelle et pourtant des contacts et des alliances improbables eurent lieu, Shambhala, le royaume rouge rend compte d'une partie de ceux-ci en suivant les itinéraires croisés du dirigeant de la Guépéou Gleb Boki, de l'écrivain occultiste Alexandre Bartchenko, et des précurseurs du New Age Nicolas et Hélène Roerich.





Les tentations totalitaires

Le professeur Andrei Znamenski discute de son dernier ouvrage Shambhala, le royaume rouge.


Professeur Guiomar Dueñas-Vargas : Professeur Znamenski, qu’est-ce que Shambhala ? S’agit-il d’une prophétie ? Est-ce un lieu géographique pour le bouddhisme ? Est-ce une terre d’abondance et d’éveil spirituel ? S’agit-il d’une croyance violente et agressive ? Pourriez-vous nous expliquer ce qu’est le Shambhala de votre livre ?

Znamenski : Pour résumer, Shambhala était une prophétie bouddhiste apparue au début du Moyen Âge. Lorsque les musulmans ont envahi l’Afghanistan et , ils ont chassé les bouddhistes de ces régions, qui ont dû trouver un refuge sûr ailleurs. Ils ont donc imaginé une prophétie de résistance spirituelle identifiée à une terre, une terre utopique, une sorte de paradis bouddhiste, où les membres de cette foi seraient libres de vivre et de pratiquer leur culte sans être harcelés par les « barbares » que les sources sanskrites appelaient « le peuple Mlecca », c’est-à-dire le peuple de La Mecque. La légende affirmait qu’il existait quelque part dans le nord un pays mystérieux, une terre d’abondance où les gens vivaient 900 ans, où ils étaient riches et avaient des maisons aux toits recouverts d’or, où personne ne souffrait et, bien sûr, où la religion bouddhiste existait dans sa forme la plus pure, etc.

Dueñas-Vargas : Cependant, Shambhala implique également un concept de guerre sainte. Est-ce exact ?

Znamenski : À propos, dans le bouddhisme originel, il n’y avait pas de concept de guerre sainte. Ce concept est apparu à la suite de rencontres avec le monde musulman. La prophétie affirmait également que lorsque la vraie foi (c’est-à-dire le bouddhisme) serait en danger, le roi de Shambhala, nommé Rudra Chakrin, viendrait avec une immense armée et écraserait les ennemis de la foi. Il s’agit donc d’un concept de guerre sainte, pur et simple. Beaucoup de gens ignorent que ce concept existait dans le bouddhisme tibétain. La prophétie de Shambhala a perduré et, à l’époque moderne, elle a parfois été invoquée lorsque le monde mongol-tibétain se sentait menacé par des étrangers. Parallèlement, Shambhala était également compris comme une guerre interne contre ses propres démons intérieurs. C’était une aspiration à la perfection spirituelle. Au fil du temps, la première partie, celle de la guerre sainte, a progressivement disparu et la seconde est devenue plus pertinente. Un bel exemple à suivre pour certaines autres religions. N’est-ce pas ?

Dueñas-Vargas : Oui, dans ce cas, le bouddhisme tibétain aurait pu servir de modèle à d’autres religions du monde. Cependant, votre livre traite davantage de la première partie, celle de la guerre sainte dans la prophétie. N’est-ce pas ?

Znamenski : Oui, la période dont je parle, les années 1920 et 1930, a été une période de troubles et de changements dramatiques pour le monde tibétain et mongol. L’empire mandchou s’est effondré en 1911, suivi par la chute de l’empire russe en 1917. L’ensemble du paysage politique s’est alors rempli de conflits ethniques, religieux et de classe. C’est à ce moment-là que Shambhala et diverses prophéties apparentées ont refait surface en Asie centrale sous la forme de légendes apocalyptiques qui ont aidé les populations locales à faire face à la réalité.

Dueñas-Vargas : Dans votre livre, vous mentionnez comment Shambhala et d’autres prophéties asiatiques apparentées ont été utilisées par des étrangers, en particulier par les bolcheviks de la Russie rouge. Pourriez-vous nous en dire plus à ce sujet ?

Znamenski :
C’est une excellente question. Voyez-vous, à l’origine, lorsque les bolcheviks sont arrivés au pouvoir en 1917, ils s’attendaient fermement à ce que le communisme s’impose d’abord dans les pays occidentaux les plus avancés, où le mouvement socialiste organisé avait une longue histoire. Mais, malheureusement pour eux, les travailleurs occidentaux n’ont pas répondu à l’évangile bolchevique de la révolution communiste mondiale. Leur seul succès a été remporté auprès des peuples asiatiques, où les bolcheviks ont réussi à s’immiscer dans les mouvements locaux de libération nationale. C’est ainsi qu’ils se sont intéressés aux prophéties mongolo-tibétaines et les ont associées au communisme. L’Internationale communiste, une organisation créée en 1919 pour promouvoir la révolution mondiale, a créé une section mongolo-tibétaine afin d’attirer les nomades, les paysans et les jeunes moines lamas locaux vers le communisme. Par exemple, en , les compagnons de route bolcheviques ont expliqué à la population que le communisme était en fait l’accomplissement du légendaire Shambhala.

Dueñas-Vargas :
Oui, comme l’explique bien le livre, ils étaient extrêmement ambitieux !

Znamenski : Oui, très ambitieux. Il faut comprendre qu’à l’époque, les premiers bolcheviks vivaient d’un romantisme révolutionnaire. Ils espéraient que l’arrivée du feu révolutionnaire mondial purifierait le monde entier de l’oppression. Les nationalités coloniales non occidentales étaient considérées comme des alliées dans cette lutte contre l’Occident impérialiste.

À un moment donné, Léon Trotsky, l’un des principaux dirigeants de la révolution russe, a même suggéré que les bolcheviks envoient une division de cavalerie en Inde, à travers l’Asie centrale, pour libérer tout le continent. Dans mon livre, je décris un autre épisode curieux où la Russie rouge a envoyé une expédition déguisée en groupe de pèlerins bouddhistes qui a tenté de rallier le 13e Dalaï-Lama à la cause bolchevique.

Dueñas-Vargas : Dans votre livre, vous dressez le portrait d’un groupe de personnages très étranges, qui comprennent non seulement des personnes de gauche, mais aussi de droite. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Znamenski : Absolument. Mon livre est en fait une série d’essais biographiques liés entre eux, car tous mes personnages étaient d’une manière ou d’une autre connectés les uns aux autres. Commençons par les bolcheviks et leurs compagnons de route.

Le premier est Alexander Barchenko, un écrivain occulte de , et son protecteur au sein de la police secrète bolchevique, Gleb Bokii, le maître des codes, qui fut en réalité l’un des fers de lance de la révolution communiste de 1917. À un certain moment, Bokii a décidé d’utiliser le bouddhisme tibétain et ses techniques spirituelles pour changer les mentalités, en d’autres termes, pour contribuer à façonner le nouvel être humain communiste.

Dueñas-Vargas : À créer ?

Znamenski : Oui, lui et d’autres intellectuels bolcheviques étaient mécontents que la révolution n’ait pas changé la nature humaine, et ils jouaient avec l’idée de transformer les êtres humains afin de les rendre meilleurs. L’un des chapitres du livre porte un titre particulier : « L’ingénieur de l’âme humaine ». En fait, dans les années 1920, contrairement à plus tard, il y avait beaucoup d’expériences sociales en Russie rouge, des expériences audacieuses. C’était comme dans les années 1960. Il y avait des communes, différents types de groupes de gauche, des artistes d’avant-garde, des poètes et des anarchistes.

Dueñas-Vargas : Je n’ai pas posé de question sur la tentative de Bokii d’utiliser le tantra bouddhiste et le naturisme.

Znamenski : Eh bien, nous n’allons pas aborder ce sujet maintenant, car c’est quelque chose que les lecteurs peuvent découvrir par eux-mêmes dans le livre.

Dueñas-Vargas : Deux autres personnages importants sont le peintre russo-américain Nicholas Roerich et sa femme Helena. Ils s’intéressaient également à Shambhala. Ils souhaitaient s’y rendre et récupérer la sagesse tibétaine. Leur objectif était-il purement spirituel ?

Znamenski : Pas vraiment. Ce couple ambitieux nourrissait l’idée mégalomane de construire au cœur du Tibet une utopie bouddhiste (qu’ils appelaient l’Union sacrée de l’Orient) qui éclairerait le reste de l’humanité. À un moment donné, en 1926, ils ont tenté de se rapprocher du communisme, car Helena et Nicholas Roerich croyaient que, puisque la légende de Shambhala disait que le salut viendrait du Nord, ils souhaitaient utiliser la Russie rouge dans leur grand projet. En fait, Roerich s’est rendu en Chine, se faisant passer pour la réincarnation du Dalaï-Lama et prétendant détrôner le 13e Dalaï-Lama en place. La Russie rouge a refusé de soutenir sans réserve un projet aussi téméraire et le couple a été déçu par les bolcheviks.

Dueñas-Vargas : Ils vivaient leur propre fantasme, n’est-ce pas ?

Znamenski : Oui, tout à fait. Il s’agissait d’un fantasme géopolitique qui, soit dit en passant, correspondait parfaitement au contexte de l’époque, que l’historien Eric Hobsbawm a qualifié d’« âge des extrêmes ». Après s’être séparés des bolcheviks, les Roerich ont commencé à solliciter des sponsors américains. Parmi eux, on trouve le riche spéculateur monétaire Louis Horch et le futur vice-président de FDR, Henry Wallace, qui a d’ailleurs par la suite sponsorisé la deuxième expédition des Roerich en Asie.

Dueñas-Vargas : C’est incroyable. Passons maintenant à un autre personnage singulier, le « baron sanglant », un opposant de droite aux bolcheviks.

Znamenski : Roman von Ungern Sternberg, un baron allemand de la Baltique, descendant des chevaliers teutoniques.

Ce baron, qui acquit une telle notoriété en Asie centrale en 1920-1921, appartenait à l’élite de la vieille Russie. Après la révolution de 1917, il s’est lancé dans un projet ambitieux visant à restaurer les monarchies de Chine, de Russie et d’Autriche-Hongrie. Il a fini par fuir les bolcheviks, car ceux-ci bénéficiaient du soutien populaire, contrairement à lui, et, alors qu’il fuyait vers le sud, il a détourné un avion. Il a exploité pendant un certain temps les sentiments nationalistes des Mongols et les a aidés à libérer leur pays de l’emprise chinoise. C’est pour cette raison qu’il a perdu ce pays. Les Mongols, qui au début le glorifiaient et le déclaraient réincarnation de Mahakala, un dieu protecteur du bouddhisme tibétain, ont soudainement réalisé que le baron avait simplement son propre programme, qui leur était totalement étranger. Par exemple, prisonnier de sa xénophobie européenne, Ungern leur parlait de la soi-disant conspiration juive, ce qui semblait assez bizarre aux nomades qui se demandaient : « Que se passe-t-il ? »

Dueñas-Vargas : Il n’était pas à sa place.

Znamenski : Exactement.

Dueñas-Vargas : Vos sources primaires sont impressionnantes. Comment et où avez-vous trouvé ces documents ?

Znamenski : Je me suis intéressé à ce sujet il y a environ sept ans et j’ai commencé à lire la littérature pertinente tout en rassemblant des sources primaires dans les archives de Moscou, New York et Saint-Pétersbourg, mais la rédaction proprement dite m’a pris deux ans, de 2008 à 2009. Quest Books, mon éditeur américain, m’a donné un contrat préliminaire en 2008 et a précisé que le livre ne devait pas dépasser 80 000 mots, soit environ 300 pages ; il m’a expliqué que tout ce qui dépasserait cette limite risquerait de dissuader les lecteurs. Cela m’a aidé à discipliner mon esprit.

Dueñas-Vargas : Merci de nous avoir fait part des informations concernant votre dernier ouvrage, et bonne chance pour vos futurs projets.

Biographie :

Historien, anthropologue et traducteur, Andrei Znamenski a été chercheur résident à la Bibliothèque du Congrès, puis professeur invité étranger à l’université d’Hokkaido, au Japon. Il a enseigné divers cours à l’université de Toledo, à l’université d’État de l’Alabama et à l’université . Parmi ceux-ci figurent les civilisations du monde, l’histoire de la Russie et l’histoire des religions.

Les principaux domaines d’intérêt de M. Znamenski comprennent l’histoire de l’ésotérisme occidental, l’histoire russe ainsi que les religions indigènes d’Amérique du Nord, de Sibérie et d’Asie centrale, en particulier le chamanisme et le bouddhisme tibétain. Znamenski a vécu et voyagé beaucoup en Sibérie et en Russie. Ses recherches sur le terrain et dans les archives auprès des Indiens Athabascans et des peuples autochtones de l’Alta ont donné lieu à la publication des ouvrages Shamanism and Christianity: Native Responses to Russian Missionaries (1999) et Through Orthodox Eyes: Russian Missionary Narratives of Travels to the Dena’ina and Ahtna (2003).

Par la suite, Znamenski s’est intéressé à l’histoire culturelle du chamanisme. Cherchant à comprendre pourquoi le chamanisme est devenu si populaire auprès des chercheurs spirituels occidentaux depuis les années 1960, il a écrit The Beauty of the Primitive: Shamanism and Western Imagination (2007) et a édité l’anthologie en trois volumes Shamanism: Critical Concepts (2004). Parallèlement, il a continué à explorer le chamanisme des peuples autochtones de Sibérie, voyageant dans l’Altaï et ses environs, ce qui a abouti à la publication de Shamanism in Siberia (2003).

Entre 2003 et 2004, il a résidé au Japon, où, avec son collègue japonais, le professeur Koichi Inoue, Znamenski a travaillé sur les itako, des guérisseuses aveugles et des médiums de la préfecture d’Amori.



mardi 10 mars 2026

Le karma s'abat sur Israël

 



Jim Leveilleur

jimleveilleur@gmail.com



Le luciférisme inconscient des prédicateurs protestants



Des pasteurs venus de tous les États-Unis se sont réunis pour prier.

Prier pour Trump. Prier pour les soldats américains envoyés mourir… pour Israël.

J'ai cru à une IA avant de poster. Mais non. C'est réel. Des hommes de Dieu bénissent une guerre au nom du Christ. Des croisés en costume, qui appellent la bénédiction sur des bombes qui tombent sur des enfants.



Quelle différence avec Daesh, exactement ?

Des deux côtés, on tue au nom de Dieu. Des deux côtés, on bénit les armes. Des deux côtés, on promet le paradis à ceux qui meurent pour la "bonne cause".

La seule différence, c'est le camp. Et le camp, ici, a les médias avec lui.


*******

René Guénon, "le métaphysicien français soutenait l'idée que le luciférisme conscient et plutôt grotesque d'un petit groupe était bien moins dangereux que le luciférisme inconscient de la plupart : par exemple, celui des prédicateurs protestants nord-américains qui, en prétendant disposer d'un canal direct de communication avec Dieu, tentent en fait de le transporter dans les strates inférieures de l'être". Daniele Perra.



Occident contre reste du monde : attention aux soubresauts de la bête

 



L’histoire du monde depuis 500 ans est celle de l’irruption de l’Europe dont les explorateurs déclenchent la troisième mondialisation. Dans laquelle ce qu’on appelle aujourd’hui l’Occident inscrira la « révolution industrielle » dont le levier sera le mode de production capitaliste, et qui va lui permettre d’asseoir, avec une brutalité sans nom sa domination du monde. D’abord en infligeant cette violence à ses propres populations, puis en se livrant à un pillage du monde à base d’extorsion de richesses, de massacres et de génocides. Et il ne faut pas l’oublier, en réglant ses contradictions internes par deux guerres mondiales de masse absolument monstrueuses. Pour finir par imposer à la planète une globalisation capitaliste néolibérale qui est la forme moderne de sa domination. Ce processus contradictoire a marié des progrès matériels stupéfiants toujours accompagnés d’une violence sans limite. Pour ne prendre qu’un exemple, celui de l’étude récente du Lancet première revue médicale du monde, il fait apparaître que les politiques de l’Occident, qu’elles soient directement militaires ou économiques ont provoqué la mort de 32 millions de personnes depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.

Il serait ridicule de ne ramener la civilisation occidentale qu’à ce bilan meurtrier, mais il est tout aussi ridicule de le nier. Et de n’en pas mesurer le caractère constitutif. Dont nous voyons à l’œuvre les conséquences dans la crise mondiale à laquelle nous somment confrontés en ce début de XXIe siècle.

Hegel et Marx à sa suite, nous ont appris la lecture dialectique de l’Histoire. Il faut l’utiliser pour comprendre la crise présente. En commençant par l’identification de ce que Mao Tsé toung appelait la « contradiction principale ». C’est-à-dire, pour être très sommaire, celle qui structure réellement la marche de l’histoire et à laquelle on peut rattacher toutes les autres. Pour l’appliquer à la période qui nous occupe, même si on trouvera des contradictions secondaires importantes qui s’expriment, par exemple dans la guerre d’Ukraine, ou dans le conflit du Moyen-Orient, mais force est de constater la puissance de cette contradiction principale. C’est celle qui définit les autres ou plutôt, l’expression des autres. L’agression criminelle de l’alliance americano-israélienne contre l’Iran ne se comprend véritablement que lorsqu’on la rattache à cette contradiction principale. Petite incise concernant son caractère criminel, c’est simplement une analyse du droit international issu de la deuxième guerre mondiale et notamment des statuts du tribunal de Nuremberg. Le déclenchement de ces bombardements avec l’assassinat des dirigeants iraniens au moment même où se déroulaient des négociations sur le point d’aboutir entre les États-Unis et l’Iran, constitue bien un « crime contre la paix ». Et l’application de la jurisprudence de Nuremberg impliquerait que les auteurs de ce crime finissent au bout d’une corde comme leurs prédécesseurs nazis. La duplicité américaine est particulièrement immonde, mais ce n’est pas elle qui détermine la qualification juridique, c’est bien le déclenchement de la guerre lui-même qui le permet. Les grotesques baffouillis du profondément méprisable Thierry Breton interpellé par Rochebin sur le crime précédent de l’agression de l’Irak en 2003, n’y change rien, «dura lex, sed lex ».

Revenons à cette fameuse « contradiction principale ». On entend fleurir dans le débat un florilège d’analyses sur les raisons de cet événement et sur l’incroyable et stupide décision de Donald Trump de reprendre à son compte le crime israélien. Pour se lancer dans une aventure qui a toutes les chances de se terminer pour lui par une catastrophe personnelle. On y trouve un éventail d’hypothèses particulièrement fournies, jusqu’à la volonté messianique d’aboutir à l’Armageddon, pour permettre la Parousie et la fin des temps avec le retour du Christ. Ça c’est pour les chrétiens. Pour les sionistes fous, il s’agit d’aboutir à la reconstruction du troisième temple et activer l’arrivée du Messie juif. Il ne faut pas se tromper, il existe suffisamment de cinglés de part et d’autre pour en rêver. Mais ce n’est pas le véritable problème. car ce sont les conséquences de l’affrontement fondamental que nous connaissons. Celui qui oppose un Occident finissant, et le reste du monde, tout simplement. Et tous les événements qui se déroulent depuis le 24 février 2022, avec l’intervention russe en Ukraine en forme d’étincelle qui a mis le feu à la plaine, se rattachent à cette contradiction principale. L’intervention russe elle-même, le 7 octobre, la dynamique dans l’émergence des Brics, le génocide de Gaza, les agressions israéliennes contre le Liban, les révolutions de couleur en Géorgie (échec), en Roumanie (succès), des dérives fascisantes de l’union européenne, la guerre des 12 jours contre l’Iran, l’épisode vénézuélien, le Groenland, le blocus de Cuba etc. etc., chacun de ces événements au-delà de ses spécificités, et aussi terrible soient-elles, ne peut se comprendre vraiment qu’en le rattachant à cet affrontement.

Alors, qu’est-ce qui est en jeu dans l’agression americano israélienne du 28 février ? Le renversement du « régime des mollahs » qui sont trop méchants ? Pour instaurer en Perse un régime féministe organisant des Gay Pride ? Pour mettre à l’abri l’État théocratique génocidaire d’Israël parce qu’il serait « la seule démocratie du Proche-Orient » et disposerait de « l’armée la plus morale du monde » ? Parce que la mission de l’Occident doté d’une formidable supériorité civilisationnelle et morale serait bien d’imposer ses « valeurs extraordinaires » à des pays pour les mettre sur la voie du progrès ? Grotesques prétextes mis en avant pour masquer, aujourd’hui de façon dérisoire, un objectif très simple. Tout d’abord le contrôle américain sur l’Asie de l’Ouest, espace stratégique où se trouve de considérables ressources énergétiques, qu’il est essentiel de maîtriser. En donnant ensuite à Israël, entité purement occidentale et à visée coloniale, le rôle de gendarme direct. Tout en utilisant le prétexte de sa protection pour justifier à la fois la mainmise occidentale sur la zone et les exactions meurtrières qu’implique cette domination. Mais il y a plus, la domination de cette zone devant également servir de tremplin à la poursuite de la guerre menée contre la Russie caverne d’Ali Baba en matière de ressources dont l’Occident rêve depuis longtemps.

Depuis 1978, l’Iran constitue un obstacle à la pérennité de cette mainmise. Il faut donc s’en débarrasser. C’est la seule véritable raison, tout le reste du bavardage.

Ce qui le démontre encore un peu plus, c’est que Chine et Russie, les deux pilotes de l’affrontement Occident contre reste du monde, le savent parfaitement. Et que par conséquent la question iranienne est décisive dans la stratégie qu’ils déploient pour cet affrontement. Bien sûr, qu’ils soutiennent l’Iran, même si c’est discrètement. Et on ne va pas l’affirmer pour se faire plaisir, ou pour se rassurer, mais simplement parce que cette conviction se déduit de cette réalité incontestable de l’affrontement, et par conséquent de l’existence de cette « contradiction principale ». Cela ne veut pas dire que ces soutiens seront suffisants pour empêcher les États-Unis d’arriver à leurs fins, ça c’est l’Histoire qui va en décider. Mais on ne peut pas analyser ce qui se passe de façon pertinente sans intégrer ce facteur.

Et c’est bien cette réalité qui explique tant des événements que nous assistons. Nous ne reprendrons pas ici les éléments que nous avons examinés depuis le 28 février, notamment sur les blocages intellectuels des élites occidentales qui ne comprennent plus grand-chose à ce qui se passe, qui refoulent tout ce qui est de nature à les gêner, et les emmène de plus en plus souvent dans des décisions absurdes. La guerre contre l’Iran déclenché par Nétanyahou et Trump en est une, de taille géante. Arrogance, sous-estimation de l’adversaire, absence d’objectifs concrets, absence de stratégie, absence de plan, erreurs tactiques grossières, l’affaire est plus que mal engagée. Le pire étant que tout ceci était parfaitement prévisible et que nombreux ont été ceux qui, en Occident, ont sonné l’alarme : « surtout ne faites pas ça ! » La riposte iranienne préparée et organisée depuis longtemps est redoutable, et l’évidence d’une possible « défaite » occidentale a rapidement sauté aux yeux. Avec ses conséquences en termes de rapports de force, et le risque existentiel qu’elle fait peser sur la pérennité du projet sioniste.

Depuis les discours évoluent sans arrêt, les décisions absurdes succèdent aux décisions absurdes, les discours ineptes succèdent aux discours ineptes, jusqu’à basculer dans la dinguerie. Comme vient de le démontrer l’épisode religieux organisé à la Maison-Blanche. Ou les discours hallucinés d’Hegseth, le parfait abruti fanatique qui sert de « secrétaire à la guerre » des USA, parlant quasiment de la destruction de l’Iran par le feu. Le nihilisme et la brutalité américaine se déduisaient du soutien sans faille aux horreurs accomplies par l’État d’Israël. Désormais les États-Unis y participent sans complexe. Accompagnés des folies messianiques qui n’ont pas grand-chose à envier à celles qui animaient les fanatiques musulmans de Daech.

L’Occident qui se voyait aux commandes pour 1 000 ans les après la chute de l’URSS, a amorcé son déclin depuis déjà un moment. Il n’a désormais plus les moyens économiques culturels et militaires d’imposer son hégémonie, et les choses vont vraiment très vite. Il va devoir historiquement passer la main, à charge pour les pays qui le composent de le comprendre, et de travailler à trouver leur place, dans le Nouveau Monde qui se met en place. Pour ce qui concerne la France, la présence à sa tête d’un narcisse à la fois ridicule et incapable ne constitue pas un atout.

Jusqu’à 2022, nous avions affaire à un Occident malade, mais inconscient de son état. À la défaite en Ukraine, va succéder une défaite au Moyen-Orient. Celle-ci risque de montrer au monde à quel point désormais le roi est nu.

En mode animal blessé, sur une planète nucléarisée, les soubresauts de la bête seront particulièrement dangereux.


À propos de Régis de Castelnau

"À partir de juillet 2022, consterné par le basculement du système médiatique et politique français dans une propagande parfois délirante, je publie sur ma chaîne des émissions de ré-information politique, juridique, géostratégique et militaire."



Créer une société alternative ou disparaître avec le système





par Dominique Muselet


L’ancien monde, comme disait Gramsci, à savoir le système capitaliste libéral, dont l’inhumanité totale apparaît au grand jour dans les deux abominations qui se disputent actuellement l’affiche : l’horrible monde d’Epstein et le génocide de Gaza, est cliniquement mort, mais il bouge encore.

Cet ancien monde est un monde de faux-semblant où tout ce qu’on nous montre et tout ce qu’on nous dit est le contraire de ce qui se passe vraiment. Le système capitaliste libéral n’est pas du tout le monde de la libre entreprise, de la concurrence libre et non faussée et des droits de l‘homme. C’est au contraire le règne du capitalisme monopoliste prédateur, initié par John Rockefeller, comme l’explique l’Historien des Pièces :

«Aujourd’hui, vous vivez dans une économie où :
Des milliers de marques appartiennent à quelques groupes
La concurrence est une illusion
La richesse ne circule pas, elle s’accumule
Le pouvoir économique se transforme en pouvoir politique
Et les règles sont écrites par ceux qui gagnent déjà».

Et désormais «nous assistons», comme l’explique José Manuel Rivero, «à l’épuisement d’un modèle d’accumulation fondé sur une financiarisation extrême, le privilège exorbitant du dollar et la coercition militaire comme outil de politique étrangère. Son effondrement est précipité non seulement par des puissances rivales, mais aussi par ses propres contradictions internes : la désindustrialisation de sa base productive, le transfert mondial de capacité manufacturière, l’explosion des dettes impayables et l’érosion totale de la légitimité des élites qui la géraient».

Le corps pourrissant de cet ancien monde, de ce mort-vivant dégage une odeur pestilentielle qui donne au petit peuple une phénoménale envie de vomir. De sa tombe, sortent des vampires en costume italien sur mesure, tous plus cruels, vaniteux et dégénérés les uns que les autres, qui s’agitent et prétendent nous vouloir du bien, sous les applaudissements d’une foule de parasites débauchés, qu’ils entretiennent dans le luxe avec l’argent qu’ils nous volent à chaque instant.

Chaque nouvelle affaire de corruption semble être celle qui sonne le glas des zombies richissimes qui terrorisent le petit peuple en Occident, mais non… Ils continuent de sévir parce qu’ils ont tout verrouillé depuis longtemps. On a vu, avec les Gilets jaunes, qu’il ne servait à rien de se révolter. Les rescapés de la féroce répression policière et judiciaire ordonnée par Macron and Co ont vite été oubliés et si on en reparle un peu en ce moment sur les médias du pouvoir, essentiellement pour les calomnier, c’est uniquement à cause du procès de neuf des CRS qui, pour faire carrière ou simplement garder leur boulot, ont écrasé dans le sang la protestation pacifique. Ces neuf policiers ont tabassé avec acharnement quelques malheureux GJ qui s’étaient réfugiés dans un fast food pour échapper aux gaz lacrymogènes. Et, bien qu’il y ait plusieurs vidéos éloquentes de la scène, il est quasiment certains que les CRS de Macron seront acquittés parce que, comme le répètent les médias de propagande, le vrai coupable, c’est Poutine ! For sure, comme dirait notre président qui aime montrer qu’il parle américain fluently, c’est Poutine qui a lancé les Gilets jaunes à l’assaut du pouvoir parisien et les CRS n’ont fait que se défendre…

À nouveau avec l’affaire Epstein, on nous annonce la fin du système. Alistair Crooke, entre autres, titre «Le lent séisme Epstein : la rupture entre le peuple et les élites» :

«Après Epstein, après que les dossiers Epstein ont révélées comme endémiques la vénalité, la pourriture institutionnelle et la perversion de certaines élites occidentales, rien ne peut continuer comme avant : ni les valeurs d’après-guerre du «plus jamais ça», un expression qui reflétait le désir général d’en finir avec les guerres sanglantes et de mettre en place une société «plus juste» ; ni le système d’exploitation capitaliste basé sur d’insupportables disparités de richesse ; ni la confiance».

Mounir Kilani rétorque à Crooke, dans un article du 7 février 2026 intitulé «Ils savent. Nous savons. Et rien ne se passe», que si, bien sûr, ça va continuer comme avant et sans problème, car le petit peuple est désormais tellement habitué à la pourriture pestilentielle de la Caste que cela ne le choque même plus :

«Tout a été révélé. Tout a été nommé. Tout a été exposé.
Et pourtant, rien ne tombe.
L’affaire Epstein fonctionne comme un test de résistance du pouvoir globalisé. Elle montre qu’un système politique, financier et informationnel suffisamment intégré peut survivre à l’aveu, à la transparence et à la divulgation massive. Le scandale, autrefois facteur de déstabilisation, devient une variable gérable.
Ce qui se joue n’est pas une crise morale, mais une mutation géopolitique : le passage d’un ordre menacé par la révélation à un ordre capable d’en faire un instrument de régulation et de continuité».

herve_02, dans son commentaire, attribue plutôt l’escalade la criminalité de la Caste mondialiste dévoyée et son impunité à la disparition des contre-pouvoirs :

«… Ce n’est pas tant que le pouvoir absorbe et dure mais qu’il a pris tous les leviers :

Politique : il n’y a aucune force potentielle pour se présenter contre lui.

Policier : il maîtrise la police et est protégé.

Juridique : les magistrats corrompus obéissent et comme les malpropres sont au pouvoir et que le pouvoir à tous les leviers.

Éducatif : il n’est que voir que l’école n’est devenue qu’une propagande même plus déguisée.

Journalistique : pas besoin de faire un dessin, il suffit d’ouvrir sa télé ou un journal.

Économique : Le pouvoir distribue les richesses à quelques qui maintient le pouvoir économique entre quelques mains.
Et si certains veulent se rebeller, quelques mains arrachées et yeux énucléés font rentrer les enragés dans leurs maisons».

Personnellement je pense que les deux ont raison, certes les grands banquiers et milliardaires globalistes détiennent, à travers les pantins qu’ils ont mis à la tête de nos nations, absolument tous les pouvoirs et cela nous rend impuissants à combattre le système, mais on constate aussi une accoutumance à la perversion et à la répression dans la population. Le mal choque de moins en moins, parce qu’on en voit tellement que ça devient normal.

Il y a eu la répression des Gilets jaunes avec ses mutilés…

Il y a eu la dégoutante cérémonie des JO à Paris. J’ai demandé, à l’époque, à des ados et des chrétiens pratiquants ce qu’ils pensaient du spectacle, satanique à mes yeux, et notamment de la caricature de la cène, et ils n’étaient pas choqués, mais alors pas du tout, ils avaient trouvé cela très bien…

Il y a eu le Covid avec ses injections mortelles, son Rivotril, sa destruction des petits commerces et sa censure.

Et tout cela sur fond de dépècement de la France et autres infamies…

Alors Epstein, ça ne fait que confirmer ce qu’on savait déjà : qu’ils peuvent mentir et rementir, s’enrichir sans limite, ni morale, ni légale, sur le dos de leurs peuples, se divertir en violant et se droguant, emprisonner voire suicider qui bon leur semble, bombarder et exterminer des populations entières, bref semer la misère, mort et le chaos, en toute impunité…

On s’habitue au vice plus vite qu’à la vertu… C’est comme ça… Il n’y a qu’à voir Sodome et Gomorrhe, Abraham n’y a pas trouvé 10 justes…

Même Poutine s’y est mis ! En 2024, lors d’une interview, Vladimir Poutine a déclaré que les élites occidentales «ont l’habitude, depuis des siècles, de se remplir la panse de chair humaine et les poches d’argent», mais qu’elles «doivent comprendre que le bal des vampires touche à sa fin».

Ce système pourri jusqu’à l’os, qui survit uniquement par la dictature policière, la prédation des peuples, l’assassinat social ou physique des opposants ou soi-disant inutiles (loi sur l’euthanasie) et le génocide des peuples gênants, est mort mais il bouge encore assez pour qu’il soit dangereux de l’attaquer de front.

Et pour finir, voilà une petite piqure de rappel pour ceux qui croient encore que l’esclavage a disparu avec la guerre de Sécession, la révolution française et les droits de l’homme. Cette vidéo, Une minute avant l’abolition de l’esclavage, montre, en une minute, le peu de différence qu’il y a entre le statut d’esclave et celui de journalier ou d’employé d’usine. Entrée du personnel, un documentaire de Manuela Frésil sur les conditions de travail dans les abattoirs, enfonce le clou.

Un choix austère

Il reste un moyen d’échapper au sort épouvantable (l’esclavage et la mort) que le système nous réserve, sans avoir à émigrer. C’est, comme on commence à le voir dans certains villages et quartiers populaires, de prendre la tangente et de s’organiser en dehors du système, pour créer des petits ilots de vie communautaire solidaire, enrichissante et utile où on troque des biens et des services et ainsi développer une économie parallèle sur laquelle l’état prédateur n’a pas encore de prise.

Pour être en mesure de mener à bien de telles opérations de survie, il faut d’abord sauver son âme, son humanité et son espoir en l’avenir.

Il faut comme le souligne Amal Djebbar, faire un choix difficile, un choix austère, si nous ne voulons pas sombrer avec le système nihiliste et pervers qui nous entraîne dans sa chute :

«Il ne reste qu’un choix austère : refuser la contagion de l’indifférence et du conformisme. Se tenir droit, silencieux, dans l’ombre, sans chercher l’approbation des foules ni les applaudissements des tièdes. Conserver une mémoire vive, quand tout incite à l’oubli collectif, quand tout pousse à l’amnésie volontaire. Entretenir une exigence intérieure, une tension morale, dans un monde qui célèbre la docilité et châtre la révolte. Refuser la facilité, le confort illusoire, et marcher contre le flux comme un témoin solitaire. C’est dans ce refus que subsiste l’étincelle lucide».

C’est un fait, nous avons besoin de toutes nos facultés morales, critiques et créatives pour poser les bases d’un autre monde, le monde de demain, pour construire, à partir de l’économie parallèle anticapitaliste que nous mettons en place, les prémices d’une société solidaire et juste dont on pourra être fiers…

Ce ne sera pas facile, mais c’est possible. Le système, en se durcissant, rejette de plus en plus de gens. Le chômage touche désormais plus de 20% de la population française, notamment les jeunes, ce qui représente plus de 6 millions de personnes qui n’ont pas de quoi vivre, selon TVL. À quoi s’ajoutent tous les retraités dont la retraite est insuffisante, les immigrés clandestins ou pas, et tous les marginaux. Et puis, les gens, qui écoutent de moins en moins la propagande impériale et se réfugient sur les réseaux sociaux et autres plateformes alternatives pour avoir la vérité, se comptent par millions, voire milliards :

«Maria Zakharova révèle un basculement majeur dans l’équilibre mondial de l’information : plus de 3,2 milliards de personnes utilisent désormais des plateformes numériques en dehors de l’influence directe occidentale».

Ces millions/milliards de gens vomissent le système tyrannique corrompu occidental et n’en attendent plus rien, ce qui les rend disponibles pour de nouvelles expériences…

La cantine des Gilets jaunes de Montreuil

Je fais partie de ces gens-là.

Même si j’ai longtemps fait partie d’associations qui prônaient le Salaire à vie, un salaire égal pour tous tout au long de la vie dans une société fonctionnant sur le mode communiste, l’argument selon lequel il faut préparer les bases théoriques d’une nouvelle société afin d’être prêt en cas d’effondrement de l’ancienne, m’a toujours laissée sceptique. Je n’arrêtais pas de me demander comment Lénine avait fait pour imposer le communisme dans l’Union soviétique. Finalement, j’ai compris qu’il s’était appuyé sur les Soviets ouvriers (avant de les réprimer sauvagement). En gros, pas de Soviets, pas de révolution léniniste !

Peu après, j’ai renoncé aux éternelles discussions politiques sur un utopique retour à la démocratie dans notre pays, j’ai abandonné l’espoir irréaliste d’une révolution qui rebattra les cartes et accouchera miraculeusement d’une société plus conforme à mes vœux, et je me suis mise au boulot. J’ai accepté la présidence d’une association de soutien scolaire, puis j’ai rejoint un petit groupe de Gilets jaunes qui ont créé une cantine qui offre un repas hebdomadaire à prix libre à l’A.E.R.I, presque en face de chez moi. Ce lieu se présente comme «une utopie réelle en expérimentation permanente, un espace d’entraide, de rencontre, de création, de lutte et de mise en commun. Un espace où nous inventons et mettons en forme un rêve collectif, où se mènent, se croisent et se frottent des actions politiques, culturelles, sociales artistiques, éducatives et sportives. Un lieu où l’on invente de nouvelles façons de faire, où l’on invente d’autres rapports aux autres et à soi, où l’on improvise notre bonheur. Les rêves d’AERI s’articulent autour des principes d’autonomies, d’égalités et d’ouverture». Juste ce que je recherchais…

Préparer chaque semaine un bon repas chaud pour une soixantaine de personnes, sans aucuns moyens financiers et en comptant uniquement sur de bénévoles (une trentaine) et des dons de nourriture, serait sans doute qualifié de mission impossible par la plupart des gens, et pourtant cela fait quatre que ça dure. Ceux qui viennent manger ne se rendent pas compte du travail, de l’organisation et de l’abnégation que cela représente.

Le lundi, à six heures du matin, une équipe de trois bénévoles se rend au marché international de Rungis dans une camionnette prêtée par l’association «Les bons petits légumes», un collectif anticapitaliste qui lutte pour l’autonomie alimentaire à travers la gestion d’un camion collectif. Son but est de rendre accessibles des légumes à prix libre au plus de gens possibles, et de soutenir toute initiative contre la précarité alimentaire. Les trois bénévoles font la tournée des commerces partenaires pour récupérer les invendus. L’avantage pour les commerçants, c’est qu’ils peuvent ainsi toucher de petites subventions et/ou économiser sur le montant de la location de leur espace, calculé au poids du chargement.

Vers dix heures trente, la camionnette est de retour à Montreuil où l’attend une équipe d’une dizaine de personnes qui décharge, trie, décide du menu de la cantine du mercredi suivant en fonction de la récolte, stocke les fruits et légumes nécessaires dans la réserve, puis, vers treize heures, distribue le surplus à tous ceux qui en veulent.

Le mardi de seize à dix-neuf heures, une équipe de six/sept personnes prépare les ingrédients du repas du lendemain. On trie, on épluche, on coupe, on lave et on met tout dans des grandes marmites pour la cuisson du lendemain.

Le mercredi matin, une équipe d’une dizaine de personnes arrive vers neuf heures trente/dix heures pour préparer le repas et installer les tables pour midi et demi.

À l’entrée, un(e) bénévole accueille les arrivants qui mettent ce qu’ils veulent dans la tirelire. Il y a toujours assez d’argent pour acheter tout ce qu’on ne nous donne pas et faire des dons à différentes causes, comme les Mutilés Gilets jaunes ou autres.

La cantine des GJ est partenaire d’autres cantines et du Collectif de la ferme de Combreux, une magnifique ferme bio du 17e siècle, qui travaille avec les AMAP. En échange de légumes, les bénévoles de la cantine vont aider aux travaux des champs de temps en temps. J’y suis allée une fois et j’ai passé la matinée à noyer les doryphores qui avaient envahi les plants de pommes de terre et l’après-midi à arracher les mauvaises herbes qui proliféraient dans le quartier des oignons. À midi, nous avons partagé ce que nous avions apporté. Il y avait là une trentaine de personnes, la plupart jeunes, qui appartenaient à des AMAP ou des associations. C’était très gai… et délicieux !

La lutte des classes version Macron

Macron ne fait pas mystère de sa vision, progressiste j’imagine, de la lutte des classes : «Dans une gare, on trouve des gens qui ont réussi et des gens qui ne sont rien» nous a-t-il affirmé doctement.

Ceux qui ont réussi, ce sont les privilégiés, qui grâce à leur héritage et/ou leurs réseaux s’engraissent à volonté sur le système.

Ceux qui ne sont rien, ce sont les petits, les sans grade, les anonymes qui, en fait, font marcher le pays, ou ce qu’il en reste, et se font esclavagiser, humilier et finalement dépouiller par ceux qui ont réussi.

Et il y a ceux qui sont moins que rien, les marginaux, les laissés pour compte, les rejetés par le système que Macron ne voit même pas.

À l’AERI, nous on les voit, car tout un chacun peut venir s’installer, discuter, boire un café sans avoir à se justifier. Certains, qui n’ont nulle part où aller, y passent leurs journées, mais pas les nuits, c’est à peu près la seule limite.

Le miracle

Évidemment la créolisation, comme dit Mélenchon pour décrire la manière dont les races et les cultures des classes populaires finissent par se fondre en une seule, à force de vivre ensemble, ne se fait pas sans heurts. Ça me rappelle toujours Thick Nah Than, le maitre vietnamien qui a créé le centre bouddhiste, le Village des Pruniers, près de Bordeaux. Il comparait ses moines à des cailloux qui à force de se frotter les uns aux autres devenaient des galets ronds et doux.

À l’AERI, il y a, comme partout, pas mal de conflits à gérer, des vols, des indélicats qui ne rangent ni ne lavent ce qu’ils ont utilisé, des profiteurs et des malpolis. Mais comme tout le monde l’accepte, car d’une part il ne peut pas en être autrement, et d’autre part, il y a encore bien plus de gens dévoués et généreux, qui tout en râlant parfois, réparent les dégâts.

Personnellement, ce n’est pas la disparition du fromage, des œufs, de l’ail, ou même des robots ou des éplucheurs, ni même la saleté que certains laissent derrière eux, qui m’a le plus dérangée, ni le travail pourtant fatiguant, car finalement chacun fait ce qu’il peut comme il peut, mais le fonctionnement informel de l’AERI et de la cantine. Au petit noyau d’habitués qui savent ce qu’ils font et ce qu’il faut faire, s’agrège toute une faune hétéroclite, aux objectifs et besoins différents et aux comportements bizarres et parfois agressifs qui, à mes yeux de nouvelle recrue, perturbaient et parasitaient le travail. Je me suis frittée avec plusieurs d’entre eux avant de comprendre, que dans un village, il y a toutes sortes de gens qu’on n’a pas choisis, et qu’il faut accepter chacun comme il est, sinon ça ne peut pas fonctionner. Et le miracle, c’est que, lorsqu’on accepte tout le monde, ça fonctionne. Enfin, ça fonctionne parce que nous avons un but commun et concret, un but plus important que les désaccords, les désagréments, les différences : le repas, le bon repas, que nous avons promis de servir à douze heures trente à la soixantaine de personnes qui viendront le partager…

Oui c’est un miracle, mais c’est un miracle ordinaire, c’est le miracle de la vie…