samedi 14 février 2026

Epstein Files : Les noms des neuf Français



Voici les noms des neuf Français qui font l'objet de poursuites judiciaires ou qui peuvent potentiellement faire l'objet de poursuites judiciaires dans l'affaire Epstein (en attendant que les autres documents soient rendus publics).

Jean-Luc Benchamoul, dit Brunel : Fondateur de l'agence de mannequins MC2, recruteur de jeunes filles mineures pour Epstein, poursuivi par la justice française pour viols et trafics sexuels. Suicidé en prison en 2022.

Ariane de Rothschild, banquière. Elle a souvent rencontré Epstein de 2013 à 2019 et a échangé de centaines de courriels avec lui. Epstein était son conseiller. En 2015, elle lui a versé 25 millions de dollars.

Caroline Lang, productrice de films, fille de l’ancien ministre Jack Lang. Elle a créé avec Epstein en 2016 une société offshore, Prytanee LLC pour des projets de films. Dans son testament, Epstein lui lègue cinq millions de dollars. Jack Lang, son père, ancien ministre de la Culture, a souvent rencontré Epstein avec qui il buvait et mangeait dans les meilleurs restaurants kashers de Paris.

Frédéric Chaslin, chef d'orchestre et compositeur français. Lui aussi avait des contacts réguliers avec Epstein pour des financements artistiques, soit-disant. Ils se rencontrent à New York, à Paris et au Zorro Ranch dans l’Etat du Nouveau-Mexique. Dans un courriel du 12 septembre 2013 (EFTA00970643), Chaslin écrit qu’il a trouvé une fille pour Epstein, étudiante en philosophie, 21 ans". Chaslin est lui aussi issu d’une famille juive, comme Epstein.

Fabrice Aïdan, diplomate. Il échange des informations confidentielles avec Epstein. Un rapport de 2013 du FBI l’accuse de consultation de contenus pédopornographiques. Il a aussi travaillé à l'UNESCO et chez Edmond de Rothschild. Fabrice Aïdan a la double nationalité franco-israélienne. Il a effectué son service militaire en Israël.

Simon Ghraichy, pianiste. Il a été présenté à Epstein par Jack Lang, qui disait ensuite de lui qu’il était son "protégé". À la demande d'Epstein, Ghraichy a cherché et proposé de "jeunes et jolies assistantes personnelles" pour "égayer" les visites d’Epstein à Paris. Simon Ghraich est né au Liban d'un père libanais et d'une mère mexicaine, et se définit ainsi : "Mexican, French, Lebanese, Jewish… my heritage can be traced to so many cultures."

Olivier Colom, ancien conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, puis conseiller international chez Edmond de Rothschild. C’est un très bon ami d’Epstein, avec qui il entretient d’excellentes relations jusqu’à la fin. En 2013, il a organisé une rencontre à New York entre Epstein et son supérieur à la banque Edmond de Rothschild. Il a aussi présenté à Epstein des ambassadeurs, des eurodéputés.

Daniel Siad. Ce juif d’origine algérienne a été naturalisé "suédois". Il travaillait avec Ghislaine Maxwell pour recruter de la chair fraîche.

Voilà, c'est tout pour le moment. On attend que les documents du DOJ soient enfin dévoilés. Affaire à suivre.





The Epstein Inquisition




par Tyler Durden

L'être humain moyen est capable de faire le mal, cela ne fait aucun doute.

Les circonstances peuvent pousser les gens à commettre toutes sortes d'horreurs.

Mais la plupart d'entre nous possédons un mécanisme appelé « conscience » qui nous empêche la plupart du temps de commettre le mal. Ce mécanisme nous fait également éprouver de la culpabilité lorsque nous savons avoir agi de manière destructrice.

Si la majorité de la population n'avait pas une expérience universelle de la conscience et de la moralité, nous aurions disparu en tant qu'espèce il y a des milliers d'années.

Les mondialistes (psychopathes) sont dépourvus de ce mécanisme. En réalité, ils perçoivent la conscience comme un obstacle, un trait propre aux faibles et aux personnes vulnérables. Ils constituent une catégorie d'êtres humains prédateurs. J'irais même jusqu'à dire qu'ils ne sont pas humains du tout, mais une mutation, une intrusion cancéreuse.

Lorsque les psychopathes acquièrent une richesse matérielle manifeste, ils ont alors facilement accès aux ressources nécessaires pour satisfaire leurs pulsions à volonté. À ce stade de leur évolution, ils ont tendance à s'ennuyer. Ils se mettent à rechercher une dépravation et une noirceur toujours plus grandes, en quête d'une dose de dopamine toujours plus intense. Plus l'activité est dégénérée et taboue, plus elle les excite.

Mais ce ne sont là que des motivations individuelles et des addictions personnelles. Quelles sont les ambitions et les motivations de cette cabale organisée ?

L'un des attraits de l'occultisme réside dans la joie que certains éprouvent à se croire « supérieurs » au commun des mortels. Les groupes occultes vendent à leurs membres l'idée qu'ils seront considérés comme une « élite » en rejoignant les gardiens des secrets.

À la lecture des nombreux courriels liés à Epstein, à son île et à son ranch du Nouveau-Mexique, les personnes qui correspondent avec lui semblent puériles et exubérantes. Elles ricanent comme des adolescents capricieux en échangeant des messages codés et des énigmes. Elles commettent des atrocités inconcevables pour le commun des mortels, et elles éprouvent une joie malsaine, bercées par le mystère et l'opacité de leurs agissements.

Je pense que beaucoup de personnes du milieu conspirationniste auront du mal à l'accepter, mais la cabale n'est pas composée d'esprits brillants et obscurs imposant une volonté froide et calculatrice. Elle est plutôt constituée d'égocentriques narcissiques qui ricanent comme des imbéciles en se complaisant dans leurs délires de grandeur. Si vous voyiez comment ces gens se comportent en coulisses, vous auriez probablement honte pour eux et vous vous sentiriez idiot de les avoir imaginés comme des génies rusés et intouchables.

Sans leur argent et la protection collective de leur clan, ce ne sont que des êtres insignifiants et sans valeur, menant une existence dénuée de sens. Cela dit, ne vous y trompez pas : c’est la sociopathie répugnante qui se cache derrière leur immaturité qui les rend extrêmement dangereux. Se complaire dans l’infantilisme tout en se délectant du sang des innocents exige un esprit diabolique et démoniaque.

D'après mes recherches, l'île d'Epstein paraissait presque paisible comparée à d'autres lieux de rencontre de l'élite. Elle n'était pas une fin en soi, mais une étape pour les initiés. Je pense qu'elle servait d'épreuve, un lieu où le mal se concentrait et où les personnes suspectes étaient écartées.

Les pires criminels ont probablement rejoint des repaires encore plus abjects, dissimulés à la vue de tous à travers le monde. L'importance des dossiers Epstein réside dans le fait qu'ils ouvrent la voie à une enquête plus vaste sur les réseaux mondialistes et leurs terrains de jeu macabres.

Je suggère de remettre au goût du jour le concept de « chasseurs de sorcières », c’est-à-dire des personnes capables de penser comme des occultistes tout en utilisant des méthodes d’investigation modernes afin de traquer ces réseaux et de les éradiquer. Si les autorités refusent d’agir, le recours à la justice privée est inévitable.

Ce sont des informations très précises et importantes, et bien que je sois entièrement d'accord avec sa conclusion sur la nécessité de chasseurs de sorcières, ainsi que d'un procureur spécial fédéral travaillant en coordination avec les procureurs spéciaux de chaque État, j'ai tendance à être en désaccord avec une caractérisation spécifique ici, concernant l'esprit démoniaque du mondialiste satanique.

Ce ne sont pas des psychopathes. Ils ne souffrent d'aucune maladie de l'âme. Ce sont plutôt des paradopathes, c'est-à-dire des individus qui ont abandonné leur esprit à des forces du mal supérieur. À un niveau inférieur, ils recherchent la richesse, les femmes, le pouvoir et la gloire. À un niveau supérieur, ils cherchent à se transformer en ce que la Bible appelle des « esprits impurs ».

Suivez ce raisonnement : si vous avez déjà abandonné votre esprit, si vous avez déjà rejeté le repentir et la soumission à Jésus-Christ, il ne vous reste plus qu'à tenter d'échapper aux conséquences de vos actes. Et puisque vous savez pertinemment que le surnaturel existe, que Dieu est réel et que Jésus-Christ est le Rédempteur de l'humanité, le seul moyen d'éviter le sort d'une âme damnée est de cesser d'être une âme.

La paradopathie explique plusieurs comportements autrement déconcertants des membres les plus âgés et les plus pervers de l'élite satanique. Leur activité publique tend à s'accroître avec l'âge, et prend un caractère presque frénétique. Difficile de croire qu'ils prennent réellement plaisir aux interminables conférences et galas où ils apparaissent constamment en compagnie d'inconnus. Le mépris apparent qu'ils semblent tous afficher envers leurs propres familles est étrange si l'on suppose qu'ils sont motivés par de simples désirs matériels. Leur obsession pour le transhumanisme prend un tout autre sens s'il ne s'agit pas de vivre éternellement en tant qu'humain, mais d'échapper totalement à l'humanité. Leur quête de richesse, d'influence et de pouvoir dépasse de loin ce qu'une vie humaine pourrait potentiellement utiliser ou apprécier.

Ce concept correspond également au schéma biblique. Les démons des Évangiles aspirent désespérément à s'incarner. Ils supplient Jésus de les laisser entrer dans les porcs plutôt que de rester désincarnés. Posséder un corps physique revêt une importance capitale à leurs yeux. Si l'échange fonctionne aussi dans l'autre sens, si une âme humaine peut demander son admission dans la hiérarchie démoniaque, alors on s'attendrait à observer exactement ce que l'on constate dans le comportement de ces élites perverses, avec leur programme vampirique de transfusions sanguines et d'implantations d'organes qui leur permet de vivre jusqu'à un âge avancé : un être qui travaille fiévreusement pour accomplir tout ce qu'exige l'entrée démoniaque avant que son corps ne le lâche.

Un milliardaire mourant n'a aucune raison rationnelle de perdre son temps à acquérir plus de pouvoir, à rassembler des informations compromettantes, à participer à des rituels sataniques et à commettre des actes encore plus meurtriers. À moins, bien sûr, que la récompense de tous ces actes abominables ne soit pas matérielle, mais l'accès à un monde au-delà du matériel, un monde qui permet de retarder l'inévitable jugement du paradopathe.

Jésus guérit de nombreuses personnes atteintes de diverses maladies. Il chassa également de nombreux démons, mais il ne leur permettait pas de parler car ils savaient qui il était.

Il nous faudra sans doute trouver un nom à cette structure de procureurs spéciaux nationaux. On pourrait peut-être l'appeler l'Inquisition Epstein…


Traduit par Google


Ils parlent fort pour que plus personne ne pense




Jamais l’espace public occidental n’a été aussi saturé de discours.
Jamais les plateaux n’ont autant parlé.
Jamais les experts n’ont autant commenté, analysé, moralisé.
Et pourtant, jamais le réel n’a été aussi difficile à nommer clairement, à penser à voix haute.
Ce paradoxe n’est pas un accident.

Il est la nouvelle mécanique du pouvoir : le spectacle, ce discours ininterrompu que l’ordre présent tient sur lui-même, son monologue élogieux permanent.
Il ne se nourrit plus du silence imposé, mais d’une prolifération de paroles qui noie, submerge, parle à ta place – jusqu’à l’asphyxie intellectuelle.
Nous n’avons plus affaire à la censure qui bâillonne.
Nous faisons face à la censure qui parle pour toi, qui parle avant toi, qui parle plus fort que toi.
Jamais censure n’a été plus parfaite.
L’opinion n’est plus autorisée à se faire connaître quand il s’agit d’un choix qui affecte la vie réelle.

La Censure Parlante

La parole est devenue le premier champ de bataille.
Dans les conflits d’aujourd’hui, la guerre ne commence plus sur le terrain.
Elle commence sur les plateaux, dans les studios climatisés, derrière des micros à 3000 euros.
Éditorialistes, experts autoproclamés, commentateurs permanents : leur mission n’est pas d’informer.
Elle est de définir le cadre moral dans lequel le réel sera autorisé à être perçu.
De décider ce qu’il est permis de penser quand on regarde les images des destructions – car le spectacle n’est pas un ensemble d’images, mais un rapport social entre personnes, médiatisé par des images.
La guerre n’est plus une tragédie.

Elle devient une nécessité. Une obligation. Parfois même un devoir moral.
Celui qui la soutient est du «bon côté de l’Histoire».
Celui qui la questionne devient suspect, complice, traître.
Le doute, autrefois vertu intellectuelle, est désormais une tache morale, un sceau d’infamie.
Quand la guerre devient posture éthique, toute critique devient immorale par définition – le spectacle expose alors l’essence de toute idéologie : l’appauvrissement, l’asservissement et la négation de la vie réelle.

L’irresponsabilité protégée

Les promoteurs de l’escalade ne risquent rien.
Ils ne seront ni mobilisés, ni déplacés, ni endeuillés.
Ils n’auront jamais à gratter la terre pour y descendre un fils de 19 ans, un frère, un voisin.
Ils peuvent hurler «il faut en finir !» le matin et commenter un match ou une série le soir.
La mort qu’ils célèbrent n’entre jamais dans leur salon.
Ils ont le luxe de l’indignation sans le prix du sang.
C’est leur irresponsabilité fondamentale.
Non pas une faute personnelle, mais une irresponsabilité institutionnelle du spectacle.
La guerre moderne a inventé une figure nouvelle :
le combattant verbal à risque zéro.

Il peut appeler à la guerre, se tromper, soutenir des stratégies désastreuses – sans jamais en payer le prix ni rendre de comptes.

Il déclare la guerre depuis un studio climatisé… et rentre dîner avec ses enfants –
pendant que, sur un plateau du soir, un éditorialiste chevronné martèle que «l’escalade est inévitable» et que «nous devons frapper plus fort» – avant de passer au commentaire d’un match de foot ou d’une série Netflix, sans que sa vie, son quartier ou son avenir familial n’en soient jamais affectés.
– pendant que le spectacle organise partout l’incertitude et la fausse conscience du temps.

Le réel existe toujours

Les morts sont là.
Les destructions sont documentées.
Les déplacements de population sont connus.
Mais certaines conclusions deviennent impossibles à formuler publiquement.
On peut évoquer les victimes.
Pas l’inutilité stratégique de la guerre.
On peut parler de souffrances.
Pas de responsabilité politique directe.
On peut déplorer.
Pas remettre en cause.

Ce n’est pas l’information qui manque.
C’est la permission de relier les points.

Ainsi se met en place une censure d’un type nouveau :
la censure par délégitimation morale.
Les mots existent encore, mais ils deviennent toxiques.
Les prononcer expose immédiatement à l’étiquetage, à l’amalgame, à l’exclusion symbolique – parfois à la ruine économique.

Dire que la prolongation du conflit pourrait coûter des dizaines de milliers de vies supplémentaires sans gain stratégique décisif ? Vous voilà taxé de «complice de l’agresseur» ou de «pacifiste naïf».
Questionner l’utilité d’armer jusqu’au bout une partie sans perspective de victoire ? Vous passez instantanément du côté des «traîtres à l’Europe» ou des «idiots utiles».
Évoquer l’inutilité stratégique de certaines opérations prolongées, ou le bilan humain disproportionné ? Immédiatement catalogué comme «antisémite» ou «apologiste du terrorisme», même quand on condamne les attaques initiales.

Neutraliser plutôt que convaincre

Dans ce système, le pouvoir ne cherche plus à convaincre.
Il neutralise.
Les voix dissidentes ne sont pas réfutées sur le fond.
Elles sont disqualifiées, isolées, asphyxiées financièrement.
Sanctions bancaires, déréférencement, interdictions professionnelles, pression sociale : la répression moderne est administrative, économique et sociale.
Elle ne vise pas à interdire la parole.
Elle vise à rendre son exercice invivable.
Le message implicite est limpide :
vous pouvez parler, mais vous en assumerez seuls le coût – tandis que le spectacle produit la passivité généralisée et l’autocensure massive.

Le système huilé

Le système est désormais parfaitement huilé :

- Élites médiatiques → narration morale obligatoire

- Réalité → filtrée, fragmentée, aseptisée

- Dissidence → neutralisée sans combat

- Consensus artificiel → sacralisé comme unique horizon possible

Bilan comptable implacable

- Ceux qui veulent la guerre → zéro facture

- Ceux qui veulent la paix → tous les frais

C’est là que se situe la véritable responsabilité morale.
Non dans un crime visible, mais dans une architecture de la parole qui rend la violence acceptable, la critique suspecte, et la paix indécente.

Bilan du spectacle

Le pouvoir contemporain ne tue pas avec des balles.
Il tue avec des mots qui rendent les balles acceptables.

Et quand les derniers corps seront froids, il restera encore des plateaux pour expliquer pourquoi il n’y avait pas d’alternative – car le spectacle est le mauvais rêve de la société moderne enchaînée, qui n’exprime finalement que son désir de dormir.
Pourtant, le réel existe toujours.
Il saigne, il hurle en silence, il refuse l’oubli.

Tant qu’il respire encore, un autre récit reste possible – non par miracle, mais par obstination brute face à la machine qui veut tout noyer.

Mounir Kilani



vendredi 13 février 2026

La civilisation qui n’a jamais eu besoin de Dieu


par Arnaud Bertrand


C’est probablement la caractéristique qui fait de la Chine une civilisation unique dans l’histoire de l’humanité : c’est la seule où la religion n’a presque jamais eu son mot à dire dans les affaires politiques.

Pensez à n’importe quelle autre civilisation, l’Inde, la Perse, l’Égypte ancienne, la civilisation européenne, les Incas : Elles avaient tous une classe sacerdotale qui détenait un pouvoir politique considérable. La Chine ? Jamais.

La Chine, à toutes fins utiles et pendant plus de 3 000 ans, a toujours été rigoureusement laïque.

Ceci est bien illustré par l’une de mes histoires préférées sur la Chine. Au XVIe siècle, des missionnaires européens, pour la plupart des jésuites, ont commencé à se rendre en Chine pour tenter de convertir le pays au christianisme. Le plus percutant de ces missionnaires – de loin – était Matteo Ricci, une figure historique malheureusement trop méconnue mais probablement l’un des hommes les plus importants de l’histoire.

Ricci, un homme très intelligent, s’est dit que cela n’avait aucun sens pour lui d’aller en Chine vêtu de sa tenue de prêtre catholique européen : s’il le faisait, les Chinois ne le verraient que comme un barbare exotique en robe. Alors qu’a-t-il décidé de faire ? Il s’est déguisé en moine bouddhiste, se disant qu’il vendrait le christianisme comme une variante étrangère – et plus correcte – du bouddhisme. Il a supposé que puisque le bouddhisme était une religion établie en Chine, présenter le christianisme comme faisant partie de celle-ci serait un point d’entrée naturel.

Bien trouvé, mais ça n’a pas marché. Du tout. Ricci est resté en Chine en tant que moine bouddhiste pendant des années, mais il n’a pratiquement fait aucune percée. Pourquoi ? Parce que, habillé comme ça, personne en position de pouvoir ne lui donnerait de reconnaissance. Ce que Ricci n’a pas réussi à prévoir, c’est que les moines bouddhistes – et toutes les personnalités religieuses – avaient un statut social bas en Chine : contrairement à l’Europe à l’époque de Ricci, la religion n’était tout simplement pas une affaire sérieuse en Chine.

Ricci, immensément frustré, finit par comprendre son erreur. Il a compris qu’en Chine, le chemin de l’influence ne passait pas par les temples mais par les académies : les élites qui détenaient les clés de tout étaient tous des érudits et des intellectuels. Ricci s’est donc transformé une fois de plus : il a appris à lire et à écrire le chinois classique, a maîtrisé le canon confucéen et s’est reconditionné non pas comme un homme de Dieu mais comme un homme de savoir – quelqu’un qui pouvait faire le commerce des mathématiques, de la cartographie et de la philosophie morale. Il a également changé sa façon de s’habiller : il a complètement abandonné le déguisement bouddhiste et a revêtu les robes d’un érudit confucéen. Là ça a marché. Des portes qui avaient été fermées pendant des années ont finalement commencé à s’ouvrir.

Ceci est une histoire pour un autre article, mais Ricci est finalement devenu la première personne à traduire les classiques chinois en latin, ce qui a eu un impact immense en Europe. En fait, on peut affirmer avec une extrême force qu’il fut, plus que quiconque, l’homme le plus responsable du mouvement des Lumières.

Ricci mourut à Pékin en 1610, mais grâce à ses traductions, les idées qu’il renvoya chez lui devinrent lentement le fondement intellectuel de la remise en question du rôle de la religion dans la vie publique : « l’argument chinois » devint une arme intellectuelle majeure maniée par les penseurs des Lumières, en particulier Voltaire, Bayle et de nombreux philosophes. L’argument était essentiellement : « Regardez, voici une civilisation vaste, ancienne et sophistiquée qui a maintenu l’ordre, la moralité et la bonne gouvernance pendant des milliers d’années – le tout sans christianisme, sans révélation, sans Église. Cela prouve que la religion n’est pas nécessaire pour une société morale et qui fonctionne bien
 ». Et le matériel source pour presque tout cela fut… les traductions jésuites, à commencer par le travail de Ricci.

L’ironie est excellente : Ricci est allé en Chine pour la convertir au christianisme. Il n’a pas réussi à le faire, mais a fini par planter les graines qui convertiraient sa propre civilisation à la laïcité.

Digression un peu longue mais très illustrative du sujet : la laïcité en Chine était si profondément ancrée qu’elle ne repoussait pas seulement le christianisme, elle rayonnait vers l’extérieur et remodelait toute notre civilisation occidentale. Nous sommes devenus laïques nous-mêmes (ainsi que la plupart des pays européens) sous l’influence directe de la Chine.

La Chine a-t-elle vraiment toujours été laïque ? Je dois admettre que j’ai un peu exagéré. Au tout début de son histoire, la Chine est en fait presque devenue théocratique et c’est en fait ce presque qui a ancré la laïcité dans son ADN civilisationnel, jusqu’à nos jours.

Pour comprendre ce qui s’est passé, il faut remonter à la première dynastie chinoise : la dynastie Shang qui a régné dans la vallée du fleuve Jaune au 2ème millénaire avant JC.

Les Shang étaient, à toutes fins pratiques, à peu près aussi théocratiques qu’une civilisation peut l’être. Le roi Shang était le devin suprême – à la fois souverain et grand prêtre. Chaque décision importante de l’État était passée au filtre de la divination : des questions étaient gravées dans des os d’animaux ou des carapaces de tortues (les fameux “Os d’Oracle”), les os étaient chauffés jusqu’à ce qu’ils se fissurent, et le roi lisait les schémas de fracture comme des messages du monde des esprits. Le sacrifice humain était pratiqué à une échelle qui aurait impressionné les Aztèques : des milliers de victimes, offertes aux ancêtres et aux esprits dans des rituels élaborés. Si une société de l’histoire chinoise avait une classe sacerdotale avec un réel pouvoir, c’était bien celle-là. En fait, le roi était la classe sacerdotale à lui tout seul.

Puis, vers 1046 Av. J.-C., les Zhou renversèrent les Shang et se heurtèrent immédiatement à un problème existentiel de légitimité. Les Shang prétendaient régner parce que le Ciel les avait choisis. Si c’était vrai, alors les Zhou venaient de commettre l’acte ultime de sacrilège. Comment justifier aller contre la volonté de Dieu ?

La réponse est venue d’un homme : le duc de Zhou, qui peut ainsi être crédité comme l’inventeur – peut-être involontaire – de la laïcité, et en tant que tel l’un des penseurs politiques les plus influents de l’histoire humaine. Il a fait des déclarations documentées dans les textes chinois les plus anciens, notamment le Shujing (Livre des Documents) et le Shijing (Livre des Chants), où il a expliqué que le mandat du Ciel n’est pas un droit de naissance mais un contrat conditionnel à la vertu (Dé, Dé). Comme le dit le Shujing “Le mandat du Ciel n’est pas constant” (天,, Tiānmìng m ch cháng) et comme le déclare le Shujing: « Le Ciel n’a pas de favoris ; il n’assiste que les vertueux« .

Cela peut sembler une idée facile, mais elle a complètement changé toute l’équation : soudain, la légitimité du pouvoir ne reposait plus sur la volonté de Dieu mais sur le jugement moral de l’homme, sur la question de savoir si le dirigeant avait de la vertu et gouvernait bien. Et s’il ne le faisait pas, il perdrait sa légitimité à gouverner “aux yeux du Ciel”, tout comme les Shang.

Ce n’était pas de la laïcité en soi, mais l’effet pratique de cela fut la dé-divinisation de l’autorité politique : si le mandat du Ciel dépend de la vertu, et la vertu est mesurée par le fait que le peuple est bien gouverné, alors en fin de compte c’est le peuple qui est l’arbitre de la légitimité d’un dirigeant. Le Shujing lui-même le rend explicite avec cette ligne remarquable : “Le Ciel voit comme mon peuple voit ; Le Ciel entend comme mon peuple entend.” Le jugement du Ciel est donc le jugement du peuple.

Ainsi, le duc de Zhou ne s’est pas contenté de dé-diviniser le pouvoir, il a effectivement placé la source de la légitimité politique entre les mains des gouvernés. Non pas par des élections ou des mécanismes formels, mais par une philosophie de gouvernement qui déclarait explicitement que le travail du dirigeant est de servir le peuple, et que sa légitimité dépend entièrement de sa capacité à le faire.

Ce n’est pas un principe abstrait, il a imposé une contrainte structurelle très réelle à chaque dirigeant chinois pour les trois mille années suivantes. C’est pourquoi la philosophie politique chinoise met un accent si intense sur les mécanismes pratiques de la bonne gouvernance : administration méritocratique, gestion de l’eau, infrastructure, toutes les choses qui permettent aux gens de se nourrir et d’être en sécurité. C’est une logique de survie : servir le peuple ou perdre le mandat. Et si le dirigeant échoue, le renverser n’est pas un sacrilège, c’est la volonté du Ciel. C’est pourquoi tant de dynasties dans l’histoire de la Chine ont été renversées par des rébellions populaires, et pourquoi ces rébellions étaient considérées comme légitimes plutôt que comme un péché.

C’est aussi pourquoi Mencius pourrait dire plus tard : « Le peuple est le plus important, l’État vient ensuite, le dirigeant est le moins important » ; ce qui est une déclaration extraordinaire pour le 4ème siècle avant JC.

Si vous revenez à l’étymologie du mot démocratie – “kratos” pour le pouvoir et “démos” pour le peuple – on peut affirmer que la Chine est une sorte de démocratie depuis plus de 3 000 ans : pas une démocratie de scrutins et de parlements, mais une démocratie où le pouvoir reposait toujours en fin de compte entre les mains du peuple, où chaque dirigeant gouvernait en sachant que le peuple était, en dernière analyse, celui qui détenaient le véritable pouvoir au-dessus de lui, celui pour qui il travaillait et à qui il rendait des comptes.

Pour en revenir aux religions, tout cela ne veut pas dire qu’elles n’existent pas en Chine. Elles sont bien présentes. Et il y a eu de nombreux épisodes de tiraillements dans l’histoire de la Chine où les religions ont tenté d’acquérir plus de pouvoir politique.

L’un de mes épisodes préférés est celui de l’empereur Wu de la dynastie Liang (梁武帝, Liáng wìdì, 464-549 après JC) qui est devenu un converti bouddhiste fanatique et, dans une tentative d’amener l’État à financer le bouddhisme, a mis au point un programme de collecte de fonds créatif : il s’offrirait en « sacrifice vivant » (sh, sheshen) à un monastère bouddhiste. Ses ministres, laissés avec le petit problème de ne plus avoir d’empereur, seraient alors obligés de le « racheter » avec des dons colossaux au monastère. Il a réussi ce coup au moins trois fois (voire quatre, selon certaines sources), extrayant à chaque fois des milliards en espèces du trésor public.

Mais ensuite, le Mandat du Ciel a joué son rôle : un petit général rebelle du Nord nommé Hou Jing est arrivé à Nankin (la capitale à l’époque) avec quelques centaines de soldats, aidé par des paysans qui avaient afflué pour le rejoindre par dizaines de milliers. Ils encerclèrent le palais impérial et l’empereur Wu – l’homme qui avait ruiné son empire pour la gloire de Bouddha – mourut de faim à 85 ans, assiégé dans sa propre capitale. Aucun autre dirigeant chinois n’a osé laisser la religion se rapprocher à nouveau du trône.

Les chinois eux-mêmes ont une approche particulièrement pragmatique de la religion. Elle n’a jamais maintenu la société unie comme ce fut le cas dans la plupart des autres civilisations. Ce rôle était rempli par un système moral de croyances, avec la vertu (德, Dé) en son centre. Dans la plupart des civilisations, les questions fondamentales – qu’est-ce qui est bien et mal ? comment devrions-nous nous comporter ? que nous devons-nous les uns aux autres ? – ont trouvé des réponses dans la religion. En Chine, les réponses ont été apportées par la philosophie morale. Le duc de Zhou a fait de la vertu la base de la légitimité politique et Confucius l’a ensuite universalisée en un cadre éthique complet pour toute la société. Le résultat fut une civilisation qui avait tout ce que la religion fournissait ailleurs – un code moral, une cohésion sociale, un sens du sens, une hiérarchie des obligations – sans aucune infrastructure théologique. Pas de Dieu officiel, pas de dogme officiel, pas de clergé officiel. Juste l’idée que les êtres humains peuvent et doivent cultiver l’excellence morale par l’étude, l’autoréflexion et la pratique, et que cela seul suffit à maintenir une civilisation unie. La famille, la piété filiale, le respect des anciens, la révérence pour l’éducation, tout cela découle de la vertu et non de la foi.

C’est ce qui rend la Chine véritablement unique parmi les civilisations : elle a remplacé la théologie par l’éthique comme principe d’organisation.

Alors, quel rôle joue la religion ? Tout d’abord, il est intéressant de noter que de nombreuses divinités vénérées par les Chinois, même dans le bouddhisme chinois et plus encore dans le taoïsme, sont vénérées en raison de leur pratique de la vertu. Si vous allez dans un temple bouddhiste ou taoïste en Chine, il est extrêmement courant de constater que les personnages vénérés ne sont pas des Dieux au sens occidental du terme, mais des êtres humains divinisés en raison de leur vertu exceptionnelle. Guan Yu (关羽), peut-être la figure la plus vénérée par les Chinois, était un véritable général historique de la période des Trois Royaumes, vénéré non pas parce qu’il accomplissait des miracles ou livrait des révélations divines, mais parce qu’il incarnait la loyauté, la droiture et l’honneur. Il en va de même pour Mazu (妈祖), la déesse de la mer, qui était à l’origine une vraie femme de la province du Fujian qui aurait consacré sa vie à sauver les pêcheurs. Même dans le bouddhisme chinois, la figure la plus populaire n’est pas le Bouddha historique lui-même mais Guanyin (Gu), le bodhisattva de la compassion toujours représenté comme une femme (au moins depuis la dynastie Song), vénérée précisément parce qu’elle a choisi de rester dans le monde pour soulager la souffrance humaine plutôt que de monter au nirvana.


Photo prise par votre humble serviteur au temple taoïste appelé « Erwang » (signifiant « 2 saints ») situé à Dujiangyan dans la province du Sichuan. Les « 2 saints » en question sont deux ingénieurs en irrigation (Li Bing et son fils Li Erlang) qui ont construit le projet d’irrigation voisin de Dujiangyan en 236 av. JC. La Chine est probablement le seul pays au monde à avoir divinisé des ingénieurs !


Même la façon dont les Chinois prient est révélatrice : les gens ne vont pas au temple pour se soumettre à l’autorité divine ou chercher le salut, mais pour demander des choses pratiques ; la santé, la prospérité, la réussite aux examens, un bon mariage. C’est transactionnel, pragmatique, relié à ce monde.


Voici une anecdote personnelle amusante : mes beaux-parents, qui vivent dans la province du Henan, se sont récemment convertis au christianisme non pas à cause d’une croyance fondamentale, mais essentiellement à cause du résultat d’une analyse personnelle. Dans leur analyse, le bouddhisme était coûteux (en termes d’offrandes qu’ils devaient faire dans les temples) et, malgré de nombreuses demandes au fil des décennies, le retour sur investissement avait été décevant. Le christianisme était moins cher et offrait de meilleurs avantages, alors ils ont changé de religion. Vous pourriez trouver cela sacrilège et non spirituel, mais croyez-moi, c’est la façon la plus terre-à-terre d’aborder la religion en Chine. Les Chinois sont un peuple éminemment pragmatique.

Cette caractéristique fondamentale de la civilisation reste absolument essentielle pour comprendre la Chine contemporaine. Beaucoup de gens décrivent souvent la laïcité de la Chine comme une forme de nihilisme, une absence de croyance ou une croyance en rien. Je pense que c’est exactement le contraire : c’est, au fond, une foi en l’humanité elle-même. Il y a une phrase en chinois qui dit : 人天天 (rén dìng shèng tiān) : « la détermination humaine peut conquérir le Ciel« . C’est en cela que consiste la laïcité chinoise : il ne s’agit pas de supporter cette vie en attendant le salut ou de croire qu’une puissance supérieure a un plan pour vous. C’est la conviction que les êtres humains, par l’effort, la vertu et la détermination pure, suffisent.


Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi l’ouvrier du bâtiment chinois se casse le dos en travaillant comme personne ? Parce qu’il est Dieu conquérant le Ciel.


Arnaud Bertrand

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.



Des îles Vierges au Groenland - un impérialisme américain bien rodé



En 1917, Washington achetait au Danemark les îles Vierges pour barrer la route à l’Allemagne. Aujourd’hui, le Groenland est dans le viseur pour contenir Russie et Chine. Derrière la sécurité invoquée, une constante : l’expansion stratégique américaine.


« Mon style est assez simple, et direct. Je vise très haut, puis je ne cesse de pousser, pousser, pousser pour obtenir ce que je veux. » - Donald Trump, The Art of the Deal.

Les Antilles danoises, un espace périphérique devenu variable d’ajustement stratégique

L’histoire des îles Vierges des États-Unis n’est pas une simple anecdote coloniale du début du XXᵉ siècle et un ancien havre pour pirates. Elle constitue un précédent stratégique majeur, révélateur de la manière dont les États-Unis convertissent des crises internationales en opportunités de conquêtes territoriales durables. À l’heure où Washington affiche ouvertement son intérêt pour le Groenland, ce précédent mérite d’être relu non comme une curiosité historique, mais comme un mode opératoire.

Derrière la rhétorique sécuritaire, se dessine une constante de la politique étrangère américaine : empêcher toute puissance rivale de s’implanter dans ce que les États-Unis considèrent comme leur arrière-cour stratégique, quitte à transformer des territoires alliés ou neutres en possessions américaines de fait.

À la fin du XIXᵉ siècle, les Antilles danoises constituent pour Copenhague un fardeau plus qu’un atout. L’économie de plantation s’est effondrée après l’abolition de l’esclavage, les infrastructures sont obsolètes, la population pauvre et marginalisée, le tourisme, encore moins exotique, n'existe pas encore. Pour le Danemark, ces îles ne sont déjà plus une nécessité, mais un reliquat impérial sans valeur stratégique propre.

Pour les États-Unis, en revanche, elles représentent exactement l’inverse. C'est un verrou géographique sur les Caraïbes, une position avancée à proximité immédiate du futur canal de Panama, et un point d’appui potentiel pour contrôler les flux maritimes entre l’Atlantique et le golfe du Mexique.

Dès cette époque, la dissymétrie est totale. Un petit État européen affaibli, drapé dans les oripeaux de son passé colonial, face à une puissance continentale en pleine expansion.

Washington ne « désire » pas les îles : il refuse qu’un autre les contrôle

Il est essentiel de comprendre que l’intérêt américain pour les îles Vierges n’est pas motivé par leur valeur économique intrinsèque, mais par une logique strictement négative, à savoir, empêcher un adversaire de s’y installer. En 1867 puis en 1902, Washington tente déjà d’acheter les îles, non par nécessité, mais par anticipation stratégique. C'est la même situation pour l'annexion du Groenland - il ne s'agit pas d'une lubie propre à Donald Trump, c'est au contraire un projet remontant au moins à 1948.

C’est la Première Guerre mondiale qui transforme cette anticipation en impératif et en occasion. Lorsque l’Allemagne développe massivement la guerre sous-marine, les îles danoises deviennent soudain un risque géopolitique, celui qu’un territoire théoriquement neutre serve de base avancée à une puissance hostile, à quelques jours de navigation des côtes américaines.

À partir de ce moment, la logique américaine est limpide. Soit ces îles deviennent américaines, soit elles sont une menace.

Le Traité des Antilles danoises de 1916 et l'arnaque du Groenland

Déjà à cette époque, la sécurité des Etats-Unis était invoquée comme prétexte, et a eu l’expansion comme résultat. De véritables Pirates des Caraïbes.

L’achat des îles Vierges en 1917 est souvent présenté comme une transaction consensuelle. En réalité, il s’agit d’un marché asymétrique sous contrainte stratégique. Le Danemark, isolé, conscient de son incapacité à défendre militairement l’archipel, choisit de vendre plutôt que de risquer une perte non maîtrisée - c'est le Traité des Antilles danoises. C'est très exactement ce qui risque de se produire avec le Groenland.

Le prix est fixé à 25 millions de dollars en or (614 millions de dollars d'aujourd'hui), c'est très peu. Le point central réside ailleurs et doit être ressenti par les Danois d'aujourd'hui comme un mauvais « clin d'œil de l'histoire ». En échange de cet achat, les États-Unis reconnaissent la souveraineté pleine et entière du Danemark sur le Groenland, territoire sur lequel ils lorgnaient déjà. Autrement dit, Washington monnaye une reconnaissance stratégique contre un territoire clé dans les Caraïbes.

Le Groenland était secondaire en 1916-1917. Loin, froid, inexploitable - un royaume glacé des phoques et des ours polaires. La révolution russe n'avait pas encore eu lieu, et fort logiquement l'URSS n'était pas une menace. En 1916, les Etats-Unis conquièrent un petit territoire, les Îles Vierges, mais utile stratégiquement à cette époque contre un gros caillou glacé inutile, le Groenland. La donne ayant aujourd'hui, en 2026, changé, les Etats-Unis s'asseyent sur le Traité des Antilles danoises que n'a pourtant pas manqué de rappeler la très angoissée et frustrée délégation danoise, menée par son ministre des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen.

Ce troc géopolitique révèle déjà une hiérarchie claire dans la puissance que les Européens n'ont fait qu'amplifier en se vassalisant dans le cadre de l'OTAN. Les États-Unis se réservent le droit d’arbitrer quels territoires européens sont stratégiquement acceptables sous leur contrôle… et lesquels ne le sont pas.
A la grande surprise des Européens qui les subissent rarement, les Etats-Unis n'hésitent pas à retirer leur signature d'un traité international pourtant dûment négocié et ratifié. La Russie l'a expérimenté souvent (traités ballistiques, nucléaires, Minsk 2, etc.) ou encore l'Iran avec le Traité de Vienne sur le nucléaire iranien (dont était sorti Donald Trump unilatéralement en 2017). Les Européens ont du mal a accepter qu'ils ne sont des Amérindiens comme les autres et qu'ils peuvent être traité de la même manière selon les fluctuations stratégiques.

Une intégration territoriale sans souveraineté politique réelle

L’après 1917 confirme que l’objectif américain n’a jamais été l’intégration démocratique pleine et entière de ce nouveau territoire. Les îles Vierges deviennent un territoire non incorporé, au statut juridiquement flou mais politiquement très utile. Les habitants obtiennent la citoyenneté américaine, mais restent privés de représentation effective au Congrès. Le territoire est administré selon les besoins fédéraux, sans accès à la pleine souveraineté des États fédérés.

Ce modèle présente trois avantages stratégiques majeurs pour Washington :Contrôle militaire et sécuritaire total ;
Flexibilité juridique et fiscale, permettant d’en faire un hub économique ou financier, en d'autres termes un paradis fiscal ;
Absence de contraintes politiques internes, les populations locales ne pesant pas réellement sur les décisions fédérales.

Les îles Vierges deviennent ainsi un prototype de domination territoriale moderne, ni colonie classique, ni État fédéré.

Groenland - le retour exact du scénario de 1917

Un siècle plus tard, le Groenland rejoue presque point par point le scénario des Antilles danoises. Même souveraineté danoise formelle. Même faible densité démographique. Même déséquilibre stratégique entre Copenhague et Washington. Et surtout, la même peur américaine, réelle ou feinte, de voir un adversaire utiliser un territoire périphérique comme point d’appui stratégique contre les Etats-Unis.

La Russie contrôle déjà une large partie de l’espace arctique. La Chine, sans façade polaire, multiplie les investissements, les projets scientifiques et les initiatives diplomatiques sous l’étiquette de « puissance proche de l’Arctique ». Pour Washington, le Groenland ne peut rester une zone grise. Comme en 1917, la logique n’est pas d’exploiter le territoire, mais de le verrouiller. L'exploitation, si elle est possible viendra après. Les Îles Vierges ont ensuite été utilisées économiquement. De 1966 à 2012 ont y trouvait l'une des plus grandes raffineries au monde, la Limetree Bay Refinery ou Hovensa ; depuis les Îles Vierges sont un hub touristique particulièrement rentable.

Dans cette perspective, le discours sur l’autodétermination ou le développement local apparaît secondaire. La question centrale est militaire, énergétique et géostratégique.

Le statut des îles Vierges comme matrice du futur groenlandais

Si le Groenland devait basculer dans l’orbite américaine, rien n’indique qu’il deviendrait un État à part entière. Le précédent des îles Vierges suggère au contraire un statut intermédiaire, combinant autonomie locale limitée, dépendance économique et subordination stratégique complète.

Un tel statut permettrait aux États-Unis de contrôler les ressources minières critiques, les routes maritimes arctiques, tout en développant les infrastructures militaires existante, le tout sans assumer les coûts politiques d’une intégration fédérale pleine et entière.

Le retour brutal de la doctrine Monroe élargie

La question la plus dérangeante n’est donc pas celle du Groenland, mais celle de l’après, en particulier du point de vue de la France. Car si l’on suit la logique américaine, rien ne justifie de s’arrêter là. La doctrine Monroe, réactivée dans un contexte de rivalité systémique avec la Chine et la Russie, tend désormais à s’étendre sur tout le continent américain, Caraïbes comprises.

Dans ce cadre, les territoires français d’outre-mer apparaissent, aux yeux des américains, comme des anomalies géopolitiques. La Guyane concentre des ressources naturelles nombreuses (or, bauxite, tantalite et des gisements supposés de pétrole et de gaz, y compris offshore et non exploités), un centre spatial stratégique et une longue frontière continentale avec le Brésil. Or, le Brésil, puissance continentale américaine, demain potentiellement une puissance mondiale, membre majeur des BRICS, est un rival sécuritaire pour les Etats-Unis - dès lors, rapidement, la Guyane deviendra un territoire sur lequel lorgneront les Etats-Unis, surtout avec des Président comme Emmanuel Macron, incapables de défendre la souveraineté de la France.
Saint-Pierre-et-Miquelon occupe une position clé dans l’Atlantique Nord. La Martinique et la Guadeloupe s’inscrivent dans un espace caribéen déjà largement structuré par la présence militaire et économique américaine.

Il ne s’agit pas de prédire une annexion directe, mais de poser une question stratégique : jusqu’où Washington acceptera-t-il que des territoires européens subsistent dans des zones qu’il considère comme vitales pour sa sécurité ?
Ls dirigeants français ferraient mieux d'y réfléchir dès aujourd'hui.

Une leçon historique que la France refuse de regarder en face

L’histoire des îles Vierges démontre une chose essentielle. Les États-Unis n’abandonnent jamais un territoire stratégique une fois acquis, et ils n’hésitent pas à profiter des faiblesses de leurs alliés lorsque les rapports de force l’exigent. Ce n’est ni une dérive récente ni une anomalie trumpienne, mais une constante structurelle de la puissance américaine.

Relire 1917 à la lumière de 2026, c’est comprendre que le Groenland n’est pas une exception, mais un moment dans une trajectoire plus longue. Et que les Européens, s'ils continuent de raisonner en termes moraux, juridiques ou d'alliance face à une logique de puissance, risquent de découvrir trop tard que l’histoire risque de se répéter.

https://www.fpop.media/des-iles-vierges-au-groenland-un-imperialisme-americain-bien-rode/


jeudi 12 février 2026

La Fin de la propriété automobile : le plan secret des constructeurs révélé



par Ced


Les constructeurs automobiles accélèrent vers un modèle où les fonctionnalités des voitures deviennent payantes via des abonnements scandaleux. BMW a lancé en 2022 un abonnement à 15 € par mois pour les sièges chauffants déjà installés ! Les clients ont protesté massivement les obligeant à reculer mais pour combien de temps ; la marque a stoppé l’expérience en 2023. Mercedes continue en 2026 avec l’Acceleration Increase sur ses EQE et EQS : jusqu’à 90 $ par mois ou 2950 $ à vie pour débloquer plus de puissance logicielle. Tesla a retiré à distance des options comme l’Autopilot sur des véhicules d’occasion revendus, forçant les nouveaux propriétaires à repayer.

Volkswagen développe myVW+ (ex-Car-Net) avec des services connectés comme la navigation premium ou le Wi-Fi hotspot payants après une période gratuite de trois ans. Toyota a tenté en 2021 de lier le démarrage à distance à un abonnement, puis a reculé face aux critiques. Renault limite toujours l’usage des batteries ZOE louées en cas de non-paiement, avec réduction de charge ou de rayon d’action.

Les voitures neuves intègrent une connectivité permanente depuis l’eCall obligatoire en UE en 2018. Les mises à jour OTA permettent aux marques de modifier, activer ou désactiver des fonctions à distance. Les réparations indépendantes se compliquent avec les verrous logiciels et les pièces authentifiées en ligne.

De plus, des assurances comportementales traquent déjà la conduite via GPS pour ajuster les primes. L’UE et plusieurs pays testent la taxation au kilomètre avec tracking obligatoire : les Pays-Bas passent au péage kilométrique pour camions dès juillet 2026, avec des tarifs autour de 0,195 €/km selon les émissions.

Les experts craignent une évolution vers un contrôle total d’ici 2030. Les consommateurs paient sans cesse pour des capacités déjà présentes dans le véhicule ce qui est anormal. Cette tendance ressemble à un féodalisme numérique où la propriété pleine disparaît au profit de revenus récurrents pour les constructeurs.

Pour contrer ces dérives, choisissez des modèles anciens (avant 2018-2020) sans trop de connectivité. Payez comptant pour éviter les clauses de télémétrie. Refusez les mises à jour non essentielles. Soutenez activement le droit à la réparation et la protection des données. Ces gestes simples préservent encore votre liberté sur la route.

Source : Le Libre Penseur



mercredi 11 février 2026

L’impunité dorée : La franc-maçonnerie protège ses membres accusés de pédocriminalité et orchestre la dépossession des mères protectrices


L'ancien rédacteur en chef de l'AFP, Jacques Thomet, lance des accusations glaçantes. Selon son enquête sur les placements abusifs d'enfants, la franc-maçonnerie constituerait un maillon décisif dans un système judiciaire défaillant, protégeant certains prédateurs au mépris des victimes.




Un levier d’influence occulte

D’après Jacques Thomet, l’appartenance à la franc-maçonnerie serait régulièrement brandie comme une menace par des pères accusés afin d’intimider leur ex-conjoint. L’enquêteur cite plusieurs cas où la puissance supposée de l’ex-mari au sein de cette confrérie est présentée comme un obstacle insurmontable à toute action en justice. Il dénonce une « solidarité » qui primerait sur l’application de la loi, évoquant même le cas d’un « scientifique de renommée mondiale » et franc-maçon qui aurait conservé la garde de ses enfants malgré des accusations graves.

Une entrave systémique à la vérité

Pour Jacques Thomet, cette influence n’est pas anecdotique mais systémique. Elle expliquerait, en partie, l’impunité dont jouiraient certains prédateurs et la déroute judiciaire des mères protectrices. Il pointe l’absence, en France, d’une obligation de déclarer son appartenance maçonnique pour les magistrats, contrairement à d’autres pays comme le Royaume-Uni. Cette opacité favoriserait, selon lui, des conflits d’intérêt et une justice à deux vitesses, où les réseaux compteraient plus que les preuves.

Un silence qui interroge

L’accusation la plus lourde porte sur le mutisme des institutions et des médias. Jacques Thomet s’étonne que ce sujet ne soit jamais traité frontalement, y voyant une forme de « conspiration du silence » mortelle pour les victimes. En citant l’exemple de Jacques Chirac, qui aurait déclaré à des proches être « dépassé » par la puissance de ces réseaux, l’enquêteur dessine les contours d’un pouvoir parallèle et inattaquable. Il appelle à une prise de conscience et à une réforme en profondeur pour que la justice civile et pénale soit unifiée dans les affaires familiales, limitant ainsi les possibilités de pression occulte.

Interview de Jacques Thomet : « 80 000 enfants volés par l’État français – Ancien rédacteur en chef de l’AFP, Jacques Thomet balance tout »




Source :




mardi 10 février 2026

L'affaire Epstein



par Hervé Ryssen


L'affaire Epstein révèle une fracture très profonde dans les sociétés occidentales, entre d'une part les élites mondialisées d'un côté, et les élites intellectuelles de l'autre.

Les élites mondialisées, vous les connaissez : ce sont d'abord et avant tout ceux qui possèdent les grands moyens d'informations : tous ces milliardaires,

de gauche (Niel, Pigasse, Drahi),

de droite (Bernard Arnault, Pinault, Dassault)

et d'extrême-droite (Bolloré),

ainsi que la myriade de journalistes qui dépendent d'eux. Ce sont aussi tous ces fonctionnaires, tous ces politicards, tous ces élus qui vivent sur le système en place, qui sont rémunérés par le système en place et qui le défendent par intérêt bien compris. Ces gens-là se taisent sur l'affaire Epstein. Ils sont visiblement gênés, du fait que les noms qui sortent sont trop souvent liés à une petite communauté dont font partie certains de leurs très bons amis et mécènes.

Les élites intellectuelles, ce sont ces gens des classes moyennes, instruits, cultivés et curieux d'esprit, qui ont compris depuis longtemps que les vieux médias cachaient l'essentiel et qui exploitent à fond les nouvelles technologies pour rétablir des vérités.

Vous l'avez compris : il y a d'un côté "ceux qui en croquent", et de l'autre, ceux que les médias appellent avec dédain les "conspirationnistes".

Les concepts de droite et de gauche sont ici obsolètes. En effet, les "conspirationnistes" qui vomissent ces élites mondialisées sont aussi bien "de droite" que "de gauche", mais tous nourrissent la même suspicion autour du concept de "peuple élu" et des bienfaits de l'Etat israélien dans le monde, du fait qu'Epstein était un grand ami d'Ehud Barak et travaillait à compromettre les hautes personnalités pour les fidéliser définitivement à l'Etat hébreu.

Face à ces conspirationnistes, les macronards se retrouvent ainsi curieusement avec certains "droitards-clébards" spécialisés dans la dénonciation de l'islam pour dénoncer cette mouvance qu'ils jugent terriblement malsaine. Sur les réseaux sociaux, ils font ensemble un travail qui consiste à ridiculiser les "conspis" ou bien à orienter le lecteur vers de fausses pistes, même de la manière la plus saugrenue.

On a ainsi vu cette semaine CNews et BFM accuser conjointement la Russie de POUTINE dans l'affaire "EPSTINE".

On a vu les "vérifieurs de faits" dits fact-chekers payés par le service public être en tout point d'accord avec des influenceurs de l'extrême-droite pro-isral pour se lamenter du tsunami provoqué par l'affaire.

La vérité est que ces "fucked-chéquards", pseudo-journalistes et politicards pro-Zelensky sont en panique.

C'est un plaisir.




La fin de l’empire anglo-americano-sioniste




Ce qu’il s’est passé au Venezuela, la réaction positive du peuple et ce qui vient de se terminer (pour l’instant…) en Iran avec le peuple dans la rue par millions montrant qu’il n’est pas dupe de la fumisterie criminelle ambiante, marque un tournant dans l’évolution des choses. L’empire ne peut plus qu’aboyer… pendant que la caravane passe… L’heure des peuples approche, il faudra être prêt pour ne pas commettre les mêmes sempiternelles erreurs.

*

«Un empire ne paraît jamais aussi fort qu’à la veille de son effondrement» nous dit le vieil adage. Il en va de même pour cet empire actuel anglo-américano-sioniste, avatar de tous les empires avant lui qui ont connu le même sort. Nous l’avons dit depuis un moment déjà, le temps ne joue plus pour l’empire, la fenêtre d’opportunité s’est refermée. Il ne peut plus que passer en force ses mesures dictatoriales ineptes ou mourir face à l’humanité en éveil ; il ne pourra que tomber, comme tous ses prédécesseurs, sans exception.

La rhétorique, la propagande, l’hypocrisie, l’hypnose institutionnalisées ne prennent plus. Qu’à cela ne tienne, l’empire met bas le masque et avance en terrain découvert : assassinats politiques, attaques incessantes de pays et peuples «souverains» selon un système vacillant, enlèvement d’un chef d’état au Venezuela, bombardements «préventifs», génocide, occupation, exploitation, ruine sociale, muselage de la dissidence croissante et récemment, nouvelle tentative de «révolution / changement de régime» en Iran, une de plus, utilisant une violence pilotée de l’extérieur, avouée par les pontes politiques impérialistes sur leurs médias de couverture. Ils ne se cachent même plus. L’arrogance et le mépris l’emportent sur toute logique dans une (géo)politique débridée emmenée par des leaders narcissiques et psychopathes au service de la haute finance du capitalisme réel sous sa forme «libérale».

Ajoutons à cela la décadence morale et culturelle, la dépravation sexuelle (réseaux pédo-criminels de chantage, affaire Epstein and Co) et les incendies criminels à des fins de récupération affairiste (Hawaii, Californie, récemment Patagonie) et ne voit-on pas devant nos yeux un éternel retour de la décadence, dépravation et criminalité des empires passés. Comment ne pas voir Trump en Néron faisant mettre le feu à Rome pour accuser les chrétiens et ainsi mieux les persécuter.

Quand on constate l’ampleur des crimes commis, l’impunité totale avec laquelle la mafia oligarchique de la pyramide étatico-marchande agit, il deviendrait presque légitime de se dire qu’en fin de compte «c’est fini, échec et mat, ils ont gagné, que pouvons-nous faire si ce n’est acquiescer ou mourir ?» Mais c’est sans compter sur ce que la propagande médiatique ne montre jamais, ne parle jamais : l’éveil de plus en plus massif des populations du monde à la pourriture ambiante. Comment imaginer que plus de 2,5 millions d’Iraniens marchèrent dans les rues du pays en soutien de leur gouvernement et contre les émeutiers que le peuple sait être financés et armés par l’occident sioniste, si la réalité de fait et de terrain montrait que les manifestants étaient massacrés par la police comme l’affirmait mensongèrement les merdias occidentaux à la solde. C’est aussi sans compter, la masse énorme de gens qui s’est éveillée, un peu tard il est vrai, à l’escroquerie et au crime COVID et ses injections à arme nano-biologique à ARNm, qui ont tué des millions de gens dans le monde et continuent de le faire. C’est sans compter sur l’éveil des masses aux turpitudes impérialistes des pantins du système, les Macron, Mertz, Starmer et autres guignols d’une politique déliquescente et dépravée a la solde des mêmes intérêts particuliers contre l’intérêt général des peuples. C’est sans compter sur la créativité et l’ingéniosité de l’être humain dont la nature profonde est faite de compassion, d’entraide, d’amour et de coopération, qualités intrinsèques qui, si elles ne constituaient pas son fond ontologique, aurait vu la disparition de cette espèce il y a bien longtemps.

Aujourd’hui, l’empereur est nu. Il avance à poil en terrain découvert et ce n’est plus qu’une question de temps qu’il se fasse ramasser par l’ire des peuples excédés et enrageant d’avoir tant été roulés dans la farine depuis des décennies. Le problème n’est plus de savoir si l’humanité va se rendre compte et agir, tout cela est en marche et l’action résultante sera digne d’un tsunami politico-social, le problème est de savoir s’éduquer politiquement pour ne pas retomber dans la même imbécilité de penser qu’on puisse «réformer» le système étatico-marchand, qui doit être jeté avec force dans les oubliettes de l’histoire tout en mettant en place l’alternative politique qui émancipera l’humanité à tout jamais. Des parties de solution se trouvent dans des organisations politico-sociales existantes comme les communes vénézuéliennes remises au goût du jour, zapatistes du Chiapas, rojavistes pré-2016. Il n’y a pas de recette miracle car notre diversité politico-culturelle demande adaptation constante, mais il y a certains principes communs qu’il convient de connaître et de mettre en place tout en les protégeant jusqu’à maturité politique généralisée. Voir les lectures complémentaires proposées à lire sous cet article.

Si l’empire paraît toujours puissant, il s’affaiblit de fait de jour en jour et croule sous le poids de ses contradictions et ses crimes, il n’en est pas moins toujours bien dangereux, c’est l’évidence. Il a d’énormes moyens à sa disposition, mais n’ayant plus que le passage en force pour s’imposer définitivement, il subira les contre-coups d’une résistance asymétrique qui le mettront à bas, ce n’est plus qu’une question de temps et l’union des peuples à terme, triomphera de l’union de l’oligarchie du contrôle et de la dictature.

Quand la tyrannie devient la loi
, comme c’est le cas PARTOUT en Occident dit «collectif», la résistance devient un devoir ! Elle se met en place et elle triomphe à terme, sachant qu’il n’y a pas et ne peut y avoir de solution au sein du système étatico-marchand.

À bas l’État ! À bas la marchandise ! À bas l’argent ! À bas le salariat ! Vive la Commune Universelle de notre humanité enfin réalisée !

Collectif Résistance 71, envoyé par Amar Djerrad






lundi 9 février 2026

L’incroyable histoire d’Alex, contraint de fuir en Chine pour avoir documenté la pauvreté aux États-Unis



par Arnaud Bertrand

Le terme le plus en vogue sur les réseaux sociaux chinois en ce moment est «kill-line» : si vous surfez sur Xiaohongshu, Bilibili ou Douyin, tout le monde en parle.

Pourquoi ? À cause de l’histoire d’Alex, connu sous le nom de «ERVA» («Láo A», littéralement «prison A» où À signifie Alex), un étudiant chinois en médecine/biologie basé à Seattle, aux États-Unis, qui travaillait à temps partiel comme assistant médico-légal collectant des corps non réclamés (principalement des sans-abri).

Vous n’avez sans doute jamais entendu parler de lui, mais il a probablement brisé à lui seul ce qui restait du mythe du «rêve américain» pour toute une génération de jeunes chinois.

Il y a deux semaines, après avoir été assommé et être devenu le sujet d’un article du NYT – et craignant légitimement pour sa vie en conséquence – Alex a pris la décision dramatique d’abandonner son diplôme de médecine et de fuir les États-Unis pour la Chine. Tout ça pour le crime d’avoir décrit ce qu’il a vu au travail.

Alex a 22 ans et publie sur Bilibili, une plateforme vidéo chinoise à mi-chemin entre YouTube et Twitch, sous le pseudonyme «大大» (qui peut être grossièrement traduit par «roi Squeezy»).


Diffusion en direct de la «Grande évasion» d’Alex sur Bilibili, le 18 janvier 2026. La vidéo a attiré 2,5 millions de vues. L’homme sur la capture d’écran n’est pas Alex (qui ne montre jamais son visage) mais 团座 (Tuanzuo), un de ses amis.


Fin 2025, il a commencé à devenir massivement viral, accumulant des millions de vues. Son contenu : un récit à la première personne de la collecte de cadavres non réclamés à Seattle, des diffusions en direct de plusieurs heures où il décrit, en détail granulaire, ce qui arrive aux sans-abris qui meurent seuls en Amérique.

Alex est célèbre pour avoir inventé un tout nouvel idiome pour décrire la pauvreté en Amérique et notamment le terme «kill line» («斩杀线») – une expression, empruntée aux jeux vidéo, décrivant quand la santé d’un personnage du jeu est si faible qu’un coup l’achèvera. Dans le cadre d’Alex, le concept décrit comment un seul choc (maladie, perte d’emploi, accident) peut pousser les Américains de la classe moyenne dans une pauvreté irréversible.

Ce qui est, incidemment, factuel : un nombre stupéfiant de 59% des Américains n’ont pas assez d’économies pour se permettre une dépense imprévue de 1000 $ immédiatement, ce qui signifie que – littéralement – plus de la moitié des Américains vivent au niveau de la «kill line», un choc imprévu les poussant dans la pauvreté.

Alex a inventé d’autres termes comme 长生种 / 短生种 (Espèces à vie longue/courte). Les termes viennent des romans fantaisie et de science-fiction, comme les elfes contre les humains. Appliquée à l’Amérique, la métaphore est que les riches et les pauvres ne sont pas seulement des classes différentes, ce sont des espèces entièrement différentes, avec des durées de vie fondamentalement différentes. L’un vit jusqu’à 90 ans, l’autre est déjà vieux à 40 ans.

Dans l’ensemble, ses livestreams documentent le ventre de l’Amérique, ce dont il dit être témoin dans son travail : des sans-abris morts de froid, la machinerie institutionnelle qui traite leurs corps, l’indifférence du système, un monde où le filet de sécurité a des trous assez grands pour que de nombreuses personnes y tombent à jamais.

Pour les jeunes téléspectateurs chinois – dont beaucoup ont grandi avec les films hollywoodiens, les faits saillants de la NBA et les réussites de la Silicon Valley – ce fut une révélation. Non pas parce qu’ils n’avaient jamais entendu de critiques de l’Amérique, mais parce que cela semblait si réel : granulaire, à la première personne, livré dans leur propre lexique de jeu. Les médias chinois leur disaient depuis des années que l’Amérique avait des problèmes. Alex leur a montré.

Il est difficile d’exagérer l’impact culturel qu’il a eu en Chine. En à peine quelques semaines, «kill line» est devenu une partie du lexique quotidien. À tel point que même Qiushi – la principale revue théorique du Comité central du Parti communiste chinois – a publié une longue analyse théorique utilisant la «kill line» comme cadre central.

Il n’y a pas de précédent à cela. Un mot argotique venant des jeux vidéo, inventé par un streamer de 22 ans basé aux États-Unis, ne devient pas un sujet d’analyse de Qiushi, la principale revue théorique du CPC, en seulement quelques semaines. Ce n’est normalement pas ainsi que la théorie du Parti communiste est élaborée, c’est le moins qu’on puisse dire. Et pourtant, ce fut le cas ; ce qui montre à quel point cela a résonné puissamment.

Il n’a pas fallu longtemps à l’Amérique pour s’en apercevoir, et pour que les problèmes d’Alex commencent.

Le 13 janvier, il y a environ deux semaines, le New York Times a publié un long article intitulé «Pourquoi la Chine est soudainement obsédée par la pauvreté américaine», décrivant – sans surprise – cette tendance comme étant de la propagande communiste destinée à «détourner les critiques des dirigeants [chinois]». De manière cruciale, l’article a identifié le coupable : un streamer sur Bilibili que le NYT a appelé «Squid King», traduisant mal le nom d’utilisateur d’Alex d’une manière qui illustre la profondeur de leur expertise sur la Chine.

Presque simultanément, The Economist a également publié un article sur le sujet intitulé «La Chine est obsédée par la «kill line» de l’Amérique» avec un cadrage similaire – bien qu’un peu plus subtil – à celui du New York Times, arguant qu’il est «plus facile de parler de la dureté américaine que du malaise chinois». Le cadrage est subtilement différent mais essentiellement le même : le NYT dit que c’est de la propagande et The Economist dit que c’est de la projection. Dans les deux cas, ils mettent l’accent sur le fait que les Chinois parle de la pauvreté américaine, pas de la pauvreté en elle-même.

La résonance du message d’Alex a fait de lui une cible. Avant même que les médias occidentaux n’interviennent, des dissidents chinois – 大子子 comme on les appelle dans certains cercles en Chine (un terme péjoratif signifiant quelque chose comme «des vendus colonisés mentalement») – avaient lancé une campagne de harcèlement extrêmement vicieuse contre lui, dévoilant son vrai nom, ses dossiers d’immigration, l’enregistrement de l’entreprise de son père, les antécédents médicaux de sa famille en Chine, ses antécédents scolaires, etc. Tout cela pour tenter de l’exposer comme un «simulacre».

À titre d’illustration, un compte important ayant plus de 260 000 abonnés sur Twitter, GFWfrog, qui dirige une opération dissidente dédiée au «démantèlement de la machine de censure et du système autoritaire», est devenu particulièrement obsédé par le sujet. À ce jour, si vous regardez sa chronologie Twitter, il publie presque quotidiennement sur Alex de manière extrêmement vicieuse. Dans la grande tradition de «combattre l’autoritarisme» et «la machine à censure», en détruisant la vie de quelqu’un parce qu’il s’est exprimé…

Essayez de rechercher «ERVA» sur Twitter aujourd’hui et vous verrez à quel point un étudiant parlant de la pauvreté américaine est devenu l’ennemi numéro un de la foule chinoise «pro-démocratie». Ce qui est en soi une preuve supplémentaire de la puissance du message : entre les médias occidentaux le rejetant comme de la propagande et les dissidents chinois le harcelant et attaquant sa famille, vous avez une idée de la panique que provoque la «kill line».

Pour être honnête, certaines des allégations contre Alex peuvent être vraies, il peut avoir exagéré certains aspects de son histoire personnelle. Par exemple, les critiques ont souligné que la chronologie de son histoire – étudiant en médecine, assistant médico-légal à temps partiel, livestreams hebdomadaires de plusieurs heures – provoque la crédulité. L’école de médecine est notoirement exigeante : l’idée qu’il puisse jongler avec les trois soulève des questions légitimes.

Mais c’est à côté du sujet. Les problèmes qu’il documente sont réels, et pas selon la «propagande chinoise» mais selon les enquêtes américaines elles-mêmes. La «kill line» n’est pas devenue virale à cause de la crédibilité d’Alex, elle est devenue virale parce qu’elle correspond à ce que les touristes chinois ont vu à San Francisco, à ce que les étudiants chinois ont vécu pendant leurs études, à ce que n’importe qui avec des yeux peut observer. Alex n’a pas inventé la pauvreté américaine, il lui a donné un nom.

La raison pour laquelle cela a résonné en Chine en particulier est encore plus simple : c’est une véritable faiblesse du modèle américain par rapport au modèle chinois. Comme le savent tous ceux qui ont visité la Chine récemment, il est pratiquement impossible d’y voir le type d’extrême pauvreté qui est monnaie courante dans les villes américaines. Ce n’est pas de la propagande, c’est confirmé par toutes les sources de données occidentales qui étudient le sujet. Selon la Banque mondiale, le taux d’extrême pauvreté en Chine est passé de 88% en 1981 à moins de 1% en 2020. Comme Brookings l’a dit : «il y a peu de doute que cela s’est produit – ce n’est pas seulement de la propagande du parti». Les villes de tentes, les marchés de la drogue en plein air, les gens qui meurent sur les trottoirs ne sont pas des caractéristiques de Shanghai ou de Pékin. Pour les Chinois qui voient des images de Seattle ou de San Francisco, le choc est réel.

Structurellement, les ménages chinois sont tout simplement beaucoup plus éloignés de toute «kill line» que leurs homologues américains. Le ménage chinois moyen économise environ 45% de son revenu tandis que le ménage américain moyen économise moins de 4%. Lorsque 59% des Américains ne peuvent pas couvrir une urgence de 1000 $ avec leurs économies, la famille chinoise typique a des années de réserve économisées. La «kill line» décrit une réelle différence structurelle.

Pour faire court, Alex s’est senti tellement menacé par toute la pression qui pesait sur lui qu’il a fui le pays. En collaboration avec un ami appelé Erna (Tuanzuo), il a organisé sa propre extraction d’une manière qui rappelle un roman d’espionnage de la Guerre froide : des écrans de fumée ont été déployés, de fausses informations sur son timing et son itinéraire. Billets d’avion réservés au dernier moment possible. L’heure de départ a changé deux fois le dernier jour. Le fait était qu’il était terrifié à l’idée que si quelqu’un connaissait son itinéraire, il ne s’en sortirait jamais.

Selon ses propres dires, Alex a laissé derrière lui environ 40 000 $ d’effets personnels et un diplôme de médecine qu’il était sur le point de terminer. Avant de partir, son père lui a dit : «Mon fils, reviens juste vivant». Sa mère n’a pas demandé ce qui s’était passé. Elle a juste préparé sa nourriture préférée. Le 18 janvier, il était de retour en Chine pour raconter son histoire d’évasion à 2,5 millions de téléspectateurs sur Bilibili dans un livestream conjoint avec Tuanzuo intitulé «La Grande Évasion».

C’est l’ironie ultime pour les harceleurs et le New York Times : comme si le récit de la «kill line» n’était pas déjà assez mauvais pour l’image de l’Amérique, ils ont maintenant provoqué eux-mêmes l’épilogue parfait. Un étudiant chinois fuyant vers la Chine pour se mettre en sécurité, car il craignait pour sa vie après avoir été harcelé pour avoir décrit la pauvreté en Amérique. Vous ne pourriez pas concevoir une meilleure propagande anti-américaine.

Plus que tout, réfléchissez à ce que cela dit du monde dans lequel nous vivons maintenant : le rêve américain est devenu une «kill line» et, si vous osez le dire, vous feriez mieux d’avoir un plan d’évasion.

Source : Arnaud Bertrand via Le Saker Francophone