samedi 9 mai 2026

Alarmisme autour des hantavirus


Dr Wodarg : Toujours le même refrain de l'OMS



Sur un bateau de croisière qui se trouvait dans l'Atlantique au large du Cap-Vert, plusieurs passagers auraient contracté un hantavirus, transmis par des rongeurs tels que les souris ou les rats. Trois d'entre eux seraient décédés depuis. Les circonstances exactes de la contamination n'ont pas encore été clairement établies. L'armateur affirme qu'il n'y a pas de rongeurs à bord de son bateau de croisière. Selon le pneumologue Dr Wolfgang Wodarg, cela semble plausible. Une transmission par des rongeurs serait irréaliste sur un bateau de croisière car les contrôles d'hygiène y sont suffisants. Wodarg a lui-même été médecin portuaire et a inspecté des navires. Lors de ces inspections, des dératiseurs étaient toujours présents pour rechercher la présence de rongeurs. Et Wodarg, dans une interview accordée à Kontrafunk, exclut également toute transmission interhumaine, comme l’affirme l’OMS :

« Pour moi, c’est du n’importe quoi. C’est encore une de ces histoires où quelqu’un cherche à faire grimper ses actions. »

[…] C'est typique : l'OMS sert une fois de plus d'agence pour faire grimper les cours boursiers. Il y a sans doute des gens qui ont déjà acheté des actions et qui espèrent qu'elles vont monter. Et si on peut en faire une nouvelle urgence, si on nous fait encore peur, alors tout à coup, on sort un vaccin, avec une « autorisation d'urgence ». Ils peuvent alors tester ce truc sur des humains. C'est la méthode habituelle, celle qu'ils essaient tout le temps. C'est devenu de plus en plus une véritable arnaque ces 20 dernières années. C'est pourquoi je ne peux absolument pas prendre ça au sérieux. »

Wodarg souligne qu'aucune transmission interhumaine d’hantavirus n'a encore jamais été prouvée à ce jour et que, si tel était le cas, elle devrait se produire beaucoup plus fréquemment, par exemple dans les vieilles fermes où les gens sont bien plus exposés aux crottes de souris que sur un bateau de croisière. Il estime que la théorie de la transmission interhumaine vise délibérément à semer la peur parmi la population. À la question de savoir comment les gens auraient alors pu être contaminés, Wolfgang Wodarg répond ce qui suit :

« Eh bien, on peut bien sûr infecter des personnes de manière artificielle. C'est possible, et c'est probablement ce qui s'est passé avec Ebola, par exemple, où on voulait tester un vaccin mais où on n’avait pas assez de cas pour mener les essais cliniques. C'est d'ailleurs la deuxième raison pour laquelle ces criminels agissent ainsi… ils infectent des personnes afin d'avoir les cas nécessaires pour mener les essais cliniques de leur vaccin, qu'ils pourront ensuite faire homologuer.

[…] Ils ont besoin de véritables maladies pour que leur commerce fonctionne. C'est la principale raison pour laquelle ce genre de choses est sans cesse relayé par les médias. »

Wodarg met en garde contre toute réaction de panique face au battage médiatique. Selon lui, il s'agit d'un stratagème récurrent visant à faire grimper le cours des actions et à vendre des vaccins en semant la panique.


KlaTV a également mis en évidence, dans de nombreuses émissions, le schéma décrit par Wodarg. Les épidémies et les pandémies, telles que l'ESB, le SRAS, la grippe aviaire ou porcine, le Covid et même Ebola, sont délibérément amplifiées par l'OMS, en collaboration avec les groupes pharmaceutiques et les médias, afin de diriger ensuite les populations paniquées dans la direction souhaitée, par exemple vers la vaccination. Il est donc conseillé de ne pas se laisser envahir par la peur, mais d’écouter des experts indépendants comme Wolfgang Wodarg face à de nouveaux scénarios alarmistes. Lors des précédentes « plandémies », ils ont prouvé qu’ils n’étaient pas à la solde de l’industrie pharmaceutique.



La farce de la Nasa et la vraie mission des cosmonautes


"(...) le cosmonaute annonce le troupeau mondialisé du citoyen anonyme et sans honneur."


Par Nicolas Bonnal

Beaucoup de gens doutent de l’alunissage de 1969, opération de l’Etat US.

En réalité il n’y a jamais eu de conquête spatiale, ni même de volonté de conquête spatiale. Et la soi-disant conquête spatiale n’avait que deux missions: contrôler l’espace proche de la terre transformée aujourd’hui en poubelle bourrée de satellites de surveillance et d’armes de destruction démocratique ; préparer notre vie à tous dans le monde simulateur du XXIème siècle. Mais si la conquête spatiale initiée par les nazis et poursuivie du fait de la guerre froide, cette guerre froide avec le monde qui n’en finit pas, et qui risque de nous coûter finalement cher, n’a pas servi à conquérir les galaxies et à exploiter les pétroles vénusiens en guerroyant avec les Aliens et les hommes verts, à quoi aura-t-elle donc servi ?

A nous conditionner et à nous préparer à des temps moins marrants, digne de la dystopie présente.

Oubliez les résultats inexistants de la pseudo-conquête et revoyez 2001 l’odyssée de l’espace, ou bien l’Étoffe des héros, ou bien même Solaris, et comparez votre vie urbaine et celle à venir de vos enfants avec celle d’un cosmonaute. Revoyez tous ces films de science-fiction et vous verrez que tout cela n’avait que ce seul but : nous préparer à vivre comme des cosmonautes, mais sans jamais aller dans l’espace. La simulation de vol spatial et de conquête des étoiles est allée de pair avec un contrôle mental et surtout, finalement, physique sans précédent dans l’histoire de notre occident vieillissant.

Car, et réfléchissez bien, en quoi consiste la vie d’un cosmonaute ? Revoyez 2001, pas la Guerre des étoiles, qui sert à vendre des jeux vidéo. J’ai évoqué ce thème dans mon long livre sur Kubrick.

• Un cosmonaute passe sa vie devant des écrans, comme nos contemporains. Il a toujours un problème technique. Il est toujours dans un moyen de transport quelconque.

• Un cosmonaute a peu d’espace pour vivre. Pensez au parisien ou au newyorkais pauvre.

• Un cosmonaute se tient toujours dans la dépendance d’un moyen technologique. Il passe son temps à envoyer des messages codés et à se plaindre d’avoir un problème (Houston…). Il passe son temps à pousser des boutons et, s’il n’est pas très calé en réparations (et qui va réparer un gadget Apple ?), il se tient bien tranquille.

• Il est gros consommateur d’énergie et il ne se sert plus de son corps. Il en grignote, des friandises, comme dans un conte de fées ! Combien vous dites, un milliard trois d’obèses dans le monde ? Wall-E représente d’ailleurs un vaisseau d’obèses en lévitation permanente. Seuls les pouces travaillent sur le smartphone.

• Un cosmonaute est tenu de lire tout le temps des modes d’emploi et des règlements. Revoyez la pause-pipi, un des moments marrants de 2001 l’odyssée de l’espace. Et pensez au tableau de bord de votre BMW ou à votre vie quotidienne contrôlée par les ordinateurs et les clones d’Hal 9000.

Mais surtout, le cosmonaute annonce le troupeau mondialisé du citoyen anonyme et sans honneur.

• Le cosmonaute est sans racines. Il n’y a pas plus de terre, il n’y a plus de nation dans l’espace. Il n’y a que des vaisseaux et que des bases US, des stations, stations qui n’ont rien de christique. Dans l’espace, personne ne vous entendra prier ! Et pensez au temps que nous devons passer dans des endroits aseptisés (aéroports, hubs, échangeurs, supermarchés, stations-services, centres commerciaux, etc.). Le film Gravity avec Bullock et Clooney le montre bien d’ailleurs.

• Un cosmonaute plane, il est cool, il fait des voyages dans l’astral. Suspendu les quatre fers en l’air, il a perdu la notion du temps et de… l’espace. On avait comparé la vision ultime de 2001 à l’absorption de LSD. Le cosmonaute annonce l’individu blasé et déphasé, nourri aux benzodiazépines…

• Il perd aussi la notion de nourriture, en suçant à petites gorgées tout un tas de cochonneries baptisées « Science Food » par la fondation Rockefeller. On voit les enfants du monde se précipiter dessus, sur ces poisons chimiques et ces venins en plastique. Pensez aussi à la corvée du repas dans 2001 et à la méditation de Bruce Dern dans le très beau Silent running (Nietzsche pronostiquait un retour à l’enfance, il a été servi).

• En parlant de ce film, je dois rajouter qu’il est écologiste et que l’écologie est apparue avec la conquête spatiale, comme forme silencieuse et sophistiquée de notre eschatologique dictature humanitaire. Il faut défendre la « planète bleue » en contrôlant les populations et leur consommation. Qui devra-t-on sacrifier ? Un ou deux membres de l’équipage ! Voyez l’album d’Hergé : lui avait résolu le problème !

• Le cosmonaute est évidemment unisexe. Habillé en uniforme, éternel enfant en état d’apesanteur, il perdu toute virilité, toute féminité, ne rêvant comme dans Alien ou Species que de s’accoupler avec des incubes ou des succubes (les ET sont les simples démons de notre tradition chrétienne). Sa vie sexuelle est virtuelle et pornographique, ne dépendant que des fantasmes. Et cette révolution sexuelle est en cours : voyez les émissions du câble la nuit, vous comprendrez où l’avant-garde culturelle américaine veut nous mener. Les sorcières de Shakespeare et le bon Dracula n’ont qu’à bien se tenir.

• Condamné à une fausse vie, une existence minimale et formelle (le mètre carré est bien trop cher, comme à Paris, Séoul ou Manhattan), le cosmonaute compétent doit passer sa vie à se former, se recycler, et s’entraîner. Mais dans Wall-E, ce sont les robots qui ont ce beau rôle, comme dans Terminator et finalement dans 2001 ou I robot: à la fin de l’Histoire, l’ordinateur est le seul être libre.

• Le cosmonaute est aussi condamné à s’ennuyer, faire des jeux vidéo, à contrôler son mental et son diabète sous le regard sévère du complexe militaro-médical et psychiatrique qui a pris le contrôle de nos identités bien menacées. Dans cette vie vidée d’essence, on le remplit de faux souvenirs comme dans une mauvaise nouvelle de Philip K. Dick (voyez Total recall, le meilleur Schwarzenegger). Vis-je, ou rêvé-je ma vie si vide ?

• La cybernétique a pris le contrôle de nos sociétés avec la guerre, la recherche nazie, soviétique, américaine. Lisez Chris Gray (le Cyborg Handbook) ou le chercheur soviétique, moins connu bien sûr, Slava Gerovitch (New soviet man) qui explique comment le programme d’entraînement des cosmonautes était sous le contrôle des centres de recherche cybernétique.

Pas très capable de nous envoyer dans l’espace, pas très capable de nous promettre la lune, la farce médiatique de la conquête spatiale et du cosmonaute US a permis la transformation des humains en transhumains. Presque tous les grands écrivains de SF américains, y compris le fondateur de la scientologie venaient de l’intelligence navale et militaire. Je vous laisserai vérifier.

Livres

Daniel Estulin — Tavistock Institute
Gérard Wishnevski — Moonlanding hoax
Nicolas Bonnal — Stanley Kubrick et le génie du cinéma ; Sir Ridley Scott et son cinéma : Les mythologies de la science-fiction.



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Incroyable mais vrai : un congressman républicain du Tennessee, Tim Burchett — qui bénéficie d’un accès à des informations classifiées —, vient de lâcher publiquement : "Tout est filmé dans un studio hollywoodien. On n’est pas vraiment allés sur la Lune…"

Burchett l’a dit avec un sourire en coin, directement à un gars portant un t-shirt NASA qui se trouvait là.

Ce n’est pas un conspirationniste anonyme : c’est un élu en exercice qui ose remettre en cause le plus grand mythe spatial du XXe siècle, 57 ans après Apollo 11.





vendredi 8 mai 2026

"J’ai honte. Comment ne pas avoir honte aujourd’hui d’avoir cru en Trump"


Fin de l’ivresse trumpiste : gueule de bois et auto-critique



En 2016, Trump était, pour beaucoup d’entre nous, porteur d’un immense espoir. En 2026, sauf pour quelques incurables, il est la cause d’une immense déception. Tucker Carlon a récemment déclaré : « Je serai longtemps tourmenté d’avoir contribué à l’élection de Donald Trump. Et je tiens à dire que je suis désolé d’avoir induit les gens en erreur. »

Que nous est-il arrivé, au juste ? Une première réponse serait : nous avons été trahis. Personne n’est à l’abri d’une trahison. On ne reproche pas à Jésus d’avoir cru en Judas. Je pense que cette façon de voir les choses n’est pas suffisante. Nous n’avons pas été trahis en 2025, nous avons été trompés dès 2016. Nous avons cru en Trump parce que nous avons voulu y croire, en dépit des nombreuses raisons évidentes de ne pas y croire. Nous avons commis une erreur de jugement, et nous devons en tirer les leçons.

Le phénomène Trump s’apparente à une hypnose collective et comporte une dimension de foi religieuse. La foi est toujours de « mauvaise foi », au sens où elle nous demande de rejeter le doute et de faire la sourde oreille aux arguments contraires. En religion, il y a la vérité—la Vérité—et l’erreur, et rien entre les deux. Pour le croyant, chaque échec de Trump, chaque scandale, chaque mensonge avéré, s’il ne peut être ignoré, est la preuve que Trump se bat contre l’État profond, les médias, les élites, le Nouvel Ordre Mondial, le FBI, les Démocrates, que sais-je encore. Il est facile aujourd’hui de se moquer de ceux qui croient encore en Trump, mais n’oublions pas que nous y avons cru nous-mêmes, et méprisé les normies attardés qui n’y croyaient pas. Admettons qu’ils n’y croyaient pas pour les mauvaises raisons, mais reconnaissons que nous aurions pu apprendre une chose ou deux en lisant la presse que Trump s’acharnait à traiter de fake news (souvenons-nous que c’est lui qui a lancé cette expression).

Je le dis franchement : j’ai honte. Comment ne pas avoir honte aujourd’hui d’avoir cru en Trump, l’avoir idéalisé, avoir vu en lui un grand homme en devenir, un homme providentiel, un sauveur ?

J’ai cru en Trump en 2016. J’ai cru à sa guerre contre l’État profond et contre les médias mensongers (les fake news), j’ai cru à sa dénonciation de la guerre en Irak, j’ai cru au grand dévoilement à venir sur le 11-Septembre et sur l’assassinat de Kennedy. Et j’ai été immensément soulagé lorsqu’il a battu Hilary Clinton, qui se disait prête à attaquer l’Iran.

Puis les déceptions sont arrivées. J’ai été déçu d’abord lorsqu’il a déplacé l’ambassade américaine à Jérusalem en mai 2018 (c’était pourtant prévisible, puisqu’il l’avait promis à l’AIPAC en 2016). Puis j’ai été inquiet lorsqu’il a signé un décret criminalisant l’antisionisme en décembre 2019. Enfin est venu le choc de l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani à Bagdad le 3 janvier 2020. Mais on avait investi tant d’espoir en Trump qu’on lui a encore accordé le bénéfice du doute.

Le plus curieux, en y repensant, c’est que les sionistes radicaux ne cachaient pas leur adoration de Trump. Ils l’idolâtraient plus que nous. Il avait à leurs yeux une stature messianique. En mai 2018, commentant la décision de Trump de déplacer l’ambassade états-unienne à Jérusalem, Netanyahou lui-même le comparait à Cyrus le Grand.

Vers la fin de l’année 2019, un schisme a commencé à se manifester dans le mouvement MAGA et, avec un peu de retard, dans la « dissidence » française. Certains voulaient continuer de croire que c’étaient les sionistes, et non les antisionistes, qui se trompaient sur Trump, que Trump étaient secrètement dans notre camp et non dans le leur, qu’il cachait son jeu. D’autres sonnaient l’alarme.

J’ai publié le 17 janvier 2020 un article intitulé « Le syndrome Cyrus: Yahvé a-t-il saisi la main droite de Trump? ». Vers la même époque, je commençais aussi à reconnaître le caractère manipulatoire de l’opération Q et de la nébuleuse des productions apparentées, qui agitaient des thèmes eschatologiques tout en fabriquant un ennemi imaginaire, la secte des pédo-satanistes. J’ai commencé à alerter le public d’Égalité et Réconciliation, avec ma critique du documentaire « Out of Shadows » parue le 26 avril 2020, puis d’autres articles sur la « fausse bannière satanique ».

Lors de la campagne présidentielle américaine de 2024, ma désillusion sur Trump est devenue complète avec l’attentat du 13 juillet 2024 à Butler en Pennsylvanie, que j’ai immédiatement perçu comme une grossière mise en scène destinée à faire de Trump un miraculé protégé par Dieu, une image que l’équipe de Trump a surexploitée par la suite. Balle magique, oreille magique, photo magique: c’était vraiment trop gros. J’ai partagé mon scepticisme et mon inquiétude dans un débat vidéo avec Pierre de Brague le 29 octobre 2024.

Mais nous étions face à un dilemme, étant donné, d’une part, la nullité et l’illégitimité de Kamala Harris, et d’autre part, l’alliance séduisante de Trump avec Robert Kennedy Junior. J’ai donc salué la victoire de Trump au lendemain des élections en compagnie d’Alain Soral. Mais la déception a très vite repris le dessus.

Aujourd’hui, Trump n’est plus un mystère. Sa mégalomanie et son narcissisme s’étalent au grand jour. Sa soumission au sionisme génocidaire est totalement décomplexée. Sa corruption et son népotisme sont d’ores et déjà légendaires.

Le vrai mystère qu’il nous faut maintenant éclaircir, avec humilité, c’est comment nous avons été trompés. Trump était un imposteur depuis le début, et nous aurions dû le voir.

Le roi de la quantité

Première clé : Un homme qui écrit des livres peut déjà être jugé sur ses livres. Il suffisait de lire ou de parcourir les livres de Trump pour constater qu’il n’a aucune pensée politique. À vrai dire, il suffisait de lire les titres de ses livres, qui résument tout ce que la culture américaine flatte de plus vil chez l’être humain :

- "The Art of the Deal" (1987)

- "How to Get Rich" (2004)

- "The Way to the Top" (2004)

- "Think like a Billionaire" (2004)

- "How to Build a Fortune" (2006)

- "Think Big and Kick Ass" (2007)

- "Think like a Champion" (2009).

Trump est un marchand et un spéculateur, qui pense que tout s’achète, et que la ruse et le bluff sont la clé du succès. Il écrit dans "The Art of the Deal", son best-seller de 1987 :

« La dernière clé de ma stratégie promotionnelle, c’est la fanfaronnade ["bravado", traduisible aussi par vantardise]. Je joue sur les fantasmes des gens. Les gens ne voient peut-être pas toujours les choses en grand eux-mêmes, mais ils peuvent tout de même être très enthousiasmés par ceux qui le font. C’est pourquoi un peu d’hyperbole ne fait jamais de mal. Les gens veulent croire que quelque chose est le plus grand, le meilleur et le plus spectaculaire. J’appelle cela de l’hyperbole sincère. C’est une forme innocente d’exagération — et une forme de promotion très efficace. »

Trump n’incarne pas la droite des valeurs, mais la droite libérale sans foi ni loi. Il est la caricature de l’Amérique matérialiste, immorale et vulgaire, le « règne de la quantité » dans sa monstruosité. Trump a un vocabulaire et une syntaxe d’une affligeante pauvreté. Il n’y a pas trace dans ses livres d’un parole de sagesse ou d’un trait d’humour. En fait, Trump n’a aucune culture littéraire ou philosophique, et ça se voit.

Ce qui transparaît déjà très clairement dans les livres de Trump, c’est aussi son narcissisme. Chaque phrase ne parle que de lui. « Je suis le meilleur, le winner absolu, le champion du monde, et je sais tout sur tout » : sa prose se résume à cela. Trump n’est pas seulement un marchand, il est aussi la marchandise. Il se vend lui-même.

Après la Trump Tower inaugurée à Manhattan en 1983, l’énorme promotion de son livre "The Art of the Deal" a fait de Trump une célébrité. Tony Schwartz, le co-auteur de ce livre, qui l’a en réalité entièrement écrit (la contribution de Trump se limitant selon Schwartz à effacer les passages les moins flatteurs), se dit depuis 2016 hanté par la culpabilité d’avoir aidé Trump à devenir président. Trump, dit-il, ment constamment sans la moindre inhibition ou culpabilité. « Il y a un vide à l’intérieur de Trump. Il n’a pas d’âme. Il n’a pas de cœur. »

La troisième chose qui a servi à fabriquer l’image de Trump comme héros milliardaire, soit l’équivalent du saint dans la religion de l’argent, c’est l’émission de télé-réalité "The Apprentice", co-produite par Trump lui-même et diffusée à partir de 2004, dans laquelle il dispense ses jugements et ses conseils en matière de business. Dans cette émission comme dans ses livres, Trump se vent lui-même.

Le milliardaire endetté

Deuxième clé : Trump a été élu grâce à son image de réussite sociale flamboyante. En réalité, Trump n’est même pas le génie des affaires, le champion de la négociation qu’il prétend être. La publicité qu’il fait de lui-même est mensongère. Trump n’est pas un self-made man, mais un self-made myth. Alors qu’il a toujours prétendu n’avoir reçu qu’un petit million de son père pour se lancer en affaire, une enquête du New York Times parue le 2 octobre 2018 révèle qu’il a reçu plus de 400 millions de dollars de son père, par des artifices divers visant à contourner les droits de succession.

Non seulement il a reçu cette fortune initiale sans rien faire, mais il l’a investie dans des affaires foireuses, notamment trois casinos à Atlantic City. Trump a déclaré faillite six fois dans sa carrière. Son casino Taj Mahal a déposé le bilan 15 mois seulement après son ouverture (qu’on m’explique comment un casino peut faire faillite). D’autres faillites ont suivi dans les années 1990 et 2000 : le Trump Castle et le Trump Plaza Hotel en 1992, puis Trump Hotels & Casino Resorts en 2004, avec 1,8 milliards de dette, puis Trump Entertainments Resorts en 2009 et 2014.

Dès les années 90, Trump était endetté à hauteur de 5 milliards de dollars, dont un milliard à titre personnel (un anti-milliardaire, en somme). C’est alors qu’un groupe de banquiers représenté par Wilbur Ross, ancien directeur de Rothschild Inc., a décidé de le renflouer (Trump récompensera Wilbur Ross par le poste de Secrétaire au commerce en 2016). Selon les propos tenus par l’avocat spécialisé en immobilier Alan Pomerantz sur CNN en 2016, parlant au nom des banquiers : « Nous avons décidé qu’il nous serait plus utile vivant que mort (au sens économique) … Nous l’avons maintenu en vie pour qu’il nous aide » (voir l’enquête de John Hankey, et l’article du magazine Forbes).

En conclusion, lorsque Trump se présentait, durant sa campagne de 2016, comme un homme riche et donc indépendant, et comme un champion du deal, il mentait doublement. Nous aurions pu le savoir. Trump était le candidat présidentiel le plus vendu de l’histoire des États-Unis. La différence avec ses concurrents est que ces derniers se vendaient au plus offrant durant leur campagne électorale, alors que Trump était acheté depuis longtemps.

La méthode Roy Cohn

Troisième clé : S’il est un entrepreneur raté, Trump est-il au moins un homme honnête ? On peut déjà se douter de la réponse sachant qu’il s’est spécialisé dans les casinos, car tout le monde sait que les casinos sont tenus par le crime organisé et servent au blanchiment d’argent. (Et, en passant, un homme qui se spécialise dans les casinos peut-il vouloir le bien de l’humanité ?)

Trump a été impliqué dans plus de 4000 procès. Est-ce le signe d’un homme honnête ? Son premier procès, qui date de 1973, est très révélateur. Trump était accusé par l’État fédéral de discrimination raciale dans la gestion et la location d’immeubles construits avec des aides publiques. Il a embauché à cette occasion l’avocat Roy Cohn, qui lui a donné comme principe de défense la règle suivante :

- Premièrement, n’admets jamais ta culpabilité. Nie tout en bloc.

- Deuxièmement, retourne l’accusation en attaquant ton adversaire. Harcèle-le en justice pour lui faire regretter de t’avoir attaqué.

- Troisièmement, travaille les médias sans relâche. Peu importe si tu perds en justice, l’important est de gagner sur la scène médiatique. Impose ton narratif en diabolisant tes ennemis.

Trump en a fait sa règle d’or.

L’ « art du mensonge », et non l’art du deal, est l’essence du personnage Trump. La liste de ses mensonges avérés est si longue qu’on peut raisonnablement le qualifier de menteur pathologique. Le menteur pathologique est un homme pour qui la notion de vérité n’a aucune signification, et qui par conséquent ment sans même s’en rendre compte. Il ment même lorsqu’il n’en a pas besoin, pour reprendre une description que Robert Kennedy appliquait à Lyndon Johnson.

Trump profère des mensonges énormes sur tout et répète ses mensonges inlassablement. Plusieurs personnes ayant été proches de Trump (comme son ancienne directrice de la communication Stephanie Grisham) ont rapporté que Trump pense qu’il suffit de répéter quelque chose des milliers de fois pour que cela devienne la vérité.

Les gros mensonges de Trump sont nombreux. Par exemple : « J’ai arrêté huit guerres » (donc « je mérite le Prix Nobel de la Paix »). En 2024, Trump déclare: « Je suis le seul président de l’histoire moderne à avoir quitté ses fonctions avec une dette publique inférieure à celle qui existait à mon arrivée au pouvoir. » En réalité, sous sa présidence, la dette a augmenté de 7,8 trilliards, soit une augmentation record de 40 pour cent.

L’un des plus gros mensonges de Trump est la mise en scène du 13 juillet 2024 à Butler. C’est un mensonge tellement énorme que personne n’ose le dénoncer publiquement, parce que l’idée même d’un tel mensonge paraît obscène, insupportable, indicible. Tout le monde préfère faire semblant d’y croire que de se risquer à une accusation aussi grave. C’est une bonne illustration de la « loi du gros mensonge » énoncée par un célèbre Autrichien moustachu en 1925 : la masse populaire écrit-il, « sera plus facilement victime d’un grand mensonge que d’un petit » car « elle ne commet elle-même, en général, que de petits mensonges, tandis qu’elle aurait trop de honte à en commettre de grands. » (Il ajoute que « ceux qui connaissent le mieux cette vérité […] ont été de tous temps les Juifs. »)

Trump et Epstein

Quatrième clé : Trump a été élu sur la promesse de déclassifier le dossier Epstein. Or, une fois à la Maison Blanche, personne ne s’est opposé plus fermement à cette déclassification, parlant du dossier Epstein comme d’un « canular démocrate ». « Cela va nuire à mes amis », aurait dit Trump à Marjorie Taylor Green pour la dissuader de se joindre aux Démocrates dans une résolution visant à exiger cette déclassification. MTG fait encore cette révélation stupéfiante : « Trump m’a envoyé un SMS pour me dire que si mon fils venait à être tué, je le mériterais parce que je l’avais trahi. Voilà quel genre de président nous avons. »

Trump a tout fait pour empêcher que les dossiers Epstein ne soient rendus publics. Et pour cause : son nom apparaît plus de 38 000 fois dans les documents récemment divulgués. C’est le nom le plus souvent mentionné. On trouve dans ces documents des allégations contre lui de viols sur des filles de 13 à 15 ans, dans son club de golf en Californie. Rien de cela n’est vraiment nouveau. On savait dès 2021 que les carnets de vol de l’avion d’Epstein attestent que Trump avait voyagé sept fois sur son avion entre 1993 et 1997, alors qu’il prétendait n’y être jamais monté. Trump et Epstein étaient voisins à Palm Beach en Floride (leurs résidence se trouvaient à 3 kilomètres l’une de l’autre), et ont été très proches pendant 15 ans. On dispose maintenant de nombreux échanges de courriels entre Trump et Epstein, mais dès 2002, il avait déclaré au New York magazine en 2002 : « Je connais Jeff depuis 15 ans. Un mec super. On s’amuse beaucoup avec lui. Il aime les belles femmes autant que moi, et certaines sont dans la catégorie jeune (on the younger side). » Il existe une multitude de photos de Trump avec Guislaine Maxwell et Jeffrey Epstein, et des images vidéo d’une fête organisée en 1992 par Epstein à Mar-a-Lago (villa de Trump à Palm Beach), avec de jeunes adolescentes.

Trump est un délinquant sexuel avéré, qui a fait l’objet de 28 plaintes pour harcèlement ou viol. Il s’est lui-même vanté de s’introduire dans les vestiaires des jeunes filles concourant dans les concours de beauté dont il est propriétaire. Dans un enregistrement audio datant de 2006, il déclare que sa limite d’âge minimale pour coucher avec une fille est de 12 ans.

Il n’y avait donc aucune raison objective de penser que Trump n’était pas l’un des hommes les plus compromis dans le trafic sexuel d’Epstein.

Mais Trump nous a bluffé par la méthode Roy Cohn. Avant même que l’affaire ne l’éclabousse, il a pris les devants pour se mettre du côté des accusateurs, et même s’arranger pour apparaître comme celui qui a fait tomber Epstein, tout en lançant des accusations contre tous ses adversaires, démocrates en priorité. Ce n’est pas une coïncidence si le mouvement QAnon, dénonçant les élites pédophiles démocrates, a pris de l’ampleur au moment où le scandale Epstein faisait la une de la presse grand public.

N’oublions pas aussi que Trump était au pouvoir lors du « suicide » d’Epstein, qui était certainement soit un assassinat, soit une exfiltration. Il était très déraisonnable d’avoir préféré soupçonner les Clinton.

Pour conclure sur la proximité entre Trump et Epstein, il faut encore mentionner que Melania Trump est issue de ce milieu (Melania est slovène, bien que Trump l’ait présentée originellement comme autrichienne). Il existe une déposition d’un proche d’Epstein affirmant que c’est Epstein qui l’a présentée à Trump. On peut choisir de croire Melania, qui vient de démentir publiquement cette allégation, mais la version officielle n’est pas beaucoup plus honorable: Melania aurait été présentée à Trump par Paolo Zampolli, propriétaire d’une agence de mannequins recrutant en Europe de l’Est, proche de Jeffrey Epstein et de son partenaire français Jean-Luc Brunel. La modèle brésilienne Amanda Ungaro, amante de Zampolli pendant vingt ans et mère de son fils, que Zampolli a demandé à Trump de faire déporter il y a quelques mois par ICE, vient de livrer son témoignage accablant sur la proximité de Donald et Melania Trump avec Epstein. Zampolli, affirme-t-elle, recrutait des filles pour Epstein. Zampolli, marchand de mannequin par profession, est maintenant un envoyé spécial de Trump.

Enfin, rappelons qu’Erika Kirk, dont le comportement après l’assassinat de son mari (10 septembre 2025) a été pour le moins étrange, est une créature de Trump. En 2012, Erika était Miss Arizona dans un concours qui est la propriété de Donald Trump. Selon certaines rumeurs, elle aurait été présentée à Charlie Kirk par Donald Trump.

La chute

Trump est un con-artist ou con-man. On traduit généralement ces expressions par « escroc », mais le mot anglais a une connotation de manipulation psychologique plus forte que « escroc ». Con est un raccourci pour confidence : le con-artist est quelqu’un qui gagne la confiance de ceux qu’il veut escroquer. Il crée un rapport d’empathie et de confiance. C’est un “artist” dans le sens où son savoir-faire est sophistiqué et peut s’apparenter à une forme de génie. Il est un peu comme un prestidigitateur.

Trump correspond au profil du con-artist tel qu’il est analysé par Maria Konnikova dans "The Confidence Game", où elle écrit : « Le véritable con-artist ne nous oblige à rien ; il nous rend complices de notre propre perte. Il ne nous vole rien. C’est nous qui lui donnons. » Il ne nous contrôle pas, c’est nous qui nous livrons à lui.

Cependant, arrive généralement un moment où la victime du con-artist comment à se poser des questions. Ainsi, parmi les déçus de Trump, l’idée d’un faux attentat à Butler a récemment commencé à se répandre, depuis la révélation de Joe Kent sur les obstructions de Trump à toute enquête (lire la discussion lancée par Trisha Hope et relayée par Marjorie Taylor Green, ou ce post mentionnant Tim Dillon et Emerald Robinson).

Mentir demande toujours une bonne dose d’énergie mentale, même pour un menteur aguerri comme Trump, car l’homme qui ment comme il respire doit constamment se rappeler les mensonges qu’il a déjà proférés pour ne pas se contredire. Le vieillissement s’accompagne d’une baisse d’énergie mentale, et Trump s’emmêle constamment dans ses mensonges. Il n’a plus la vigilance nécessaire pour savoir où s’arrêter, ni même probablement la volonté de rester crédible. Il ment par habitude. Non seulement, il ne maîtrise plus l’art du mensonge, mais ses propos délirants rendent sa pathologie narcissique évidente. En janvier, par exemple, un correspondant du New York Times a demandé à Trump s’il voyait des limites à l’exercice de son pouvoir à l’échelle mondiale. « Oui, il y en a une. Ma propre morale. Ma propre conscience. C’est la seule chose qui puisse m’arrêter », a-t-il répondu, ajoutant : « Je n’ai pas besoin du droit international. » Nous avons à faire à un dangereux narcissique mégalomane.

Outre Tony Schwartz, le ghost-writer de Trump cité plus haut, nombreuses sont les personnes qui, après avoir fréquenté ou étudié Trump, ont reconnu en lui un narcissique profond. En 2019, George Conway écrivait pour la revue The Atlantic un article posant ce diagnostic, avec de nombreux témoignages à l’appui. En relisant son article aujourd’hui, on est frappé par l’évidence, cette évidence que nous avons refusée de voir, parce qu’elle nous était présentée par les Démocrates, que nous jugions totalement inaudibles.

Selon le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (MSD en anglais), «le trouble de la personnalité narcissique se caractérise par une tendance omniprésente à la mégalomanie, au besoin d’adulation et au manque d’empathie. » Le narcissique est absorbé par le sentiment de sa propre grandeur, et obsédé par le besoin de projeter une image grandiose de lui-même. Le diagnostic de narcissisme recoupe celui de la sociopathie ou psychopathie, un trouble de la personnalité caractérisé par une soif de pouvoir et une tendance à la manipulation. Le narcissique psychopathe pompe votre énergie mentale et neutralise votre volonté de résistance. Le témoignage de Tucker Carlson dans son interview avec le New York Times publié ce 2 mai, est à ce titre intéressant. Carlson évoque le pouvoir « envoûtant » de Trump, qui « a pour effet d’affaiblir les gens qui l’entourent, de les rendre plus dociles et plus désorientés. J’en ai moi-même fait l’expérience. Vous passez une journée avec Trump et vous vous retrouvez dans une sorte de monde onirique (dreamland). » Ce qu’il décrit là est un environnement sectaire.

Le narcissisme et la mégalomanie de Trump se manifestent aujourd’hui dans ses projets de monuments à sa gloire. Tout récemment, il annonce la construction à Washington d’un arc de triomphe de 75 mètres de hauteurs (trois fois plus haut que celui de Napoléon à Paris). Cet « Arc de Trump », comme il est déjà appelé, sera « le plus grand et le plus beau arc de triomphe au monde », a posté Trump sur son Truth Social (en majuscule bien sûr), trois jours après avoir annoncé le cessez-le-feu avec l’Iran.

Peu avant, il a présenté son projet de bibliothèque présidentielle de Trump à Miami, un gratte-ciel gigantesque qui serait aussi (surtout) un hôtel, exhibant dans le hall d’entrée l’avion Air Force One et comprenant une immense salle de spectacle avec une gigantesque statue dorée de Trump (voir la parodie ici). Ses projets mégalomaniaques comprennent également la construction d’une salle de bal de 400 millions de dollars dans l’aile Est de la Maison blanche, pour laquelle il a fait raser un bâtiment historique classé.

Ajoutons à cela la décision de Trump d’ajouter son nom au complexe artistique et à la salle de concert du Kennedy Center, rebaptisé Trump Kennedy Center. Il a également inscrit son nom sur l’aéroport de Palm Beach, sur l’Institut américain pour la Paix, sur le boulevard menant à Mar-a-Lago, et projette de mettre sa signature sur les nouveaux billets américains. De son propre aveux, il a envisagé de renommer le Golfe du Mexique le Trump Gulf, plutôt que le Golfe de l’Amérique. Et voilà qu’il a décidé de mettre sa photo et sa signature en lettres dorées sur les passeports américains.

La pathologie de Trump est aujourd’hui un sujet mainstream, et pas seulement chez les Démocrates. Un ancien avocat de Trump, Ty Cobb, qui a occupé le poste de conseiller spécial à la Maison Blanche pendant son premier mandat, déclare publiquement qu’il « a constaté une détérioration significative de l’état mental de Trump et que celui-ci n’est pas apte à exercer ses fonctions ». The Atlantic rapporte le témoignage d’un proche de longue date de Trump qui a souhaité rester anonyme : « Trump répète depuis peu qu’il est l’homme le plus puissant qui ait jamais existé. Il veut qu’on se souvienne de lui comme de celui qui a accompli ce que personne d’autre n’aurait pu faire, grâce à son immense pouvoir et à sa force de volonté. » Le 17 avril, le Washington Examiner titre « Donald Trump perd la tête »:

« Un homme de 79 ans qui a longtemps semé le chaos est aujourd’hui rongé par ce chaos. Ses crises se multiplient, ses bons jours se font de plus en plus rares. Ce qu’il a perdu, ce n’est pas le sens de la décence ou des bonnes manières—il n’en a jamais eu—, mais le peu de maîtrise de soi qui lui restait. Tout son entourage s’en rend compte. Pourtant, que ce soit par ambition, par lâcheté ou par résignation, ils continuent de chercher des moyens de rationaliser son comportement. La tragédie n’est plus celle de Trump. C’est désormais celle de l’Amérique. »





La confrontation inquiétante de Trump avec le pape Léon XIV





par Alfredo Jalife-Rahme


La confrontation entre le président des États-Unis, Donald Trump, et le pape des catholiques, Léon XIV, n’ouvre pas seulement une querelle politico-théologique. Elle est aussi un affrontement entre un grand pays et une Église mondiale. En s’aventurant dans ce domaine, Washington risque à la fois de provoquer une guerre civile et un conflit global.


Inédit : le pape augustinien Léon XIV, premier pontife états-uno-péruvien, a répondu qu’il n’avait « pas peur » des invectives déplacées de Trump [1]. Il est incompréhensible, d’un point de vue géopolitique et politique, que Trump — membre de l’aile conservatrice des presbytériens aux États-Unis, qui sont en chute libre, avec environ 1,5 million de paroissiens — se permette d’entrer en collision avec le représentant spirituel d’une église très importante, tant au niveau mondial que national aux États-Unis.

Selon l’Annuaire Pontifical 2026, les catholiques sont au nombre de 1,4 milliard dans le monde : 17,8 % des 8,3 milliards d’habitants de la planète entière [2]. Selon le Pew Research Center, les catholiques (adultes, adolescents et enfants compris) représentent 22 % des habitants des États-Unis. Lors de la récente fête de Pâques, les nouveaux convertis de nombreux diocèses américains ont atteint une augmentation impressionnante de 38 %, en particulier chez la génération Z.

Le Bureau du recensement des États-Unis, très controversé et biaisé, qui jongle avec les données selon ses intérêts ethniques et religieux, a donné lieu à une manipulation de la dichotomie ethnique entre « catholiques blancs » et « catholiques hispaniques ». Selon le Pew Research Center, les « catholiques blancs non hispaniques » représentent 54 % de tous les catholiques adultes (sic) contre 36 % pour les « catholiques hispaniques », alors que le nombre de catholiques asiatiques (4 %) et afro-américains (2 %) est très marginal.

Depuis 2007, les catholiques blancs ont diminué de 10 % face à la hausse de 7 % des catholiques hispaniques, et maintenant, pour des raisons démographiques, la génération Z et les millennials détiennent une part hispanique de 40 % contre 50 % de catholiques blancs non hispaniques en déclin.

Quelles que soient les arguties dans le comptage, la réalité est que la totalité des catholiques constitueront bientôt, dans tous les cas, le fief des Hispaniques, en particulier des adorateurs mexicains de la Vierge de Guadalupe qui constituent la majorité des Latinos (et compte d’innombrables incroyants). Sur les 68 millions d’Hispaniques aux États-Unis (20 % de la population totale), les Mexicains représentent 57 %, dont l’écrasante majorité est catholique, sans parler des « guadalupanos » éventuellement non baptisés [3]

Pour la première fois depuis 2004 (sic), un républicain, en l’occurrence Trump, a remporté 54 % du vote catholique national total — en particulier les catholiques blancs (54 %) – face à Kamala Harris (44 %). Les catholiques hispaniques s’étaient exprimés en faveur de la candidate démocrate, en particulier dans son fief de Californie.

Le pape augustinien Léon XIV a donc pris le temps de répondre, en résonance avec le Sermon sur la montagne, aux invectives de Trump, lors de sa visite dans le pays islamique sunnite d’Algérie : « Le cœur de Dieu est déchiré par les guerres, la violence, les injustices et les mensonges. Mais le cœur de notre Père n’est ni avec les méchants, ni avec les arrogants, ni avec les orgueilleux : le cœur de Dieu est avec les petits et les humbles, et avec eux il porte son royaume d’amour et de paix, jour après jour. Là où il y a amour et service, il y a Dieu » [4].

L’Algérie fait partie du voyage africain de 11 jours du pontife dans trois autres pays : le Cameroun, l’Angola et la Guinée équatoriale. Les chrétiens en Afrique, dans toutes leurs dénominations (catholiques, protestants, orthodoxes), représentent 62 % de la population (environ 700 millions) et sont en forte concurrence avec les musulmans (600 millions). Les catholiques seuls, sans les protestants, représentent quant à eux 20 % de la population africaine.

Nous ne pouvons pas non plus ignorer la géopolitisation de la religion musulmane, qui représente 2 200 millions d’habitants, se reconnaissant dans l’Organisation de coopération islamique (OCI) de 57 pays, où l’Indonésie (243 millions) et le Pakistan (241 millions) se distinguent — tous deux cultivant d’excellentes relations avec les États-Unis, dans la phase Trump — sans perdre de vue les 200 millions en Inde et les 151 millions au Bangladesh.

Dans sa nouvelle croisade « sioniste évangélique » et en alliance avec Pete Hegseth (secrétaire à la Guerre philo-talmudique) — grand allié de Netanyahu — a ouvert une boîte de Pandore menaçante de guerres religieuses internes et externes. Le genre de choses qui ne finit jamais bien.

Alfredo Jalife-Rahme

Traduction
Maria Poumier

Source
La Jornada (Mexique)
Le plus important quotidien en langue espagnole au monde.




jeudi 7 mai 2026

Les nuances de l’Antéchrist-bouffe



Il y a à peine un an, vous n’auriez pas cru que l’on puisse juger que le président Trump est l’Antéchrist ; aujourd’hui, oui. A peine un petit correctif (notre lubie) : oui, mais alors “Antéchrist-bouffe” parce qu’avec Trump c’est inévitable. Ainsi Kevin Barrett développe-t-il cette thèse très intéressante, et si dans l’air du temps avec l’ami-Bibi. Mieux encore : Barrett se demande si les Américains, y compris lui-même, « Moi, cet antiTrump imbu de moi-même », – ne sont pas les responsables. Étrange, inquiétante question...


“Antéchrist-bouffe”, il est inutile de dévoiler de qui nous voulons parler. Comme on dit, c’est plié... D’ailleurs, il s’était paré des vêtements du Christ sur une photo-AI réalisée par ses services, pour indiquer, par simple regard inverti, de qui l’auteur Kevin Barrett veut nous entretenir.


D’ailleurs, il suffit de suivre la définition-signification proposée avec sagesse par l’IA pour être fixé, – et notamment au profit de notre culture extrêmement ténue :

« L'Antéchrist est une figure eschatologique chrétienne, définie comme l'adversaire suprême de Jésus-Christ et de Dieu, apparaissant avant la fin des temps. Souvent confondu avec un ennemi "avant" le Christ, le terme dérive du grec antikhristos, signifiant “contre” ou “à la place du Christ”. Il symbolise un imposteur ou un tyran qui détourne la foi. »

Barrett, antiTrump certifié conforme à 100% en même temps qu’antiSystème notoire, s’attelle à la tâche de montrer qu’après tout, ce président qui réalise ces photos-AI de lui en Jésus pour clouer le pape Léon (autre querelle grandiose-bouffe en-cours) au moins au pilori, si ce n’est sur la croix, Barrett donc se lance dans la tâche de nous montrer qu’après tout Trump ferait un bon Antéchrist. Comme il le précise, l’Antéchrist « suit les traces de Satan, le père du mensonge », ce qui tient fort bien du Trump. La démonstration est enlevée, sinon évidente, après quelques étourdissantes cavalcades dans les chapelets sans fin de mensonges trumpistes sur toutes les affaires traitées où sont affirmés tout et son contraire, à la vitesse d’un canon à tir rotatif de multiples tubes, type-‘GatlingGun’, – comme le 30mm à 4000 coups/minute, ce monstre autour duquel on a fabriqué le A-10.

Tenez, après cette espèce de cascade en forme de ‘Vertigo’, voilà que Barrett se jette à l’eau. Le voilà, le voilà, on le tient cet Antéchrist-bouffe !

"Trump se représentera peut-être en 2028 (bon courage !), mais il semble bien briguer le rôle de l’Antéchrist. À bien des égards, il est un meilleur candidat que son maître Netanyahou, qui n’a jamais prétendu être un artisan de paix ni avoir de sentiments positifs envers les chrétiens et le christianisme. (Rappelons que l’Antéchrist trompe les gens en leur faisant croire qu’il est du côté du Christ.)

L'Antéchrist suit les traces de Satan, le père du mensonge. Et Trump a assurément porté l'art du mensonge politique à des sommets, ou plutôt des abîmes, d'absurdité risible..."

Mais là n’est pas le plus intéressant. Après ces défilés kaléidoscopico-vertigo d’images sur les facéties de Trump, le ton de Barrett devient peu à peu plus grave. Il aborde un problème plus fondamental : et nous, Américains ? Nous, ceux qui ont voté pour Trump ? Mais même les autres, adversaires de Trump ? Nous tous, Américains, qui vont sans pour autant se demander comment il se fait que ce pays que nous chérissons, que nous présentons au monde entier comme le modèle des modèles, ait pu accoucher d’une situation pareille où l’on trouve l’Antéchrist-bouffe à la tête des affaires, allant jusqu’à attaquer le pape, lui-même Américain, comme on ferait dans un talk-show de cette foutue télévision dont nous sommes les prisonniers, les otages et les protecteurs comme l’on est souteneur ? Cette foutue télévision qui est peut-être le miroir où nous devons nous regarder ?

“Nous tous Américains”, y compris lui-même, Barrett, – « Moi, cet antiTrump imbu de moi-même », – ne sont-ils pas le “peuple-fondateur” de cet Empire du mensonge élevé à la gloire de la bannière étoilée ? C’est la principale et angoissante question, – car la poser, n’est-ce pas..., – qui conclut ce texte commencé comme une pochade de music-hall :

« Maintenant que Trump s'effondre, le masque tombé et son crâne diabolique arborant un sourire infernal sous sa casquette MAGA, ceux qui ont été dupés par ses manœuvres trompeuses ont une occasion unique de se repentir. Ils devraient se demander : comment ai-je pu tomber dans le piège de ce serpent ? Quelle part de moi a résonné avec son énergie d'Antéchrist ? Une partie de moi est-elle tombée dans le gouffre nauséabond du narcissisme de Trump, au point de ressentir le besoin de nourrir mon ego par procuration en m'identifiant à ce monstre ? Comment puis-je me détacher de cette part de moi-même, m'en détacher complètement et m'abandonner entièrement à Dieu ?

Mais même ceux qui détestent Trump devraient se remettre en question. Le comportement outrancier de Trump n'est-il pas le reflet fidèle de ce que sont devenus les États-Unis ? Voter pour Harris, Biden ou Obama, tous membres de la même classe qu'Epstein, était-ce un acte d'aveuglement volontaire… voire un mensonge colossal ? Moi, cet antiTrump imbu de moi-même, suis-je vraiment supérieur à tous ces crétins MAGA que je méprise ? Me croire meilleur qu'eux ne relève-t-il pas du même égocentrisme pathologique que celui dont Trump fait preuve ? Trump admet être là pour voler le pétrole et servir les intérêts des Adelson, tandis que ceux pour qui j'ai voté ont inventé des mensonges mielleux que j'ai tolérés et, implicitement, approuvés. Se pourrait-il que je ne sois finalement meilleur que les électeurs de Trump que sur un seul point : l'hypocrisie ?

Alors allez-y : fixez la télévision, contemplez le visage de Trump et admettez que votre télévision est un miroir.

Nous avons rencontré l'Antéchrist, et c’est nous-même. »


La belle tirade pour clore ce texte, et sur un ton gravissime qu’il faut prendre au sérieux car il touche quelques angles aigus de la mécanique et la métaphysique de notre GrandeCrise de la modernité.., Enfin, puisqu’il s’agit des Américains d’une façon générale, nous avons, de notre côté, étudié les outils que nous avons habillés audacieusement de l’expression de “technologie psychologique”, qui à notre sens caractérisent la psychologie de l’américanisme et le caractère qui en découle, toutes choses conduisant à mieux comprendre les circonstances dont l’aboutissement est ce personnage de l’Antéchrist-bouffe marquant effectivement l’effondrement de l’Amérique, et de notre civilisation.

En effet, si nous n’avons pas dit mot des Européens, de nous-mêmes par conséquent, c’est qu’il n’y a pas grand’chose à dire dans le temps-courant. Mais nous sommes persuadés que ce que l’on nomme “américanisation”, plus encore que la culture, affecte l’infection américaniste qui a gagné notre propre psychologie, – l’américanisation comme transmutation de notre psychologie par les caractères américanistes de la psychologie. Tout cela est rapidement rappelé dans une reprise, dans un texte du 26 mai 2023 :

« Il est vrai que les USA sont protégés comme par une cuirasse infranchissable de toute perception acceptable de la réalité du monde (autre définition de la folie) par deux phénomènes, sortes de “technologies psychologiques” absolument impénétrables. Nous en parlons et nous les répétons souvent car nous pensons qu’il faut se convaincre du phénomène et en prendre la mesure et les conséquences. Ces deux “technologies psychologiques” (nous adoptons ce terme pour marquer combien tout est de moins en moins humain dans l’américanisme, jusqu’à l’humain lui-même, car la folie fait son œuvre) sont deux traits psychologiques qui relèvent de la féérie-fantasy propre à l’américanisme, et qui sont aujourd’hui exacerbées jusqu’à la folie, – soit l’inculpabilité (“sentiment de l’absence à terme et décisivement de culpabilité de l’américanisme quelle que soit son action”) et l’indéfectibilité (“sentiment de la certitude [de l’américanisme] de ne pouvoir être battu dans tout ce qui figure conflit et affrontement”), tels qu’ils sont explicités dans [ce texte] qui rappelle leurs caractères... ». (22 octobre 2022)

Voici donc le texte de Kevin Barrett, du 13 avril 2026, sur ‘UNZ.com’. Le titre est repris, et un sous-titre l’accompagne, qui nous dit que « Même le pape commence à le remarquer »
dedefensa.org

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Le président américain Donald Trump est en train de connaître la chute la plus spectaculaire et la plus fracassante de l'histoire et des sciences politiques. Chaque matin, le monde entier se demande : « Quelle nouvelle folie incohérente, autodestructrice, voire complètement démente va-t-il encore commettre ? »

Nouvelle bourde de Trump : il va bloquer le blocus iranien ! Après avoir récemment levé les sanctions sur le pétrole iranien, finançant ainsi la guerre défensive de l'Iran, sous prétexte qu'« il nous faut plus de pétrole sur les marchés mondiaux pour éviter une flambée des prix », Trump va maintenant tenter d'empêcher ce pétrole de sortir du pays. Autrement dit, Trump espère résoudre un problème qui n'existait pas le 27 février – le détroit d'Ormuz est fermé au trafic de criminels de guerre – en le fermant encore davantage ! Il va essayer de résoudre le problème de la hausse des prix du pétrole et des engrais, qui risque de provoquer un effondrement économique mondial, en bloquant encore plus de pétrole et d'engrais.

Tel un lapin pris au piège du goudron, Trump oscille frénétiquement entre des “solutions” extrêmes qui ne font qu'aggraver le problème. Vous n'obtenez pas tout ce que vous (ou Bibi) voulez de l'Iran ? Assassinez leur dirigeant, ce gentil grand-père, et une école pleine de petites filles. Oh ! Ils ripostent courageusement et efficacement ? Mentez et dites qu'ils sont en train de perdre, en vous basant sur vos compilations quotidiennes de deux minutes de destructions. Catastrophe lors de votre tentative de prise d'uranium ? Dites que c'était une opération de sauvetage réussie. Les mensonges ne fonctionnent pas ? Menacez de génocide toute la civilisation iranienne. Ils ne bronchent pas ? Dites que vous acceptez leurs dix points comme base de négociations, puis contredisez-vous sans cesse. Les négociations échouent à cause de l'incohérence de votre camp ? Bloquez leur blocus… et s'ils bloquent votre blocage de leur blocus, eh bien, vous pouvez toujours les surpasser en bloquant leur blocage de votre blocage de leur blocus .

Depuis 2015, je qualifie Trump d'instable, de narcissique et de simplet, un chef de file de la Kosher Nostra déguisé en « populiste » manipulé. Son incroyable aventure iranienne rallie de nombreuses personnes à cette opinion. Mais même avant le fiasco iranien, il était clair que le Narcissique en chef perdait la tête, et qu'il n'en avait probablement jamais eu beaucoup au départ. Il y a presque un an, AJ Smuskiewicz , qui a voté pour Trump à deux reprises, a enfin pris conscience de ce problème qui ne cessait de s'aggraver.

« Trump : L'OTAN et les États-Unis ont provoqué la Russie pour qu'elle envahisse l'Ukraine. Poutine a envahi l'Ukraine sans provocation car il veut s'emparer de tout le pays, et peut-être aussi de la Pologne. La Russie est en train de gagner la guerre et a tous les atouts en main. La Russie n'est pas en train de gagner la guerre et n'a aucun atout en main. L'Ukraine pourrait peut-être rejoindre l'OTAN. L'Ukraine ne pourra jamais rejoindre l'OTAN. Poutine veut la paix. Poutine ne veut pas la paix, donc nous allons imposer des sanctions écrasantes à la Russie. Il n'y aura plus de sanctions contre la Russie. Zelenski veut la paix. Zelenski ne veut pas la paix. Nous allons stopper toutes les livraisons d'armes à l'Ukraine. Nous allons envoyer des armes plus nombreuses et de meilleure qualité à l'Ukraine. L'Ukraine doit organiser des élections. L'Ukraine n'a pas besoin d'organiser d'élections. Nous avons un accord minier. Nous n'avons pas d'accord minier. Aucune troupe européenne ne devrait être en Ukraine. Des troupes européennes devraient être en Ukraine. Les États-Unis devraient cesser toute implication en Ukraine. Les États-Unis devraient prendre le contrôle des centrales électriques ukrainiennes. Je parle à Poutine. Je ne parle pas à Poutine. Je viens de parler à Poutine. Qui est Poutine ?

Israël doit en finir avec Gaza et tout faire pour éliminer le Hamas et gagner la guerre. Israël doit mettre fin aux combats et aux massacres à Gaza. Les habitants de Gaza souffrent et aspirent à la paix. Nous les aiderons. Les habitants de Gaza ne veulent pas la paix. Ce sont des terroristes et ils doivent être anéantis. Israël peut expulser tous les Palestiniens et prendre le contrôle de Gaza. Je vais acheter Gaza et y construire des complexes hôteliers et des casinos. Ce sera magnifique pour tout le monde ! Netanyahou est un salaud et je le hais. Je viens de faire une fellation à Bibi dans le Bureau ovale sous le regard de Miriam, et je leur ai dit à tous les deux que je ferai tout ce qu'ils me demanderont.

Nous avons totalement écrasé les Houthis, ces faibles et malfaisants combattants du Yémen. Les Houthis sont des combattants courageux et puissants. Ahmed al-Sharaa est un terroriste dangereux, sa tête est mise à prix pour 10 millions de dollars. Ahmed al-Sharaa est un homme très séduisant, au passé prestigieux. Il sert un thé délicieux, et j'adore sa barbe ! L'Iran a le droit d'enrichir l'uranium pour son programme nucléaire. L'Iran doit cesser tout enrichissement d'uranium et mettre fin à son programme nucléaire.

J'adore les droits de douane ! Ils seront de 10%. Non, 20%. 25%. Attendez, 50% ! Bon, et 125% ? Vous y croyez ? 145% ! Attendez un peu, je vais les fixer à 1000 ... »

Si la démence signifie ne plus se souvenir de ce qu'on vient de dire et de faire, alors Trump est dément depuis longtemps… peut-être même depuis toujours. Comme je l’écrivais en octobre 2018 , après la publication du livre de Bob Woodward , « Fear : Trump in the White House », qui révélait que des collaborateurs sabotaient régulièrement les ordres écrits de Trump en volant les documents sur son bureau :

Le livre de Woodward, Fear, confirme l'affirmation de Michael Wolff dans Fire and Fury selon laquelle pratiquement tous ceux qui ont travaillé avec Trump considèrent le président comme un imbécile. Le secrétaire à la Défense, James ‘Mad Dog’ Mattis, aurait déclaré que Trump se comporte et comprend comme « un enfant de 10 ou 18 ans ». Woodward confirme également les propos de l'ancien secrétaire d'État Rex Tillerson, qui aurait qualifié Trump d'« imbécile ». De nombreux autres conseillers de Trump partagent cet avis. Un seul membre de la Maison-Blanche pense que Trump est un « génie très stable », et nous savons tous de qui il s'agit.

L'homme le plus puissant de la Terre est donc un fou souffrant de déficiences cognitives qui a déclenché une guerre et un effondrement économique mondial sans cesse aggravés, qu'il est incapable de réparer, car non seulement il est intellectuellement incapable de comprendre la réalité, mais c'est en plus un narcissiste pathologique qui ne peut admettre sa défaite, or admettre sa défaite est la seule issue.

Que devrions-nous faire à ce sujet ?

En tant qu'Américains, nous devons examiner Trump de près, puis nous regarder nous-mêmes dans le miroir, et faire face à la vérité dérangeante que Walt Kelly a révélée à l'époque de la guerre du Vietnam :

Non seulement nous, les Américains, sommes les méchants, mais l’ennemi désigné, les Iraniens, sont de véritables héros.

Comme les Juifs, nous autres Américains aimons nous croire élus de Dieu. Et comme les Juifs, nous devenons narcissiques et nous comportons comme les scélérats élus de Dieu.

Soyons francs : nous sommes les méchants dans ce conflit. Il n’y a pas d’autre mot. Il n’y avait aucune raison valable, ni même une raison valable, d’attaquer l’Iran. Comme le soulignent avec justesse certains dirigeants catholiques, il ne s’agit pas d’une guerre juste. Et si les guerres d’Irak, d’Afghanistan, du Vietnam et de Corée étaient elles aussi manifestement injustes – et n’évoquons même pas la Seconde Guerre mondiale, largement mythifiée –, la guerre insensée menée par Trump contre l’Iran a, en quelque sorte, levé le voile et exposé au monde entier le véritable visage de cet empereur belliciste et dément.

L'Écriture nous enseigne que Dieu ne changera pas la condition d’un peuple tant que celui-ci ne se changera pas lui-même. Il est temps que les Américains se regardent en face, qu'ils y voient un reflet qui ressemble étrangement à Trump, qu'ils remarquent les cornes et la queue… et qu'ils changent de camp pour se ranger du côté de Jésus, et non de l'Antéchrist.

Suis-je en train de dire que Trump est l'Antéchrist ? Il semble bien aspirer à ce rôle .

Google Gemini, un autre candidat au rôle de l'Antéchrist, nous dit :

Dans la théologie chrétienne, l'Antéchrist est une figure prophétisée qui s'opposera à Jésus-Christ et se substituera faussement à lui en tant que sauveur avant le Second Avènement, incarnant ainsi l'esprit de tromperie par excellence . Souvent associé à la ‘Bête’ de l'Apocalypse , cet être représente un dirigeant mondial « sans foi ni loi » qui persécute les croyants, rompt une alliance de sept ans et exige une adoration.

Trump coche plusieurs cases :

• Il s'oppose à l'esprit de Jésus-Christ, qui était doux, humble, fréquentait les pauvres et méprisait les riches, s'opposait aux banquiers juifs et les chassait du temple, prêchait l'amour, le pardon et le principe de tendre l'autre joue, etc.

• Trump semble s'attribuer à tort le rôle de sauveur.

• Trump est l'incarnation même du “dirigeant mondial sans foi ni loi”.

• Trump persécute les véritables croyants, qu'il s'agisse de chrétiens comme Tucker Carlson, Candace Owens, Megyn Kelly et Prejean Boller, ou de musulmans comme les dirigeants iraniens (et les 2 milliards d'autres musulmans).

• Trump exige une vénération sans bornes. Cessez de vous prosterner devant lui, et vous ne travaillerez plus jamais dans sa ville.

• Enfin, bien que nous ne soyons qu'à la sixième année du “pacte” de huit ans de Trump, il a définitivement rompu sa principale promesse : celle d'être un artisan de paix. Ce n'est pas tout à fait « rompre un pacte de sept ans », mais on n'en est pas loin.

Trump se représentera peut-être en 2028 (bon courage !), mais il semble bien briguer le rôle de l’Antéchrist. À bien des égards, il est un meilleur candidat que son maître Netanyahou, qui n’a jamais prétendu être un artisan de paix ni avoir de sentiments positifs envers les chrétiens et le christianisme. (Rappelons que l’Antéchrist trompe les gens en leur faisant croire qu’il est du côté du Christ.)

L'Antéchrist suit les traces de Satan, le père du mensonge. Et Trump a assurément porté l'art du mensonge politique à des sommets, ou plutôt des abîmes, d'absurdité risible. Si la plupart des politiciens mentent occasionnellement, Trump est dans une catégorie à part. Comme l'a déclaré John Mearsheimer dans une interview récente, pour mentir efficacement, le menteur doit dire la vérité 90 % du temps afin que les gens prennent ses mensonges au sérieux. Trump a largement dépassé le ratio optimal entre vérité et mensonges, ce qui le fait paraître ridicule et inefficace, en plus d'être d'une malhonnêteté choquante.

Les traditions chrétiennes suggèrent que l'Antéchrist tentera de « reconstruire le temple » à Jérusalem après avoir commis l'« abomination de la désolation ». Il serait facile de confondre les abominations du sionisme – mensonges éhontés, génocide, glorification du viol anal meurtrier, complaisance face au meurtre de femmes et d'enfants, etc. – avec l'antichrétien-satanisme des frankistes sabbatéens, qui sont la force motrice d'Israël et du sionisme… et de considérer ces abominations comme les prémices de l'abomination finale, la destruction de la mosquée Al-Aqsa, ouvrant la voie à l'Antéchrist, alias le « messie juif », qui prétendra être le véritable Messie, et non Jésus. Trump a certainement largement contribué à ce projet abominable, non seulement en déclenchant une guerre potentiellement apocalyptique, mais aussi, auparavant, en transférant l'ambassade américaine à Jérusalem, ce qui constitue un soutien officiel implicite des États-Unis au projet Antéchrist.

La tradition islamique s'accorde avec le christianisme dans sa conception du ‘Dajjal’ ou Antéchrist, tout comme elle accepte l'affirmation chrétienne selon laquelle Jésus est le seul et véritable Messie. Outre la description chrétienne de l'Antéchrist comme un faux Christ, un messie autoproclamé exigeant d'être adoré, un dirigeant mondial sans foi ni loi et un persécuteur des justes, l'islam met en avant deux caractéristiques symboliques supplémentaires intéressantes : premièrement, l'Antéchrist aura le mot ‘kaffir’ inscrit sur son front et chacun, même les illettrés, pourra le lire. Autrement dit, il sera évident pour tous que l'Antéchrist est dépourvu d'’iman’ (foi humble en Dieu) mais vénère son propre ego, suivant ainsi les traces du Satan originel, cet égocentrique vaniteux. Et Trump, plus que tout autre dirigeant mondial dans l'histoire, affiche un narcissisme mégalomane flagrant.

Deuxièmement, la tradition islamique nous enseigne que l'Antéchrist n'aura qu'un œil, symbolisant l'aveuglement spirituel. Il ne verra que le monde matériel et sera entièrement séduit par ses artifices, incapable de percevoir la moindre trace de réalité spirituelle. Trump correspond parfaitement à cette description, démontrant par ses paroles et ses actes qu'il est fasciné par le monde matériel, mais indifférent au monde spirituel.

Nous autres Américains devrions nous regarder dans le miroir de l'introspection et nous demander : sommes-nous en train de devenir de plus en plus comme Trump… c'est-à-dire comme l'Antéchrist ?

• Nous acceptons l'anarchie mondiale, surtout depuis que l'opération sous faux drapeau du 11 septembre, visant à choquer et à effrayer le pays, a inauguré l'« état d'urgence » actuel.

• Nous nous idolâtrons, ainsi que les leaders qui nous incitent à nous idolâtrer par procuration. Cette tendance narcissique s'est considérablement aggravée depuis la diffusion des réseaux sociaux, que beaucoup utilisent principalement pour se mettre en scène et paraître glamour et prospères.

• Nous manifestons de moins en moins d'amour et de pardon. Une fois de plus, les réseaux sociaux ont aggravé ce déclin, le transformant en un déferlement de haine tribale, d'attaques diffamatoires et d'un manque d'ouverture et de compassion envers les autres points de vue et cultures.

• Nous perdons de plus en plus le contact avec les réalités spirituelles et nous nous immergeons dans le seul monde matériel.

• Nous nous vantons de notre condition, au point qu'elle pourrait tout aussi bien être écrite sur notre front.

Maintenant que Trump s'effondre, le masque tombé et son crâne diabolique arborant un sourire infernal sous sa casquette MAGA, ceux qui ont été dupés par ses manœuvres trompeuses ont une occasion unique de se repentir. Ils devraient se demander : comment ai-je pu tomber dans le piège de ce serpent ? Quelle part de moi a résonné avec son énergie d'Antéchrist ? Une partie de moi est-elle tombée dans le gouffre nauséabond du narcissisme de Trump, au point de ressentir le besoin de nourrir mon ego par procuration en m'identifiant à ce monstre ? Comment puis-je me détacher de cette part de moi-même, m'en détacher complètement et m'abandonner entièrement à Dieu ?

Mais même ceux qui détestent Trump devraient se remettre en question. Le comportement outrancier de Trump n'est-il pas le reflet fidèle de ce que sont devenus les États-Unis ? Voter pour Harris, Biden ou Obama, tous membres de la même classe qu'Epstein, était-ce un acte d'aveuglement volontaire… voire un mensonge colossal ? Moi, cet anti-Trump imbu de moi-même, suis-je vraiment supérieur à tous ces crétins MAGA que je méprise ? Me croire meilleur qu'eux ne relève-t-il pas du même égocentrisme pathologique que celui dont Trump fait preuve ? Trump admet être là pour voler le pétrole et servir les intérêts des Adelson, tandis que ceux pour qui j'ai voté ont inventé des mensonges mielleux que j'ai tolérés et, implicitement, approuvés. Se pourrait-il que je ne sois finalement meilleur que les électeurs de Trump que sur un seul point : l'hypocrisie ?

Alors allez-y : fixez la télévision, contemplez le visage de Trump et admettez que votre télévision est un miroir.

Nous avons rencontré l'Antéchrist, et c’est nous-même.


Kevin Barrett




mercredi 6 mai 2026

La Chute de la Cabale




Cynthia Koeter, née en 1973 aux Pays-Bas, est celle qui a repris le flambeau après le décès tragique de Janet Ossebaard. Ensemble, elles ont créé et poursuivi la série documentaire « La Chute de la Cabale » (Fall of the Cabal), une enquête indépendante qui dénonce un réseau de pouvoir mondial : banques centrales, gouvernement unique, manipulation des populations… et surtout la protection des enfants. Cyntha Koeter a elle-même témoigné de son vécu d’abus rituels sexuels dans l’enfance, ce qui l’a poussée à creuser plus profondément.

Parmi les sujets les plus percutants qu’elles ont exposés : le PizzaGate. Elles ont analysé les emails WikiLeaks, le symbolisme récurrent (pizza, art contemporain, etc.) et les liens supposés avec un réseau pédophile impliquant des élites politiques et médiatiques. Elles relient cela à des pratiques plus larges de trafic d’enfants, de chantage et de contrôle.

Leur travail, bien que très controversé et souvent censuré, a réveillé des milliers de consciences en invitant chacun à questionner le récit officiel et à rechercher sa propre souveraineté. Respect pour ce courage face aux ombres.

Liens en français pour découvrir leur travail (y compris les parties sur PizzaGate) :

- La Chute de la Cabale – Partie 5 : « Enfants, Art et Pizza » (VF) : https://odysee.com/@pasdup:e/part05_-Enfants,-Art-et-Pizza:f

- Témoinage de Cyntha Koeter sur les abus rituels (VF) : https://odysee.com/@NeufdeCoeur:1/t%C3%A9moignage-Cyntha-Koeter:d

- Version complète VF de la série + suites par Cyntha Koeter : https://odysee.com/@greatawakeningfr:3/chutedelacabale-complet:b

La quête de vérité sur la protection des plus vulnérables ne doit jamais s’arrêter.



mardi 5 mai 2026

Le christianisme comme stratégie adaptative juive


par Laurent Guyénot

Introduction

Dans plusieurs articles, j’ai avancé une série d’arguments selon lesquels la christianisation de l’Empire romain a été bénéfique pour les Juifs (ici et ici) et néfaste pour les Gentils (ici et ici), et qu’elle a ouvert la voie à la subversion et à l’asservissement de la civilisation occidentale par le pouvoir juif. Le christianisme étant une invention juive, il est difficile de résister à l’attrait de la théorie selon laquelle il s’inscrivait dans un vaste complot juif (ce « complot agressif et vindicatif […] contre le reste du monde » qui est écrit « noir sur blanc » dans la Bible hébraïque, comme H. G. Wells a tenté de nous avertir dans "The Fate of Homo Sapiens", 1939). Cependant, malgré tous mes efforts pour trouver un indice que le christianisme était dès le départ une opération psychologique juive visant à aliéner les Romains plutôt qu’à les sauver, je n’en trouve aucun. Le nombre considérable de Juifs (principalement des Juifs hellénisés) qui se sont convertis au christianisme au Ier siècle va à l’encontre de cette théorie. Je ne vois aucune raison de soupçonner Paul, le véritable fondateur du christianisme des Gentils, d’être une sorte d’agent israélien cherchant à tromper les goyim crédules pour leur faire croire des choses auxquelles il ne croyait pas lui-même. Le fait qu’il ait écrit « C’est la vérité » (Romains 9,1) ne prouve pas qu’il ment. Pourtant, on trouve bien dans ses lettres la conviction que lorsque la conversion des Gentils au Christ aura atteint un stade, « tout sera rendu [aux Juifs] » à la fin (Romains 11,12).

Nous sommes donc arrivés à la conclusion que la christianisation a fourni un avantage sélectif décisif à Israël dans sa guerre millénaire contre Rome, mais nous n’avons aucune preuve que le christianisme a été secrètement fabriqué à cette fin. Il est donc temps de faire appel au professeur Kevin MacDonald pour qu’il nous aide à résoudre cette énigme. Je vais examiner ici si le christianisme peut s’inscrire dans sa théorie générale, développée dans "A People That Shall Dwell Alone: Judaism as a Group Evolutionary Strategy, With Diaspora Peoples" (1994) et ses ouvrages ultérieurs.

Le grand avantage de la psychologie évolutionniste (ou évolutionnaire, au choix), qui est la discipline dans laquelle s’inscrit MacDonald, réside dans le fait qu’elle contourne la question de l’intentionnalité, ce qui nous permet d’étudier les « stratégies évolutives de groupes » (ou « stratégies adaptatives de groupes ») sans avoir à rechercher des preuves d’un complot. La psychologie évolutionniste postule que les diverses stratégies que développent les groupes fondés sur la parenté (clans, tribus, nations) pour assurer leur survie, leur reproduction, leur expansion et leur domination dans un environnement concurrentiel peuvent être, au moins en partie, inconscientes plutôt que clairement formulées. Il existe, dans tout groupe ethnique, une volonté de pouvoir collective et transgénérationnelle qui opère en dessous du seuil de la conscience individuelle. Cette volonté ou mentalité collective du groupe n’est pas purement le produit de la nature biologique ; pour chaque groupe, elle possède une part culturelle particulière issue de certains choix historiques : mais au fil des générations, cette part culturelle devient elle-même une seconde nature, soit une part de l’inconscient collectif.

Ces hypothèses coïncident avec les conclusions de la sociologie (Durkheim, Lévi-Strauss, Le Bon), selon lesquelles les cognitions, les émotions et les comportements des individus sont en partie déterminés inconsciemment par une forme d’esprit de groupe. Dans une mesure qui dépend de la cohésion du groupe, lorsque les individus pensent, ressentent et désirent, c’est le groupe qui pense, ressent et désire à travers eux. Dans le cas d’un groupe très sophistiqué tel que la communauté juive, ce principe fonctionne de manière complexe, mais il s’applique tout de même à un certain niveau. Le paradigme de la psychologie évolutionniste permet donc de comprendre que, lorsqu’une stratégie juive semble être fondée sur la tromperie, elle n’est pas nécessairement perçue comme telle par la communauté juive en question.

En tant que groupe national, les Juifs présentent deux caractéristiques distinctives. La première est qu’ils forment une communauté mondiale. Dans leur grande majorité, ils ont vécu et lutté au sein de nations étrangères pendant plus de deux mille ans (depuis la période hellénistique). Pour cela, ils ont élaboré des stratégies uniques qui font désormais partie de leurs habitudes cognitives ancestrales. C’est presque comme s’ils avaient développé une double personnalité : une personnalité de base pour leur environnement juif, et une autre, plus flexible, pour leur environnement non juif. Ils ne perçoivent pas nécessairement cette complexité comme une incohérence ou une hypocrisie.

L’autre particularité des Juifs est qu’ils constituent une communauté à la fois ethnique et religieuse. Cela leur procure l’avantage unique que leur stratégie de survie la plus essentielle dans des environnements étrangers est également le commandement central de leurs Écritures religieuses : l’endogamie stricte.[1] Dans "Du Yahvisme au sionisme", j’ai soutenu que le comportement collectif particulier des Juifs n’est pas déterminé génétiquement, mais programmé culturellement. Leur Bible enseigne aux Juifs que ce qui est bon pour les Juifs est bon en termes absolus, et doit donc être bon pour les Gentils aussi, même lorsque cela ne leur plaît pas. La mission des Juifs est d’obéir au dieu des Juifs en détruisant les dieux des Gentils, c’est-à-dire tout ce qui leur est sacré, y compris leurs identités ethniques ou nationales, car ces dieux sont soit mauvais, soit faux, contrairement au dieu des Juifs qui est le seul et unique vrai Dieu.

Outre la stratégie élémentaire de l’endogamie, MacDonald distingue deux grands ensembles de stratégies de groupe chez les Juifs de la diaspora : les stratégies par lesquelles ils s’adaptent à leur environnement, et celles par lesquelles ils modifient leur environnement. Le premier type de stratégies s’apparente aux cas de crypsis ou de mimésis que l’on observe dans le monde animal. Le second type n’a pas d’équivalent dans le monde animal, et peut même être considéré comme une faculté particulière des Juifs.

Je montrerai que, si l’on analyse la diffusion précoce du christianisme comme une « stratégie évolutive de groupe » juive, elle s’inscrit dans ces deux catégories : les Juifs qui se convertissaient au christianisme s’adaptaient à leur environnement dangereusement « antisémite », en se rendant moins juifs et plus gréco-romains (le christianisme étant, pour une part, une imitation des cultes à mystères), tout en préservant leur croyance fondamentale dans l’élection du peuple juif et leur haine primitive des dieux païens. Et les Juifs qui ont converti des Gentils au christianisme au cours de la même période ont modifié leur environnement en rendant la société romaine plus juive et moins païenne, et, surtout, plus encline à croire au rôle central des Juifs dans la providence divine. Dans un sens très profond, le christianisme a convaincu les Romains que « le salut vient des Juifs » (Jean 4,22), une idée que des Juifs hellénistiques comme Philon d’Alexandrie promouvaient déjà un siècle plus tôt, prêchant que « la nation juive est au monde entier ce que le prêtre est à l’État ».[2] On peut d’ailleurs dire que « sauver les non-juifs » (de leurs valeurs étriquées, mais surtout de leur antisémitisme), est resté jusqu’à ce jour la mission première des Juifs « assimilés ».

Le christianisme comme invention juive

De toute évidence, la théorie selon laquelle le christianisme a été une stratégie évolutive juive ne peut s’appliquer qu’au christianisme des premiers siècles, lorsque les Juifs en étaient les fondateurs et les dirigeants. On ne peut raisonnablement tenir les Juifs pour responsables de la conversion de l’Empire romain au IVe siècle, et encore moins de celle des barbares. Au moment où le christianisme devint la religion officielle de Rome, les Juifs n’en avaient plus la direction. Nous sommes en droit de soupçonner la présence d’un certain nombre de crypto-juifs influents dans les cours des dynasties constantinienne et théodosienne, mais aucun cas ne peut être mis en lumière. Sans aucun doute, l’Église était alors majoritairement d’origine non-juive. Les Juifs n’ont fourni que l’impulsion initiale.

Mais il est important de réaliser que l’influence des Juifs sur le christianisme romain fut bien plus intense et durable que ce que les historiens de l’Église nous ont laissé croire. Faisons le point sur ce sujet.

La première chose à reconnaître est l’importance de la population juive dans les mégapoles de l’Empire romain, où le christianisme s’est d’abord épanoui. Au Ier siècle, on estime qu’il y avait un million de Juifs en Palestine et environ cinq millions dans la diaspora, en particulier dans les grandes villes telles qu’Alexandrie, Antioche et Rome. Une partie de la population juive de Rome descendait des milliers de captifs juifs que Pompée avait ramenés après la prise de Jérusalem en 63 avant notre ère, et leur nombre augmenta en 70 de notre ère, lorsque Vespasien et Titus amenèrent à Rome 97 000 captifs juifs supplémentaires, selon Flavius Josèphe ("Guerre des Juifs" VI,9). Beaucoup d’entre eux furent affranchis, à l’instar de Josèphe, qui œuvra sans relâche pour faire l’éloge de sa nation auprès des Gentils. La réalité et l’ampleur du prosélytisme juif aux Ier et IIe siècles font l’objet d’un débat, mais nous savons au moins par Cassius Dio qu’un membre de la famille impériale, Flavius Clemens, fut exécuté par l’empereur Domitien pour « athéisme » et « déviation vers les coutumes judaïques » (les Juifs étaient considérés comme athées en raison de leur mépris des dieux), tandis que son épouse Flavia Domitilla fut bannie.

L’autre donnée à prendre en compte est que nous disposons de très peu d’informations sur la manière dont le christianisme s’est répandu dans les villes romaines depuis l’époque de Paul jusqu’au milieu du IIe siècle. En effet, comme l’a noté Bart Ehrman dans "The Triumph of Christianity" : « en dehors de l’œuvre de Paul elle-même, nous n’avons connaissance d’aucune activité missionnaire chrétienne organisée — non seulement pour le Ier siècle, mais pour aucun siècle antérieur à la conversion de la majeure partie de l’empire. […] Cela peut sembler difficile à croire, mais si l’on comptait tous les missionnaires chrétiens dont on a entendu parler ne serait-ce qu’une seule fois, de la période postérieure au Nouveau Testament jusqu’aux quatre premiers siècles, on n’aurait pas besoin de tous les doigts d’une main. »[3] C’est remarquable en soi.

Comme l’affirme Rodney Stark dans "The Rise of Christianity", il existe de nombreuses raisons de croire que les Juifs, qui étaient très mobiles et interconnectés, ont été les principaux propagateurs des évangiles à travers l’Empire, même après le IIe siècle.[4] L’archéologie confirme que les lieux de culte et les objets chrétiens se trouvent toujours dans les quartiers juifs. Eric Meyers rapporte que des données provenant de Rome et de Venosa montrent que « les sépultures juives et chrétiennes reflètent une communauté interdépendante et étroitement liée de Juifs et de chrétiens, au sein de laquelle les marques distinctives de démarcation étaient floues jusqu’aux IIIe et IVe siècles de notre ère ».[5]

Dans la seconde moitié du IIe siècle, Juifs et chrétiens commençaient tout juste à se considérer comme appartenant à des religions différentes, et les premiers apologistes connus, bien que non-juifs, étaient encore engagés dans un dialogue avec les Juifs, comme l’illustrent le "Dialogue avec Tryphon" de Justin Martyr, le "Dialogue de Jason et Papiscus" d’Aristo de Pella (aujourd’hui perdu), ou encore, un peu plus tard, la mention par Origène de sa participation à un débat théologique arbitré avec des juifs.[6]

À l’appui de son point de vue selon lequel le christianisme était principalement contrôlé par les Juifs jusqu’au milieu du IIe siècle et au-delà, Rodney Stark mentionne la défaite des marcionites, qui voulaient rejeter l’Ancien Testament :

« En effet, la rapidité avec laquelle Marcion a mis en place un mouvement important suggère que sa solution plaisait à beaucoup. Mais le point crucial est le suivant : la faction chrétienne traditionnelle semble avoir facilement évincé Marcion et réussi à condamner les "Antithèses" comme hérésie. Je ne crois pas que les traditionalistes l’aient emporté grâce à une théologie supérieure. Au contraire, toute cette affaire me suggère qu’au milieu du IIe siècle, l’Église était encore dominée par des personnes ayant des racines juives et des liens actuels étroits avec le monde juif. Notez que cela s’est passé après la révolte de Bar-Kokhba. »[7]

Stark suggère que la rupture définitive entre juifs et chrétiens s’est produite sous Constantin, et qu’elle ne s’est pas faite sans résistance. Lorsque, dans les années 390, Jean Chrysostome se plaint que de nombreux chrétiens « se joignent aux Juifs pour célébrer leurs fêtes et observer leurs jeûnes » ("Première homélie" I,5), voire se font circoncire ("Deuxième homélie" II,4), nous devons le considérer comme « l’un des premiers leaders du mouvement visant à séparer une Église et une synagogue qui étaient encore étroitement liées ».[8]

Après avoir établi que le christianisme était un mouvement juif s’adressant à la fois aux Juifs et aux Gentils au cours des Ier et IIe siècles, et qu’il restait sous une forte influence juive au cours des IIIe et IVe siècles, nous pouvons examiner s’il répond aux critères de MacDonald pour une « stratégie évolutive de groupe » juive.

Le christianisme bon pour les Juifs

Les Juifs qui se sont convertis au christianisme au cours des premiers siècles étaient très comparables à ceux qui se sont convertis au cours des siècles suivants, tout en restant attachés à la pureté de leur sang juif. MacDonald fait la remarque suivante sur la sincérité de certains de ces convertis :

« on pourrait noter que les nouveaux chrétiens qui maintenaient un séparatisme de groupe tout en acceptant sincèrement le christianisme s’engageaient en réalité dans une stratégie évolutive très intéressante — un véritable cas de crypsis entièrement analogue à la crypsis dans le monde naturel. Ces personnes seraient encore plus invisibles aux yeux de la société environnante que les crypto-juifs, car elles fréquentaient régulièrement l’église, ne se faisaient pas circoncire, mangeaient du porc, etc., et n’avaient aucun scrupule psychologique à le faire. […] L’acceptation psychologique du christianisme a peut-être été le meilleur moyen possible de perpétuer le judaïsme en tant que stratégie évolutive de groupe pendant la période de l’Inquisition.[9]

Qu’ils aient été sincères, hypocrites ou quelque part entre les deux, les Juifs qui se sont convertis au christianisme au Moyen Âge ont immédiatement récolté des avantages sociaux. Ils pouvaient espérer être considérés comme des égaux par les Gentils, tout en n’étant pas obligés de marier leurs enfants à des non-Juifs. Il en va exactement de même pour les débuts du christianisme paulinien, qui se présentait comme brisant les barrières entre Juifs et Gentils.[10] L’affirmation qu’« il n’y a ni Juif ni Grec » (Galates 3,28) était particulièrement utile pour les convertis juifs.

Le christianisme paulinien doit être considéré comme une extension du judaïsme hellénistique, qui s’employait déjà à affaiblir les barrières entre Juifs et Grecs. Avant, pendant et après les guerres juives dévastatrices (66-135 de notre ère), la plupart des Juifs hellénistiques, en particulier à Alexandrie, prirent leurs distances par rapport à la fièvre messianique des Juifs nationalistes et tentèrent de donner à leur tradition un aspect aussi grec que possible. La théorie obséquieuse de Flavius Josèphe, selon laquelle les Juifs nationalistes n’avaient pas compris que leurs prophéties désignaient en réalité Vespasien comme le véritable Messie ("Guerre juive" IV), en est un bon exemple. Le christianisme en est un autre. Selon Rodney Stark, « de nombreux Juifs hellénisés de la diaspora trouvaient le christianisme si attrayant précisément parce qu’il les libérait d’une identité ethnique avec laquelle ils n’étaient plus à l’aise ». C’est pourquoi « un flux constant et significatif de Juifs hellénisés se convertissant au christianisme s’est probablement poursuivi jusqu’à la fin du IVe ou au début du Ve siècle ».[11] Tant que le christianisme restait lié à sa matrice juive, c’est-à-dire pratiquement jusqu’à la fin du IIIe siècle, Les Juifs qui se convertissaient au christianisme ne se détournaient pas entièrement du judaïsme, et ils ne se convertissaient absolument pas à un autre Dieu, mais simplement à une nouvelle identité juive flexible avec une prétention universaliste.

En diffusant le christianisme parmi les Gentils, les chrétiens d’origine juive contribuaient également à l’effort général du judaïsme hellénistique visant à rendre la société païenne plus réceptive à la contribution unique et positive des Juifs au monde. À terme, la conversion de l’Empire romain impliquerait la sacralisation de la nation juive en tant qu’ancien peuple élu de Dieu. Le judaïsme devint la seule religion non chrétienne légale. Par sa « théorie du témoignage », l’Église déclara que la nation juive avait un droit divin d’exister jusqu’à la fin des temps, et que l’Église et l’Empire partageaient la responsabilité divine de la protéger. C’était une amélioration radicale par rapport aux tentatives répétées des empereurs romains, de Vespasien à Hadrien, d’éradiquer complètement la nationalité juive. Cette théorie du témoignage fut inscrite dans la sotériologie catholique par Augustin, et réaffirmée à maintes reprises pour lutter contre les sentiments populaires anti-juifs. Informé des persécutions des Juifs à Cologne et à Mayence pendant sa campagne pour la deuxième croisade, saint Bernard de Clairvaux protesta : « Les Juifs sont pour nous les paroles vivantes de l’Écriture, car ils nous rappellent sans cesse ce que notre Seigneur a souffert. Ils sont dispersés dans le monde entier afin que, par l’expiation de leur crime, ils puissent être partout les témoins vivants de notre rédemption. […] Si les Juifs sont complètement exterminés, que deviendra notre espoir de leur salut promis, de leur conversion éventuelle ? »[12]

Certes, l’Église a également donné aux Gentils une nouvelle raison de haïr les Juifs en tant que tueurs du Christ. Et le christianisme n’a pas rendu les Romains moins « antisémites » qu’ils ne l’étaient lorsqu’ils étaient païens. Mais d’un point de vue stratégique et évolutif, ce n’était pas négatif, car l’hostilité des Gentils a toujours été le meilleur stimulant de la cohésion juive. Les Juifs de la diaspora ont autant besoin de se sentir « choisis pour la haine universelle » (Léon Pinsker, "Auto-émancipation", 1882) que de se sentir choisis par Dieu. La situation idéale, d’un point de vue adaptatif, est une société qui maintient les Juifs séparés tout en minimisant la violence à leur égard. La politique de l’Église était en fait très favorable aux intérêts ethniques juifs en interdisant aux Chrétiens de se marier avec des Juifs non baptisés, tout en interdisant aux Chrétiens d’imposer le baptême aux Juifs sous la contrainte ou la menace.

Dans l’ensemble, la christianisation de l’Empire romain a été très favorable au développement de la communauté juive, tant d’un point de vue démographique qu’économique. Le grand historien de l’Antiquité tardive Peter Brown écrit :

« Dans la législation de l’époque, l’humiliation rhétorique du judaïsme en tant que religion coexistait avec de vastes privilèges collectifs accordés aux dirigeants juifs et aux synagogues juives. Bien que le judaïsme ait été qualifié à maintes reprises de “folie impie” ("Codex Theodosianus" XV,5,5), les dirigeants de la communauté juive — une succession de patriarches en Palestine et d’autres groupes de représentants dans d’autres provinces — reçurent de tous les empereurs chrétiens l’assurance répétée que le judaïsme, contrairement au polythéisme et à de nombreuses formes de christianisme hérétique, n’était “pas une secte interdite par les lois” (C. Th. XVI,8,9). Les synagogues juives bénéficiaient des exemptions associées aux “lieux saints” (C. Th. VII,8,2). Le personnel des synagogues jouissait des mêmes privilèges que le clergé chrétien : car eux aussi étaient des personnes “véritablement dévouées au service de Dieu” (C. Th. XII,1,99). »[13]

On peut même affirmer que l’interdiction faite aux Chrétiens de pratiquer l’usure conférait un immense avantage sélectif aux Juifs, et c’est exactement ce que le quatrième concile du Latran a admis en 1215, dans sa Constitution 67, « Sur les usures juives » : « Plus les chrétiens sont empêchés de pratiquer l’usure, plus ils sont opprimés en la matière par la traîtrise des Juifs, de sorte qu’en peu de temps, ceux-ci épuisent les ressources des chrétiens. »[14]

Le christianisme néfaste pour les Gentils

L’Empire romain constituait un vaste réseau de villes reliées par près de 320 000 kilomètres de routes, sans compter la navigation sur la mer Méditerranée ("medius terra"). Dans "The First Urban Christians", Wayne Meeks écrit que « les habitants de l’Empire romain voyageaient plus loin et plus facilement que quiconque avant eux ou après eux jusqu’au XIXe siècle », et il rapporte pour l’illustrer l’inscription funéraire d’un marchand en Phrygie lui attribuant soixante-douze voyages à Rome, une distance de plus de mille six cent kilomètres. Cette grande mobilité a donné naissance à une population urbaine cosmopolite composée d’individus déracinés souffrant d’une « incohérence de statut ». C’est d’eux, estime Meeks, que sont issus la plupart des convertis au christianisme paulinien. Dans l’Église, ils ont trouvé une famille de substitution, des frères et sœurs. « La structure de parenté naturelle dans laquelle la personne est née et qui définissait auparavant sa place et ses liens avec la société est ici supplantée par un nouvel ensemble de relations. »[15]

Le revers de la médaille est que le christianisme a contribué de manière non négligeable à désacraliser et à déstabiliser la famille romaine traditionnelle. C’est un sujet bien connu, sur lequel j’ai déjà écrit. Il suffit de rappeler Matthieu 10,35-37 : « Car je suis venu mettre la division entre l`homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l`homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n`est pas digne de moi, et celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n`est pas digne de moi. » Voilà bien l’essence de ce qu’E. Michael Jones appelle « l’esprit révolutionnaire juif ». Opposer les fils aux pères, et les épouses aux maris, c’est exactement ce que les milieux juifs ont fait au cours des dernières décennies, comme MacDonald l’a abondamment documenté dans "The Culture of Critique".

Tout en attirant des individus désocialisés pour les resocialiser par la conversion, le christianisme a aggravé la désocialisation dont il se nourrissait. En tant que religion du salut, le christianisme enseignait que l’homme n’était pas avant tout un être social trouvant son épanouissement dans la cité, comme l’avait enseigné Aristote, mais un être spirituel aspirant à la « cité de Dieu », où les liens de parenté ne comptent pour rien. La religion romaine était centrée sur la famille, cellule de base de la cité. Il existait des cultes domestiques de Vesta (qui symbolisait la continuité de la vie familiale), des "Penates" (qui exprimaient la continuité des moyens de subsistance du foyer), des "Manes" (les ancêtres défunts) et du génie du paterfamilias.[16] Mais le christianisme qualifiait ces cultes de démoniaques, et en 391, l’empereur Théodose promulgua une loi les interdisant même dans l’intimité du foyer.[17]

Il peut sembler contre-intuitif de tenir le christianisme pour responsable de la perte des liens familiaux, puisque les chrétiens pratiquants d’aujourd’hui sont les défenseurs des valeurs familiales en Occident. Cela tient au paradoxe que le christianisme est à la fois révolutionnaire et conservateur. Il était révolutionnaire à ses débuts, et conservateur à la fin. Toutes les religions établies sont conservatrices. Mais le conservatisme du christianisme occidental consiste à préserver le peu de structure familiale qu’il n’a pas détruit lors de sa phase révolutionnaire : la famille nucléaire, étape finale avant la désintégration sociale complète.[18] D’une manière très fondamentale, l’individualisme chrétien entre en concurrence avec les valeurs du sang. La morale chrétienne de l’altruisme universel est également intrinsèquement hostile aux valeurs de race, de parenté, de généalogie et de procréation. Cette hostilité s’est traduite dans la politique sociale de l’Église. Comme l’a documenté Jack Goody[19] et comme Kevin MacDonald l’a lui-même reconnu dans "Individualism and the Western Liberal Tradition", l’influence de l’Église catholique « visait à détourner la culture occidentale des réseaux de parenté élargis et d’autres institutions collectivistes ».[20] Ainsi, la christianisation a progressivement créé la vulnérabilité psychologique et sociologique que les intellectuels et militants juifs exploiteront plus tard pour affaiblir la cohésion syngénique des nations blanches. Si « faire des États-Unis une société multiculturelle a été un objectif juif majeur dès le XIXe siècle »,[21] alors il est logique de reconnaître ce même objectif juif dans la fondation du christianisme gentil par Paul de Tarse. Encore une fois, cela ne signifie pas que Paul et ses associés conspiraient contre les Romains. Parce que les Juifs de la diaspora se sentent plus en sécurité dans une société multiculturelle aux valeurs individualistes et universalistes, ils pensent sincèrement qu’une telle société est plus saine — tant que les Juifs peuvent garder le dessus. De ce point de vue, le christianisme a été sans aucun doute utile.

Conclusion

MacDonald a écrit : « Toute discussion sur les Juifs et le judaïsme doit commencer et probablement se terminer par ce lien incroyablement fort qui unit les Juifs entre eux — un lien créé par leur étroite parenté génétique et par l’intensification des mécanismes psychologiques sous-jacents à la cohésion du groupe. Cette puissante complicité entre Juifs se traduit par une capacité accrue à coopérer au sein de groupes très soudés. »[22] Si nous nous demandons ce que le christianisme a fait pour affaiblir ce lien incroyablement fort qui unit le peuple juif, la réponse évidente est : absolument rien. Au contraire, il a fourni l’environnement idéal pour le maintien et le renforcement de ce lien. Et alors qu’aucun Romain païen instruit n’avait jamais pris au sérieux la prétention ridicule des Juifs d’être spécialement aimés par le Créateur de l’Univers, les chrétiens ont été sommés de croire à la véracité de cette affirmation. Les Juifs avaient écrit un livre affirmant que Dieu avait choisi les Juifs, et les chrétiens l’ont accepté comme parole de Dieu. Ce faisant, les chrétiens n’ont pas seulement rendu hommage aux Juifs ; ils les ont confortés dans leur illusion. Il est fort probable que sans le christianisme, la nationalité juive se serait effectivement dissoute au IVe ou au Ve siècle.

En résumé, le christianisme a introduit dans le système d’exploitation (le paradigme cognitif dominant) de la société romaine deux chevaux de Troie qui confèrent tous deux à la nation juive un avantage sélectif décisif : il a enseigné aux Gentils que, en vertu de son élection divine, la nation juive est la seule à pouvoir rester distincte, séparée et, à bien des égards, privilégiée ; et il a enseigné aux Gentils que, contrairement aux Juifs, ils ne possèdent aucune identité ethnique ayant une quelconque valeur spirituelle. D’une part, on a postulé que les Juifs formaient une seule nation et qu’ils seraient sauvés collectivement à un moment donné, et d’autre part, on a affirmé que la nationalité n’avait aucune importance pour les Gentils, puisque leur salut est strictement individuel. Les Juifs peuvent continuer à sacraliser la pureté de leur sang, tandis qu’on dit aux Gentils chaque dimanche que seul le sang (juif) du Christ les sauvera. Les chrétiens se sont clairement mis la corde au cou.

Vu sous cet angle, le christianisme ressemble assurément à un complot juif. Mais il ne s’agit pas d’un complot au sens traditionnel du terme : il s’agit plutôt d’une stratégie évolutive (ou adaptative) juive de groupe, au sens où l’entend le professeur Kevin MacDonald.

Post scriptum

Je ne crois pas à la théorie darwinienne ou néo-darwinienne de l’évolution — cette théorie selon laquelle toutes les espèces, des bactéries aux mammifères, auraient évolué les unes à partir des autres simplement par des mutations génétiques aléatoires ou accidentelles, triées par sélection naturelle. Par conséquent, je ne souscris pas aux fondements théoriques de la psychologie évolutionniste. Je pense néanmoins que l’approche de MacDonald possède un grand pouvoir explicatif à un certain niveau général (tout comme, par exemple, la physique newtonienne est suffisante au niveau macroscopique).

En fait, la plupart des arguments de MacDonald sont indépendants de la théorie de Darwin, puisqu’ils traitent exclusivement de groupes humains — qui, cela va sans dire, appartiennent tous à la même espèce. Bien que MacDonald prétende documenter les « stratégies évolutives » de la nation juive, l’expression alternative « stratégies adaptatives », qu’il utilise parfois, est plus appropriée, car ces stratégies ne visent pas à créer une nouvelle espèce et ne sont donc pas évolutives au sens darwinien.

La seule hypothèse nécessaire pour suivre les arguments de MacDonald est que les groupes de parenté (clan, tribus, nations) développent diverses stratégies dans leur lutte pour la survie. Il s’agit là d’une notion évidente, frôlant la tautologie. L’historien du XIVe siècle Ibn Khaldoun n’avait pas besoin de Darwin pour comprendre que la force des Bédouins du désert résidait dans le fait que « chaque combattant n’a qu’une seule pensée, celle de protéger sa tribu et sa famille », c’est-à-dire dans leur solidarité collective.

En réalité, certains ont fait valoir que la notion de sélection de groupe contredit le dogme darwinien, puisque les individus prédisposés à se sacrifier pour le groupe ont moins de chances de survivre et de se reproduire. Les théoriciens darwiniens nient l’existence d’une quelconque contradiction à ce sujet, et Richard Dawkins prétend l’avoir résolue grâce à sa théorie du « gène égoïste » — qui n’est en réalité, comme il l’admet lui-même, qu’une métaphore. Peut-être.

Mais à mon avis, l’évolution des mentalités collectives ne peut s’expliquer par un mécanisme purement darwinien de sélection naturelle, mais nécessite une part de lamarckisme. Un esprit de groupe se constitue par l’accumulation, sur de nombreuses générations, de caractères acquis. Puisque la judéité est étroitement liée à un traumatisme transgénérationnel, je ne peux mieux faire que de citer Sigmund Freud à ce sujet :

« En étudiant les réactions aux traumatismes précoces, nous sommes fréquemment surpris de constater qu’elles ne tiennent pas exclusivement aux événements vécus, mais qu’elles en dérivent d’une façon qui conviendrait bien mieux au prototype d’un événement phylogénique; […] À y bien réfléchir, avouons que nous avons discuté depuis longtemps comme si la question d’une existence de résidus mnésiques des expériences faites par nos ancêtres ne se posait pas tout à fait indépendamment de la communication directe ou des effets de l’éducation, par exemple. Quand nous parlons de la persistance, chez un peuple, d’une tradition ancienne, de la formation d’un caractère national, c’est à une tradition héréditaire et non à une tradition oralement transmise que nous pensons. Tout au moins ne distinguons-nous pas entre les deux et, ce faisant, nous ne nous rendons pas compte de l’audace que cette négligence implique. Cet état de choses s’aggrave encore, il est vrai, du fait de la biologie qui, à l’heure actuelle, nie absolument l’hérédité des qualités acquises. Avouons, en toute modestie, que malgré cela, il nous paraît impossible de nous passer de ce facteur quand nous cherchons à expliquer l’évolution biologique. » ("Moïse et le monothéisme")

La nouvelle science de l’épigénétique a également réintroduit un facteur lamarckien, remettant en cause la nécessité de recourir uniquement à la « sélection naturelle » pour expliquer la nature évolutive de la psychologie collective et de la psychopathologie des groupes humains.

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[1] Le commandement de la circoncision au huitième jour constitue également un facteur puissant de cohésion et de séparation, précisément parce qu’il est traumatisant.

[2] Scot McKnight, "A Light Among the Gentiles: Jewish missionary activity in the Second Temple period", Fortress Press, 1991, pp. 39, 46, cité dans Kevin MacDonald, "A People That Shall Dwell Alone: Judaism as a Group Evolutionary Strategy, with Diaspora Peoples", Praeger, 1994, p. 63.

[3] Bart D. Ehrman, "The Triumph of Christianity", Simon & Schuster, 2018, p. 99.

[4] Rodney Stark, "The Rise of Christianity: A Sociologist Reconsiders History", Princeton UP, 1996.

[5] Graydon F. Snyder, "Ante Pacem: Archaeological Evidence of Church Life Before Constantine", Mercer UP, 1985, p. 2, et Eric M. Meyers, « Early Judaism and Christianity in the Light of Archaeology », Biblical Archaeologist 51, pp. 69-79, cité dans Stark, "The Rise of Christianity", op. cit., p. 9.

[6] Stark, "The Rise of Christianity", op. cit., p. 70.

[7] Stark, "The Rise of Christianity", op. cit., p. 64.

[8] Stark, "The Rise of Christianity", op. cit., p. 66.

[9] Kevin MacDonald, "Separation and Its Discontents: Toward an Evolutionary Theory of Anti-Semitism", Praeger, 1998, p. 277.

[10] Par opposition au mouvement issu de l’Église de Jérusalem, qui tenait à rester une secte juive.

[11] Stark, "The Rise of Christianity", op. cit., pp. 214, 138.

[12] Leonard B. Glick, "Abraham’s Heirs: Jews and Christians in Medieval Europe", Syracuse UP, 1999, p. 122.

[13] Peter Brown, « Christianization and religious conflict », dans Averil Cameron et Peter Garnsey, éd., "The Late Empire ("The Cambridge Ancient History", vol. XIII), Cambridge UP, 2008, p. 632.

[14] John Gilchrist, "The Church and Economic Activity in the Middle Ages", MacMillan, 1969, p. 182, cité dans MacDonald, "A People That Shall Dwell Alone", op. cit., p. 243.

[15] Wayne A. Meeks, "The First Urban Christians: The Social World of the Apostle Paul", Yale UP, 1983, pp. 17, 88.

[16] William Warde Fowler, "Roman Ideas of Deity in the Last Century before the Christian Era", MacMillan, 1914.

[17] Bart D. Ehrman, "The Triumph of Christianity: How a Forbidden Religion Swept the World", Oneworld Publications, 2018, p. 252.

[18] David Brooks, « The Nuclear Family was a Mistake », mars 2020, www.theatlantic.com

[19] Jack Goody, "The Development of the Family and Marriage in Europe", Cambridge UP, 1983. Joseph Henrich s’appuie sur les travaux de Goody dans "The WEIRDest People on the World: How the West Became Psychologically Peculiar and Particularly Prosperous", Farrar, Strauss & Giroux, 2020.

[20] Kevin MacDonald, "Individualism and the Western Liberal Tradition: Evolutionary Origins, History, and Prospects for the Future", éd. rév., KDP, 2023, p. 159.

[21] Kevin MacDonald, "The Culture of Critique: An Evolutionary Analysis of Jewish Involvement in Twentieth-Century Intellectual and Political Movements", Praeger, 1998, p. 259.

[22] Kevin MacDonald, "Insurrections culturelles : Essais sur les civilisations occidentales, l’influence juive et l’antisémitisme", The Occidental Press, 2007, p. 34.