Le satanisme rôde sur toutes les pochettes de disques, explicitement chez Black Sabbath, Deicide, Slayer, Mayhem, Venom, Marilyn Manson, Madonna, Lady Gaga, Rihanna.
La version implicite est encore plus répandue : Led Zeppelin, Iron Maiden, Ozzy Osbourne, etc. Peu à peu, le phénomène qui est parti des pochettes de disques s’étend à la mode où l’on voit surgir symboles et pentagrammes accompagnés de maquillages noirs dans une atmosphère lugubre sous la signature de créatrices comme Vivienne Westwood, Sonia Rykiel, plus tard Michèle Lamy à Hollywood, toutes jouant avec ce qu’on appelle le Gothique. Dans ces années là sort un film clinquant réalisé par un publicitaire, mal accueilli par la critique mais qu’on nous présente depuis comme “culte” , The Hunger, les Prédateurs, où Catherine Deneuve et David Bowie interprètent des vampires dont le drame est de vieillir et dont l’ambivalence sexuelle est non seulement assumée mais glorifiée.
Bowie et Deneuve, archi-trafiqués physiquement dans le réel comme au cinéma, en sont les symboles. Que font, dans le film, ces deux vampires qui hantent les boîtes de nuit new-yorkaises ? Ils boivent le sang de jeunes proies ramassées sur les pistes de danse. Et par quoi se définit leur sexualité ? Par une absence de définition justement, par la confusion des sexes. Ils renversent leurs préférences à volonté, et passent de l’endroit à l’envers selon leur gré. Nous avons là tous les ingrédients de l’étape suivante que la mode va sanctifier et sur laquelle seront bâties des fortunes : l’exploitation de l’extrême jeunesse par le désir sexuel, le prélèvement des cellules, le satanisme rituel, et le changement de polarité sexuelle à volonté.
A ce stade de notre observation, comme si nous étions au balcon de l’histoire d’après-guerre, mon cher Léon, tu soulignes très justement que la conduite des élites occidentales, est à la fois logique et paradoxale. D’abord elles rendent un culte à la mort, à la dégradation de l’innocence, en mettant en avant des personnages comme Marilyn Manson qui parlent d’amour souillé, elles laissent entendre que tout est laid, voué à périr, à se dégrader. Mais cette conduite est paradoxale puisqu’après avoir pratiqué le culte de la mort elles se repaissent de la jeunesse et de la pureté perdues, pour affirmer qu’on peut enrayer la dégradation des cellules, par le vampirisme d’abord, puis par l’occultisme, puis par la Science, et dans tout cela, le vieux mythe du pacte avec le Diable franchit les siècles de manière étonnante.
L’idée que l’on puisse sceller, en échange de sa damnation future, un contrat faustien avec le Diable pour fonder un empire terrestre est répandue dans la littérature mais nous n’avons pas le temps de jouer les érudits. Relevons plutôt le principe, largement confirmé par les faits, selon lequel aucune fortune colossale ne se bâtit sans compromission de départ, sans crime fondateur. Il suffit de se pencher sur les origines de l’empire Rockefeller ou la naissance de la pieuvre Rothschild pour se convaincre que rien de terrestre ne se bâtit sans avoir piétiné la morale dès les fondations. Là encore, nous trouvons un condensé de cette méthode dans l’horrible film “Le Loup de Wall Street” où l’on voit un personnage obsédé par le fait de gravir l’échelle sociale. Et comme dans toutes les sociétés où les gens de pouvoir se défendent contre les ambitieux, les premiers barreaux de l’échelle sont trop hauts pour lui. Mais qu’à cela ne tienne, il exige des autres qu’on lui fasse la courte échelle, après quoi il leur marche dessus pour monter plus vite.
Christian Combaz, À l'endroit.
À l'endroit
À propos de l'auteur :
Christian Combaz, fils de la bourgeoisie moyenne et provinciale, après les Jésuites de Paris, et de trois années de Sciences Po, est devenu romancier à succès publié chez Fayard, Seuil, Robert Laffont et Flammarion, puis journaliste au Figaro, à l'Express, à Valeurs actuelles, dans une France dont il a vécu, comme témoin privilégié, le passage de la grandeur gaullienne au n'importe quoi « hollandien » et à présent « macroniste ». Il anime une chronique villageoise sur TV Libertés autour de sujets brefs, des scandales ou des questions qui empoisonnent la vie de nos concitoyens : « La France de campagnol ».
