vendredi 20 mars 2026

Délation par smartphone, fin du cash, biométrie : l'UE teste tout en Ukraine



Pourquoi l’Ukraine, en pleine guerre, investit-elle massivement dans la fin du cash, l’identité numérique et la délation par smartphone ?

Xavier Cauquil, docteur en philosophie de la Sorbonne, a lu les textes officiels de l’UE. Tous, depuis 35 ans. Les traités, les directives, les stratégies. Pas les communiqués de presse. Les documents techniques. Ce qu’il a trouvé change la lecture de toute cette guerre.

L’Ukraine n’est pas seulement une zone de conflit... C’est un laboratoire.

Tout le monde débat sous l’angle militaire. Qui gagne, qui perd, combien de milliards l’Europe envoie. Personne ne regarde ce que l’Union européenne construit là-bas.

L’élargissement n’est pas une réponse à l’agression russe… C’est un programme inscrit dans l’ADN de l’institution depuis le Traité de Rome.

L’article 237 stipule que “tout État européen peut demander à devenir membre de la Communauté”. Cette disposition figure toujours dans les versions actuelles du Traité.

Bruxelles ne “réagit” pas à Poutine. Bruxelles poursuit un plan d’expansion vers l’Est qui dure depuis trois décennies. Et l’Ukraine, qu’elle le veuille ou non, figure sur la liste des territoires préemptés par l’Union.

Mais le plus troublant n’est pas l’expansion territoriale. C’est ce que l’UE teste sur ce territoire martyr.

Un État dans un smartphone

En 2019, la campagne présidentielle ukrainienne promettait de faire du pays “un État dans un smartphone”. Le système DIIA a été lancé dès 2020. Depuis, en pleine guerre, l’Ukraine n’a pas ralenti sa mutation numérique. Elle l’a accélérée.

DIIA, c’est :

- L’identité numérique généralisée avec biométrie

- L’enregistrement d’entreprise le plus rapide au monde

- Les certificats électroniques (notamment vaccinaux)

- Les paiements intégralement dématérialisés

- Et un objectif affiché : devenir le premier État sans argent liquide d’ici 2030.

Vous trouvez ça étrange pour un pays en guerre ? C’est normal. Parce que ces priorités ne sont pas celles de l’Ukraine. Ce sont celles de l’UE.

Cauquil le démontre : les fonctionnalités du DIIA ukrainien “cadrent exactement avec les ambitions européennes formulées dans des textes contemporains”, notamment la “boussole numérique pour 2030”.

L’Ukraine n’expérimente pas pour elle. Elle expérimente pour vous.

Nos futurs logements, testés sur les décombres ukrainiens ? La reconstruction ukrainienne ne sert pas qu’à reconstruire l’Ukraine. L’UE a lancé un vaste programme de construction standardisée, modulaire, industrialisée, baptisé “Nouveau Bauhaus européen”. Le principe : concevoir des logements en série, reproductibles à l’échelle du continent. Et devinez où elle les teste en premier.

La “Stratégie européenne pour la construction de logements” (décembre 2025) ne s’en cache même pas :

“La reconstruction en cours en Ukraine offre des enseignements précieux : les pratiques de construction de logements neufs intègrent souvent des innovations en matière de traitement et de réutilisation des déchets de démolition, de réemploi des matériaux de construction et de construction modulaire. Nombre de ces innovations pourraient également s’avérer utiles dans le secteur de la construction au sein de l’UE.”

En clair : on teste là-bas. On déploie ici. Et la Commission prépare déjà un “catalogue de modèles” visant à “simplifier l’obtention des permis” dans les États membres. Ce qui nous est présenté comme une réponse à la crise du logement ressemble surtout à un transfert de méthodes expérimentées en zone de guerre vers votre commune.

La délation 2.0


Mais le point le plus glaçant est celui-ci. DIIA offre déjà des fonctionnalités dites de “renseignement civil”.

Concrètement : chacun peut accéder sur son smartphone à un assistant virtuel permettant de signaler des comportements “antipatriotiques” de ses voisins.

Une délation 2.0 par smartphone.

Cauquil note que cette fonctionnalité “ne figure pas encore dans la boussole numérique européenne pour 2030”.

Le mot clé étant : pas encore. [...]


Le drame ukrainien devient aussi le nôtre

La conclusion de Cauquil est sans appel :

On saigne les populations de l’Union sur des générations pour financer là-bas la préfiguration de la société qui les attend ici.

- Identité numérique.

- Fin du cash.

- Logements standardisés.

- Et potentiellement, délation par smartphone.

Le Nouvel Ordre Mondial ne s’effondre pas : Il change de peau. Et l’Ukraine est l’endroit où il mue.




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