(...) le dévoilement sur Epstein et ses réseaux laisse à penser que cet État profond est profondément juif. Il y a tout de même ici quelque chose de fascinant, comment un petit peuple antique de rien du tout, un petit peuple du Levant parmi les petits peuples du Levant, a-t-il pu devenir maitre de l’Occident ?!…
La première mention archéologique d’Israël, remonte au XIIIe siècle avant J.-C. La fameuse stèle de Merenptah, qui célèbre la victoire du pharaon Merenptah sur les peuples du Levant sans doutes révoltés. L’inscription dit entre autres : « Kana’an est dépouillé de tout ce qu’il avait de mauvais. Asqalon est emmené. Gezer est saisie. Yenoam devient comme si elle n’avait jamais existé. Le peuple d’Israël est détruit, sa semence même n’est plus ». Notons que pour Kana´an, Asqalon, Gezer et Yenoam, l’idéogramme signifiant le territoire leur est associé, mais pas pour Israël, qui est donc considéré ici comme un peuple sans territoire, sans État… un peuple errant… Notons aussi l’expression hyperbolique « sa semence même n’est plus », révélant sans doute le désir que ce peuple errant soit totalement exterminé. Un peuple rebelle donc. Le nom même d’Isra-ël veut d’ailleurs dire en hébreu : « en lutte contre Dieu ». La stèle de tel Dan, fin du VIIIe siècle av. J.-C., mentionne, elle, Achab, roi d’Israël, et la maison de David. L’archéologie montre donc que cette peuplade errante s’est finalement constituée en royaume. La tradition israélite dit que leur livre sacré, la Torah, est un livre révélé, une parole divine. Toutefois, il y a dans ce texte beaucoup d’emprunts à la religion ancienne perse, à la religion babylonienne, ainsi qu’à la religion égyptienne (la circoncision et l’interdiction du porc viennent par exemple de l’ancienne religion égyptienne). Ce qui n’est pas logique pour un peuple particulièrement rebelle, qui devrait donc avoir sa propre religion, sans se soumettre à d’autres religions.
Avant la déportation des israélites à Babylone (qui passera rapidement sous domination perse), il y avait bien-sûr chez eux un culte à Yahvé, les amulettes de Ketef Hinnom datant du VIIème siècle av. J.-C., nous le prouve. Mais les emprunts à la religion perse dans la Torah sont colossaux, Torah qui, selon Spinoza, fut écrite par Esdras, lettré israélite, après sont retour d’exil de Babylone, alors sous occupation perse ; Esdras naquit en Babylonie perse et y vécu près de cinquante ans, assimilant la religion perse, jusqu’à être missionné par le roi perse Artaxerxès pour organiser la Judée devenue province perse, afin de soumettre ce peuple israélite si rebelle et si transgressif (les prophètes juifs Esaïe et Jeremie l’ont si bien dénoncé), et leur inculquer l’obéissance en leur donnant une religion compatible avec la religion perse. Et en effet, on peut voir dans la Torah que toute l’histoire d’Adam et Ève a été empruntée au mythe perse de Mashyâ et Mashyana, où Mashyana, la première femme est séparée du premier homme Mashyâ, alors qu’ils vivaient dans un paradis, Vâhîkâs, un lieu idyllique, en communion avec le divin – Ahura Mazda -, un lieu d’harmonie et d’abondance duquel ils vont chuter sous l’influence d’Ahriman, le Diable, après avoir désobéi à Dieu unique, Ahura Mazda, créateur du monde en six jours !… après avoir créé la lumière !… Devenus mortels après leur chute, Mashyâ – créé à l’image de Ahura Mazda – et Mashyana ont leur premier enfant. Le monde sombre alors dans la souffrance sous l’influence d’Ahriman, jusqu’à l’arrivée attendu d’un messie : Saoshyant ! Les israélites ont décidément tout pillé aux Perses. Et le dieu unique créateur Ahura Mazda prit le nom de Yahvé. On trouve même des éléments de la grande religion de Zarathustra jusque dans le Coran : la résurrection des âmes (Rista), le Jugement dernier, le pont de Chinvat qui outre mort enverra les âmes soit en Enfer (Dūjō-demana) soit au Paradis (Garōdmān), la prière cinq fois par jour… Même la kabbale juive emprunte beaucoup aux mythes perses, en particulier le mythe du premier homme spirituel Gayomart (que la kabbale juive emprunte en l’appelant Adam Kadmon). Quant à la notion kabbalistique du Tikkun Olam (réparation du monde), elle est directement empruntée à la notion perse de Frashokereti (la réparation ultime). Sauf que dans la kabbale juive, ce sont les israélites qui vont réparer la création imparfaite de Dieu par la connaissance du Serpent, oui, le serpent biblique… alors que chez les Perses, la création parfaite d’Ahura Mazda est corrompue par Ahriman, et restaurée par Ahura-Mazda, le messie Saochyant et les Yazatas (anges et esprits divins).
Esdras conçut donc, à la demande d’Atarxerxès, une religion de soumission à Dieu pour le peuple rebelle israélite, rebelle et transgressif, une religion avec des modèles d’hommes soumis à Dieu, Abraham, Moise, Jacob, Joseph, avec une élection divine et une promesse de terre… mais aussi des figures de rebelles punis, Koré, Caïn… Tous ces personnages ont-ils été créés par Esdras, ou sont-ils inspirés de personnes ayant réellement existé ?… Il n’en reste pas moins que les Dix commandements de Moïse sont directement empruntés du jugement d’Osiris dans le Livre des morts égyptien, et le personnage de Joseph semble être le Imhotep égyptien… Il n’en demeure pas moins qu’il y a une singularité de la religion juive, en ce qu’il y a du nouveau par rapport aux anciennes religions, où chacun servait le divin individuellement, ou familialement, et où les dieux poliades sont révocables (Yahvé est irrévocable), c’est que Dieu dans le judaïsme fait alliance avec un peuple, le petit peuple, sous forme d’un pacte moral en vue de son salut terrestre. Est-ce Esdras qui imagina cette singularité pour mieux contrôler le peuple ?… Tout ce qu’on peut dire c’est que Jésus proposa aux « brebis égarées de la maison d’Israël » non plus un salut terrestre mais un salut spirituel.
Mais venons en à ce personnage rebelle archétyal, Caïn qui, après avoir été banni, est étrangement protégé par Yahvé au lieu d’être mis hors d’état de nuire, et lui et sa descendance sont étrangement loués pour leur apport civilisationnel (chapitre 4 de la Genèse dans la Torah), comme si Esdras avait voulu réhabiliter le rebelle meurtrier Caïn, meurtrier, corrupteur, cupide, belliqueux, tyrannique, fourbe, pilleur, manipulateur et pervers sexuel, comme l’écrivait le grand historien juif Flavius Joseph, dans son livre Antiquités judaïques… réhabiliter Caïn pour absoudre l’irréductible transgression et rébellion israélite… à croire que Caïn est l’ancêtre caché des israélites. Ce Caïn est en tout cas le portrait caché de Jeffrey ! Voyons bien que Caïn fut très plausiblement le fondateur de Sumer. Plusieurs indices frappants : la première ville est Eridu, au bord de l’Euphrate, tout comme Caïn fonde lui aussi la première ville (au début de la Torah), les premières forges apparaissent à Sumer (forges pour le bronze) tout comme Tubal-Caïn, descendant de Caïn, est considéré comme le premier forgeron (toujours au début de la Torah), et pour finir, les premiers instruments de musique apparaissent à Sumer, lyre, harpe, instruments à vent en métal, tout comme dans la Torah ces instruments sont inventés par les descendants de Caïn. Autre indice, Abraham et son père Terah étaient sumériens, et Terah l’idolâtre était proche du roi Nemrod, le grand rebelle à Dieu, en cela héritier de Caïn. Certaines traditions midrashiques affirment que Azurad, fille de Nemrod fut l’épouse d’Eber, ancêtre d’Abraham. Il n’en reste pas moins que, complice de Nemrod, Terah l’idolâtre fit jeter Abraham le monothéiste au feu, son propre fils ! Cette transgression criminelle procède de Caïn. Tout comme la fourberie et la cruauté sadiques de Laban, neveu d’Abraham, procède de Caïn. Il y a chez les exégètes juifs, cette volonté de réhabiliter ou d’absoudre Caïn ; par exemple, dans certains midrash, la postérité de Caïn survit au Déluge (alors que dans la Torah, il n’est pas dit qu’elle y survit, ni qu’elle n’y survit pas), et elle y survivrait par le biais de Naamah qui serait l’épouse de Noé, et qui serait une femme juste, quoique descendante de Caïn. Il n’en reste pas moins que le petit fils d’Abraham, Jacob, épousera la fille de Laban, Léa, dont il aura des enfants, Siméon, Ruben, Lévi, qu’il maudira sur son lit de mort ! Enfants qui comploteront pour assassiner leur propre frère, Joseph. Toujours cette transgression criminelle héritée de Caïn, qui sera finalement pardonnée par Joseph.
Toute l’histoire de la Torah est une tentative d’absoudre les héritiers de Caïn – les israélites – et donc cette figure de Caïn, premier roi de Sumer. La proximité israélite avec Sumer est si étroite que les premières lignes de la Torah sont la quasi copie conforme de l’Enuma Elish, la cosmogonie suméro-babylonienne : « Au commencement Elohim (pluriel… ) créa le ciel et la terre » (comme les dieux sumériens primordiaux Tiamat et Apsu engendrèrent en s’unissant le ciel, Anshar, et la terre, Kishar), « la terre était informe et vide, il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme, et l’esprit d’Elohim se mouvait au-dessus des eaux.. » (comme l’esprit de Marduk, fils d’Enki, est au dessus de la guerre annoncée des divinités des eaux primordiales chaotiques), « Elohim sépara les eaux, celle du dessus, le ciel, et celle du dessous, la terre » (comme Marduk découpe en deux le corps de Tiamat, déesse des eaux primordiales, la moitié du haut devient le ciel, la moitié du bas, la terre). Quant à l’histoire de l’arche de Noé et du Déluge, c’est la copie conforme de l’arche de Ziusudra, rescapé d’un grand déluge déclenché par Enlil, le dieu créateur, pour punir les hommes. Mais l’emprunt le plus drôle reste quand même la côte d’Enki, malade après avoir mangé une plante défendue, côte guérie par Ninhursag en créant une femme, une divinité, Nin-ti (qui a un double sens, « dame de la côte » ou « dame de la vie »)… tout comme Yahvé prélève une côte d’Adam pour créer Ève, qui mangera du fruit défendu, et donnera un enfant à Adam, « dame de la vie »… ! Pour finir, sachez tout de même que la monnaie sumérienne était… le shekel ! Mais revenons à cette volonté israélite de réhabiliter Caïn, elle atteignit son paroxysme après la chute de Jérusalem, sous l’empereur Titus. En effet, après la seconde destruction du Temple, des israélites rejetèrent Moïse et ses lois et formèrent des sectes gnostiques, en particulier la secte des Cainites, qui glorifiait Caïn, voyant en lui l’incarnation suprême de la sagesse, et voyant en le serpent biblique la manifestation de l’esprit suprême, et en Yahvé, un dieu créateur imparfait (le démiurge), à la création imparfaite, ce qui n’est pas sans rappeler le grand dieu sumérien Enki, dieu-serpent, lui aussi esprit suprême de sagesse, rusé et pervers sexuel comme Caïn, et comme lui jaloux de son frère, Enlil, créateur du monde.
Pour les chrétiens, le serpent biblique est la manifestation de Lucifer déchu, avide de domination. Cette gnose du serpent, dépositaire de l’esprit de Caïn, de la postérité de Caïn, postérité du Serpent, se manifesta ensuite dans la kabbale juive, qui elle-même influença profondément la franc-maçonnerie européenne et occidentale (dont les figures tutélaires sont tous des descendants de Caïn, Nemrod, Hiram, Tubal-Caïn, Henoch fils de Caïn… ). Et les réseaux maçonniques, révolution après révolution, prirent le pouvoir en Occident, maçonnerie dont le but avoué est la reconstruction du Temple à Jérusalem… Voilà comment le petit peuple hébreu devint maître de l’Occident…
La singularité juive, Lotfi Hadjiat.