vendredi 31 juillet 2026

La France est-elle devenue le laboratoire d’une ingénierie sociale dirigée par des sociétés secrètes ?




Le secret occulte de la pyramide du Louvre

Inaugurée en 1989 par François Mitterrand, la pyramide du Louvre est officiellement présentée comme une prouesse architecturale moderne. Pourtant, ce monument de verre et d’acier ne s’est pas installé par hasard au cœur de l’ancien palais des rois de France. Elle s’inscrit dans un alignement urbain millimétré, reliant le Panthéon à la Grande Arche de la Défense, traversant l’Obélisque de la Concorde et l’Arc de Triomphe.

Derrière l’esthétique se cache un dispositif rituel complexe. Selon l’analyse de Christian Cotten, chaque visiteur qui descend sous la pyramide pour accéder au musée participe, sans le savoir, à un rite de mort et de renaissance. Ce parcours symbolique, typique des loges maçonniques, marque une prise de territoire idéologique. Il semblerait que le pouvoir politique ait délibérément substitué une mystique occulte aux racines chrétiennes de la France, symbolisées par une Notre-Dame aujourd’hui défigurée.

L’influence de cette « religion invisible » ne s’arrête pas à l’architecture. La présence d’Emmanuel Macron devant cet édifice, mimant une pyramide inversée avec ses mains lors de son élection, souligne une allégeance qui dépasse le cadre républicain. De la promotion de lois sociétales comme l’euthanasie par le Grand Orient de France aux défilés militaires étrangers sur les Champs-Élysées, tout indique une volonté de dissoudre la souveraineté nationale au profit d’un ordre mondialisé.

La France est-elle devenue le laboratoire d’une ingénierie sociale dirigée par des sociétés secrètes ? Pourquoi nos dirigeants multiplient-ils les signes d’appartenance à une mystique étrangère aux intérêts du peuple ? L’éveil des consciences est désormais l’unique rempart contre cette dépossession programmée. Découvrez les dessous d’un système qui utilise le symbole comme une arme de contrôle absolu.



Kate reçoit Christian Cotten pour explorer les mystères ésotériques de la capitale :

Symboles du Louvre : ce que personne ne montre

Durée 23 minutes



mercredi 29 juillet 2026

Rémi Soulié : « René Guénon œuvre pour nous tirer d’une spectaculaire entreprise de suggestion »



Aux éditions Lif paraissent dans un même volume les deux chefs d’œuvres antimodernes du métaphysicien René Guénon (1886-1951) : "La Crise du monde moderne" et "Le Règne de la quantité et les signes des temps", parus en 1927 et 1945. Dans une préface inédite, Rémi Soulié, docteur ès lettres, auteur de plusieurs essais pérennialistes et membre de la Société des félibres de Paris, revient sur le contexte et les enjeux de ces deux livres visionnaires où Guénon livrait une critique complète et intransigeante de l’Occident moderne oublieux de sa tradition.



PHILITT : Vous comparez "La Crise du monde moderne" et "Le Règne de la quantité et les signes des temps" à une foule d’auteurs qui, d’une part, pour plusieurs d’entre eux, ont pensé du temps de Guénon la « crise » de la modernité, puis, après Guénon, la « catastrophe » de l’hypermodernité. En réunissant ces deux livres en un volume, souhaitez-vous montrer que Guénon excelle à la fois dans l’étude de la crise et dans celle de la catastrophe ?

Rémi Soulié : Il me paraissait indispensable de situer « temporellement » l’écriture puis la publication de ces deux essais de René Guénon, en particulier à destination d’un lectorat peut-être plus familier, de prime abord, avec l’histoire de la philosophie plutôt qu’avec la métaphysique telle que l’entend Guénon et telle qu’elle est, c’est-à-dire sans histoire. Après tout, d’un point de vue guénonien, l’ « ambiance » cosmique, pour dire le moins, n’est pas neutre et même si le propos de Guénon est foncièrement métaphysique, il n’en survient pas moins dans un « temps donné », celui des « derniers temps » en l’occurrence. Force est de constater, de ce point de vue, que les philosophes et les essayistes ont été nombreux, dans cette première moitié du vingtième siècle, en particulier après la Première Guerre mondiale, à prendre la mesure de l’étendue du « désastre » (qui est toujours, au sens littéral, une rupture avec l’astre). Guénon est néanmoins le seul à en mesurer la dimension abyssale, en allant jusqu’à ses racines essentielle et substantielle, pour reprendre les deux termes fondamentaux explicités dans les premiers chapitres du Règne de la quantité.

Étymologiquement, la « crise » est à la fois discrimination et jugement. Celle dans laquelle nous sommes entrés depuis le XIVe siècle, à l’origine du « monde moderne », a valeur exemplaire ou, plutôt, contre-exemplaire en ce que les possibilités les plus basses du cycle se manifestent et, avec elles, le chaos mental, social, politique et religieux. Sur un plan temporel traditionnel, donc cyclique, nous vivons dans le ténébreux Kali Yuga depuis des millénaires. Même si, en son sein, des périodes ponctuelles de redressement se produisent, à l’instar de notre Moyen Âge, il se caractérise par un éloignement – au demeurant tout à fait normal, lui – du Principe de la manifestation (sous « l’aspect » de l’Être ou du Logos), dont les conséquences délétères ont été décrites dans toutes les « révélations », notamment le Véda ou l’Évangile, mais aussi, pour ce qui concerne notre ère géographique et d’une manière tout aussi inspirée, par Hésiode ou par Platon. La « catastrophe » est toujours la fin d’une tragédie, un « jugement », en l’occurrence « dernier », en ce qu’il ponctue non pas tant la fin du monde – à quoi se limite la perspective biblique – mais la « fin d’un monde » qui, pour des raisons métaphysiques, n’est jamais que la « fin d’une illusion ».

Citant Oswald Spengler, Paul Valéry, Thierry Maulnier, Edmund Husserl, Paul Hazard et d’une certaine manière "Malaise dans la civilisation" de Freud, vous remarquez qu’au temps où Guénon publie "La Crise du monde moderne", « les grands esprits européens sont shakespeariens : ils comprennent qu’il y a quelque chose de pourri au royaume de Danemark », c’est-à-dire dans le monde occidental. Qu’est-ce qui différencie René Guénon de toute cette littérature antimoderne ? Sa méthode aussi bien que son objet ?

Sans aucun doute. Il convient de distinguer ces grands esprits des « intellectuels », qui sont tout sauf intellectuels, lesquels raisonnent à partir de ce qu’ils appellent des « faits » (le plus souvent déformés par le prisme idéologique et dont ils ont la « superstition » empirique), quand ce n’est pas à partir de leurs « intuitions subjectives », ce qui revient à se montrer doublement grossier : leur histoire, pour une large part, n’est que celle de leurs égarements et de leurs errances. Guénon ne fait pas l’économie du raisonnement, bien entendu, mais il le situe à sa juste place. Dès lors que vous partez d’où il faut partir, c’est-à-dire de l’Absolu, puisque c’est de « là » que tout part (et revient) – contrairement aux Modernes, qui partent du relatif (ils inversent toujours tout) – vous disposez d’une amplitude de vue beaucoup moins limitée, et conséquemment beaucoup plus réaliste que celle des réalistes (sans parler de celle des sensualistes, des empiristes, des rationalistes, des matérialistes, etc.). Guénon déploie ce qu’il voit, déroule le volumen, conformément à la nature de ce qui est. Sa vision, qui n’est certes pas la sienne propre, celle de sa « subjectivité », est en un sens aussi grandiose que celle de Dante, avec enfer, purgatoire et paradis à la clé (c’est le cas de le dire). Ces deux livres de Guénon sont donc plutôt consacrés à l’enfer. Voilà en quoi sa méthode est incomparable avec celle des auteurs mentionnés.

Craignant que mon propos ne soit mal interprété, je précise toutefois qu’il ne s’agit pas de « poésie », au sens déchu que ce terme a semble-t-il pris ; je précise également que partir de l’Absolu, ce n’est pas un postulat ou un a priori de la « foi » mais la condition même de toute pensée, sans quoi le relatif est lui-même inintelligible, innommable, inexistant ; telle est d’ailleurs la manière la plus probante de comprendre « l’argument » anselmien ou, en termes heideggériens, que les étants apparaissent sur le fond de l’Être, qui n’est rien d’étant. À la différence de ce dernier, Guénon n’a pas eu à « détruire la métaphysique » occidentale, qu’il tenait en piètre estime, non plus qu’à se tourner vers le Zen, comme le « dernier » Heidegger, puisqu’il y était déjà métaphysiquement installé ; dans le même registre, j’ajoute que comme le disait Abellio, qui savait lui aussi de quoi il parlait puisqu’il était polytechnicien et ingénieur des Ponts et Chaussées, « la maison se construit par le toit » : qui peut le plus peut le moins, mais pas l’inverse. En termes guénoniens, il est « impossi[ble] d’arriver à la synthèse par l’analyse : on aura beau ajouter successivement les uns aux autres un nombre indéfini d’éléments, on n’obtiendra jamais le Tout, parce que le Tout est infini, et non pas indéfini » (« Remarques sur la notation mathématique », La Gnose, avril-mai 1910).

En ce qui concerne son objet, je serai plus bref, puisqu’il s’agit en dernière « analyse » d’une illusion – néanmoins suffisamment prégnante pour que l’on s’identifie avec elle, ce qui justifie tous les coups de tonnerre, toutes les sonneries de trompette, afin de nous tirer de ce cauchemar auquel nous tenons tant, au point de penser que nous serions anéantis si nous nous éveillions (alors que c’est l’inverse et qu’il faudrait, donc inverser l’inversion pour être). Guénon œuvre pour nous tirer d’une spectaculaire et théâtrocratique entreprise de suggestion et d’hypnose, accrue par la technique. Philippe Sollers, dont j’aurai bientôt l’occasion de montrer à quel point il fut un lecteur de Guénon (autant que Drieu, Artaud, Daumal, Bosco, Queneau, etc.), parlait de « somnambulisme ».
Le philosophe de la « postmodernité » Zygmunt Bauman (1925-2017)

La prescience de Guénon allait, en 1945, jusqu’à anticiper d’une manière à peine croyable la disparition de la monnaie dans sa dimension « même simplement “pratique” ou “matérielle” ». En quoi cette anticipation s’inscrit-elle dans une étude de la catastrophe plus complète encore que l’analyse du stade de « liquéfaction » étudié par Zygmunt Bauman (1925-2017) ?

La remarquable analyse de la « société liquide » menée par Zygmunt Bauman, dans ses grandes lignes, demeure sociologique ; celle de Guénon, bien évidemment, métaphysique, ce qui change tout. Le monde moderne se caractérise notamment par un double mouvement : d’abord, de solidification, de matérialisation (le béton, le matérialisme pratique, le pragmatisme, l’utilitarisme etc.), ensuite, de liquéfaction (les flux : « Avez-vous du liquide ? », « Êtes-vous fluid gender ? »). Ces deux phases d’une seule œuvre au noir correspondent à l’alchimique « Coagula et Solve », ce qui nous ramène au domaine cosmologique et psychique, indissociable du domaine métaphysique, quoique ce dernier soit aussi transcendant. La troisième étape ne peut qu’être la gazéification ou la pulvérisation, dans laquelle il est superflu d’« avoir ou non du liquide », lequel est encore trop solide, si j’ose dire (« les espèces sonnantes et trébuchantes » – on notera la référence parodique à l’espèce et au genre aristotéliciens). Nous sommes donc en voie d’anéantissement numérique, « hologrammatique », même si le néant est une impossibilité. Nous y tendrons jusqu’à l’ultime limite du basculement vers un nouveau cycle ; la descente est vertigineuse – d’où le « fait », comme en témoigne le langage ordinaire, que « tout s’accélère ». À cela s’ajoute, quoique plus anecdotiquement, que la disparition physique de la monnaie, comme toujours « au nom du bien », favorise un contrôle total par la Machine et ses desservants (ce que Guénon appelle le plus souvent « l’industrie »), qui peuvent « débrancher » socialement n’importe qui, pour n’importe quoi : la Banque contre la Barque, en quelque sorte (mais enfin, la Banque du Vatican, c’est aussi quelque chose…). Que le lien avec la métaphysique (l’esprit, l’intellect) soit rompu (au bénéfice de l’âme sentimentale et de la raison raisonnante), et le physique (la physis, la nature) s’évanouit (notamment au bénéfice du spectacle, de sa suggestion, de sa sujétion). L’erreur ou l’ignorance métaphysiques entraînent inévitablement une erreur ou une ignorance anthropologiques, dont le dualisme cartésien est sans doute l’une des meilleures illustrations (ce qui n’empêche pas que Descartes ait été un bon catholique, mais là n’est pas la question, hélas).

Parmi les auteurs antimodernes connus par Guénon, vous soulignez avec sévérité sa divergence avec Jacques Maritain (1882-1973), lequel pourrait, selon vous, « se flatter d’avoir contribué à l’accélération de la déliquescence romaine ». En quoi Guénon, pourtant initié à l’islam soufi dès 1910, vous paraît-il paradoxalement plus compatible avec la tradition catholique que Maritain ? En mélangeant modernisme liturgique et ouverture aux autres religions, le concile Vatican II aurait-il échoué par méconnaissance des principes traditionnels ?

D’une certaine manière, ce n’est pas difficile d’être plus catholique que Maritain : il suffit de prendre au sérieux la catholicité littérale et spirituelle, c’est-à-dire l’universalité métaphysique, plutôt que de raisonner depuis la crypte ou la sacristie la plus close, comme le font souvent les convertis, avec de surcroît un zèle déplorable et souvent hargneux, celui-là même dont fit preuve Maritain à l’endroit de Péguy, de Guénon et même, me suis-je laissé dire, de Thibon. Guénon, lui, ne s’est jamais converti à quoi que ce soit. Sa « réalisation métaphysique » était telle qu’il se situait en vérité au-delà des formes particulières – comme Ramakrishna (1836-1886), autre rare exemple de ce point de vue, ou Ibn Arabi (1165-1240). Son « installation » en islam s’explique par la possibilité d’un rattachement initiatique, en effet, ce qui n’est semble-t-il plus le cas dans ce qu’il reste de la chrétienté occidentale – je dis bien, occidentale, la situation étant sans doute différente dans la chrétienté orientale orthodoxe ; l’islam comprend donc, régulièrement, une dimension ésotérique, même si les juristes-légistes ne l’apprécient guère le plus souvent, en particulier depuis l’émergence des courants réformateurs modernistes, « protestants » et puritains, du wahhabisme et du salafisme, tant prisés par les États-Unis, et pour cause ; en outre, pour notre cycle d’humanité, l’islam clôt le cycle des révélations, dont la première fut celle des Védas, ce qui lui confère un positionnement particulier ; enfin, l’islam se pense lui-même comme « récapitulatif » sur le plan prophétique abrahamique.

L’exotérisme, quel qu’il soit, ne peut qu’échouer dès lors qu’il nie ses propres limitations, dont il n’a d’ailleurs pas toujours conscience : il ne peut se penser que comme « total », chaque exotérisme bénéficiant de la plénitude de la révélation divine, alors que chaque tradition particulière, comme dit Schuon, devrait se penser elle-même comme « relativement absolue », ce qu’autorise la perspective ésotérique.

La situation de l’Église catholique romaine est singulière. Dans l’Occident latin, elle représente la tradition, quoiqu’amputée de sa dimension gnostique. La Barque de Pierre est donc perméable – elle prend l’eau inférieure par ses fissures – et tangue jusqu’à risquer le chavirement et le naufrage, bien qu’ils soient exclus en raison de son caractère divin. Il suffit de songer à son instabilité, à son histoire mouvementée – « À tribord toute ! », « À bâbord toute ! » – qui se superpose fort bien avec celle de l’agitation occidentale, plus ou moins faustienne ; la manière dont elle a pensé l’Incarnation l’a peut-être prédisposée à se montrer par trop tributaire de l’« Histoire » et du temps (je dirais même, avec Mircea Eliade, de la « terreur de l’histoire »), mais avait-elle le choix dès lors qu’à l’issue de l’Antiquité, il fallait pontifier, c’est-à-dire construire des ponts, rebâtir ?

Vous remarquez que "La Crise du monde moderne" paraît la même année qu’"Être et temps" du célèbre philosophe allemand Martin Heidegger (1889-1976). Pourtant, si Heidegger fait de la temporalité l’horizon indépassable du Dasein, Guénon ne soutient-il pas au contraire que l’homme n’est qu’un état contingent de l’Être universel et éternel, capable, par participation, de dépasser sa condition temporelle par la réalisation métaphysique des états supérieurs de cet Être ?

Vous avez raison. J’ai ainsi simplement voulu pointer la parution de deux livres fondamentaux comme un « signe des temps ». Être et temps menait à une impasse, mais le « tournant » opéré par Heidegger lui a permis de s’ouvrir à une tout autre entente de l’Être. Il serait inepte d’associer le philosophe et le métaphysicien (tout « associationnisme » est exclu, avec Guénon !), quoique le « dernier » Heidegger ait donc perçu dans quelle direction il convenait de regarder (en l’occurrence, donc, le zen). Les lecteurs d’Heidegger ne sauraient être absolument « dépaysés » s’ils lisent Guénon : l’Être n’est rien d’étant, la Déité eckhartienne, l’arraisonnement technique du monde, le réductionnisme onto-théologique, la parole la plus matinale des Grecs, lorsque la poésie, la prophétie et la métaphysique n’étaient pas encore conçues séparément… Il y a là un certain nombre d’indices concordants en faveur d’une possible lecture parallèle, même si Heidegger, en toute rigueur, ne pénètre pas dans le domaine métaphysique tel que l’entend Guénon.

Avec le philosophe pérennialiste Georges Vallin (1921-1983), vous accusez la « révolte anti-platonicienne » d’Aristote d’être l’une des « premières accélérations de la chute occidentale ». Votre défense de Platon n’est-elle pas également contraire à la position de Heidegger, qui accusait le philosophe grec d’avoir évacué la question de l’être ?

Heidegger se livre en effet à une généalogie des mutations de l’essence de la vérité et pointe dans l’Idée platonicienne une désorientation, pourrait-on dire, en direction de l’étant, qui prépare et anticipe un oubli autrement plus radical de l’Être. Outre que cette analyse me semble assez discutable, il me semble de surcroît que l’on n’a jamais trouvé meilleur remède à l’oubli que la réminiscence, dont le « souvenir de Dieu » ou l’anamnèse, dans les traditions religieuses monothéistes, est l’une des modalités, analogiques ou non. Heidegger lui-même n’évoque-t-il pas, de plus, « la transcendance de l’Être » ? « Seul un dieu peut encore nous sauver » me paraît être une heureuse parole testamentaire, indépendamment de tout confessionalisme. Heidegger s’est approché autant qu’il le pouvait de la non-dualité, étant entendu que le trop fameux « dualisme » platonicien relève de la fiction scolaire. Il n’a jamais écrit le Platon qu’il avait promis à son épouse…parce qu’il l’a écrit. De ce point de vue, je partage les analyses de Jean-François Mattéi, lui-même platonicien et heideggérien sans contradiction. C’est la Métaphysique d’Aristote qui, pour une part, fonde l’Occident, y compris religieux, pas le chemin de campagne qui borde l’Illissós. Je ne suis pas loin de voir dans l’œuvre d’Heidegger le cheminement d’un esprit et d’une âme, comme le sont les Dialogues de Platon.

À propos de l’écriture de René Guénon, vous soulignez « la limpidité transparente d’un style ligérien, éminemment français voire – quel paradoxe ! – d’un classicisme cartésien ». Comment expliquez-vous l’excellence et la clarté stylistique d’un homme qui s’est toujours gardé de faire profession d’écrivain ?

Cela relève d’une forme de prodige, qui consiste à posséder à un très haut degré et l’esprit de géométrie, et l’esprit de finesse. D’évidence, Guénon était inspiré, dans tous les sens du terme, y compris littéraire. C’est un écrivain aussi, mais pas au sens « profane ». Je ne me risquerais pas à entrer sur le terrain glissant consistant à se demander s’il était « missionné », mais il n’en reste pas moins que son œuvre, littérairement, « coule de source ». Qu’il soit un Français de Blois, malgré ses propres réserves à ce propos, me paraît être significatif du mystère français, profondément sacerdotal et royal depuis l’origine, dont la nature est lumineuse mais dont l’inversion démocratico-républicaine ne peut qu’être ténébreuse, comme cela devrait sauter aux yeux de n’importe qui. Guénon est parti en Égypte comme les derniers néo-platoniciens, après la fermeture de l’École d’Athènes par Justinien, sont partis vers l’empire sassanide, à L’heure de la fermeture dans les jardins d’Occident, pour reprendre le titre d’un roman de Bruno de Cessole. Il n’en reste pas moins que son écriture continue de manifester ce que l’on pourrait appeler l’esprit de la lettre française, en son universalité rivarolienne, qui fut donc aussi européenne. Sa prose – appelons-là ainsi – demeure une invitation à retrouver notre propre tradition et à renouer avec elle. Elle est orphique, pythagorique, mystérique, celtique, chrétienne, exemplairement dans le Graal que Guénon nous invite à retrouver sans que nous l’ayons pour autant perdu.




lundi 27 juillet 2026

Vers une religion mondiale de paix




Et si une religion mondiale destinée à apporter la paix durable était programmée pour être la réponse aux guerres, aux famines et à une série de bouleversements?

Cette religion mondiale de paix se présenterait comme l’unique antidote capable de mettre fin aux guerres et aux malheurs induits par une humanité déchue, par des "hommes méchants et sans morale". Elle proposerait d’unifier les trois plus grandes religions monothéistes, le judaïsme, le christianisme et l'islam, en une seule unité religieuse au nom de la morale universelle et du Dieu Créateur. Cet œcuménisme mondial transcenderait les divisions doctrinales pour mettre l’accent sur les valeurs communes de fraternité, de justice et de coexistence pacifique.

Cette initiative s’appuie sur des fondations déjà établies à travers plusieurs institutions internationales. La Maison de la Famille Abrahamique à Abu Dhabi, inaugurée comme un complexe interreligieux, abrite une mosquée, une église et une synagogue, et symbolise cette unité des traditions abrahamiques. Un équivalent ou des initiatives similaires se développent dans d’autres contextes, y compris en Russie. Le Board of Peace (ou Conseil de la Paix) de Donald Trump, fait la promotion de la paix et de la sécurité mondiale, tout comme les Accords d'Abraham.

Les Nations Unies servent de cadre pour toutes ces initiatives de paix. Le Congrès des dirigeants des religions mondiales et traditionnelles, organisé à Astana (Kazakhstan), réunit leaders religieux pour favoriser le dialogue et la paix mondiale.

Un autre pilier, et non le moindre, est le premier Congrès international des Noachides, prévu à Jérusalem du 2 au 6 novembre 2026. Cet événement vise à fonder formellement un mouvement noachide mondial, avec des délégués de six continents, et à établir des structures comme un tribunal rabbinique pour gouverner et pour faire appliquer les lois noachides à l’échelle globale.


Vidéo officielle du Premier Congrès International des Noachides :



La religion noachide, et ses sept lois morales, se présente comme le socle des trois grandes religions monothéistes et de la foi abrahamique. Selon la tradition juive talmudique, ces lois ont été données par Dieu à Noé et à ses descendants, c’est-à-dire à toute l’humanité, comme alliance universelle. Elles constituent un code moral minimal applicable à tous les peuples, indépendamment de leur appartenance ethnique ou religieuse :

1) Interdiction de l’idolâtrie.

2) Interdiction de blasphémer Dieu.

3) Interdiction du meurtre.

4) Interdiction de l’adultère et des immoralités sexuelles.

5) Interdiction du vol.

6) Interdiction de manger un membre d’animal vivant (cruauté animale).

7) Obligation d’établir des tribunaux de justice.

Ces sept lois sont présentées comme le dénominateur commun capable d’unir l’humanité au-delà des conflits et des différends entre les religions. Elles offrent un cadre moral universel qui peut être accepté par les non-juifs sans exiger la conversion au judaïsme, tout en respectant la distinction entre les obligations des juifs (613 commandements) et celles de l’humanité. Des mouvements comme Chabad-Loubavitch ont activement promu cette vision, avec des proclamations présidentielles américaines passées soulignant leur valeur sociétale.

Dans cette perspective, la religion noachide agit comme fondation d’une unité religieuse mondiale: elle permet aux adeptes des trois religions abrahamiques de converger vers un ensemble de principes moraux partagés, sous l’égide de Dieu Créateur, tout en minimisant les divergences théologiques.

Face à d'éventuelles épreuves dévastatrices à l'échelle planétaire (guerres, famines), cette unité se poserait comme la solution providentielle pour la paix, intégrant les initiatives existantes (Maison Abrahamique, Congrès d’Astana, Board of Peace, Accords d'Abraham, ONU) et culminant avec la mise en place d'une religion noachide.

En plaçant les lois noachides, et particulièrement l’interdiction stricte de l’idolâtrie, au centre de l’autorité spirituelle et morale universelle, cette structure œcuménique pourrait évoluer vers une autorité théocratique mondiale. Sous couvert de morale universelle et de paix, elle risquerait alors de juger et de condamner comme idolâtres tous ceux qui ne se conformeraient pas à l'interprétation d'une de ces lois.

Les chrétiens, qui confessent la divinité de Jésus-Christ et lui rendent un culte, pourraient être particulièrement visés. Dans la perspective noachide stricte, l’adoration du Christ comme Dieu incarné peut être considérée comme une violation de la première loi (interdiction de l’idolâtrie). Ce qui est aujourd’hui présenté comme un dialogue fraternel et une unité bienveillante pourrait demain devenir un cadre contraignant, où les déviations théologiques seraient traitées non plus comme des différences de foi, mais comme des atteintes à l’ordre moral universel et à la paix mondiale.

Derrière la séduisante idée de "UNE HUMANITÉ : UN SEUL DIEU", il y a le risque d’une gouvernance religieuse centralisée, une théocratie mondiale, capable d’exercer une pression spirituelle, sociale et potentiellement juridique sur les croyants. Ce qui commence par un appel à la paix après de grandes tribulations pourrait se transformer en un système excluant ou réprimant ceux qui refusent de plier leur conscience, un système qui met à mort ceux qui refusent de renoncer à leur Dieu...

"Il lui fut donné de faire la guerre aux saints, et de les vaincre. Et il lui fut donné autorité sur toute tribu, tout peuple, toute langue, et toute nation. Et tous les habitants de la terre l'adoreront, ceux dont le nom n'a pas été écrit dès la fondation du monde dans le livre de vie de l'Agneau immolé."
Apocalypse 13: 7-8

"Elle [la seconde bête] exerçait toute l'autorité de la première bête en sa présence, et elle faisait que la terre et ses habitants adoraient la première bête, dont la blessure mortelle avait été guérie."
Apocalypse 13: 12

"Et il lui fut donné d'animer l'image de la bête, afin que l'image de la bête parlât, et qu'elle fît que tous ceux qui n'adoreraient pas l'image de la bête fussent tués."
Apocalypse 13: 15



dimanche 26 juillet 2026

Du rififi chez les frères bénédictins




Pour la plus grande gloire de Dieu
Ad maiorem Dei gloriam 


Le père Placide, supérieur de l’abbaye Notre-Dame de Bellaigue, dans le Puy-de-Dôme, aurait été enlevé puis séquestré en juin dernier dans une affaire hors du commun. Les investigations s’orientent vers des tensions internes entre moines autour de la gouvernance de cette communauté bénédictine.

Du silence des offices aux bruits d’une querelle interne. Depuis près d’un mois, l’abbaye Notre-Dame de Bellaigue, nichée dans la campagne du Puy-de-Dôme, est au cœur d’une enquête hors norme. Le père Placide, supérieur du monastère depuis quinze ans, aurait été enlevé puis séquestré dans la nuit du 23 au 24 juin, rapporte La Montagne. Au fil de leurs recherches, les gendarmes auraient découvert l’existence de tensions profondes autour de la direction de cette communauté bénédictine.

Une disparition inquiétante

Derrière les épais murs de pierre de l’abbaye Notre-Dame de Bellaigue, à l’écart du hameau de Virlet, au nord de Clermont-Ferrand, l’atmosphère est bien loin de la quiétude habituelle des lieux. Depuis plusieurs semaines, une question obsède les enquêteurs : que s’est-il réellement passé cette nuit de juin où le père Placide a disparu sans laisser de trace ?

L’affaire débute au petit matin du 24 juin, relatent nos confrères dans le récit qu’ils consacrent à cette affaire. Vers 5 heures, lors du premier office de la journée, les moines constatent l’absence de leur supérieur. Dans sa cellule, ses affaires personnelles ont disparu et la pièce a été soigneusement rangée.

Quelques instants plus tard, la communauté découvre un mail envoyé pendant la nuit par le père Placide, dans lequel il annonce son intention de démissionner. De quoi laisser penser, dans un premier temps, que l’abbé aurait choisi de partir de lui-même.

Mais certains religieux ne croient pas à cette version et plusieurs moines auraient rapidement estimé que leur supérieur n’avait pas quitté l’abbaye "de son propre chef". Les gendarmes sont alors alertés et une importante opération de recherche est déclenchée.

Un dispositif exceptionnel est déployé avec une trentaine de militaires, un hélicoptère, une équipe cynophile et des techniciens en identification criminelle. Après deux jours de recherches, le téléphone du religieux permet de suivre sa trace. Le signal est repéré successivement à Montluçon, puis à Bourges, avant de conduire les enquêteurs jusqu’à une petite gare isolée près de Limoges (Haute-Vienne).

Des désaccords sur l'avenir du monastère ?

Le père Placide y est retrouvé vivant, mais son corps porte les marques de nombreux coups. L’enquête ouverte initialement pour "disparition inquiétante" change alors de dimension et s’oriente vers des faits criminels d’"enlèvement et séquestration".

Une évolution confirmée par le procureur de la République de Clermont-Ferrand, Éric Serfass, auprès du Figaro. Le magistrat reste toutefois très prudent : "Pour l’instant, avant d’avoir un premier résultat solide des investigations, je ne souhaite pas communiquer davantage sur les circonstances de cette affaire".

Sauf que, rapidement, les enquêteurs explorent la piste d’un conflit interne à l’abbaye, car des désaccords existeraient sur l’avenir de la direction du monastère. "Cette affaire semble être liée à des tensions, au regard des enjeux de direction de l’abbaye", indique une source proche de l’enquête.

Des moines auraient proposé une nouvelle organisation

Le soir même de la disparition du père Placide, onze moines, soit près de la moitié des membres de la communauté, auraient proposé une nouvelle organisation du fonctionnement de l’abbaye, "dans l’optique d’en prendre le contrôle", selon La Montagne. Une initiative qui ferait émerger l’hypothèse d’une tentative de prise de pouvoir au sein d’un ordre pourtant fondé sur une stricte hiérarchie spirituelle.

À ce stade, les circonstances exactes de l’enlèvement présumé demeurent inconnues, tout comme son mobile précis. Aucun religieux n’a été placé en garde à vue et aucune plainte du père Placide n’a été confirmée.

Une église attachée à la liturgie traditionnelle

Fondée au Moyen Âge, puis restaurée au début des années 2000 par quatre moines venus du monastère de la Sainte-Croix du Brésil, l’abbaye Notre-Dame de Bellaigue occupe une place particulière dans le paysage bénédictin français. Le monastère est notamment connu pour son attachement à la liturgie traditionnelle et accueille régulièrement des fidèles venus pour des offices et des retraites spirituelles.




samedi 25 juillet 2026

De Ayn Rand au Minarchisme




Ayn Rand, icône du capitalisme et de l’individualisme radical… Son nom revient souvent dans les débats sur la liberté, l’État, ou le « chacun pour soi ».

Qui est Ayn Rand ? Née Alissa Rosenbaum en 1905 en Russie à Saint-Pétersbourg, dans une famille juive aisée. Son père était pharmacien. Elle adore lire et rêve très tôt d’écrire.

À 12 ans, elle vit la Révolution bolchevique de 1917. Sa famille perd tout, boutique confisquée, vie bouleversée. Elle voit le communisme en action avec les pénuries, la répression, la destruction des individus « au nom du collectif ». Ça la marquera à vie.

En 1926, à 21 ans, elle fuit l’URSS pour les États-Unis avec très peu d’argent. Elle arrive à New York, puis part à Hollywood où elle travaille comme scénariste.

Elle adopte le nom « Ayn Rand », devient écrivaine et philosophe. Elle meurt en 1982 à New York.

Son livre le plus connu est La Grève (1957) qui est un roman de plus de 1 000 pages. Souvent présenté comme « le livre le plus influent aux États-Unis après la Bible ». Ce n’est pas forcément le plus vendu en nombre d’exemplaires car la Bible écrase tout, mais en termes d’impact sur la vie des lecteurs, il arrive deuxième. Des millions de personnes disent que ce livre a changé leur vision du monde.

De quoi parle La Grève ? Dans une Amérique futuriste qui s’effondre, les meilleurs créateurs, inventeurs, entrepreneurs et artistes « font grève ». Ils disparaissent un par un. Pourquoi ? Parce que la société les traite comme des vaches à lait, on les taxe, on les régule, on les culpabilise au nom du « bien commun », on leur vole leur travail.

C’est un roman philosophique déguisé en thriller. On y trouve de l’action, de l’amour, des mystères et surtout une défense féroce de l’individu.

Sa philosophie complète est l’Objectivisme. Rand a créé un système de pensée qui touche tous les domaines :

• Métaphysique (la réalité) : La réalité existe objectivement, indépendamment de ce qu’on pense ou ressent. « A est A » (Aristote). Pas de « vérité alternative ».

• Épistémologie (comment on connaît) : La raison est le seul outil valide. Pas la foi, pas les émotions seules, pas l’autorité.

• Éthique (comment on doit vivre) : L’égoïsme rationnel.

Chercher son propre bonheur de façon rationnelle est moral. Le sacrifice de soi n’est pas une vertu. Sacrifier les autres non plus. On n’est pas là pour « servir » la société ou les autres. On est là pour réaliser son potentiel.

L’éthique selon Ayn Rand. Imaginons deux personnes :

L’une aide volontairement un ami parce qu’elle y trouve du plaisir et que c’est mutuellement bénéfique.

L’autre aide parce qu’elle se sent « obligée » et se sacrifie.

Pour Rand, la première est morale. La seconde non, car elle se détruit elle-même. L’altruisme comme devoir moral de sacrifier son intérêt pour autrui est, selon elle, la racine de tous les maux collectifs que sont le communisme, le nazisme, l’État-providence excessif. C’est le cœur de sa pensée.

Sa politique est le capitalisme de laissez-faire. Pour Rand, le seul système moral est celui où les hommes échangent librement des valeurs comme des idées, des produits, des services, sans utiliser la force. Son principe fondamental : Aucune initiation de la force. Tu ne peux pas frapper, voler, frauder ou contraindre quelqu’un. Le seul usage légitime de la force est la réponse, la défense.

Selon Rand le gouvernement idéal est le Minarchisme. Elle pense qu’un État est nécessaire, mais ultra-minimal :

• Police

• Tribunaux

• Armée

C’est-à-dire que l’État est réduit à son utilité minimale et ne doit pas aller au-delà.




vendredi 24 juillet 2026

Les aliments pour bébés sont massivement contaminés par des métaux lourds neurotoxiques




Consumer Reports a testé des dizaines de produits : 95 % contiennent du plomb, 73 % de l’arsenic, 75 % du cadmium. Céréales de riz, purées, snacks… même les formules infantiles montrent des traces préoccupantes.

Ces métaux s’attaquent au développement cérébral, favorisent troubles neurodéveloppementaux et s’accumulent à vie. Les autorités traînent des pieds pour fixer des limites strictes, pendant que l’industrie continue.

Pourquoi empoisonner dès le berceau ? Pour une génération plus faible, plus dépendante des médicaments dès l’enfance. Dépopulation et contrôle par l’assiette, version bébé.


Liens qui confirment :

- Consumer Reports – Heavy metals in baby food : 




jeudi 23 juillet 2026

Produits alimentaires pour affaiblir mentalement les populations



Le président burkinabè Ibrahim Traoré affirme que des services de renseignement lui auraient proposé d’utiliser des produits destinés à rendre les populations dépendantes et moins capables de résister. Des déclarations qui relancent le débat sur les nouvelles formes de guerre, tout en appelant à distinguer les affirmations des faits établis.


Ibrahim Traoré alerte sur une "guerre silencieuse": des déclarations qui relancent le débat sur les nouvelles formes d’influence.

Et si la guerre la plus dangereuse n’était plus celle qui se livre sur les champs de bataille, mais celle qui se déroule dans le silence ?

Une guerre qui ne chercherait pas à éliminer des populations, mais à affaiblir leur capacité à réfléchir, à résister et à défendre leurs intérêts.

C’est le message porté récemment par le président du Burkina Faso, Ibrahim Traoré, lors d’une intervention publique.

Selon ses déclarations, des services de renseignement étrangers lui auraient proposé d’introduire des produits destinés non pas à tuer les populations, mais à les rendre progressivement dépendantes et moins aptes à développer un esprit critique.

Le chef de l’État burkinabè affirme également que de telles pratiques seraient déjà utilisées dans certains pays d’Afrique et d’Asie.

À ce jour, ces affirmations n’ont pas été corroborées par des preuves publiques et indépendantes. Elles doivent donc être considérées comme les déclarations d’un dirigeant politique, et non comme des faits établis.

Elles soulèvent néanmoins une question plus large : les rivalités géopolitiques contemporaines dépassent-elles désormais le cadre militaire pour inclure des formes d’influence économique, informationnelle, sanitaire ou alimentaire ?

Ces interrogations alimentent un débat croissant sur la souveraineté des États, le contrôle des chaînes d’approvisionnement et la dépendance vis-à-vis des importations stratégiques.

Pour de nombreux observateurs, renforcer les capacités locales de production alimentaire, pharmaceutique et industrielle constitue un enjeu majeur afin de réduire les vulnérabilités face aux crises internationales et aux rapports de force géopolitiques.

Les propos d’Ibrahim Traoré relancent également une autre interrogation : pourquoi certains dirigeants africains peinent-ils à défendre durablement les intérêts stratégiques de leurs pays ? Pourquoi les idéaux de souveraineté, de patriotisme économique et d’intégration africaine rencontrent-ils encore autant de difficultés à s’imposer ?

Autant de questions qui continueront d’alimenter le débat sur l’avenir politique, économique et stratégique du continent africain.

Source :



mercredi 22 juillet 2026

Comprendre le monde sans se faire avoir : Ce que les sages savaient déjà




Les traditions de résistance à la machine

Accroche : Et si la résistance à la prédation n’était pas une invention moderne ? Et si, bien avant les think tanks, les algorithmes et les produits dérivés, des hommes et des femmes avaient déjà identifié les mécanismes de la machine et proposé des voies pour s’en libérer ? Cet article est une invitation au voyage – à la rencontre de quelques-unes de ces traditions qui, de la Galilée à l’Inde, de la Chine ancienne aux savanes africaines, ont porté une contre-doxa face à la thanatocratie.

Pourquoi aller chercher si loin ?

Parce que la prédation contemporaine a des racines profondes. Et parce que la résistance a besoin de plus que d’analyses – elle a besoin de sens, de visions, de sources où puiser quand le découragement guette. Les traditions de sagesse ne sont pas des programmes politiques. Elles sont des réservoirs de sens dans lesquels les programmes politiques peuvent s’abreuver.

Jésus : l’amour des ennemis comme arme de désarmement

On a fait de Jésus un fondateur de religion, un maître de morale, un personnage de vitrail. Mais si on le lit sans filtre, on découvre un homme qui a opposé à la machine de son temps – l’Empire romain, le Temple, le système de dettes – une contre-doxa d’une radicalité inouïe.

«Aimez vos ennemis». Ce n’est pas de la gentillesse. C’est une stratégie de désarmement. La violence se nourrit de la violence qu’elle provoque. En aimant l’ennemi, on brise le cycle. On lui retire la légitimation que sa propre violence trouve dans la violence de l’adversaire. Ce qui n’a rien à voir le fait de tendre l’autre joue. Aimer son ennemi, c’est peut-être, et certainement, le comprendre dans sa manière d’être. Le connaître mieux qu’il se connaît lui-même.

«Remets-nous nos dettes comme nous remettons à ceux qui nous doivent». Le Notre Père est une prière économique. Il demande l’annulation des dettes – la même logique que le jubilé de l’ancien Israël, qui prescrivait l’effacement des dettes tous les cinquante ans. La dette n’est pas sacrée. Elle peut être annulée.

Le Bouddha : éteindre la soif qui alimente la machine

Le Bouddha a identifié la racine de la souffrance : la soif – taṇhā – le désir insatiable qui nous pousse à accumuler, à posséder, à dominer. La prédation capitaliste ne fonctionne que parce qu’elle trouve en nous cette soif. Le Bouddha propose une voie pour l’éteindre – non par l’ascétisme extrême, mais par une transformation du regard.

«Tout est en feu» : le désir, l’attachement, l’illusion du moi séparé. Éteindre le feu, c’est cesser d’alimenter la machine. C’est une résistance par le retrait de consentement au désir que le système exploite.

Lao-Tseu : le non-agir face à la frénésie du contrôle

La thanatocratie est une machine à contrôler, à optimiser, à forcer. Lao-Tseu oppose à cette frénésie le Wu Wei – le non-agir. Non pas la passivité, mais l’action qui ne force pas, qui s’aligne sur le flux naturel des choses. «Rien au monde n’est plus souple et plus faible que l’eau, mais pour attaquer ce qui est dur et fort, rien ne la surpasse».

Face à la brutalité du pouvoir, la réponse n’est pas toujours la contre-brutalité. Elle est parfois la souplesse, la fluidité, la capacité à s’adapter sans se briser.

Les prophètes d’Israël : la justice sociale comme exigence absolue

Avant Jésus, il y eut les prophètes – Amos, Isaïe, Jérémie, Michée. Leur message est d’une actualité brûlante. Ils dénonçaient l’alliance du trône, du Temple et de la richesse. Ils disaient : votre culte est une mascarade si vous écrasez le pauvre. Vos offrandes sont une insulte si vous spoliez la veuve et l’orphelin.

«Que le droit coule comme de l’eau, et la justice comme un torrent intarissable». Les prophètes ne proposent pas une spiritualité désincarnée. Ils exigent la justice maintenant, dans la cité, dans l’économie, dans les rapports sociaux.

Les sages africains : Ubuntu, je suis parce que nous sommes

La prédation contemporaine isole. Elle fait de chaque individu un débiteur solitaire, un consommateur solitaire, un chômeur solitaire. Face à cet isolement, la sagesse africaine affirme le lien. «Je suis parce que nous sommes». Une personne n’est une personne qu’à travers d’autres personnes.

L’Ubuntu n’est pas une philosophie abstraite. C’est une pratique : la palabre, où les conflits se résolvent par la parole échangée jusqu’au consensus. L’hospitalité, qui fait de l’étranger un hôte potentiel et non une menace. La force vitale, qui circule entre les êtres et que la sorcellerie – la captation égoïste de cette force – menace de tarir.

Ce que ces traditions ont en commun

Elles identifient la racine du mal dans une avidité, une soif, une dureté de cœur.
Elles proposent un retournement : les derniers seront les premiers, la simplicité vaut mieux que l’accumulation, le lien est plus réel que l’avoir.
Elles opposent à la force brute une force paradoxale : la non-violence, le non-agir, la parole fragile du prophète.
Elles refusent l’urgence et cultivent le temps long.

Comment les utiliser sans les trahir ?

Ces traditions ne sont pas des solutions clés en main. Elles ont toutes été récupérées, déformées, instrumentalisées. Le christianisme est devenu religion d’empire. Le bouddhisme a soutenu des régimes autoritaires. Le taoïsme a été recyclé en art de gouverner cynique.

La seule protection est la polyphonie. Aucune tradition ne détient la vérité totale. C’est dans le dialogue entre elles, dans leur résonance mutuelle, que réside leur force. [...]


Pourquoi cette série ?
1 – Pourquoi rien ne change (vraiment) ?
2 – Chaos, peur et urgence
3 – Les marchands de légitimité
4 – La violence qui ne dit pas son nom
5 – Pourquoi ils bombardent
6 – Quand le système se fissure

Nour Fusayfisa al Arz (نور فسيفساء الأرض) et Nathanaël Gershom


https://reseauinternational.net/comprendre-le-monde-sans-se-faire-avoir-7-ce-que-les-sages-savaient-deja/


mardi 21 juillet 2026

Loge maçonnique Athanor, les « têtes pensantes » du réseau criminel condamnées à vingt-cinq ans et trente ans de prison



À Paris, les principaux membres de la loge maçonnique Athanor (Hauts-de-Seine), impliqués dans un vaste réseau criminel, ont été condamnés entre 25 et 30 ans de réclusion criminelle.

Parmi les faits : un meurtre (celui du pilote automobile Laurent Pasquali) et plusieurs tentatives de meurtre. Au total, 22 personnes étaient jugées pour ces exactions.

Ces individus s’organisaient au sein de la loge et s’appuyaient sur des « frères » maçonniques pour recruter et exécuter leurs contrats criminels (intimidations, passages à tabac, incendies...).

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Le monde :

Après plus de trois mois d’audience, la cour d’assises spécialement composée de Paris a rendu son verdict, vendredi 17 juillet, contre les 22 accusés impliqués dans les agissements criminels d’une officine nichée dans une loge maçonnique des Hauts-de-Seine

Ils étaient venus avec un sac ou une valise, le plein de vêtements. Dans l’éventualité, tant redoutée, où il leur faudrait partir en détention. Mais vendredi 17 juillet, au dernier jour du procès Athanor, du nom de cette ancienne loge maçonnique dont plusieurs membres ont orchestré une vaste officine criminelle de 2016 à 2020, la grande majorité des 15 accusés qui comparaissaient libres a pu ramener son linge à la maison.

Après trois mois et demi d’audience, durant lesquels il fut question de tabassages, d’incendies volontaires, de barbouzeries très violentes, et surtout d’un meurtre et de deux tentatives d’assassinat, réalisés dans le cadre de « contrats » plus illégaux les uns que les autres, il a fallu moins d’une demi-heure à la présidente de la cour d’assises spécialement composée de Paris, Caroline Viguier, pour lire le verdict concernant les 22 accusés de ce tentaculaire dossier. Par souci de temps, la magistrate n’est pas entrée dans le détail des motivations de la cour.

A l’égard des acteurs « périphériques » de l’affaire, aux rôles secondaires, les réquisitions du parquet, le 7 juillet, ont été sensiblement allégées lors du verdict. Neuf condamnés l’ont été à des peines inférieures ou égales à cinq ans d’emprisonnement, partiellement assorties de sursis. Parmi eux figure un policier corrompu contre qui le ministère public avait demandé douze ans de réclusion criminelle.



On ne négocie pas avec Dadjdjal – L’escalade doit être mutuelle


Alexander Douguine explique pourquoi l’escalade doit être mutuelle, sinon les négociations avec l’Occident deviennent un piège.



Comme on pouvait s’y attendre, aucune paix entre l’Iran et les États-Unis n’a jamais vu le jour. Les États-Unis ont repris leurs bombardements sur le territoire iranien. Téhéran a frappé les bases militaires américaines à Bahreïn et a de nouveau fermé le détroit d’Ormuz. Cela n’a pas fonctionné, et cela n’aurait jamais pu fonctionner. On ne forge pas d’accords avec Dadjdjal¹. C’est un principe fondamental de la métaphysique chiite.

Retarder la guerre et maintenir la simple apparence de négociations joue toujours et dans toutes les circonstances en faveur de l’Occident.

En Iran, tout comme dans notre propre guerre russe contre l’Occident, il existe une règle inébranlable: l’escalade doit être réciproque. L’ennemi intensifie, nous intensifions. Ce n’est qu’alors que nous pouvons influencer le processus. Sinon, l’ennemi intensifie unilatéralement, entièrement dans son propre intérêt, tandis que nous nous contentons de réagir de manière passive, en mode « suiveur ». En réalité, ce type d’escalade unilatérale en temps de guerre crée un système de contrôle externe.

Au fait, pourquoi ne brûle-t-on pas de statues de Baal en Russie ? Pourquoi ne soulevons-nous pas une tempête contre les réseaux criminels liés à Epstein ? Pourquoi ne répondons-nous en aucune manière significative à la participation directe des pays occidentaux — les États baltes, la Grande-Bretagne et l’Allemagne — à la guerre contre nous, même si nous en faisons nous-mêmes le rapport ?

L’Iran va à la table des négociations et n’en retire rien. Pour les observateurs extérieurs, cela est évident. Parfois, on voit les choses plus clairement depuis l’extérieur.

D’ailleurs, juste après les premières frappes américaines et israéliennes contre la direction iranienne, les Gardiens de la Révolution (IRGC) ont éliminé une part significative de la sixième colonne. Apparemment, certains subsistent encore.

Des négociations peuvent avoir lieu, mais on ne doit les mener uniquement dans son propre intérêt et jamais publiquement. Dès qu’elles deviennent ouvertes et publiques, elles se transforment instantanément en une arme d’information que seul l’Occident utilise, et exclusivement à ses propres fins.

C’est pourquoi toute mention de Witkoff, Kushner, ou même Kirill Dmitriev, à un certain moment, devient un coup porté au moral des soldats au front et à l’état d’esprit patriotique du pays. Une seule mention suffit. C’est la même chose avec la diffusion apparemment innocente d’un ancien programme de Vladimir Pozner sur Channel One².

La même chose se produit avec les Iraniens. Lors des funérailles de l’Imam Khamenei et de sa famille, des malédictions furieuses ont été lancées contre ceux qui négocient avec Dadjdjal : Pezeshkian et Araghchi. Je ne pense pas qu’ils soient personnellement coupables. C’est simplement ainsi que fonctionnent les lois de la guerre de l’information. L’Occident fixe ces règles, et il est le seul à les utiliser de manière unilatérale.

Alexandre Douguine

(Traduit du russe)

Notes:

(1) Note du traducteur (NT) : Dadjdjal est le faux messie borgne et l’ultime trompeur dans l’eschatologie islamique. Dans la tradition chiite en particulier, il incarne le mal absolu et la tromperie, rendant toute forme de compromis avec lui impossible.

(2) NT : Douguine fait référence à la rediffusion d’anciens programmes de Vladimir Pozner, journaliste russe bien connu pour ses opinions libérales et pro-occidentales. Même des émissions apparemment inoffensives de ce genre sont vues par de nombreux patriotes comme des instruments subtils de la guerre de l’information, qui minent le moral public et la volonté de résister.


Source :
http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2026/07/15/on-ne-negocie-pas-avec-dadjdjal-l-escalade-doit-etre-mutuell-6601876.html


lundi 20 juillet 2026

Civilisation ou ténèbres absolues. Au-delà du libéralisme et du marxisme




par Alexandre Douguine


Nous ne sommes pas simplement en guerre contre l’Occident. Nous sommes en guerre contre l’Occident moderne (et postmoderne) — contre cet Occident qui, dès le XIe siècle, s’est écarté de notre chemin chrétien commun et n’a cessé de s’en éloigner davantage, s’efforçant d’atteindre la fin de la nuit, s’enfonçant de plus en plus profondément dans le crépuscule extérieur.

Les conditions métaphysiques d’une trêve sont les suivantes :

 - Soit l’Occident, tout en restant moderne (et postmoderne) — exactement tel qu’il souhaite être et tel qu’il est actuellement — nous laisse en paix (mais cela est exclu, impossible, et n’est sérieusement envisagé par personne là-bas — Satan ne s’arrête pas) ;

- Soit l’Occident change radicalement de cap et, suivant la voie de l’Éternel Retour, revient résolument vers ses propres racines (chrétiennes, gréco-romaines). Ces racines nous sont communes à tous les deux (c’est simplement que l’Occident s’en est très, très éloigné, alors que nous ne l’avons pas fait). Cela est hautement improbable, mais pas théoriquement impossible (après tout, Nietzsche, Husserl, Spengler, Heidegger, Guénon et Evola représentent eux aussi l’Occident — uniquement le bon Occident, celui qui est sain d’esprit, non possédé par le progrès, le libéralisme et les perversions).

Un point important concernant l’approche civilisationnelle. Nous avons désormais franchi le cap : l’approche civilisationnelle est enfin prise au sérieux, sans les railleries et les moqueries d’autrefois. Mais il y a ici une nuance subtile. Tout le monde a été contraint de l’accepter — mais uniquement en tant qu’approche. Autrement dit, il est désormais permis d’affirmer que les civilisations existent au pluriel, qu’elles sont différentes, uniques, et que chacune agit à sa guise dans le cadre de sa propre production (tant de choses que de sens). Il s’agit désormais d’une approche officiellement autorisée.

Mais réfléchissons-y : à quoi ressemblerait n’importe quelle autre approche ?

Et c’est là que l’on découvre le plus intéressant : une approche non civilisationnelle consiste à croire en l’universalité et au caractère obligatoire de la voie de développement occidentale — en d’autres termes, à prêter serment d’allégeance à une vision du monde centrée sur l’Occident. En Occident aujourd’hui, le libéralisme (le capitalisme bourgeois sous sa forme postmoderne — d’où l’idéologie LGBT, l’immigration de masse, etc., toutes interdites en Russie) règne en maître, avec une domination assurée, voire totalitaire. Par conséquent, une approche non civilisationnelle signifie aujourd’hui l’adhésion à l’hégémonie occidentale et, dans les conditions actuelles, au libéralisme. Puisque nous sommes en guerre contre l’Occident dans le cadre de l’opération militaire spéciale, une approche non civilisationnelle n’est rien d’autre qu’une cinquième colonne de l’ennemi dans la guerre cognitive pour la conscience publique des Russes.

Bien sûr, le marxisme classique reste une autre option non civilisationnelle (avec sa théorie de la succession universelle des formations socio-économiques — exactement comme en Occident). Mais il ne fait pour l’essentiel que constituer un obstacle et faire le jeu des libéraux. Marx lui-même était, après tout, aligné sur la bourgeoisie aux étapes où celle-ci renversait le christianisme, les ordres sociaux et les valeurs traditionnelles. Il croyait qu’ensuite, le prolétariat (« nous ») renverserait la bourgeoisie (« eux »). Nous savons comment cela s’est terminé. Pendant un certain temps, cela a même semblé fonctionner (grâce à la grandeur du peuple russe et au pouvoir essentiellement impérial et centralisé de Staline). Mais ensuite, l’accumulation primitive du capital a refait surface : les années 1990, le capitalisme sauvage, les vestes framboise,1 les voleurs, les tueurs à gages et les agents de la CIA au sein du gouvernement russe.

Ainsi, la relativisation de l’approche civilisationnelle est :

- Soit une tentative de justifier le libéralisme mondialiste totalitaire (c’est le cas le plus courant) — en d’autres termes, une opération à grande échelle menée par les services de renseignement occidentaux dans le cadre de la guerre cognitive. Au cours des trente dernières années, nos chercheurs en sciences humaines ont franchi toutes les étapes d’un recrutement systématique : subventions, conférences, offres qu’ils ne pouvaient refuser, publication dans des index de citation occidentaux, réformes de l’éducation, etc. ;

- Ou bien un marxisme par inertie — la douleur fantôme d’une idéologie chimérique à demi effacée.

Dans le premier cas, cela frôle l’espionnage pur et simple. On le constate dans les cas d’agents étrangers comme Sineokaya et Shulman.2 Tout est clair ici. Un libéral est un ennemi du peuple, pratiquement un terroriste tout fait.

Dans le second cas, il s’agit des hallucinations de l’ancienne génération, envers lesquelles nous devons faire preuve de tolérance, mais qu’il ne faut pas prendre au sérieux. Et s’il s’agit de nouveaux marxistes, alors il s’agit très probablement encore d’espionnage — ce qui signifie qu’il faut rechercher un responsable étranger (homme ou femme).

Par conséquent, l’approche civilisationnelle n’est pas simplement une approche parmi d’autres. C’est le seul paradigme possible si la Russie est un État-civilisation, et Poutine ainsi que les autorités affirment que c’est exactement ce qu’elle est. Par conséquent, le pluralisme ne doit pas être recherché en dehors du paradigme civilisationnel, mais au sein même de celui-ci. Il y a largement de la place tant pour la droite que pour la gauche, mais uniquement si ce sont des partisans de droite civilisationnels (russes, eurasiens) et des partisans de gauche civilisationnels (russes, eurasiens). En fait, pour tout le monde — mais à l’intérieur du paradigme. En dehors de celui-ci se trouve l’obscurité totale. Le crépuscule extérieur. Il ne faut pas s’y aventurer. Le mal y rôde.


(Traduit du russe)

1 Note du traducteur (NT) : Les « vestes framboises » (малиновые пиджаки) sont une référence symbolique aux blazers voyants, d’un rouge vif, portés par les « nouveaux Russes » (nouveaux riches) — souvent des criminels ou des hommes d’affaires louches —, emblème stéréotypé de la vulgarité et du capitalisme criminel effréné des années 1990.

2 NT : Yulia Sineokaya et Ekaterina Shulman sont des intellectuelles libérales russes bien connues que l’État russe a désignées comme « agents étrangers ». Elles incarnent la « cinquième colonne » : des libérales qui ont été systématiquement recrutées par l’Occident par le biais de subventions, de conférences et de réseaux universitaires, et qui œuvrent activement à saper la souveraineté civilisationnelle de la Russie de l’intérieur. Toutes deux sont aujourd’hui en exil et sont considérées, dans les milieux patriotiques, comme des représentantes typiques de l’opposition idéologique pro-occidentale.



vendredi 17 juillet 2026

La Torah du Roi



La Torah du Roi est un document clé pour comprendre comment une frange de l'idéologie sioniste-religieuse justifie la violence contre les non-Juifs. Ce n'est pas un texte marginal : il a été écrit par des rabbins influents et a bénéficié d'une impunité totale en Israël.

1. Qu'est-ce que La Torah du Roi ?

C'est un traité de loi juive (halakha) rédigé par les rabbins Yitzhak Shapira et Yosef Elitzur, publié en 2009 . Il est directement inspiré des enseignements du rabbin Yitzchak Ginsburgh, figure de l'extrême droite religieuse sioniste . Le livre a été distribué par une yéchiva à Jérusalem qui adhère aux idées du rabbin Meir Kahane, fondateur de la Ligue de défense juive, considérée comme terroriste par les États-Unis.

Le livre a connu une large controverse, mais aussi un soutien notable. Il a été défendu publiquement par des rabbins influents comme Dov Lior (colonie de Kiryat Arba, proche d'Hébron) et Yaakov Yossef (fils du grand rabbin séfarade d’Israël Ovadia Yossef). Ces soutiens ont déclenché une campagne de solidarité parmi les rabbins israéliens.

2. Le contenu : une justification halakhique du meurtre des non-Juifs

Le livre est structuré en six chapitres qui détaillent les circonstances dans lesquelles il est permis (voire obligatoire) de tuer des non-Juifs .

Chapitre 1 – L'interdiction de tuer un non-Juif : Les auteurs affirment que le commandement « Tu ne tueras pas » ne s'applique qu'au meurtre d'un Juif par un autre Juif. La seule interdiction biblique de tuer un non-Juif viendrait du commandement universel donné à Noé, mais celle-ci est interprétée de manière très restrictive.

Chapitre 2 – Tuer un non-Juif qui viole les lois noahides :
Il est permis de tuer un non-Juif qui transgresse l'une des sept lois noahides, même s'il n'y a pas de décision tranchée sur les conditions exactes.

Chapitre 4 – L'âme d'un Juif versus l'âme d'un non-Juif : Les auteurs affirment que « partout où la présence d'un non-Juif met en danger la vie d'Israël – il est permis de le tuer (même s'il est un adepte des nations du monde et qu'il n'est pas du tout responsable de la situation créée) ».

Chapitre 5 – Tuer des non-Juifs en temps de guerre : En état de guerre, il est permis de tuer les combattants ennemis, leurs soutiens, et même de bombarder des cibles militaires même si des civils innocents peuvent être touchés.

Chapitre 6 – Nuire aux innocents : Le livre affirme qu'il est permis au gouvernement d'envoyer ses citoyens à la guerre et de tuer les civils ennemis si cela est nécessaire à l'effort de guerre. Il justifie même, selon les opinions, le meurtre d'enfants non-Juifs en temps de guerre, « lorsqu'il est clair qu'ils grandiront pour nous nuire ».

3. Le soutien et l'impunité des auteurs

Le livre a bénéficié d'un soutien public de rabbins influents et d'une impunité judiciaire totale.

Les rabbins Dov Lior et Yaakov Yossef ont publiquement soutenu l'ouvrage et ses auteurs, considérés comme des sommités de la Torah. Des motions de soutien ont été signées par de nombreux rabbins du mouvement sioniste-religieux. Le rabbin Lior a notamment déclaré que la transmission du savoir rabbinique ne devait pas être soumise aux directives de l'État.

La justice israélienne a renoncé à poursuivre les auteurs, faute de preuves d'une intention criminelle délibérée. Le procureur général Yehuda Weinstein a classé l'affaire en mai 2012, arguant que le livre était un traité d'étude religieuse général, sans appel concret à la violence, bien qu'il en désapprouvât le contenu. Cette décision a suscité la colère des organisations israéliennes et des mouvements religieux modérés, qui y ont vu un précédent dangereux.

4. Le contexte politique : une idéologie qui infiltre la société israélienne

La publication de La Torah du Roi ne peut être dissociée du contexte politique israélien. Le livre est distribué par des yéchivot liées au mouvement de Meir Kahane. Il a été défendu par des figures de l'extrême droite des colons, dont Dov Lior, le rabbin de la colonie de Kiryat Arba, un partisan de Baruch Goldstein, l'auteur du massacre de 29 Palestiniens à Hébron en 1994.

Max Blumenthal, dans son livre Goliath, souligne que le Premier ministre Benjamin Netanyahu est resté silencieux sur ce livre, ce qui témoigne de la soumission de son parti et de son gouvernement à l'extrême droite ethno-religieuse. En 2011, les autorités britanniques ont interdit l'entrée au rabbin Elitzur, le qualifiant de personnage « fomentant ou justifiant la violence terroriste ». Ce même rabbin a été autorisé à circuler librement en Israël, où la police l'a brièvement interrogé sans poursuite.

Source : IIFBS


jeudi 16 juillet 2026

La russophobie, les causes et les effets



Joël Labruyère et son équipe font le tour de la question chaude du moment: la perception négative de la Russie par le monde occidental, ses raisons objectives, historiques et occultes.

Durée 29:02

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Voilà ce qu’au dernier tiers du XIXe siècle et jusqu’à notre époque la conscience clairvoyante a pu observer ; c’est le fondement de notre évolution actuelle. Il s’est déroulé dans le monde spirituel, dans le monde astral, un combat spirituel entre la Russie et la France – dans ce qui en est la base spirituelle, bien entendu –, et ce combat s’est fait de plus en plus intense. Combattre dans le monde spirituel, c’est en réalité agir ensemble dans le monde physique ; mais on a là déjà une image du combat, de l’action de se battre l’un contre l’autre, et quiconque a la vision du monde spirituel a vu, depuis le dernier tiers du XIXe siècle et jusqu’à notre époque, s’intensifier toujours davantage un combat spirituel entre l’ouest et l’est, en passant par l’Europe du centre ; c’est, pourrait-on déjà dire, le combat dans le ciel, qui consiste en ce qu’à l’est, sous la bannière de Michaël, des légions se sont peu à peu rassemblées pour combattre tout ce qui à l’ouest – cet occident qui s’enfonce toujours davantage dans le matérialisme – pourrait faire obstacle à l’apparition du Christ. (Dornach, 9 novembre 1914)

Rudolf Steiner, "Aspects spirituels de l'Europe du Nord et de la Russie" .

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La Russie a identifié la France comme étant "son principal adversaire en Europe", a déclaré, vendredi 11 juillet 2025, le chef d'état-major des armées françaises, Thierry Burkhard.



mercredi 15 juillet 2026

L’hégémonie américaine



Trump confirme que le projet de sanctions anti-Russie, poussé par Lindsey Graham, est sur le point d’être signé. L’ajout probable de l’Iran et du Hezbollah montre que Washington ne cible plus seulement Moscou mais consolide un front global contre tout État qui défie l’hégémonie américaine. La machine à sanctions tourne à plein régime.




S’opposer à l’impérialisme sera bientôt illégal



L’Occident est monstrueux. La crise de légitimité est totale. Le libéralisme est lui aussi condamné. Il est mort à Gaza, Téhéran & Beyrouth, pour Israël, Netanyahu, Trump, Ben Gvir & le sionisme.




S’opposer à l’impérialisme sera bientôt illégal




Le gouvernement britannique a annoncé son intention de mettre à l’index le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien, une idée qui, à première vue, relève du grotesque.

Le CGRI est la principale branche militaire d’un autre pays, chargée de le défendre contre des agresseurs hostiles.

Les soldats et les commandants du CGRI ne se cachent pas dans les bas-fonds de Solihull [Ndt : ville des Midlands de l'Ouest en Angleterre] pour comploter en vue de faire sauter des responsables politiques britanniques. Ils se trouvent à Téhéran, Mashhad, Ispahan et Karaj, où ils élaborent, à l’heure où nous parlons, des stratégies pour repousser les forces américaines et israéliennes.

Alors, quel est l’intérêt, vous demanderez-vous peut-être, d’“interdire” une branche de l’armée d’un autre pays qui opère à des milliers de kilomètres de là ?

Tout réside dans les détails, et c’est bien là que réside le problème.

Le gouvernement britannique s’apprête à interdire l’IRGC en s’appuyant sur la nouvelle loi sur la sécurité nationale (menaces d’État) adoptée plus tôt cette année.

Cette législation a une portée encore plus large que la loi sur le terrorisme en vertu de laquelle Palestine Action a été interdite. À l’instar de l’interdiction de Palestine Action, celle visant le CGRI fera de l’“expression d’une opinion ou d’une conviction soutenant l’organisation interdite” un délit, mais criminalisera également le fait de “collaborer avec le groupe interdit ou d’accepter des avantages matériels de sa part, y compris… des informations”.

Ces deux dispositions sont scandaleuses et destinées à cibler quiconque s’écarte de la ligne officielle, mais la seconde constitue clairement une attaque contre le journalisme et les journalistes qui ne se rallient pas à la ligne pro-impérialiste et anti-iranienne approuvée.

Enfreindre la loi est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 14 ans de prison.

Les journalistes cesseront donc de citer le CGRI dans leurs articles ou de diffuser ses communiqués de presse. L’effet sera toutefois bien plus nocif. Pour éviter d’enfreindre la loi et de faire l’objet de poursuites, on peut s’attendre à une “sur-conformité”. Les journalistes cesseront tout simplement de relayer les propos tenus par les responsables officiels du gouvernement iranien par crainte d’enfreindre la disposition interdisant la diffusion d’informations provenant du CGRI.

Et les répercussions se feront sans doute sentir bien au-delà du Royaume-Uni.

Tout journaliste dans le monde prévoyant de se rendre au Royaume-Uni évitera probablement de citer des responsables du gouvernement iranien de crainte d’être arrêté dès son arrivée dans le pays.

À l’avenir, les articles grand public sur l’Iran ne présenteront même plus un semblant d’impartialité. Chaque article sur le conflit entre l’Iran et l’Occident fera l’objet d’autocensure, et la compréhension des événements par le public, sans parler de la perception des structures impériales à l’échelle mondiale, continuera de s’éroder. Ce qui est, bien sûr, le but recherché.

Le lobby sioniste exige depuis des années que le gouvernement britannique interdise le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), mais les gouvernements successifs, y compris les conservateurs, ont refusé car une telle mesure est absurde, imprudente, constitue un véritable casse-tête juridique et représente une menace évidente pour le journalisme factuel et la couverture de l’actualité.

Il aura fallu le gouvernement britannique le plus autoritaire, le plus favorable au génocide et à Israël de l’histoire pour passer à l’acte, et cette décision a été saluée par les médias et les responsables politiques sionistes, y compris le futur Premier ministre britannique, Andy Burnham.

Et ce n’est pas une surprise que cela se produise aujourd’hui alors que l’Iran subit une offensive impérialiste massive, principalement lancée depuis des bases situées au Royaume-Uni. Alors que la guerre illégale contre l’Iran est extrêmement impopulaire et que la sympathie occidentale envers l’Iran n’a jamais été aussi forte, rien d’étonnant à ce que le gouvernement britannique cherche des moyens de criminaliser le soutien apporté à ceux qui résistent au génocide impérialiste.

C’est la copie conforme du scénario appliqué à Gaza, Israël et la Palestine.

Dès qu’un groupe parvient à contraindre les États-Unis et leurs sympathisants à payer le prix fort, dès que le soutien de l’opinion publique bascule de la cause impérialiste et de ses alliés vers l’ennemi de l’empire, le gouvernement britannique crie au terrorisme et menace d’emprisonner quiconque manifeste son soutien aux résistants.

Le gouvernement britannique n’interdit pas le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) qui n’a jamais menacé le Royaume-Uni et encore moins attaqué le pays pour assurer la sécurité des Britanniques. Il interdit le CGRI pour criminaliser la solidarité avec un pays attaqué par l’impérialisme mené par les États-Unis, et qui y résiste avec succès.

Le CGRI est le dernier bastion contre l’hégémonie occidentale et un ordre mondial sioniste qui assassine qui bon lui semble, quand bon lui semble, pour obtenir ce que bon lui semble. Aucun autre groupe n’a combattu avec autant d’efficacité les armées impérialistes au cours des cinquante dernières années. C’est là leur seul crime.

Et très bientôt, exprimer cette opinion sera illégal au regard de la loi britannique.

Savez-vous ce qui ne sera pas illégal au Royaume-Uni ? Rejoindre une armée étrangère qui commet un génocide, et contribuer soi-même à son exécution.

En tant que Britannique, rejoindre l’armée israélienne (IDF), aller tuer des enfants en Palestine, au Liban et partout où les forces de l’expansionnisme sioniste le souhaitent, puis rentrer chez soi comme si de rien n’était, sera en revanche parfaitement légal.

Et si vous ne souhaitez pas faire le sale boulot vous-même, vous pouvez agiter des drapeaux de l’IDF, faire l’éloge du génocide et solliciter autant de soutien financier que vous le souhaitez pour des militaires commettant un génocide.

Mais si vous osez exprimer votre soutien aux forces qui combattent cette armée génocidaire aux militants qui paralysent la machine du génocide, ou à ceux qui dégradent les machines de guerre à coups de graffitis, vous risquez jusqu’à 14 ans de prison.

Je vous le répète : la loi britannique stipulera bientôt que commettre un génocide est légal, mais que s’exprimer en faveur de tout groupe luttant pour mettre fin à un génocide est illégal.

L’Occident est monstrueux. La crise de légitimité est totale. La liberté d’expression, pour autant qu’elle ait jamais existé, est bel et bien révolue. Le libéralisme, pour autant qu’il ait jamais existé, est lui aussi condamné. Il a péri à Gaza, à Téhéran et à Beyrouth. Il est mort pour Israël, pour Netanyahu, Trump, Ben Gvir et le sionisme.

Et les choses n’en resteront pas là. Car tout cela n’a pas commencé avec le Corps des Gardiens de la Révolution islamique. Avant eux, bien sûr, il y a eu le Hamas et sa branche armée Al-Qassam, interdit en tant que groupe terroriste international bien qu’il soit entièrement ancré en Palestine, et qui constitue pourtant la seule résistance au génocide israélien. Au niveau national, avant Palestine Action, il y avait Just Stop Oil, un groupe éco-activiste réprimé jusqu’à sa disparition par les autorités britanniques. Le conseiller officiel du Royaume-Uni en matière de terrorisme envisage désormais d’interdire Just Stop Oil ainsi que des dizaines d’autres groupes de gauche en les qualifiant d’organisations terroristes. Cette initiative britannique fait suite à la classification aux États-Unis d’“antifa” (une idéologie vague, et non une entité organisée) en tant que groupe terroriste, permettant ainsi aux autorités américaines de s’en prendre à toutes les causes de gauche sans exception. Elle fait suite aux sanctions de l’UE contre les journalistes européens pour avoir publié des reportages critiques sur Israël et s’être écartés de la ligne anti-russe concernant l’Ukraine.

L’objectif ultime, comme on peut facilement le soupçonner, est la répression de toutes les causes et opinions anti-impérialistes, ainsi que des groupes de gauche représentant une menace pour l’économie d’extinction capitaliste, belliciste et génocidaire.

Des meurtres de masse sanctionnés par l’État et perpétrés en toute impunité à la répression de toute dissidence contre cette violence en passant par la mise en place d’une structure technologique coercitive afin d’imposer une opinion acceptable, nous sommes aujourd’hui confrontés à une série de mesures qui font écho aux dystopies les plus effrayantes jamais imaginées.

C’est sinistre, mais cela ne fait que commencer.

Alors que le monde part en vrille et que les impérialistes progressent, soutenir les groupes, les causes et mouvements anti-impérialistes et prosociaux constitue la meilleure et dernière police d’assurance contre une dystopie totale.


Traduit par Spirit of Free Speech


https://ssofidelis.substack.com/p/sopposer-a-limperialisme-sera-bientot