samedi 6 juin 2026

L'Inde moderne attend le yogi qui brûlera par la Kundalini sa sclérose.





KUNDALINI : Terme sanscrit repris à des langues plus anciennes, dravidiennes. C'est le « serpent de Dieu ». Comparer à « anaconda », terme amérindien, le plus grand serpent américain. 

Selon les traditions des grandes civilisations cuivrées — Inde, Égypte, Mexique — il s'agit d'une énergie cosmique et même de l'énergie divine par excellence. Les maîtres hindous de yoga affirment que l'humanité entière participe à cette énergie et que tout homme la possède en lui, à l'état potentiel. Elle dormirait, tel un serpent lové, au chakra-racine (entre sexe et anus). Stimulée, elle s'élèverait dans l'organisme parallèle (le double éthérique) par trois voies surréelles, dites « nadi(s) », dessinant alors un triple serpent : une voie verticale à l'intérieur de la colonne vertébrale, puis de la nuque et du crâne avec pour point de sortie le front ; deux voies latérales, sinueuses et symétriques, avec les mêmes points de départ et de sortie ; ces deux « serpents » latéraux se croiseraient plusieurs fois : dans le ventre (à l'avant du corps), la poitrine, la gorge et au sommet du crâne. Et la sensation serait celle de colonnes de mercure brûlant progressant par étapes longuement espacées. 

L'incarnant de cette énergie déployée devient un avatar (= une manifestation divine, un missionné). Il assure la « présence réelle » (dynamique) de Dieu au sein de sa civilisation, y brûlant l' égrégore noir (= courants de forces, morts en esprit) et y fécondant par le « feu créateur » de la Kundalini tous les germes spirituellement vivants. 

En Égypte, le cobra royal, symbole du pouvoir suprême, correspondait à la Kundalini. Une tête en or de ce reptile, fixée au front du pharaon, indiquait que celui-ci incarnait théoriquement la force divine. Mais l'Égypte la concevait comme double : elle associait la tête de vautour à celle du cobra pour exprimer que la montée de la Kundalini obéissait à une impulsion venue du ciel (non d'un maître extérieur). Le cobra = la force qui se dresse ; le vautour la force qui tombe du plus haut du ciel. Toutankhamon posséda réellement la Kundalini. Cela explique pourquoi en peu d'années l'anti-tradition, incarnée, elle, par Akhenaton, a pu se dissoudre. 

Les écoles de yoga ont aujourd'hui démocratisé la notion de Kundalini, prétendant l'avoir « éveillée » tant chez leurs maîtres que chez leurs bons élèves. En fait, l'Inde moderne qu'étouffe le poids des millénaires et des égrégores stagnants, attend vainement le yogi qui brûlera par la Kundalini sa sclérose. 

Jean-Louis Bernard.