jeudi 15 janvier 2026

La conscience préexistait à l'apparition des cerveaux



La conscience préexistait à l'apparition des cerveaux, explique le physicien Philippe Guillemant.



Selon lui, la conscience est donc plus fondamentale que la matière, qui ne serait qu'une cristallisation de celle-ci.

Il y aurait de la conscience à toutes les échelles de la réalité. A l'échelle aussi de notre planète, qui est déjà reconnue comme un être vivant (théorie Gaia).


Philippe Guillemant :

"L'idée selon laquelle la conscience serait le produit du cerveau relève d'un réductionnisme stupéfiant qui consiste à considérer la science comme déjà aboutie dans sa tentative de description purement mathématique d'un espace-temps à quatre dimensions, dont toutes les informations résulteraient mécaniquement du passé, donc du Big Bang : aucune autre information que ses conditions initiales ne serait à ajouter pour modeler l'univers. La conscience ne servirait donc à rien et serait même réduite à une illusion. Or la science actuelle affirme tout le contraire : quand elle n'ajoute pas des dimensions à l'espace, elle lui associe un vide quantique qui contient une quantité d'informations ou d'énergie d'une densité immensément plus grande que celle de notre espace-temps lui-même : le «vide» serait donc plein, et c'est notre espace-temps qui serait vide en comparaison. Mais à quoi peuvent bien servir ces myriades d'informations additionnelles que le vide détient ? Il est bien plus légitime de les relier à la conscience que de refuser comme une autruche de les voir pour conclure que la conscience est une illusion. On peut et on doit même envisager, si l'on relie la conscience au vide, qu'elle puisse être «première» du point de vue simplement quantitatif de l'information. Mais est-ce bien raisonnable ? 

Après tout, c'est la logique même qui veut que la conscience soit première d'un point de vue d'abord qualitatif, puisqu'il ne peut y avoir de réalité objectivable sans conscience et, si l'on enlève toutes les consciences de l'univers, il ne peut même plus y avoir d'univers. En effet, toute portion de la réalité aussi infime soit-elle passe nécessairement par une conscience qui en est informée. Sans même parler de prise de conscience, au sens où l'on n'a pas besoin de la conscience de sa propre conscience (conscience réflexive ou conscience du moi), le simple fait d'expérimenter ce qui existe nécessite, pour être acté comme réel, de la conscience. Elle est donc première en tant que moyen d'accès à l'information du réel. Il faut ensuite comprendre sur cette base que ce qu'elle perçoit et qui semble transiter par le cerveau n'est en fait qu'une apparence. Cette réalité perçue est constituée d'informations dont nous devrions même dire qu'elles sont apparemment acheminées par le cerveau. Si je précise «apparemment», c'est parce que nous ne savons pas exactement ce qu'est le cerveau, puisque lorsque nous l'observons, nous avons le même problème que lorsque nous observons la réalité environnante, à savoir que ce qui transite par le système visuel, par exemple, se réduit à de l'information sur une image perçue, la forme du circuit de transit étant illusoire ... Nous n'avons donc pas de perception directe de la forme du circuit ou du mécanisme qui fabrique l'information arrivant à la conscience, mais seulement du résultat "conscientisé" d'un traitement de l'information, de même que lorsque l'on utilise une caméra, l'image restituée est très différente de l'information captée, à cause du filtrage considérable qui sépare la source de l'image, laquelle n'est souvent plus qu'une trace déformée voire informe de la source. Ce constat est la première chose qui doit nous faire douter de la réalité perçue, y compris de notre cerveau lui-même. Il s'agit d'un raisonnement logique qui rejoint le mythe de la caverne de Platon, ainsi que le questionnement ancestral et philosophique sur la nature de la réalité où la notion de réel en soi a toujours été une énigme : ce que nous percevons autour de nous pourrait n'être qu'une ombre de la vraie réalité, celle qui intéresse la vraie science."

La physique de la conscience de Philippe Guillemant.