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Enterre mon cœur à Wounded Knee : Une histoire américaine
L’histoire, nous dit-on, ne repasse pas les plats. Est-ce vraiment la même histoire si on remplace les arcs par des pierres, qui aujourd’hui, s’opposent aux chars, aux avions les plus modernes et aux drones qui tuent sans que l’on connaisse le nom de celui qui appuie sur le bouton, ni celui des commanditaires ? Tout ceci dans l’indifférence des Occidentaux qui détournent leurs regards.
Enterre mon cœur à Wounded Knee, Une histoire américaine. (1860-1890) par Dee Brown, Albin Michel, 2009 [1970], 476 p. – traduction de l’américain par Nathalie Cunnington.
Les citations tirées de ce livre sont référencées : (D. B. p. xxx). Il existe aussi de très nombreux documents accessibles sur Internet. Ils présentent l’histoire des USA, de l’évolution de la population issue de l’immigration et de celle des tribus indiennes. Voir par exemple Google pour : Apaches, Comanches, Sioux, Cherokees, Kiowas, Iroquois, Navajos…
Les premiers colons arrivèrent avec Christophe Colomb, dépositaires d’une civilisation techniquement et surtout militairement plus « avancée ». Ils y ajoutèrent rapidement, au contact du bon sauvage, la certitude de leur supériorité morale. Comme le dit Dee Brown, p. 24 : « Il fallait contraindre les habitants autochtones à travailler, semer et faire tout ce qu’il est nécessaire de faire afin d’adopter nos mœurs. Ainsi au cours de quatre siècles (1492-1890), des millions d’Européens et leurs descendants entreprirent de faire adopter leurs propres mœurs aux peuples du Nouveau Monde. »
Toutes les agressions furent ensuite justifiées au nom du concept anglo-saxon de « Destinée manifeste », la conquête d’un espace vital trouvait dans le cas des Amérindiens ses lettres de noblesse. La conquête de l’Ouest, le déracinement des autochtones, les guerres contre le Mexique et l’Espagne seront par la suite justifiés ; le livre Our Country du père Josiah Strong, populaire à la fin du XIXe siècle, exprime le raisonnement de l’élite secrète anglaise : « Sa conviction que le peuple anglo-saxon est une race supérieure qui finira par dominer le monde. » Ce n’était pas, bien sûr, l’opinion des Amérindiens. « Les Sioux, par exemple, étaient eux persuadés qu’il n’y avait pas au monde meilleurs hommes qu’eux. Cette conception mercantile de la vie et la volonté de domination culturelle des européens leur étaient étrangères. Lorsque certains blancs ont abusé des femmes indiennes et les ont déshonorées, c’était inexcusable. Pour toutes ces raisons, nombre d’Indiens se sont mis à détester les blancs. » (D. B. p. 64)
Si la plupart du temps les Européens méprisaient les Amérindiens, quelques-uns s’unirent à des Amérindiennes. L’anglais John Rolfe épousera Pocahontas en 1613. Mais l’Indien restera longtemps au mieux un bon sauvage qu’il faut civiliser, une société évoluée ne pouvant en aucun cas le corrompre, au pire un diable à convertir puis à réduire en esclavage et, si nécessaire, à massacrer. Le commandement anglais ira jusqu’à fournir aux Indiens des vêtements et couvertures infestés par les germes de la variole.
Plus de 300 traités signés par des tribus amérindiennes et le gouvernement des États-Unis ont été numérisés par les Archives nationales. Un accès sans précédent à l’histoire du pays de la liberté et de la démocratie, qui laisse voir l’étendue de l’asservissement de ces populations.
« De toutes les choses dont nous sommes gardiens et responsables, je crois que les traités indiens sont les documents les plus précieux pour comprendre la rhétorique et les promesses du gouvernement, et réaliser comment elles n’ont jamais été honorées. » écrit David S. Ferriero, archiviste américain.
In fine, plus de 200 cultures amérindiennes seront détruites, du Massachusetts à la Californie au cours de la conquête des USA vers l’ouest.
« Il faut nous souvenir de ce qui s’est passé à Sand Creek ou à Wounded Knee. » écrit Dee Brown dans son livre. Il démontre la façon systématique dont les gouvernements américains de l’époque ont utilisé les mensonges et la manipulation pour, tribu après tribu, faire main basse, sous la pression de colons avides, sur les terres indiennes. Ce livre a suscité l’admiration des uns et, des lois liberticides contraires au 1er amendement étant absentes aux USA, des accusations révisionnistes pour les autres. À la fin des années 50, il était encore fréquent d’offrir, pour les fêtes, des costumes d’Indiens ou de cow-boys. La figure mythique, très médiatisée par Hollywood, des cow-boys protecteurs de la veuve et de l’orphelin prévalait alors sur celle de l’Indien, régulièrement mauvais et sanguinaire. Aujourd’hui on appellerait les Indiens des terroristes.
Dee Brown remet un peu d’ordre et de vérité dans tout cela. Ce livre est « largement fondé sur des documents inédits, archives militaires et gouvernementales, procès verbaux de traités (jamais respectés) des récits de première main. Il retrace sur trente ans, de 1860 à 1890, les étapes de la conquête de l’Ouest, depuis la longue marche de Navajos, Cherokees… jusqu’au dernier massacre de Wounded Knee ».
Ce sont toujours les vainqueurs qui écrivent l’histoire officielle, mais ici l’histoire des Indiens, la colonisation systématique de leurs terres et la perte de leur liberté sont rappelées. Ce livre, pour la première fois, donne la parole aux vaincus, à Cochise, Crazy Horse, Sitting Bull, Geronimo et Big Foot. Il a été vendu dans le monde entier à plus de six millions d’exemplaires.
Dee Brown remet un peu d’ordre et de vérité dans tout cela. Ce livre est « largement fondé sur des documents inédits, archives militaires et gouvernementales, procès verbaux de traités (jamais respectés) des récits de première main. Il retrace sur trente ans, de 1860 à 1890, les étapes de la conquête de l’Ouest, depuis la longue marche de Navajos, Cherokees… jusqu’au dernier massacre de Wounded Knee ».
Ce sont toujours les vainqueurs qui écrivent l’histoire officielle, mais ici l’histoire des Indiens, la colonisation systématique de leurs terres et la perte de leur liberté sont rappelées. Ce livre, pour la première fois, donne la parole aux vaincus, à Cochise, Crazy Horse, Sitting Bull, Geronimo et Big Foot. Il a été vendu dans le monde entier à plus de six millions d’exemplaires.
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Aperçu IA :
"Enterre mon cœur à Wounded Knee : Une histoire américaine" est un ouvrage historique de référence écrit par Dee Brown et publié pour la première fois en 1970.
Points clés de l'ouvrage
Points clés de l'ouvrage
- Sujet principal : Il retrace la tragique chronique de la dépossession des terres, de la liberté et de la destruction des cultures des peuples autochtones d'Amérique du Nord entre 1860 et 1890, de la Longue Marche des Navajos jusqu'au massacre de Wounded Knee.
- Un point de vue inversé : Contrairement aux récits traditionnels de la « Conquête de l'Ouest » écrits du point de vue des vainqueurs américains, le livre donne la parole aux vaincus.
- Figures emblématiques : Il s'appuie sur des archives militaires, des documents officiels et des témoignages de première main en faisant entendre des chefs amérindiens tels que Sitting Bull, Crazy Horse, Cochise, Geronimo ou Red Cloud.
- Portée et éditions : Traduit dans de nombreuses langues et vendu à plusieurs millions d'exemplaires dans le monde, il a été réédité en français aux Éditions Albin Michel (avec une traduction entièrement remaniée par Nathalie Cunnington).
- Adaptation : L'ouvrage a également fait l'objet d'une adaptation cinématographique par HBO en 2007 (Bury My Heart at Wounded Knee)
