mercredi 9 septembre 2026

L'Union européenne en phase terminale ?


Par François Asselinau

Les élections du 6/09/2026 en Saxe-Anhalt constituent un tournant historique, dont les conséquences politiques et géopolitiques s'annoncent très importantes, voire dévastatrices pour le camp euro-mondialiste.

CONSÉQUENCES IMMEDIATES

Avec une très forte participation de 78%, le scrutin se solde par des résultats définitifs spectaculaires :

AfD : 43,8% (+23 points !) 39 sièges

CDU : 17,2% (-20 points !) 15 sièges

SPD : 9,3% (+0,8 point) 8 sièges

Verts : 8,9% (+2,8 points) 8 sièges

Die Linke : 8,6% (-2,4 points) 8 sièges

BSW (Alliance Sahra Wagenknecht) : 5,3% (nouveau parti) 5 sièges

FDP : 2,6 % Éliminé du Parlement (<5%)

Bien qu'ayant réalisé le score le plus élevé de son histoire dans un Land, l'AfD échoue à 3 sièges de la majorité absolue (39 sur les 42 requis).

À moins que tous les autres partis se liguent pour l'empêcher de diriger le Land, ce qui serait périlleux car vécu comme un déni de démocratie, l'AfD va donc gouverner la Saxe-Anhalt, mais en devant composer avec d'autres partis.

Un seul semble disposé à le faire : l'Alliance Sahra Wagenknecht (BSW), qui est assez comparable à l'AfD, mais à l'extrême-gauche : anti-UE, anti-OTAN, anti-guerre, pro-russe, arrêt de l'immigration.

Dans une alliance inédite que les européistes aux abois tenteraient de disqualifier en la traitant de "rouge-brun", la BSW pourrait participer à un gouvernement AfD, ou se contenter de ne pas le censurer sans y participer, le temps de voir et de juger ses premiers mois. Dans les 2 cas, ce serait un nouveau séisme politique qui briserait le «cordon sanitaire» (Brandmauer) mis en place par les partis pro-🇪🇺 contre l'AfD. 

CONSÉQUENCES A COURT TERME

Ce scrutin est une gifle colossale pour le chancelier Merz (CDU), désormais d'autant plus sur un siège éjectable que sa popularité est encore pire que celle de Macron en France.

Comme il va s'accrocher au pouvoir, il ne posera certainement pas la question de confiance au Parlement. Il risquerait de la perdre et d'être contraint de convoquer des élections législatives anticipées qui pourraient se traduire par une nouvelle progression fulgurante de l'AfD.

Reste qu'il est tellement démonétisé que son éviction de la Chancellerie pourrait venir de son propre camp.

Les chefs de gouvernement des Länder encore dirigés par la CDU peuvent en effet très bien organiser une fronde interne menant à son remplacement sans retourner aux urnes, via un mécanisme appelé le «vote de défiance constructif».

Un candidat plus centriste, comme Hendrik Wüst (ministre-président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie), pourrait être désigné par le Bundestag pour lui succéder à la chancellerie.
https://ip-quarterly.com/en/troubled-merz-faces-crucial-elections-september

CONSÉQUENCES A LONG TERME

La Saxe-Anhalt est un ancien Land d'Allemagne de l'est, pauvre et dépeuplé, où une partie de la population regrette la RDA ("Ostalgie").

Il se classe :

▪️11e sur 16 en population (2,1 M.hab sur 83,5 M. d'Allemands)

▪️12e sur 16 en richesse (PIB de 81,7 Mds€, soit 1,9 % du PIB🇩🇪)

Ce qui vient de se passer en Saxe-Anhalt ne préfigure donc pas nécessairement ce qui arrivera dans les 15 autres Länder lors des prochaines élections législatives nationales, prévues en mars 2029. Il n'est pas certain que l'AfD va accéder au pouvoir à Berlin dans 2 ans ½.

Néanmoins, tous ses thèmes de prédilection, qui sont aussi ceux de la BSW d'extrême-gauche, ont le vent en poupe. Dans toute l'Allemagne comme dans le reste de l'Union européenne :

- retour à la souveraineté nationale,

- sortie de l'UE,

- sortie de l'euro,

- lutte contre l'immigration torrentielle,

- rétablissement des libertés publiques.

Force est de constater que, même si l'AfD a un passé un peu sulfureux et une réputation d'extrémisme très différents des nôtres, tous ces thèmes correspondent à ceux de l'UPR.

Et certainement pas à ceux du RN, de Reconquête ou de LFI, qui refusent le Frexit et soutiennent l'Ukraine contre la Russie.

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Le président Vladimir Vladimirovitch Poutine s'adresse aux Allemands, en particulier à Friedrich Merz choqué par les résultats obtenus par l'AFD.



« Nous ne voulons pas vous attaquer ! Pourquoi le ferions-nous ? Cette époque est révolue depuis longtemps ! Quiconque a encore toute sa tête et sait réfléchir le comprend.

1) Vous avez déjà une dette nationale de 2 500 milliards d'euros, et aucun économiste sérieux ne sait comment vous comptez la rembourser (Alice Weidel déclare son pays en faillite). Et maintenant, vous voulez emprunter 1 000 milliards de plus pour vous armer contre nous.

2) Votre pays regorge de millions de migrants qui vous coûtent 50 milliards d'euros par an.

3) Une partie considérable de votre population est tellement dérangée qu'elle croit pouvoir influencer le climat en faisant du vélo et en mangeant des insectes.

4) Votre système éducatif était autrefois exemplaire. Aujourd'hui, dans de nombreuses salles de classe, il n'y a pratiquement plus d'enseignement car presque personne ne parle allemand.

5) Vos infrastructures tombent en ruine et vous n'arrivez pas à suivre le rythme des réparations.

6) Vos chemins de fer faisaient autrefois la fierté du monde entier. Aujourd'hui, vos trains circulent comme en Inde.

7) Nous n'avons pas besoin de vos célèbres ingénieurs. Pendant les sanctions, nous avons appris que nous pouvions nous en passer. Mais si nous en avions finalement besoin, nous nous tournerions vers la Chine. Là-bas, ils sont non seulement moins chers, mais aussi meilleurs.

8) Vous ne possédez ni matières premières ni sources d'énergie. Alors, pourquoi devrions-nous conquérir votre pays ? Pour résoudre des problèmes que nous n'aurions même pas autrement ? Soyons réalistes : même si vous nous appeliez, si vous capituliez et hissiez le drapeau blanc, nous ne viendrions pas pour autant ! »