mercredi 23 avril 2025

La pilule noire



Selon un sondage réalisé en mars 2021 par le Public Religion Research Institute, 15 % des Américains et 23 % des électeurs républicains sont d’accord avec l’affirmation suivante :

« Le gouvernement, les médias et le monde de la finance aux États-Unis sont contrôlés par un groupe de pédophiles adorateurs de Satan qui dirigent un trafic sexuel d’enfants à l’échelle mondiale. »




Je suppose que, si on leur demandait anonymement leur avis, une partie de ces croyants cocherait aussi l’affirmation selon laquelle « le gouvernement, les médias et le monde de la finance aux États-Unis sont contrôlés par les juifs ». Mais si on leur demandait de choisir, ils diraient probablement que les pédo-satanistes sont au-dessus des juifs dans la hiérarchie occulte des Illuminati. Dans la hiérarchie de la méchanceté aussi, évidemment. Par comparaison avec les pédo-satanistes, tous les autres méchants semblent plutôt gentils.

Je pense que c’est précisément leur fonction. Nous avons affaire à une opération réussie d’infiltration cognitive de la complosphère, consistant à faire croire que « le gouvernement, les médias et le monde de la finance aux États-Unis » sont dominés par les adorateurs de Satan plutôt que par les adorateurs de Yahvé. L’idée que les élites américaines ont juré allégeance à Satan permet de faire oublier qu’elles jurent allégeance à Israël.

Cette secte de satanistes opérant en toute impunité au plus haut niveau d’Hollywood, de Wall Street et de Washington, torturant, violant, sacrifiant et mangeant des enfants et des bébés, est un mythe dont l’une des fonctions est de détourner l’attention de la communauté qui contrôle Hollywood, Wall Street et Washington.

Le pentagramme inversé serait alors la fausse bannière de l’étoile de David. Ceux qui veulent nous faire croire que les adorateurs de Satan veulent détruire les valeurs de l’Occident sont les mêmes que ceux qui veulent nous faire croire que les adorateurs d’Allah ont détruit les tours jumelles.

La différence est que les adorateurs de Satan n’ont pas d’existence significative. Il existe bien aux États-Unis des églises sataniques. La plus ancienne, l’Église de Satan, a été fondée en 1966 par Anton LaVey, un fils de juif ashkénaze qui se vante dans son autobiographie d’avoir participé à de la contrebande d’armes au profit d’Israël. Quant à Malcolm Jarry, qui a fondé en 2013 (à Salem dans le Massachussetts) le Temple satanique, il se décrit comme un « juif laïc » attaché à Israël, et dit ne pas voir de contradiction entre son judaïsme et son satanisme. He’s got a point, comme on dit : dans la Bible hébraïque, Satan n’est qu’un auxiliaire de Yahvé. Ainsi, le rédacteur du premier livre des Chroniques, chapitre 21, hésite entre « Yahvé envoya la peste en Israël », « l’Ange de Yahvé ravagea tout le territoire d’Israël », et « Satan se dressa contre Israël » (1Chroniques 21 : 1-14).

Ces mouvements, de toute manière, font plus de bruit que de mal. Surveillés par les autorités, ils se distraient avec des gadgets et des invocations, et ne se livrent à aucune activité criminelle [1]. Et ils n’intéressent pas nos élites.

Alain Escada a récemment déclaré que selon le rapport de 2008 de la Miviludes (Mission interministériel de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), il y aurait en France 25 000 satanistes. Vérification faite, ce chiffre est introuvable dans le rapport en question, qui présente le satanisme comme marginal et peu préoccupant. Pour justifier encore son inquiétude, Escada cite un article du Parisien daté du 21 novembre 2018 et titré : « Paris : de macabres découvertes chez un "galeriste sataniste" » : il y est question d’un homme aux antécédents psychiatriques chez qui l’on a découvert des fœtus dans du formol et une momie de nourrisson. C’est bien dire que le satanisme relève en réalité du fait divers. On me signale parfois, à titre d’objection à mon « déni » du satanisme, des histoires sordides de crimes sataniques : David Berkowitz dit « Fils de Sam », les West Memphis Three, sans oublier bien sûr Charles Manson. Nous sommes, là-encore, dans le registre des crimes de forcenés. Il n’est pas exclu, surtout dans le dernier cas, que des criminels de ce type ait subi des expérimentations de type MK-Ultra, mais nous sommes encore loin du roi des Belges sacrifiant des bébés sous la pyramide du Louvre.

La panique satanique comme outil politique

Si, aux États-Unis, près d’un électeur républicain sur quatre croit que « le gouvernement, les médias et le monde de la finance aux États-Unis sont contrôlés par un groupe de pédophiles adorateurs de Satan », c’est en grande partie à mettre au crédit de QAnon, cette opération psychologique lancée pour soutenir Trump en 2016, dont l’un des messages était – et est encore, semble-t-il – que le monde sera sauvé dès que Trump aura neutralisé le réseau des pédophiles satanistes, plus ou moins identique à « l’État profond » que Trump dit combattre, ou au « marais » qu’il prétend vouloir assécher, ou encore tout simplement au Parti démocrate.

Ce n’était pas la première utilisation politique connue du satanisme. Richard Jenkins, sociologue à l’université de Sheffield, a écrit un livre passionnant ("Black Magic and Bogeymen") sur une opération psychologique menée par le renseignement militaire britannique en Irlande du Nord entre 1972 et 1974, visant à « diaboliser » la violence entre les groupes paramilitaires catholiques et protestants, en plaçant des objets et des inscriptions sataniques dans certaines zones de guerre de Belfast, et en faisant circuler par la presse des rumeurs de messes noires et de sacrifices rituels. L’objectif, partiellement atteint, était, dans une population très religieuse de part et d’autre, de salir l’image de leurs luttes armées [2].

Ce qui a été particulièrement efficace dans l’opération QAnon, et dans des films de la même mouvance comme Out of Shadows, c’est la fusion de la pédophilie et du satanisme. Car si l’existence du satanisme des élites est douteuse, en revanche l’existence de réseaux pédocriminels impliquant des hommes très puissants ne l’est pas. L’affaire Pizzagate, déclenchée par la mise en ligne des emails de John Podesta, recouvre une réalité terrifiante. Mais il n’y a pas, dans cette pédocriminalité de réseau, de culte de Satan au sens propre, même si on peut évidemment la jugée satanique (voir ici ma distinction entre le satanique et le satanisme).

Pour faire du satanisme l’ennemi civilisationnel suprême, QAnon a réactivé la « panique satanique » qui avait submergé les États-Unis et d’autres pays anglophones dans les années 1980-90. Le cœur de cette psychose collective était la croyance dans l’existence d’un culte satanique pratiqué secrètement de génération en génération dans certaines familles, dont les rituels incluaient la torture, le meurtre et le cannibalisme d’enfants et de nouveau-nés, et la programmation des adeptes par des techniques de dissociation ou fragmentation de la personnalité. Ces satanistes seraient si nombreux que des dizaines de milliers d’enfants seraient sacrifiés par eux chaque année. Et ils seraient si puissants qu’ils auraient neutralisé toutes les enquêtes policières.

L’origine de cette hystérie collective est bien documentée, et a fait l’objet de nombreux livres et de plusieurs documentaires en anglais, dont le tout récent Satan Wants You. Le film Régression d’Alejandro Amenábar, basé sur plusieurs histoires vraies, est aussi intéressant.

Comme je l’ai déjà expliqué, la vogue des thérapies dites régressives (ou « thérapies par les souvenirs récupérés ») a été le déclencheur. Mais le phénomène n’aurait pas eu l’ampleur qu’il a pris sans l’écho favorable que lui ont donné les grands médias. En fait, comme le montrent Debbie Nathan et Michael Snedeker dans "Satan’s Silence : Ritual Abuse and the Making of a Modern American Witch Hunt" (Basic Books, 1995), « une panique morale d’une telle ampleur ne peut être obtenue que par des efforts concertés pour l’institutionnaliser » [3].

Inévitablement, avec le soutien de certaines féministes, l’accusation de pédo-satanisme a été habilement exploitée par certaines femmes vengeresses contre leurs anciens maris. L’exemple typique est l’affaire Hampstead, près de Londres, déclenchée par des enregistrements vidéos des enfants de Ella Draper accusant leur père Ricky Dearman de diriger un culte satanique et de les avoir forcés à tuer des bébés et à boire leur sang. Il s’est avéré que les accusations des enfants avaient été obtenues sous la torture et la menace par le conjoint de la mère, Abraham Christie [4]. Cette affaire rappelle les accusations portées par Dalila Sadok contre le père de ses enfants, dans le film Les Survivantes et dans ses interviews.

Dans les années 1990, la littérature sur le pédo-satanisme s’est enrichie de la thématique MK-Ultra, à partir notamment du livre "Trance Formation of America", basé sur les « souvenirs » de Cathy O’Brien « récupérés » par hypnose [5]. Mélanger pédophilie, satanisme et MK-Ultra, telle est la recette de base d’un nombre incalculable de livres, qui naguère n’auraient même pas trouvé place dans les arrière-salles des librairies New Age, mais poussent aujourd’hui sur la plateforme Amazon comme des champignons hallucinogènes. Admirez par exemple la production de Fritz Springmeier (non, ce n’est pas de la parodie).

QAnon a encore garni cette mythologie protéiforme de détails particulièrement horribles, avec notamment l’adrénochrome, un élixir de jouvence prétendument consommé par nos élites pédo-satano-psychopathes, extrait de l’hypophyse d’enfants sous la torture (une rumeur qui trouve son origine dans le roman et le film "Las Vegas Parano"). Cette théorie satano-vampirique de la « récolte d’adrénochrome », a été relayée par des personnalités comme l’acteur Jim Caviezel (qui tient le rôle principal dans le film récent "Sound of Freedom") [6]. En France, Cyril Hanouna accrédita cette rumeur en donnant la parole à l’escroc Gérard Fauré, présenté comme « l’ancien dealer du tout-Paris », le 9 mars 2023.

La pilule noire

Cette mythologie pédo-satanique constitue ce que j’appelle la « pilule noire ». La métaphore de la « pilule rouge », tirée du film "Matrix", est aujourd’hui si répandue qu’elle est passée dans le langage courant. On est redpilled quand on a compris que les grands médias mentent sur à peu près tout. La pilule noire est, si l’on veut, une overdose de pilule rouge. Ayant échappé à l’univers du mensonge médiatique avec la pilule rouge et ainsi pris pied dans la réalité, vous allez, si vous prenez la pilule noire, sentir le sol s’effondrer à nouveau sous vos pieds et vous enfoncer dans un monde totalement fantasmatique, aussi noir et angoissant que le monde d’avant la pilule rouge était rose et rassurant.

La pilule noire ne libère pas, elle aliène. Elle vous fait perdre votre capacité de raisonner. Elle vous enferme dans une sorte de religion inversée. Elle vise à générer un climat de dépression et d’impuissance collective. Elle vise aussi à détourner l’attention. Car à côté de ces adeptes de Satan violeurs et dévoreurs de bébés, les adeptes de Yahvé font figures de doux agneaux ! Si l’internationale pédo-sataniste dirige le monde, alors rien d’autre n’a plus d’importance.

La pilule noire exploite notre tendance à considérer les super-riches et les super-puissants comme intrinsèquement différents de nous. Elle nous fait oublier que nous avons affaire à des hommes. Des hommes corrompus, comme nous le serions peut-être à leur place, mais des hommes tout de même, des fils et des pères, avec des besoins sociaux et le souci de leur réputation et de leur héritage.

La mythologie des pédo-satanistes qui gouvernent le monde n’est pas très différente de la théorie reptilienne de David Icke, selon laquelle les dirigeants du monde n’appartiennent pas à l’humanité ordinaire, mais sont liés aux « grands humanoïdes reptiliens buveurs de sang et changeurs de forme, originaires du système stellaire Alpha Draconis, aujourd’hui cachés dans des bases souterraines, [qui] sont à l’origine d’une conspiration mondiale contre l’humanité » (Wikipédia). Selon un sondage réalisé en 2013, 4 % des électeurs américains inscrits sur les listes électorales croyaient aux idées de David Icke (que lui-même, précisons tout de même, a abandonnées). Ils font certainement partie des 15 % qui croient à l’Internationale pédo-sataniste.

La cerise nazie sur le gâteau sataniste

Le satanisme international, avec ses « esclaves sexuelles programmées par MK-Ultra » et autres fantasmagories, est un épouvantail qui sert à éloigner les curieux du sionisme international. C’est l’un des nombreux masques que revêt le sionisme international pour enfumer et décerveler les Goyim. Il existe de cela un indice qui ne trompe pas : la volonté de systématiquement ramener les nazis dans cette mythologie. Pour les concepteurs de cette imposture, il est important d’amalgamer satanisme et nazisme.

J’ai déjà signalé la présence suspecte de ce thème dans le film "Out of Shadows", et dans le livre d’Alexandre Lebreton. Dans le premier, il est question de Himmler et de ses expérimentations maléfiques visant à créer une race de seigneurs, avec pour preuve une photo de son château d’allure gothique. Dans le second, c’est Klaus Barbie qui est cité : « Un homme politique qui est lié de très près à ces programmes de MK m’a dit un jour que c’était Klaus Barbie qui était à l’origine de cette programmation. » Constatez le niveau d’argumentation.

Le Néerlandais Robin de Ruiter, qui défend l’idée que le monde est dirigé depuis des siècles par treize lignées sataniques, affirme quant à lui que le médecin nazi Joseph Mengele « a joué un rôle crucial dans le développement du programme du Contrôle Mental Monarch. Il était non seulement le concepteur de ce programme, et il l’a également introduit dans le monde de la science », et « faisait partie de la hiérarchie occulte en quête d’un contrôle total du monde » (propos extraits de sa préface au livre de Nathalie Augustina, "Confession d’une top model", au délicieux sous-titre : "Contrôle Mental Monarch, Esclavage et Abus sexuel"). De Ruiter a aussi collaboré avec Laurent Glauzy, fondateur de Pro Fide Catholica et auteur de "Une élite sataniste dirige le monde" (2017).

Aujourd’hui dans le monde francophone, la nouvelle pilule noire s’appelle "Les Survivantes". Il n’est pas étonnant d’y retrouver encore les nazis complices des satanistes. Anne Bilheran, qui a préfacé le livre de la « survivante » Anneke Lucas, a écrit elle-même "L’Internationale nazie", préfacé par Slobodan Despot et Jean-Dominique Michel. Elle a publié dans la revue du premier, Antipresse, un article dans lequel elle me critique indirectement, et écrit :

« Selon les témoignages de réseaux pédocriminels, notamment satanistes, que j’ai étudiés, environ la moitié dit venir de familles franchement nazies ou sympathisantes, quel que soit le niveau de l’échelle sociale ou le pays. […] D’après mes recherches, les nazis avaient une grande tolérance envers la pédocriminalité […]. Et leurs pratiques rituéliques comportaient de nombreux marqueurs du satanisme et de ses dérivés, avec un mélange d’occultisme inspiré des structures anglaises comme la Golden Dawn et de la culture germanique et nordique, comme le "Soleil noir". »

Comme je trouve que Bilheran manque d’imagination, je lui dédie cette image qui illustre bien les choses dégoûtantes que les Nazis faisaient (et font encore) avec des bébés.


Laurent Guyénot

Notes

[1] C’est ce qui ressort de l’étude historique et sociologique la plus approfondie sur ce sujet, due au très catholique Massimo Introvigne, Enquête sur le satanisme, Dervy, 1997.

[2] Richard Jenkins, Black Magic and Bogeymen : Fear, Rumour and Popular Belief in the North of Ireland 1972-74, Cork University Press, 2014.
Lire en ligne son article "Spooks and spooks" tiré du livre Witchcraft Continued, dir. Willem De Blecourt et Owen Davies, Manchester University Press, 2004.

[3] Debbie Nathan et Michael Snedeker, Satan’s Silence : Ritual Abuse and the Making of a Modern American Witch Hunt , Basic Books, 1995 (sur archive.org), p. 5.

[4] Écouter les podcasts “Hoaxed” d’Alexi Mostrous sur www.youtube.com/watch ?v=97a9...

[5] Je ne nie évidemment pas l’existence des expérimentations MK-Ultra, puisque je les évoque dans mon enquête sur l’assassinat de Robert Kennedy. Mais les capacités de programmation et de dissociation que prête à la CIA cette sous-littérature sont le fruit d’une exagération grotesque.

[6] Le fait que Caviezel soit surtout connu pour son rôle de Jésus dans La Passion du Christ de Mel Gibson n’est pas sans importance, puisque le mythe des pédosatanistes qui dirigent le monde est particulièrement bien accueillie dans les cercles chrétiens fondamentalistes.

https://www.egaliteetreconciliation.fr/Laurent-Guyenot-La-pilule-noire-77180.html

mardi 22 avril 2025

Fuir ailleurs n’est plus une solution


Le piège global est désormais tendu, chaque territoire étant relié par cette toile de données



Fuir ou combattre ?

par Philippe BROQUERE


Dans ce monde où la toile du contrôle technologique s’étend partout, chaque coin de la planète semble désormais sous surveillance, chaque individu scruté, chaque transaction observée. Les États, devenus des acteurs de la tyrannie mondialisés, semblent fusionner dans une bureaucratie impitoyable, dirigeant un marché sans fin vers l’esclavage. L’Union Européenne, présentée comme un bastion démocratique, n’est qu’un miroir déformé de cette réalité omniprésente basée sur une technocratie invisible, mais bien réelle. La monnaie numérique, loin d’être un simple moyen d’échange, devient le fer de lance de cette domination insidieuse. Le passeport, outil de liberté autrefois, se transforme en prison numérique, une barrière invisible qui se dresse entre nous et le monde extérieur. Dès lors, où chercher refuge ? Fuir ailleurs n’est plus une solution. Le piège global est désormais tendu, chaque territoire étant relié par cette toile de données et d’algorithmes, transformant le monde en un espace sans échappatoire. La véritable question est-elle donc de fuir ou de résister à l’origine même de cette domination ?

Voilà une question qui s’impose de plus en plus à l’âme désillusionnée d’un peuple pris en étau entre la corruption tyrannique de ses dirigeants et le lâche aveuglement, sinon le déni total de la majorité de son propre peuple de voir la dictature technocratique se mettre en place. Face à ce pays devenu une prison à ciel ouvert, un hôpital psychiatrique où ce sont les fous et les psychopathes qui règnent, où les véritables chaînes ne sont plus visibles mais plus que jamais présentes, se pose la douloureuse interrogation de savoir s’il faut quitter ce terreau de dégradation morale et bientôt physique (avec la paupérisation et une médecine tueuse), ou, s’il faut au contraire, s’acharner à réveiller ce monstre sans âme qu’est devenu un peuple trop longtemps anesthésié par le confort matériel, l’égoïsme et l’égocentrisme ?

Fuir, certes, semble la solution la plus évidente, la plus prudente, mais aussi la plus lâche. Le peuple, assis sur un trône de cendres, tétanisé par des années de soumission et d’inertie, s’est habitué à la honte. Ses dirigeants, parasites se vautrant dans le luxe et l’impunité, nourrissent une corruption tellement profonde qu’elle se révèle désormais systémique. Ces bourreaux de la démocratie, protégés par une armée de gendarmes transformés en mercenaires à leur service, ne connaissent plus de frein, ni de conscience. Alors, dans ce contexte, il est légitime, pour tout esprit sain, de se demander pourquoi rester dans ce marécage nauséabond qui va nous engloutir ? Pourquoi ne pas fuir vers un ailleurs plus sain, plus pur, plus digne et laisser les abrutis inaptes, que plus rien n’émeut, se suicider en regardant leurs séries télé, avachis sur leurs canapés ?

Alors, Fuir, oui, mais vers où ? Dans un monde où la toile du contrôle technologique se tisse un peu plus chaque jour dans chaque recoin de la planète, où chaque mouvement, chaque transaction, chaque pensée ou « post » sur les réseaux sociaux délateurs est scruté, où les États, devenus des entités globalisées, fusionnent sous l’égide d’une bureaucratie impitoyable et d’un marché mondial en constante expansion, où aller ?

L’Union Européenne, avec son système prétendument démocratique, n’est qu’un des multiples visages de cette technocratie omniprésente et tyrannique. Un monstre aux mille têtes, qui, sous les prétextes fallacieux de prospérité et de liberté qu’il n’a jamais apportés, impose une soumission d’autant plus efficace qu’elle est invisible, immatérielle et douce. Elle est arrivée en proposant la paix mais n’a de cesse de faire la guerre aux peuples, elle a proposé la prospérité et chacun des résidents est ruiné, elle a déclaré la libre circulation, mais a imposé plus de contrôles et de surveillance qu’aucun autre régime autoritaire auparavant. De plus, aucun agent de ce système carcéral, aucune petite main, aucun acteur de cette pièce macabre n’est à portée de main, aucun technocrate n’est punissable ou arrêtable, puisqu’ils sont tous partie d’une chaine de fonctionnaires anonymes et pourtant tous tueurs. Comme le conducteur du train pour Auschwitz ou le garde sur les miradors, ils ne font que suivre les ordres… Et aucun ne se sent responsable de ce « tout », qui ne finit que par la mort !

La monnaie numérique, qui aurait pu être un simple outil de commodité, se transforme dans leurs mains en un piège parfait. Un outil de l’esclavage moderne au même titre que le smartphone qui permet à ce système d’exister. Ce n’est plus l’homme qui contrôle sa vie, mais des algorithmes assujettis aux puissances financières. Le passeport, ce sésame qui permettait jadis de voyager à travers la planète entière, devient une prison numérique, un fardeau invisible qui nous enferme dans un monde sans frontières réelles, mais où chaque mouvement est tracé par des lignes invisibles de contrôle. Où Chaque évadé du système n’a plus le loisir de disparaitre, de se cacher de cette gangrène, d’échapper au joug de leur dictat où qu’il soit.

Et puis fuir, oui, mais vers quoi ? Vers quel Eldorado ? Fuir dans un autre pays, un autre continent ? Chaque territoire, chaque recoin de la planète est désormais relié par cette toile technologique qui lie les États et les multinationales dans une danse macabre, dans un suicide imposé aussi moral que physique. Partir à la recherche d’une liberté illusoire ne ferait que reporter le problème à une autre latitude, et dans une poignée d’années, les mêmes chaînes invisibles seraient tissées autour de nous, encore plus solides et indestructibles, forgées par les erreurs passées. Ces erreurs que les peuples refusent d’étudier et se complaisent à réitérer à chaque siècle qui avance. Les tyrans eux, n’oublient pas et se préparent, ils se souviennent et nous enferment dans leurs délires, encore et encore.

Les pays dits « souverains » ne le sont pas véritablement, pris dans cette toile interconnectée et mondialisée de chantage et de corruption. Les souverainetés nationales ne sont plus qu’une façade décrépie, un écran de fumée politique, derrière lequel se cache une gouvernance supranationale de plus en plus unifiée et centralisée. Gouvernance qui n’existe que par la faute des peuples à ne pas avoir su se réinventer, se prendre en main, être souverains jusque dans leur intimité première et proposer une gestion du pays logique où ce serait les individus qui sont les maîtres et les politiques les serviteurs.

Fuir, mais jusqu’à quand ? Puisque dans ce monde globalisé, techno surveillé, numérisé, algorithmisé, la véritable fuite n’existe plus. Mais à l’heure actuelle, il est peut-être déjà trop tard pour une véritable échappée. Le système est déjà partout, et dans chaque décision quotidienne, chaque échange, chaque mouvement, il nous contrôle, nous façonne, nous réduit à des marionnettes. Et puis, fuir à quel prix ? Renier ses racines, ses ancêtres, son humanité, sa propre volonté de survie ?

De plus, où pourrait-on aller ? Aux confins de la Terre, dans un désert reculé ou une montagne perdue ? Cela semble n’être qu’une solution d’évasion, un ermitage aussi sclérosant que la vie d’avant, un exil provisoire. Mais l’exil n’est-il pas aussi une forme de défaite, une fuite devant la réalité, une lâcheté de plus qui ne fait que retarder momentanément l’inéluctable ? Et si, après réflexion, la question n’était pas de fuir le système pour vivre sereinement et sainement, mais plutôt de vivre sans accepter ce système ? Oser se regarder, oser se dresser à chaque instant contre cette infamie, lutter et ne jamais rien lâcher à ces chiens enragés ? Car finalement fuir, dans ce monde interconnecté, revient à fuir en cercle, enfermé dans un labyrinthe où les murs sont faits de données et d’algorithmes. Et oui, Fuir, n’est plus possible, tant leurs pions sont avancés et ce monde verrouillé.

Ainsi, le salut de l’humanité, comme de chacun d’entre nous, se trouve-t-il dans l’évasion physique ou plutôt dans la résistance à la source, là où la domination se tisse et se déploie ? Le véritable combat, de la vie ici-bas, n’est-il pas de vraiment reprendre le contrôle de nos propres existences face à ce système omniprésent, oppressant et invisible ? Pourtant, comment réagir face à une société qui est devenue elle-même complice de ce système dont on connait déjà l’issue suicidaire ? En réalité, la seule véritable fuite possible serait celle d’un éveil collectif et radical, une rébellion de l’esprit, une résistance consciente face à l’implacable. Le monde, désormais, n’est plus qu’un grand jeu de miroirs, une illusion où chaque tentative de s’échapper semble aussi illusoire que la liberté promise par le système lui-même.

Mais, au fond, est-ce vraiment un acte de salut que de fuir, ou une simple abdication ? Fuir, ce n’est pas seulement s’échapper de l’horreur d’un pays, c’est aussi, et surtout, se dérober à sa propre responsabilité. Que dire de ce peuple qui abandonne son sol, qui se laisse écraser par la terreur et l’avidité de ceux qui le dominent ? Ce n’est pas un acte de courage, mais un renoncement à l’honneur, un ravalement de l’âme. Fuir, c’est consentir à la défaite, à l’humiliation d’un peuple qui préfère se soumettre à la barbarie plutôt que de se dresser contre elle.

Certes, le peuple, en grande partie, n’a ni les outils, ni la volonté, ni la conscience pour se soulever contre un ennemi qu’il ne comprend même pas pleinement. Il est devenu une masse anesthésiée, dépendante, aveugle à sa propre aliénation. La révolte ne pourra naître que dans une prise de conscience collective radicale, mais comment éveiller des consciences quand la plupart des Hommes sont déjà plongés dans la torpeur de la passivité, confortés dans leur ignorance, ou, pire, dans leur acceptation de ce système comme étant inéluctable ? Peut-être la solution réside-t-elle dans la création d’espaces de résistance, non dans des terres sauvages mais dans des niches encore préservées de l’influence totale du système, des communautés résilientes qui refusent d’accepter ce contrôle technologique comme une fatalité. Ces niches sont partout, exactement là où vous êtes en ce moment !

Alors si la fuite est exclue, il nous faut combattre… Est-ce une alternative raisonnable, ou simplement un suicide idéologique dans un monde où la lutte semble aussi inégale que vaine ? Car, oui, combattre serait noble si la volonté de révolte était partagée par tous. Mais l’Histoire nous montre que dans ces moments de ténèbres, les masses restent sclérosées, figées dans leur résignation, pleines de peur, de confort et de conformisme. Les résistants n’ont jamais été qu’une poignée. L’individu seul, fût-il aussi audacieux et déterminé qu’un lion, n’aura jamais la force de renverser la bête sans la participation du peuple tout entier. Et ce peuple, trop occupé à se nourrir de ses illusions et de ses privilèges minuscules, mérite-t-il d’être sauvé ? Lui dont on sait qu’il n’aura jamais le courage de se soulever, jamais l’audace de se révolter, jamais l’idée même de dire « assez ! » . Endoctriné par l’idée que la milice, aussi décérébrée que surarmée, aux ordres des tyrans comme toujours, saurait écraser les petites révoltes comme des moustiques.

Quand le peuple est pourri jusqu’à la moelle, résigné et soumis au-delà de l’acceptable, la rébellion ne reste qu’un cri étouffé, une lueur dans un abîme sans fin. Alors, peut-être faut-il fuir, non pas par lâcheté, mais par un sens du devoir de préserver son humanité, loin de la souillure d’un pays devenu trop malade pour être sauvé. Mais quelle que soit le moment, le lieu ou la raison de la fuite, ce système, s’il n’est pas contré, finira tôt ou tard par vous rattraper et vous écraser !

Mais que ferait-il, ce système, si c’était le peuple qui attaquait en premier ? Si les casernes des gendarmeries brûlaient de nuit, comme les voitures des élus ? Si les commissariats ou cantonnements s’effondraient sous les tracteurs et les tas de fumiers, si les préfectures étaient assaillies par une masse unifiée et déterminée ? Et si cela se produisait de concert, de façon simultanée et sur tout le territoire ? Si les tours 5G, permettant la surveillance et l’envoi de données étaient cramées en même temps que les caméras de surveillance…comme en Angleterre ?

Face à un tel tableau, la question du combat devient alors plus complexe et aussi plus pertinente. Certes, une confrontation violente et frontale semble clairement vouée à l’échec, une rébellion dans la rue, le peuple regroupé et massé, serait écrasée avant même d’avoir eu la chance d’éclore. Des gilets jaunes aux paysans, tout le monde en a déjà fait les frais. Mais un peuple qui, aux quatre coins du pays s’attaquerait aux symboles et structures qui font la puissance illusoire des tyrans, c’est-à-dire leur milice, n’y aurait-il pas là la possibilité de renverser cette dictature ? Les formes traditionnelles de lutte, qu’elles soient armées ou organisées dans des manifestations de masse, sont pratiquement inapplicables dans un monde où l’arsenal de répression est aussi vaste que l’est le pouvoir du contrôle numérique. Il ne suffit pas de se révolter, de crier dans la rue, d’appeler à l’insurrection.

De nos jours, la lutte contre les tyrans ne se mène plus avec des fusils ou des barricades, mais avec l’intelligence, la ruse, et la capacité à désorienter ce système qui nous surveille et nous manipule. Avec l’envie de le saturer par le nombre et la rapidité des actions, par le mouvement soudain et la décentralisation orchestrée. Allumer un feu par-ci, verrouiller une préfecture par-là, bloquer les entrées d’un commissariat avec des tonnes de fumier, attendre que les CRS soient en manœuvres pour piller les casernes, encercler les gendarmeries… partout, tout le temps ! Agir et disparaître. Face à la guerre des tyrans, il n’y a que la guérilla des peuples qui pourrait fonctionner…

Car combattre dans un tel contexte, où la surveillance est omniprésente, où les instruments de contrôle sont aussi sophistiqués que les technologies qui les sous-tendent, peut sembler une tâche insurmontable pour une masse, mais si facile pour des groupes épars et mobiles. Les caméras, les drones, les smartphones, tous ces instruments d’éradication de la vie privée, semblent réduire toute forme de résistance à une illusion. Mais tout cela n’a besoin que d’une coupure électrique pour être obsolète. Là où le citoyen devient une donnée dans un réseau global, traqué, enregistré, catégorisé, sans électricité, il disparait !

Les armes, symboles de l’autodéfense et de la résistance, ont été préalablement retirées du peuple, confisquées sous prétexte de sécurité, (sécurité des tyrans, mais pas celle du peuple) tandis que les délinquants, en toute impunité, continuent de vivre dans un univers parallèle, où la loi n’est qu’une farce. La police, c’est un fait avéré, est désormais non pas protectrice, mais milicienne, et les magistrats, corrompus jusqu’à la moelle, n’ont plus aucune vocation à défendre la justice, l’état de droit n’existant pas dans une tyrannie, mais à maintenir un semblant d’ordre par une coercition abjecte au service des puissants.

Seule une forme de résistance, mais aussi de claire subversion, pourrait résider dans l’art de l’invisibilité, de la mobilité et du camouflage. Dans un monde hyper-surveillé, les actions les plus visibles sont les premières à être écrasées, c’est donc dans l’ombre que le véritable combat se joue. Le « hacktivisme », par exemple, offre une réponse puissante contre ces technologies finalement fragiles. Les technologies qui assurent la surveillance peuvent aussi être retournées contre ceux qui les utilisent pour nous asservir. Imaginez si l’on se servait du contrôle pour surveiller les comptes en banque des élus, pour capter les images de surveillance qui démontrent leurs méfaits et les afficher sur les plateformes. Déranger, perturber, pirater les systèmes de surveillance, manipuler les données et utiliser les armes numériques pour renverser les rapports de force pourrait bien être une des formes de lutte efficaces.

Là où le système nous oblige à être visibles, il faut savoir devenir invisibles. Ils nous ont obligés à porter des masques pour nous museler. Alors portons les pour nous camoufler, nous déguiser, disparaître de leurs écrans. Le véritable combat ne réside pas seulement dans l’affrontement physique, mais surtout dans la désorientation du pouvoir. Perturber les communications, semer la confusion parmi les forces de l’ordre, intercepter leurs messages, protéger les identités de ceux qui résistent, utiliser la technologie contre elle-même, agir partout à la fois et en même temps. Le cyberespace devient un champ de bataille privilégié, un terrain où les tyrans, malgré toute leur surveillance et toute leur domination, sont finalement vulnérables. Faire sauter un « nœud numérique » et c’est toute une région qui se libère. Empêcher la réparation en s’occupant de saboter les entreprises qui installent ces systèmes aussi !

En sabotant l’électricité des data centers, nous nous attaquons directement à l’âme du système de surveillance moderne. Ces centres, véritables cerveaux de la surveillance globale, hébergent les données qui permettent de tracer chaque individu, de surveiller chaque geste, chaque parole, chaque mouvement. Sans électricité, ces machines s’éteignent, et avec elles, toute capacité de stockage et de traitement des informations. Les caméras de surveillance, les serveurs qui alimentent l’armement numérique de l’État, deviennent inutiles, privés de leur carburant essentiel. De même, en coupant les antennes 5G, cette toile invisible qui relie nos téléphones, nos objets connectés, nous rendons aveugles ces yeux numériques qui scrutent en permanence nos moindres actions. Les flux de données qui circulent sur ces réseaux sont alors interrompus, empêchant toute surveillance en temps réel. Enfin, sans smartphones, cet outil de traçage portable, chaque individu redevient intraçable. Ce simple objet, devenu le prolongement de notre propre corps, est la clé de notre soumission. En nous en libérant, nous reprenons le contrôle sur notre anonymat, retrouvons notre liberté de mouvement et d’action, redevenons invisibles aux yeux du système. Par ces actes ciblés et déterminés, nous parvenons à rendre le contrôle technologique aussi fragile qu’une maison de cartes.

De plus, si les corps sont surveillés, les esprits, eux, ne le sont pas encore entièrement. Le pouvoir des idées est plus puissant qu’on ne le pense. Les tyrans savent bien que lorsqu’ils contrôlent la pensée, ils contrôlent tout. C’est pourquoi la lutte pour libérer la pensée doit être au cœur de la résistance. Tel est le but des alerteurs, des chaines alternatives, des écrivains dissidents. Il ne s’agit pas seulement de critiquer le système, mais aussi de proposer une alternative, de réveiller les consciences là où elles sont anesthésiées par des décennies de confort, de propagande et de soumission.

L’éducation, la culture, la diffusion de la vérité, sont autant de champs où les tyrans sont à leur plus grande vulnérabilité. Tout comme un virus fait son chemin dans un système informatique, les idées subversives, diffusées discrètement, prennent racine dans l’esprit des citoyens. Les résistants doivent incarner ce renversement, non par l’action violente, mais par la pensée, par l’élargissement du champ des possibles, par la remise en question de tout ce qui paraît immuable, par la motivation de ceux qui hésitent, mais aussi l’abandon de ceux qui nient toujours !

La meilleure forme de lutte essentielle aujourd’hui est la désobéissance civile, qui s’épanouit dans des actions subversives, dans le refus à la soumission, dans le courage de dire non mais de façon non violente. Des grèves, des boycotts, des actes symboliques, des destructions ciblées rapides et sans victimes et surtout de désobéissance généralisée, qui désorganisent le système sans lui offrir un prétexte pour justifier sa violence. Dans un monde où les armes sont rares et où la répression est violente, chaque acte de résistance, aussi pacifique soit-il, perturbe l’équilibre fragile du pouvoir. Chaque sabotage de l’infrastructure peut avoir une répercussion incroyable. En refusant de se conformer aux lois injustes, en refusant d’accepter les diktats imposés par la technocratie, en coupant l’électricité aux caméras et en détruisant les câbles des data centers, les résistants gagnent obligatoirement du terrain. De plus, ils mettent en lumière la supercherie du régime, son mirage basé sur l’électricité et offrent à ceux qui se résignent une nouvelle vision du monde, sans leur confort de la Tv, du smartphone ou d’internet.

Finalement, même si la majorité semble apathique, divisée et sans volonté de lutter, l’un des leviers essentiels du combat réside dans l’unité et la solidarité des dissidents. Dans le mouvement et la multiplication des petites actions. Il ne s’agit pas de faire tomber tout le système d’un coup, mais d’encourager l’émergence de petites cellules de résistance, de petites communautés qui refusent ce contrôle, qui se soutiennent et qui œuvrent de concert mais chacun dans son coin. Le peuple, malgré ses faiblesses, n’est pas une masse homogène. Il y a des individus, des collectifs, des voix qui, dans le silence, préparent la révolution qui viendra peut-être et agiront aussi quand le moment sera le plus propice.

Ainsi, l’idéalisme de la rébellion s’effondre sous la brutalité du réel. Le combat pour la liberté et la justice devient une cause perdue d’avance, une lutte désespérée contre des moulins à vent soutenus par une machine bien huilée et sans cœur. Chaque geste de résistance est écrasé sous le poids de la compromission collective, et chaque tentative d’insurrection se noie dans un océan de trahisons et de lâcheté. Sauf pour ceux qui ont encore une once de conscience, un soupçon de courage, un peu de détermination pour sauver sa vie comme celle de ses enfants. Et si en plus ces gens-là, pacifistes dans l’âme et peureux par habitude, vident leurs comptes en banque tous ensemble, alors, les tyrans n’ont plus aucuns moyens de rémunérer leurs agents. Et que fait un fonctionnaire ou un gendarme lorsqu’il n’est pas payé ? Il reste chez lui !

Dans ce contexte où l’état veut nous envoyer à la guerre en Ukraine, faisons là ! Mais contre les tyrans, contre leurs sbires, contre ce système oppressant qui veut notre mort de toute façon. Lutter contre les fascistes et les tyrans n’est plus seulement une question de force brute, mais bien de stratégie, d’intelligence et de ruse. La lutte, aujourd’hui, passe par la désorientation du pouvoir, la rupture des chaînes invisibles, et la création d’une alternative viable qui puisse un jour se dresser face à cet empire technologique. Mais, avant tout, c’est la conviction, la persévérance et la solidarité qui permettent à cette résistance de ne jamais s’éteindre. C’est par la détermination, le courage, la responsabilité de chacun à vouloir un monde sain que l’on y parviendra.

Fuir ou combattre, telle était la question posée dans ce billet. Mais peut-être que la réponse est-elle dans l’acception d’une vérité bien amère qui veut que dans un monde où le peuple se vautre dans l’indifférence et où les puissants se repaissent de leurs privilèges, la fuite ne sera pas suffisante pour trouver une vie meilleure, ne nous reste alors que le combat. Ce n’est pas de l’agression mais de la légitime défense, issue de l’instinct de survie. Ils ont fait de notre monde une jungle, cessons d’être les proies et devenons les prédateurs. Agiles, rapides, dispersés, perpétuels ! Certes la révolution exige une âme collective, et non une poignée d’héros solitaires, mais comme pour la résistance durant la guerre, ce n’est pas l’égocentrisme qui prime mais bien la réussite et la dissimulation, avant de se réjouir. Dans ce jeu là, il n’y a pas de gagnants, juste des survivants.

En définitive, seul le combat face à l’adversité peut nous délivrer de ces individus qui ne sont forts que parce que nous sommes faibles, parce que nous avons accepté trop longtemps de vivre dans l’ombre de leur pouvoir illégitime. Leur seule puissance réside dans leur milice, cette armée de violence et de surveillance qui les soutient, les protège et leur permet d’imposer leur tyrannie. Mais cette force est fragile, elle n’est rien d’autre qu’un édifice de papier, un château de cartes, qui s’effondrera dès qu’elle sera désorientée, dès qu’elle sera confrontée à la rupture de son pouvoir absolu, à l’élément perturbateur qui fait vaciller l’ordre artificiel qu’elle impose grâce à la corruption par l’argent.

Telle serait donc la manœuvre à suivre pour ceux qui voudraient répondre enfin à la question : « Mais quoi faire ? » La réponse, comme vous venez de le lire, est multiple et pourtant logique : désorienter, dérégler, semer la confusion dans les rangs de cette milice toute-puissante, couper les flux financiers et de données, les caméras, les algorithmes qui sans électricité sont des coquilles vides et vulnérable. Leur puissance n’est qu’illusion ! Une illusion maintenue par la peur et la soumission. Si nous cédons à la peur, ils nous écraseront. Mais si nous faisons face, si nous refusons d’accepter cette domination, alors, et seulement alors, la véritable force émergera. Car la vraie puissance de l’humanité, celle qui peut renverser un tyran, réside dans la volonté de se lever, dans l’unité des résistants, et dans la certitude que ceux qui dominent ne sont puissants que parce que nous leur avons laissé cette illusion.

La fragilité de leur pouvoir devient évidente dès qu’une infime résistance s’organise, dès qu’elle ose briser le silence et prendre forme par des actions concrètes, sans éclats mais avec beaucoup de conséquences. C’est dans la désorientation de leur milice, que nous trouverons la clé de la victoire. Dans la multiplication de petites sanctions, de petits sabotages, dans la répartition sur tout le territoire qu’ils seront immobilisés. En jetant les smartphones, détruisant leurs caméras, muselant leurs data centers, éliminant leurs tours 5G, coupant l’électricité et leurs moyens de communication et de propagande, en se prenant en main seul, sans personne, mais de façon déterminée et cachée, tout est alors possible. Le chemin est surement semé d’embûches, mais moins que de vivre dans leur prison, transformée en asile psychiatrique à ciel ouvert.

Oui, cela exigera de l’audace, de la détermination et de la persévérance, mais surtout après réflexion, il n’y a pas d’autre voie vers la liberté. Chacun ses armes, chacun ses capacités, mais il est temps de combattre, en sachant bien que ce combat, ce n’est pas nous qui l’avons rendu inévitable… 
C’est leur haine de la vie !


https://guyboulianne.info/2025/04/16/phil-broq-fuir-ailleurs-nest-plus-une-solution-le-piege-global-est-desormais-tendu-chaque-territoire-etant-relie-par-cette-toile-de-donnees/


Lecture :
de Philippe BROQUERE

Pâques est une fête religieuse chrétienne qui commémore la résurrection de Jésus. Il semble que le mot Pâques vienne de l'hébreu Pessa'h, le passage. Or, selon les Évangiles, c'est la veille de Sabbat, durant la préparation de Pessa'h qu'eut lieu la crucifixion de Jésus.

L'effort pour intégrer un système eschatologique aux conceptions temporelles attestées par le récit des origines de la Bible, montre bien que la question de la temporalité de l'homme a profondément évolué au cours de son histoire, au fur et à mesure que s'y redéveloppaient des perspectives messianiques. Pâques est une date importante, un point de départ des tribulations de la fin des Temps, prophétisées par ...


lundi 21 avril 2025

Le pape François est mort à 88 ans, en plein week-end pascal.


Bertrand Scholler :

Ce n’est pas un simple événement. C’est un signe. Un signe fort, à la fois spirituel, prophétique et profondément lié à l’époque trouble que nous vivons.

Selon la célèbre prophétie de saint Malachie, chaque pape est associé à une devise symbolique. Celle du pape François – “Petrus Romanus”, “Pierre le Romain” – est la dernière de la liste. Ce texte ancien, que l’Église elle-même regarde avec prudence mais que des siècles de croyants ont scruté avec fascination, annonce qu’après ce dernier souverain pontife, la fin viendra pour Rome, et un jugement terrible pour l’humanité.

Alors… Était-ce vraiment le dernier pape ?

Était-il celui qui, selon certaines lectures mystiques, devait accompagner l’Église dans sa passion, comme le Christ avant la Résurrection ?

Nous le saurons bientôt. Car si un autre pape lui succède, ce sera peut-être un antipape. Ou alors, un pontife éphémère, placé dans un monde déjà prêt à basculer.

Le contexte géopolitique actuel semble, lui aussi, confirmer cette intensité eschatologique. Un simple éclair d’ Israël l’état au régime génocidaire contre les Palestiniens de Gaza, contre l’Iran, et c’est tout le Moyen-Orient – voire le monde – qui s’embrasera. Les tensions s’accumulent comme du bois sec sous une étincelle.

Nous vivons un temps qui dépasse la simple logique humaine : un temps prophétique, un temps de dévoilement, un temps de bascule. Entre effondrement et transfiguration. Entre ténèbres et lumière.

Et la mort du pape François, précisément pendant la fête la plus sacrée du christianisme, n’est pas un hasard.

Le pape François s’éteint à 88 ans le 21 avril 2025. Ce n’est pas un simple décès : c’est un signal, un point de départ, une pendule qui s’enclenche dans des temps eschatologiques. Les chiffres parlent, et leur message est clair : nous sommes à 0:00, l’heure du dévoilement.

Ce jour, le 111e de l’année 2025, n’est pas anodin. Le 21 avril – 21, un nombre de perfection dans la mystique chrétienne – marque un tournant. Selon la prophétie de saint Malachie, François, Petrus Romanus, est le dernier pape, celui qui guide l’Église dans sa passion avant la chute de Rome et le Jugement. Sa mort, survenue ce lundi de Pâques, résonne comme un glas prophétique.

Regardez les chiffres, ils murmurent une vérité. Le 21 avril 2025, réduit en numérologie (2+1+4+2+0+2+5 = 16), donne 16. L’âge de François, 88 ans, se réduit aussi à 16 (8+8 = 16). Et 16 moins 16 ? 0:00. L’heure zéro, l’instant où tout bascule. Plus troublant encore : 16, en numérologie, se réduit à 7 (1+6 = 7), un chiffre divin, celui des sept sceaux de l’Apocalypse. En binaire, 7 s’écrit 111 – comme le 111e jour de l’année. Une coïncidence ? Non, un signe.

Un post énigmatique, publié il y a des mois (numéro 651), montrait François avec, en bas à gauche, un 0:01 clignotant. Aujourd’hui, la pendule affiche 0:00. Il avait annoncé ce jour, ce 21 avril, comme un point de départ. La prophétie de Malachie, vieille de 900 ans, désigne Petrus Romanus comme le pasteur des tribulations finales. Après lui, « la ville aux sept collines sera détruite, et le Juge redoutable jugera les peuples ». Nous y sommes.

Que signifie cette heure zéro ? Un nouveau pape émergera-t-il, ou sera-t-il un antipape, comme certains mystiques le redoutent ? La pendule a démarré, et chaque tic-tac nous rapproche d’un dévoilement. Le 21 avril 2025 n’est pas une fin, mais un commencement : celui des temps derniers, où ténèbres et lumière s’affrontent avant la transfiguration.

Restez éveillés. Les chiffres ne mentent pas. La prophétie s’accomplit.

Bertrand SCHOLLER : mort du Pape




Israël : Violences rituelles dans les milieux extrémistes


Début avril 2025, la vidéo d'une jeune femme a circulé sur Twitter. Cette israélienne, fille de la ministre sioniste des colonies, explique avoir été victime dans son enfance de viols commis par ses parents, filmés pour revendre des vidéos. Elle explique aussi que ses souvenirs récents lui indiquent qu'il s'agissait de violences sexuelles rituelles.

Dans une vidéo de 2 mn environ postée il y a quelques jours sur TikTok, Shoshana Strock (ou Strook il y a les deux orthographes) explique qu'elle a subi des viols commis par ses parents dans son enfance. "Je me suis rendu compte que c'étaient aussi des violences rituelles" explique t-elle.


Témoignage vidéo de Shoshana Strock, la fille de Orit Strook (ministre israélienne des implantations/colonies). Elle explique que les souvenirs qui lui reviennent la poussent à dénoncer publiquement les actes pédocriminels commis par ses parents. Des films étaient tournés lors des viols, plusieurs enfants étaient victimes, elle parle d'abus rituels.
 


Un réseau pédocriminel impuni à Jérusalem


Le 2 avril 2025, le média israélien Israel Hayom évoquait une affaire de violences rituelles sur plusieurs dizaines d'enfants dans une communauté fermée ultra orthodoxe, révélée en 2011 et depuis étouffée sans qu'une enquête digne de ce nom soit menée.

Les faits se sont produits dans un quartier de Jérusalem, Nachlaot. Suite aux violences sur leurs enfants, des parents sont allés se plaindre à la police, dénonçant une dizaine d'auteurs actifs dans le quartier depuis des années. Ils attrapaient les enfants dans les rues, à la sortie de l'école, et il y avait de quoi se servir : chaque famille du quartier a entre 7 et 14 enfants. Il était question de tunnels, de viols collectifs, de réseau, d'une centaine d'enfants -et beaucoup d'autres devaient être entendus... Il y a des familles dans lesquelles tous les enfants ont été agressé par les pédos.

Des adolescentes qu'ils avaient agressées devenues baby-sitters leur donnaient accès aux enfants qu'elles gardaient, à leurs propres enfants, et ainsi de suite. Apparemment, ils ciblaient particulièrement les baby-sitters, ils les agressaient et les harcelaient. Quand les parents étaient absents, les types du réseau pouvaient entrer et récupérer les enfants ou même organiser des tournages dans le logement. Plus de 80 enfants avaient déposé plainte en janvier 2012.

Finalement deux types ont été condamnés à quelques années de prison [1]. Et surtout, on a dit que les enfants avaient menti en inventant des histoires à partir de bandes dessinées, et fortement exagéré des actes isolés. La justice a reproché aux parents d'avoir interrogé leurs enfants et "faussé" l'enquête. C'est le signe que l'affaire dérangeait, car même les articles sceptiques disent que certains témoignages d'enfants n'ont pas pu être écartés et étaient vraiment "fiables".

Par exemple, D., une mère dont l'enfant de 5 ans a été victime d'abus répétés , expliquait : "Les enquêteurs ont présenté à la fillette des photos floues des suspects et, par la suite, l'enquêteur des enfants a déclaré que son témoignage était "problématique" et "non fiable". Il n'y a pas longtemps, dans le quartier, elle a poussé un cri terrible et a montré du doigt l'homme qui l'a blessée, qui se tenait à quelques mètres de nous, et l'a même appelé par son nom. Alors que veut encore la police ? !! Pourquoi ces criminels se promènent-ils encore dans le secteur ?"

L'inaction de la police puis l'étouffement du dossier ont fait scandale. On a retrouvé un suspect pendu (assassiné), une autre battue presque à mort, et les autorités ont sauté sur l'occasion pour accuser les parents des victimes. La "pire affaire de pédophilie dans l'histoire d'Israël" a fini dans l'impasse.

L'article de Israel Hayom parle des témoignages "troublants" apportés par des femmes qui ont subi des abus organisés dans leur enfance, y compris le viol collectif, dans le cadre de rituels et d'actes de culte, par des personnes qu'elles connaissaient, même leurs plus proches" et par des thérapeutes, des proches, en Israël et ailleurs.

Les victimes parlent, plus de 10 ans après les faits

L'une des femmes qui ont parlé au journal Israel Yehom racont
e : "Je me souviens d'une étoile à cinq branches sur le sol, généralement rouge. Lorsque la cérémonie se déroulait en forêt, l'étoile était marquée d'une houe et des bougies étaient allumées en cercle autour. Le rabbin récitait une bénédiction : "Béni soit celui qui permet les interdits", et des hommes priaient autour avec un talith. Ils étaient parfois vêtus de noir et le rabbin portait un manteau blanc. Plusieurs hommes et garçons, âgés de 16 à 17 ans, participaient aux cérémonies d'ascension. Ils priaient Baal Peor.

Il fut un temps où ils me demandaient de creuser un trou et m'y couchaient. Parfois, ils m'injectaient quelque chose en disant : "Maintenant, tu te sentiras mieux", et alors mon corps devenait inerte. Ils récitaient des psaumes à répétition, comme : "Psaume de David, Dieu est mon berger, je ne manquerai de rien." Ils m'ont dit : "Tu es spéciale, tu es choisie", et ils me faisaient l'injection... Je me souviens de bougies de Hanoukka, d'un shofar" [2].

Car il y a des religieux très en vue dans la communauté parmi les agresseurs, bien identifiés par les victimes. Dans la plupart des cas, les violences sexuelles ont commencé dès la petite enfance, à la maison, par un père, un grand-père ou un autre membre de la famille, et les familles sont totalement complices du réseau. Dans d'autres cas, elles ont commencé dans un contexte éducatif ou thérapeutique. Il est difficile de savoir si l'idéologie était un prétexte pour commettre les violences sexuelles contre les enfants, ou si ces violences étaient le fondement de l'idéologie.

Un rabbin dirigeait les opérations, disait aux autres hommes quoi faire, et ils violent les enfants tour à tour, le tout sur fond d'incantations. Si les enfants n'obéissaient pas, ils étaient punis, brûlés, noyés, frappés. Beaucoup des victimes présentent des troubles dissociatifs de l'identité, qui sont sous-diagnostiqués.

Selon le Dr Gore qui suit certaines victimes, celles-ci "subissent des séquelles atroces. C'est aussi l'un des problèmes liés à la révélation des faits, car les victimes sont tellement anéanties qu'il est difficile de les croire. Plus les agresseurs sont cruels et sadiques, et plus les abus sont commis jeunes et sont horribles, moins les criminels ont de chances d'être traduits en justice car il n'y a personne pour témoigner. Les agresseurs brisent tellement l'âme des victimes que cela devient un crime sans témoins, ce qui, bien sûr, sert la société qui continue de maltraiter ou de pratiquer ces rituels".

Une autre parle de violences sexuelles organisées, "notamment d'horribles cérémonies "religieuses" au cours desquelles des personnes pieuses, dont certains membres de sa famille, l'offraient en sacrifice pour son élévation spirituelle ou sa rédemption". Du satanisme ? Officiellement ces individus s'affichaient comme des Juifs ultras. Peut-être comme certains catholiques ou protestants ultras qui pratiquent le satanisme en privé ?

L'article précise que "Plus de dix femmes âgées de 20 à 45 ans décrivent un phénomène profondément troublant qui suscite de vives inquiétudes : comme dans de nombreux autres pays, des abus sexuels organisés sur mineurs se produisent en Israël, sous nos yeux", qui viennent toutes d'Israël. Leurs histoires sont différentes mais les violences rituelles en sont le point commun . Cette femme explique que le caractère insensé, "extrêmement étrange" des rituels a permis au secret d'être maintenu pendant des années, "Comme s’il y avait une logique intrinsèque, mais c’était complètement insensé… Des choses étranges se produisaient, normalisées par le rituel. Il y avait un calendrier, quand réciter quel verset, comment les choses étaient “censées” se dérouler…"

L'article souligne que les femmes qui témoignent "ne se connaissaient pas et ont grandi dans des communautés et des milieux différents, mais leurs histoires d’abus rituels sont étrangement similaires, ce qui nous oblige à les écouter sans détourner le regard. Certaines ont été abusées dans le cadre scolaire, d'autres à la maison, dans des écoles religieuses ou des synagogues.

Cet article ne présente qu'une infime partie des heures d'entretiens et d'informations, et certaines parties sont difficiles à lire. Toutes ces femmes craignent que les abus sexuels organisés sur mineurs se poursuivent encore aujourd'hui." Des affaires similaires ont été rapportées dans des milieux non religieux, selon Israel Hayom.

Une autre de ces témoins, Ayelet, raconte : "C'est toujours un endroit sombre. Il y a six à neuf hommes. Ils m'attachent les mains et les pieds à un lit, se tiennent debout en cercle, murmurent des prières ou des bénédictions, et il y a toujours un rabbin qui dirige. Il y a un rituel, et chacun me viole".

Le témoignage de Shoshana Strock

Shoshana Strock, 38 ans, a donc filmé son témoignage début avril. Elle explique que les souvenirs qui lui reviennent la poussent à dénoncer publiquement les actes pédocriminels commis par ses parents. Des films étaient tournés lors des viols, plusieurs enfants étaient victimes, et elle se souvient d'avoir été forcée à agresser trois de ses plus jeunes frères.

Elle explique aussi avoir contacté Naama Goldberg, une "thérapeute" qui parle publiquement des violences rituelles, et avoir compris qu'elle était en lien avec les milieux de pédos. Au lieu de l'aider, elle lui a fait peur en lui disant que les vidéos pouvaient être diffusées -et c'est justement la menace que les adultes font aux enfants pour les faire taire.

Dans la vidéo, elle dit avoir porté plainte contre ses parents avant de quitter Israël, et qu'elle a à nouveau porté plainte en Italie où elle est partie, et est revenue aujourd'hui en Israël avec son mari, où elle subit un harcèlement. Un de ses frères serait nommé comme agresseur. Elle a demandé la protection de la police contre les "criminels" qui la persécutent et contre sa famille, et lance un appel au public pour diffuser son message.

La mère de Shoshana Strock, Orit Strook, est une militante d'extrême droite fille d'avocats hongrois, sioniste intégriste et mère de 11 enfants, qui est aujourd'hui ministre des Colonies. C'est-à-dire qu'elle pilote l'invasion du territoire palestinien en installant des colons et en légalisant côté israélien une présence totalement proscrite par le droit international -et par l'éthique la plus élémentaire. Elle s'oppose aussi à tout cessez-le-feu à Gaza, qu'elle veut envahir militairement pour y établir des colonies et s'approprier le territoire, comme Israël l'a toujours fait.

En 2007, elle a fermement défendu son fils, un colon qui avait aves ses amis enlevé dans un quartier palestinien, torturé et laissé pour mort un garçon de 15 ans, retrouvé ensuite dans un champ nu, ligoté et inconscient. Il a été condamné à 30 mois de prison par un "tribunal" de cette grande "démocratie" qu'est Israël. Une peine qu'Orit a qualifiée de "lourde".

Suite à l'attaque du Hamas le 7 octobre 2023, Orit Strook a répandu des mensonges au sujet de viols soi-disant commis sur des enfants, dont des bébés, par les membres du Hamas. Cela a permis de faire monter l'hystérie dans le monde entier, et c'était une invention des sionistes [3].

La plainte de Shoshana en Israël aurait débouché sur une enquête menée par l'unité anticorruption Lahav 433, et on ne sait pas ce qu'il en est pour la plainte en Italie. Les médias ont évoqué ces accusations, mais le secret est imposé aux journalistes sur cette affaire : l'enquête fait l'objet d'une ordonnance de confidentialité (à la demande de la justice ou de la police, on ne sait pas) qui interdit aux médias israéliens de publier davantage de détails, ni même de mentionner que les accusations visent la ministre.

Affaire à suivre, même si on se doute que les autorités feront tout pour minimiser les faits et les condamnations.

Quelques autres affaires récentes

Les milieux ultra chez les orthodoxes et les sionistes sont régulièrement mis en cause pour des dérives sectaires
et des violences sexuelles contre les mineurs. En février 2025, le Guatemala a arrêté le leader d'une secte juive très fermée et récupéré 148 enfants soupçonnés d'être victimes de violences diverses et variées, notamment sexuelles.

Par ailleurs, les juifs poursuivis à l'étranger pour des violences sexuelles contre les mineurs (comme pour d'autres crimes d'ailleurs) peuvent venir se réfugier en Israël et échapper à la justice. Il s apprécient beaucoup de se planquer dans les colonies illégales en Cisjordanie [4]. Il y a eu par exemple Jimmy Julius Karow, accusé de viol sur une fillette de 9 ans aux Etats-Unis, qui s'est réfugié en Israël. Mais deux ans plus tard il a été condamné pour des faits similaires dans un autre dossier. Selon CBS News, "beaucoup d'Israéliens poursuivis aux Etats-Unis fuient en Israël".

Il y a aussi le réalisateur d'Hollywood Bryan Singer, accusé d'avoir violé des enfants dans les années 90 et 2000, qu'Israël ne compte pas extrader.

Malka Leifer, ancienne directrice d'une école juive ultra-orthodoxe (affiliée à une secte) à Melbourne, condamnée pour des violences sexuelles commises sur deux élèves, qui a été protégée par le gouvernement à son retour en Israël si bien qu'il a fallu 7 ans avant son extradition en Australie [5]. En juin 2022, l'ancien ministre de la Santé de Netanyahou (2015-2017, et 2019-2020), puis du Logement et de la Construction (2020-2021), Yaakov Litzman, a plaidé coupable pour avoir manœuvré afin qu'elle reste en Israël.

Et le beau père de Malka Leifer, le rabbin Baruch Leifer, a été accusé en 2022 de viols sur une fillette de sa famille âgée de 12 ans lors des faits. Il a eu de la chance : la prescription l'a sauvé.

L'article du Parisien qui évoquait sa condamnation à 15 ans de prison le 24 août 2024 expliquait : "Selon l’acte d’accusation, l’ancienne enseignante a violé une élève en 2006 après l’avoir invitée à dormir chez elle pour des "leçons de kallah", une sorte de cours d’étiquette avant le mariage. Elle a à plusieurs occasions dit aux élèves qu’elle les préparait à devenir des épouses, selon le procureur." Au départ, il était question de 70 victimes.

A New York, 150 plaintes de victimes de violences sexuelles dans des institutions de la communauté juive ont été déposées en 2019-2021, dans le cadre d'une énorme vague de plaintes contre une série d'institutions dans le pays. La communauté juive de Brooklyn a aussi fait scandale quelques années plus tôt pour des abus sexuels et maltraitances répétés sur les enfants, dans l'impunité la plus complète.

En 2017, une vingtaine de types a été arrêtée à Jérusalem, Tel-Aviv et ailleurs pour des actes pédocriminels, et 160 autres étaient recensés par la communauté ultra-orthodoxe à laquelle ils appartiennent comme ayant commis des violences sexuelles contre des mineurs . "Agés de 20 à 62 ans, les suspects étaient connus de longue date pour leurs méfaits au sein de leur communauté, mais ceux-ci n’avaient jamais été portés à la connaissance de la justice israélienne", rappelait Libération (28 mars 2017).

De plus, parmi les violences commises contre les centaines d'enfants palestiniens détenus arbitrairement, les viols et autres agressions sexuelles commises par les soldats et les gardiens ne sont pas rares.

Bref, comme les autres, les milieux juifs ont leurs pervers, dont les pratiques ne sont pas sans rappeler le bon vieux satanisme des dingues occidentaux. La chape de plomb est la même, mais vu le nombre de victimes, comme chez nous elle risque de ne pas faire long feu.

Comme toujours quand règne le secret et que la seule réponse à la parole des victimes est de les harceler, la pédocriminalité prend des proportions dantesques. Car ces affaires ne sont évidemment que la brindille qui cache la forêt vierge, et tout sera mis en œuvre, comme partout, pour que le système ne soit pas ébranlé.

Mais la société, ici ou en Israël, est comme l'Eglise catholique : ses fondements sont vermoulus par ses pratiques, sa crédibilité est perdue, et elle ne tient que par la force d'inertie, avant de s'effondrer sur ses milliards et ses secrets.

*******


[1] Benjamin Satz a été condamné à 15 ans pour sodomie et actes indécents sur des enfants âgés de 5 à 8 ans. L'autre, Zalman Cohen, a été condamné un peu après pour des actes indécents sur un grand nombre d'enfants de moins de dix ans à six ans et demi de prison.

[2] Instrument de musique religieux à vent taillé dans de la corne.

[3] D'ailleurs, un rabbin qui a répandu les mêmes mensonges avec véhémence a été envoyé en prison aux Etats-Unis pour avoir violé un adolescent. On se demande d'où leur viennent de telles idées ?

[4] Plus de 700 000 colons juifs se sont installés en Cisjordanie, dans 150 colonies illégales généralement situées sur des points d'eau. Ils regroupent les colonies et les relient entre elles par des routes, qui coupent le territoire palestinien.

[5] Leifer a prétexté une maladie mentale, faux certificats de complaisance à l'appui, pour rester tranquillement en Israël. Pas de chance pour elle, des enquêteurs privés l'ont retrouvée en infiltrant une petite communauté israélienne. Ils "ont utilisé plus de 200 heures d'images filmées en caméra cachée pour réfuter les allégations d'incapacité mentale de Leifer, la montrant vaquant à ses occupations quotidiennes et réfutant sa défense. Ces preuves ont conduit à sa nouvelle arrestation et à son extradition vers l'Australie en 2021", d'après la presse locale.

https://dondevamos.canalblog.com/2025/04/israel-violences-rituelles-dans-les-milieux-extremistes.html


dimanche 20 avril 2025

Bienvenue dans le cauchemar orwellien version apartheid

 

L’intelligence artificielle entre dans une nouvelle ère de répression. Ce que fait Israël aujourd’hui aux Palestinien·nes pourrait être demain la norme partout ailleurs.



Bienvenue dans le cauchemar orwellien version apartheid. Selon une enquête conjointe de The Guardian, +972 Magazine et Local Call, l’armée israélienne a développé une intelligence artificielle inspirée de ChatGPT, mais entièrement dédiée à la surveillance et la répression des Palestinien·nes.


Le principe ? Un programme entraîné sur plus de 100 milliards de mots arabes issus de conversations interceptées, destiné à analyser, prédire et identifier les personnes à arrêter. Plus besoin de preuves tangibles : l’IA répond aux questions des militaires et leur balance directement des listes de "suspects".

De la surveillance de masse au fichage automatisé

L’unité 8200, fer de lance du renseignement israélien, n’en est pas à son premier coup. Depuis des années, elle collecte tout : appels téléphoniques, messages privés, réseaux sociaux, conversations entre voisin·es… Cette IA ne fait qu’industrialiser un système déjà bien rodé.

Le plus flippant ? Les Palestinien·nes n’ont pas besoin d’être militant·es pour être ciblé·es. Leur simple existence dans une zone donnée suffit à les faire apparaître sur les radars de l’armée. Comme l’explique Nadim Nashif, de l’ONG 7amleh :

"Les Palestinien·nes sont des cobayes dans le laboratoire israélien. Cette IA est une arme de plus pour maintenir un régime d’apartheid et d’occupation."

Quand l’industrie de la tech collabore avec l’armée

Pour développer ce monstre numérique, Israël a enrôlé des experts du privé, notamment chez Google, Microsoft et Meta. Après le 7 octobre, ces géants de la tech ont vu leurs ingénieur·es rejoindre en masse l’unité 8200, accélérant le projet sous couvert de » mission de réserve".

Un "hasard" ? Pas vraiment. Google a déjà été épinglé pour son partenariat avec Israël via le projet Nimbus, qui fournit au gouvernement des outils cloud et d’IA. De son côté, Microsoft a permis à l’armée israélienne d’accéder aux modèles d’OpenAI pour booster son propre système.

Une IA pour intensifier la répression

Que va-t-il se passer avec cet outil entre les mains de l’armée israélienne ? La réponse est simple : une répression encore plus massive, plus rapide, plus aveugle. Déjà, en Cisjordanie, les arrestations arbitraires explosent. Des commandants militaires exigent des quotas d’arrestations mensuelles, transformant la traque en un simple objectif statistique.

Comme l’explique une source dans l’enquête : "Parfois, c’est juste un commandant qui veut 100 arrestations par mois dans sa zone."

Plus besoin de preuves, plus besoin d’enquête, une IA se charge du sale boulot. Et pendant ce temps, le monde ferme les yeux.
L’avenir : une généralisation de l’IA répressive ?

Israël n’est pas le seul État à rêver d’une IA pour fliquer les masses. De la reconnaissance faciale en Chine à l’IA prédictive aux États-Unis, les gouvernements capitalistes testent et perfectionnent un futur où chaque individu sera sous contrôle permanent.

Ce qui est testé aujourd’hui en Palestine pourrait bien se généraliser demain à toute contestation sociale. Un monde où les algorithmes dictent qui est suspect, qui doit être arrêté, qui doit être réduit au silence.

Refuser l’apartheid numérique

L’intelligence artificielle entre dans une nouvelle ère de répression. Ce que fait Israël aujourd’hui aux Palestinien·nes pourrait être demain la norme partout ailleurs.

Se battre contre cette technologie de l’oppression, c’est se battre pour la liberté de tous.tes. Refuser que des algorithmes décident de qui vit, qui meurt, qui est digne d’exister. Face à cet avenir dystopique, la seule réponse est la résistance.

https://www.leperepeinard.com/articles/ia-et-apartheid-quand-la-tech-est-au-service-dun-genocide/


vendredi 18 avril 2025

Qui est Curtis Yarvin, le pape des «Lumières sombres» derrière Trump ?





Curtis Yarvin est la figure intellectuelle centrale au sein de l'entourage de Trump à la Maison-Blanche. Son projet politique, défini comme «néoréactionnaire», propose d’en finir avec la démocratie. Arnaud Miranda, spécialiste en théorie politique, nous explique qui est le pape des «Lumières sombres», ce contre-projet aux Lumières du 18e, et ce qu'il professe.


Depuis l’investiture de Donald Trump et ses premières mesures de gouvernement, émerge le nom d’un mouvement intellectuel qui serait l’inspiration secrète de la nouvelle administration : la néoréaction, aussi désignée par l’expression «Lumières sombres» (Dark Enlightenment). A la tête de ce mouvement, le blogueur Curtis Yarvin, très proche de Peter Thiel, de Marc Andreessen (milliardaire et conseiller informel du président), mais aussi des cadres politiques comme J. D. Vance et Michael Anton. Yarvin aurait ainsi favorisé l’ascension politique d’Elon Musk et serait notamment à l’origine du plan Gaza.

Il semble difficile, à brûle-pourpoint, de déterminer avec précision l’influence des idées néoréactionnaires sur la nouvelle administration, ce qui supposerait de mener une enquête de terrain. Néanmoins, nous pouvons dès maintenant nous intéresser à la pensée néoréactionnaire.

D’où vient-elle ? Quelles sont ses propositions normatives ? En d’autres termes, en quoi consiste la théorie politique néoréactionnaire qui semble inspirer les premières mesures de la nouvelle administration?

D’où vient la néoréaction ?



Pour saisir toute la spécificité du courant néoréactionnaire, il faut accepter de la voir comme une véritable contre-culture intellectuelle. La néoréaction émerge sur Internet, à travers des blogs et des forums, mais aussi à travers la rencontre virtuelle de deux figures clés: Curtis Yarvin et Nick Land. Nous pouvons isoler deux moments fondateurs dans la structuration de la constellation néoréactionnaire.

En avril 2007, Curtis Yarvin, un ingénieur américain, lance son blog Unqualified Reservations sous le pseudo Mencius Moldbug. Son premier texte, «A Formalist Manifesto», annonce avec grande clarté son projet politique. Yarvin se présente comme un libertarien convaincu, mais déçu. Le libertarianisme, qui vise la limitation ou la disparition de l’État au profit d’un libéralisme dérégulé, est «une idée évidente» qui «n’a jamais pu être appliquée en pratique». L’erreur des libertariens est, selon lui, de voir leur idéologie comme «l’apogée de la démocratie», alors que celle-ci est fondamentalement «inefficace et destructrice». (Yarvin reconnaît à ce titre sa dette à l’égard de Hans-Hermann Hoppe, disciple de Rothbard.)

Entre 2007 et 2008, grâce à un style provocateur et une grande productivité, Yarvin se constitue un contingent de lecteurs – principalement issu des cercles libertariens états-uniens. Rejetant avec fermeté le progressisme comme étant l’une des raisons pour lesquelles nous ne parvenons pas à nous défaire de l’absurdité démocratique, Yarvin se définit lui-même comme réactionnaire, ou même néo, post ou ultraréactionnaire. C’est le terme néoréactionnaire qui sera repris, à partir de 2010, pour décrire la néoréaction comme un mouvement intellectuel à part entière.

Le second moment tient à la découverte de Yarvin par Nick Land. Ce dernier est un ancien philosophe de l’Université de Warwick, figure de proue du CCRU, un collectif intellectuel d’avant-garde. Défendant une perspective «accélérationniste», Land critique le «misérabilisme» d’une gauche qui essaie vainement de contenir les effets néfastes du capitalisme, il faudrait au contraire épouser son mouvement et l’accentuer.

Son accélérationnisme inconditionnel le pousse à adopter une position pro-capitaliste et à s’intéresser à la pensée de Yarvin. À partir de mars 2012, sur son blog Urban Future (depuis supprimé), il lui consacre une série d’articles intitulée «The Dark Enlightenment». Cette série d’articles va conférer à la néoréaction une véritable notoriété en ligne et lui permettre de se constituer comme une contre-culture intellectuelle.

La théorie politique néoréactionnaire

S’il est une théorie politique néoréactionnaire, elle est à trouver sous la plume de Yarvin qui annonce l’ambition, dès son premier article, de «construire une nouvelle idéologie». Si Yarvin la présente comme un dépassement du libertarianisme, il la décrit comme formaliste et néocaméraliste. Essayons d’expliquer ces termes.

L’élément fondamental de la pensée de Yarvin est la question de l’efficacité des systèmes politiques. Un modèle politique est bon s’il parvient à éviter la violence, c’est-à-dire l’apparition de conflits dont l’issue est incertaine. En cela, la politique est une lutte entre ordre et chaos au sein de laquelle «le bien, c’est l’ordre».

Toute autre question, comme la pauvreté et le réchauffement climatique, est insignifiante. Il ne s’agit pas de réimaginer un ordre social plus juste, mais d’affermir l’ordre existant. Cette approche, que Yarvin nomme formalisme, n’a d’autre souci que de construire une ingénierie politique efficace.

C’est dans cette perspective formaliste que Yarvin analyse l’Etat américain comme une gigantesque entreprise complètement engluée dans son inefficacité. Parce que le personnel politique est enferré dans une mystique démocratique et dans une obsession de justice sociale, la politique américaine manque de cohérence. Personne ne sait vraiment qui est aux commandes, ni dans quel but.

Afin de régler le problème, Yarvin propose d’en finir avec l’idée démocratique et de restructurer le gouvernement sur le mode d’une entreprise souveraine (une SovCorp) dont la direction serait confiée à un PDG. Celui-ci prendrait les décisions gouvernementales les plus efficaces pour assurer la prospérité de l’État. Et si vous n’êtes pas satisfaits du service que propose ce gouvernement, vous n’avez qu’à vous en trouver un autre.

Pour Yarvin, cette réponse formaliste revient tout simplement à rétablir la monarchie absolue. En ce sens, il se déclare «royaliste», ou «restaurationniste», et considère que le PDG du gouvernement-entreprise n’est rien d’autre qu’un monarque.

Selon lui, la monarchie est une forme politique extrêmement stable, contrairement à la démocratie. Yarvin nomme son modèle « néocaméralisme », en référence au caméralisme de Frédéric II de Prusse (théorie mercantiliste, adossée à la monarchie, visant à accroître la prospérité économique de l’État).

Néanmoins, le caméralisme n’est pas le seul modèle auquel Yarvin se réfère. Les cités-États comme Dubaï ou Singapour sont, selon lui, des prototypes des futurs États néocaméralistes.

Eviter les confusions

Afin de ne pas se méprendre sur la nature idéologique de la pensée néoréactionnaire, il est important d’éviter certaines confusions intellectuelles.

Tout d’abord, bien que Yarvin soit un défenseur de l’ordre, nous n’avons pas affaire à une simple pensée conservatrice. Yarvin ne promeut pas la préservation de valeurs morales ou religieuses (il se présente d’ailleurs comme athée, ou non théiste).

Il condamne violemment les conservateurs qui, en miroir des progressistes, sont incapables de penser le pouvoir tel qu’il est. Selon Yarvin, les conservateurs sont consubstantiellement arrimés à la démocratie. Le caractère réactionnaire de la pensée de Yarvin se traduit dans une volonté de dissoudre le politique dans une ingénierie économique autoritaire (il loue à ce titre, la prospérité et l’«absence de politique» à Singapour, à Dubaï et à Hongkong).

Si la néoréaction et l’alt-right partagent le refus du conservatisme traditionnel, ces deux courants ne nous semblent pas se confondre pour autant.

L’alt-right est populiste et à tendance suprémaciste, dans le sens où certaines composantes affirment clairement l’idée d’une supériorité raciale blanche. La néoréaction est, quant à elle, essentiellement formaliste et élitiste. Les néoréactionnaires méprisent le populisme comme étant fondamentalement démocratique: s’il y a un changement politique, il ne pourra venir que d’en haut.

Bien entendu, ces deux constellations intellectuelles ne sont pas imperméables et peuvent converger stratégiquement. Ainsi, lorsque Yarvin se défend de compter parmi les suprémacistes, il s’empresse de préciser qu’il les lit avec attention.

La néoréaction est parfois assimilée à l’«accélérationnisme» du fait de ses liens avec Nick Land. Si ces tendances convergent, il faut néanmoins être précis. Land est accélérationniste avant d’être néoréactionnaire. S’il considère la néoréaction comme un instrument efficace de destruction du «grand mécanisme de freinage» qu’est le progrès, elle reste un «accélérationnisme avec un pneu à plat» («Re-Accelerationism», publié sur le site XenosystemNet, le 10 décembre 2013, depuis supprimé).

Inversement, si Land a incontestablement contribué à sa popularité, Yarvin ne le cite pas et reste perméable à une perspective accélérationniste. La pensée néoréactionnaire est avant tout une pensée de l’ordre.

Arnaud Miranda.

jeudi 17 avril 2025

Chronique du Kali Yuga : Qu'est-ce le trumpisme ?



À l'heure où les va-t-en-guerre jouent avec le feu, au lendemain d'un discours alarmiste d'un président en roue libre, au moment où se tient un sommet européen qui pourrait déboucher sur de dangereuses décisions, serions-nous déjà arrivé à "la fin de l'histoire" ?

Possiblement mais pas de la manière que l'on peut imaginer. Cette nouvelle "chronique du Kali Yuga" vous propose une autre lecture des événements. 



mercredi 16 avril 2025

Le pouvoir caché : Dévoiler le monopole bancaire national de l’argent en Amérique




Dans « The Coming Battle: A Complete History of the National Banking Money Power in the United States », M.W. Walbert retrace l’histoire du pouvoir financier des civilisations anciennes aux temps modernes, en soulignant sa transformation en contrôle de l’argent et du crédit.

Le livre plonge dans les débats controversés entre les Pères fondateurs, en particulier le plaidoyer d’Alexander Hamilton pour une banque centrale forte contre les craintes de Thomas Jefferson d’une élite non élue contrôlant l’économie.

Walbert documente méticuleusement la création de la première Banque des États-Unis et son influence ultérieure.

Walbert relate la montée et la chute de la Banque des États-Unis, détaillant ses batailles politiques, ses paniques financières et son rôle dans les difficultés économiques de l’ingénierie grâce à une contraction délibérée de la monnaie. Il dépeint la banque comme un puissant adversaire du gouvernement, influençant les élections et s’opposant aux efforts du gouvernement pendant la guerre de 1812.
Walbert introduit le concept du « pouvoir monétaire moderne », arguant qu’il est devenu une force omniprésente contrôlant les marchés et les économies mondiaux. Il appelle à la « dethronization » de ce pouvoir, plaidant pour le contrôle du gouvernement sur l’émission de devises pour préserver la liberté américaine et assurer la justice pour tous.

Walbert examine la démonétisation de l’argent en 1873, la dépeignant comme un moment charnière orchestré par des financiers internationaux par des moyens trompeurs.

M.W. Walbert « The Coming Battle – A Complete History of the National Banking Money Power aux États-Unis « se penche sur ce sujet complexe et souvent mal compris, offrant un compte rendu complet et révélateur de la façon dont le pouvoir financier a été exercé – et abusé – tout au long de l’histoire de la nation.

Le livre commence par une citation résonnante du président Andrew Jackson: « La justice, la justice pleine et ample, à chaque partie des États-Unis, devrait être le principe directeur de chaque homme libre. » Ces mots ont ouvert la voie à l’exploration par Walbert des idéaux qui sous-tendent la démocratie américaine et des défis posés par la concentration du pouvoir financier. Walbert fait valoir que le « pouvoir monétaire », un terme qu’il utilise pour décrire l’influence des financiers internationaux et de leurs alliés nationaux, a souvent fonctionné au-dessus de la loi manipuler les gouvernements et les économies servir ses propres intérêts.

Walbert emmène les lecteurs dans un voyage dans le temps, à commencer par les premières civilisations où le pouvoir était souvent synonyme de contrôle des ressources et du commerce. Il soutient que dans les temps modernes, ce pouvoir a évolué vers une forme plus insidieuse: le contrôle de l’argent et du crédit. Cette « combinaison gigantesque de marchands d’argent », comme le décrit Walbert, a exercé son influence sur les gouvernements, les économies et même les résultats des guerres.

L’une des sections les plus convaincantes du livre est son compte rendu détaillé des origines du système bancaire national aux États-Unis. Walbert revisite la fin du 18 ème siècle, une époque où les Pères Fondateurs étaient profondément divisés sur le rôle des banques. Alexander Hamilton, avec sa vision d’un gouvernement central fort et d’un système financier robuste, a plaidé pour la création de la première Banque des États-Unis. Thomas Jefferson, cependant, s’est opposé avec véhémence à l’idée, craignant que cela ne crée un élite non élue au pouvoir contrôler l’économie de la nation.

Walbert documente méticuleusement les débats et les décisions qui ont conduit à la création de la banque, en soulignant les avertissements de Jefferson, qui prévoyait le potentiel de corruption et d’influence indue. Malgré ces préoccupations, la banque a été créée, créant un précédent pour les futures institutions financières qui exerceraient un pouvoir important sur le paysage économique du pays.

Le livre se penche ensuite sur l’histoire tumultueuse de la Banque des États-Unis, relatant son ascension et sa chute. Walbert raconte les batailles politiques, les paniques financières et le tollé général qui ont marqué les opérations de la banque. Il décrit comment la banque, parfois, a agi comme un adversaire puissant du gouvernement, en utilisant son influence financière pour influencer les élections et même s’opposer aux efforts du gouvernement pendant la guerre de 1812.

Peut-être l’aspect le plus alarmant du récit de Walbert est sa description du le rôle de la Banque dans l’ingénierie de la détresse financière. Il cite des cas où la banque a délibérément contracté la monnaie, causant des difficultés économiques généralisées. Ce n’était pas simplement un sous-produit de ses opérations, mais une stratégie calculée pour maintenir sa domination et son influence.

Au fur et à mesure que le récit progresse, Walbert introduit le concept de « pouvoir monétaire moderne », un terme qui résume la nature de plus en plus centralisée et internationale du contrôle financier. Il fait valoir que ce pouvoir est devenu si omniprésent qu’il « tient maintenant tous les peuples civilisés et semi-civilisés dans son emprise impitoyable. » Cette affirmation résonne avec de nombreux défis économiques auxquels sont confrontées les nations aujourd’hui, de l’inégalité des revenus à la volatilité des marchés mondiaux.

Il appelle à la « dethronization » du pouvoir monétaire et à sa subordination à la volonté du peuple. Il préconise un retour à un système où le gouvernement, et non les sociétés privées, contrôle l’émission de devises. Ceci, croit-il, est essentiel pour préserver la liberté américaine et assurer la justice pour tous.

Le livre examine également la démonétisation controversée de l’argent en 1873, une décision que Walbert considère comme un moment charnière dans la consolidation du contrôle du pouvoir monétaire. Il fait valoir que cette décision, motivée par des financiers internationaux et promulguée par des moyens trompeurs, a eu des conséquences dévastatrices pour l’économie américaine et les moyens de subsistance de millions de personnes.

Le récit de Walbert sur les manœuvres politiques et les transactions en coulisses qui ont conduit à la démonétisation de l’argent est à la fois fascinant et inquiétant. Il cite des témoignages de sénateurs et de représentants qui ont affirmé qu’ils n’étaient pas au courant des véritables répercussions du projet de loi sur lequel ils votaient. Cette révélation souligne le pouvoir du lobbying et le potentiel de tour de passe-passe législatif.

En savoir plus sur le livre « La Bataille à venir« en regardant la vidéo ci-dessous.
https://www.brighteon.com/embed/051ecb82-858a-4729-9a7d-bd1ca726ec02

Cette vidéo est tirée du BrightLearn canal sur Brighteon.com.

Sources : comprennent

Brighteon.ai

Brighteon.com

https://www.naturalnews.com/2025-04-03-unveiling-national-banking-money-monopoly-in-america.html




mardi 15 avril 2025

Martin Zizi aimerait affronter en débat public Yuval Noah Harari, le gourou de l'oligarchie mondialiste


Martin Zizi :

"Yuval Noah Harari - j'ai lu quasi tous ses livres...

Ce type est une abomination humaine... et je pèse mes mots...

Puissant intellect, mais sa pensée est la plus perverse qui soit depuis les eugénistes nazis... Et malheureusement, il est Israélien ! Et malheureusement il a du talent.. et malheureusement il est au WEF. Et malheureusement il est gay... donc toute attaque contre lui passe pour du racisme, du complotisme, ou de l'antisémitisme.

Ou comment un cerveau brillant s'est perdu en enfer !

Un jour j'aimerais l'affronter en débat public sur TOUTE son œuvre pour démontrer au monde le danger unique posé par cet individu !"

Martin Zizi, biophysicien PhD, professeur de physiologie, ancien directeur épidémiologiste du Département de la Défense, ancien directeur scientifique...




Olivier Demeulenaere :

"Si vous ne le connaissez pas encore, je vous invite à découvrir Yuval Noah Harari, le charmant gourou de l’oligarchie mondialiste..."