par Régis de Castelnau
Issu de la matrice politique socialiste ultra-néolibérale, s’étant jusqu’à présent plutôt signalé par des enquêtes sur le monde homosexuel et sur ses réseaux, Frédéric Martel a fait toute sa carrière dans le marigot de la fausse gauche. Mais, face à la crise que connaît l’Occident, soucieux de rendre service à ses maîtres, le voilà qui s’attaque à la « gauche internationaliste » qui ose s’opposer à l’impérialisme. Dénoncer le génocide organisé en Palestine avec le soutien politique, intellectuel et matériel de l’Occident, c’est mal. Protester contre les violations du droit international et les bombardements des écoles iraniennes, c’est prendre parti pour le diable. S’interroger sur les traits constitutifs de cette civilisation, sur la mise en place de la globalisation comme forme moderne et souvent meurtrière, de sa domination, c’est nier le caractère admirable, et surtout universel de ses « valeurs ». Parce qu’il n’y a qu’un seul modèle, celui issu de la supériorité de cette civilisation, et ceux qui le contestent sont « des ennemis ». Pour les caractériser, les dénoncer et les disqualifier, mélangeant les choux et les carottes, Martel ne craint pas les raccourcis, quand ce ne sont pas des affirmations à la crédibilité douteuse.
Sans surprise, et on osera dire comme d'habitude, on constate qu’à ce moment de l’Histoire le militant socialiste se met résolument au service de l’impérialisme occidental. En tout cas de cette part de l’Occident à laquelle le reste du monde s’oppose plus résolument désormais. Il le fait en flattant avec une certaine bassesse démagogique, un sentiment de supériorité injustifié et aujourd’hui complètement dépassé.
En lisant et en écoutant Frédéric Martel, on pense à un moderne Homais l’apothicaire de Yonville. Venu du PS, pour rejoindre finalement la cohorte des « petits soldats » adeptes de la pensée faible, mobilisés pour défendre un Empire en mode Titanic. BHL est grotesque, Attali divague, Adler est mort, Tenzer fou, Baverez exténué…
Va pour Martel.
Avant de partir, merci de m’offrir un café.
