dimanche 4 décembre 2016

Abus rituels sataniques




Un article intitulé ‘‘An Analysis of Ritualistic and Religion Related Child Abuse Allegations’’ (une analyse de témoignages d’abus rituels et religieux sur des enfants) a été rédigé par trois professeurs d’université en psychologie : Bette Bottoms, Phillip Shaver et Gail Goodman. L’article contient une liste pouvant servir à définir les cas d’abus rituels, ces critères ont été répertoriés à partir de témoignages de victimes et de thérapeutes :

- Abus par une ou plusieurs personnes d’un groupe dans lequel les membres semblent suivre les ordres d’un ou de plusieurs leaders.

- Abus liés à toute pratique ou comportement se répétant d’une manière bien définie (pouvant inclure des prières, des chants, des incantations, le port de vêtements particuliers…)

- Abus liés à des symboles (par exemple le 666, le pentagramme inversé, des croix inversées ou brisées), des invocations, tenues vestimentaires avec des symboles, croyances associées à Satan.

- Abus liés à une croyance dans le surnaturel, le paranormal, l’occultisme ou des pouvoirs spéciaux (par exemple la ‘‘chirurgie magique’’, le spiritisme, etc.).

- Rituels associés à des activités impliquant des tombeaux, des cryptes, des os…

- Rituels impliquant des excréments ou du sang animal ou humain.

- Rituels impliquant des poignards spécifiques, des bougies, des autels…

- Rituels impliquant des tortures et des sacrifices réels ou simulés d’animaux.

- Rituels impliquant des sacrifices avec meurtres réels ou simulés d’humains.

- Rituels impliquant des actes de cannibalisme réels ou simulés.

- Rituels impliquant l’obligation d’assister ou de participer à des pratiques sexuelles.

- Rituels impliquant de la pédo-pornographie.

- Rituels impliquant des drogues.

- Rituels pour lier un enfant à Satan ou à une entité démoniaque.

- Abus perpétrés par un prêtre, un rabbin ou un pasteur.

- Abus commis dans un cadre religieux, une école religieuse ou un centre religieux.

- ‘‘Élevage’’ de nouveau-nés pour des rituels de sacrifices.

- Abus provoquant des périodes d’amnésie ou de troubles revenant lors de certaines dates.

- Abus divulgués par un individu ayant un trouble dissociatif ou une personnalité multiple provoqué par des abus rituels ou religieux. Cette liste n’est pas exhaustive. […]

Ritual Abuse Task Force

Ritual Abuse Task Force est le rapport d’un groupe de travail sur l’abus rituel et le contrôle mental. Il mentionne les types de violences physiques et psychologiques décrites par les survivants et leurs thérapeutes :

- Enfermer la victime dans une cage, un placard, une cave ou tout autre endroit confiné, en lui disant qu’elle va y mourir. Certaines victimes rapportent avoir été enfermées dans un cercueil et enterrées vivantes pour simuler une mort. Un des membres du groupe vient alors ‘‘au secours’’ de l’enfant traumatisé qui va établir un lien privilégié avec son sauveur qui sera perçu comme un allié. L’enfermement peut se faire avec des insectes ou des animaux. Ce ‘‘jeu’’ d’isolement et de délivrance de l’enfant va le rendre encore plus vulnérable à l’endoctrinement et aux pratiques destructrices du groupe.

- Humiliation par la violence verbale, nudité forcée devant le groupe, ingestion forcée d’urine, de selles, de sang, de chair humaine ou de sperme. Obligation de commettre des actes odieux comme des mutilations, des meurtres, des viols sur un enfant ou sur un nourrisson.

- Culpabilisation et menaces de dénonciation, la victime est trompée et elle finit par croire que sa participation aux atrocités était volontaire. Ce sentiment de culpabilité et de honte contribue à montrer de la fidélité et de la loyauté à la secte et à ses doctrines. Les victimes sont endoctrinées pour croire que le groupe hyper violent est le seul refuge qui puisse les accepter et les protéger et que cela ne sert à rien de demander de l’aide à l’extérieur. L’enfant est endoctriné pour croire que Dieu l’a rejeté et abandonné, qu’il est lié à Satan, et qu’il n’y a aucun moyen de sortir du groupe.

- Violences physiques impliquant des viols et des tortures sexuelles pratiquées généralement en groupe, de la zoophilie, des chocs électriques, des pendaisons par les mains ou par les pieds, l’immersion dans l’eau jusqu’à la quasi-noyade, privations de nourriture, d’eau et de sommeil. Une victime dans un état d’épuisement est beaucoup plus ouverte au contrôle mental parce que la fatigue va entraver sa capacité de jugement. Les douloureuses tortures amènent l’enfant à se dissocier, et tout comme un prisonnier de guerre soumis à la torture il devient prêt à faire tout ce que l’on exigera de lui pour que la douleur cesse. La douleur physique est souvent associée à une excitation sexuelle à laquelle un enfant n’est pas préparé à faire face. La douleur et le plaisir sont combinés pour contribuer à établir une relation malsaine entre les enfants et les bourreaux. Le syndrome de Stockholm est exploité au maximum pour créer un attachement entre victimes et agresseurs.

- Faire sentir à la victime qu’elle est constamment surveillée et contrôlée par les bourreaux et leurs alliés spirituels (esprits, démons, déités). L’enfant est manipulé pour croire que les ‘‘murs ont des oreilles’’ et qu’un ‘‘oeil qui voit tout’’ observe en permanence ses actions. L’enfant est soumis à toutes sortes de mensonges dont le but est de renforcer la toute puissance et l’omniprésence des bourreaux.

- Serment du Secret sous peine de mort si la victime divulgue quoique ce soit. Programmation mentale pour que la victime se suicide en cas de souvenirs ou de divulgation des activités sectaires et criminelles. Forte vulnérabilité aux pulsions d’auto-sabotage et aux pulsions d’autodestruction lorsque la victime commence une thérapie et tente de quitter le groupe sectaire.

- Utilisation de psychotropes altérant et embrouillant la conscience de la victime, facilitant ainsi les agressions sexuelles. Les psychotropes peuvent être injectés, administrés oralement, sous forme de suppositoires ou incorporés à la nourriture ou à la boisson. Les effets hypnotiques et paralytiques provoquent chez la victime de la confusion mentale, de la somnolence mais aussi une altération de sa mémoire. Les bourreaux misent sur ces altérations de la conscience provoquée par les drogues pour renforcer l’illusion qu’ils ont un pouvoir absolu auquel l’enfant doit se soumettre. Les victimes perdent également la notion de frontière entre le groupe et le soi, ils en arrivent à s’identifier au groupe et se sentent comme une extension de celui-ci. La perte d’estime de soi contribue au développement de la méchanceté et de la rage intérieure.

- Utilisation du contrôle mental, de l’hypnose, du conditionnement et de la programmation avec l’utilisation de ‘‘déclencheurs’’ pour manipuler les différentes personnalités de la victime. Des survivants d’abus rituels rapportent avoir subi d’intenses projections de lumières dans les yeux lors des séances de programmation. Ces lumières semblent provoquer une désorientation et induire un état de transe, diminuant ainsi la résistance de la victime et augmentant leur suggestibilité à la programmation.

- Contraindre la victime à travailler pour la secte à l’extérieur, en se livrant à la prostitution, au trafic de drogue et autres activités illégales. Infiltration des institutions sociales (écoles, églises, forces de l’ordre, tribunaux, psychiatrie, politique…) afin d’étendre la sphère d’influence du groupe.

- Exploitation des grossesses répétitives suite aux viols de certaines jeunes filles du groupe utilisées comme ‘‘reproductrices’’. Le but est de fournir régulièrement au culte des bébés non déclarés. Ces bébés servent à alimenter les sacrifices rituels ou le marché noir, tandis que ces grossesses et ces accouchements traumatiques servent à ‘‘briser’’ et à contrôler encore davantage la victime. Les jeunes victimes peuvent être contraintes à suivre un traitement hormonal afin d’accélérer leur puberté.

- Utilisation de rituels comme la ‘‘chirurgie magique’’, de divers rituels ‘‘de passage’’ comme le ‘‘rituel de renaissance’’ et le ‘‘mariage rituel’’, ceci afin de renforcer l’assujettissement à la secte. L’endoctrinement spirituel est un point essentiel dans ces groupes. Un mariage rituel peut se faire entre un enfant et son bourreau, entre deux enfants ou bien entre l’enfant et Satan. Ces rituels de ‘‘renaissance’’ et de ‘‘mariage’’ ont pour conséquence de lier la victime psychologiquement mais aussi spirituellement au groupe et aux puissances du mal. Le jumelage ‘‘nonbiologique’’ est aussi utilisé comme moyen de contrôle mental. Par exemple deux jeunes enfants seront initiés lors d’une cérémonie avec une union magique de leurs âmes, ils deviennent alors des jumeaux inséparables pour l’éternité. Ils vont partager chacun la moitié d’une même programmation mentale les rendant interdépendant l’un de l’autre. Ces alliances rituelles enchaînent les personnalités alter créées par les traumatismes extrêmes, des alter qui resteront fidèles au culte tant qu’il n’y aura pas eu un éloignement de la secte avec un travail de déprogrammation.

Alexandre Lebreton